La mondalialisation et l'ère de l'information: introduction |
fda octobre 1999
Titre
1 Introduction *
2 L'Initiative Africaine pour la Société de l'Information *
2.1 La vision *
2.2 Les thèmes *
2.3 La mise en uvre *
2.4 Les acteurs *
3 Mise en uvre de l'AISI *
3.1 Bilan de trois années *
3.1.1 La sensibilisation *
3.1.2 Les stratégies nationales *
3.1.3 La connectivité *
3.1.4 Les applications sectorielles *
3.1.5 Le développement de contenus *
3.1.6 Le partenariat *
3.2 Que reste-t-il à faire *
3.3 Rôle du FDA dans le processus *
4 Les orientations futures *
4.1 Les orientations thématiques *
4.2 Le partenariat *
4.3 Comment mesurer l'impact de AISI *
5 Conclusion *
6 Références *
1 Introduction
Depuis un certain temps déjà, l'Afrique intensifie ses
efforts pour faire face à ses problèmes de développement économiques et humains et
relever les défis qui en découlent. La question est encore plus cruciale à la veille du
21ème siècle alors que la globalisation devient une réalité et que l'entrée dans la
société de l'information semble changer les référentiels utilisés et introduire une
accélération de la dimension temps.
Il est vrai qu'en ce qui concerne le Continent, beaucoup d'indicateurs
sont à la hausse et que les tendances sont globalement suffisamment positives pour
conforter un certain optimisme quant au futur de l'Afrique. Toutefois, il reste
réellement beaucoup de chemin à parcourir pour gagner la bataille contre la pauvreté,
lanalphabétisme, la santé précaire pour laquelle les perspectives empirent avec
les ravages s'amplifiant de la pandémie du SIDA/VIH.
A la veille dun nouveau millénaire, lespoir est grand que
lAfrique pourra se désengluer du marasme et des crises qui ont si souvent été son
lot depuis lindépendance.
LAfrique de demain commence à apparaître sous les traits
dun continent qui tient fièrement sa place aux côtés de ses partenaires
commerciaux du reste du monde et qui connaît une croissance durable, dun continent
où, dici 30 ans, tous auront accès aux soins de santé, où lenseignement
sera universel, où la stabilité sera un droit de lhomme et où la pauvreté sous
toutes ses formes aura été battue en brèche.
Cette vision dune renaissance africaine nest pas un mirage
K.Y. Amoako, Secrétaire exécutif, Commission économique
pour lAfrique
La CEA et lAfrique, Accélérer le développement dun
continent
Beaucoup a déjà été dit quant à la révolution informatique, à la
société de l'information, ainsi qu'au rôle central et primordial des technologies de
l'information et des communications dans le processus de développement de manière
générale, et de lopportunité sans précédent dans l'histoire qu'elles offrent à
l'Afrique. Il n'est donc pas dans notre objectif de développer cet aspect des choses,
notamment trois années après l'adoption de l'Initiative Africaine pour la Société de
l'Information, AISI. Nous sommes persuadés que la mise en place de stratégies
nationales, sous-régionales et régionales pour une utilisation à bon escient des
technologies de l'information et des communications représente une chance unique qui
permettra à l'Afrique d'affronter le troisième millénaire avec la conviction que le
retard accumulé au cours du 20ème siècle n'est pas une fatalité et que les atouts du
Continent peuvent être mis à profit afin daccélérer sa marche vers un avenir
meilleur.
3 L'Initiative
Africaine pour la Société de l'Information
Adoptée il y a maintenant un peu plus de trois années par la
conférence des Ministres chargés du plan et du développement économique, l'Initiative
Africaine pour la Société de l'Information se veut un cadre pour lédification de
linfrastructure de l'information et de la communication en Afrique. La conception de
l'AISI est le fruit du travail d'une année d'un groupe de travail de haut niveau mis en
place en 1995 par la conférence des ministres. Son adoption est la résultante d'un long
processus de gestation dont les détails sont donnés en Annexe.
L'AISI, c'est, avant toute chose une vision globale, une certaine
vision de l'Afrique, où il est donné au Continent sa place dans la dynamique mondiale.
L'AISI, c'est également un ensemble d'orientations thématiques selon
lesquels doivent s'articuler les projets de construction de la société de l'information
en Afrique.
L'AISI, c'est encore une volonté de mise en uvre de cette
vision, qui permet de dépasser le stade du simple discours pour proposer des plans
d'actions concrets à considérer par tous les acteurs.
L'AISI, c'est enfin un partenariat, le plus large possible, qui s'est
instauré entre ces acteurs et pour lequel il est attendu un renforcement substantiel,
dans le proche avenir, afin de mener à bien les objectifs de l'Initiative.
«Pour accéder à la société de linformation, lAfrique doit savoir ce
quelle veut, et faire clairement connaître ses désirs. Si tel est le cas, si nous
nous donnons un projet qui emporte ladhésion, nos choix ont toutes chances de se
concrétiser. Si nous ne savons pas véritablement ce que nous voulons, nous demeurerons
à jamais spectateurs des autoroutes de linformation, ou bien nous nous engagerons
sur une voie qui ne correspond pas à nos besoins.»
K.Y. Amoako, Extrait de «Information and Communications for
Development», allocution liminaire prononcée devant le Luncheon Forum, Conference on the
Information Society and Development,
Midrand, Afrique du Sud, 14 mai 1996
3.1 La vision
Pour résumer lidée motrice de la conception de l'AISI, on
pourrait citer la phrase de l'Initiative, devenue désormais classique, qui veut que d'ici
à l'an 2010, l'on crée en Afrique, une société de l'information pérenne où tout
homme, toute femme, tout enfant, tout village, tout bureau dans le secteur public et
privé, puisse accéder à l'information et au savoir grâce à des ordinateurs et des
moyens de communication. L'objectif étant d'offrir à tout citoyen de l'Afrique la
possibilité d'utiliser les services de communication et de traitement de données
disponibles partout ailleurs, au même titre que tout autre citoyen du monde, tout en
mettant l'accent sur ses besoins propres et les réalités de son environnement de vie.
Cette vision traduit une certaine idée du développement de
lAfrique, et encourage les pays du Continent à utiliser la révolution de
linformation pour minimiser, voire rattraper, leur retard et ainsi être en mesure
doffrir à leurs citoyens les moyens daborder le siècle prochain avec
optimisme.
3.2 Les thèmes
Les domaines sur lesquels les technologies de l'information et des
communications ont un impact, effectif ou potentiel, ne se comptent plus et leur
identification exhaustive serait un exercice hasardeux. En effet, face à la rapidité
fulgurante de lévolution des technologies multimédia et à l'apparition
régulière de nouveaux services et de nouvelles applications, la seule limite à la
création dapplications nouvelles qu'il pourrait y avoir est celle de
limagination humaine.
Toutefois, vu son souci de présenter un cadre qui conduise réellement
à des projets concrets, l'AISI propose un ensemble de domaines qu'il serait intéressant
de considérer lors de lélaboration de stratégies nationales, du fait de leur
relation au processus de développement socio-économique de l'Afrique ainsi que des
opportunités immédiates qu'ils présentent.
Parmi les thèmes jugés importants pour la mise en place de tels
projets :
3.3 La mise en uvre
En accord avec ses partenaires, la CEA a décidé que la mise en
uvre de l'AISI devait se faire selon les sept axes suivants :
La promotion d'actions de sensibilisation à l'apport pour l'Afrique
de la société de l'information, afin de créer une culture solide dans le domaine des
technologies de l'information et des communications et faire en sorte que décideurs et
utilisateurs soient au fait de l'apport de la société de l'information et des
bénéfices qu'ils peuvent en escompter.
La formulation de plans et de politiques pour une infrastructure de
l'information au niveau national qui soient intégrateurs, ambitieux dans leurs objectifs
mais réalistes dans les étapes de leur mise en uvre, en adéquation avec les
chapitres premiers des agendas de développement nationaux, conçus pour offrir une vie
meilleure à tous les citoyens.
Lélargissement de la connectivité électronique, pour
atteindre des niveaux daccès et une qualité de service satisfaisants, en accord
avec le principe daccès universel.
La mise en place de programmes de formation et de renforcement des
capacités qui permettent de faire face aux nouveaux besoins en matière de profils
engendrés par la nouvelle ère de l'information.
La démocratisation de laccès, pour toucher toutes les couches
et composantes de nos sociétés et ne pas aggraver les inégalités sociales en créant
de nouveaux laissés pour compte.
L'identification d'applications sectorielles qui définiront les
lignes directrices des politiques nationales et permettront la définition de priorités
pour leur mise en uvre.
La promotion du développement de contenus informationnels qui soient
en phase avec les besoins et les réalités des utilisateurs des pays africains et qui
aboutiront à la consolidation d'une vraie société du savoir.
3.4 Les acteurs
Mandatée par sa conférence des Ministres de 1996, la Commission
Economique pour l'Afrique agit en tant que secrétariat pour la mise en uvre de
l'AISI. Cependant, il est totalement exclu que la CEA soit le seul organisme à mettre en
uvre l'AISI, du fait non seulement de son rôle, mais aussi, de l'ampleur de la
tache, de sa complexité et de la multiplicité de la nature des activités concernées.
Le rôle de la CEA est essentiellement intégrateur et facilitateur.
Dès sa conception, L'Initiative africaine pour la société de
l'information avait identifié les groupes de partenaires suivants :
lélaboration d'une vision globale et intégratrice, au niveau
national, une stratégie de mise en uvre de la politique 'société de
l'information, et la création d'un environnement favorable à la concrétisation de
cette politique en actions et projets effectifs ;
la coordination avec les instances nationales homologues dans les
pays africains, ainsi qu'avec des organismes régionaux et internationaux, de façon à
assurer une meilleure intégration et davantage de coordination au niveau régional ;
le développement de cadres juridiques et réglementaires
appropriés, en mettant notamment l'accent sur la résolution des facteurs qui sont de
nature à contraindre l'introduction de nouvelles technologies, (comme les aspects
tarifaires, la garantie de laccès universel, non plus seulement aux services de
téléphonie de base, mais à l'ensemble des services de communication multimédia, la
prise en compte des besoins des communautés défavorisées ou souvent laissées pour
compte dans le développement) ;
la mise en place de programmes de formation adaptés, pour garantir
en particulier la formation dune masse critique de spécialistes en technologies de
l'information, à tous les niveaux - planificateurs, concepteurs, developpeurs,
techniciens, etc. ;
le développement idoine des infrastructures de communication et leur
mise à jour conformément à lévolution des technologies et surtout à celle des
besoins des utilisateurs et la fourniture de passerelles permettant une connexion simple,
rapide et peu coûteuse aux réseaux de télécommunication internationaux, et surtout
dans leur propre sous-region ;
le secteur privé ; qu'il soit local ou basé hors du
Continent, le secteur privé peut - et doit - intervenir de manière directe et effective
dans la construction de la société de l'information en Afrique. Outre sa participation
à la conception de stratégies nationales proches des réalités des marchés, l'apport
du secteur peut aussi se manifester par la stimulation de la croissance de ce secteur à
travers un investissement réfléchi dans des domaines appropriés. Enfin, le secteur
privé doit s'organiser afin de promouvoir le développement d'une industrie locale
solide, basée sur l'information et le savoir.
le rôle de la société civile et des Organisations Non
Gouvernementales est de renforcer l'analyse des besoins en matière d'applications
sectorielles, en apportant la dimension 'terrain' du fait de leur proximité quotidienne
avec les utilisateurs réels auxquels s'adressent les services nouveaux à offrir. Elles
se feront les porte-parole des diverses communautés d'utilisateurs et notamment celles
qui n'ont pas accès en priorité aux ressources informationnelles et au savoir, comme les
femmes, certaines parties de la jeunesse, les illettrés, les habitants des zones rurales,
les handicapés, les réfugiés, etc.
c'est en amont et en aval de la mise en uvre de l'AISI que
peuvent intervenir les représentants des media. En effet, d'un côté ils
uvreront à promouvoir l'initiative et l'importance d'une construction réfléchie
et concertée de la société de l'information, en aidant à la sensibilisation des
décideurs, à la vulgarisation de ses différents concepts auprès d'un public le plus
large possible. D'un autre côté, ils seront au centre de toute action de diffusion des
résultats de la mise en uvre des stratégies nationales, des progrès réalisés
dans la concrétisation des objectifs de l'AISI en projets réels ainsi que de leur impact
sur le développement.
au moment où la mondialisation devient une réalité, et que la
plupart des stratégies sont à revoir dans un cadre plus global, rien n'est moins
important que la contribution des organisations régionales dans la mise en
uvre de l'AISI. De telles organisations intervenir dans l'observation et la
coordination des activités menées par les pays afin d'en assurer la plus grande
comptabilité possible. Ceci bien sur sans oublier la nature même des technologies de
l'information et des communications qui ne peuvent être réalisées dans l'isolement et
qui nécessitent harmonisation et normalisation.
4 Mise en
uvre de l'AISI
4.1 Bilan de trois années
Il serait légitime de s'interroger sur le pourquoi d'un bilan de
lAISI seulement trois années après son adoption, alors quen général de
telles évaluations se font au bout d'une moyenne de cinq années. Du fait de la nature du
domaine considéré, de la rapidité avec laquelle progressent les technologies de
l'information et des communications, mais surtout des impératifs de développement
auxquels fait face le continent africain ainsi que de la contrainte temps, il nous a
semblé opportun, au bout de trois années de mise en uvre de l'Initiative, d'en
faire une première évaluation. Cette évaluation trouve également sa justification dans
la volonté de la Commission Economique pour l'Afrique, notamment depuis la reformulation
de ses objectifs et sa restructuration, de se doter des moyens adéquats qui lui
permettront de mesurer l'impact de ses programmes et lefficacité de leur
implantation et de maintenir un dialogue suivi avec ses Etats Membres qu'elle encouragera
à continuer à exprimer leurs besoins, dont elle recueillera les réactions sur les
activités en cours et qu'elle invitera à faire des recommandations sur les activités à
venir.
4.1.1 La sensibilisation
D'ores et déjà, un survol rapide des réalisations des pays africains
en matière de technologies de l'information et des communications permet de constater que
l'Afrique est en train de se doter des moyens nécessaires à son intégration dans la
dynamique mondiale de l'information. En effet, nous sommes loin aujourd'hui de la
situation alarmante, révélée en 1995 lors de Conférence régionale sur la
télématique, avec seulement cinq pays connectés à l'Internet. Non seulement
aujourd'hui la quasi-totalité des pays offrent à leurs citoyens un accès - plus ou
moins sophistiqué - au réseau des réseaux, mais de nombreux projets, en cours ou
annoncés, montrent que l'Afrique a bel et bien amorcé sa préparation à entrer dans la
société de l'information.
Des ateliers et séminaires de formation et de sensibilisation ont
été organisés, par la CEA elle-même, par ses partenaires ou en commun. Dabord
destinés aux spécialistes des télécommunications ou de linformatique, ils se
sont par la suite ouverts à des participants dautres disciplines. De la même
façon, on a pu observer que lintérêt venait de plus en plus des décideurs et non
plus seulement des techniciens. Certains ateliers organisés à la fin de lannée
1998 ou en 1999 ont même été ouverts par des personnalités de très haut niveau. Ceci
montre que la prise de conscience, au niveau des décideurs nationaux, est de plus en plus
forte et quils ont acquis la conviction que les technologies de linformation
et des communications pouvaient avoir un réel impact sur le développement de leur pays.
4.1.2 Les stratégies nationales
Parmi les recommandations majeures de lAISI figure
lélaboration de plans relatifs aux infrastructures nationales dinformation et
de communication (quil nous arrivera dappeler par la suite les stratégies
nationales ou plan INIC). Ces INIC sont au cur du processus de mise en uvre de
la Société de l'Information en Afrique.
Beaucoup de pays, en particulier au cours de ces deux dernières
années, ont commencé à sorganiser et sont à divers stades de progression dans
lélaboration de leur plan INIC. La responsabilité de la coordination des plans qui
se profilent ou qui ont été adoptés, varie de pays en pays.
4.1.3 La connectivité
Elément vital de la société de linformation, la connectivité
de base est lun des défis les plus importants à relever pour un continent qui a
moins de 1% des lignes téléphoniques disponibles dans le monde, pour 10% de la
population du globe.
Depuis près d'une vingtaine d'années, ce sujet est au cur de
tous les débats en Afrique aussi bien au niveau des pays que des activités régionales
(avec notamment les deux étapes du programme des Nations Unies relatif à la décennie
des transports et des communications). Il le reste encore aujourdhui dans le cadre
des activités de lAISI ou des projets régionaux tels que RASCOM, African
Connection ou Africa One (qui connaissent des progressions et des évolutions à des
rythmes plus ou moins rapides).
Beaucoup defforts pour améliorer laccès physique aux
services de communication sont aussi entrepris par les acteurs du développement
international et les agences bilatérales de coopération. Ainsi, la plupart des projets
qui ont été menés ces dernières années, à linitiative par exemple du PNUD
(réseau pour le développement durable, Initiative Internet pour lAfrique), du CRDI
(projet Acacia) de lUSAID (Initiative Leland), de lUNESCO (Projet Rinaf),
intègrent une dimension de connectivité notamment pour le raccordement au réseau
Internet et ont largement contribué à faire progresser cet aspect des activités. Ceci,
outre les projets de lUIT, qui concernent aussi bien la téléphonie de base que les
nouveaux services de communication et de transmission de données.
En outre, une première conférence régionale a été organisée sur le thème de «La
connectivité globale pour lAfrique». Cette dernière a rassemblé plus de 400
participants, dont plus de trente ministres et hauts responsables des Communications en
Afrique, qui ont débattu de lamélioration de laccès aux réseaux nationaux,
de la baisse des prix des communications internationales et de lélargissement de
laccès à linformation.
La conférence, sest tenue à Addis-Abeba du 2 au 4 juin 1998, sous le parrainage
de la CEA ainsi que du Groupe de la Banque Mondiale, et avec lappui de lUnion
Internationale des Télécommunications, de la Banque Africaine de Développement et du
gouvernement des Pays-Bas. Elle a également reçu lappui du secteur privé, avec
des contributions de WorldSpace Corporation, Siemens, Teledesic, RASCOM et Iridium.
Durant les trois journées couvertes par la conférence, les participants ont examiné
un large éventail de projets de communications par câble et par satellite et, eu égard
à la diversité croissante des technologies disponibles, ont demandé quil soit
procédé à un examen systématique des politiques et des réglementations en vigueur
dans le secteur pour permettre au continent de tirer pleinement parti de lévolution
de la situation. La nécessité de forger de solides partenariats dans la région a été
re-confirmée.
Il a été recommandé de demander aux gouvernements dexaminer régulièrement
les politiques et réglementations quils appliquent dans ce secteur de manière à
tirer le maximum de bénéfices des technologies qui peuvent être utilisées. En ce qui
concerne le coût de laccès, limportance de ladoption de
réglementations pour sassurer que les consommateurs profitent de la baisse du coût
des communications internationales a été réaffirmée. En outre, et de lavis de
tous, il a été convenu que le secteur privé devrait simpliquer plus clairement et
davantage dans les projets de connectivité, et il faudrait donner la possibilité aux
organismes locaux, y compris les établissements de micro-crédits des zones rurales,
dapporter leur contribution financière.
Il a été demandé aux ministres de prendre des mesures pour faire face au problème
du bogue de lan 2000. Suite à cette conférence, la CEA a présenté une note de
synthèse sur le problème informatique de lan 2000 à lintention des
décideurs africains. Cette note expose le problème et fournit des détails sur les
principales difficultés quil posera en Afrique, suggère des solutions pratiques et
décrit les meilleures pratiques qui peuvent être utilisées en Afrique. Elle donne aussi
une longue liste des informations disponibles sur ce problème, sous forme électronique
ou sur support papier.
4.1.4 Les applications sectorielles
Pour les pays où leffort de sensibilisation a commencé à
porter ses fruits, des projets ont été mis en place, avec une concentration certaine
dans des secteurs comme la télé-médecine (Mozambique, Tunisie), le télé-enseignement
(Egypte, Ethiopie), le commerce électronique (Afrique du Sud, Tunisie) que la plupart des
pays s'accordent à juger prioritaires.
D'autres initiatives voient le jour dans des domaines tels que le
tourisme, la culture l'agriculture, etc.
Certains de ces projets sont menés sur linitiative de
gouvernements, dautres de centres de recherche ou dinstitutions académiques
et ont pour objectifs, essentiellement.
La première partie de létude comparative de létat
davancement des différents pays africains en matière de technologies de
linformation et des communications a permis de dresser une image des premières
réalisations dans le cadre des applications sectorielles. Le choix des domaines dépend,
en général, des grandes options retenues par les pays quant à leurs secteurs
prioritaires.
4.1.5 Le développement de contenus
La société de linformation et du savoir tire toute son essence
de la richesse des contenus informationnels quelle peut véhiculer et offrir à ses
usagers. Plus il y aura de linformation mise à la disposition du plus grand nombre,
plus cette information sera fiable et à jour, plus elle sera pertinente et correspondra
à des besoins réels du citoyen africain, plus lère de linformation pourra
sépanouir et servir le développement.
La demande nest pas la même dans toutes les sociétés ;
ainsi, les pays industrialisés ont orienté beaucoup de leurs activités autour
dapplications comme la vente par correspondance ou les services ludiques et de
loisirs qui représentent déjà et une part importante des revenus générés par le
commerce électronique. Ce nest peut-être pas dans de telles activités que les
gouvernements eux-mêmes sont en train dinvestir en premier, mais cest là
quest attendu le plus grand essor des marchés des services numériques.
En Afrique, pour des raisons évidentes de priorités liées au
développement du Continent, laccès doit dabord être mis sur les
applications qui participent directement à la mise en uvre de lagenda des
pays. Sans toutefois exclure les autres aspects, lorsque les opportunités se présentent.
Dans ce cadre, et même si le développement de contenus ne se limite
pas aux seuls systèmes dinformation existant sur la toile, il est intéressant de
mentionner quun premier aperçu du développement de sites web relatifs aux pays
africains a été établi afin damorcer une étude sur la nature des contenus
informationnels existants.
Son objectif est tout dabord de collecter un maximum
dinformations sur les sites web les plus intéressants développés en Afrique ou
pour lAfrique. Dans une première étape, la collecte a été faite par la CEA, afin
de commencer. Mais il nest ni dans les attributions de la Commission, ni permis par
les ressources dont elle dispose, de poursuivre ce travail qui devrait être effectué
ailleurs, sans doute en considérant une participation des universités et / ou du secteur
privé africain.
Une fois quune masse exploitable dinformation aura été
collectée, pourra commencer la partie la plus substantielle de cet exercice :
lanalyse de cette information et de son utilisation, qui permettra de mieux cerner
le développement de contenus informationnels en Afrique. Pour cela, lanalyse
sattachera sans sy limiter - à répondre à des interrogations telles
que :
Quel type dinformation est disponible sur les sites web
africains
Quelles autres informations serait-il nécessaire de fournir à un
large public
Qui est à linitiative des développements de sites web, qui en
est le producteur
Quelle est la pertinence de linformation accessible
Linformation disponible couvre-t-elle tous les besoins /
répond-elle à toutes les attentes
Quelle est la facilité de laccès à ces sites
Etc
Par la suite, il sera possible didentifier les secteurs
suffisamment couverts et ceux qui nécessitent plus defforts, et sur lesquels se
concentreront les actions de sensibilisation et daide au développement. Ceci
permettra, notamment à la CEA, de dépasser le stade où le message était juste
dencourager le développer des contenus, même basé sur des illustrations
concrètes, à un stade où des recommandations plus spécifiques pourront être faites
pour promouvoir le développement dans des domaines bien particuliers.
4.1.6 Le partenariat
Le premier partenariat qui s'est organisé pour la mise en place est
celui du réseau PICTA. Le Partnership on ICTs in Africa permet déchanger des
informations sur le déroulement des projets de technologies de linformation et des
communications réalisés sur le continent, et de coordonner les activités de
lAISI. Parmi les partenaires de lAISI figurent des institutions
multilatérales et bilatérales, des ONG, le secteur privé et des fondations. Les membres
du PICTA, dune part, échangent des informations sur les projets en cours et,
dautre part, formulent et exécutent un programme de travail commun et, ce faisant,
créent des synergies et démultiplient limpact des efforts déployés pour assurer
lexécution de lAISI. Il a été souligné que le Partenariat était, de par
sa nature, un processus plus quune organisation.
De la même façon que les membres de PICTA uvrent à la
promotion des technologies de l'information et des communications en Afrique, les membres
du réseau GKP se sont donné pour but de renforcer leur coopération afin de contribuer
à la diffusion du savoir mondial. Ce groupe s'est mis en place suite à la conférence
sur le savoir mondial (GK97 Global Knowledge 97) organisée à Toronto, conjointement par
la Banque Mondiale et le gouvernement du Canada, auxquels se sont associés plus d'une
quinzaine d'organismes internationaux et régionaux. Le GKP est en train d'organiser ses
travaux autour de trois thèmes principaux, qui sont : les infrastructures, qui ne se
limite pas uniquement aux infrastructures physiques, la gouvernance et la démocratisation
de laccès par une plus grande participation à la société de l'information.
Membre du GKP, la CEA y considère son rôle comme intégrant une mission de porte-parole
des besoins et des intérêts de l'Afrique dans le concert mondial et se charge de
garantir une position effective pour le Continent dans le cadre des discussions sur la
mondialisation à l'ère de la société du savoir.
Evaluation des travaux
AISI devient une réalité. Pas de copyright
4.2 Que reste-t-il à faire
Bien que, comme on l'a vu dans le paragraphe précédent, des
réalisations intéressantes aient été enregistrées en Afrique, il est indubitable que
beaucoup reste encore à faire pour que la société de l'information devienne une
réalité pour tous les citoyens du Continent. La construction de la société de
l'information est en effet un processus complexe et long, pour lequel il n'existe pas de
mode d'emploi préétabli. Pour preuve ce qui ce passe dans les pays développés, qui ont
débuté au début des années 90, où le sujet est plus que jamais dactualité et
où les planificateurs prévoient des activités qui vont porter sur les cinq à dix
prochaines années en moyenne.
En ce qui concerne lAfrique, du fait de létroite relation
entre la construction de la société de linformation et vu que, malheureusement ce
sujet est loin dêtre épuisé, il est raisonnable de penser que les prochaines
années devront être celles de la consolidation de fortes stratégies nationales.
Ce paragraphe ainsi que ceux qui suivent ne se veulent pas une revue
systématique et exhaustive de tous les domaines auxquels un intérêt particulier doit
être porté. Ils représentent d'abord la vision de la Commission économique pour
l'Afrique de ce devraient être les priorités, mais aussi et surtout le point de départ
d'un dialogue avec les différents intervenants pour un meilleur ciblage des programmes et
plans d'action nationaux et régionaux pour les années à venir. Comme il sera davantage
développé dans le paragraphe destiné au Forum pour le Développement de l'Afrique, il
ne s'agit pas de réécrire l'AISI, mais de définir, dans le cadre d'une concertation la
plus large possible avec tous les acteurs concernés par les technologies de l'information
et des communications, les nouvelles orientations qui guideront la mise en place de
l'Initiative.
4.3 Rôle du FDA dans le processus
Le Forum pour le Développement de lAfrique est une nouvelle
initiative de la Commission économique pour lAfrique qui a pour objectif principal
détablir un dialogue entre tous les acteurs impliqués de près ou de loin, dans le
développement du Continent, sur des sujets bien choisis, jugés prioritaires et
stratégiques.
La première édition du FDA est consacrée au sujet :
lAfrique face aux défis de la mondialisation et de lère de
linformation.
Le FAD doit pouvoir marquer une étape importante dans la mise en
uvre de lAISI. Outre lopportunité de renforcer le dialogue entre les
divers acteurs concernés, le Forum doit permettre de :
Elaborer ou en affiner la rédaction, lorsquils existent
des programmes dactions nationaux basés sur diverses approches dans la
conception de politiques et plans INIC et qui contiendront des propositions concrètes sur
la manière daborder les questions du développement sectoriel, selon les priorités
nationales. Ceci sera de nature à augmenter le nombre de pays africains qui auront mis en
place une véritable stratégie nationale dans ce domaine. Ceci pourrait se traduire par
des recommandations sur les orientations des développements à venir des INIC, la prise
en compte des besoins sectoriels exprimés par les participants, la définition de
mécanismes de mise en uvre adaptés aux réalités locales et respectant les
impératifs de la mondialisation.
Consolider la synergie entre les différents acteurs, au niveau
national et régional ainsi que dans le cadre de la coopération internationale, en
réaffirmant la position de ceux qui sont déjà impliqués dans le processus et en
définissant lapport des nouveaux acteurs potentiels. Dans ce cadre, un
intérêt particulier sera porté, par exemple :
au niveau national, aux attentes de groupes spécifiques
dutilisateurs, et notamment les femmes et les jeunes, après analyse des entraves
qui aujourdhui freinent leur pleine participation aux processus de prise de
décision
aux suggestions de la diaspora africaine, à la manière dont elle
peut être intégrée dans les mécanismes de concertation nationale, puis dans la
réalisation des projets retenus
aux activités que le secteur privé pourrait développer pour
conforter son rôle, augmenter les investissements dans les secteurs liés aux
technologies de linformation et des communications et stimuler une industrie de
linformation dans la région.
Re-déclarer la volonté des partenaires de continuer à apporter
leur support à la réalisation de projets liés à la mise en uvre de la Société
de lInformation en Afrique et de travailler de concert afin de garantir davantage
defficacité à leurs programmes daide. Dans ce cadre, il serait judicieux
démettre des propositions pour mieux faire connaître les besoins de lAfrique
et pour une meilleure diffusion des résultats obtenus du fait des programmes de
développement. Des modalités dimplantation de ces différentes formes de
partenariats, pour quelles soient les plus efficaces possibles, devront donc être
suggérées.
Bien évidemment, tous ces points sont donnés à titre indicatif, pour
illustrer la nature des attentes de la CEA. Les éléments qui nous semblent les plus
importants à retenir sont que
le FDA 99 se propose de débattre daspects stratégiques, tout
en restant très concret dans ses propositions
ses discussions puissent favoriser la contribution de toutes les
parties prenantes, quelles soient déjà dans le système ou quil faille leur
permettre de le rejoindre
que les actions proposées puissent sarticuler autour de
dimensions nationales, sous-régionales et régionales.
5 Les orientations futures
5.1 Les orientations
thématiques
Pour une meilleure efficacité, il nous parait crucial de
concentrer les efforts sur un nombre limité de domaines, et donc de proposer des
orientations thématiques précises pour le futur. Suite à une analyse de la situation de
lAfrique et de ses besoins, et après concertation avec un certain nombre
dexperts dans ce domaine, les quatre thèmes autour desquels la CEA suggère, pour
les trois prochaines années, daxer les débats, qui sont aussi les quatre
sous-thèmes retenus pour le Forum pour le Développement de lAfrique, sont :
LAfrique et léconomie de linformation. Cet
axe est fondamental dans loptique dun apport effectif des technologies de
linformation et des communications au développement de lAfrique. Toutefois,
cest celui qui a enregistré, à ce jour, le moins de réalisations tangibles dans
le cadre de la mise en uvre de lAISI. Dans ce contexte, seront étudiées des
questions comme :
Quel sera - voire même est déjà - limpact de la société de
linformation sur léconomie de nos pays.
Comment faire la transition vers une économie de limmatériel
Comment créer une industrie de l'information et du savoir et quels
en sont les éléments de base
Quels cadres mettre en place, au niveau national, sous-régional et
régional, afin de stimuler la croissance de léconomie de l'information en Afrique
Ce thème devrait identifier les domaines économiques favorables à
la création demplois en Afrique et considérer les prérequis nécessaires à une
entrée réussie de lAfrique dans léconomie de linformation.
En outre, un intérêt particulier devra être porté au
développement du commerce électronique.
Enfin, les questions de limpact social de léconomie de
linformation, en amont et en aval, sont partie intégrante de cet axe.
Le renforcement de linfrastructure de linformation.
Tout discours sur la société de linformation, que ce soit en Afrique ou ailleurs
dans le monde, débute par une remarque prudente qui veut que le développement des
infrastructures de base ne représente pas une finalité en soi. Ceci étant dit, il n'est
demeure pas moins vrai que toute initiative restera vaine si les connexions physiques
restent dans leur état actuel et qu'il persiste autant de difficultés à obtenir une
ligne de communication comme c'est le cas dans beaucoup de pays. Lobjectif de ce
thème est de mettre laccent sur les divers aspects du renforcement des
infrastructures de communication. Il devra intégrer l'analyse de lexpérience de
projets régionaux, voire continentaux tels que Rascom, Africa One ou encore l'initiative
'African Connection' et les faire mieux connaître aux participants du Forum, décideurs
et planificateurs qui ne viennent pas tous du monde des communications. Pour une bonne
progression de ce thème, les débats devraient sarticuler autour de sujets tels que
le développement des communications rurales, lutilisation des nouvelles
technologies filaires et non filaires pour permettre une meilleure connectivite, la mise
en place dun environnement favorable de nature à en accélérer lévolution,
le développement des ressources humaines ainsi que dun cadre institutionnel et
réglementaire approprié.
Les technologies de linformation et des communications pour
une meilleure gouvernance. Le rôle des technologies de l'information et des
communications en support de la gouvernance et en particulier pour une plus grande
participation de la société civile dans le débat politique est indéniable. Pour la
première fois, une réelle opportunité est offerte de faire entendre leur voix aux
individus et aux populations vivant loin des centres de décisions. Les technologies de
linformation et des communications permettent également aux gouvernements
datteindre leurs citoyens même dans les régions les plus isolées des
communications traditionnelles, de la même façon quils le font pour ceux qui
vivent dans les capitales et grandes villes du pays et qui sont facilement joignables. Les
réflexions dans le cadre de ce thème sintéresseront à la façon
daméliorer le dialogue entre les techniciens experts en technologies de
l'information et les décideurs des gouvernements. Elles permettront d'identifier les
applications prioritaires des technologies de l'information et des communications que les
pays souhaitent mettre en uvre dans le cadre de la gouvernance.
La démocratisation de laccès à la Société de
lInformation. La dimension sociale est un aspect primordial dont il faut tenir
compte lors des discussions sur lentrée de lAfrique dans la Société de
lInformation. La pire des situations serait celle où lémergence de la
Société de lInformation s'accompagnerait de la création d'une élite de
linformation et du savoir dans le Continent. En effet, l'un des plus grands
avantages de ces technologies qui abolissent quasiment les facteurs espace et temps,
réside dans leur capacité à atteindre ceux qui étaient oubliés jusque là des
circuits dinformation. De nombreux outils sont aujourdhui disponibles, qui
peuvent permettre la démocratisation de laccès, tels que lutilisation des
technologies de l'information et des communications dans des projets de télé-médecine,
les télé-centres (ou centres communautaires) et la télé-formation. Une attention
particulière devra être portée aux besoins des femmes et des jeunes, lorsque les
utilisateurs seront identifiés. Ce thème sintéressera de même à
lintégration des moyens de communications plus traditionnels, comme
laudiovisuel et la presse écrite pour la diffusion de linformation et de la
connaissance avec pour souci majeur léquité sociale.
5.2 Le partenariat
Comme il a été vu plus haut, certaines formes de partenariat ont
déjà été mises en place, aussi bien sur le plan national, où les pays qui ont
commencé à développer des INIC ont fait des efforts certains afin dintégrer aux
consultations nationales tous les acteurs locaux, quau niveau des agences
internationales, bilatérales et régionales et des bailleurs de fonds partenariat. La
question cruciale qui se pose à lheure actuelle de viabiliser ces partenariats et
faire en sorte de les rendre systématiques. Il nous semble possible, pour les années à
venir, de définir des modalités pour la coopération cadre de la Société de
lInformation en Afrique, sans pour autant proposer de cadres rigides et
contraignants qui risqueraient dinquiéter les acteurs potentiels.
La seconde priorité serait de considérer de manière plus détaillée
le rôle du secteur privé e la façon de le consolider. En effet, tout le monde
saccorde à reconnaître que le secteur privé devrait être plus moteur dans le
cadre de la mise en uvre de lAISI. Ceci apparaît notamment dans les
recommandations initiales de lAISI ainsi que dans celles de la conférence sur la
connectivité mondiale. Cependant, rien de vraiment très concret ne sest produit et
ces recommandations ne se sont pas traduites en réalisations tangibles. Là encore,
laccent devra être mis sur la définition de mécanismes qui aideront le secteur
privé à bien cerner les besoins et à transformer les attentes en programmes
daction.
Outre les acteurs déjà décrits, il nous semble important de
mentionner l'implication de deux grandes communautés dont le rôle est loin être
négligeable et dont la contribution doit être davantage encouragée dans le futur. Des
mécanismes doivent être imaginés afin que cette contribution soit pérennisée et
puisse devenir systématique, et non plus ad hoc comme cela est souvent le cas
aujourd'hui.
Le secteur académique. La part prise par le secteur académique
lors des étapes préliminaires qui ont conduit à l'incroyable phénomène qu'est la
création de la société de l'information n'est plus à démontrer. D'abord aux Etats
Unis, puis en Europe, c'est à travers les réseaux de recherche et l'utilisation par les
universitaires du courrier électronique que l'Internet s'est diffuse et a atteint le
"grand public". L'explosion s'est par la suite produite avec les services
apparemment illimités offerts par le world wide web et le multimédia et leur apport aux
activités économiques et ludiques. L'Afrique n'a pas échappé à cette logique, puisque
là encore lintérêt pour les technologies de l'information et des communications a
vu le jour dans le monde universitaire, les centres de documentation et de recherche qui
ont joué un rôle précurseur et qui ont défriche le terrain pour le reste des
utilisateurs. Les membres du réseau mis en place par le projet PADIS de la CEA en sont
une excellente illustration. Toutefois, les années passant, et vu la faiblesse des moyens
à la disposition des institutions académiques, bien que la sensibilisation et
lintérêt pour les technologies de l'information et des communications n'aient pas
décliné, les réalisations et les progrès enregistrés sont restés anecdotiques.
Il est primordial que désormais le secteur académique puisse
retrouver un rôle de premier plan et soit associé de plus près à lélaboration
des stratégies nationales. De ce point de vue il est essentiel de tirer profit d'un atout
majeur, qui est l'enthousiasme de la jeunesse d'un continent où plus de 50% de la
population a moins de 20 ans, qui peut constituer une force motrice inestimable, capable
dinsuffler un élan nouveau. Le secteur des technologies de l'information et des
communications, dans beaucoup de ses dimensions, doit pour être correctement développé,
puiser sa force dans des programmes de formation adaptés qui ne requièrent pas
forcément des investissements très lourds.
Le rôle du secteur académique peut prendre plusieurs formes :
Le renforcement de la formation - rôle traditionnel - destinée aux
décideurs, aux cadres et techniciens qui seront impliqués dans la conception et la mise
en place de la société de linformation au niveau national, du fait de
l'augmentation considérable des besoins qui accompagnera lélaboration des
stratégies nationales. Il est toutefois à signaler que la formation pour et par les
technologies de l'information et des communications ne doit pas se limiter à
l'enseignement universitaire, mais doit, a terme, se généraliser à l'enseignement
secondaire et primaire, avec programmes adaptés à chaque tranche dâge.
la veille technologique qui permet de rester à lécoute des
évolutions du domaine, pour une meilleure anticipation des besoins, le réajustement des
programmes de formation et la réorientation des programmes de recherche
la contribution à la limitation du chômage et de la fuite des
cerveaux en optimisant ladéquation entre les programmes de formation et les besoins
du marché de l'emploi local, afin que les jeunes diplômés puissent rapidement trouver
un travail en relation avec les compétences acquises
La diaspora africaine. L'Afrique a beaucoup souffert depuis presses
d'un demi-siècle, du problème de la fuite de ses cerveaux vers les pays développés. Il
n'est pas dans l'intention de ce papier de traiter de ce sujet épineux, mais de proposer
que lénorme potentiel intellectuel formé par tous ces africains vivant et
travaillant à létranger soit mis à contribution dans le cadre des activités
liées à la création de la société de l'information. Et l'une des multiples façons de
les impliquer est
justement, de faire un usage judicieux des technologies de
l'information et des communications qui permettent d'abolir les espaces géographiques et
temporels.
5.3 Comment mesurer l'impact de AISI
Lun des points essentiels quil reste à couvrir et
qui sera lune des priorités dans les prochains mois, est la mise en place de
stratégies et de mécanismes permettant de mesurer limpact de lAISI.
Les trois premières années de la mise en uvre de lAISI se
sont concentrées sur un objectif principal qui était de comprendre et dassimiler
le concept de Société de lInformation, sa portée et son impact au niveau des
pays. Au cours de trois prochaines années cet objectif sera de projeter, au niveau de
chaque pays, le schéma global présenté par AISI, pour passer dune vision globale,
à une programmation nationale et de définir les modalités correspondantes, y compris
les moyens nécessaires à leur évaluation.
Comme on la déjà dit, les INIC sont vraiment au centre du
processus de mise en uvre de linitiative. Cest le moyen le plus sûr,
pour ne pas dire le seul, qui permettra de progresser de manière efficace et maîtrisable
au niveau dun pays.
Trois années ne donnent pas suffisamment de recul pour permettre une
évaluation objective et pertinente. Tout ce quil est possible de faire, à
lheure actuelle, est didentifier les exemples de bonnes pratiques et de
projets dont les résultats sont intéressants et de diffuser linformation les
concernant afin de partager de telles expériences.
Toutefois, désormais il faudra disposer de mécanismes et
dindicateurs qui permettront daller au-delà du simple bilan et de proposer
des moyens qui mesureront limpact des projets réalisés. Nous sommes persuadés,
dans ce contexte, que les indicateurs de base qui existent, bien quessentiels pour
le processus, ne suffiront pas et que dautre devront être définis. Cette activité
fera partie des sujets à débattre lors du FDA 99.
6 Conclusion
Références
Initiative «Société de l'Information en Afrique » (AISI)
Cadre daction pour lédification dune infrastructure de
linformation et de la communication Publication de la CEA, 1996
La CEA et lAfrique, Accélérer le développement dun
continent Publication de la CEA, juin 1999
Profils des pays africains : infrastructure nationale de
linformation et de la communication - Publication de la CEA présentée au Forum
pour le Développement de lAfrique Doc. E/ECA/ADF99/1
LAfrique sur Internet : un guide annoté des sites web africains
- Publication de la CEA présentée au Forum pour le Développement de lAfrique
Doc. E/ECA/ADF99/2
A place for Africa in the Information Society? : major issues in the
promotion of information and communication technologies for Africa. Karima Bounemra Ben
Soltane and Nancy J. Hafkin
Les 4 thème papers (traduction ?)
à terminer
Annexe
Genèse de l'AISI
LInitiative Société africaine à lère de linformation (AISI) est
un cadre daction conçu pour catapulter lAfrique à lère de
linformation. Elle a été élaborée en 1996 par un groupe de travail de haut
niveau composé dexperts africains qui a été formé par la Commission, et
approuvé par la Conférence des ministres de la CEA, les ministres africains des
Communications, lOrganisation de lUnité africaine et le Sommet des Huit de
Denver en 1997. La Division de linformation pour le développement (DISD) de la CEA
est responsable de la coordination et de la mise en uvre de lAISI, en
collaboration avec lOrganisation des Nations Unies et dautres organes et
institutions partenaires. Divers organes politiques africains ont donné leur aval à
lAISI.
De ce fait, lAISI est le précurseur de lensemble des actions prioritaires
visant à «Exploiter la technologie de linformation au service du développement»
de lInitiative spéciale pour lAfrique poursuivie par toutes les institutions
du système des Nations Unies, en vue daider la mise en place de
linfrastructure nécessaire à lère de linformation. Elle sert aussi
les objectifs de lintégration régionale du Traité portant création de la
Communauté économique africaine, qui faisait déjà état de la nécessité de
constituer des réseaux dinformation et des bases de données régionales, des
sources dinformation et des compétences en ce domaine. En tant quorgane de
coordination de lAISI, la CEA appuie les activités relatives aux technologies de
linformation et des communications conçues pour accélérer le développement
socio-économique dans lensemble de lAfrique.
En 1997, la CEA a établi lAfrica Technical Advisory Committee (ATAC) dans le
cadre de lAISI, qui fournit aux programmes dinformation et de communication de
la CEA des directives éclairées pour lensemble de lAfrique. LATAC se
compose de six experts représentant le secteur public, le secteur privé, les
universités, les centres de recherche et les ONG, ainsi quun conseiller pour le
contenu informationnel. La Commission a également constitué un groupe informel de
partenaires du développement.
Annexe
ATAC, le Comité Consultatif Technique Africain
Termes de Reference de ATAC
ATAC (African Technical Advisory Committee)
Membres du ATAC
Annexe
PICTA,
les partenaires pour les technologies de l'information en Afrique
Fonctionnement de PICTA
La première réunion de PICTA, au cours de laquelle le mandat du Partenariat a été
défini, a eu lieu à Rabat (Maroc) en avril 1997. La deuxième, qui sest tenue en
octobre 1997 à Addis-Abeba (Ethiopie) a donné lieu à ladoption dun
programme de travail pour 1998 et 1999, et à un accord de coopération portant sur les
grandes lignes daction, la formation et le renforcement des capacités, les
télécentres, le développement des ressources en information et le savoir autochtone. La
troisième, organisée à Tunis en octobre 1998, a mis laccent sur les nombreux
succès remportés jusque-là par le PICTA, et notamment lintérêt manifeste
suscité par la mise en place de télécentres en Afrique et les capitaux générés en
vue de leur financement. La Conférence consacrée à Addis-Abeba en juin 1998 à la
connectivité globale pour lAfrique est également à mentionner au titre des
efforts poursuivis par un groupe de travail du PICTA.
Membres de PICTA
Le nombre des partenaires qui contribuent (ou qui ont contribué) à l'effort de mise
en uvre de l'AISI et qui travaillent dans le cadre de PICTA ne cesse de croître.
Ces partenaires sont, à l'heure actuelle :
ACCT
ACDI, Canada
Banque Mondiale
BAD
Bellanet
British Council
Carnegie Corporation of New York
Centre for Information Society Development in Africa
CNUCED
Comnet-IT
Consortium of African Schools of Information Science
CRDI
Ethiopian Science and Technology Commission
FAO
Global Information Infrastructure Commission
OMC
OMS
OUA
PACT
PNUD
Rockefeller Foundation
Sangonet
TFA
Sida, Sweden
UIT
UNESCO
UNHCR
UNIDO
UNITAR
Universités : Ethiopie, Mozambique
Université du Maryland, Centre pour le développement international et la gestion des
conflits
US Department of State
USAID
WK Kelogg Foundation
World Space
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Last updated: 25 May, 2001 |