[Bamako 2002 Documents]

Bamako 2002 Conference

SOMMET MONDIAL SUR LA SOCIETE DE L'INFORMATION

CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE

(Bamako 28-30 mai 2002)

Cérémonie de clôture

Déclaration de M. Walter Fust, Chef de la Délégation Suisse


Monsieur le Président
Monsieur le Directeur exécutif de l'UIT
Mesdames et Messieurs les Délégués
Chers invités et participants

Permettez-moi d'abord de remercier le gouvernement du Mali pour l'hospitalité et l'organisation de cette conférence, mais aussi pour le courage d'initier ce processus de préparation pour le WSIS sur le plan régional. Que cette conférence est la dernière conférence sous votre haute conduite pendant votre présidence est un honneur pour la communauté internationale et en particulier pour le continent africain. Merci, Monsieur le Président.

Je vais structurer mon intervention en trois parties : comme représentant du pays hôte du premier sommet, comme président du réseau mondial pour le partenariat du savoir (Global Knowledge Partnership) et comme chef de la coopération du développement de notre pays.


A - Pays hôte

La Suisse et Genève vous remercient de les avoir choisis en paire avec la Tunisie d'être hôte du sommet. Je peux vous assurer que nous nous engagerons pleinement pour soutenir les organisateurs de ce sommet onusien, de faciliter les travaux de préparation et de réalisation de cette conférence au plus haut niveau politique. Le futur de la société de l'information est en effet un thème englobant différentes dimensions de notre futur qui méritent d'être placées tout haut dans les agendas de politique nationale dans chaque pays comme des organisations internationales et qui concernent le secteur privé comme la société civile, la science comme les médias, tout court, toute la société mondiale unie dans sa diversité culturelle.

Le thème posé est d'un tel contenu que toutes ces dimensions doivent se retrouver en partenariat pour débattre le futur des sociétés de notre globe. C'est ainsi que nous voyons cette conférence de Bamako comme une étape de ce débat sur le continent africain ainsi qu'une première contribution au processus de préparation. Les étapes suivant notre réunion ici sont un processus de créer une " ownership " très large et de viser une architecture de conférence offrant à toutes les gammes de la société des plates-formes de participation, de la valider au plus haut niveau politique, de mobiliser le savoir, la technologie, l'économie, les finances et la société pour créer un futur commun avec des responsabilités partagées et un partenariat vécu à travers toutes les frontières des pays et des continents. Nous toutes et tous rassemblés ici sont co-responsable de contribuer au succès. Soyez déjà maintenant les bienvenus à Genève en Suisse.


B - Global Knowledge Partnership

I am also here as chairman of the Executive Board of the Global Knowledge Partnership - in short GKP.

The Global Knowledge Partnership is a world-wide network of partners focusing on ICT for Development.

Why is GKP of importance?

For one, because it is a world-wide and truly broad-based network that regroups members of the government sector, the private sector, from civil society as well as international organisations. What is more, they represent the international, the national and the grass-roots level.

Secondly, GKP is a demand-driven network. Its focus is substantially influenced by members from the developing world which also hold half the seats on the Executive Committee of GKP.

And thirdly, GKP reflects the new paradigm - " sharing makes richer " - a core principle of an Information Society.

It is therefore only consequential that GKP is taking a more active role in supporting the work leading to the African Information Society. Not only was this year's Annual Meeting hosted by an African GKP member, namely the UN Economic Commission for Africa (ECA) in Addis Ababa.
A special " Africa Day " was added to that programme. As a result, a number of joint GKP-ECA initiatives were defined. These are:
- to jointly monitor ICT for Development activities and initiatives in Africa
- to explore financing opportunities, instruments and mechanisms for ICT Projects in Africa
- to establish an Entrepreneurs' Forum to foster the dialogue between the public and private sectors of Africa
- to promote intercultural connectivity among the African Youth
- to establish an African Media Forum for enhancing the awareness on ICT for Development and to offer a Media Award
- In addition, ECA will serve as a Regional Focal Point for the GKP in Africa.

In addition to these specific activities for Africa, I would and should like to add that GKP's activities in general can be a powerful means for Africa to bring its stance into the global policy dialogue and to profit from the experiences and lessons learnt from other like-minded actors in numerous developing countries. The South-South information exchange is of particular importance and it takes place within GKP. I can only invite you to join.

Further details can be discovered on our portal at www.globalknowledge.org.


C - Coopération et Développement

Permettez-moi de partager quelques constats et pensées. D'un point de vue d'un partenariat dans le développement je le considère très important que les Africains mènent le débat sur leur vision d'une société de l'information. Une fois pris forme, il s'agit de mobiliser les moyens pour la réaliser, de mobiliser les ressources humaines, le savoir local et continental, la créativité, la recherche, l'accès aux technologies et bien évidemment le financement.

Il y a déjà des instruments de financement, mais il me semble que nous n'avons pas encore réussit à lier la demande et l'offre d'une manière appropriée et efficace. Il nous faut une vue d'ensemble et une meilleure compréhension des instruments, des mécanismes et un débat là-dessus. Si nécessaire, le processus doit être intensifié de trouver des nouvelles facilités pour financer la connectivité du point de vue infrastructure, accès aux technologies et l'usage des derniers dans les applications multiples. Faire marcher le financement est d'une urgence primordiale, aujourd'hui et dans un futur immédiat et pas dans 5 ou 10 ans. Nous devons agir vite et penser l'impossible, de réaliser des étapes même avant le sommet.

Oui, il y a un fossé numérique, pas simplement entre le nord et le sud, mais dans presque tous les pays du monde, dans toutes les sociétés, entres les sexes, les jeunes et les vieux et les cultures, dans les économies et dans les gouvernements. Mais de combler un fossé par l'accès à l'internet peut ouvrir des nouveaux fossés si, par exemple, les pays du sud deviennent tout simplement des consommateurs de l'offre d'information du nord. Il est à mon avis impératif que l'accès à l'internet aille de paire avec la promotion et la création de contenu, de l'audiovisuel. Il s'agit de mobiliser le savoir local, de participer pleinement à la création de contenu.

Les nouvelles technologies facilitent énormément l'accès à l'information - pour le moment encore à des coûts trop variés et souvent trop hauts pour les partenaires en développement. Dans les processus du développement nous devons transformer l'information en savoir, faciliter le partage, organiser et valider ce savoir global et le re-inventer localement. Le développement n'est donc pas un transfert de savoir, mais plutôt une transformation.

Les TIC sont des instruments fabuleux pour transporter les écrits, le son et l'image en même temps et sont ainsi une chance de faciliter la communication entre cultures. Mais nous devons aussi plus intensivement promouvoir le savoir des cultures, augmenter la compétence interculturelle de nos citoyennes et citoyens pour les faire profiter davantage de la communication dans une société de l'information. Je ne vais jamais oublier le jeune burkinabé qui me disait : " Monsieur, nous nous sommes d'une manière ou d'une autre arrangés avec la pauvreté, mais jamais nous pouvons et voulons accepter d'être exclus de l'information et du savoir, de valider nos valeurs propres à nous. "

Nous devons utiliser pleinement les TIC pour alléger la pauvreté, créer des places de travail, investir dans un avenir qui offre des perspectives. Nous devons donc avec toutes les forces contredire le pessimisme théorique par un optimisme pragmatique. Beaucoup d'analyses se sont fait, mais ce sont les actions qui comptent et qui font bouger le monde. Cela vaut autant pour les sommets à Genève et Tunis.
Ceux qui attendent un développement parfait ne vont pas voir le succès. Comme celui qui ne met pas la semence dans son jardin parce qu'il a peur des orages éventuels ne verra jamais les fleurs.

Merci de votre attention.