[Bamako 2002 Documents]

Bamako 2002 Conference

SOMMET MONDIAL SUR LA SOCIETE DE L'INFORMATION

CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE

(Bamako 28-30 mai 2002)

Cérémonie d'ouverture

Communication du représentant du réseau ANAIS, Amadou Top, Sénégal


Excellence Monsieur le Premier Ministre du MALI,
Distinguées personnalités du secteur privé, de la société
Civile et des pouvoirs publics
Honorables invites


A l' initiative du président ALPHA OUMAR KONARE , ET DU PRESIDENT de la république et du canton de Genève MR . GUY OLIVIER SEGOND , cette grande salle du palais des congrès accueillait du 21 au 26 février 2000 une rencontre internationale organisée par le réseau ANAIS (réseau pour faciliter l' appropriation sociale des technologies de l'information par les Africains) . Prés de 1500 personnes venues d' Afrique ,d' asie, 'europe, et des Amériques, représentatifs de toutes les catégories d'acteurs de la société de l ' information : Pouvoirs publics, collectivités locales, secteur privé, monde associatif, milieu universitaire, organisations régionales, internationales, bilatérales et multilatérales, femmes et jeunes, ont eu d'intenses et fructueux échanges sur les usages des technologies de l'information et de la communication (TIC) pour le développement local, au SUD et au NORD.

L'objectif de cette rencontre était de :

· Dresser un état des lieux critiques et concret de l'apport des TIC pour atteindre des objectifs de développement dans différents secteurs.
· Faire la part entre les mythes et les réalités des stratégies et des projets liés aux TIC.
· Proposer des mesures concrètes et des rojets fédérateurs réunissant ONG ,secteur privé et partenaires du développement

Cet espace de rencontre avait permit à des acteurs du terrain de dialoguer avec les responsables politiques des pays du sud et u nord , les parlementaires, es experts techniques, es chercheurs et les responsables culturels, les acteurs économiques, le secteur privé et les sociétés de services, ainsi les décideurs de l'aide publique au développement et les responsables d'organisations internationales.


La déclaration de BAMAKO 2000 issue ces mémorables assises est devenu une référence partout au monde pour celles et ceux qui s'intéressent aux appropriations citoyennes des technologies de l'information, et force est de reconnaître que le réseau ANAIS constitué 4 années auparavant et la fondation du devenir qui lui a apporté un inestimable soutien venaient ainsi de poser les fondations d'une nouvelle dynamique, articulée à la nécessaire négociation entre les acteurs de la société civile, du secteur privé et des pouvoirs publics pour la maîtrise de la société de l'information en travail.


Ce faisant, Bamako 2000 se donnait ainsi comme un moment essentiel de l'approfondissement et de la mise en œuvre de l'Initiative société africaine à l'heure de l'information (AISI) adoptée par la vingt-deuxième réunion de la conférence des ministres de la Commission Economique pour l'Afrique (CEA), en mai 1996.
Mais comme il n' y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait ou il va , le NEPAD (nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) inspiré par les présidents ABDOULAYE WADE ,TABO MBEKI et OLESEGUN OBASANJO est devenu un des projets prioritaires de notre continent qui offre une vision globale du développement de l'Afrique, apte à fédérer les solutions parcellaires et disjointe qui ont produit les résultats malheureux que nous vivons. Le NEPAD prête la plus grande attention aux bouleversements qui affectent l'évolution de nos sociétés du fait des technologies de l'information et de la communication.

Dans l'allocution qu'il a prononcée en octobre 1995 à l'occasion du 7 è forum international des télécommunications, à Genève, le président Mandela déclarait notamment : " les technologies de communication ne doivent considérées comme un luxe intervenant après le développement en général du pays, mais comme l'une des conditions qui déterminent les capacités des pays en développement à engager la modernisation de leur économie et de leur société ".

Les capacités d'innovation, la réinvention des traditions et la résurgence des savoirs endogènes sont les réponses que nos sociétés doivent convoquer face au resserrement des contraintes structurelles qu'impose une mondialisation sans garde-fou.

L'émergence de la société de l'information se caractérise par la place centrale prise par l'information et les technologies associées, à la fois comme facteur de production et comme produit à part entière.

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), termes génériques qui désignent les différents outils et procédés nés des récentes avancées de l'informatique et des télécommunications, ouvrent un nouvel espace pour le développement des sociétés humaines.
Internet en devenant mondial sans centre ni périphérie, un espace de combinaison des techniques issues de la radio, du téléphone, de la télévision et du journal constitue la forme le mieux les mutations technologiques en cours. Le multimédia qui permet d'exploiter les immenses potentialités offertes par les ordinateurs d'aujourd'hui pour associer le son, l'image et le texte dans les nouvelles de présentation et de diffusion de l'information, offre quant à lui des perspectives insoupçonnées dans de domaines variés et notamment pour ce qui concerne nos sociétés et à l'exploitation de cette valeur qu'est l'oralité.
La révolution de l'information en cours remodèle l'espace et le temps et transforme de manière profonde les systèmes de production et d'échange. Elle change les conditions de la concurrence entre les entreprises et les nations et nous plonge en quelque manière de l'ère de l'incertain.
On ne sait en réalité qui des outils ou des usages conduit ce mouvement tant ils s'influencent mutuellement pour entraîner un rythme de progression encore inconnu dans l'histoire des technologies.
Les effets des nouvelles technologies sur les manières dont nous travaillons, pensons, réagissons et socialisons nos relations posent déjà des problèmes fort complexes aux décideurs et aux citoyens et entraînent quelque fois des réactions de rejet ou de suspicion qui témoignent de l'impréparation manifeste de nos sociétés - du nord comme du sud- à assumer le passage de l'ère industrielle à l'ère informationnelle.
La distance aujourd'hui respectable entre " info-riches " et " info-pauvres ", qui du reste se manifeste également à l'intérieur des pays pris isolement, constitue une des tendances menaçantes qu'il convient d'examiner sans tarder afin que le mouvement d'exclusion qui en découlerait soit contenu et inversé.
Pour toutes ces raisons excellence, mesdames, messieurs, la société civile internationale, celle africaine en particulier porte le plus grand intérêt aux préparatifs du prochain sommet mondial sur la société de l'information prévu en deux phases à Genève en 2003 et Tunis en 2005. Il convient cependant que nous insistions sur le fait qu'il n'est pas concevable que les enjeux de société de l'information puissent se maîtriser autrement que par un partenariat fort entre secteur public, secteur privé et société civile. La société civile et le secteur public doivent être présents à tous les niveaux et toutes les étapes du processus et être considérés comme partenaires.
La conférence régionale préparatoire pour le sommet mondial sur la société de l'information doit aider à cela et proposer au monde une démarche acceptable pour que le prochain sommet soit à la hauteur des attentes des peuples du monde entier qui ont besoin de savoir où va le monde pour se préparer en conséquence.
Monsieur le président Konaré , encore une fois je voudrais remercier au nom du réseau ANAIS pour votre engagement au service de l'appropriation des nouvelles technologies par l'Afrique.
Plus que jamais, nous sommes convaincus que vous resterez en première ligne pour que le fossé numérique ne s'approfondisse et que l'Afrique prenne entièrement sa place au cœur du procès de développement de la société de l'information.
Je vous remercie