African Information Society Initiative (AISI) e-strategies

:: Initiative Société Africaine à l'Ere d'Information (AISI): Cadre d'Action pour l'Edification d'une Infrastructure Africaine de l'Information et la Communication

Table des matières

Avant-propos
Résolution 812 (XXXI): Mise en oeuvre de l'Initiative société africaine à l'ère de l'information (AISI)
Initiative société africaine à l'ère de l'information (AISI): Cadre d'action pour l'édification d'une infrastructure africaine de l'information et de la communication
Avant-propos
I. Introduction

A. Vision de l'avenir
B. Objectifs stratégiques
C. Objectifs connexes

II. Société africaine à l'ère de l'informatique: défis et possibilités

A. Création d'emplois
B. Santé
C. Education et recherche
D. Culture
E. Commerce
F. Tourisme
G. Sécurité alimentaire
H. Femmes et développement
I. Crises causées par l'homme et catastrophes naturelles

III. Éléments de base d'une société africaine à l'ère de l'informatique

A. Cadre institutionnel
Obstacles
Obstacles financiers
Réglementations
Environnement
Autres obstacles
Solutions
Rôle du gouvernement
Rôle du secteur privé
Rôle des organisations non gouvernementales
Rôle des médias

Programme régional proposé: lancement et coordination de l'Initiative "Société africaine à l'ère de l'informatique" par la CEA
Programmes nationaux proposés
Programme 1: Elaboration de plans relatifs à des infrastructures nationales
Programme 2: Mise en place d'une "infostructure" sectorielle nationale
B. Ressources humaines
Besoins d'une société informatisée en général
Besoins de l'industrie de l'information et de la communication
Programmes proposés pour préparer la société à l'ère de l'informatique
Programme 1: Programme d'information des intervenants
Programme 2: Programme d'enseignement
Programme 3: Programme de formation professionnelle pour techniciens spécialisés et travailleurs qualifiés
C. Ressources en informations: "infostructure"
Possibilités
Mesures recommandées
Programmes proposés pour la mise en valeur des ressources nationales en informations et en connaissances
Programme 1: Constitution de ressources nationales en informations
Programme 2: Création de services d'information à valeur ajoutée
Programme 3: Création de bibliothèques électroniques
D. Infrastructure technologique
Mesures recommandées; besoins en infrastructure
Programmes proposés
Programme 1: Développement et modernisation des infrastructures nationales de télécommunication
Programme 2: Interconnexion à l'échelle du continent
Programme 3: Projets pilotes
Programme 4: Développement rural intégré
Annexe I: Liste des membres du groupe de travail de haut niveau sur les technologies de l'information et de la communication en Afrique
Annexe II: Lignes directrices pour le développement des plans relatifs des Infrastructures Nationales d'Information et de Communication (INIC)
Annexe III: Projets proposés

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Avant-propos

La révolution de l'information et l'extraordinaire accroissement de la circulation des connaissances qu'elle implique, à laquelle s'ajoute le phénomène de la mondialisation de l'économie, ont donné naissance à une nouvelle ère, l'ère de l'information, dont les effets portent sur l'ensemble des aspects de l'activité économique, sociale et politique. Si les pays africains ne mesurent pas à sa juste valeur l'importance de cette évolution, ils pâtiront d'un déséquilibre en matière d'information et de technologie, victimes de l'écart séparant les pays riches d'information de ceux qui en sont dépourvus. A la demande des Etats membres, la Commission économique pour l'Afrique (CEA) a décidé, en précurseur, d'aider les pays africains à combler ce fossé et à mobiliser ces nouveaux instruments au service de la promotion de la croissance économique et sociale dans la région.

Le processus a été lancé en avril 1995 avec l'organisation conjointe, par la CEA, l'Union internationale des télécommunications (UIT), l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), du Colloque régional africain sur la télématique au service du développement. Ce colloque a réuni près de 300 experts en technologie de l'information, hauts responsables gouvernementaux et dirigeants du secteur privé, venant de plus de 50 pays. Cette rencontre a permis de jeter les fondements conceptuels d'une infrastructure africaine de l'information.

En mai 1995, la vingt et unième réunion de la Conférence des ministres de la CEA, à laquelle ont pris part cinquante trois ministres africains chargés du développement et de la planification économique et sociale, a adopté la résolution 795 (XXX) intitulée "Mise en place de l'autoroute de l'information en Afrique". Suite à cette résolution, la CEA a formé un Groupe de travail de haut niveau sur les technologies de l'information et de la communication en Afrique en vue d'élaborer un plan d'action visant à mettre celles-ci au service de l'accélération du développement socio-économique de l'Afrique et de ses habitants.

Ce Groupe de travail de haut niveau est composé de 11 experts dans le domaine de la technologie de l'information en Afrique. Il s'est réuni au Caire, à Dakar et à Addis-Abeba et a poursuivi ses consultations par courrier électronique. Ses travaux ont été couronnés par l'élaboration du présent document intitulé "Initiative Société africaine à l'ère de l'information : Cadre d'action pour l'édification d'une infrastructure africaine de l'information et de la communication". Ce document a été soumis à la vingt-deuxième réunion de la Conférence des ministres de la CEA, tenue en mai 1996, au cours de laquelle la résolution 812 (XXXI) intitulée "Mise en oeuvre de l'Initiative Société africaine à l'ère de l'information", a été adoptée.

Avec la collaboration de plusieurs partenaires, la CEA s'attache actuellement à mettre en oeuvre le Cadre d'action. Celui-ci servira de référence pour le programme de travail de la CEA dans le domaine de la maîtrise de l'information pour le développement. Il s'agit en fait de l'un des cinq principaux domaines figurant dans le programme de travail de la Commission. Mais le plus important est que le cadre d'action de l'Initiative servira de référence dans les travaux portant sur le domaine prioritaire de la technologie de l'information dans le cadre de l'Initiative spéciale de l'Organisation des Nations Unies pour l'Afrique. L'exécution des programmes élaborés au titre de ce domaine prioritaire verra la participation de plusieurs institutions spécialisées de l'Organisation des Nations Unies, dont la CEA en tant qu'institution chef de file, avec la collaboration de l'Unesco, l'UIT, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), et la Banque mondiale.

Le Plan d'action de l'Initiative sera exécuté au niveau des pays, avec, dans une première étape, la mise en oeuvre de plans de développement de l'infrastructure nationale d'information et de communication par l'exécution de programmes et de projets pilotes reflétant les besoins et priorités de chaque pays. La CEA et ses partenaires travailleront directement avec les pays et apporteront leur concours à l'élaboration de plans d'action nationaux, de programmes et de projets en soutien à la mise en place de systèmes destinés à l'administration, au secteur industriel et commercial et à la société. En plus des activités qui seront menées au niveau national, il sera nécessaire d'établir des relations de coopération entre les pays africains et de mener des activités au niveau régional.

A l'heure actuelle, les institutions spécialisées de l'ONU sus-mentionnées et le CRDI s'attellent à la préparation d'une proposition de projet conjoint visant à assurer le financement initial nécessaire au démarrage de l'exécution du Plan d'action de l'Initiative. Les ressources collectées serviront au financement d'actions nationales et d'ateliers sectoriels, à l'élaboration des plans concernant les infrastructures nationales d'information et de communication et à l'exécution de quelques projets et activités pilotes. Celles-ci portent sur la mise en place d'institutions et le développement des ressources humaines par la création de centres nationaux polyvalents d'information et d'apprentissage à l'intention des communautés, l'installation de noeuds Internet dans certains pays et l'organisation de cours de formation dans des institutions de formation sous-régionales et régionales. De plus, le projet permettra de lancer l'opération de constitution de ressources africaines dans le domaine de l'information par la création et la mise en place, à la CEA, d'une chambre de compensation d'informations électronique sur l'information pour le développement africain.

Ce premier projet servira de catalyseur pour aller davantage de l'avant, dans le cadre de l'Initiative, en vue de mobiliser des fonds supplémentaires pour l'élaboration et l'exécution de projets spécifiques inscrits dans les plans relatifs aux infrastructures nationales d'information et de communication.

Le Secrétaire exécutif

de la Commission économique pour l'Afrique

K. Y. Amoako

Addis-Abeba

le 30 août 1996

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Résolution 812 (XXXI): Mise en oeuvre de l'Initiative société africaine à l'ère de l'information (AISI)

(Adoptée par la vingt-deuxième réunion de la Conférence des ministres de la Commssion économique pour l'Afrique (CEA),

mai 1996)

Rappelant la résolution 795(XXX) du 3 mai 1995 sur la mise en place de l'autoroute de l'information en Afrique dans laquelle le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique était invité à constituer un groupe de travail de haut niveau pour élaborer un plan d'action sur les technologies de l'information et des communications afin d'accélérer le développement socio-économique des pays africains,

Satisfaite de l'initiative figurant dans le document E/ECA/CM.22/6 concernant l'édification d'une société africaine à l'ère de l'information,

Convaincue que l'édification de la société africaine à l'ère de l'information aidera l'Afrique à accélérer l'exécution de ses plans de développement, à stimuler la croissance et à créer de nouvelles chances en matière d'éducation, de commerce, de soins de santé, d'emplois et de sécurité alimentaire, ce qui contribuerait à propulser les pays africains en avant dans le domaine du développement et à élever leur niveau de vie,

Partageant la vision relative à une société africaine à l'ère de l'information qui préconise la mise en place de systèmes d'information et d'appui au processus décisionnel afin d'améliorer l'élaboration des politiques, tout come la promotion d'une nouvelle génération d'Africains capables d'utiliser les technologies de l'information et des communications, la mise en place de ressources africaines en information et l'intégration de l'Afrique à l'ère de l'information, à l'échelle régionale et mondiale,

1. Adresse ses remerciements au groupe de travail de haut niveau pour avoir élaboré le cadre d'action pour l'édification de la société africaine à l'ère de l'information;

2. Adopte le principe de l'Initiative société africaine à l'ère de l'information en tant que cadre d'action pour l'édification d'une société africaine à l'ère de l'information et invite les Etats membres à incorporer l'Initiative société africaine à l'ère de l'information dans leurs plans de développement nationaux, conformément aux priorités et besoins nationaux;

3. Demande à la Commission économique pour l'Afrique, agissant en consultation avec les Etats membres et en collaboration avec l'Union internationale des télécommunications, l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, la CNUCED, la Banque mondiale et les partenaires internationaux et bilatéraux d'utiliser, en tant que cadre d'orientation, l'Initiative société africaine à l'ère de l'information dans l'exploitation de l'information aux fins du développement dans les domaines prioritaires de l'Initiative spéciale à l'échelle du système des Nations Unies pour l'Afrique;

4. Invite instamment les Etats membres à utiliser les capacités et les données d'expérience des centres d'excellence nationaux, sous-régionaux et régionaux d'Afrique dans l'enrichissement et la mise en oeuvre de l'Initiative société africaine à l'ère de l'information;

5. Prie le Secrétaire exécutif africaine de la Commission:

  • de prendre des mesures, notamment de mobiliser un financement et une assistance technique, en coopération avec les Etats membres, les organisations régionales telles que l'Union panafricaine des télécommunications et le Système régional africain de communications par satellite, les organisations non gouvernementales, le secteur privé, les partenaires bilatéraux et internationaux, pour réaliser l'objectif de l'Initiative société africaine à l'ère de l'information;

  • d'incorporer le cadre d'action dans le programme de travail du secrétariat au titre des nouvelles orientations stratégiques du domaine d'activité de la Commission ayant trait à l'exploitation de l'information aux fins du développement;

  • de mettre en place un mécanisme régional pour aider au déroulement, au suiviet à la coordination de la mise en oeuvre des programmes et projets relevant de l'Initiative société africaine à l'ère de l'information;

  • d'établir un comité technique africain pour dispenser des avis sur les programmes et projets et évaluer les résultats;

  • de veiller à ce que le document directif intitulé "Initiative société africaine à l'ère de l'information" prenne en considération l'équité entre les deux sexes afin d'apporter des réponses adéquates et équitables aux besoins des femmes et des hommes;

6. Prie également le Secrétaire exécutif de la Commission de lui faire rapport à sa prochaine réunion sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la présente résolution.

Adopté a Addis-Abeba

7 mai 1996

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Initiative société africaine à l'ère de l'information (AISI):

Cadre d'action pour l'édification d'une infrastructure africaine de l'information et de la communication


AVANT-PROPOS

1. Par sa résolution 795 (XXX) en date du 3 mai 1995, intitulée "Mise en place de l'autoroute de l'information en Afrique", la Conférence des ministres responsables du développement économique et social et de la planification invitait le Secrétaire exécutif à former un groupe de travail de haut niveau sur les technologies de l'information et de la communication en Afrique, composé d'experts africains, en vue d'élaborer un plan d'action à présenter à la vingt-deuxième réunion de la Conférence des ministres. A cette fin, des fonds ont été réunis, le groupe a été constitué (une liste des membres figure à l'annexe I) et s'est mis au travail en organisant des réunions au Caire, à Dakar et à Addis-Abeba et, par le biais de l'informatique, en ayant recours à un listserv(1). Le présent document est le fruit du travail du Groupe.

2. Ce document est axé sur le développement de l'Afrique, sur les défis et les nouvelles possibilités qui lui apportent l'ère de l'informatique. Il porte spécifiquement sur le rôle de l'information, de la communication et des connaissances dans la création d'une société africaine à l'ère de l'informatique en vue d'accélérer le développement socio-économique.

3. Il porte sur une analyse des questions liées à l'information et aux communications mises au service du développement. Il s'adresse aux décideurs et aux responsables de tous les secteurs et, en particulier, à ceux qui sont chargés de la planification, de l'information, des télécommunications, du développement économique, des lois et de la réglementation, de la santé, de l'éducation, du commerce, du tourisme, de l'environnement et des transports. Il vise à faciliter la définition précise du rôle et des politiques de l'Afrique dans un avenir où l'information sera devenue une ressource économique et sociale d'importance cruciale et où les réseaux électroniques et l'informatique ouvriront de nouvelles perspectives à l'activité socio-économique et culturelle, tant au niveau local qu'au niveau mondial.

4. Dans le cadre de l'initiative proposée ici, il est prescrit de définir et de mettre au point un plan relatif à une Infrastructure nationale d'information et de communication (INIC) dans chaque pays africain. La dynamique de ce plan doit être fondée sur les défis du développement national, tels que la gestion de la dette, la sécurité alimentaire, la santé, l'éducation, la population, le chômage, la création d'emplois, l'industrialisation, la bonification des terres, les ressources en eau, le tourisme, le commerce, etc. L'accent est mis sur la nécessité de faciliter la prise de décision à tous les niveaux et de mettre à la disposition des gouvernements, des milieux d'affaires et de la société une infrastructure d'information et de communication qui éclairerait le processus de développement. Deuxièmement, l'initiative prévoit l'instauration d'une coopération, de liens et d'un partenariat entre les pays africains, ce qui leur permettrait de recueillir collectivement les fruits de l'expérience cumulée en matière d'exécution de programmes et stimulerait le développement de divers domaines de l'information et de la communication sur le plan régional.

5. Troisièmement, l'initiative proposée ici prévoit qu'il faut des dispositifs bilatéraux et régionaux propres à stimuler la coopération entre les pays africains. Quatrièmement, il faut un soutien et un partenariat de la part des amis de l'Afrique, y compris les institutions bilatérales et multilatérales de développement, les organisations économiques régionales et le secteur privé. A l'unanimité, les experts sont convaincus que l'Afrique peut évoluer vers une société informatisée et recueillir des profits économiques et sociaux tangibles de cette transformation:

  • si nous adoptons une approche tournée vers l'action concrète;

  • si nous travaillons énergiquement à la traduire dans les faits;

  • si nous cooprons et établissons des liens de partenariat en vue de relever les défis du développement;

  • si nous sommes convaincus que nous pouvons réussir et que nous réussirons;

  • si nous nous lançons à temps dans la compétition;

  • si nous faisons appel au soutien international pour pouvoir agir plus vite;

  • si nous savons toujours prendre du recul;

  • si nous croyons dans le peuple africain, moteur de la croissance et moyen de parvenir au stade d'une société informatisée.

I. INTRODUCTION

6. Les trois principaux objectifs de développement énoncés clairement par les dirigeants africains ces derniers temps sont les suivants:

  • amélioration de la qualité de vie pour chaque Africain;

  • intégration économique de la région;

  • amélioration des échanges commerciaux et autres relations avec la communauté mondiale.

L'informatique peut aider l'Afrique à réaliser tous ces objectifs.

7. L'infrastructure d'information mondiale en train de se mettre en place, la mise des connexions à la portée de chaque habitant de la planète font qu'il sera peut-être possible:

  • pour les étudiants d'étudier et de faire des travaux de recherche en utilisant des ordinateurs, des systèmes multi-médias et des réseaux;

  • pour les médecins d'établir des diagnostics en s'aidant d'informations obtenues grâce à des réseaux mondiaux;

  • de réduire la dette d'un pourcentage allant jusqu'à 50% grâce à des dispositifs d'aide à la prise de décisions en matière de gestion de la dette; de recevoir les alertes à la sécheresse et à la famine à temps pour pouvoir modifier le moment de la plantation des cultures;

  • pour les entreprises commerciales de devenir plus compétitives, grâce à une information commerciale à jour et précise;

  • de réduire les coûts de transport, ainsi que la pollution;

  • de saisir l'héritage culturel sur support électronique, de l'étayer par des documents et de le diffuser dans le monde entier.

8. L'évolution du monde vers l'ère de l'informatique et les innovations technologiques qui ont lieu partout dans le monde depuis ces dernières années, conjuguées à d'autres changements structurels et économiques, ont fait rapidement tomber les coûts des technologies de l'information et de la communication. Grâce à cette évolution, combinée aux progrès des télécommunications mondiales et nationales, il est incontestable que l'on peut mettre en place des stratégies adaptées permettant de sauter des étapes pour accélérer le développement du continent. La création d'une infrastructure africaine d'information est à la fois une nécessité et une occasion d'accélérer le développement dans toutes les sphères de l'activité économique et sociale en Afrique.

9. La mise en oeuvre de l'Initiative "Société africaine à l'ère de l'informatique" permettra aux dirigeants, aux décideurs et aux planificateurs africains de trouver la place de l'Afrique dans une économie mondiale en rapide croissance et d'accélérer la réalisation de ses objectifs de développement. Offrant la possibilité de créer des emplois avec beaucoup moins d'investissements que les autres secteurs, les nouvelles technologies donnent la possibilité à l'Afrique d'exploiter ses ressources en information sans nécessairement posséder des ressources financières en conséquence. Le coût de l'entrée sur les marchés mondiaux devient insignifiant et l'exploitation du secteur économique de l'information demande très peu de ressources autres que les efforts et l'ingéniosité de ses membres.

10. L'Afrique possède d'importants atouts qui devraient lui permettre de sauter des étapes dans son développement. En effet, les investissements actuels, qui portent sur du matériel de communication ancien, sont peu élevés et il y a moins de droits acquis dans l'infrastructure existante que dans les pays développés. En ayant pour volonté et pour optique de tirer profit des innombrables leçons des expériences tentées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, l'Afrique a une excellente occasion pour démarrer sur les chapeaux de roue. Le point de départ devrait être la volonté résolue des dirigeants des nations africaines. Ensuite, pour que le changement souhaité puisse avoir lieu, ils doivent avoir une stratégie visant à faire partager leur vision de l'avenir aux populations africaines, notamment aux politiciens, aux ingénieurs, aux milieux d'affaires et aux jeunes. La jeunesse de sa population constitue pour l'Afrique un atout pour l'adaptation à de nouvelles idées et à de nouveaux modes de travail imposés par de nouveaux outils d'information et de communication.

11. La mise en place d'une infrastructure africaine de l'information est comme l'ensemencement d'un terrain en vue d'en tirer une riche récolte. Outre les avantages évidents pour l'intégration économique et pour le commerce et l'éducation sous toutes leurs formes, une infrastructure mondiale d'information permettra aux pays africains de diffuser à peu de frais leurs propres programmes culturels, programmes d'information et programmes de divertissement et de faire contrepoids aux flux d'information venant des pays industrialisés. Ils pourront, à des coûts de communication très bas, mettre au point des produits informatiques pour les marchés des pays développés.

12. Par ailleurs, les technologies de l'information et de communication permettent de freiner l'exode rural. L'ère de l'informatique peut briser la relation emplois-urbanisation; quelque 70 à 80% de la population africaine vivent dans les zones rurales. Le défi consiste à créer des conditions qui leur permettraient de vivre là où ils se trouvent.

13. Les technologies de l'information et de communication ne peuvent être considérées comme un luxe au service de l'élite mais comme une nécessité absolue pour le développement. Quand bien même les populations illettrées et rurales ne pourront pas tout de suite utiliser directement l'infrastructure africaine de l'information, les avantages induits pour le pays dans son ensemble se traduiront par des profits pour toutes les fractions de la société. Et si les rendements immédiats des investissements dans les technologies de l'information et de la communication n'apparaissent pas évidents à des administrations soumises à rude épreuve et soucieuses de tirer le maximum de leurs ressources limitées, les retombées positives à long terme d'une stratégie anticipant sur l'avenir ne peuvent rester ignorées.

14. Certes, la presse a récemment souligné certaines des conséquences négatives que peut avoir le réseau Internet, du fait par exemple de ses possibilités de diffuser de la pornographie et de compromettre la sécurité des données, mais on reconnaît généralement qu'il s'agit de problèmes transitoires. La société trouvera les solutions voulues lorsqu'elle aura une meilleure compréhension des nouveaux moyens d'interaction offerts par l'infrastructure mondiale d'information. Il reste que les inconvénients sont très largement compensés par les avantages potentiels d'une infrastructure de l'information s'appliquant à tous les domaines. S'il va de soi que des contrôles effectifs sont nécessaires, certains ont été jusqu'à comparer les problèmes qui se posent dans ce domaine à la possibilité pour des moyens de transport super-rapides d'éloigner à toute vitesse des criminels des lieux de leurs crimes.

15. Le succès dans tous les domaines ne viendra que si les décideurs africains prennent rapidement des mesures pour lever les barrières et créer un environnement propice qui permettra la naissance d'une société africaine à l'ère informatique - expression employée pour parler des avantages multiformes qu'apporteront à tous les Africains des politiques anticipant sur l'avenir en matière de technologies de l'information et de communication.

16. Le présent document présente une vision de l'avenir et un plan d'action relatif à une Initiative "Société africaine à l'ère de l'informatique", qui énonce les grandes lignes d'une mutation de la société, à l'intention des décideurs qui sont chargés de la planification socio-économique au sein des gouvernements africains. Il vient compléter le cadre directif élaboré par les ministres africains des transports et des communications en matière de télécommunications, appelé "Livre vert pour l'Afrique".(2)

A. Vision de l'avenir

17. L'Initiative "Société africaine à l'ère de l'informatique" vise à soutenir et à accélérer le développement socio-économique de toute la région. Motivée par les impératifs les plus déterminants pour le développement, elle porte essentiellement sur les stratégies, programmes et projets propres à faciliter l'instauration dans des conditions viables d'une société informatisée dans les pays africains, conformément aux objectifs d'intégration régionale définis par le Traité instituant la Communauté économique africaine, qui prévoyait que des réseaux d'information et des bases de données régionales, des sources d'information et des techniciens seraient nécessaires.

18. D'ici l'an 2010, on espère instaurer en Afrique, grâce à l'Initiative, une société informatisée viable dans laquelle:

  • des systèmes d'aide à l'information et à la prise de décision sont utilisés pour faciliter la prise de décision dans tous les grands secteurs de l'économie en respectant les priorités de développement de chaque pays;

  • chaque homme et chaque femme, chaque écolier, village, service public et entreprise a accès aux ressources en informations et aux bases de connaissances grâce aux ordinateurs et aux télécommunications;

  • les "autoroutes internationales, régionales et nationales de l'information" sont devenues accessibles et des "bretelles" ont été prévues dans les villages et dans les secteurs de l'information intéressant tout spécialement la population locale;

  • un milieu d'affaires dynamique existe, dirigé par des gens énergiques capables de mettre en place la Société à l'ère de l'informatique;

  • des ressources africaines en information existent et répondent aux besoins des gouvernements, des milieux d'affaires, de la culture, de l'éducation, du tourisme, de l'énergie, de la santé, des transports et de la gestion des ressources naturelles;

  • l'information et les connaissances sont diffusées et exploitées par les entreprises et par le public d'une façon générale et, en particulier, par des groupes "sans-voix", comme les femmes et les pauvres, pour leur permettre de faire des choix économiques rationnels (économie de marché) et pour permettre à tous les groupes d'exercer leurs droits au titre de la démocratie et des droits de l'homme (liberté d'expression et liberté d'expression culturelle et religieuse).

B. Objectifs stratégiques

19. Pour faire de cette vision de l'avenir une réalité, les Etats membres africains devront:

  • permettre à l'information de circuler de façon continue au sein de la société en appuyant les initiatives visant à améliorer et à créer des services d'information et de communication dans différents secteurs sociaux: éducation, santé, emploi, culture, environnement, commerce intérieur, finances, tourisme, transports et commerce extérieur;

  • créer un réseau continental d'information et de télécommunication permettant des communications fiables et peu coûteuses avec d'autres usagers en Afrique et ailleurs;

  • tirer les plus grands avantages possibles des ressources en informations disponibles en encourageant la création de systèmes qui permettent de les diffuser largement auprès des particuliers, des milieux d'affaires, d'ONG et du secteur public;

  • créer une nouvelle génération d'Africains capables d'utiliser les technologies de l'information et de communication pour aider au développement de leurs pays;

  • relier l'Afrique au reste du monde en favorisant l'échange bilatéral de nouvelles technologies et en exportant des produits et des services intellectuels africains au reste du monde.

C. Objectifs connexes

20. Pour atteindre les objectifs stratégiques de l'Initiative "Société africaine à l'ère de l'informatique", chaque Etat membre devra étudier comment intégrer les mesures suivantes dans les plans et programmes nationaux:

  • élaborer un plan directeur pour la mise en place d'infrastructures nationales d'information et de télécommunication, ainsi qu'un plan portant sur 2 à 5 ans pour la mise en place des infrastructures de base(3);

  • créer un organisme de réglementation puissant, indépendant des opérateurs des télécommunications et de leurs ministères, pour stimuler et réglementer les partenariats entre les secteurs public et privé, en vue de veiller au respect de l'objectif de "service universel" et d'étudier les politiques fiscales (relatives notamment aux droits, taxes et patentes);

  • éliminer ou réduire considérablement les droits d'importation, taxes et autres obstacles de caractère légal à l'utilisation des technologies de l'information et de la communication;

  • créer un environnement propice au développement de l'information et des communications dans la société, notamment en prenant des mesures icitant le secteur privé à assumer un rôle prépondérant dans la prestation des services et dans la mise en valeur des ressources humaines indispensables pour une utilisation effective de ces services;

  • mettre en oeuvre une politique prévoyant l'utilisation des technologies de l'information et de la communication dans les services publics et créer des bases de données nationales dans tous les secteurs clés de l'économie et de l'administration;

  • analyser les besoins, en vue de déterminer les moyens nécessaires et de créer des services d'information et de communication dans les principaux secteurs prioritaires, en particulier dans l'éducation, la santé, l'emploi, la culture, l'environnement, le commerce, les finances, le tourisme et les transports;

  • définir et mettre au point des applications informatiques dans les domaines ayant la plus forte incidence sur le développement socio-économique national;

  • prendre immédiatement des mesures pour faciliter la création de services Internet locaux, qui soient abordables du point de vue des coûts et accessibles au plus grand nombre, et ayant un contenu informationnel local;

  • élaborer et adopter des plans pour la mise en valeur des ressources humaines dans le domaine des technologies de l'information et de la communication;

  • adopter des politiques et des stratégies facilitant l'accès aux moyens d'information et de communication en donnant la priorité aux zones rurales, à la population au niveau local(4) et aux autres groupes "sans voix", en particulier les femmes et les jeunes;

  • prendre des mesures particulières pour sensibiliser ceux qui les connaissent mal aux avantages potentiels de l'infrastructure africaine de l'information en mettant l'accent sur l'équité entre les sexes.

21. Ensemble, les Etats membres devront créer un mécanisme de coordination pour garantir le succès de la mise en oeuvre de l'Initiative "Société africaine à l'ère de l'informatique", afin de tirer le meilleur parti de leur complémentarité, de mettre en commun les enseignements tirés de l'expérience et de réduire les chevauchements d'activités.

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II. SOCIETE AFRICAINE A L'ERE DE L'INFORMATIQUE:

DEFIS ET POSSIBILITES

22. La révolution informatique qui se propage dans le monde entier ne progresse pas vite en Afrique. Par exemple, en dépit des rapides progrès enregistrés l'année dernière, seuls 15 pays africains ont un accès total à Internet et certains n'ont aucune connexion électronique. En 1994, le nombre de lignes téléphoniques principales pour 100 habitants n'est que de 1,6 en Afrique, contre 45 en Europe (par exemple) et le nombre moyen en dehors des grandes villes est seulement de 1,2 en Afrique, d'après le rapport sur le développement des télécommunications dans le monde, établi par l'Union internationale des télécommunications (UIT).(5) En Afrique subsaharienne (sans l'Afrique du Sud), les chiffres sont beaucoup plus bas et il y a plus de téléphones à New York ou à Tokyo que dans toute l'Afrique.

23. Voilà une indication partielle du retard généralisé du continent dans le développement socio-économique. Le récent rapport de la CEA, intitulé "Mieux servir l'Afrique - Orientations stratégiques pour la Commission économique pour l'Afrique", établit un parallèle entre le développement de l'Afrique et l'histoire classique du verre à moitié vide et à moitié plein(6). En tenant compte des défis posés par les nouvelles orientations stratégiques de la CEA, les paragraphes qui suivent décrivent les possibilités que la révolution mondiale de l'information et de la communication offre à l'Afrique si les politiques adéquates sont rapidement et correctement mises en oeuvre.

24. Les avantages des nouvelles technologies de l'information et de la communication ne concernent plus uniquement les secteurs des communications et de l'information. Il s'agit désormais de technologies d'usage généralisé, pénétrant dans tous les domaines, ayant un champ d'action considérablement élargi et touchant pratiquement tous les secteurs de la société. Le téléphone, la télévision et l'ordinateur se combinent en des appareils uniques à multiples usages. Les ordinateurs et les périphériques à puce électronique ainsi que les connexions en réseaux pénètrent dans toutes les entreprises commerciales et dans toutes les maisons. D'ici l'an 2020, on estime que 12 milliards d'appareils seront reliés à l'infrastructure mondiale de l'information, y compris des appareils que l'on retrouve partout comme des ampoules électriques, des stimulateurs cardiaques et des réfrigérateurs. Parallèlement, grâce aux coûts abordables des communications et à la facilité d'accès des réseaux mondiaux, il sera aussi facile pour un particulier d'atteindre 10 millions de personnes qu'une seule personne.

25. Nous énumérons ci-après certains problèmes prioritaires qui retardent le développement de l'Afrique, avec certaines des possibilités qui s'offrent aux nations africaines pour les résoudre grâce à la révolution de l'information et de la communication.

A. Création d'emplois

26. Les principaux problèmes sont les suivants:

  • Quels emplois créer ?

  • Où les créer ?

  • Qui va les créer ?

  • Comment les créer ?

  • Quelles ressources devront être exploitées pour atteindre un niveau donné de chômage ?

27. Les nouvelles possibilités sont notamment les suivantes:

  • utilisation de nouvelles technologies de l'information et de la communication, offrant des possibilités importantes de création d'emplois dans une nouvelle économie mondiale s'appuyant sur le secteur de l'information. Ces techniques offrent également la possibilité de gérer le marché actuel de l'emploi de manière plus efficace;

  • accès à des données et à des informations sur l'emploi et le chômage par secteur d'activité, sexe et zone géographique;

  • nouvelles possibilités d'emploi, notamment de "télétravail", et service en ligne d'adéquation des emplois et des qualifications;

  • systèmes d'aide à la prise de décision pour faciliter la mise en oeuvre des ressources humaines;

  • apparition de nouveaux types d'emplois et de secteurs d'activité grâce à l'accès aux économies du monde qui s'appuient sur l'information et qui offrent des possibilités de services d'information, de mise au point de logiciels, de services de traduction, de saisie de données, de conservation de données, de conversion de données, de mise à jour de systèmes, de formation et autres domaines liés à l'informatique.

B. Santé

28. Les principaux problèmes sont les suivants:

  • épidémies, propagation des maladies infectieuses, Sida, etc.;

  • taux de mortalité infantile et maternelle les plus élevés du monde;

  • espérance de vie la plus faible du monde;

  • nombre de médecins par habitant le plus bas du monde.

29. Les nouvelles possibilités sont les suivantes:

  • renforcement de l'administration et de la gestion de la santé grâce à des systèmes d'information médicale;

  • création de "descriptifs de la santé publique" informatisés et de systèmes d'aide à la prise de décision aux niveaux régional, national, rural et local;

  • établissement de liaisons entre les centres médicaux, les centres obstétricaux et les transports médicaux pour les patients;

  • facilitation de l'accès à des diagnostics de gens qualifiés grâce à la télé-médecine;

  • amélioration de la distribution des fournitures médicales et réduction de leurs coûts.

C. Education et recherche

30. Les principaux problèmes sont les suivants:

  • taux d'analphabétisme le plus élevé du monde, surtout chez les femmes;

  • peu d'enseignants et des classes très nombreuses;

  • peu d'écoles et d'universités;

  • peu de bibliothèques et accès très limité à des revues internationales;

  • manque de matériel pédagogique;

  • manque de chercheurs et de moyens de recherche.

31. Les nouvelles possibilités sont notamment les suivantes:

  • possibilités équitables d'accéder à distance à des ressources, ce qui facilite le télé-enseignement et accroît les moyens d'enseignement au niveau local;

  • possibilités de relier des écoles, des universités et des centres de recherche à des établissements de télé-enseignement, à des bases de données, à des bibliothèques, à des laboratoires de recherche et à des services informatiques nationaux et internationaux;

  • réduction des coûts de communication et d'administration grâce à la mise en place de réseaux de communication reliant tous les établissements d'enseignement;

  • mesures de promotion et de soutien de la collaboration entre enseignants et chercheurs;

  • élargissement de champ d'action des établissements d'enseignement pour la formation de type non scolaire, en particulier jusqu'aux collectivités locales.

D. Culture

32. Les principaux problèmes sont les suivants:

  • dégradation des ressources servant à protéger le patrimoine culturel (monuments, manuscrits, objets d'art, musique, etc.,);

  • insuffisance de l'accès local ou régional aux sites culturels nationaux;

  • manque d'information et de connaissances sur les différentes cultures africaines.

33. Les nouvelles possibilités sont notamment les suivantes:

  • possibilité d'accéder aux musées africains de n'importe où dans la région et dans le reste du monde;

  • conservation des manuscrits et des objets d'art et constitution de documentations par des moyens électroniques;

  • accès facilité aux manuscrits et aux objets d'art rares pour les chercheurs et le grand public grâce aux produits culturels sur CD-ROM.

E. Commerce

34. Les principaux problèmes sont les suivants:

  • échanges intra-africains représentant moins de 5% du total des échanges;

  • échanges intérieurs et extérieurs freinés par la médiocrité des réseaux de transport et de communication;

  • manque d'information sur les procédures, les possibilités d'importation et d'exportation, les débouchés, les prix;

35. Les nouvelles possibilités sont notamment les suivantes:

  • établissement de liaisons entre les chambres de commerce, les associations commerciales et les entreprises afin d'aider les petites et moyennes entreprises et de développer les échanges régionaux et mondiaux;

  • réduction des coûts des transactions commerciales;

  • service en ligne d'information commerciale et d'information sur les possibilités d'importation et d'exportation;

  • mise au point et commercialisation de nouveaux produits par le biais de réseaux électroniques.

F. Tourisme

36. Les principaux problèmes sont les suivants:

  • absence d'informations sur des ressources touristiques encore inexploitées, sources potentielles de richesse qui ne tirent aucun bénéfice des visiteurs internationaux et nationaux;

  • absence d'informations sur les destinations, les services et les infrastructures touristiques.

37. Les nouvelles possibilités sont notamment les suivantes:

  • possibilités d'attirer plus de touristes et autres visiteurs en offrant des services d'information et de télécommunication de haute qualité dans les centres touristiques;

  • réduction des coûts des opérations internationales de promotion visant à attirer les touristes;

  • amélioration de l'image de l'Afrique grâce à des campagnes promotionnelles "en direct";

  • mise en place de bases nationales et régionales de données touristiques concernant les destinations et les infrastructures;

  • possibilités d'effectuer des voyages virtuels et de collecter des informations en utilisant Internet;

  • mise à disposition de données et d'indicateurs touristiques propres à encourager et à faciliter l'investissement dans des projets touristiques.

G. Sécurité alimentaire

38. Les principaux problèmes sont les suivants:

  • production alimentaire nationale insuffisante pour répondre aux besoins du marché du fait de la sous-utilisation des ressources disponibles;

  • manque d'informations sur les meilleurs marchés et les meilleures conditions d'importation;

  • manque d'informations sur les exportations agricoles présentant les meilleurs avantages comparatifs;

  • absence de directives pour planifier les semailles et ignorance des nouveaux modes et techniques;

  • accès difficile aux informations et aux prix concernant le marché de produits alimentaires.

39. Les nouvelles possibilités sont notamment les suivantes:

  • mise en place de systèmes informatiques de suivi des résultats du marché et évaluer ses défaillances;

  • mise au point de systèmes informatiques permettant de traiter des questions relatives à la sécurité alimentaire, telles que la production agricole, les subventions gouvernementales relatives à la sécurité alimentaire, le suivi des ressources en eau et des terres, les maladies, le transport et le stockage des produits alimentaires;

  • commercialisation rentable des produits agricoles par le biais des réseaux d'information et de télécommunication;

  • possibilités équitables d'accéder à de nouvelles techniques permettant d'améliorer la production agricole;

  • réduction des pertes dues au stockage grâce à une meilleure distribution.

H. Femmes et développement

40. Les principaux problèmes sont les suivants:

  • équité: les femmes constituent 50% de la population mais font 60% du travail, gagnent 1/10 des revenus et possèdent 1/100 des biens du monde;

  • généralement, les femmes ont moins de possibilités que les hommes d'accéder à la technologie en général, à l'information, aux organes d'information et de communication;

  • absence d'une information immédiatement disponible sur la place des femmes dans la société, la culture et l'économie.

41. Les nouvelles possibilités sont notamment les suivantes:

  • amélioration des droits de la femme grâce à l'accès à l'information et à des indicateurs pouvant permettre de repérer les problèmes de distinction fondée sur le sexe et d'éliminer les stéréotypes;

  • possibilités équitables données aux femmes d'accéder à l'information, à la technologie et à l'enseignement technique;

  • mise en valeur du rôle des moyens modernes de communication dans la sensibilisation de la société à l'égalité entre les deux sexes.

I. Crises causées par l'homme et catastrophes naturelles

42. Les principaux problèmes sont les suivants:

  • dégradation de l'environnement, guerres civiles, tremblements de terre, inondations et autres catastrophes naturelles sont souvent sources de chaos dans les pays africains mal préparés, surtout au niveau des collectivités locales et des villages;

  • la médiocrité des systèmes de communication d'urgence limite l'efficacité des actions de l'Etat et des organismes internationaux d'aide.

43. Les nouvelles possibilités sont notamment les suivantes:

  • création de réseaux qui, autant que possible, permettent d'accéder aux télécommunications dans des zones où l'environnement est menacé de dégradation ou qui sont menacées par des catastrophes naturelles;

  • utilisation de systèmes de communication radio et par satellite à des coûts abordables dans des situations d'urgence où il est impossible d'accéder à des télécommunications satisfaisantes;

  • création de systèmes informatiques de surveillance des problèmes utilisant des techniques de systèmes d'information géographique (SIG), des systèmes d'alerte rapide par télédétection et satellite, grâce auxquels on dispose d'outils de prévision qui permettent aux gouvernements et aux organismes internationaux d'anticiper sur les problèmes et d'apporter des réponses plus efficaces en cas de besoin.

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III. ELEMENTS DE BASE D'UNE SOCIETE AFRICAINE

A L'ERE DE L'INFORMATIQUE

44. L'édification d'un secteur africain de l'information et de la communication exige la mise en valeur et le développement de quatre éléments principaux:

  • un cadre institutionnel et des dispositifs relatifs aux lois, à la réglementation et à la gestion;

  • les ressources humaines

  • des ressources en informations ("infostructure")

  • des ressources technologiques.

A. Cadre institutionnel

45. L'Initiative "Société africaine à l'ère de l'informatique" ne peut être menée à bien sans un cadre et des dispositifs appropriés en matière d'institutions, de lois et de réglementation aux niveaux national et régional. Il est essentiel d'examiner les pratiques juridiques, réglementaires et institutionnelles des pays africains qui freinent la mise en place de services nationaux d'information et la mise en connexion avec l'infrastructure mondiale d'information.

Obstacles

46. Dans le cadre institutionnel, les principaux obstacles à la mise en place de services nationaux d'information et à l'établissement de communications avec l'infrastructure mondiale d'information sont notamment les suivants:

Obstacles financiers

  • coûts élevés des services de télécommunication, constituant le principal obstacle à l'installation et à l'utilisation de services à valeur ajoutée;

  • impôts élevés pour les fournisseurs de services à valeur ajoutée, ce qui pénalise en particulier les entreprises qui démarrent ou qui ne sont pas encore rentables;

  • taxes à l'importation élevées sur le matériel informatique et les équipements de communication.

Réglementations

  • absence de normes appropriées pour l'homologation de prototypes de matériel;

  • interdictions pesant sur la création de réseaux privés de télécommunication (qu'il s'agisse d'installations appartenant à l'utilisateur ou d'installations de location) et sur l'obtention des interconnexions indispensables avec les réseaux publics;

  • difficultés pour obtenir les autorisations pour accéder à des entreprises internationales de télécommunication.

Environnement

  • absence de cadre juridique approprié pour la création d'entreprises ou d'associations de fournisseurs de services à valeur ajoutée;

  • inexistence des services de soutien, tels que les services d'expert-conseil en informatique, la formation en informatique, la planification des stratégies en matière d'information, les services d'aide, indispensables à la mise au point de futurs services à valeur ajoutée et à la prestation de services déjà établis;

  • difficultés pour obtenir le capital voulu pour le démarrage et l'extension.

Autres obstacles

  • absence d'un environnement approprié susceptible de stimuler la création de produits informatiques africains;

  • retard dans les dispositions relatives aux droits de la propriété intellectuelle;

  • restrictions de la liberté d'expression, y compris les mesures visant à protéger l'ordre public ou la sécurité nationale, pouvant être appliqués à tort aux services d'information électronique;

  • absence de dispositifs satisfaisants de gestion et de coordination de la réalisation de l'Initiative "Société africaine à l'ère de l'informatique" aux niveaux national, sous-régional et régional;