Recommandations
des 12 groupes thématiques
Introduction
La Commission économique pour
l'Afrique (CEA) a organisé la septième Conférence
régionale africaine sur les femmes à Addis-Abeba,
du 7 au 14 octobre 2004. L'objectif global était d'évaluer
les progrès accomplis en Afrique en ce qui concerne les douze
domaines de préoccupation du Programme d'action de Beijing,
d'aborder des questions pressantes pour les femmes africaines et
de déterminer les défis à relever et la voie
à suivre. Les douze domaines abordés étaient :
la dimension féminine du VIH/sida ; le partenariat avec
les hommes et les garçons pour l'égalité des
sexes ; l'utilisation de données sexuées dans
l'élaboration de politiques de réduction de la pauvreté ;
les femmes et la gouvernance ; l'efficacité des mécanismes
institutionnels chargés de l'intégration effective
de l'égalité entre les sexes dans les politiques et
programmes nationaux ; l'intégration de la problématique
hommes-femmes dans le nouveau Partenariat pour le développement
de l'Afrique (NEPAD) ; le rôle de la justice dans la
promotion et la mise en _uvre des droits des femmes ; partenariat
pour l'égalité des sexes ; le rôle des
institutions multilatérales et bilatérales ;
l'habilitation économique des femmes ; les droits des
femmes et le droit au développement ; les problèmes
concernant les petites filles aujourd'hui. Chaque groupe a recensé
les principales préoccupations et formulé des recommandations
sur la voie à suivre.
Premier groupe : La dimension féminine
du VIH/sida
Introduction
L'objectif de cette séance était
de faciliter les débats en vue de la formulation de recommandations
et de propositions sur des mesures et des actions destinées
à traiter des différentes dimensions sexospécifiques
du VIH/sida. Les participants ont examiné comment les pays
africains pourraient réduire, voire éliminer, la vulnérabilité
des femmes et des filles à l'infection au VIH, ainsi que
les incidences sociales négatives y afférentes.
Principales questions
Le groupe a recensé les questions
ci-après, relatives aux modes d'infection et aux incidences
du VIH/sida sur les femmes et les filles :
-
L'augmentation
de l'infection au VIH chez les femmes et les filles, qui donne
à la pandémie un caractère féminin.
Les femmes et les filles sont davantage touchées par
les effets du VIH/sida à cause du manque d'autonomie
économique et sociale ; de rapports de forces inégaux
qui créent des inégalités entre les sexes ;
et du fait que la polygamie est très répandue
dans les sociétés africaines ;
-
La dimension sexospécifique
du VIH/sida, en particulier les conséquences de la tolérance
sociale envers la violence sexiste à l'égard des
femmes, ainsi que les autres types de violations ou de non-respect
des droits des femmes, tels que le non-accès aux traitements
antirétroviraux et aux médicaments pour prévenir
la transmission mère-enfant ;
-
Dans de nombreux
pays, les femmes n'ont pas accès à des informations
ou des documents sur la prévention de la transmission
du VIH/sida ; à des services de conseil et de tests
volontaires ; à des réseaux/systèmes
de prise en charge et d'encadrement du nombre croissant d'orphelins
du VIH/sida ;
-
Fait particulièrement
préoccupant, la persistance de pratiques traditionnelles
néfastes à la santé des filles et des femmes,
de violences sexuelles et de viol, qui les rendent vulnérables
à la transmission du VIH/sida et les font souffrir toute
leur vie ;
-
La dimension sexospécifique
de la crise des orphelins et ses conséquences sur la
petite fille. En particulier, la vulnérabilité
et l'exploitation des jeunes filles au sein de leurs familles
élargies et d'adoption, les violences sexuelles sur les
jeunes femmes par des hommes beaucoup plus âgés,
et le retrait de l'école des filles.
Recommandations
Les participants ont recommandé
les mesures ci-après, qui peuvent être mises en place
pour trouver des solutions aux problèmes susmentionnés
et réduire les incidences négatives sur les femmes
et les filles :
1. Les gouvernements doivent jouer
un rôle de premier plan et réunir les décideurs
(autorités religieuses, responsables politiques et chefs
traditionnels) pour mettre en _uvre d'urgence les changements nécessaires
en ce qui concerne les pratiques culturelles et les textes de lois
qui ne permettent pas aux femmes et aux jeunes filles d'exercer
leurs droits ;
2. Mettre à la disposition de
toutes les femmes et filles des informations relatives au VIH/sida,
des services de conseil et de tests volontaires et des traitements
antirétroviraux ;
3. Les gouvernements doivent adopter
et ratifier des lois visant à protéger les femmes
et les filles de l'infection au VIH/sida. Ces lois devraient notamment
rendre obligatoire l'éducation des filles ; interdire
les pratiques traditionnelles nocives et les mariages précoces ;
punir les personnes séropositives qui infectent intentionnellement
des femmes ; respecter les droits des enfants et protéger
les droits des femmes à hériter, en particulier, à
hériter des biens familiaux, y compris la terre ;
4. Mettre en place des mécanismes
de prise en charge et d'encadrement des orphelins, et de fourniture
de prophylaxie après exposition (PEP), en cas de besoin ;
5. Classer par ordre de priorité
les interventions de lutte contre le VIH/sida en encourageant la
participation des collectivités et permettre aux représentants
des collectivités locales de faire en sorte que les ONG locales
rendent compte de leurs interventions.
Thème 2 : La production
et l'utilisation des données désagrégées
par sexe dans les politiques macro-économiques
Objectif :
L'objectif de cette session est de
discuter de la production et de l'utilisation des données
désagrégées par genre dans l'élaboration
des politiques de réduction de la pauvreté en termes
de stratégies, d'outils et de méthodologies pour intégrer
le genre dans les statistiques nationales et dans les politiques
macro-économiques par le biais des comptes nationaux et du
budget de l'état.
Préoccupations posées
-
La faisabilité
et l'adaptabilité du modèle de guide méthodologique
pour l'intégration du genre dans les politiques, budgets
et compte nationaux développé par la CEA/CAGED
par rapport aux systèmes statistiques existants ;
-
La possibilité
d'intégrer les questions non économiques (santé
et violence) et le secteur informel ( qui ne cesse de croître
en importance et où se concentrent la plupart des femmes)
dans le modèle de la CEA/CAGED ;
-
La nécessité
de mesurer les effets des accords commerciaux (internationaux
et bilatéraux) sur les ménages pauvres et sur
le travail rémunéré et non rémunéré
des femmes ;
-
Le lien entre le
modèle de la CEA/CAGED et les Documents stratégiques
de réduction de réduction de la pauvreté,
qui introduisent de manière marginale et symbolique la
dimension genre.
Recommandations
Relatives au modèle de
la CEA/CAGED
-
Prendre
en considération les aspects ci-après lors
de la finalisation du modèle de la CAGED :
la divers
-
Prendre
des dispositions pour la validation et une appropriation
élargie (par exemple dans le cadre des regroupements
sous régionaux) du modèle par les experts,
les services techniques concernés et les différents
intervenants et acteurs (ONG...), notamment par la conférence
annuelle des statisticiens et démographes africains
-
Renforcer
la dimension genre dans les DSRP, notamment en veillant
à ce que toutes les enquêtes entreprises
dans ce cadre intègrent les méthodologies
et les outils genre ;
-
Prévoir
dans le budget des ressources conséquentes pour
le financement d'études et de recherche sur les
ménages ;
-
Promouvoir
la prise en compte du genre dans les budgets et la comptabilité
nationale
A l'attention des ONG et
Associations
-
Faire le
plaidoyer pour la prise en compte de nouvelles approches
intégrant le genre dans l'élaboration des
politiques macro-économiques auprès des
gouvernements, des partenaires techniques et financiers
(Banque Mondiale, FMI) ;
-
Mener des
campagnes auprès des femmes pour les convaincre
de l'importance de leur travail.
Aux institutions de recherche
et experts en matière de développement
-
Soutenir
la réalisation d'études et de recherches
micro économiques (ménages ) continues dans
le temps ;
-
Contribuer
à la diffusion et à une meilleure prise
en compte de ces recherches par les décideurs.
Aux partenaires au développement
-
Coordonner
leurs efforts en vue de promouvoir la prise en compte
des questions de genre dans toutes les enquêtes
appuyées ;
-
Prendre
en compte les résultats de la mise en oeuvre du
guide et des nouveaux outils dans la planification de
leur appui aux programmes et projets ;
-
Appuyer
la réalisation d'enquêtes budgets sur les
ménages et contribuer à la mise en place
de mécanismes de suivi et évaluation.
Troisième séance
thématique : Partenariat avec les hommes et les garçons
pour l'égalité des sexes
L'objectif de cette séance
était de définir des moyens concrets d'établir
des partenariats avec les hommes et les garçons pour
l'égalité des sexes. Le caractère indispensable
du partenariat entre les hommes et femmes en vue de l'égalité
des sexes et du développement durable axé sur
l'homme est déjà souligné dans le Programme
d'action de Beijing, dans le Programme d'action de la CIPD
et dans les recommandations de la CEDAW, qui le jugent essentielles
à la démocratie, à la bonne gouvernance,
à la justice sociale ainsi qu'à la réussite
de la lutte contre la pandémie du VIH/sida.
-
Les avantages
de l'égalité des sexes bénéficient
à chacun dans la famille, la communauté
et la société de manière générale.
-
Peu d'hommes
et de garçons comprennent le véritable sens
de l'égalité des sexes et comment il peut
leur être profitable, aussi ont-ils des appréhensions
devant ce concept et devant toute tentative d'instauration
de l'égalité entre eux et les femmes et
les filles.
-
De nombreux
obstacles empêchent de construire un partenariat
entre les hommes et les femmes et entre les garçons
et les filles, à savoir, notamment : les rapports
de force précaires entre hommes et femmes; l'opinion
erronée de l'égalité des sexes ;
les stéréotypes sexuels et l'absence de
communication entre hommes et femmes sur les questions
de santé et de sexualité ; les pratiques
culturelles et religieuses ainsi que les normes qui dissocient
les hommes et les garçons des femmes et des filles.
1. Il faudrait, sur le lieu de
travail et dans la vie économique en général,
des politiques qui ne nuisent pas à la vie familiale
et qui encouragent hommes et femmes à tirer pleinement
parti des politiques du travail. Il faudrait également
intégrer le travail informel des femmes dans le patrimoine
national, ainsi que l'égalité des rémunérations
entre hommes et femmes.
2. Il faudrait intégrer
le partenariat dans les affaires familiales, en donnant aux
garçons et aux filles la même éducation,
en encourageant la communication entre parents et enfants,
en attribuant au père un rôle de modèle
pour les garçons et en répartissant les tâches
ménagères de manière équitable.
3. Il faudrait établir
le partenariat autour des questions liées à
la violence sexuelle, en recourant à des stratégies
diverses: resocialisation des filles, des garçons et
des hommes ; création de postes de conseillers conjugaux
; facilitation du dialogue entre parents et enfants, afin
que ces derniers puissent parler librement de questions touchant
aux pratiques sexuelles et autres préoccupations connexes;
élaboration, adoption et application de la législation
qui protège surtout les jeunes filles contre les violences
sexuelles. Il faudrait également instaurer une collaboration
entre les ONG et les ministères de la femme et de la
famille, pour lutter contre la violence à l'égard
des femmes.
4. Les médias, les chefs
religieux et les dirigeants traditionnels devraient être
sollicités pour sensibiliser les hommes et leur faire
prendre davantage conscience de la violence à l'égard
des femmes et de ses conséquences.
5. En établissant des
partenariats avec les hommes et femmes, il convient de se
rappeler que les mêmes stratégies ne sont pas
applicables partout. Il faudrait tenir compte des difficultés
culturelles et religieuses pour éviter l'exclusion
sociale.
Quatrième session thématique
: Femmes et gouvernance
Le principal objectif de cette
séance était d'examiner les progrès accomplis
et les questions nouvelles concernant la participation des
femmes aux structures d'élaboration des politiques
et de prise de décisions.
Les questions examinées
ont été introduites par deux exposés
suivis d'une discussion. En partant des problèmes de
sous-représentation des femmes en matière de
prise de décision et de partage du pouvoir, la gouvernance
a été définie comme l'utilisation du
pouvoir pour appliquer les décisions de ceux qui gouvernent,
par le biais des institutions, des mesures, des lois, des
politiques, des structures, etc., qui légitiment leurs
actions. Depuis la quatrième Conférence mondiale
sur les femmes, l'un des enseignements tirés est que
pour multiplier le nombre de femmes occupant des postes décision
il faut également tenir compte de leurs aptitudes,
de leur efficacité et de leur engagement. Toutes les
femmes ne s'intéressent pas au programme de promotion
de la femme et certaines d'elles succombent aux pressions
qui leur font occuper des postes honorifiques. Les femmes
ont également appris que les questions de gouvernance
doivent être prises en compte à divers niveaux,
notamment au niveau des ménages, de la communauté
et du pays. La représentation des femmes au Parlement
s'est améliorée depuis la Conférence
de Beijing et, à cet égard, l'Union africaine
a été citée comme un bon exemple, parce
qu'elle a adopté une politique d'équilibre des
sexes dans ses structures. D'autres pays qui ont atteint l'objectif
d'une représentation de 30 % des femmes au parlement
ont également été cités comme
de bons exemples. Cependant l'Afrique subsaharienne a encore
un long chemin à parcourir pour atteindre l'objectif
d'une représentation de 30 %. Des études indiquent
également une diminution du niveau de la corruption
parallèlement à l'augmentation du nombre de
femmes au parlement. Les femmes doivent constituer des mouvements
de libération puissants et adopter des stratégies
novatrices pour exercer des pressions sur les politiques:
elles doivent donc élargir leurs alliances. Elles doivent
également se rapprocher des groupes qui sont privés
du droit de vote, des femmes rurales, des pauvres et des hommes
âgés et pauvres, pour encourager des initiatives
locales. L'utilisation des langues locales a été
soulignée comme un facteur important de la constitution
des alliances.
Les recommandations suivantes
ont été formulées:
1. Les femmes doivent se ressaisir
et développer d'autres valeurs fondamentales qui impliquent
notamment de se départir de la hiérarchie patriarcale
au profit d'approches sans exclusive. Elles devraient également
encourager l'échange points de vue, l'intégrité,
la transparence et la responsabilité.
2. Les femmes devaient poursuivre
les efforts qu'elles déploient pour constituer une
masse critique dans les organes de prise de décisions.
3. Les femmes devraient créer
de nouvelles connaissances conformes à leur vision
du changement. Elles devaient également tenter de redéfinir
certains rôles tels que ceux des dirigeants.
4. Le financement des partis
politiques devait être assorti de conditionnalités
pour réduire le niveau de la corruption.
5. Les femmes devaient rechercher
les hommes qui ont des valeurs féministes.
6. Les parties concernées
devaient être habilitées à demander des
comptes aux organisations et à l'État.
7. Il faudrait également
rendre davantage de comptes sur le travail des ONG, en ce
qui concerne son efficacité et son impact.
8. Les femmes devraient créer
des organisations régionales capables de soutenir les
candidates à des postes politiques. Les mouvements
sociaux régionaux devraient également être
renforcés.
9. Les femmes devraient dépasser
les clivages politiques, ethniques, religieux, de classe et
de race, afin d'inclure les femmes et les hommes défavorisés
dans la lutte pour l'égalité des sexes.
10. Il faudrait mettre davantage
l'accent sur la diffusion de l'information aux femmes sur
le lieu de travail et de résidence. Les femmes devraient
également recevoir une formation politique pour avoir
une plus grande conscience politique.
11. Les Africaines devaient faire
sentir leur point de vue et leur présence sur toute
une gamme de questions au sein des organisations internationales.
12. Les institutions mondiales
devaient assurer une représentation égale entre
hommes et femmes, à l'instar de l'Union africaine.
13. Les chercheurs devaient apprendre
à produire des documents dont le niveau de langues
est propre à la consommation locale et au rapprochement
des différents groupes.
Thème 5 : Thème
Mécanismes Institutionnels Charges de l'Intégration
Effective de l'Egalité Entre Les Sexes Dans Les Politiques
et Programmes
1) Rendre compte des résultats
du Programme de suivi et d' évaluation réalisé
par la CEA / dans 18 pays ;
2) Déterminer pourquoi
le souci d`égalité des sexes n'était
pas toujours intégré dans les politiques et
les programmes nationaux.
1) Quels sont les résultats
de la mise en _uvre du Programme de suivi et d
évaluation de la CEA ?
2) Pourquoi il y a peu de progrès
dans la mise en _uvre des mécanismes institutionnels
chargés de l' intégration du genre
3) Qui est responsable de la mise
en _uvre des activités d'intégration du genre ?
4) Insuffisances de crédits
budgétaires alloués aux activités de
promotion de la femme tant dans les mécanismes d'intégration
du genre que dans les ministères sectoriels ;
5) Quels sont les meilleures
pratiques ?
6) Qui est redevable à
qui ?
-
RENFORCER
et harmoniser LA COMPREHENSION DES CONCEPTS et l'approche
GENRE en fournissant des guides et des outils nécessaires ;
-
Coordonner
l'identification des bonnes pratiques d'intégration
du genre et la diffusion d'information en vue de les disséminer ;
-
Renforcer
les capacités de toutes les parties prenantes à
tous les niveaux dans la prise en compte du genre à
travers une professionnalisation du genre.
Mécanismes institutionnels
d'intégration du genre
-
Les mécanismes
institutionnels nationaux d'intégration du genre
devraient être évalués et révisés
de façon à renforcer leur performance. Les
gouvernements devraient les renforcer en améliorant
leur connectivité et leur accès au TIC.
-
Les ministères
sectoriels devraient d'une part former des experts des
questions de genre dans différentes disciplines
de façon à faciliter l'intégration
du genre définir le mandat des coordonnateurs des
questions de genre.
-
Renforcer
leurs capacités et leurs ressources et, partant
leur efficacité.
-
Les gouvernements
devraient créer un Mécanisme national de
coordination multisectoriel et indépendant, dont
seraient membres des représentants du gouvernement,
de la société civile, du secteur privé ;
les partenaires au développement et d`autres parties
prenantes.
Mécanismes nationaux
de promotion de la femme
Les gouvernements devraient
-
revoir les
structures actuelles des mécanismes de promotion
de la femme de sorte que l'on puisse tirer meilleur parti ;
-
préciser
leur mandat de façon à faciliter le développement
de stratégies de mise en _uvre appropriées ;
d'indicateurs de performance et des outils nécessaires ;
-
Les mécanismes
nationaux de promotion de la femme, la société
civile , le secteur privé et d'autres secteurs
non étatiques devraient conclure des partenariats
stratégiques pour résoudre leurs problèmes
communs et mettre leurs capacités en commun, collaborer
avec la direction de la promotion de la femme de l'Union
africaine , les structures chargées de la promotion
de la femme du NEPAD.
Obligation redditionnelle
-
Les parties
prenantes en l `occurrence la société
civile devraient :
-
Prévoir
dans leurs statuts des indicateurs de mesure de la performance
des décideurs et des renvois en cas de manquement ;
-
Saisir les
occasions offertes par les élections démocratiques
régulières démocratiques pour remplacer
les dirigeants qui n'ont pas tenu leurs engagements.
Séance du sixième
groupe thématique : la voix des femmes dans la
prévention des conflits et la consolidation de la paix.
L'objectif de cette séance
consiste principalement à proposer des stratégies
et des recommandations pour assurer la participation effective
et systématique des femmes aux processus de résolution
des conflits et de consolidation de la paix, conformément
à la résolution 1325 du Conseil de sécurité
des Nations Unies.
-
Comment renforcer
les organisations de femmes _uvrant pour la paix aux niveaux
national sous-régional et régional de façon
à ce que leur voix soit entendue ?
-
Quel est
le meilleur moyen pour les organisations de femmes _uvrant
pour la paix d'instaurer des liens avec les organismes
régionaux et internationaux ayant pour vocation
la consolidation de la paix, la résolution des
conflits et le développement?
-
Quelles sont
les mesures proposées dans le domaine de la consolidation
de la paix et de la résolution des conflits au-delà
de Beijing + 10?
-
Comment mettre
effectivement en _uvre le mandat du Comité des
femmes africaines pour la paix et le développement?
-
L'ONU, les
gouvernements et les ONG devraient mettre en place des
mécanismes permettant de renforcer leurs capacités
et de veiller à ce que les femmes participent aux
phases de négociation, de prévention des
conflits et de consolidation de la paix;
-
Les femmes
africaines devraient renforcer leurs capacités
pour se concerter à tous les niveaux et prendre
de concert des mesures effectives pour promouvoir la consolidation
de la paix et la culture;
-
Après
Beijing + 10, les gouvernements, les organismes bilatéraux
et multilatéraux ainsi que la société
civile devraient déterminer les stratégies
permettant de mettre en _uvre la résolution 1325
du conseil de sécurité des Nations Unies
et de la faire connaître aux populations.
Thème 7 : Intégration
de la problématique hommes-femmes dans le nouveau partenariat
pour le développement de l'Afrique (NEPAD)
L'objectif visé par cette
session est de proposer des stratégies et des actions
pour intégrer la problématique hommes-femmes
dans le NEPAD en vue du renforcement des pouvoirs des femmes
par l'amélioration de leur représentation au
niveau des sphères de prise de décision.
Les discussions des participants
ont porté sur les points suivants :
-
Comment impliquer
les femmes dans le NEPAD à tous les niveaux ?
-
Comment
utiliser les processus pour renforcer la participation
des femmes ?
-
Comment
les femmes africaines peuvent-elles être impliquées
dans la mise en place de processus de suivi et d'évaluation
et de l'intégration de la problématique
hommes-femmes dans le NEPAD ?
-
Comment
s'assurer que les ressources mobilisées servent
effectivement à financer la promotion de l'égalité
des sexes dans le NEPAD ?
Comment impliquer
les femmes dans le NEPAD à tous les niveaux ?
-
Il faudrait
que les gouvernements s'engagent au niveau national à
impliquer les femmes dans le processus de prises de décisions
stratégiques, afin qu'elles puissent établir
le dialogue avec les structures de l'Union africaine chargées
du NEPAD ;
-
Il faudrait
établir des stratégies de mise en oeuvre
de la Déclaration de l'Union africaine sur la promotion
de la femme, en corrélation avec la mise en oeuvre
du NEPAD, et en faire un principe directeur au même
titre que la CEDEF, la Plate-forme d'action de Dakar et
le Programme d'action de Beijing ;
-
Il faudrait
que les gouvernements, ainsi que les Organisations de
la société civile, se dotent de programmes
de sensibilisation au NEPAD, en utilisant les informations
disponibles sur le NEPAD et en les adaptant au public
cible vis, grâce aux technologies traditionnelles
et nouvelles TIC ;
-
Que le gouvernement,
la société civile et les autres acteurs
au développement s'accordent sur un plan de communication
avec des supports adaptés pour la promotion du
NEPAD à tous les niveaux.
Comment utiliser les processus
pour renforcer la participation des femmes ?
-
Il faudrait
nommer des femmes au NEPAD et à l'Union africaine
en tenant compte de la parité ;
-
Les ministères
de la promotion de la femme devrait collaborer étroitement
avec la Direction de la promotion de la femme de l'Union
africaine et les structures chargées de la promotion
de la femme au NEPAD.
Comment les femmes africaines
peuvent-elles être impliquées dans la mise en
place de processus de suivi et d'évaluation et de l'intégration
de la problématique hommes-femmes dans le NEPAD ?
-
Les organisations
de femmes de la société civile qui peuvent
accéder à l'information devrait s'employer
à partager toute information sur le NEPAD avec
les gouvernements ;
-
Les organisations
de la société civile devraient régulièrement
évaluer la mise en oeuvre du NEPAD en élaborant
des rapports complémentaires qui seraient incorporés
dans les rapports nationaux, sous-régionaux et
régionaux ;
-
Les services
nationaux de promotion de la femme et les experts dans
ce domaine, dans les communautés économiques
régionales, devraient travailler en étroite
collaboration avec les structures du NEPAD chargées
de la promotion de la femme pour suivre la mise en oeuvre
du NEPAD et de la Déclaration solennelle sur la
promotion sur la promotion des femmes des chefs d'état
de l'Union africaine ;
-
Il conviendrait
de synthétiser et de diffuser les informations
sur les meilleures pratiques actuelles qu'utilisent effectivement
certains gouvernant et organisations de la société
civile pour que les différents groupes d'intérêt
aient une conception commune du NEPAD.
Comment s'assurer que les
ressources mobilisées servent effectivement à
financer la promotion de l'égalité des sexes
dans le NEPAD ?
-
Les organisations
de la société civile et les services de
promotion de la femme devraient insister auprès
des gouvernements pour qu'ils allouent des ressources
spécifiques pour promouvoir l'intégration
des femmes et faciliter la prise en compte de leurs préoccupations
dans le NEPAD ;
-
Il faudrait
créer dans le cadre du NEPAD, un mécanisme
permettant d'obtenir à temps les ressources financières
promises par la communauté internationale ;
-
Il convient
de réexaminer les stratégies actuelles de
l'allègement de la pauvreté afin qu'elles
permettent également de créer des richesses
en vue d'un développement durable pour tous.
Séance thématique
8 : le rôle du pouvoir judiciaire dans la promotion
et la mise en oeuvre des droits de la femme
Les objectifs de cette séance
étaient de lancer un débat sur l'incorporation
dans le droit interne des instruments relatifs aux droits
de la femme en Afrique et de faire prendre conscience des
questions pertinentes affectant les femmes au sein de l'appareil
judiciaire ainsi que de la disparité des systèmes
judiciaires auxquels les femmes sont confrontées.
Questions découlant
du débat
Il a été noté
que plusieurs pays africains avaient signé et/ou ratifié
des instruments internationaux et régionaux relatifs
aux droits de la femme, mais que la mise en _uvre effective
de ces instruments au niveau national avait été
entravée par l'absence de mesures immédiates
visant à les incorporer dans le droit interne.
Le conflit entre le droit écrit
et le droit coutumier ou religieux dans les pays appliquant
les deux systèmes fait également obstacle à
l'exercice des droits de la femme, eu égard au fait
que dans certains pays les problèmes affectant les
droits de la femme sont réglés par le droit
coutumier, qui est habituellement discriminatoire à
l'égard des femmes.
L'accès des femmes à
la justice est en règle générale entravé
par plusieurs facteurs, notamment le niveau élevé
des frais de justice, le fait que les procédures se
déroulent dans des langues étrangères,
l'attitude des agents chargés de l'application des
lois (en particulier les policiers) et les pressions sociales
qui font que les femmes ne signalent pas les cas de violence.
L'ignorance par les avocats et
les juges des instruments internationaux relatifs aux droits
de la femme et la réticence de certains juges à
recourir aux normes internationales des droits de l'homme
pour statuer sur des cas de discrimination ont également
été cités parmi les obstacles à
l'exercice des droits de la femme.
Les pratiques optimales de certains
pays en ce qui concerne l'utilisation des instruments internationaux
relatifs aux droits de l'homme ont été citées,
de même qu'a été évoqué
le rôle des organisations de la société
civile dans la fourniture d'une aide juridictionnelle et la
sensibilisation aux droits de la femme.
1) Les États doivent prendre
des mesures immédiates pour incorporer dans leur droit
interne la Convention sur l'élimination de toutes les
formes de discrimination à l'égard des femmes,
ainsi que le Protocole à la Charte africaine (pour
les pays qui l'ont ratifié) aux fins de leur mise en
_uvre effectif au niveau national;
2) Tous les États doivent
prendre des mesures pour signer et ratifier le Protocole à
la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif
aux droits de la femme, afin que cet instrument puisse entrer
en vigueur d'ici la fin de l'année;
3) Il convient de réviser
et d'abroger toutes les lois et pratiques coutumières
qui sont discriminatoires à l'égard des femmes;
4) Il faut intégrer les
droits de la femme dans les programmes de formation des juges,
des avocats et des autres agents chargés de l'application
des lois;
5) Il convient de rassembler
les meilleures pratiques en matière de jurisprudence
afin de les diffuser dans toute l'Afrique;
6) Il faut apporter une aide
et des conseils juridiques aux femmes et faire prendre conscience
des droits de la femme;
7) Les organisations de la société
civile doivent constituer des coalitions et des réseaux
aux niveaux national, sous-régional et régional
aux fins de la promotion et de la protection des droits de
la femme;
8) Les États et les organismes
donateurs internationaux doivent allouer des ressources aux
organisations de la société civile qui s'emploient
à apporter une aide juridictionnelle aux femmes;
9) Les services judiciaires et
les autres organismes chargés de l'application des
lois devraient être dotés de ressources suffisantes
pour qu'ils puissent assurer efficacement l'administration
de la justice.
Session thématique
9 : partenariat pour l'égalité des sexes; le
rôle des organismes multilatéraux et bilatéraux
L'objectif de cette séance
thématique était d'élaborer des recommandations
et des propositions concrètes aux fins de la coordination
des programmes et des activités des organisations multilatérales
et bilatérales en faveur de la promotion effective
de l'égalité des sexes en Afrique.
-
Quels sont
les stratégies et mécanismes efficaces pour
renforcer la mise en _uvre, la promotion et la vulgarisation
du Programme d'action de Beijing?
-
Quels sont
les mesures et les plans que l'on pourrait recommander
pour faire avancer le processus Beijing+10?
-
Comment les
buts en matière d'égalité des sexes
énoncés dans les Objectifs du Millénaire
pour le développement et les objectifs de la Conférence
internationale sur la population et le développement
devraient-ils être intégrés et coordonnés
au-delà du processus Beijing+10?
-
Les organismes
multilatéraux et bilatéraux devraient créer
des mécanismes efficaces de consultation et de
collaboration, à leur propre niveau ainsi qu'avec
les différents acteurs et/ou partenaires, afin
d'adopter des approches communes et de promouvoir la réalisation
d'activités en matière d'intégration
de l'égalité des sexes dans le développement;
-
Les points
de contact dans tous les organismes ainsi que les coordonnateurs
des plans et des programmes devraient être formés
à l'utilisation d'indicateurs et d'outils tels
que l'IDISA (Indicateur de développement et des
inégalités entre les sexes en Afrique);
-
Les capacités
locales devraient être renforcées et prises
en compte, afin que les femmes puissent participer pleinement
à la collecte, à l'analyse et à l'exploitation
de données ventilées par sexe.
Séance thématique
10 : émancipation économique des femmes
Les objectifs de cette séance
étaient d'évaluer les progrès accomplis
dans la promotion des questions relatives aux femmes à
différents niveaux de l'économie (macroniveau,
microniveau, secteur informel), d'exposer les questions relatives
à l'émancipation de la femme ainsi que de reconnaître
et de mettre en évidence la contribution des femmes
à l'économie de leur pays. Les participants
se sont donc employés à recenser les principaux
obstacles à l'émancipation économique
des femmes, à définir les moyens d'améliorer
l'accès des femmes aux marchés nationaux, régionaux
et mondiaux, à déterminer comment la contribution
des femmes pourrait être prise en compte, en particulier
dans le secteur familial et dans le cadre de la politique
macroéconomique, à arrêter les modalités
par lesquelles associer les femmes à la prise de décisions
concernant la répartition et l'allocation des ressources
et des capitaux financiers et, enfin, à examiner les
meilleures pratiques relatives à l'émancipation
économique de la femme.
Les représentants de la
Banque africaine de développement, du Fonds de développement
pour les femmes africaines, du Réseau des femmes
entrepreneurs d'Afrique et de l'Organisation des migrations
internationales ont présenté leurs organisations,
leur mission et leurs objectifs, et ont exposé leurs
activités en matière d'égalité
des sexes. Parmi les questions évoquées, figure
la nécessité pour la BAfD de travailler directement
avec les organisations des femmes, en plus des gouvernements.
Les participants ont estimé que la discrimination et
les entraves socioculturelles, l'ignorance des droits de la
femme, le manque d'accès aux moyens de production,
l'absence de coopération des banques, l'inexistence
de services d'appui tels que des crèches, le manque
de compétences managériales et le niveau élevé
des taux d'intérêt applicables au microcrédit
figuraient parmi les principaux obstacles à l'émancipation
économique des femmes. Ont également été
évoqués la féminisation des migrations,
l'impact des conflits, de la guerre, des déplacements
et des migrations sur les femmes, ainsi que les incidences
de la migration sur la question du VIH/sida. A cet égard,
les participants ont souligné combien il était
important de connaître les organisations impliquées
dans la traite des femmes, ainsi que les conventions, traités
et réseaux internationaux sur les femmes et les filles.
Notant que les objectifs et les modalités des migrations,
le volume des envois de fonds des migrants et la reconnaissance
de la migration des femmes avaient évolué dans
le temps, les participants ont jugé nécessaire
d'élaborer de nouvelles stratégies pour faire
face à ce phénomène.
On trouvera ci-après un
aperçu des recommandations formulées par les
participants :
1) Il convient d'évaluer
l'incidence des mesures prises pour éliminer les inégalités
entre les sexes, afin de mesurer l'efficacité des politiques
et des programmes en matière d'égalité
des sexes;
2) Des indicateurs d'impact devraient
être intégrés dans les plans stratégiques
de réduction de la pauvreté;
3) Les États, les institutions
financières et les ONG devraient ensemble veiller à
ce que le souci de l'égalité des sexes soit
intégré dans les politiques de développement;
4) Il faudrait, dans les stratégies
économiques, tenir compte du fait que les femmes ne
constituent pas un ensemble homogène;
5) Les États devraient
prendre des mesures pour faciliter la philanthropie en Afrique;
6) Pour améliorer leur
accès aux marchés nationaux, régionaux
et mondiaux, les femmes devraient chercher à mieux
connaître les normes internationales. Les infrastructures
locales et régionales devraient être améliorées,
de même que l'accès aux moyens de production,
à l'information et aux TIC;
7) Pour que la contribution économique
des femmes soit prise en compte, les outils de mesure ou indicateurs
devraient être améliorés et les femmes
devraient être formées aux notions d'égalité
des sexes;
8) Pour qu'elles soient mieux
associées à la prise de décisions concernant
la répartition et l'allocation des ressources et capitaux
financiers, les femmes devraient veiller à ce que leurs
préoccupations soient prises en compte en tant que
questions intersectorielles dans les politiques en matière
de réduction de la pauvreté. Les femmes parlementaires
devraient être formées aux perspectives sexospécifiques
et à la budgétisation de la question genre;
les questions relatives à l'égalité des
sexes devraient également être intégrées
dans les programmes de formation à l'intention des
filles.
Séance thématique
11 : Le droit des femmes et le droit au développement
Le principal objet de la séance
a été d'examiner l'interdépendance des
droits des femmes et des droits des peuples au développement
et de répondre à la question de savoir si l'égalité
entre les sexes peut être accélérée
en utilisant l'approche des droits de l'homme en matière
de développement.
Tous les droits de l'homme, les
droits civils et politiques, les droits économiques,
sociaux et culturels et le droit au développement sont
universels, indivisibles, interdépendants et interconnectés.
Les instruments internationaux comme la Convention sur l'élimination
de toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes, la Plateforme d'action de Beijing, le Plan d'action
de la Conférence internationale sur la population et
le développement et l'instrument régional, le
Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme
et des peuples, relatifs aux droits des femmes, se complètent
et sont indispensables pour la réalisation effective
des Objectifs du Millénaire pour le développement.
Les droits de l'homme sont applicables
à tous les domaines de la vie et il est donc important
d'adopter une approche qui tire partie de la synergie entre
les différents instruments afin d'accélérer
le développement et de garantir que les femmes jouissent
de leurs droits.
Les domaines prioritaires ci-après
ont été identifiés en vue de faire respecter
les droits des femmes. Dans le domaine de la santé,
il a été noté que, en dépit de
l'adoption de plusieurs politiques en matière de santé,
les progrès restaient insuffisants en ce qui concerne
la santé des femmes, notamment la santé en matière
de procréation et le VIH/sida. Au plan de l'éducation,
si des progrès sensibles ont été notés
concernant le nombre d'inscription des filles dans l'enseignement
primaire, on remarque une diminution notable du nombre de
celles qui restent dans l'enseignement à mesure qu'elles
se rapprochent de l'enseignement supérieur en raison
des grossesses et des mariages précoces notamment.
Il a été également noté que l'éducation
en matière de droits de l'homme ne figurait généralement
pas dans les programmes scolaires.
Les systèmes de micro-crédit
mis en place dans plusieurs pays africains n'ont pas atteint
l'objectif consistant à réduire la pauvreté
des femmes et, partant, à améliorer leur statut
économique et social, en raison de l'ampleur et de
la portée limitée de ces systèmes. L'accès
des femmes aux ressources ainsi que le contrôle par
les femmes de ces ressources continuent également à
entraîner la marginalisation des femmes dans le développement.
Elles continuent également
d'être en marge des processus décisionnels à
tous les niveaux dans la plupart des pays à l'exception
de quelques-uns où la participation des femmes au parlement
a dépassé les 30% recommandés dans la
Plate-forme d'action de Beijing.
Les gouvernements africains continuent
de s'engager vis-à-vis des instruments internationaux
en cherchant à promouvoir et à protéger
les droits des femmes mais il y a un manque d'application
concrète au niveau national.
Le rôle des mouvements
féministes qui cherchent à promouvoir les droits
des femmes a été réaffirmé mais
il a également été reconnu que la responsabilité
en matière de respect des droits de femme et le droit
au développement relèvent de la société
toute entière, des gouvernements et de la société
civile.
1. Les droits de l'homme sont
applicables dans tous les domaines de la vie et devraient
soutenir tout processus de planification du développement ;
2. Garantir l'accès universel
à des services de santé en augmentant les ressources
allouées aux secteurs de la santé et en prévoyant
une dotation appropriée pour la santé en matière
de procréation ;
3. Prendre, encourager des mesures
d'incitation en faveur de l'inscription des filles à
l'école et de la poursuite de leur scolarité
jusqu'au niveau supérieur ou améliorer
celles qui existent ;
4. Intégrer les questions
des droits de l'homme et des droits spécifiques aux
deux sexes dans les systèmes formels et informels d'éducation ;
5. Attribuer un pourcentage approprié
des ressources du NEPAD au développement des capacités
économiques des femmes africaines ;
6. Créer un cadre législatif
pour donner aux femmes la capacité juridique de posséder
des terres et d'en hériter ;
7. Adopter des politiques affirmatives
visant à augmenter la proportion des femmes dans les
parlements ;
8. Accélérer la
signature et la ratification d'instruments internationaux
et régionaux concernant les droits des femmes, en particulier
le protocole à la Charte africaine des droits de l'homme
et des peuples ;
9. Prendre des mesures pour adapter
et appliquer les instruments internationaux et régionaux
qui ont été ratifiés ;
10. Créer un environnement
favorable en vue de gouvernements et de sociétés
civiles efficaces, notamment des mouvements féministes,
des partenariats pour le respect effectif des droits des femmes.
Séance thématique
12 : problèmes concernant les petites filles aujourd'hui
La séance a eu pour objet
de traiter les questions concernant l'autonomisation des petites
filles en vue des multiples rôles sociaux, culturels,
économiques et politiques qu'elles ont à jouer
et des problèmes qui vont de pair. Les participants
se sont concentrés sur le harcèlement sexuel
et les modes de communications existants concernant le VIH/sida
et d'autres problèmes; les nouveaux problèmes
liés au trafic de femmes et d'enfants à l'intérieur
de l'Afrique et à partir de ce continent et sur une
initiative visant à offrir aux jeunes femmes des possibilités
d'éducation supérieure en Afrique et en Éthiopie.
Toutes les principales questions
soulevées ont concerné les problèmes
auxquels font face les petites filles africaines. Ce sont
notamment :
-
Un environnement
scolaire défavorable et peu sûr où
le nombre d'inscription des filles est faible, le harcèlement
sexuel grave et persistant; il y a peu de femmes enseignantes
et de modèles du rôle à jouer; les
enseignants hommes ignorent ce qu'est l'harcèlement
sexuel; il n'y a pas de service de conseils pour les victimes
et les viols se traduisent par des grossesses chez les
adolescentes.
-
La petite
fille est touchée de façon disproportionnée
par la pandémie du VISH/sida en raison de sa vulnérabilité.
Elle est exposée à des pratiques à
risques tels que les mutilations génitales féminines,
à l'infanticide, à l'abus sexuel et au viol,
à la mauvaise nutrition et elle a la lourde charge
de s'occuper des malades et des orphelins.
-
À
la maison, les petites filles sont exploitées comme
servantes et beaucoup, orphelines à cause du VIH/sida,
sont forcées de vivre dans la rue.
-
La petite
fille est exclue de toutes les questions, politiques et
programmes la concernant. Celles qui sont handicapées
sont marginalisées, victimes de privation et abandonnées.
1) Concevoir et lancer des programmes
qui associeront et donneront des pouvoirs aux petites filles
pour qu'elles traitent et résolvent leurs propres problèmes.
2) Sensibiliser et faire participer
les parents, les adultes et les communautés pour qu'ils
comprennent mieux les questions concernant les petites filles ;
qu'ils luttent contre l'exploitation de leurs petites filles
en tant que domestiques, le trafic des personnes et ceux qui
exploitent le sexe.
3) Créer un environnement
favorable pour améliorer la situation des petites filles,
en mettant en place des mécanismes qui permettent de
lutter contre la pauvreté, d'améliorer l'accès
et l'utilisation de l'information et des technologies de l'information
par les garçons et les filles, d'apporter une aide
psychologique et matérielle aux victimes de viols,
de harcèlement sexuel et aux petites filles vivant
avec le VIH/sida, affectées par le VIH/sida ou handicapées.
4) Accélérer l'application
des instruments nationaux et internationaux pertinents existants.
En particulier adopter et/ou appliquer des lois visant à
protéger la petite fille et à punir les criminels
qui violent ses droits; des lois devraient être également
adoptées pour lutter contre l'infanticide, les mutilations
génitales féminines et le mariage précoce.
5) La mobilisation des ressources
financières et humaines devrait viser la petite fille.
Au niveau national, les efforts et les ressources devraient
promouvoir les droits, le développement et la protection
de la petite fille. Un fonds régional pour l'éducation
et les ressources en faveur des petites filles découlant
de l'initiative PPTE devrait fournir des financements à
des programmes axés sur les problèmes que rencontrent
les petites filles.
6) Il faudrait accorder une attention
particulière à la situation sanitaire des petites
filles. En particulier, il faudrait élaborer des politiques
qui traitent les différents problèmes et besoins
des enfants infectés par le VIH/sida. En outre, les
compagnes de prévention du VIH/sida devrait être
intensifiées en milieu scolaire et au sein de la communauté,
et associer parents et tuteurs.
En plus de toutes les recommandations
découlant des séances thématiques, trois
thèmes récurrents ont été abordés
dans toutes les séances. Ce sont :
-
La nécessité
d'une volonté politique pour faire appliquer tous
les engagements que les gouvernements africains ont pris
aux niveaux nationaux, internationaux et régionaux.
-
L'attribution
de ressources pour la mise en _uvre effective des engagements
politiques et des plans.
-
Intégration
des questions sexospécifiques à tous les
niveaux de la planification.
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