[Bamako 2002 Documents]

Bamako 2002 Conference

Syfia
InternationaI agence de presse
avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement PNUD-Mali

SOMMET MONDIAL SUR LA SOCIETE DE L'INFORMATION
Renforcer les médias pour mobiliser les PMA

 

(Syfia Bénin) Comment les pays pauvres peuvent-ils mieux faire entendre leur voix lors du Sommet mondial sur la société de l'information de 2003 ? Un projet de formation des Pma vient d'être lancé en ce sens lors de la conférence africaine de Bamako avec un volet spécifique destiné à augmenter la compétence des médias.

En parlant d'une seule voix, les pays pauvres pourraient mieux peser sur les décisions à portée mondiale en matière d'information pour en faciliter la mise en œuvre au niveau national. Telle est la préoccupation de l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (Unitar) à l'origine du projet lancé à Bamako lors de la conférence africaine préparatoire au Sommet mondial de l'information de 2003 (cf. encadré).
Des ateliers nationaux vont être organisés : ils impliqueront les gouvernements, les autorités locales, le secteur privé, les universités, la société civile et les médias. Les participants pourront mieux maîtriser les enjeux et les opportunités de la société de l'information et exprimer leurs besoins avec des argumentaires solides. Les différents rapports nationaux seront synthétisés et présentés au nom de tous les Pma au Sommet mondial.
" Faire entendre la voix les pays pauvres, notamment ceux d'Afrique dans un Sommet mondial sur la société de l'information n'est pas gagné d'avance, prévient Pascal Renaud ; de l'Unitar. Car, poursuit-il, des intérêts industriels et commerciaux énormes sont en jeu, et ces intérêts sont dans les pays du Nord ". Pour limiter la suprématie de ces intérêts, les pays pauvres doivent bien structurer leurs argumentaires et les faire relayer par les médias. C'est pourquoi, le projet de formation des Pma comporte un volet spécifique aux médias. Les compétences des journalistes des pays pauvres seront renforcées pour assurer une meilleure circulation de l'information. " Il s'agit de faire en sorte que l'information ne soit ni le monopole des élites dans les Pma, ni la chasse-gardée des grands groupes de communication ", explique Edouard Markiewicz, de Media Action international, l'Ong suisse chargée avec l'agence de presse InfoSud du volet médias.

2003, " une étape décisive ". " Le Sommet mondial de 2003 n'est pas pour nous une finalité, mais une étape décisive ", a martelé à Bamako Pape N'diaye Diouf, professeur à l'Institut universitaire d'études du développement (IUED) de Genève. " Notre action, poursuit le professeur Diouf, veut s'inscrire dans la durée pour que, à travers la recherche et la formation, l'Afrique parvienne à former des cadres de haut niveau pour participer à la société de l'information ". La recherche doit aider à mieux comprendre les enjeux. " Elle peut, dans le même temps, aider les Africains à ne plus être des consommateurs passifs, mais à devenir des producteurs actifs de contenus du net qui révèlent les cultures africaines ". L'IUED entend créer des réseaux de recherche entre des instituts du Nord et du Sud.
Echapper à la marginalisation dont ils sont habituellement l'objet lors de la conclusion des accords internationaux est un des bénéfices attendus pour les Pma. L'enjeu est pour eux d'une importance capitale, d'autant qu'ils sont mal représentés - ou pas du tout - à Genève où se prennent les grandes décisions. Très peu de diplomates africains participent aux réunions de préparation au Sommet de l'information qui se déroulent en Suisse. " Souvent, un seul diplomate se retrouve dans nos réunions au nom de toute l'Afrique ", témoigne Ibrahim Keita, du Secrétariat exécutif du sommet. Or les nouvelles technologies de l'information et de la communication représentent un enjeu important pour l'Afrique. " Elles peuvent constituer un raccourci pour son développement ", assure le Sénégalais Samba Tioum, l'émissaire africain isolé à Genève. " Les technologies numériques ne sont pas en tant que telles une priorité en Afrique. Mais elles peuvent faciliter la résolution de problèmes majeurs comme l'éducation et la santé ", complète Ibrahim Keita.

Emmanuel V. Adjovi

Un Sommet pour réduire la " fracture numérique "

Le Sommet mondial sur la société de l'information de 2003, lancé par l'Onu, cherche à réduire la " fracture numérique " qui aggrave le fossé entre les pays du Nord et ceux du Sud. Le développement des technologies de l'information et de la communication a provoqué une transformation profonde de la vie économique, sociale et commerciale. Malheureusement, de nombreux pays du Sud ont du mal à suivre ce processus dynamique qui fait entrer le monde dans la société de l'information du XXI e siècle.
Les effets de ce développement à double vitesse se font particulièrement sentir en Afrique, le continent qui regroupe 39 des 49 pays les moins avancés du monde (Pma). Selon les estimations de l'Union internationale des télécommunications, sur les 350 millions d'utilisateurs d'internet dans le monde en 2000, seulement 1,2 % se trouvaient en Afrique contre 35,2 % sur le continent américain et 32,8 % en Europe. Sur le milliard de nombre de lignes téléphoniques fixes recensés la même année, 2 % seulement se trouvent en Afrique contre 35,9 % en Europe et 29,2 % en Amérique. " Il y a plus d'ordinateurs aux Etats-Unis que dans le reste du monde et plus de téléphones à Tokyo que dans toute l'Afrique ", a résumé Kofi Annan, le Secrétaire général de l'Onu à l'occasion de l'Assemblée du Millénaire.
C'est pour réduire ce retard que se tiendra le sommet qui se déroulera en deux phases : La première aura lieu à Genève (Suisse) en décembre 2003. Elle sera consacrée aux nombreuses questions soulevées par la société de l'information et débouchera sur l'adoption d'une déclaration de principe et d'un plan d'action. La seconde phase du sommet se déroulera à Tunis en 2005. Elle insistera sur les grands thèmes du développement et évaluera les progrès réalisés en vue d'adopter éventuellement un autre plan d'action.
Les sommet tendra à définir une vision et une compréhension communes de la société de l'information et l'établissement d'un plan d'action stratégique pour concrétiser cette vision. La Conférence africaine de Bamako est la première d'une série de réunions régionales de préparation du sommet.

E. V. A.


Syfia International Envoi n°02-10 - Mai 2002
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