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Bamako 2002 Conference

Syfia
InternationaI agence de presse
avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement PNUD-Mali

Internet : les jeunes Africains trop attirés par le sexe

(Syfia Afrique) De nombreux jeunes Africains consultent internet essentiellement pour les sites pornographiques ou érotiques. Cet engouement, inquiète les associations qui souhaitent qu'un usage plus utile de la toile soit proposé aux jeunes.

Regarder des scènes érotiques constitue actuellement le principal centre d'intérêt des jeunes Africains qui naviguent sur internet. Une étude réalisée en 2002 par le Centre africain d'échanges culturels (Cafec) révèle qu'à Lomé (au Togo), 97 % des jeunes de moins de 25 ans, notamment des élèves, accèdent à internet pour regarder des sites pornographiques. Le pourcentage est de 88 % à Cotonou (Bénin) et 60 % à Lagos (Nigeria). La gestionnaire d'un cybercafé de Kinshasa confie que les jeunes qui viennent surfer sur ce genre de sites représentent 70 % de son chiffre d'affaires mensuel.
Même si au Cameroun ou encore en République Démocratique du Congo, la majeure partie des connexions servent à chercher un conjoint à l'étranger ou à entretenir des contacts avec la famille émigrée, les sites pornographiques jouissent d'un engouement certain sur le continent. " C'est scandaleux que de jeunes Africains ne trouvent rien d'autre à regarder sur internet que des sites pornos ", s'indigne Baudouin Shombé, administrateur général, chargé de la coordination des programmes du Cafec. " Cela permet de nous distraire et également d'apprendre des choses en matière de sexualité ", se défend Eric K., un jeune élève béninois.
" Il ne s'agit pas d'une simple affaire de loisir, puisque ces jeunes passent l'essentiel de leur temps de connexion sur les sites en question. Ils ne font que ça, alors qu'il y a sur internet une immense potentialité de renforcement de leur formation ", déplore Hippolyte Djiwan, président du réseau des journalistes béninois pour la promotion et l'appropriation des nouvelles technologies de l'information et de la communication (Pr@tic-Bénin).

" Il n'y a pas que le sexe sur le net ". " Il ne faut pas seulement se scandaliser, soutient Xavier Gillet, du bureau d'études malien Axe Formation. C'est le propre des jeunes de faire des bêtises. Il faut les aider à dépasser cette étape ", précise-t-il. Pour lui, " il convient de construire de nouveaux contenus qui parlent de l'Afrique et de former des jeunes pour qu'ils soient capables de construire leurs propres sites ".
En marge de Bamako 2002, la conférence africaine de préparation au Sommet de l'information de 2003, Filifing Diakhité, animateur d'une émission radio sur les Tic au Mali, cite le cas d'un étudiant en arts dramatiques à qui il a indiqué des sites où obtenir des documents sur la scénographie au Moyen-âge. " Son exposé était si brillant que son professeur a demandé à avoir lui-même les documents obtenus sur internet. Depuis ce temps, ses collègues sont devenus des passionnés des sites sur les arts ", poursuit Filifing Diakhité.
Le réseau Pr@tic-Bénin s'inscrit dans la même logique. Après avoir dénoncé l'attirance excessive des jeunes pour le sexe, il a proposé des mesures pour lutter contre le " mal ". La première consiste à sensibiliser des gérants de cybercafés, des jeunes et des parents. Aux jeunes, " il faudra faire comprendre qu'il n'y a pas que le sexe sur le net ", a déclaré Euloge Nanga, secrétaire général de Pr@tic-Bénin, au cours d'une conférence de presse organisée en mars dernier. Des adresses de sites éducatifs leur sont proposées.
Le réseau envisage une campagne d'affichage dans les cybercafés ainsi que des actions de formation destinées aux tenanciers. Pr@tic-Bénin invite également l'Etat à s'impliquer dans la lutte contre " l'excessive attirance des jeunes pour les sites pornographiques " en aidant les gérants de cybercafés à promouvoir des sites plus utiles à la jeunesse. Le réseau de journalistes béninois attend aussi des autorités étatiques qu'elles définissent un cadre juridique de réglementation des activités des centres de navigation internet.

Emmanuel Vidjinnagni Adjovi

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