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News and Information | |||||||||||||
| 7ème
Conférence Régionale Africaine sur les Femmes Excellence, Dr Hassan, Présidente du Comité Femmes et Développement Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique Mesdames et Messieurs les Représentants des Agences multilatérales et bilatérales Mesdames et Messieurs les experts,
Comme vous le savez déjà,
cette Conférence dont la préparation est placée
sous l’égide du Comite Femmes et Développement,
comprend trois grandes composantes : Vous vous souviendrez qu’en novembre 1999, nous avons organisé ici-même, la 6ème Conférence régionale africaine sur les femmes, et avons fait le bilan quinquennal de la Plate-forme d’action de Beijing. C’est ainsi que nous avons pu identifier les domaines sur lesquels les états devaient consentir leurs efforts au cours des cinq années qui suivraient. Ces recommandations ont été consignées dans le Plan d’Action qfricain couvrant la période de 2000-2004, en vue d’accélérer la mise en œuvre de la Plate-forme d’action de Beijing. Ce Plan d’cction visait à renforcer l’intégration de la dimension genre dans les politiques et les programmes gouvernementaux ; à dégager plus de ressources pour soutenir les actions visant la mise en œuvre de la Plate-forme; à mettre en place des mécanismes de concertation, de suivi et de reddition ; et à faire de la lutte contre le VIH/SIDA une priorité nationale. Afin de nous assurer que ce Plan d’Action ne serait pas lettre morte, comme dans bien des cas, la CEA a élaboré un Instrument de Suivi et d’évaluation qu’elle a mis à la disposition de 18 pays en l’an 2002. Les résultats de cet exercice seront présentés demain lors de la session thématique portant sur l’efficacité des mécanismes institutionnels dans l’intégration de l’approche genre dans les politiques et programmes nationaux. Cette première étape de notre évaluation de la mise en œuvre de la Plate-forme de Beijing nous a fait prendre conscience de l’incompréhension persistante du concept et de l’approche genre. Cette incompréhension a engendré des limites certaines dans la formulation de politiques et de stratégies gouvernementales pourtant censées contribuer à réduire les inégalités entre les sexes. Les autres étapes de l’évaluation décennale se sont juxtaposées à celles définies au niveau mondial par le Secrétariat général des Nations Unies, en y intégrant cependant des bilans sous-régionaux. La dernière étape de notre évaluation est la 7ème Conférence régionale africaine sur les femmes. Madame la Présidente, Tout au long du processus, la question qui revenait constamment était la suivante : devons-nous nous rencontrer pour célébrer les succès remportés depuis Beijing, telle la présence de plus en plus accrue des femmes dans les Assemblées nationales, l’amélioration réjouissante des taux de scolarisation des filles, etc. ? Ou faut-il plutôt mettre l’accent sur les problèmes persistants et même aggravants, comme la pauvreté et la misère croissante dans les bidonvilles, la traite des femmes, les viols des fillettes et l’expansion du VIH/SIDA ? Cette perplexité ne traduit-elle pas une certaine mauvaise conscience qui nous pousse à nous demander si nous avons réellement fait tout ce qu’il fallait afin que les choses évoluent positivement ? Nous ne pouvons pas nier que la pauvreté reste le mal le plus tenace, mettant à nu les conséquences des politiques gouvernementales inadéquates, et majorant ainsi les retombées négatives des déséquilibres internationaux causés par la mondialisation. Si en plus les femmes représentent, aujourd’hui, 70% de la population la plus pauvre en Afrique, il devient alors très difficile, voire impossible de dissocier la condition des femmes du bilan général des progrès et des échecs des politiques de développement en vigueur sur notre continent. Il est déjà bien entendu qu’il ne saurait y avoir de développement économique réel dans un contexte de discrimination entre les hommes et les femmes, en ce qui concerne l’accès aux ressources productives et la participation aux mécanismes de formulation et de mise en œuvre des priorités nationales. Cette marginalisation des femmes est persistante, et nous sommes presque gênées- pour ne pas dire irritées- de la mettre constamment en exergue à chacun de nos bilans. Si les dirigeants des états africains, les experts et les partenaires au developpemnt sont déterminés à vaincre la pauvreté, et celle des femmes en particulier, il faudrait qu’ils acceptent d’interroger sérieusement les méthodes de diagnostic de la pauvreté suivies jusque là. Il faudrait aussi qu’ils revoient les instruments d’identification et d’estimation des composantes de la croissance économique, et qu’ils redéfinissent les critères de partage des dividendes qui en découlent. C’est dans cette perspective que la CEA a tenu à ce que l’évaluation décennale de la mise en œuvre de la Plate-forme de Beijing implique l’ensemble des départements sectoriels-cles, tels que les finances, l’agriculture, le commerce, l’industrie, les transports et l’éducation. Dans le même ordre
de questionnement et d’évaluation s’insère
notre bataille pour les droits fondamentaux des femmes. Peut-elle
s’appuyer uniquement sur l’adoption de lois nationales-
fussent-elles conformes à la Convention pour l’élimination
des discriminations à l’égard des femmes et au
Protocole additionnel pour les droits des femmes ? Qui doit se charger d’engager cette lutte pour fixer et faire respecter les valeurs de justice, de dignité, d’intégrité et de respect de la liberté d’autrui dans la conscience de ceux et celles qui sont chargés de faire appliquer les droits des femmes ? Madame la Présidente, Ce sont là quelques-unes unes des questions pratiques qui devraient guider notre exercice d’évaluation durant la 7ème conférence régionale africaine sur les femmes. Il nous a souvent été reproché d’être vagues dans la formulation des actions et des recommandations. Il me semble que nous ne pourrons élaborer des stratégies pertinentes que si nous avons une vision claire du futur dont nous voulons imprégner notre continent, comme nous l’a si bien rappelé l’une de nos sœurs participant au Forum des ONGs. Cette remarque s’assimile au « rêve » auquel nous a invités Bisi. Les plus belles réalisations de notre époque ont jailli de l’imaginaire de l’Homme avec grand H, qui, par la suite s’est, employé à définir les différentes étapes de création du produit final. Nous avons souhaité que le résultat final de la 7ème Conférence régional africaine sur les femmes soit un document fort et succinct, d’une dizaine de pages au maximum. Ce document -qui sera soumis à l’approbation des ministres- devra refléter le consensus que nous espérons atteindre sur la nature exacte des obstacles entravant les changements que nous avons rêvés depuis Beijing, et établir les objectifs de la période à venir. Ces obstacles, comme leur causalité, devront être identifiés là où ils se situent, et par la même occasion, nous devrons aussi définir les mesures à prendre. C’est là l’objectif majeur des douze sessions thématiques qui se tiendront aujourd’hui et demain. Charge alors au Comité Femmes et Développement, de suivre et de faire le bilan annuel de la mise en œuvre effective des recommandations issues de ces examens thématiques. Mesdames et Messieurs, Je ne saurais terminer
sans remercier au nom du Secrétaire exécutif de la CEA,
les partenaires qui ont apporté leur appui financier et technique
aux différentes étapes de cette évaluation décennale. Je m’arrêterai sur ces mots, en formulant le vœu que nos travaux ne soient pas une Conférence de plus, mais qu’ils marqueront un tournant et une étape décisive dans notre quête de mieux faire et de mieux être, pour nous-mêmes, comme pour les générations futures. Je vous remercie de votre aimable attention.
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