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Le processus de développement de l’Infrastructure nationale de l’information et de la communication (INIC) en Afrique

fda octobre 1999

 Introduction

L’émergence et la convergence des technologies de l’information et de la communication (TIC) continuent à être au centre des transformations mondiales sociales et économiques. Le secteur des TIC est constitué de toute une gamme d’industries et d’activités de services: fourniture de services Internet, services et équipements de télécommunication, équipements et services de technologie de l’information (TI), média et radiodiffusion, bibliothèques et centres de documentation, fournisseurs d’informations commerciales, services d’informations sur réseaux, ainsi que d’autres activités apparentées à l'information et à la communication. Ces composantes à base de technologies qui étaient considérées comme des activités séparées, convergent toutes pour caractériser l’ensemble des aspects de la Société de l’information [1]. Cela a également conduit à l’origine de l'introduction du concept d’infrastructure nationale de l’information (INI) et d’infrastructure mondiale de l’information (IMI), définis comme étant les "technologies, organisations et moyens facilitant la production et l'utilisation des TIC"[2].

A cet égard, le projet d'Infrastructure nationale de l'information (INI) du Vice-Président Albert Gore, annoncé en 1992 et démarré en 1993, a été l'étincelle qui a fait démarrer, de par le monde, des activités relatives au développement et à l'utilisation des TIC. La majeure partie du financement du projet Al Gore était censée provenir du secteur privé, tandis que l'administration américaine devait mettre en place les mécanismes nécessaires à tout ce qui a trait à la planification et à la mise en œuvre, y compris la création du Groupe de travail sur l'Infrastructure de l'information (GTII) (Information Infrastructure Task Force (IITF)) qui devait "assurer la direction en matière d'intégration des technologies de l'information dans des systèmes prenant en charge le fonctionnement de services gouvernementaux" [3]. Ce groupe de travail avait pour responsabilité d'articuler et de mettre en œuvre la vision du Président concernant la technologie avancée en matière de télécommunications et d'informatique et a été "mis en place uniquement pour aider au développement des aspects gouvernementaux de l'infrastructure américaine de l'information". Plusieurs commissions et groupes de travail ont également été constitués par le GTII et les participants en ont été choisis auprès d'organismes d'Etat et d'autorités locales ainsi qu'auprès du secteur privé. Un Conseil consultatif de haut niveau a également été constitué par le Président pour conseiller le GTII.

Presque à la même période, en 1993, le gouvernement japonais a créé le Conseil des télécommunications dans le but de définir une stratégie qui a été décrétée en 1994 et qui a donné la priorité au développement d'un système de base en fibre optique autour du Japon. L'objectif en était de permettre à l'ensemble des ménages japonais l'accès approprié à l'autoroute de l'information vers l'an 2000.

En Europe, le Rapport Bangemann sur la Société mondiale de l'information [4] a été adopté par la Commission européenne au mois de juin 1994 et 10 projets ont été sélectionnés pour un financement immédiat. Huit mois plus tard, en février 1995, les pays du Groupe G7 ont tenu à Bruxelles une réunion ministérielle spéciale sur les autoroutes de l'information.

Au Canada, le gouvernement a mis au point, en 1995 et à travers son projet de l'"autoroute de l'information"[5], une politique nationale relative aux nouvelles technologies de l'information et de la communication dans le but de généraliser l'utilisation des TIC à tous les niveaux de la vie et partout dans le pays. De fait, les objectifs d'une telle politique étaient de permettre l'accès universel à l'"autoroute de l'information" dans tous les lieux publics, tels que les services éducatifs, les réseaux communautaires et les banques de données et de fournir une adresse gratuite pour le courrier électronique à tout utilisateur désirant en avoir une. Cette politique reconnaît qu'une "forme de subvention sera probablement nécessaire pour pouvoir assurer un accès avec un coût abordable à l'autoroute de l'information" et que "cela était nécessaire parce que les télécommunications étaient devenues un des moteurs principaux de l'activité économique et sociale".

Au même titre que tous les autres continents, l'Afrique a défini une stratégie en vue d'aider ses Etats membres à accélérer leur transition vers une nouvelle économie et à une nouvelle industrie qui auront pour base l'information et la connaissance. Cet objectif a été reconnu comme étant l'unique voie pour que les économies africaines puissent devenir compétitives et participer au processus de mondialisation. C'est dans ce contexte que l'Initiative Société de l'information en Afrique (African Information Society Initiative (AISI)) a été développée. L’initiative est issue du "Symposium régional africain sur la télématique au service du développement" ("African Regional Symposium on Telematics for Development") organisé à Addis Abeba en avril 1995 par la CEA, l'Union internationale des télécommunications (UIT), l'UNESCO, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) (International Development Research Centre (IDRC)), et Bellanet International. Le Symposium régional a instamment demandé à la réunion ministérielle de la CEA de considérer l'importance pour l'Afrique de la révolution mondiale de l'information. En mai 1995, la vingt-et-unième réunion de la CEA, réunissant les Ministres responsables du développement économique et social et de la planification, a passé la résolution 795 (XXX) intitulée "Construction de l'autoroute de l'information africaine" qui appelle à œuvrer à la constitution de réseaux nationaux d'information et de communication au service de la planification et des prises de décision, comme partie intégrante de l'autoroute de l'information d'Afrique; la résolution appelle également à la constitution d'un groupe de travail de haut niveau composé d'experts africains des technologies de l'information et de la communication en vue de préparer l'entrée de l'Afrique dans la société de l'information. En mai 1996, à travers sa résolution 812 (XXXI), la vingt-deuxième réunion ministérielle de la CEA a approuvé le plan d'action préparé par le groupe de travail de haut niveau et intitulé ": "Initiative Société de l'information en Afrique: un cadre d'actions en vue de la construction d'une Infrastructure d'information et de communication pour l'Afrique".

Le résultat en a été que la position du point relatif à la définition des plans et stratégies relatifs à l'Infrastructure nationale d'information et de télécommunications (INIC) a remonté dans l'ordre du jour et les pays africains, à l'instar du monde développé, sont face au défi d'avoir une capacité de réponse et la flexibilité nécessaires à la convergence des télécommunications, de l'audiovisuel et des technologies informatiques. Les plans et stratégies relatifs à l'INIC doivent refléter les priorités générales du développement, redéfinir les politiques sectorielles et prendre en charge l'introduction de nouveaux cadres réglementaires de manière à améliorer l'efficacité et mobiliser les ressources, en vue de la construction de l'infrastructure nationale d'information et de communication. Dans le présent document, des tentatives sont entreprises pour définir le processus de développement de l'INIC, souligner le besoin pressant de constituer des plans et stratégies relatives à l'INIC, indiquer les diverses étapes à prendre, permettre aux pays d'être partie intégrante de la société de l'information et enfin pour préparer le statut du développement de l'INIC dans les pays africains.

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Vers une révolution des TIC

L'avènement de la révolution des technologies de l'information (TI) et les moyens sans précédent dont elles disposent pour traiter, emmagasiner, raffiner et diffuser les données, les informations et la connaissance de diverses manières et à travers les frontières a transformé de manière radicale les méthodes de fonctionnement des gouvernements et du secteur privé de par le monde. La plupart des pays africains ont fait leur révolution des TI, même si la capacité d'adapter la technologie en l'enrichissant varie d'un pays à l'autre. L'élaboration d'une politique des TI, qui fait partie intégrante du développement des activités relatives à l'INIC, est un des facteurs déterminants de l'infrastructure sous-jacente de soutien et du renforcement de l'utilisation optimale de la technologie. Le développement d'une politique des TI est un exercice d'importance et, partant, doit bénéficier du soutien de tous les citoyens et de toutes les institutions des divers pays. Une fois mise en place, une telle politique doit avoir pour but de maintenir la vision et les objectifs du pays concerné. Elle doit adopter des stratégies et des programmes d'action pouvant garantir la construction de systèmes d'information, de traitement des connaissances et d'assistance aux décisions afin de renforcer la croissance socio-économique africaine ainsi que sa capacité de formulation de politiques utilisant les technologies de l'information et de communication [6]. Les TIC peuvent être utilisées comme moteur principal du développement socio-économique de l'Afrique et permettre ainsi aux pays africains de faire partie de l'économie de l'information et de la connaissance.

La transition des plans et stratégies conventionnels vers ceux de l'"ère de l'information"

"Les technologies de l'information et des communications ne peuvent plus être considérées comme un luxe destiné à l'élite mais une nécessité absolue pour les masses. Le mouvement planétaire vers une ère de l'information et les innovations technologiques récentes, parallèlement à d'autres évolutions structurelles et économiques, ont conduit à une chute rapide des coûts des technologies de l'information et de la communication. Ces éléments se sont combinés aux transformations survenues au plan des régimes de télécommunications mondiaux et nationaux, présentant une perspective claire de possibilité d'accélération du développement du continent grâce à des stratégies "par bonds". La création de l'infrastructure africaine d'information est en même temps une nécessité et l'occasion d'accélérer le développement dans toutes les sphères d'activité économique et sociale en Afrique" [7]. De cela découle le besoin de réexaminer totalement les politiques nationales traditionnelles concernant l'information et les TI et de prendre en considération les technologies nouvellement émergentes ainsi que le besoin de formuler des plans et stratégies cohérents concernant les TIC en vue de faire progresser le développement de l'Infrastructure nationale de l'information et de la communication. Il importe de reconnaître que le processus de mise en place des politiques et des stratégies relatives aux TIC est un travail constant, dès l'instant où il requiert les efforts concertés de l'ensemble des parties concernées et principalement de la part des gouvernements nationaux dans le sens d'une direction et d'une orientation efficaces.

Infrastructure nationale de l'information, plans et stratégies

L’Initiative Société de l'information en Afrique appelle à la préparation et la mise en œuvre, dans tous les pays africains, de plans nationaux pour l'infrastructure d'information et de communication ainsi que la poursuite des stratégies prioritaires, des programmes et projets susceptibles d'aider à la construction d'une société durable de l'information dans les pays membres. L'impact des nouvelles technologies de l'information et de la communication n'est plus limité au seul secteur de l'information et des communications. Il s'agit maintenant de technologies ayant une dimension de masse et un champ d'influence bien plus large, s'étendant pratiquement à tous les secteurs de la société. Ainsi le développement des plans relatifs à l'INIC permettra aux pays africains, aux partenaires et aux bailleurs de fonds d'avoir un cadre disponible qui sera à même de les guider tout le long du processus de planification des programmes, de développement des projets et de mise en œuvre. Cela permettra également d'assurer la coordination avec les diverses parties intéressées et agences donatrices et permettra d'éviter tout double emploi d'activités, ce qui est généralement inévitable dans les pays où il n'existe pas de plan de développement d'une INIC. Le plan INIC représente aussi un outil d'évaluation pour les preneurs de décisions, puisqu'il contient les critères de suivi et de surveillance. Le cadre de l'Initiative Société de l'information en Afrique (présenté en Annexe 2) indique les diverses étapes à suivre dans la définition des plans INIC.

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Le processus de développement de l'INIC

La mise en œuvre de l'Initiative Société de l'information en Afrique doit être entreprise au niveau des pays par la construction de l'infrastructure africaine d'information et de communication, à travers le développement de politiques, plans et stratégies pour l'INIC. Cette activité doit être considérée comme un processus continu pendant la mise en œuvre de la planification et de l'évaluation des programmes et des projets pilotes mis au point en fonction des besoins et priorités de chaque pays. L'INIC ne comprend pas uniquement l'infrastructure physique et les matériels devant être utilisés pour abriter, traiter, transmettre ou afficher des données, des textes, des voix et des images. Elle recouvre également les réglementations susceptibles de mener au développement des activités afférentes à l'INIC et à son contenu. L'INIC recouvre aussi le développement de ressources humaines – publiques ou privées – ainsi que le secteur public, la société civile – qui mettent en place l'infrastructure, créent des applications et les services à valeur ajoutée, développent des programmes et forment des étudiants et des utilisateurs, acquièrent et vendent des équipements et fournissent l'accès à Internet ainsi que d'autres services de TIC. Enfin, il importe de noter que les développeurs, administrateurs, utilisateurs et, en fin de compte la population dans son ensemble, sont une partie intégrante du processus INIC et doivent être impliqués dans le développement de celle-ci depuis le départ. [8].

Le développement des politiques et de plans relatifs à l'INIC est actuellement parrainé par les gouvernements africains, Carnegie Corporation of New York et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada qui intervient à travers son programme Communautés Acacia et Société de l'information en Afrique (Acacia-Communities and information society in Africa programme). D'autres partenaires, tels que le PNUD, l'UNESCO et la Banque Mondiale, avec PICTA (Partenariats sur les technologies de l'information et des communications en Afrique) ("Partners for Information and Communication Technologies in Africa") sont également en train de compléter les efforts de la CEA en développant des activités afférentes à l'INIC dans les pays membres. Le développement de plans relatifs à l'INIC a bénéficié de contributions de la part des tables rondes de l'Institut international pour la communication et le céveloppement (IICD) (International Institute for Communication and Development (IICD)) tenues au Burkina Faso, au Ghana et en Tanzanie, tables rondes qui avaient déjà organisé plusieurs ateliers et défini des projets nationaux; certains de ces projets ont été mis à jour et insérés dans le développement de l'INIC.

Vingt-deux pays africains sont partie prenante du processus de développement de l'INIC, au titre de groupe central des projets pilotes. Certains de ces pays disposent déjà d'une politique nationale, des plans et des programmes et projets y afférents. Quelques-uns bénéficient de financements établis de la part du programme Acacia et d'autres sources de financement; ces derniers pays sont en train de mettre en œuvre leurs stratégies nationales respectives tandis que d'autres en sont encore au stade de la planification. Les efforts de la CEA et du CIDR sont destinés à ces deux catégories de pays, et le travail est mené avec ceux-ci au niveau de la planification, de la levée de fonds, tout autant que pour le processus d'évaluation. Dans tous les cas, le processus de mise au point des politiques ne peut être finalisé en une courte période de temps; cela doit se faire au bout de plusieurs mois ou de plusieurs années, une fois que les ateliers de sensibilisation et de validation se seront tenus.

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Les 22 pays suivants prennent part au processus:

  • Bénin

  • Burkina Faso

  • Burundi

  • Cap-Vert

  • Gabon

  • Ghana

  • Guinée

  • Ethiopie

  • Mali

  • Malawi

  • Mauritanie

  • Maroc

  • Mozambique

  • Namibie

  • Nigéria

  • Rwanda

  • Sénégal

  • Soudan

  • Afrique du Sud

  • Tanzanie

  • Tunisie

  • Ouganda

Le groupe de pays ACACIA

Le groupe ACACIA comprend les pays suivants:

  • Mozambique

  • Sénégal

  • Afrique du Sud

  • Ouganda

Les pays ont mis en place le programme ACACIA qui représente l'outil de mise en œuvre au niveau communautaire dans les Etats membres de l’AISI. Les membres du groupe ACACIA ont adopté en 1997 une stratégie nationale pour chacun des quatre pays; ces stratégies nationales sont disponibles sur le site web (www.idrc.ca/acacia).

Il importe de noter que la stratégie INIC dans chacun de ces quatre pays a été développée sous le parapluie des autorités nationales qui ont la charge de la planification des politiques et de la mise en œuvre en matière de TI et en étroite collaboration avec les parties intéressées. Les approches sont très différentes dans les quatre pays. Mais l'ensemble de ces stratégies nationales prennent leur racines dans les plans et priorités relevant du développement national de chacun des pays concernés, à travers les grands thèmes suivants:

  • Politique

  • Applications

  • Infrastructure

  • Technologies

et les programmes correspondants:

  • Genre

  • Jeunesse

  • Participation communautaire

  • Développement des ressources humaines

  • Recherche

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Le groupe des pays du CRDI développant des plans d'INIC

Le groupe des 8 pays du CRDI développant des plans d'INIC est constitué des pays suivants:

  • Bénin

  • Burkina Faso

  • Cap-Vert

  • Gabon

  • Ghana

  • Guinée

  • Mauritanie

  • Nigéria

Ces pays ont été officiellement invités, en juillet 1999, à se joindre au processus de développement de l'INIC, au sein d'un groupe de pays dont l'expérience doit être partagée parmi les participants au Forum pour le développement de l’Afrique (FAD 99) devant se tenir à Addis Abeba, Ethiopie, du 24 au 28 octobre 1999.

Le processus de développement de l'INIC suivi par les pays cités ci-dessus peut être résumé comme suit:

  • Enquête

  • Préparation des plans relatifs à l'INIC

  • Ateliers de validation/sensibilisation

  • Préparation des politiques, y compris:

  • les discussions sur la coordination des politiques et la mise en œuvre des organismes

  • la mise en œuvre des politiques

Le groupe des pays de la CEA

Les 10 Etats membres suivants constituent le groupe de pays dont le processus de développement de l'INIC est directement suivi par des membres du personnel de la CEA. Les pays ci-dessus ont rejoint le processus dès 1997 et chacun d'eux a entrepris des activités relatives à l'INIC:

  • Burundi

  • Ethiopie

  • Mali

  • Malawi

  • Maroc

  • Namibie

  • Rwanda

  • Soudan

  • Tanzanie

  • Tunisie

Le processus de développement de l'INIC, suivi par les pays cités ci-dessus peut être résumé comme suit:

  • Evaluation des besoins

  • Atelier de sensibilisation

  • Préparation des plans relatifs à l'INIC

  • Atelier de validation (comprenant davantage de sensibilisation)

  • Préparation des politiques, y compris:

  • les discussions sur la coordination des politiques et la mise en œuvre des organismes

  • la mise en œuvre des politiques

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Qui doit participer au processus de développement de l'INIC?

Les parties intéressées

Dès l'instant où les TIC s'étendent au-delà des frontières traditionnelles du secteur industriel et celui des services, la formulation de la politique relative aux TIC peut se faire uniquement sur une base largement participative. Les principales parties intéressées suivantes sont invitées à participer activement dans un tel processus:

  • Gouvernement et organismes para-étatiques

  • Secteur privé, national et international

  • Organismes de réglementation

  • Opérateurs de télécommunications

  • Organisations non gouvernementales (ONG et société civile)

  • Institutions académiques, centres de recherche, et experts en TI

  • Organisations internationales et régionales

Le développement des plans relatifs à l'INIC ne consiste pas uniquement en une série de procédures et de prescriptions techniques; il doit être considéré aussi comme un nouveau phénomène et une culture pour le partage de l'information en vue de réduire les inégalités existantes en la matière entre les diverses parties de la population. En conséquence, l'adhésion des preneurs de décisions et de l'ensemble des parties intéressées est essentielle pour le succès des plans relatifs à l'INIC devant être mis au point par les Etats membres, puisque de tels plans sont de nature mondiale et recouvrent tous les domaines de la vie, qu'ils soient économiques, sociaux, culturels ou techniques. Pour pouvoir impliquer l'ensemble des parties intéressées, les pays africains sont invités à constituer des groupes de travail [9] ou des commissions qui soient responsables du développement des politiques, plans et stratégies relatifs à l'INIC, de l'identification des priorités et de l'établissement des mécanismes et procédures destinés au suivi et à la mise en œuvre. Aussi, le développement des plans relatifs à l'INIC est-il entrepris par des équipes nationales travaillant avec les principales parties intéressées mentionnées dans la liste ci-dessus, dans le but d'atteindre un consensus parmi les divers secteurs quant aux besoins de ceux-ci, aux priorités et aux actions devant être entreprises.

Mission de l'équipe de développement de l'INIC

Il est recommandé que l'équipe de développement de l'INIC soit composée d'un coordinateur et de plusieurs autres experts, de manière à mener à bien la mission constituée des tâches suivantes:

  • Identification des priorités du développement économique et social du pays concerné sur la base d'un plan de développement national, ainsi que sur la base les documents généraux et sectoriels, par la conduite d'enquêtes et d'analyse des besoins.

  • Identification des besoins, priorités, aspirations des diverses parties intéressées (gouvernement, société civile, organisations professionnelles, institutions de recherche et de formation et secteur privé) aux TIC.

  • Identification des priorités et des opportunités par rapport à l'INIC et évaluation des projets de TIC existants dans le pays concerné;

  • Evaluation de la situation des TIC dans le pays concerné, vue de mesurer les perspectives de développement dans les quatre domaines principaux suivants ayant trait à l’AISI.

Les questions de politique

  • le cadre juridique et réglementaire pour le développement des politiques et la mise en œuvre

  • le contexte politique et les facteurs relatifs à l'environnement

  • les objectifs des politiques et les priorités

  • les résultats escomptés et les défis devant être relevés

  • les dimensions de genre et d'égalité

  • le rôle du secteur privé

  • le partenariat

Infrastructure (ressources technologiques)

  • les réseaux physiques de télécommunications

  • les réseaux électroniques

  • les ordinateurs et l'équipement électronique

  • l'accès à Internet

  • la radio et la télévision

Infostructure (contenu et applications)

  • solutions et applications innovatrices en vue de faciliter l'accès universel, particulièrement pour les illettrés et les marginalisés (accès public, interfaces graphiques, écrans digitaux, traduction automatique, sources d'énergie alternatives)

  • contenu national et local (bases de données, sites web, etc.)

  • applications TIC dans des secteurs prioritaires du développement national
    projets et initiatives en cours

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Ressources humaines (formation, recherche, constitution de capacités)

  • universités et institutions d'éducation supérieure

  • centres de recherche

  • polytechnique

  • programmes de formation des utilisateurs

  • autres centres de formation

Liste des documents à prendre en considération

Dans la préparation du plan de l'INIC, l'équipe peut prendre en considération la liste de documents suivante:

  • plan de développement national, documents relatifs aux politiques sectorielles et générales

  • études des perspectives, le cas échéant

  • les sites Web gouvernementaux

  • les profils nationaux des TIC préparés par la CEA, où ils y sont disponibles

  • les sites Web des différentes organisations travaillant sur l'INIC en Afrique (CEA, CRDI, USAID, UNESCO, UIT, etc.)

  • divers documents nationaux (études, rapports, plans, programmes et projets, etc.) sur le secteur de l'information et de la communication.

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Définition des objectifs stratégiques du plan de l'INIC

L'équipe nationale doit définir les objectifs stratégiques du développement du plan de l'INIC sur la base des priorités du développement ainsi que les besoins et les aspirations exprimés par les parties intéressées au niveau national. Pour chaque objectif stratégique, l'équipe est invitée à:

  • identifier les opportunités pour l'INIC, les actions prioritaires à entreprendre, les secteurs de développement, les groupes cibles et les projets correspondants

  • proposer un plan d'action à court, moyen et long termes pour les actions et projets acceptés

  • proposer une stratégie de mise en œuvre pour le plan de développement, en insistant sur:

  • les rôles et responsabilités des diverses parties intéressées

  • le développement des partenariats

  • le cadre de coordination entre les divers secteurs pour la mise en œuvre du plan de l'INIC, etc.

  • les mécanismes de suivi et d'évaluation

Structure générale du plan de développement de l'INIC

Il est recommandé que le plan de l'INIC suive la structure générale présentée ci-dessous. La forme peut en varier, mais les équipes sont invitées à en retenir la substance:

  • Introduction

  • Méthodologie pour l'élaboration du plan de l'INIC

  • Données de base concernant le pays

  • Objectifs et secteurs prioritaires du plan national de développement économique et social et des politiques sectorielles

  • Besoins et aspirations des principales parties intéressées en matière de TIC

  • Situation et perspectives des TIC

  • Objectifs stratégiques du plan national de développement de l'infrastructure d'information et de communication et secteurs prioritaires pour son application

  • Actions prioritaires proposées et plan de mise en œuvre à court et moyen termes (zéro à trois ans) et à long terme (trois à cinq ans et plus)

  • Stratégie pour la mise au point du plan, y compris:

  • le rôle et les responsabilités des diverses parties intéressées

  • les partenariats à développer

  • Présentation générale de la politique nationale en matière de TIC (le cas échéant) et les liens entre celle-ci et le plan de l'INIC, ou des indications pour le développement d'une politique des TIC, en cas d'inexistence d'une telle politique

  • Cadre national de coordination pour les diverses parties intéressées par la mise en œuvre et le suivi du plan de l'INIC

  • Liste des documents consultés

  • Annexe: Description des projets prioritaires pouvant inclure des activités de développement de politique des TIC, séminaires et ateliers, applications, centres de recherche et sessions de réflexion, etc.

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Description des projets prioritaires dans le plan de développement de l'INIC

Le plan de l'INIC pourrait être complété par une annexe pour chaque projet prioritaire, qui donne une brève description des éléments suivants:

  • contexte

  • objectifs

  • bénéficiaires

  • activités escomptées

  • résultats escomptés

  • agence exécutrice

  • durée

  • budget détaillant les diverses sources de financement (montant, sources de financement nationales et externes, privées et gouvernementales, etc.)

Atelier de validation du plan de l'INIC

Une fois développé le document relatif au plan de l'INIC, le Coordinateur de l'équipe est invité à distribuer ce document en vue de recueillir les commentaires des parties intéressées. En dernier lieu, un tel document pourrait être soumis à un Atelier de validation puis finalisé avant d'être adopté par les autorités compétentes qui peuvent être un ministère, le Cabinet, le Parlement, le Bureau du Président, etc.

Applications INIC aux ministères sectoriels

Les applications INIC suivantes peuvent être utiles aux ministères sectoriels:

Secteurs et activités Objectifs
Recherche

Création d'un Centre national de ressources TIC

Permettre aux pays africains d'entreprendre des activités de

recherche sur les TIC

Permettre aux savants africains de participer au développement de

logiciels et d'ingénierie de TIC

Administration

 Numérisation des fichiers personnels, documents, holdings

 

 

 

 Développement d'un Intranet gouvernemental

 

 Intégration des circuits vocaux et de données

Meilleure gestion des employés de gouvernement et de

l'administration publique

Meilleure coordination

Amélioration de l'accessibilité à l'administration publique pour

tous les citoyens

Apport de transparence aux procédures gouvernementales

Amélioration du partage et de la circulation des informations

entre les fonctionnaires du gouvernement

Meilleure coordination

Optimisation de l'utilisation des lignes téléphoniques par

l'incorporation de fonctions texte, voix, données et vidéo

Réduction des coûts des communications

Amélioration de la communication entre fonctionnaires du

gouvernement

Justice

 Numérisation et création de banques de données juridiques

 

Rendre disponibles toutes les données relatives au Ministère de la

justice et aux tribunaux

Amélioration des procédures judiciaires

Education

 Création de réseaux virtuels

 

Relier les universités et les écoles à un réseau virtuel de recherche

et de vidéoconférences

Création de bases de données en direct pour la recherche

Offrir l'accès en direct à l'éducation pour tous

Offrir des opportunités non officielles d'apprentissage

Commerce

 Développement d'une Galerie virtuelle

 

 Procédures commerciales et douanières

 

 

 

 Développement de services bancaires en direct

 Création d'un réseau de chambre de commerce et de trade points

 

Vente de produits africains par Internet

Amélioration des gains en devises et promotion du commerce

Réduction des coûts de voyage pour les opérateurs commerciaux

Assouplissement des procédures commerciales

Elimination des goulots d'étranglement dans les procédures

commerciales

Simplification des déclarations douanières, de la levée et de la

réexpédition des marchandises

Accélération des transactions commerciales

Simplification des transferts d'argent

 

Multiplication des chances pour l'échange d'opportunités

commerciales

Amélioration du commerce africain

Agriculture et sécurité alimentaire

 Développement des réseaux météorologiques et mise à disposition de l'accès y afférent

 

 Développement des réseaux de distribution et de bases de données de stocks alimentaires et mise à disposition de l'accès y afférent

 Développement d'un système d'alerte et de surveillance

 

 

Amélioration de la production alimentaire

Accès aux techniques d'information agricoles

 

 

 

Amélioration de la distribution et de la commercialisation

alimentaires

Prévention de la faim

 

 

 

Prévention des sécheresses et éradication des invasions de

sauterelles et autres catastrophes nationales

Culture

 Numérisation

 

 Développement de Galeries virtuelles

 Etablissement de réseaux électroniques entre institutions culturelles et galeries

 

Stockage des manuscrits

Préservation des œuvres artistiques

Promotion de la culture africaine

 

Rendre disponible l'ensemble du patrimoine culturel d'un pays

Santé

 Télémédecine, télédiagnostic et réseaux d'information dans le domaine de la santé

 

 

 Réseau de pharmacies

 

Introduction d'expertise médicale dans les régions éloignées

Echange de données médicales et d'informations entre hôpitaux et

spécialistes situés dans différentes parties du monde ou d'un

pays

Identification et surveillance des zones endémiques

Distribution de ressources sanitaires

Garantir la disponibilité des médicaments pour l'ensemble d'un

pays

Décentralisation

 Accès en direct à l'information

 

 

 

 

 Développement de systèmes d'information géographique

 

Rendre les informations gouvernementales disponibles au niveau

local

Rendre les informations locales disponibles aux niveaux national

et international

Participation en direct de la population aux programmes

gouvernementaux

Disponibilité d'un outil pour la gestion au jour le jour de la

population locale et des agréments locaux

Meilleure planification et meilleures prévisions pour le

développement de l'infrastructure locale

Tourisme

 Mise sur pied d'activités touristiques en direct

 

Promotion des activités touristiques et vente des circuits

touristiques africains

Attraction d'un plus grand nombre de touristes

Simplification des réservations d'hôtels

Gestion de l'environnement

 Création de réseaux pour l'environnement

 

 Etablissement de systèmes informatiques de surveillance des problèmes utilisant les technologies GIS, la télédétection et d'alerte par satellite

 

Accès aux télécommunications dans des régions menacées de

dégradation de l'environnement et de catastrophes naturelles

 

Disponibilité d'outils permettant d'anticiper les problèmes relatifs à l'environnement et donnant la possibilité aux gouvernements et aux organisations internationales davantage d'initiative et de répondre de manière plus efficace en cas de besoin

Création d'un "nouveau" Bureau de poste Promotion du transfert par câble électronique

Assurer une fonction de serveur central pour les télécentres

ruraux

Création de boîtes postales pour tous

Transport de marchandises pour le commerce électronique

Certifications de tierces parties pour le commerce électronique

Groupes désavantagés

 Création d'un Centre national des TIC pour les enfants et les femmes

 

Initiation des enfants et des femmes au développement et à l'utilisation des TIC

Jeunesse, sports et loisirs

 Création de sites web en direct et de CD-ROM sur le sport et les loisirs

 Création de centres virtuels pour les jeunes sur le sport et les loisirs

 

Surveillance et suivi des sportives et sportifs africains en Afrique et à l'extérieur du continent

 

Entreprendre des activités de recherche et de formation à

l'intention des jeunes

Echange d'informations entre les centres de jeunes

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Situation des activités de développement des TIC dans les pays africains

Le rapport de situation qui suit s'appuie sur des informations envoyées à la CEA par des équipes qui sont en train de développer des politiques et plans relatifs à l'INIC dans des pays membres inclus dans la liste du paragraphe 14 ci-dessus. Des données et informations complètes sont disponibles pour tous les Etats membres, dans le document contenant les profils des pays africains (Document E/ECA/ADF99/1: Profils des pays africains: Infrastructure nationale de l'information et de la communication).

Bénin

Le Ministère de la culture et de la communication est l'institution nationale qui est responsable des politiques relatives au TIC, tandis que le Service de documentation technique (SDT) du ministère de la planification représente l'agence responsable principale de la politique nationale relative à l'information scientifique et technique. En 1997, le Programme pour les réseaux du développement durable (PRDD) (Sustainable Development Networking Programme (SNDP)) a démarré un intranet national pour la collecte et la dissémination des informations multisectorielles générées à l'intérieur du pays.

 

Burkina Faso

 

La Délégation générale à l’informatique (DELGI) est l'organisme gouvernemental responsable de la planification et de la coordination des TIC. La DELGI travaille en étroite collaboration avec l'Office national des télécommunications (ONATEL) et le Centre national du traitement de l'information (CENATRIN) en vue d'aider au développement et à l'utilisation des TIC dans le pays. En mars 1997, la DELGI et l'ONATEL ont organisé un atelier national sur le développement de la société nationale de l'information au Burkina Faso, aidés en cela par l'IICD et ORSTOM. L'atelier a eu pour résultat un plan national détaillé et de vaste étendue pour une utilisation accrue des TIC, allant jusqu'à l'an 2000. Pour ce qui est du suivi, la CEA et le CRDI sont en train de travailler avec une équipe du pays, coordonnée par la DELGI, au développement du plan de l'INIC pour le Burkina Faso pour les prochaines années.

 

Burundi

 

Avec l'Office national de télécommunications (ONATEL), le Centre national de l'informatique est le principal organisme gouvernemental ayant la charge des activités relatives aux réseaux au Burundi. Leurs activités sont complétées par celles de la Bibliothèque nationale et du Centre de la documentation créé en 1980.

 

Cap-Vert

 

Le Ministère de l'infrastructure et des transports est le premier organisme dans le domaine du développement de l'infrastructure nationale. Il travaille avec le Projet de communication informatique cap-verdien (CVCCP) – organisation de volontariat – pour promouvoir la compréhension, l'utilisation et l'application des technologies de l'informatique et de la communication au Cap-Vert. Le plan pour l'INIC du Cap-Vert est en cours de développement par une équipe nationale avec l'assistance de la CEA et du CRDI. Un atelier s'est tenu à Praia au début du mois d'octobre 1999 avec la participation de toutes les parties intéressées, sous la coordination du Ministère de l'infrastructure qui est l'organisme coordinateur pour le plan de développement de l'INIC dans le pays. L'atelier a fait plusieurs recommandations sur diverses questions, dont celle du développement d'une politique des TIC qui adopterait un cadre réglementaire et prévoirait un organisme de coordination. Le plan de l'INIC est en train d'être finalisé avec l'incorporation de l'ensemble des recommandations de l'atelier.

 

Ethiopie

Le processus de développement de l'INIC est dirigé par la Commission éthiopienne pour les sciences et la technologie. Le développement d'un plan national pour l'infrastructure de l'information est l'un des domaines privilégiés pour ce qui est de sa prise en charge par le gouvernement de l'Ethiopie. Un comité du premier ministère a été constitué en vue de développer des plans d'action concrète. Récemment, des études ont été officiellement demandées et dont le but est l'examen des questions centrales concernant le processus de développement de l'INIC. Un premier atelier a été organisé les 11-12 Octobre 1999. Les recommandations de cet atelier seront communiquées à un haut niveau de l'échelle gouvernementale pour approbation en vue de leur mise en œuvre.

 

Gabon

Le Ministère de la communication, des postes et télécommunications et ses filiales – Office de la poste et des télécommunications (OPT) et l'Office national des télécommunications internationales – le PRDD (programme du PNUD) et l'Ecole africaine d'informatique, sont les principaux acteurs du développement de l'INIC dans le pays. Cependant le Bureau du Président prend la responsabilité générale concernant le domaine des TIC. Pour le moment, la principale application INIC est le Réseau national du Gabon pour le développement (Gabonese National Network on Sustainable Development), qui est financé par le PNUD. Un plan d'ensemble pour l'INIC est en cours de développement par les soins d'une Equipe nationale soutenue par la CEA et le CRDI.

 

Ghana

Le Minsitère des communications a été créé en 1977 pour avoir la charge de l'ensemble de la politique de planificaton et de coordination des TIC. Le principal objectif du Ministère est de faciliter le développement stratégique et l'application de l'utilisation des diverses ressources de communications, qu'elles soient humaines, matérielles ou technologiques pour un système de communications efficace à travers tout le pays. Le Ministère, depuis lors, s'est engagé dans un processus visant la formulation d'une politique nationale des communications qui soit exploitable au Ghana. Une conférence pour une politique nationale des communications s'est ainsi tenue les 7-9 October 1998 au Centre des conférences internationales d'Accra, comme premier forum pour la discussion et l'obtention d'une meilleure compréhension des questions d'ordre cognitif, social et pratique sous-jacentes à la perspective d'un système de communications efficace. Pour ce qui du suivi, la CEA et le CRDI sont en train de travailler avec une équipe nationale sur le développement du plan de l'INIC du Ghana pour les prochaines années.

 

Malawi

Le Malawi a entamé le développement d'un plan pour l'infrastructure nationale d'information et de communication avec l'organisation d'un atelier qui s'est tenu en octobre 1999. Le Ministère de l'information, de la radiodiffusion et des communications est l'institution dirigeante du processus de l'INIC. Ce premier atelier qui a réuni diverses parties intéressés a formulé une série de recommandations concernant la formulation des politiques, le développement du contenu, les applications et la construction de l'infrastructure.

 

Mali

On ne peut assez souligner le soutien de Son Excellence M. Alpha Oumar Konaré, Président du Mali aux activités de développement de l'INIC. Il a permis l'installation d'un réseau connu sous le nom d'ANAIS, avec 8 nœuds dans des pays africains, en vue de faciliter l'utilisation des TIC en Afrique, par la mise sur pied d'un projet visant à la collecte d'une documentation sur les expériences réussies dans les pays francophones et au Ghana. Les politiques, plans et stratégies relatives à l'INIC sont en cours de traitement à travers l'organisation du "Séminaire de haut niveau sur la stratégie des TIC au Mali", tenu à Bamako du 2 au 5 octobre 1999. Le séminaire a recommandé qu'un bureau de coordination des questions relatives à l'INIC soit établi au Cabinet du Président ou du Premier Ministre. Suite au séminaire, une équipe a été constituée pour assurer le suivi des recommandations et le développement d'un plan national qui sera soutenu par la CEA.

 

Mauritanie

La Mauritanie a démarré ses activités de développement de l'INIC en impliquant la Faculté des Sciences et des Techniques de Nouakchott, qui est la première institution en matière de réseaux dans le pays. Ses efforts sont complétés par divers projets, dont ceux qui sont financés par "La Francophonie", le PNUD et la Banque Mondiale. Concernant le suivi de ces activités et pour pouvoir disposer d'un cadre d'action coordonné, la CEA et le CRDI travaillent avec une équipe du pays en vue de développer l'INIC de la Mauritanie pour les prochaines années. Le plan a été validé pendant un atelier national tenu les 25-27 septembre à Nouakchott et officiellement transmis au Secrétariat exécutif de la CEA.

 

Maroc

 

La planification et la coordination des TIC est placée entièrement sous la responsabilité du Secrétariat d'Etat aux postes et aux technologies de l'Information (SEPTI), sous la supervision du Cabinet du Premier Ministre. Il a été constitué au mois de mars 1998 avec pour mission principale d'établir une stratégie nationale intégrée des TI, pouvant permettre au Maroc de faire son entrée dans la société de l'information. Un plan national des TI (1999-2003) a été préparé et approuvé par le gouvernement en vue de sa mise en œuvre. Plusieurs applications sectorielles sont déjà en place, y compris le Réseau pour l'éducation et la recherche (MARWAN). Un atelier national a été organisé par le SEPTI avec le soutien du Ministère de l'industrie et de la CEA les 28-30 septembre 1999 à Rabat. Le séminaire a abouti à des recommandations concrètes sous la forme de projets prioritaires, devant être finalisés par une équipe nationale d'experts en vue de leurs soumission au gouvernement et aux divers partenaires.

 

Namibie

Le Ministère de l'information et de la radiodiffusion est l'institution-clé de la Namibie ayant adopté le cadre de l’AISI et entamé une stratégie INIC pour la Namibie. A cet égard, le premier atelier "Développement d'une Infrastructure d'information et de communication pour la Namibie" a été organisé au mois de mai 1998, avec la participation des parties intéressés nationales et de la communauté internationale. Cet événement a donné lieu à l'adoption des recommandations de l'atelier et à l'inclusion d'une stratégie relative à l’INIC dans le plan national de développement. Un atelier de suivi s'est tenu en octobre 1999; il a recommandé le développement d'une politique nationale de l'Information et de la communication ainsi que la constitution d'un centre de ressources INIC et l'implantation de centres communautaires pilotes en vue de démocratiser l'accès à la société de l'information en direction des Namibiens. La mise en œuvre de la principale application INIC par le gouvernement Namibien est en cours, en collaboration avec le PNUD, par l'établissement d'une liaison par Intranet entre les administrations gouvernementales dans l'ensemble du pays.

 

Nigéria

La Nigerian Communications Commission (NCC) a été constituée en 1992 en vue de réglementer l'industrie des télécommunications, de garantir un service de télécommunications efficace pour l'ensemble de la nation et de fournir des services locaux et internationaux d'information et de communication. Il existe plusieurs institutions dirigeantes en matière de développement et d'utilisation des TIC, parmi lesquelles se trouvent l’Université Obafemi Awolowo, l’Ecole de technologie de Yaba et le Centre national de l'information et de la documentation. Il n'existe pas encore de politique nationale des TI, cependant et au cours des derniers mois, plusieurs ateliers et consultations ont eu lieu pour discuter des activités relatives aux politiques des TIC et un Comité a été constitué, sous la présidence du Vice-Président de la République fédérale du Nigéria. A cet égard, la CEA et le CRDI ont entamé, au mois d'août 1999, des consultations avec les autorités et le secteur privé nigérian ainsi que la société civile dans le but constituer une équipe nationale pour le développement d'un plan pour l'INIC. A cet effet, un atelier national sur la politique des TIC est prévu pour le mois de novembre à Abuja.

 

Rwanda

Un atelier de haut niveau sur les "Politiques et stratégies des technologies de l'information et de la communication pour le Rwanda" a été organisé à Kigali, du 30 novembre au 3 décembre 1999 par le gouvernement rwandais, avec le soutien de la CEA, Carnegie Corporation of New York, l'UNESCO, l'USAID et le PNUD. L'objectif de l'atelier était de sensibiliser les preneurs de décisions sur les questions relatives aux TIC et de discuter du développement d'une politique et d'une stratégie des TIC pour le Rwanda. L'atelier a recommandé des initiatives devant être prises par le gouvernement du Rwanda en vue de la formulation et de la mise en œuvre d'une politique et d'une stratégie, la plus importante en étant la création d'une structure de haut niveau pour la coordination en matière de TIC. Suite à cela et pendant les mois de juillet, août et septembre 1999, la CEA a envoyé au Rwanda une équipe d'experts en vue de la préparation d'un document de projet de politique et de la formulation des recommandations pour la création de l’Autorité rwandaise pour les technologies de l'information (Rwandese Information Technology Authority (RITA)), devant être placée sous l'autorité du Vice-Président.

 

Soudan

Le Soudan a rejoint le processus du développement des plans de l'INIC en juillet 1999. Même s'il n'existe pas de politique nationale intégrée au Soudan, il existe plusieurs activités sectorielles dirigées par le Conseil national de la recherche, le Ministère des autorités locales (Ministry of Local Government) et les universités. Le développement du plan de l'INIC est en cours et sera soutenu par la CEA et l'UNESCO.

 

Tunisie

En Tunisie, le Serétariat d'Etat aux technologies de l'information a été constitué en 1995 pour prendre en charge la planification et la coordination générales des TIC, en liaison avec les ministères et institutions pertinentes. Le plan relatif aux technologies de l'information (1997 – 2001) est entré maintenant dans son quatrième cycle. Outre les ministères qui traitent les applications sectoriellles (télémédecine, éducation, commerce électronique, etc.), il esiste plusieurs institutions-clés qui investissent de manière considérable et opérent dans le domaine du développement des TIC, notamment l'ATI, Tunisie Télécom et l'IRSIT.

 

Tanzanie

Le processus INIC a démarré en Tanzanie en 1997, à travers une série d'ateliers organisés par la CEA, l'IICD et le Gouvernement de Tanzanie. Un atelier de suivi a été organisé en octobre 1999 et a recommandé, entre autres choses, le développement d'un plan pour l'Infrastructure de l'information et de la communication pendant l'an 2000.

Des stratégies nationales ACACIA pour le Mozambique, le Sénégal, l'Afrique du Sud et l'Ouganda font partie de la stratégie d'ensemble d'ACACIA mentionnée au paragraphe 17 ci-dessus. Toutefois, ces quatre pays n'ont pas la même stratégie de planification, concernant les questions mondiales dont la mise en œuvre est en cours sur l'ensemble du territoire de chacun de ces pays. (voir document E/ECA/ADF99/1: Profils des pays africains: Infrastructure nationale de l'information et de la communication). Ces pays ont également mis en place avec succès des applications de TI, telles que:

  • l'accès rural

  • la décentralisation et la généralisation de l'accès aux TI

  • la télémédecine

  • le commerce électronique

  • la simplification des procédures commerciales

  • les réseaux scolaires

  • l'habilitation des jeunes

  • l'habilitation des femmes

  • l'application des TI aux préoccupations relatives à l'environnement

Les rapports sur la planification et la mise en œuvre de la stratégie pour les quatre pays ci-dessus sont disponibles au CRDI et au secrétariat de la CEA.

 

Conclusion

Le défi pour les gouvernements des pays africains réside dans la nécessité de réexaminer leur rôle, leurs réglementations et leurs politiques nationales dans le domaine de l'Information, de manière à ce qu'ils soient en mesure d'exploiter les avantages de la société de l'information. Pour le secteur privé, le défi se résume à la nécessité de l'innovation et d'être à la pointe de la création d'une économie africaine de l'information. Le défi, pour la société civile, est de faire en sorte que les parties intéressées prennent part au développement des politiques, plans et stratégies afférents à l'INIC et que les besoins des groupes démunis de droits soient pris en charge par le gouvernement et le secteur privé. Pour les partenaires, le défi est constitué par la nécessité de travailler en étroite collaboration avec les pays africains dans le cadre des activités de planification et de mise œuvre de l'INIC, conformément aux besoins de ces pays, à leurs aspirations et priorités. Cela entraîne le défi qui a trait à la vision claire et au leadership, de la part des gouvernements, quant à la manière dont l'INIC pourrait servir leurs intérêts nationaux, un défi se rapportant à un nécessaire changement organisationnel. La mise en place des plans et stratégies pour l'INIC constitue un jalon essentiel pour vaincre ces défis. Le cadre de l’AISI et le mécanisme constitué par PICTA ont été mis en place en vue d'assister les pays africains dans la construction de leurs sociétés respectives de l'information.

 

 

Annexe1

Références

Economic Commission for Africa.- Developing National Information and Communication Infrastructure (INIC) Policies, Plans and Strategies: the 'why' and 'how'.- Paper presented during the First CODI meeting held in Addis Ababa, Ethiopia from 28 June-2 July 1999.

Mansell, R. and Wehn, U. (1998). Knowledge societies: Information technology for sustainable development. Oxford University Press. 323 pp.

3. United States National Information Infrastructure: http://nii.nist.gov/

4. Recommendations to the European Council: Europe and the global information society http://www.ispo.cec.be/infosoc/backg/bangeman.html

5. Competition and Culture on Canada’s Information Highway: Managing the Realities of Transition: http://www.crtc.gc.ca/

6. Griffitths, P.M.(1998). Keynote speech on the example of Ghana’s communication policy.- paper delivered during the National Workshop on Information and Communication Technology Policy for Rwanda, Kigali, 30 November-3 December 1998.

7. The African Information Society Initiative (AISI/ISIA): http//www.bellanet.org/partners/aisi

8. Faye, Makane (1999). National Information and Communication Infrastructure Policy formulation: how to proceed.

9. Camara, Alioune (1999). Elaboration du plan de développement de l’Infrastructure nationale d’information et de communication: Termes de références.

10. Communities and the Information Society: the Acacia Initiative: http://www.idrc.ca/acacia

11. Partnership for Information and Communication Technologies in Africa: http://www.bellanet.org/partners/picta/

 

Annexe 2

Lignes directrices pour le développement de plans nationaux pour l'Infrastructure nationale de l'information et de la communication (INIC)

  • Définir la mission, la stratégie, les objectifs, l'étendue

  • Définir le cadre institutionnel

  • Définir le cadre réglementaire

  • Définir le secteur d'activité concerné par les technologies de l'information

  • Définir les priorités du développement (plan quinquennal, directives ministérielles, etc.)

  • Définir les secteurs économiques et d'activité, ainsi que les tendances du marché

  • Définir l'infrastructure de l'éducation, des sciences et des technologies

  • Définir les besoins et les priorités pour l'information, l'assistance aux décisions, les réseaux, les services d'information, etc.

  • Définir les données/informations et les organismes de soutien aux décisions, les acteurs, aux différents niveaux: national, local

  • Définir l'infrastructure des technologies

  • Identifier, formuler et développer programmes et projets

  • Formuler des stratégies pour le développement des INIC

  • Mettre au point un plan d'action détaillé, un calendrier, des priorités et un budget

  • Déterminer les agences en charge de la mise en œuvre

  • Solliciter l'engagement des décideurs politiques, des dirigeants industriels

  • Formuler la campagne publique de prise de conscience

  • Mise en œuvre

  • Evaluation

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