L'AFRIQUE A BESOIN D'UN NOUVEAU PARADIGME POUR LE DEVELOPPEMENT AU VINGT ET UNIEME SIECLE

Les présentateurs ont posé les jalons du premier Forum pour le Développement de l'Afrique en mettant l'accent sur le secteur privé national, la science et la technologie, la bonne gouvernance et les exigences fondamentales pour une Afrique progressive.

Addis Abeba, le 24 octobre 1999 (CEA) - Les présentateurs, à l'ouverture du premier Forum de Développement Africain (FDA) ont mis un accent particulier sur le besoin d'une nouvelle formule pour le développement du continent, basé sur un secteur privé national vibrant, un Etat fort, une analyse politique tranchante et une bonne gouvernance.

Dans son allocation d'ouverture, le Premier Ministre Ethiopien, Meles Zenawi a constaté que le processus actuel de la globalisation serait un facteur important et déterminant des destinées des pays Africains. Dans ce contexte, il a averti: "Si les conditions actuelles restaient inchangées et si la tendance telle que nous la voyons devrait continuer son cours, alors le fait d'être intégré dans l'économie mondiale signifierait simplement que par la force des circonstances, l'Afrique aurait faite pour rester en marge de l'économie mondiale…" Ajoutant qu'une telle éventualité conduirait à la croissance des activités commerciales illégales, il a souligné que le défi de l'Afrique devrait aussi être perçu comme le défi des membres du village mondial en général.

Plus de 600 experts des gouvernements, du secteur privé, de la société civile, des organisations bilatérales et multilatérales à la fois de l'intérieur et l'extérieur du continent convergent ici du 24-28 octobre sous le thème "L'Afrique face aux défis de la mondialisation et l'ère de l'information".

Il marque le début d'une initiative orientée vers le processus dirigée par la Commission économique pour l'Afrique (CEA), mettant en place un ordre du jour du développement décidé par les africains, qui reflète un consensus parmi les principaux partenaires, et qui mène à des programmes d'application spécifiques au niveau des pays. Le FDA est né de la conviction que l'Afrique ne peut atteindre le développement durable que si les politiques, les stratégies et les actions sont élaborées et gérées par les Africains eux-mêmes qui seront les propriétaires des celles-ci.

Le Premier Ministre Meles a offert deux propositions qui permettraient aux Africains de profiter de l'économie mondiale. Premièrement, l'Afrique doit développer, comme une nécessité pratique, un secteur privé domestique qui est vibrant. Il paraissait évident, a-t-il dit, que, "à moins que le secteur privé domestique n'ouvre le chemin avec enthousiasme et confiance, il parait invraisemblable que les investisseurs étrangers prennent part à nos économies à un degré de participation effective ». Deuxièmement, la stabilité politique et l'Etat de droit ne peuvent pas être améliorés en l'absence d'un Etat fort et vigoureux avec un rôle clair - rôle qui n'est pas incompatible avec le besoin de légitimité et de démocratie des Etats.

Le leader Ethiopien a ensuite critiqué l'orthodoxie des stipulations économiques des institutions financières internationales dont les modèles économiques "affaiblissent l'Etat et s'assurent de son émasculation". Le changement radial de la formule africaine est une condition requise pour une croissance significative et le développement du continent. Ce changement requerrait "une révision totale des relations entre les institutions internationales financières et la communauté donatrice d'une part, et l'Afrique d'autre part".

Dans ses remarques préliminaires, le Sous Secrétaire Général des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la CEA, Monsieur Amoako a souligné que les plus importantes questions auxquelles l'Afrique fait face demande une plus ambitieuse approche au processus politique. Mettant l'accent sur le renforcement de l'analyse des politiques et leur mise en place en Afrique, Monsieur Amoako a fait appel aux alliances et réseaux puisque aucun centre politique à lui seul n'est assez grand pour avoir l'image entière. On doit échanger les expériences politiques au delà des secteurs et frontières dépasser les cercles politiques et académiques. Il faut commercialiser les expériences réussies. Et l'Afrique doit avoir "ses propres réponses, ses propres dynamiques politiques….à l'instar des autres région".

L'analyse politique, a remarqué Monsieur Amoako, était un "commerce florissant", qui fait participer les leaders de tous les secteurs. A ce titre, le FDA a représenté "la diverse communauté politique en pleine croissance de l'Afrique". Le FDA, mécanisme avec un style et des opérations distincts, constitue une tentative ambitieuse visant l'organisation de la communauté politique africaine ; il travaille à travers des alliances, en commençant par l'expérience nationale et terminant avec les actions nationales, et avec le temps, englober les défis les plus fondamentaux auxquels font face les dirigeants africains".

Docteur Salim Ahmed Salim, Secrétaire Général de l'Organisation d'Unité Africaine (OUA), a concentré son intervention sur le lien entre la gouvernance et le développement économique durable. Il a mis l'accent sur le fait que "la bonne gouvernance et la démocratie ou le respect des droits de l'homme ne peuvent prospérer sur des ventres vides". "…La démocratie doit ne peut opérer que si les questions du pain et du beurre sont résolues, sinon les transitions démocratiques seront renversées et le continent retournera aux situations ou les politiques de la pauvreté mènent à la pauvreté des politiques". Même si les liens entre la bonne gouvernance et le développement économique durable ne constituent pas nécessairement des garantis parfaits soutenant la démocratie et une culture de tolérance politique, pourtant, ils etaient "des seuils importants en créant des habitudes acceptables de l'Afrique et du comportement".

Ahmed Bahgat, Vice Président (Finance et Plan) de la Banque africaine de développement (BAD) a aussi pris la parole porteur d'un message du Président de la BAD, Omar Kabbaj. Le message a surtout insisté sur rôle de la Banque dans le passage de l'Afrique à la société d'information mondiale.

Etait aussi présente Mme Louise Fréchette, Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies. Dans sa brève intervention, et parlant au dernier Jour des Nations Unies du 20ème siècle, elle a dit qu'en ce temps où la population mondiale a presque atteint 6 milliards, presque la moitié de ce chiffre entrera au nouveau millénaire dans la misère la plus abjecte. La violence, la brutalité et la discrimination aussi bien que les changements climatiques négatifs sont d'autres menaces à la survie. Dans ce contexte, le défi serait de rendre le siècle suivant "plus stable, plus équitable et plus humain". Afin de réaliser ce but, le processus de renforcer les Nations Unies doit continuer.

Mme Fréchette prononcera le discours liminaire sur le thème de la conférence à la première session plénière au Forum demain matin (lundi 24 octobre). Monsieur Amoako, Noah Samara, CEO de WordSpace Corporation et Leonard Robinson, Président du Sommet National sur l'Afrique s'adresseront aussi à la plénière.

La question de la mondialisation et de l'ère de l'information a été choisie pour le FDA inaugural à cause de l'importance que revêt la définition des stratégies qui sont dirigées par et qui appartiennent aux Africains pour traiter avec l'économie mondiale de l'information. Le CEA a longtemps préconisé une autoroute de l'information servant le développement dans le contexte de l'Initiative Société de l'Information en Afrique (AISI) qu'elle est en train d'appliquer aux côtés d'un grand nombre de partenaires.

Le forum considérera les quatre thèmes substantifs suivants:

- le renforcement de l'infrastructure de l'information en Afrique - l'Afrique et l'économie de l'information - les technologies de l'information et de la communication au service de la bonne gouvernance - la démocratisation de l'accès à la société de l'information.

Un document de travail sur chacun des quatre thèmes a été préparé par des consultants de la CEA, et seront présentés avant chaque discussion plénier. Le programme a été élaboré pour permettre un dialogue ouvert et une participation absolue.

Les résultats concrets attendus du Forum incluent:

- Des plans pour une Infrastructure Nationale d'Information et de Communication (NICI) moderne - Une synergie renforcée entre les différents intervenants responsables de l'élaboration et/ou de la mise en œuvre des programmes de travail au niveau des pays - L'élaboration des plans d'actions de suivi pour le Sommet de Dialogue Post-Forum, NICI et les niveaux régionaux, pour les partenaires de TIC et pour le CEA - La préparation d'une position africaine en vue des importants forums mondiaux à venir, y compris les conférences GKII (Malaisie , Mars 2000) et la conférence mondiale de l'UIT sur la société de l'information.

Fin.

Pour tous les documents sur ADF 99, ou afin d'avoir une entrevue avec les participants, veuillez contacter:

Peter da Costa
Conseiller principal de communication
Commission Economique pour l'Afrique
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