[Bamako 2002 Documents]

Bamako 2002 Conference

SOMMET MONDIAL SUR LA SOCIETE DE L'INFORMATION

CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE

(Bamako 28-30 mai 2002)

Contribution de l'Algérie à la réunion préparatoire africaine
du Sommet mondial de la Société de l'information
Bamako, du 28 au 30 mai 2002

1. Introduction

La Conférence préparatoire régionale des pays africains de Bamako, du 28 au 30 mai 2002 offre l'occasion aux pays africains de faire un point de situation sur le résultats des efforts engagés depuis de nombreuses années dans la réalisation d'une infrastructure répondant aux besoins des institutions publiques, des opérateurs socio-économiques et des citoyens en matière d'accès aux réseaux d'information.

En effet, l'évolution de la société africaine vers la société de l'information nécessite la disponibilité d'infrastructures suffisantes, fiables et implantées tant en milieu urbain que rural.

Bien entendu, les ressources humaines constituent la condition essentielle pour l'encadrement de cette mutation.

L'Etat algérien a pris conscience de cette réalité et a, dès les premières années de l'indépendance nationale, mis en place une infrastructure de formation supérieure dans les technologies de l'information et de la communication (TIC), notamment en informatique.

Après avoir développé une infrastructure moderne de télécommunication couvrant le territoire, l'Algérie a procédé à la réforme institutionnelle du secteur de la poste et des télécommunications aux fins d'amélioration de l'offre et de la qualité de service.

Consciente de l'évolution mondiale de la société vers une civilisation du savoir et de l'information, l'Algérie a mis en place un Comité chargé de proposer les éléments d'une stratégie nationale en matière d'édification de la société algérienne de l'information. Le travail accompli par ce comité a permis de faire un état des lieux de l'ensemble des secteurs d'activités, dans les domaines des infrastructures, de la formation et la recherche, de systèmes d'information et de cadre juridique lié aux TIC.

Un groupe de travail national sur les TIC sera installé très prochainement aux fins d'approfondissement du travail fait par le Comité et de mise en œuvre d'actions devant être identifiées selon un échéancier à court, moyen et long termes.
2. La réforme institutionnelle

Dès l'année 2000 une profonde réforme du secteur de la poste et des télécommunications a été initiée.

Cette stratégie de réforme repose sur les principes suivants :

- déconnecter le secteur du budget de l'Etat, de l'organisation administrative et de la fonction publique ;
- libérer les tarifs afin qu'ils reflètent les coûts réels des services offerts ;
- mettre fin au monopole pour permettre à l'offre de se diversifier et de s'adapter à la demande ;
- adapter le réseau des télécommunications aux exigences du marché ;
- réorganiser le secteur pour l'ancrer aux sources de la technologie et du financement par le marché.

La loi n° 2000-03 du 5 août 2000 a ainsi été adoptée et promulguée.

Outre qu'elle consacre l'ouverture de la poste et des télécommunications, elle créé deux opérateurs, l'un pour la poste, Algérie Poste, et le deuxième pour les télécommunications, Algérie Télécom. Elle créé également une autorité indépendante et autonome de régulation de la poste et des télécommunications.


3. L'infrastructure nationale des télécommunications

Cette infrastructure s'étend sur l'ensemble du territoire national, dont la superficie est de 2.381.000 km2, et est constituée de systèmes de télécommunications variés, complémentaires ou redondants en vue d'assurer une sécurité des réseaux.

C'est ainsi que les supports de transport sont constitués de :

- près de 13.000 kilomètres de câbles à fibres optiques et 60.000 kilomètres de câbles métalliques numériques ;
- 17.000 kilomètres de faisceaux hertziens numériques ;
- 50 stations terriennes des réseaux domestique et international ;
- dizaines de systèmes de radiotéléphonie rurale ;
- de 10 stations côtières du service mobile maritime.
De plus, un plan de mise à niveau des infrastructures existantes a été lancé. Ses axes majeurs sont:

- la numérisation totale du réseau national de commutation (délestage de près de 1 million d'équipements analogiques) ;
- la réalisation du backbone national de transmission à base de supports à fibre optique à haut débit (10 Gigabits et 2,5 Gigabits) ;
- l'introduction des systèmes Vsat et Inmarsat ;
- la réalisation d'un support à fibre optique de capacité de 40 Gigabits reliant Alger à Palma pour l'écoulement et la sécurisation du trafic international ;
- la numérisation du réseau domestique de communication par satellite ;
- la réalisation d'une plateforme Internet de 100.000 abonnés avec 10 000 accès simultanés. Cette plateforme est accessible à partir de tout le territoire national à l'aide d'un numéro unique, le 1515.


Bien entendu, les opérations de désenclavement des localités encore isolées, tant du point de vue postal que des télécommunications, se poursuivent. Elles bénéficient de toute la priorité de l'Etat, qui se traduit par l'allocation de budgets importants. Ainsi :
· 93 millions de Dollars US sont consacrés au programme d'expansion de la connectivité téléphonique dans les localités rurales. Cette mesure illustre bien la volonté de l'Etat de réduire totalement la fracture numérique à l'intérieur du pays, entre zones urbaines et zones rurales ;

· 83 millions de Dollars US ont été octroyés pour l'extension et le développement des services postaux à travers tout le pays pour mieux rapprocher l'administration des citoyens et assurer à la population, notamment rurale le service public auquel elle peut prétendre. Des terminaux d'accès au réseau Internet seront progressivement mis en place dans les 3300 établissements postaux.


4. L'ouverture du marché des télécommunications

La réforme institutionnelle engagée en l'an 2000 a permis l'ouverture du marché des télécommunications selon un calendrier qui a démarré en juin 2001 avec la vente d'une deuxième licence d'établissement et d'exploitation d'un réseau de téléphonie mobile de norme GSM.

Cette opération a été suivie d'une sollicitation à manifestation d'intérêt pour l'octroi de licences d'établissement et d'exploitation de réseau de type VSAT.

Le processus sera poursuivi en ouvrant la téléphonie rurale de faible trafic, puis la téléphonie interurbaine avant de l'étendre aux communications internationales et, enfin, à la boucle locale.

Cette ouverture devra se traduire par une offre de service plus importante à des coûts abordables, permettant un accès du plus grand nombre aux réseaux de l'information, à la condition toutefois que les règles d'une concurrence saine soient respectées.

L'Etat veillera à l'instauration d'un accès universel à tous pour que personne ne soit exclu des bienfaits des réseaux de l'information.


5. L'Internet

L'ouverture des services Internet en août 1998, organisée par le décret n° 98-257 du 5 août 1998, a suscité un engouement extraordinaire auprès des entreprises intéressées par la fourniture des services Internet et auprès du grand public. Plus de 70 sociétés ont reçu des licences pour la fourniture de ces services. Seules 5 d'entre elles sont publiques. Une quinzaine de providers sont entrés en activité. Certains de ces derniers sont implantés dans plusieurs localités, ce qui facilite l'accès des utilisateurs au moyen de liaisons locales. Le nombre d'abonnés disposant de leurs propres moyens d'accès est de 200.000 environ.

Il convient de rappeler que l'accès de l'Algérie au réseau Internet remonte à 1991 et que les premiers abonnements sont intervenus en 1992.

Toutes les institutions publiques, les établissements publics, les universités et grandes écoles sont connectées à l'Internet. Il en va de même des centres hospitalo-universitaires et des centres de formation professionnelle.

De nombreux établissements d'enseignement secondaire et moyen bénéficient également d'accès. Des efforts sont déployés pour étendre la connexion à un millier d'écoles fondamentales (primaires) parmi les 20.000 existantes.

Par ailleurs de nombreuses entreprises économiques disposent de leur propre site web et de leur réseau Informatique (Intranet, Extranet) et réalisent des transactions commerciales. Un projet dénommé PMEXCHANGE est en cours d'élaboration.

Le nombre de cybercafés augmente de manière sensible pour atteindre le chiffre de 3000 ! Le nombre d'internautes drainés par ces cyberespaces est supérieur à 300.000, ce qui porte à environ 500.000 le nombre d'utilisateurs du réseau Internet.

En novembre 2000, un Comité chargé de la réforme des structures et des missions de l'Etat avait été installé. Ce comité, qui a remis son rapport à l'issue d'un travail qui a duré neuf mois, a recommandé vivement une utilisation accrue des technologies de l'information et de la communication par les administrations centrales et locales, ainsi que par les établissements publics. Le Comité a également encouragé la mise en réseau des institutions et établissements publics, que ce soit à l'aide de l'Internet ou de réseaux Intranet.

Il convient enfin de signaler qu'un cadre juridique relatif au commerce électronique est en cours d'élaboration. Il concerne la protection des transactions commerciales à travers le réseau Internet. Les aspects liés à la propriété intellectuelle et industrielle ainsi qu'aux droits d'auteur et droits voisins seront intégrés dans ce processus.


6. Contribution à la société de l'information

130 millions de Dollars US ont été alloués pour la création d'un parc technologique implanté à la ville nouvelle de Sidi Abdallah, à 30 kilomètres d'Alger. Cette technopole constituera un puissant catalyseur pour la société algérienne de l'information et sera un lieu d'accueil des entreprises innovantes, doté d'infrastructures de télécommunications à très hauts débits.

Avec la volonté clairement affichée des plus hautes autorités de l'Etat, l'Algérie est décidée, non seulement de rattraper le retard accumulé mais aussi de s'insérer dans la société mondiale de l'information et du savoir.

Pour cela, elle entend :

· poursuivre et intensifier les réformes pour développer l'économie de marché ;
· rehausser l'attractivité du marché algérien pour les investisseurs étrangers ;
· mettre en place une stratégie d'utilisation et d'appropriation des technologies de l'information et de la communication pour le plus grand nombre.

Nous assistons d'ores et déjà à des initiatives de développement des technologies de l'information et de la communication engagés par différents ministères, universités et entreprises. On peut citer notamment :

- le projet du ministère de l'éducation nationale d'acquérir des ordinateurs pour équiper tous les lycées et écoles d'ici 2005 ;

- le projet de l'enseignement à distance ;

- le projet de l'université virtuelle ;

- le réseau de recherche mis en place par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique ;

- le réseau santé développé et exploité par l'Agence nationale du développement de la santé (ANDS) ;
- la plateforme Internet Djaweb des PTT ;


7. Le système éducatif

7.1 L'éducation nationale

Le secteur de l'éducation nationale a introduit l'outil informatique dans la gestion des examens et concours nationaux . Dan s le domaine pédagogique, les opérations suivantes ont été réalisées :

- formation d'un noyau d'enseignants à l'utilisation de l'outil informatique ;
- création d'un groupe de recherche en EAO dans un centre de recherche (Institut National de Recherche dans l'Education). Ce groupe est chargé de produire des didacticiels et de les expérimenter dans les établissements scolaires primaires et secondaires ;
- équipement de plus de 180 lycées en salles de 8 micro-ordinateurs reliés au réseau Internet ;
- équipement d'un millier de lycées d'un micro-ordinateur pour la opérations de gestion ;

Parallèlement à ces opérations planifiées et centralisées, des actions sont menées par des associations, des entreprises et des collectivités locales en direction des établissements scolaires.

C'est ainsi, par exemple, que 101 lycées d'Alger ont été équipés de cyberespaces de 10 micro-ordinateurs chacun, reliés au réseau Internet, pour permettre aux élèves et aux enseignants de bénéficier de l'apport des technologies de l'information et de la communication (TIC).

Le Centre National d'Enseignement Généralisé (CNEG) a entrepris une opération de numérisation de cours qui seront stockés dans des serveurs de données accessibles en ligne aux élèves.


7.2. La formation professionnelle

Ce secteur s'est engagé dans un vaste programme de réformes, avec un objectif prioritaire qui est la mise en adéquation qualitative des programmes de formation avec l'évolution des technologies, des métiers et de l'emploi et l'accroissement des performances de fonctionnement, de gestion administrative, financière et pédagogique de quelque 800 centres publics de formation professionnelle.

L'informatique est introduite, outre dans la formation des techniciens et techniciens en informatique, dans les autres cursus, à titre de soutien.

De plus, un réseau Intranet (INTRANEFP) reliera les services administratifs et l'ensemble des centres de formation professionnelle et permettra un accès au réseau Internet. IL permettra également la conception et la diffusion de cours virtuels.


7.3. L'enseignement supérieur et la recherche scientifique

Grâce à l'outil informatique, le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique a adapté ses programmes de formation, mis à niveau ses installations de recherche et modernisé ses outils de gestion.

La maîtrise de s TIC a permis aux établissements du secteur de s'ouvrir sur leur environnement socio-économique en participant à la modernisation des activités par un apport en produits technologiques et en services d'information à valeur ajoutée.


Il convient de rappeler que l'enseignement des TIC remonte à 1969, avec la confection d'un programme de formation d'ingénieurs spécialisés, d'analystes et de programmeurs en logiciels de gestion et en systèmes d'exploitation des ordinateurs. En 1971, fut instauré le diplôme de l'ingénieur en informatique et de celui de l'ingénieur en électronique.

Aujourd'hui, plusieurs établissements universitaires disposent de cycles de formation en informatique, allant du niveau de technicien supérieur jusqu'au doctorat d'Etat. Plus de 3000 diplômés en informatique, en électronique, en télécommunications et en sciences de l'information et de la communication arrivent annuellement sur le marché du travail.

La formation des spécialistes de l'information a été un autre axe important du programme d'actions du secteur de l'enseignement supérieur. Il y a lieu de citer :

- la formation post-graduée spécialisée en Information et Sciences des Télécommunications, lancée en 1989 et qui a permis la formation de 118 spécialistes sur 11 promotions pour les différents secteurs ;

- la formation spécialisée en sécurité informatique, lancée en 2000 ;

- la formation continue et le recyclage de plus de 1200 personnes provenant des différents secteurs socio-économiques dans les domaines de l'informatique, des sciences de l'information, de l'audiovisuel…

Le secteur a lancé, dans le cadre du projet ARN (Academic Research Network) une action de formation aux TIC au bénéfice de 500 personnes des établissements universitaires et de recherche pour les deux années 2001 et 2002.

Le projet ARN a permis l'interconnexion de plus de 40 établissements et donné l'accès aux services Internet à des milliers d'enseignants et chercheurs. De même qu'il permettra à l'Algérie de mettre en place une université virtuelle et de participer activement à l'Université Virtuelle Avicenne dont elle est membre aux côtés de 15 pays méditerranéens.


8. Le système d'information de la santé

La mise en place du réseau "Santé Algérie" vise avant tout à contribuer à la réalisation d'objectifs stratégiques et prioritaires de la politique nationale de santé par :

- l'amélioration de la couverture sanitaire du pays
- l'amélioration de la qualité de la prise en charge des citoyens

Ils s'inscrivent dans le cadre de la nouvelle dynamique économique et sociale impulsée par les pouvoirs publics tendant à introduire les technologies de l'information et de la communication (TIC) dans le secteur de la santé publique.

Le réseau "Santé-Algérie" offre actuellement des moyens modernes de communication, d'accès et d'échange d'information au profit de l'ensemble des personnels et opérateurs de la santé.

Ce réseau permet, d'une part, à tous les acteurs de la santé l'accès à l'information à tout moment et, d'autre part, aux différentes structures de santé de participer à l'organisation, la collecte et l'alimentation en information des banques et bases de données dans tous les domaines de la santé.
L'autre objectif de ce réseau est l'interconnexion des différents systèmes d'information nationaux en cours de maturation ou de développement au niveau de certaines des structures de santé.
De même, des projets pilotes sont lancés dans les domaines de la téléassistance, du télé-enseignement et de la télémédecine et sont destinés à :

- porter aide et assistance aux structures des zones enclavées du pays à l'effet d'améliorer la prise en charge des usagers ;
- pallier au manque de spécialistes dans ces régions par l'assistance à distance au diagnostic et à l'interprétation ;
- consolider la formation ou recycler les praticiens et professionnels de santé ; et, enfin,
- améliorer l'échange d'information et la coordination entre toutes les structures de santé du pays.

Tout cela est aujourd'hui possible grâce à la disponibilité d'un système de communication performant et intégré à même de mettre fin à l'isolement de l'ensemble des structures du secteur et leur permettre de faire face à des situations de plus en plus complexes.
C'est ainsi, et pour toutes ces raisons, que le secteur de la santé a décidé de basculer dans l'ère des nouvelles technologies de l'information et de la communication en mettant en place le réseau " Santé-Algérie " piloté par l'Agence Nationale de la Documentation de la Santé (ANDS), fonctionnel depuis le 02 Janvier 1999.

La déploiement de ce réseau à travers l'ensemble des structures sanitaires au niveau national ouvre la porte à toutes les applications et laisse entrevoir des perspectives à même de donner au secteur de la santé une âme nouvelle et d'offrir aux usagers une prise en charge plus conforme à leurs attentes.
Le Réseau "Santé-Algérie", lancé depuis Janvier 1999, permet le développement à court terme d'un certain nombre d'actions en matière d'intégration des technologies de l'information et de la communication dans ce secteur. Ces actions visent à contribuer à la réalisation des objectifs de Santé publique en matière :

- d'amélioration de l'accessibilité à une prise en charge de qualité de la santé du citoyen ;
- de valorisation des ressources humaines par un renforcement de la formation continue de l'ensembles des personnels de santé ;
- d'intégration de formes nouvelles et modernes de communication entre tous les acteurs et partenaires du secteur de la santé.

La plate-forme réseau mise en place au niveau de l'ANDS, permet aujourd'hui :
- l'accès en ligne au réseau ;
- l'interconnexion de réseaux locaux d'établissements ;
- l'utilisation de nouveaux outils de communication et d'échange d'information notamment la messagerie électronique et ses domaines connexes ;
- la consultation du portail fédérateur et officiel du département ministériel de la santé comprenant :

¤ la documentation officielle produite par les structures du Ministère de la Santé et de la Population ;
¤ les informations pratiques indispensables aux usagers ;
¤ les informations sur les dossiers spécifiques et stratégiques ;
¤ les liens sur les sites et pages Web des structures de santé ;
¤ les répertoires et adresses électroniques de l'ensemble des personnels et structures connectées ;
¤ les liens sur les sites mondiaux spécialisés dans le domaine de la santé ;
¤ l'information sur les manifestations scientifiques et médicales tant au niveau national qu'international ;
¤ les forums thématiques ;
¤ l'accès en ligne aux bases et banques de données internationales …
- l'hébergement de pages et sites Web des structures et organes du secteur ;
- l'organisation de groupes de discussion thématiques ;
- l'organisation de visioconférences thématiques ;
- l'hébergement d'applications spécifiques au secteur telles :

¤ les systèmes d'information sanitaires et la constitution de bases et banques de données ;
¤ la télémédecine ;
¤ le télé-enseignement ;
¤ la surveillance épidémiologique ;

- l'hébergement et l'accès en ligne aux bases et banques de données.

Afin d'exploiter pleinement les ressources et possibilités de la plate-forme, une extension en moyens matériels et logiciels et de télécommunications sera opérée en matière de :

1. mise en place d'un Intranet "Santé-Algérie" regroupant l'ensemble des structures et partenaires du secteur ;

2. renforcement en outils devant permettre le développement d'applications spécifiques (télémédecine et télé-enseignement, surveillance épidémiologique, …).

Les actions et opérations escomptées grâce à cette intégration progressive des TIC dans le secteur de la santé sont résumées ci-après :

· généralisation des connexions au réseau Santé-Algérie ;
· généralisation de la messagerie électronique et intégration de nouveaux moyens de communication ;
· installation de locaux d'établissements ;
· élaboration et alimentation permanente de portails Web des établissements ;
· élaboration d'une carte des jumelages inter-structures sur la base de la carte sanitaire nationale ;
· formation des utilisateurs ;
· mise en place d'organes de suivi ;
· poursuite de lancements de projets pilotes en télémédecine, télé-enseignement et surveillance épidémiologique.

Outre l'administration du secteur de la santé, les établissements qui bénéficient en priorité de ces TIC et de leurs applications sont les établissements spécialisés et établissements hospitaliers spécialisés (25) et leurs annexes et les Centres Hospitalo-Universitaires et leurs unités délocalisées (13).

Le projet s'appuie sur quatre (04) nœuds principaux : Centre, Est, Ouest et Sud situés au niveau de l'ANDS et de ses annexes régionales.

Des nœuds secondaires du réseau Intranet sont aussi retenus dans ce projet et concerneront les établissements ayant des annexes ou des unités délocalisées.

Il est fait recours aux liaisons spécialisées d'Algérie Télécom entre les établissements et les annexes régionales de l'ANDS (Centre, Est, Ouest et Sud).

Afin de relier les différents réseaux locaux d'établissements tant aux nœuds secondaires que principaux, les supports en liaisons spécialisées d'Algérie-Télécom sont sollicités.
Les débits de ces liaisons par type d'établissement sont fixés comme suit :
ü 2 x 1 à 2 x 2 Mégabits/s entre les nœuds principaux et le noyau central ;

ü 64 kbits/s à 2 Mégabits/s entre établissements et nœuds principaux (Est, Ouest et Sud) ;

Pendant une durée de deux années, les quatre régions seront dotées à cet effet de liaisons spécialisées et bénéficier d'accès au réseau Internet à haut débit.
Les débits de ces liaisons sur Internet sont les suivants :

Structure d'accueil des Liaisons Localité Débit
ANDS Alger - noyau central Alger 4 x 2 Mégabits/s
Annexe ANDS Oran - nœud principal Ouest Oran 2 x 2 Mégabits/s
Annexe ANDS Constantine - nœud principal Est Constantine 2 x 2 Mégabits/s
Annexe ANDS Ghardaia - nœud principal Sud Ghardaia 1 x 2 Mégabits/s
Une fois la plate-forme réseau Intranet "Santé-Algérie", complètement opérationnelle, les applications de télé-médecine et de la formation continue à distance seront généralisées.

En effet grâce au réseau Intranet, tous les établissements du secteur de la santé peuvent faire appel à toute autre structure adéquate avec laquelle un travail à distance doit être réalisé.


9. La Communication et la Culture

Le secteur de la communication et de la culture est vaste, riche et complexe qui touche le territoire national et a une influence certaine sur l'ensemble de la société.

9.1. La communication

La télévision connaît un effort de restructuration et de diversification tendant à moderniser les équipements, à développer la production nationale, qui occupe 50 % des grilles des programmes pour une diffusion en continu (H24), soit 26.280 heures de diffusion par an, et à multiplier les partenaires privés, par la création de 60 coopératives audiovisuelles, qui alimentent les trois (3) chaînes de télévision.

La desserte des 13 stations d'émission est réalisée par un réseau national en faisceaux hertziens. Les 13 stations pilotent un ensemble de 350 réémetteurs.

Deux des trois chaînes de télévision (Canal Algérie et A3) sont déjà diffusées par satellite et distribuées en France par le réseau câblé.

S'agissant de la radiodiffusion sonore, l'effort a porté sur le renforcement des capacités de production et de programmation des trois chaînes nationales et l'implantation d'un important réseau de 21 stations radiophoniques régionales, à caractère généraliste et 3 thématiques qui sont conçues comme des médias de proximité, chargées de la promotion de la culture et du rapprochement des citoyens. Seize autres stations sont programmées pour fin 2003. Le volume horaire de la Radiodiffusion Algérienne a considérablement augmenté en atteignant près de 99.000 heures de diffusion par an.

Les trois chaînes radiophoniques nationales sont également diffusées par satellite et distribuées en France par câble. Il en est de même pour les deux stations radiophoniques thématiques.

9.2. La Culture

L'Algérie, par sa position géostratégique particulière, a subi, pendant des millénaires, les influences de plusieurs civilisations qui lui ont permis d'avoir un patrimoine culturel riche et varié.

Ainsi, le secteur de la culture dispose aujourd'hui de :

- 8 établissements muséaux à vocation nationale ;
- 22 musées ;
- 2 établissements chargés de la gestion des parcs culturels du Tassili et de l'Ahaggar, classés dans le patrimoine culturel mondial ;
- une agence chargée de la recherche archéologique et de la protection des momunents et sites historiques, dotées de 15 circonscriptions archéologiques pour la gestion de 500 monuments et sites classés, dont 5 sur la liste du patrimoine mondial ;
- un office chargé de la protection et de la promotion de la vallée du M'Zab, classée sur la liste du patrimoine mondial ;
- un centre des arts et de la culture ;
- un office national de la culture et de l'information ; et
- un centre national de recherche préhistorique, anthropologique et historique.

En matière d'action culturelle, 28 maisons de la culture sont implantées sur le territoire national. L'Algérie s'enorgueillit de posséder un palais de la culture érigé en véritable pôle culturel. Le secteur de la culture entretient des relations avec plus de 1700 associations à caractère culturel.

Pour ce qui est des arts et des lettres, de nombreuses établissements ont été réalisés pour abriter les bibliothèques, les arts graphiques, le cinéma, les activités théâtrales et les services de protection des droits d'auteur et des droits voisins.

Parmi ces réalisations, il convient de citer :

- un théâtre national ;
- 6 théâtres régionaux ;
- 12 salles de répertoire et 6 lieux d'archivage pour la cinémathèque algérienne, qui possède plus de 20.000 titres de long métrage et 4.500 de court métrage ;
- une bibliothèque nationale ;
- une entreprise des arts graphiques ;
- 13 véhicules lourds pour la diffusion cinématographique ;
- 12 bibliobus ; et
- 152 salles de cinéma.


10. Les projets continentaux

Conscients que le monde d'aujourd'hui et encore plus celui de demain sera nettement marqué par le recours de plus en plus intensif aux technologies de l'information et de la communication dans tous les secteurs d'activités, les chefs d'Etat et de Gouvernement des pays d'Afrique ont mis en place l'initiative africaine appelée "Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique - NEPAD qui représente une vision et une série de stratégies qui permettront de relever les nombreux défis qui se posent à l'Afrique.

Cette initiative traduit la détermination des dirigeants du continent à assumer l'appropriation du processus de développement en s'appuyant sur les technologies de l'information et de la communication comme levier économique.

C'est ainsi que lors de la conférence mondiale de développement des télécommunications d'Istanbul, notre pays, grâce à l'appui de nombreux autres pays a fait adopter cinq résolutions portant sur la nécessité pour l'Union internationale des télécommunications et notamment le bureau de développement des télécommunications d'apporter son appui et son soutien pour la concrétisation du NEPAD.

Pour développer la connexion africaine, l'Algérie agit également pour faire aboutir rapidement le projet RASCOM qui constitue la solution africaine aux problèmes de communications. Ce projet fournira le segment spatial requis pour les services de télécommunications nationaux et internationaux dans tous les pays africains.

Il fournira, notamment :

- les services de télécommunications dans les zones rurales ;
- les liaisons interurbaines au sein des pays ;
- les liaisons directes entre les pays africains ;
- la diffusion radiophonique et télévisuelle ;
- et les services à valeur ajoutée notamment l'Internet.
Toujours, pour promouvoir la connexion africaine, l'Algérie et le Nigeria ont décidé de construire le premier tronçon d'une véritable autoroute de l'information qui irriguera notre contient.

Il s'agit du projet fibre optique ALGER - LAGOS qui accompagnera le gazoduc Algérie - Nigeria et qui sera d'un très grand apport pour répondre aux besoins en moyens de télécommunications des pays traversés par ce projet et faciliter ainsi les communications interafricaines.

Appréhendant les bouleversements qui se produisent dans le monde où nous passons d'une société industrielle à une société postindustrielle qui prend de nos jours la forme d'une société de l'information, l'Algérie, dans le cadre du plan de soutien à la relance économique qui mobilise 525 milliards de DA (environ 7 milliards de dollars) et qui touche la quasi-totalité des secteurs (grands travaux d'équipement et d'aménagement du territoire, développement local, activités productives, emploi et protection sociale, développement des ressources humaines) a prévu d'importantes mesures budgétaires pour le développement des infrastructures de communication.


11. Quelques propositions en vue de l'édification de la société africaine de l'information

- encourager la création d'un observatoire africain de la société de l'information. Cette proposition, qui figure déjà dans l'initiative NEPAD, aura pour objectif notamment d'évaluer à l'aide d'indicateurs normalisés les progrès réalisés en Afrique et de mettre en place une veille technologique ;
- promouvoir des actions de coopération entre pays africains, par la formation des ressources humaines dans le domaine des TIC, l'échange d'expériences, notamment dans les diverses applications des TIC (télémédecine, téléenseignement,…), ainsi que par l'interconnexion des réseaux académiques et de recherches nationaux ;
- encourager et promouvoir des échanges commerciaux en ligne entre entreprises africaines (espaces-marchés ou market-place) ;
- encourager la création de réseaux d'associations africaines liées aux TIC (protection de consommateurs des TIC, préservation de l'accès universel…).

12. Conclusion

En conclusion nous espérons très rapidement disposer d'une infrastructure à la hauteur des ambitions légitimes de notre pays pour pouvoir tirer profit de tous les avantages qu'offre la société mondiale de l'information dont l'édification va incessamment être encadrée par un comité de pilotage mis en place par le Gouvernement et qui définira son programme d'actions global touchant tous les secteurs d'activités du pays.

Ainsi l'Algérie entend concrétiser rapidement le droit de communiquer à tous les algériens quelque soit leur situation et leur implantation.