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Bamako 2002 Conference

Syfia
InternationaI agence de presse
avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement PNUD-Mali

Nigeria : chasse aux pirates de logiciels

 

(Syfia Nigeria) Au Nigeria, les fabricants de logiciels font la chasse aux pirates et utilisateurs frauduleux de leurs produits. Ils ont frappé fort dans le secteur bancaire mais les centaines de milliers de petits utilisateurs privés leur échappent.

Le 13 mars 2002, la Haute Cour Fédérale de Lagos a condamné pour piratage de logiciels James Cubitt Architects, un des plus grands cabinets d'architecture du Nigeria. Celui-ci devra payer 500 000 nairas (4320 dollars US - 4680 euros) à Autodesk Incorporation, une compagnie américaine spécialisée dans la fabrication de programmes de dessin et d'estimation de bâtiments. James Cubitt Architects a dû aussi régulariser sa situation en achetant dix logiciels AutoCAD pour un montant de 40 000 dollars US.
Pour récupérer les équipements qui lui avaient été confisqués, le cabinet s'est aussi engagé à respecter dorénavant les droits de propriété intellectuelle et à se soumettre aux contrôles de la Commission nigériane du droit d'auteur (Ncc) et du Business Software Alliance (Bsa), une organisation internationale qui lutte contre le piratage des logiciels. Cette dernière, qui compte parmi ses membres des sociétés comme Autodesk, Microsoft, Oracle ou Cisco, opère au Nigeria depuis le début de cette année. Ce sont les institutions financières qui sont actuellement dans le collimateur de la Ncc et de Bsa. La First Interstate Merchant Bank a été la première à tomber dans ses filets : elle a dû payer 3,6 millions de nairas (22 500 dollars) pour éviter que les contrôleurs n'embarquent tous les disques durs de ses ordinateurs.

Les banques sous contrôle. Dans la foulée, aucune banque de la place n'a pu échapper à la campagne anti-piratage de Microsoft, propriétaire, entre autres, des logiciels Excel, Office ou Word. Les sérieuses perturbations des activités qu'engendre l'intervention d'une équipe de contrôle et la mauvaise publicité qui en découle donnent des nuits blanches aux propriétaires de banques et autres institutions financières, qui cherchent à tout prix une solution à l'amiable.
Ainsi United Bank for Africa (Uba) et Microsoft ont signé un accord le 14 mars 2002. Pour 1 500 000 dollars US, la troisième banque du pays bénéficie pendant trois ans pour toutes ses agences au Nigeria et dans le monde entier de licences d'utilisation des logiciels avec mise à jour, d'une assistance technique, de formation pour son personnel ainsi que de tarifs préférentiels pour l'acquisition de tout produit Microsoft. Le pire, la paralysie de ses activités, a été évité. Elle bénéficie du coup de toutes les nouvelles découvertes de la firme en matière de traitement bancaire, des opérations internes jusqu'aux transactions internationales. A la suite de Uba, une cinquantaine de banques se sont précipitées pour régulariser leur situation avec la commission nationale et la firme américaine. Une soixantaine traînent encore les pieds…
Malgré ces premiers succès, l'action de Microsoft commence à toucher ses limites sur le terrain. L'ardeur des contrôleurs est freinée par les difficultés d'accès au matériel et l'opposition violente des propriétaires. Le gros des utilisateurs (particuliers, services privés, centres de formations et institutions scolaires et universitaires…) reste difficile à atteindre malgré la campagne médiatique et de sensibilisation lancée depuis deux ans par la Ncc et le Bsa.

Logiciels trop chers. Selon l'hebdomadaire économique Financial Standard, 90 % des Nigérians ignorent la différence entre le mécanisme physique d'un ordinateur (le hard) et les logiciels (le soft). C'est le cas de la plupart des dirigeants nigérians, confirme Toyin Subair, conseil local de la Bsa : " Ils pensent qu'une fois l'ordinateur acheté, ils ont droit à tout ". Il déplore que " moins de 5 % des conseils d'institutions bancaires ont lu une fois la loi sur le droit d'auteur et la propriété intellectuelle du Nigeria ".
La plupart des utilisateurs considèrent que le prix d'achat d'un ordinateur devrait nécessairement inclure l'achat des logiciels. Même ceux qui trouvent normal d'acheter séparément les logiciels, jugent leurs prix trop élevé. A Lagos par exemple, Windows 2000 est vendu séparément 35 000 nairas alors qu'un ordinateur (Pentium IV 1100 Mhz avec Windows 2000 installé) coûte entre 90 000 et 165 000 nairas. Un seul logiciel acheté est donc copié et installé sur des dizaines voire des centaines d'ordinateurs. Pour les concepteurs de ces programmes, le manque à gagner est énorme dans un pays où, selon Meekam Mgbenwelu, directeur commercial de Microsoft Nigeria, le parc informatique avoisine les deux millions d'ordinateurs

Théophane Patinvoh


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