|
Speeches
Welcome Remark by Prof. Abdoulaye Bathily, Addis Ababa
06 March 2009, Addis Ababa, Ethiopia
Son Excellence, Monsieur Meles Zenawi,
Premier Ministre de la République fédérale démocratique de Ethiopie,
Son Excellence, Dr Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine,
Son Excellence, Dr Donald Kaberuka, Président de la Banque Africaine de Développement,
Son Excellence, Président Festus Mogae, ancien Président de la République du Botswana et Président du Comité Consultatif de la Coalition du dialogue sur l’Afrique,
Membres distingués du Comité Consultatif,
Excellences,
Mesdames et Messieurs
En ma qualité de Coordinateur de cette réunion et au nom du Secrétariat intérimaire, je voudrais vous exprimer notre profonde gratitude pour votre participation à cette cérémonie de lancement de CODA.
Votre présence à cet événement malgré votre calendrier très chargé est un signe encourageant pour l’avenir de cette nouvelle institution.
Excellences
Mesdames et Messieurs
Le Secrétaire Exécutif de la CEA et le Président de la BAD sauront mieux que moi situer le sens de cet événement, il leur revient de dévoiler toute la portée de l’initiative qui a conduit, après la Coalition Globale pour l’Afrique (GCA), de mettre en place la CODA.
Pour ma part, il me paraît important de souligner la nécessité d’engager une réflexion critique sur la situation de l’Afrique singulièrement dans cette période extraordinaire de la vie du monde. Dans l’histoire de l’humanité et dans tous les secteurs de l’activité humaine, le progrès n’a pu s’accomplir qu’à travers les remises en cause des certitudes, des idées reçues et les conventions établies. L’arme de la critique a toujours été le moteur de l’évolution de la vie des hommes dans le domaine matériel comme celui des systèmes sociaux et même des valeurs morales.
Les phénomènes dont nous sommes les témoins dans le monde d’aujourd’hui et plus particulièrement en Afrique appellent une évaluation critique profonde si nous voulons les comprendre mieux et leur trouver des solutions positives pour l’avenir des peuples et des nations.
Par exemple les changements climatiques et la crise financière sans précédent dans l’histoire des cinq dernières décennies entre autres portent en eux des modifications inéluctables des fondements de la civilisation humaine globale. L’Afrique ne saurait ignorer les interrogations cardinales qui s’imposent à tous les acteurs conscients de la gravité des crises actuelles.
Notre continent ne doit pas attendre que des solutions lui soient apportées par des réflexions engagées ailleurs pour servir des intérêts qui lui sont étrangers comme cela a été très souvent le cas dans le passé et malheureusement continue de marquer le présent. La crise profonde du néolibéralisme et la faillite des dogmes intégristes qui le sous tendent exigent un renouvellement des paradigmes de la pensée économique et sociale . Les défis qui nous interpellent nous rappellent a un devoir de redéfinition et de reconstruction du système mondial dont l Afrique ne saurait se soustraire.
Excellences,
Mesdames et Messieurs ,
La préoccupation n’est plus comme en 1990 au moment de la création de la GCA, de créer une structure propre à l’Afrique à se maintenir sur l’agenda international.
A mon avis, il est aujourd’hui plutôt question d’engager la réflexion sur les voies et moyens pouvant permettre à notre continent d’émerger comme acteur à part entière dans la recomposition du monde qui est en cours. Une telle vision ne peut se réaliser qu’à travers la critique constructive des conditions actuelles du continent et de ses peuples.
Le fait que les indicateurs essentiels du développement situent l’Afrique au niveau le plus bas de l’échelle ne constitue pas une fatalité. Cette tendance a été structurée par des siècles d’histoire tumultueuse avec comme jalons la traite atlantique des esclaves, la conquête et le partage impérialiste, la colonisation et différents modes de dépendance de l’ère post coloniale comme les politiques d’ajustement structurel et différentes formes de partenariat inégales.
Mais nous avons la conviction que cette tendance peut être inversée par l’expression d’une volonté collective des Africains d’aujourd’hui si ces derniers s’engageaient résolument dans une évaluation sans complaisance de la situation actuelle.
La nouvelle initiative que représente CODA doit pouvoir mobiliser l’intelligentsia du continent pour contribuer à une évaluation novatrice et pratique de la problématique de notre développement.
Il est question à travers les recherches actions qui seront entreprises de proposer aux acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux des réponses adéquates face à l’angoisse quotidienne des millions d’hommes et de femmes plongés dans la pauvreté depuis des générations et que les crises actuelles risquent d’aggraver à un niveau terrifiant.
Nos réflexions et actions doivent aider à faire face aux malheurs qui s’abattent sur les femmes et les enfants dans les zones de conflits, symptômes de la mal-gouvernance endémique. Nos délibérations adossées à des recherches pointues pouraient contribuer aux solutions pour mettre fin au désespoir des milliers de jeunes qui continuent d’embarquer dans les pirogues de la mort pour traverser l’Océan Atlantique et la Méditerranée.
Pour toutes ces raisons, je voudrais saluer la création de la CODA en tant que forum pouvant participer à l’élimination des tragédies qui accablent les sociétés africaines. Ce faisant, en synergie avec d’autres structures similaires, CODA aiderait à éclairer la trajectoire qui mène à l’affirmation de l’Afrique comme acteur autonome et décideur de l’histoire du 21ème siècle.
Si elle se dote des moyens pour entreprendre dans un cadre critique et s’ouvre au souffle vivifiant des idées novatrices dont plusieurs acteurs sociaux dans leur diversité sont porteurs, la CODA participerait non seulement à l’enrichissement des activités de la CEA, de la BAD qui en sont les initiateurs mais aussi à l’accomplissement de la vision de l’Union Africaine et au progrès des peuples et de celui de tous les citoyens.
Excellences
Mesdames et Messieurs
La mobilisation qui est réalisée ce jour autour de cette cérémonie de lancement m’autorise à nourrir d’immenses espoirs quant à l’avenir de CODA comme forum de réflexion, un think tank de l’Afrique pour l’Afrique et les Africains !
Je suis convaincu qu’avec le soutien de tous nos vœux seront réalisés.
Professeur Abdoulaye Bathily
|