[Bamako 2002 Documents]

Bamako 2002 Conference

L'AFRIQUE ET LE SOMMET MONDIAL DE LA SOCIETE DE L'INFORMATION

Rapport de l'atelier N°3

CE QUE L'AFRIQUE VEUT PRESERVER DANS LA SOCIETE DE L'INFORMATION


PRESIDENT : Ouhadj, Mohiddine, Algérie
DISCUTANT : Mr Adama , Samassekou, President ACALAN, Mali
RAPPORTEUR : Moussa Dramé, CRDI, Dakar, Sénégal

PANELISTES :

Mme Aida Opuku-Mensah, chef d'équipe sur les TICS, CEA.
Mr Abdoulaye Ndiaye, Consultant. Sénégal
Dr David Bekele, Directeur Ethiolink, Ethiopie
Oumar Diallo, Responsable Agence Bibliographique Nationale, Sénégal
Pr Emmanuel Tonye, Cameroun


Les panélistes ont présenté des situations existant en Afrique en matière de patrimoine culturel et formulé des mesures de nature à préserver et renforcer ce patrimoine.

C'est ainsi que Mr Adama Samassékou Président de l'Académie Africaine des Langues :ACALAN a mis l'accent sur la necessité de préserver la diversité linguistique véritable richesse des peuples africains, au moyen notamment des technologies de l'informatiom et de la communication.

Madame Aida Opuku Mensah a quant à elle souligné la necessité de préserver le multiculturalisme et le multilinguisme africains au moyen des doits d'auteur et de la protection de la proprièté intellectuelle.

Dr David Bekele a fait état d'une expérience nationale de translitération de l'amharic et décrit toute la complexité de la tâche.

Mr Oumar Diallo a mis l'accent sur l'importance des NTICs comme véhicule formidable de la culture africaine.

Mr Emmanuel Tonye s'est focalisé sur l'industrie des langues et a identifié de nouvelles technologies pouvant aider à la préservation des langues

Enfin Mr Abdoulaye Ndiaye a énumère certain nombres de solutions techniques de préservation du patrimoine culturel

Les langues nationales étant des véhicules privilègiés de diffusion du patrimoine culturel et les meilleurs média de construction des savoirs, il est de la plus haute importance de les préserver, développer en faisant usage des moyens modernes les plus efficaces et les plus appropriés .

Telle est l'idée maîtresse qui se dégage des discussions de l'atelier numero 3 qui a abouti à l'adoption des recommandations suivantes :

Considérant la volonté politique des Etats africains de préserver le patrimoine culturel du continent tout en faisant partie de la société mondiale de l'information, les participants de l'atelier no 3 ont adopté les recommnadations suivantes :

  • introduction des langues nationales dans les systèmes éducatifs africains
  • développement de contenus à caratère social , culturel, politique dans les langues locales
  • utilisation d'applications TIC à commande vocale, étant donné les taux élevés d'analphabétisme et les traditions orales en Afrique;
  • mise au point et utilisation de logiciels adaptés aux langues parlées dans les pays africains
  • protection des œuvres africaines en faisant application des droits d'auteurs et droits voisins et en respectant les droits de proprèté intellectuelle
  • promotion de l'identité et de la culture africaines, notamment les langues, dans le cadre de l'initiative NEPAD, à travers ses activités liées à l'utilisation des TICS, tel que recommandé par l' Initiative de la Société de l'Information en Afrique (AISI)

faire appel à la diaspora dans son rôle de préservation et de perpétuation dans les pays d'accueil par l'éducation fondamentale des enfants au moyen des TICS notamment

Les voies et moyens susceptibles de préserver et de conforter le patrimoine cuturel africain peuvent être énumèrés comme suit :

1* création de parcs technologiques destinés à accompagner toute initiative de nature à développer des technologies appropriées de préservation du patrimoine culturel

2*utilisation de la radioffusion sonore et télévisuelle ainsi que des autres média dans les langues nationales ou en faisant appel à des systèmes de traduction simultanée des langues étrangères vers les langues nationales

3*développement de solutions techniques pour l'utilisation des langues nationales au moyen de transcription normalisée

4*sauvegarde du patrimoine culturel oral et des savoirs locaux telle la médecine traditionnelle en faisaont usage de techniques de stockage numérique dont le Cdrom constitue le moyen le plus approprié

5*mise en place de réseaux d'échanges et de concertation entre les entités chargées dans leurs pays respectifs de la promotion et de la préservation des langues nationales

6*développement d'outils logiciels appropriés pour la préservation des langues africaines, aux fins de traduction automatique

Il est important que des réseaux d'échange d'expertise soient mis en place en Afrique aux fins de création d'espaces africains de compétence dans le domaine culturels et techniques