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Etude sur l'Efficacite des Instruments de la Politique de l'Informatique en Afrique

le Cas de Cameroun

par Boyom Sop Flaubert, 1995

 

Table Des Matieres

1. Méthodologie de travail.

2. Instruments politiques réglémentant la technologie informatique.

2.1. Période 1966-1976.

2.2. Période 1976-1989.

2.3. Période 1989-1993.

2.4. Observations.

3. Générateurs et Fournisseurs de la technologie informatique.

3.1. Industrie informatique.

3.2. Constructeurs.

3.3. Distributeurs et représentants.

3.4. Sociétés de Services et Conseil Informatique (SSCI).

3.5. Observations.

4. Utilisateurs de la technologie informatique au Cameroun.

4.1. Administration.

4.2. Secteurs productifs.

4.3. Secteurs sociaux.

4.4. Secteurs des services.

4.5. Observations.

5. Instruments d'appui à la technologie informatique.

5.1. Sécurité informatique.

5.2. Maintenance.

5.3. Observations.

6. Instruments de développement de la technologie informatique.

6.1. Ressources humaines.

6.2. Formation et Recherche.

6.3. Observations.

7. Instruments dérivés de la technologie informatique.

7.1. Télématique.

7.2. Banques de données.

7.3. Bureautique.

7.4. Observations.

8. Instruments de coopération internationale.

8.1 Instruments de coopération multilatérale.

8.2 Instruments de coopération bilatérale.

8.3. Observations.

9. Instruments de transfert de savoir-faire.

10. Observations générales.

 

1. Méthodologie du travail</strong>

L'approche méthodologique adoptée comporte quatre phases principales qui sont :

Phase 1 :

Collecte et étude des instruments de politique informatique au Cameroun.

Nous avons procédé à la collecte des documents relatifs à la politique informatique au Cameroun. C'est la phase o nous avons rencontré beaucoup de difficultés car il n'existe pas au CENADI, un service chargé de la conservation et de la gestion de ces documents. Ceux qui détiennent quelques-uns leur attribuent un caract re confidentiel et vous renvoient à la hiérarchie en vue d'obtenir une autorisation spéciale et les moyens de reproduction. Au niveau des archives nationales, on rencontre les mêmes difficultés. Cependant, nous avons fini par obtenir tous les documents, à savoir :

- les textes relatifs à la politique informatique ;

- le Plan National Informatique qui a constitué le document de base du présent rapport.

Phase 2 :

Etablissement du plan descriptif du rapport.

L'étude et l'analyse des différents documents collectés nous ont conduit à adopter une approche ou méthode de travail autour des points suivants :

- instruments politiques réglémentant la technologie informatique ;

- fournisseurs de la technologie informatique ;

- utilisateurs de la technologie informatique au Cameroun;

- instruments d'appui à la technologie informatique ;

- instruments de développement de la technologie informatique ;

- instruments dérivés de la technologie informatique ;

- instruments de coopération internationale ;

- instruments de transfert de savoir-faire ;

- observations générales.

Chaque point comprend deux phases :

- l'étude de l'existant à partir des outils de politique appliqués à chaque point. - observations sur l'ampleur de la réalisation des objectifs fixés au point 2 ; les raisons de réussite ou d'échec sur la plan réalisation.

Ces observations sont obtenues à partir, soit des analyses documentaires et des interviews auprs des principaux acteurs du domaine, soit des constats personnels.

Phase 3 :

Mise au point du rapport.

Elle a consisté à décrire la situation existante de la technologie informatique en prenant en compte les observations recueillies aupres des utilisateurs, des fournisseurs et des

informaticiens.

Phase 4 : Evaluation du rapport.

Ce rapport est obtenu après la lecture et les observations de deux informaticiens de haut niveau et d'un utilisateur.

2. Instruments politiques règlementant la technologie informatique au Cameroun

Ce sont des décrets et arrêtés définissant la politique informatique du Cameroun de 1966 à 1993.

- DECRET No. 66-DF-107 du 11-03-66 portant rattachement du Service de la mécanographie du Ministère des Affaires économiques et du Plan au Secrétariat Général de la Présidence de la République et créant une Commission d'étude et de coordination des équipements mécanographiques et mécano-comptables.

Objectifs fixés

1) Exécuter les travaux mécanographiques pour l'ensemble des services administratifs de la Fédération.

2) Elaborer en ce qui concerne le secteur public et para-public, les collectivités publiques, les sociétés d'économie mixte une doctrine commune de l'emploi des machines comptables, des matériels à cartes perforées et des matériels électroniques.

3) Tenir à jour l'inventaire des travaux mécanographiques et des équipements existants.

4) Etablir un barème pour la facturation des travaux effectués en régie ou à la demande des particuliers.

5) Tout projet de mécanisation, d'installation nouvelle d'équipement, d'agrandissement ou de modernisation des ateliers existants est soumis à l'examen du Service de la mécanographie.

- DECRET No. 67-DF-262 du 12-06-67 portant organisation et fonctionnement du Service Central de la Mécanographie.

Objectifs : Réorganisation des structures du Service Central de la Mécanographie.

- DECRET No. 69-DF-365 du 13-09-69 portant modification du décret N~ 66-DF- 107 du 11-03-66 créant une commission d'études et coordination des équipements mécanographiques et mécano-comptables.

Objectifs : Création d'une commission d'études et coordination des équipements mécanographiques et mécano-comptables, et des projets de mécanisation qui requièrent directement ou indirectement une participation du budget de l'Etat.

- ARRETE No. 64-CAB-PR du 13-05-70 portant création de la Sous-Commission d'Etudes chargée de suivre les travaux de mécanisation des organismes publics et para- publics.

Objectifs : Suivre, orienter et coordonner les travaux de mécanisation des organismes publics et para-publics ci-après :

Caisses de stabilisation de Cacao, Café Robusta et Arabica * Comptabilité des Télécommunications

Caisse d'Epargne Fédérale

Caisse Nationale de Prévoyance Sociale

Port de Douala

Direction des Douanes.

- DECRET No. 76-258 du 02-07-1976 portant création, organisation de la Direction Centrale de l'Informatique et de la Téléinformatique (DCIT).

Objectifs

Promouvoir le développement de l'informatique, de la téléinformatique et des méthodes modernes de gestion dans les secteurs publics, para-publics, les sociétés d'économie mixte et éventuellement dans le secteur privé national et les pays étrangers. Mettre en oeuvre sur le plan technique, la politique informatique du gouvernement élaborée par la commission nationale d'informatique et de téléinformatique.

- DECRET No. 84-1104 du 25-08-84 portant organisation du Ministère de l'Informatique et des Marchés publics.

Observations

* La DCIT devient la DIT avec les mêmes objectifs qu'au décret du 02-07-1976.

Les instruments de politique informatique qui depuis 1966 dépendait du Secrétariat Général de la Présidence de la République va désormais dépendre d'un Département Ministériel en tant que Direction.

- DECRET No. 86-935 du 28-07-86 portant réorganisation du Minist re de l'Informatique et des Marchés Publics.

Observations

* Les sous-directions sont remplacées par des divisions * Les ressources humaines par division sont quantifiées.

- DECRET No. 88-1087 du 12-08-88 portant création, au sein du Minist re de l'Enseignement Supérieur, de l'Informatique et de la Recherche Scientifique (MESIRES), du Centre National de Développement de l'Informatique (CENADI) qui remplace la DIT.

Observations

* La politique informatique nationale sera désormais pilotée et contrlée par une structure organisationnelle (CENADI) comprenant :

- un Conseil de Direction de 10 membres ;

- une Direction comprenant un Secrétariat et cinq Divisions

- des services extérieurs regroupant les Centres Informatiques de Douala, Garoua et Bafoussam.

- DECRET No. 93-133 du 10-05-93 modifiant certaines dispositions du décret N~ 88- 1087 du 12-08-88 portant création et organisation du Centre National de Développement de l'Informatique (CENADI).

Observation

* Le Centre National de Développement de l'Informatique (CENADI) est tout simplement rattaché au Ministère des Finances.

L'étude de ces décrets et arrêtés ainsi que l'observation des actions menées et des réalisations nous permettent de distinguer trois périodes dans l'évolution informatique au Cameroun :

- 1966 - 1976

- 1976 - 1989

- 1989 - 1993.

2.1 - Période 1966 - 1976.

Elle est caractérisée par la mise en place du Service Central de la mécanographie et de la Commission d'études et de coordination des équipements mécanographiques et mécano- comptables.

Le Service central de la mécanographie est chargé particuli rement de la mécanisation des procédures de liquidation douani

re, de recouvrement des droits et taxes ainsi que de l'élaboration d'une doctrine commune de l'emploi des machines, exception faite de PAGODE démarré en 1971 et dont la mission essentielle était l'accélération de la procédure des opérations de dédouanement et la simplification des procédures administratives. Quant à la commission, elle veille à l'application des textes et ses décisions sont suivies d'effet.

Au cours de cette période, le Cameroun connaît une pénurie quasi chronique en ressources humaines, d'o un recours à de nombreux expatriés. Au plan de la formation, le Cameroun signe le 29 Janvier 1971 dans la capitale tchadienne, une convention le liant aux pays de la sous-région en vue de la création de l'Institut Africain de l'Informatique (IAI) de Libreville, et octroie les premi res bourses aux jeunes Camerounais pour des études d'informatique à l'étranger. Toutes les décisions relatives à l'informatique sont centralisées au plus haut niveau de l'Administration (Secrétariat Général de la Présidence de la République).

2.2 - Période 1976-1989</strong>

Elle est caractérisée par la création de la Direction Centrale de l'Informatique et de la Téléinformatique (DCIT) et de la Commission Nationale d'Informatique et de la Téléinformatique, par la réalisation de trois applications ( PAGODE, ANTILOPE TRINITE) ainsi que par une relative croissance économique.

Certaines missions jusque-là attribuées à la Commission d'études et de Coordination des équipements mécanographiques et mécano-comptables sont désormais confiées à la DCIT, ce qui ralentit progressivement les activités de la premi re citée, qui finissent d'ailleurs par cesser complètement.

Quant à la Commission Nationale d'Informatique et de Téléinformatique chargée de définir et d'orienter la politique informatique, elle n'existe que dans les textes. L'avènement de la micro-informatique ayant pour conséquence directe la baisse des coûts du matériel et une relative "bonne santé économique" au Cameroun provoquent la prolifération de matériels informatiques et de services informatiques dans les secteurs public et para-public sans que l'avis de la DCIT soit requis comme le prévoient les textes. En 1978, la mise en place du statut particulier du corps des informaticiens et d'une direction de l'informatique qui offre des possibilités de promotion plus importantes aux informaticiens favorisent le retour au Cameroun d'un plus grand nombre de cadres formés à l'étranger.

En 1984, il est créé un département ministériel chargé de l'informatique (DCIT devient DIT).

Juillet 1984, mise en oeuvre sur le site de Douala-Port des Procédures Automatisées de Gestion des Opérations de la Douane et du Commerce Extérieur (PAGODE). Février 1986, mise en place d'un réseau de transmission de données (CAMPAC) qui permet de résoudre les problèmes de téléinformatique au niveau national et de consulter les serveurs étrangers.

Juillet 1986, mise en oeuvre des premières fonctionnalités de l'Application Nationale pour le Traitement Informatique et Logistique du Personnel de l'ETAT (ANTILOPE).

Juillet 1988, mise en oeuvre des premières fonctions de Traitement Informatisé des Impôts et Taxes de l'Etat (TRINITE).

La mise en oeuvre des applications CAMPAC et PAGODE va accélérer l'informatisation des Transitaires et Consignataires privés et para-publics tels que SOCOPAO, MORY, SOAEM, CAMATRANS, TRANSCAP, SAMOA, CAMSHIP et CAMAIR.

Des sociétés para-publics telles que SONEL, SOTUC, CNPS, Imprimerie Nationale et bien d'autres vont se lancer également dans la course à l'informatisation.

De l'analyse et des observations relatives à cette période, on peut dégager les conclusions suivantes :

- centralisation des décisions relatives à l'informatique au niveau des ministères ;

- instabilité des structures (DCIT DIT CENADI) ;

- dynamique de l'informatisation marquée par une fonction des moyens et non des besoins ;

- constitution d'un parc informatique impressionnant (Micro : 2856 ; Mini : 150 ; Gros : 31) ;

- constitution des ressources humaines en quantité non négligeable (Ingénieurs Camerounais : 278 ; Analystes Camerounais : 121 ; Techniciens de Maintenance : 27).

2.3 - Période 1989-1993</strong>

Contrairement aux périodes précédentes, marquées par une accélération de l'informatisation au Cameroun cette période est caractérisée par une baisse générale des activités informatiques.

En 1990, le Gouvernement adopte le Plan National Informatique (PNI) élaboré en trois étapes :

- étude et critique du paysage informatique national ; - élaboration des grandes orientations devant guider le développement des technologies de l'information au Cameroun ;

- recommandations et propositions d'actions à court, moyen et long termes en vue d'une utilisation efficace et maîtrisée de ces technologies.

De l'analyse du Plan Informatique National, il ressort que le Gouvernement Camerounais a pris un recul pour analyser le chemin parcouru dans la dynamique de sa politique informatique et a mis en exergue les insuffisances dans la réalisation de ses différents objectifs. Dans ce plan sont posés d'autres jalons d'une croissance nationale s'articulant autour de l'informatique.

On pourrait l'utiliser pour réactualiser certaines données quantitatives tirées de ce plan dont les données ne concernent que la période 1985-1989 dite de référence.

Pour la période 1989-1994,le taux d'acquisition de micro-ordinateurs est estimé à 13 % par an,celui des mini-ordinateurs à 4,5 % et 5,2 % pour les gros ordinateurs.Ainsi le parc informatique à l'horizon 1994 se présenterait de la mani

re suivante:

-micro-ordinateurs:4781 unités;

-mini-ordinateurs : 179 unités;

-gros ordinateurs : 38 unités;

En ce concerne le personnel informaticien camerounais, l'évolution des effectifs pour la période 1989-1994 se caractériserait comme suit:

-catégorie des ingénieurs:croissance de 7,2 % par an,soit 474 ingénieurs à l'horizon 1994;

-catégorie des analystes:croissance de 11,3 % par an,soit 1911 analystes à l' horizon 1994;

-catégorie des techniciens de maintenance:croissance de 12,6 % par an,soit 47 techniciens de maintenance à l 'horizon 1994.

En 1993, un décret présidentiel rattache le CENADI au Ministère des Finances.

2.4 - Observations

On peut affirmer que la politique informatique menée de 1966 à 1993 par le Cameroun présente quelques limites dont les plus importantes sont :

- absence d'infrastructures nationales de formation et manque de suivi des étudiants camerounais à l'étranger ;

- acquisition anarchique des ressources informatiques et relative inactivité de la Commission d'études et de coordination des équipements mécanographiques et mécano- comptables ;

- inexistence d'une législation portant sur le secteur informatique et relative à la protection de la propriété intellectuelle, à la répression des délits en informatique et au contrôle des agréments des fournisseurs de la technologie informatique ;

- absence de lois portant sur les libertés individuelles dans le cadre de l'utilisation des fichiers informatiques dans certains secteurs ;

- rattachement constant de l'informatique à l'administration centrale, ce qui n'est pas toujours adapté aux contraintes de la technologie informatique dont les probl mes de gestion

nécessitent une prise de décision rapide.

3 - Générateurs et fournisseurs de la technologie informatique au Cameroun</strong>.

On distingue au Cameroun quatre catégories de générateurs et fournisseurs de la technologie informatique :

- Industrie informatique

- Constructeurs

- Distributeurs et représentants

- Sociétés de Services et Conseil Informatique (SSCI).

3.1 - Industrie informatique</strong>

Généralement, l'industrie informatique recouvre l'industrie du matériel, l'industrie des services et l'industrie des fournitures.

A cette date, le Cameroun ne dispose que d'un embryon d'industrie du matériel.Il s'agit de INTELAR et de HI-TECH COMPUTER.

Jusqu'en 1990, INTELAR effectuait l'assemblage des micro-ordinateurs dénommés RAMSES (compatible IBM PC-XT . Au cours du premier semestre 1989, INTELAR a commencé à commercialiser les compatibles à micro-processeur 80386. En 1990, INTELAR cesse ses activités techniques sur le territoire camerounais et une autre société dénommée HI-TECH COMPUTER prend la relève avec les activités suivantes:

- la construction d'ordinateurs SIMUSI (gammes 80286, 80386, 80486 ISA, EISA et systèmes multi-processeurs) ;

-l'organisation informatique en collaboration avec les SSCI implantées au Cameroun;

- l'élaboration et l'installation des architechtures réseau; - la téléconnectivité ;

- la maintenance des équipements électroniques et informatiques ;

- la formation Hardware et Software ;

- le conseil et l'assistance technique ;

- la recherche en intelligence artificielle et le développment des applications (secteur embryonnaire dont le taux de réalisation ne représente actuellement que 2 % des objectifs fixés).

Sur le plan industriel, HI-TECH COMPUTER entretient des relations privilégiées avec diverses entreprises de fabrication et de fournitures de mati res premières et produits semi-

finis tels que TVM (Taïwan Vidéo & Monitor Corp.), Américan Megatrends Inc., Datatronics, D-link Corporation, Micronics, Microscience International, Mylex et Telmat Informatique. L'équipe technique permanente de HI-TECH COMPUTER est constituée de cinq ingénieurs de haut niveau, et de huit techniciens.

Cependant, le logiciel système n'est pas produit au Cameroun et tous les utilisateurs dépendent des fournisseurs de la technologie informatique.

Quant à l'industrie des services, elle est peu développée. Néanmoins, les sociétés de services assurent la formation et le conseil, et développent des applications courantes de gestion.

En ce qui concerne l'industrie des fournitures, c'est-à-dire l'industrie des diverses fournitures nécessaires à l'utilisation des ordinateurs, pratiquement tout est importé.

Causes de l'échec d'une industrie informatique au Cameroun

- sous-estimation et sous-utilisation de l'expertise locale et le recours privilégié aux entreprises étrangères notamment en ce qui concerne les marchés publics ;

- absence d'une réglementation concernant l'importation de logiciels ;

- absence d'une culture électronique et informatique ; - mauvaise utilisation des ressources informatiques ; - insuffisance de moyens financiers adaptés au développement des industries et des services informatiques, électroniques et télécommunication ;

- difficultés d'accès aux outils de développement puissants lorsqu'ils existent ;

- pénurie de cadres et d'institutions capables d'impulser les activités du secteur, de prendre les décisions et d'opérer les arbitrages nécessaires au développement d'une industrie dont l'évolution est généralement très rapide.

3.2 - Constructeurs</strong>

La plupart des constructeurs connus de part le monde ont des filiales au Cameroun. Ces filiales vendent et assurent la maintenance du matériel fabriqué hors du pays. Ce sont de grandes firmes telles que IBM, BULL, NCR, UNISYS, etc. Ces firmes offrent une gamme complète de matériels.

Cependant, de 1987 à 1990, un jeune constructeur Camerounais dénommé INTELAR procède à l'assemblage sur place de micro-ordinateurs compatibles IBM.Ses activitées sont actuellement reprises par HI-TECH COMPUTER dont le personnel est, dans sa totalité, camerounais.

La vente de micro-ordinateurs est assez répandue au Cameroun depuis quelques années, non seulement dans les grandes entreprises nationales, mais également dans les PME/PMI.

Le tableau ci-après tiré du Plan National Informatique donne une estimation du parc informatique en 1989 :

De 1985 à 1989, le chiffre d'affaires moyen par fournisseur a été de l'ordre de 1.500.000.000 francs CFA avec une forte hausse entre les exercices 85/86 et 86/87. Par la suite, le chiffre d'affaires a connu une régression de l'ordre de 68 % et serait aujourd'hui de l'ordre de 80 %.

S'agissant des ressources humaines, les Camerounais représentent 84 % du personnel technique des constructeurs. En outre, le personnel de la catégorie des analystes est, dans sa totalité, camerounais. De 1985 à 1993, le nombre d'analystes a connu une augmentation appréciable.

Le tableau ci-dessous tiré du Plan National Informatique illustre l'évolution du personnel informaticien des constructeurs, de 1985 à 1993 :

Année

Pays Ingénieurs Analystes Techniciens de maintenance
1985 - 1986 Camerounais 19 5 3
Etrangers 0 16 5
1986 - 1987 Camerounais 25 3 4
Etrangers 0 17 3
1987 - 1988 Camerounais 33 6 10
Etrangers 0 20 3
1988 - 1989 Camerounais 38 8 14
Etrangers 0 27 2



Par rapport à l'ensemble des informaticiens en activité sur l'ensemble du territoire national en 1989, le personnel informaticien des constructeurs représente 10 % environ pour la catégorie des ingénieurs, 0,9 % environ pour la catégorie des analystes et 100 % pour la catégorie des techniciens de maintenance, soit une moyenne de 20 % environ pour les trois catégories confondues.

Le nombre d'analystes employés par les constructeurs est assez bas, étant donné que ces derniers n'interviennent pas dans le domaine du développement des logiciels d'application.

3.3 - Les distributeurs et les représentants</strong>

Cette catégorie de fournisseurs est peu répandue au Cameroun. Il s'agit essentiellement de revendeurs de micro-ordinateurs. Certains constructeurs, comme HEWLETT-PACKARD, APPLE, GOUPIL, etc., n'étant pas présents sur le marché, leur matériel est commercialisé par des représentants. D'autres, comme IBM et BULL qui sont présents sur le marché, ont des distributeurs agréés.

Sur le plan des ressources humaines, on note que les effectifs sont peu nombreux. Le personnel informaticien des distributeurs et des représentants est en majorité camerounais.

Le tableau ci-après tiré du Plan National Informatique indique l'évolution du personnel informaticien des distributeurs et des représentants, de 1985 à 1989 :

Année

Pays Ingénieurs Analystes Techniciens de maintenance
1985 - 1986 Camerounais 1 2 3
Etrangers 1 6 1
1986 - 1987 Camerounais 3 2 4
Etrangers 1 7 1
1987 - 1988 Camerounais 5 3 5
Etrangers 1 9 3
1988 - 1989 Camerounais 6 3 5
Etrangers 1 9 3


Il est à relever que les distributeurs et les représentants sont tr s instables. En effet,ils cessent souvent leurs activités, quelques mois seulement apr s leur création. Cela engendre d'énormes problèmes pour les utilisateurs de la technologie informatique, surtout pour la maintenance de leurs matériels.

3.4 - Sociétés de Service et de Conseil en Informatique (SSCI)

Dans les années 70, des cabinets comptables équipés d'ordinateurs et faisant essentiellement du traitement à faon sont apparus sur le marché, faisant ainsi office de SSCI. Cependant, l'implantation des premières véritables SSCI au Cameroun s'est faite progressivement à partir de 1976. En fonction de la composition de leur capital social, les SSCI se répartissent comme suit :

- les sociétés à capital entièrement camerounais, qui représentent 34 % de l'ensemble des SSCI ;

- les sociétés à capitaux étrangers qui représentent 22 % des SSCI ;

- les sociétés mixtes qui représentent 44 % des SSCI.

Les sociétés à capitaux étrangers ont généralement utilisé une main-d'oeuvre provenant de leur pays d'origine.

Les sociétés à capitaux mixtes ou enti

rement camerounais ont, au départ, eu une part

de marché très limitée, du fait non seulement de leur manque de solidarité, mais aussi de la pénurie d'informaticiens camerounais compétents auxquels elles auraient pu faire appel. De plus, certains marchés leur étaient pratiquement fermés, à cause de leur petite taille.

Les SSCI au Cameroun n'assurent pas le développement d'outils tels que les logiciels syst

me (système d'exploitation, compilateurs, etc.). Généralement, les SSCI présentes au Cameroun n'ont pas de politique de produits et suivent l'offre du marché. Le développement de logiciels d'application sur mesure, la vente de progiciels importés ainsi que la formation et le conseil constituent leur activité prédominante. Il est cependant à noter que la plupart des SSCI spécialisées dans la formation et le conseil délivrent des diplômes non reconnus par les autorités compétentes.

Sur le plan des ressources humaines, on note une baisse générale des effectifs. Cette baisse est beaucoup plus sensible chez les ingénieurs et analystes expatriés qu'elle ne l'est chez les nationaux.

Le tableau ci-après tiré du Plan National Informatique sur l'évolution du personnel informatique des SSCI de 1985 à 1989 illustre parfaitement cette tendance :

Cette baisse des effectifs est essentiellement due à la baisse des activités. En effet, la conjoncture économique actuelle a amené certaines SSCI à cesser leurs activités et d'autres à réduire considérablement leurs effectifs.

3.5 Observations

Les fournisseurs de la technologie informatique rencontrent un certain nombre de problèmes dans l'exercice de leurs activités dont les principaux sont :

- vis-à-vis de l'Etat, les fournisseurs déplorent les lenteurs dans l'étude des dossiers, les retards dans le r

glement des factures, l'absence d'une réglementation spécifique au secteur de l'informatique et les tarifs douaniers élevés pour les matériels, ce qui diminue considérablement les ventes, surtout des micro-ordinateurs ;

- dans leurs rapports avec les clients, les fournisseurs se plaignent des difficultés de paiement et d'une sensibilisation insuffisante aux problèmes de maintenance. Ils estiment en

outre que leurs clients manquent de ressources humaines, celles qui existent étant peu ou mal utilisées. Cette pénurie de personnel qualifié et expérimenté est, toujours selon les fournisseurs, due au fait que la formation du personnel demeure quelque peu négligée ;

- en ce qui concerne la sécurité informatique, les fournisseurs trouvent que leurs clients n'y sont pas suffisamment sensibilisés. Il en va ainsi du non-respect des mesures préconisées dans les rapports d'audit informatique, ce qui a pour conséquence de rendre les installations informatiques trs vulnérables ;

- de leur côté, la majorité des utilisateurs de la technologie informatique sont encore peu sensibilisés aux probl

mes d'assurances ;

- entre les fournisseurs et les utilisateurs, il n'existe pas une standardisation du service après vente (pièces détachées, fournitures de bureau, programme de maintenance, etc.) ; - entre les fournisseurs, il n'existe pas une association ou un ordre de fournisseurs au sein duquel on peut déterminer les qualités et les aptitudes minimum définissant un fournisseur. Cet ordre ou association devrait assurer le contrôle et la régulation du métier de fournisseur.

4 - Utilisateurs de la technologie informatique au Cameroun

Le processus de développement économique, social et culturel du Cameroun dépend du degré de l'utilisation de la technologie informatique dans les domaines tels que : - l'administration qui comprend l'ensemble des départements ministériels et des collectivités locales ;

- les secteurs productifs, notamment l'agriculture, l'élevage, l'industrie et les PME/PMI ;

- les secteurs des services, notamment le commerce, les transports, les établissements financiers et les assurances ;

- les secteurs sociaux, notamment l'enseignement et la santé ;

4.1 - L'administration

L'administration peut être perçue comme prestataire de services aux citoyens et comme organe de pilotage de l'économie nationale.

En tant que prestataire de services aux citoyens, elle doit gérer ses ressources telles que son personnel, ses finances et son budget.

En tant que organe de pilotage ou de supervision de l'économie, elle doit maîtriser les informations en provenance des divers secteurs en vue d'une décision fiable et effective. L'informatique de décision et de communication joue un rle prépondérant dans ce domaine.

Au plan de la gestion du personnel de l'Etat et de ses finances, trois grands projets ont été réalisés, à savoir :

- le projet PAGODE (Procédures automatisées de Gestion des Opérations de la douane et du commerce extérieur).

Cette application et exploitée sur le système IBM 4361 et utilise plus de 120 terminaux et 18 liaisons spécialisées du réseau CAMPAC qui desservent la Direction des douanes, l'aéroport et un certain nombre de transitaires (voir schéma d'implantation ci-après).

Ces liaisons forment un réseau de télétraitement en étoile autour du centre informatique PAGODE.

- le projet ANTILOPE (application nationale pour le traitement informatique et logistique du personnel de l'Etat).

Cette application est exploitée sur le système IBM 4381, modèle P13. Elle utilise 25 liaisons spécialisées du réseau CAMPAC sur les 29 déjà servies dans la localité de YAOUNDE (Voir schéma d'implantation ci-après).

- le projet TRINITE (Traitement informatisé des impts et taxes de l'Etat).

Cette application exploitée à Yaoundé sur le système IBM 4381, modèle P23. Elle utilise 4 liaisons spécialisées du réseau CAMPAC, plus de 190 écrans et plus de 170 imprimantes (Voir schéma d'implantation ci-après).

ANTILOPE et TRINITE sont développées sur le concept de base de données relationnelles avec un langage de quatrième génération.

Pour l'ensemble des trois applications, les traitements se font par lots et en mode conversationnel.

Le parc informatique est évolutif. De 1985 à 1993, l'administration a acquis :

- quatre gros ordinateurs

- deux mini

- ? micro-ordinateurs.

Sur le plan de ressources humaines, on observe que le nombre d'ingénieurs camerounais a connu une progression de 1985 à 1993, alors que le nombre d'ingénieurs expatriés a régressé au cours de la même période. En ce qui concerne les analystes, le nombre de Camerounais et celui des expatriés ont connu une lég

re augmentation.

Le tableau ci-après tiré du Plan National Informatique illustre l'évolution du personnel informaticien employé dans l'administration au cours des huit derni res années.

Année

Pays Ingénieurs Analystes
1985 - 1986 Camerounais 32 25
Etrangers 14 4
1986 - 1987 Camerounais 40 23
Etrangers 15 7
1987 - 1988 Camerounais 42 22
Etrangers 21 7
1988 - 1989 Camerounais 44 14
Etrangers 27 8


Quant aux collectivités locales, certaines communautés urbaines utilisent ou envisagent à court terme de recourir à la technique informatique. Ainsi, on note l'automatisation de la paie à la communauté urbaine de Douala qui est équipée de micro-ordinateurs.

4.2 - Les secteurs productifs

La technologie informative doit recourir à moderniser l'appareil de production. Dans l'industrie, elle doit permettre d'améliorer la qualité des produits manufacturés afin de les rendre plus compétitifs. Dans l'agriculture et l'élevage, elle doit redynamiser ces secteurs.

A l'heure actuelle au Cameroun, les organismes relevant des secteurs productifs utilisent la technologie informatique dans le domaine de la gestion administrative, financière et budgétaire.

En ce qui concerne l'agriculture, la maquette d'une banque de données agro-pastorales contenant des informations techniques, économiques, statistiques et géographiques portant sur une vingtaine de cultures, une dizaine d'espèces animales ainsi que sur la pêche et la forêt a été présentée à Maroua en 1988 à l'occasion du comice agro-pastoral.

Depuis, au Ministère de l'agriculture, on parle des enquêtes en cours de réalisation et d'un recensement agricole qui a été lancé.

4.3 - Les secteurs sociaux</strong>

Ils comprennent le secteur de la santé et le secteur de l'éducation.

4.3.1-secteur de la santé

La technologie informatique peut être d'un apport appréciable dans la gestion hospitalière et la lutte contre les grandes endémies tropicales qui font des ravages en vies humaines au Cameroun.

En dépit d'un réel équipement en micro-ordinateurs, on remarque que la plupart des établissements sanitaires ne disposent pas d'un personnel informatique qualifié. Des grandes applications informatiques telles que le "Système de documentation médicale", le "Dossier du malade", l'"Aide à la décision médicale" et le "Système d'Information hospitalier" aucune n'est réalisée ou en voie de réalisation au Cameroun.

Cependant, un système dénommé "Health Management Information System" (HMIS) est en gesticulation au Minist

re chargé de la santé.

C'est un système de collecte des statistiques médicales.

Chaque formation sanitaire est tenue de remplir des fiches statistiques concernant ses activités et de les transmettre au service central à Yaoundé. On devrait procéder à une informatisation de l'exploitation de ces statistiques pour améliorer le processus de planification et de prise de décision.

Une étude a été réalisée pour la mise en place d'un syst

me informatique permettant la gestion administrative, financi

re et budgétaire d'un centre hospitalier ainsi que la gestion des activités spécifiques aux établissements sanitaires telles que la gestion des dossiers médicaux, la gestion des vaccinations, la gestion de la banque de sang, l'admission de patients, le suivi des tests de laboratoire, la gestion des ressources matérielles et la gestion de la pharmacie.

4.3.2-Secteur de l'éducation

Dans le secteur de l'éducation, quelques institutions relevant de ce secteur ont été informatisées dès la fin des années 70. Il s'agit en particulier des divers instituts de recherche et des Universités de Yaoundé où des applications telles que la paie des enseignants et du personnel administratif ainsi que la gestion des différentes fonctions liées à la scolarité sont fonctionnelles. Une cellule de PAO bien équipée et dotée d'une personnel compétent est fonctionnelle au Centre de Calcul des Universités de Yaoundé.

Egalement au Centre de Calcul, le courrier électronique est désormais possible grâce à une ligne X25 connectée au RISC/6000 d'IBM.

Un embryon de réseau local bâtis autour RISC/6000 est également fonctionnel.

En ressource humaines, le nombre d'ingénieurs camerounais est resté pratiquement constant alors que le nombre d'ingénieurs expatriés a connu une lég re augmentation de 1985

à 1993. En ce qui concerne les analystes, on observe que d'une mani re générale le nombre

de Camerounais va en augmentant.

Sur le plan des équipements informatiques, on constate que le micro-ordinateur est le type de matériel le plus utilisé.

Cependant, les Universités de Yaoundé disposent au Centre de Calcul de deux systèmes : IBM 4331 et IBM RS/6000.

En rapprochant le nombre de sites (9 au total) au personnel informaticien employé, on constate qu'un site sur deux ne compte pas d'ingénieur informaticien et qu'en moyenne, il y a un analyste par site. De plus, on remarque qu'il y a un ingénieur pour deux analystes. Cette situation montre que le secteur de l'éducation est sous-informatisé comme le secteur de la santé.

4.4 - Les secteurs des services

Les secteurs des services englobent le secteur des banques, des transports, des assurances et des htelleries.

La technologie informatique devra permettre la ma

trise du développement de ces secteurs et fournir aux décideurs concernés les indicateurs reflétant l'évolution de ces secteurs en vue d'un pilotage judicieux de l'économie du pays. En outre, il est nécessaire que les applications informatiques aient pour finalité d'offrir un meilleur service aux usagers.

4.4.1 - Le secteur des banques

L'introduction de la technologie informatique dans le secteur des banques se situe vers le début des années 80. Mais par rapport aux besoins réels, cette informatisation est restée jusqu'ici assez timide.

En dehors de quelques banques qui continuent à procéder à une informatisation au coup par coup, sans inscription dans le cadre d'une politique particuli re, plusieurs banques

s'appuient sur des plans annuels de développement informatique. Ceux-ci sont soit conçus de façon interne avec le concours de consultants étrangers, soit empruntés au schéma directeur de la société mère.

En général, le recours à l'informatique et limité au traitement des masses d'informations relatives à la gestion courante.

On recense près de deux cent agences bancaires ouvertes au Cameroun, dont 30 % environ sont plus ou moins informatisées. En moyenne, deux informaticiens partagent une même station de travail et, globalement, vingt employés de banques utilisent le même terminal de consultation.

Dans l'ensemble, les échanges inter-agences et interbanques ne sont pas encore informatisées. De même, les opérations de compensation connaissent des délais d'exécution relativement longs.

Le parc des ordinateurs installés dans les banques comprend:

- Mini-ordinateurs : 16 unités

- Micro-ordinateurs : 64 unités.

Ces systèmes sont utilisés aussi bien comme des postes autonomes que comme des postes connectés en grappes. Cependant on note une absence de réseaux locaux.

En ce qui concerne les logiciels, on observe que :

- les logiciels de base assurent essentiellement les fonctions classiques d'exploitation telles que la gestion des fichiers et des transactions ;

- les systèmes de gestion de bases de données et de réseaux ne sont pratiquement pas utilisés ;

- les utilitaires tels que les outils d'aide au développement ne sont pas utilisés ;

- la programmation est faite de manière classique et les langages les plus utilisés sont le COBOL et le GAP II ;

- pour la plupart des banques, les applications sont développées par la société mère et dans certains cas, il est fait appel à des SSCI étrangères. Les progiciels dédiés au domaine

bancaire sont également utilisés mais ils ne sont généralement pas mis à jour. En général, les logiciels d'application en usage assurent les fonctions habituelles des banques :

* la gestion des comptes clients,

* la gestion du porte-feuille

* la paie,

* la comptabilité ;

- le mode de traitement par lots est le plus utilisé. Cependant, quelques institutions optent pour le traitement en mode conversationnel des opérations de guichets (BICIC et Méridien-BIAO) ;

- d'une manière générale, la télématique n'est pas encore en usage au Cameroun ;

- la monétique est en usage à la seule Banque internationale pour le commerce et l'industrie du Cameroun (BICIC).

Sur le plan des ressources humaines, moins de 4 % du personnel des institutions bancaires travaille dans les services informatiques. De plus, les cadres informaticiens ne représentent que 5 % environ du total des cadres employés dans les institutions bancaires.

S'agissant du personnel informaticien proprement dit, 76,7 % travaillent dans l'exploitation et 23,7 % sont des cadres parmi lesquels on compte 2,2 % d'étrangers.

4.4.2 - Le secteur des assurances

Les assureurs camerounaises sont tous informatisés, au moins au niveau de leur siège de Douala. Ils le sont parfois avec des moyens très puissants comme la SNAC-AGF, dont le 9370 d'IBM est une des machines les plus puissantes du pays. Mais ils travaillent souvent avec des logiciels mal adaptés. Ainsi la SNAC utilise le logiciel d'AGF France (qui ne tourne que sur les machines de la famille 370 d'IBM), alors que le chiffre d'affaires et l'activité sont environ 1000 fois moins importants.

La CCAR-UAP a commencé avec un IBM 36 et un programme de courtier (et non d'assureur) en provenance d'une agence des Antilles : les probl mes ont été tels que la comptabilité est devenue incompréhensible, et qu'il y a eu des probl mes de quitus pour le commissaire au compte ; depuis qu'on a remplacé IBM 36 par AS 400, les choses vont un peu mieux.

L'ACC (Faugres & Jutheaux) a une comptabilité bien rodée sur ordinateur, mais pas encore de gestion de contrats.

La TAA a un AS 400, mais rencontre de grosses difficultés à l'utiliser, faute de logiciel adapté.

La CNA a retenu depuis 1987 Digital. C'était à cette époque la seule machine pouvant travailler sous UNIX. Il s'agit d'un microVax II, avec 22 claviers écrans à Douala, et d'un autre un peu moins puissant à Yaoundé. Les logiciels utilisés sont développés en Cobol et ont été achetés. Mais ils ne donnent pas entière satisfaction, et un programme de refonte complète en passant sous Informix est en cours de réalisation avec une équipe d'analystes programmeurs camerounais travaillant en étroite collaboration avec le personnel utilisateur des programmes.

La seule société qui semble avoir correctement résolu son probl me de logiciel et Chanas & Privat : passé d'IBM 36 à AS 400 en 90, l'informatisation menée par une équipe locale en Cobol a réussi à révolutionner des habitudes trentenaires. Déchargés de besognes routinières, les cadres ont pu réfléchir à des nouvelles possibilités à offrir aux clients. Ainsi, ils ont mis au point avec les informaticiens une formule originale d'assurance maladie qui a eu un franc succès (plus de 25.000 assurés au début 92). Mais ce succès a coûté cher : 15 % des recettes ont dû être consacrés à l'informatique ; cela s'explique par le fait qu'il s'agit d'une compagnie d'assurance avec toutes les contraintes et charges que cela implique, alors que le chiffre d'affaires est celui d'une agence de moyenne importance en France.

4.4.3 - Le secteur des transports

Dans ce secteur, on distingue les activités liées directement au minist re chargé des transports et les activités liées aux sociétés d'Etat supervisées par le minist re chargé des

transports.

Le ministère chargé des transports dispose des services d'immatriculation des véhicules et d'attribution des permis de conduire et des licences de transport. Ces services (un service par province) travaillent de manière classique et rencontrent des difficultés dans la gestion de ces opérations et pour fournir des statistiques sur le parc automobile au Cameroun.

Les sociétés d'Etat ont commencé à s'informatiser au début des années 70. Les premières applications qui ont été développées sont du type classique, c'est-à-dire essentiellement du domaine de la gestion administrative, financi re et budgétaire, ce qui ne

cadre pas avec les missions des chemins de fer du Cameroun (RNCF) ou Cameroon Airlines (CAMAIR).

Dans certaines sociétés, on note par la suite une évolution des configurations et surtout le renouvellement de matériels par l'acquisition de syst mes plus performants. Ce sont ces systèmes qui ont permis le développement, sous forme de bases de données relationnelles, d'applications spécifiques à leurs activités.

Par rapport aux autres secteurs, celui des transports (particuli rement les sociétés d'Etat) semble avoir atteint un niveau d'informatisation non négligeable.

En ce qui concerne le personnel informaticien, les Camerounais sont majoritaires. Le nombre d'ingénieurs et d'analystes est resté pratiquement constant et le tableau ci-apr s tiré du Plan National Informatique donne une idée de l'évolution des effectifs au cours de la période 1985-1989.

En rapprochant le nombre de sites qui sont de 9 environ au personnel informaticien employé, on constate qu'il y a d'une part deux ingénieurs et trois analystes par site, et d 'autre part un ingénieur pour deux analystes. Ces ratios illustrent une insuffisance en ressources humaines, comparativement aux normes usuelles.

4.4.4. - Le secteur des hôtelleries

Malgré l'existence d'un nombre non négligeable d'htels de luxe et de moyenne importance au Cameroun, l'utilisation de la technologie informatique reste embryonnaire.

Avant toute utilisation de cette technologie dans le secteur de l'hôtellerie, l'adaptation de l'UNIFORM SYSTEM OF ACCOUNTS/ au plan comptable général camerounais est indispensable.

En adoptant la présentation de l'.Uniform System of Accounts for Hotels & Restaurants/ qui permet, rappelons-le, de traiter les opérations de l'entreprise suivant la méthode généralement dénommée : .direct costing/ ; c'est une comptabilité semi-analytique intégré, le traitement informatique devrait être vu dans l'ordre suivant :

- paie

- débiteurs

- comptabilité semi-analytique intégrée avec enregistrement des budgets

- contrôle .Nourriture et Boisson/

- gestion des immobilisations, etc.

Il est bien évident que ce classement a une valeur lorsqu'il s'agit d'une exploitation d'une certaine importance.

Une approche contraire pourrait entraîner un blocage dans l'utilisation de la technologie nformatique dans le secteur de l'hôtellerie.

4.5 Observations</strong>

1.Globalement, on peut noter que le recours à l'informatique devient une nécessité pour l'ensemble des départements ministériels, car la plupart dispose en son sein des micro-ordinateurs, mais sans personnel en informatique qualifié.

Naturellement, les besoins varient d'un ministère à l'autre, mais le problème majeur demeure la gestion de l'information et plus particulièrement l'échange de données qui se fait encore soit sur des supports magnétiques, soit sous forme de documents écrits.

En rapprochant le nombre de sites qui est de 25 environ aux ressources humaines dont dispose l'administration, on constate non seulement qu'il y a deux ingénieurs par site et un analyste par site, mais aussi le Cameroun compte deux ingénieurs pour un analyste.

Ces ratios montrent que les ressources humaines sont insuffisantes. En effet, l'équipe technique nécessaire pour développer une application compte généralement cinq analystes pour un ingénieur. De plus, pour un site moyen, il est nécessaire de disposer en permanence d'une équipe de trois informaticiens spécialisés dans le logiciel syst me.

Généralement, le budget alloué à l'informatique est insuffisant, notamment pour les équipements nécessaires en mati

re de sécurité informatique et pour la maintenance du

matériel et des logiciels.

L'incompatibilité des matériels acquis auprès des fournisseurs différents est souvent la source de nombreux problèmes.

Les fournisseurs ne respectent pas toujours les délais de livraison, ce qui engendre des surcoûts et crée des perturbations dans le fonctionnement des services.

Le CENADI, en tant que organe de pilotage de l'informatique dans l'administration camerounaise constitue une autre source de problèmes, à savoir :

- les engagements des dépenses de réparation ;

- l'incompréhension entre les utilisateurs des résultats et les techniciens de CENADI ;

- les retards entre l'envoi des disquettes et l'envoi des états imprimés (Sous-direction des émissions fiscales) ;

- le personnel mis à la disposition des départements ministériels ne sont pas sous leur autorité hiérarchique, d'o crise d'autorité ;

- l'élaboration des procédures pose souvent des probl

mes d'ordre technique et terminologique parce que les utilisateurs dans la plupart des cas n'ont pas une formation informatique élémentaire ;

- le personnel des départements ministériels convié à une formation informatique pense qu'il perd du temps car cette formation ne lui apporte aucune retombée financi re ou professionnelle, d'où un désintéressement parfois total à l'outil informatique.

Le projet ANTILOPE n'a pas donné des résultats attendus, car l'Etat continue à payer à ses agents des salaires doubles et fictifs, ce qui n'est pas de nature à inciter les autres départements ministériels à s'informatiser.

L'informatique de décision et de communication est pratiquement inexistante dans l'administration camerounaise.

2. Malgré un effort appréciable en équipements informatiques dans le secteur de l'éducation et en particulier dans les Universités, le déficit en personnel informaticien compétent et en technicien de maintenance constitue le facteur le plus négatif dans le processus de la dynamisation de la technologie informatique dans ce secteur.

A l'exception des Universités de Yaoundé, les besoins d'informatisation liés aux domaines tels que les finances, les bourses scolaires, les équipements scolaires, les statistiques scolaires et la recherche pédagogique, en vue d'une gestion rationnelle des effectifs, du personnel et des infrastructures disponibles dans le système éducatif national n'ont fait l'objet

d'aucune étude pouvant conduire à l'utilisation de la technologie informatique.

3. Les activités de certaines sociétés telles que certains transitaires, le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) et l'office national des ports du Cameroun (ONCP) nécessitent des échanges fréquents de données entre eux d'une part, et avec la Direction des Douanes d'autre part. Jusqu'à présent ces échanges se font à l'aide de documents écrits, du fait notamment de l'incompatibilité entre les différents équipements informatiques.

Le ministère chargé des transports devrait être sensibilisé sur l'importance de l'utilisation de la technologie informatique pour faciliter la collecte et la publication des informations statistiques issues de l'informatisation d'immatriculation des véhicules et d'attribution de permis de conduire et des licences de transport.

5 - Instruments d'appui à la technologie informatique</strong>

Au Cameroun, la plupart des secteurs de l'économie ont fait appel à la technologie informatique pour répondre avec plus de satisfaction au besoin sans cesse croissant des décideurs ainsi que des utilisateurs finaux. Il s'agit dans le secteur des administrations des applications telles PAGODE, ANTILOPE, TRINITE et CAMPAC.

A l'heure actuelle, il n'est pas exagéré de dire que la technologie informatique par sa puissance, a acquis dans les secteurs d'activité o elle est utilisée une dimension stratégique telle que les services qui en dépendent seraient sans doute paralysés en cas de dysfonctionnement grave de leurs applications.

Ce dysfonctionnement est lié généralement à deux facteurs ; la sécurité et la maintenance.

5.1 - La sécurité des applications informatiques

Les objectifs fondamentaux visés à travers la sécurité c'est-à-dire le bon fonctionnement des applications informatiques sont :

- la disponibilité

- la confidentialité des données traitées et des résultats produits ;

- la fiabilité des traitements et des résultats fournis ainsi que l'intégrité des données gérées.

a) Disponibilité

La disponibilité d'un système ou d'une application informatique est une résultante de plusieurs facteurs d'influence; les différents aspects physiques et logistiques qui influent sur la disponibilité vont être abordés progressivement.

Les exigences de disponibilité d'un système informatique varient suivant le type de traitement concerné. On distingue deux grands types de traitement :

- application en mode télétraitement (conversationnel, transactionnel et intéractif) : plus les traitements transactionnels sont nombreux et importants, plus leur exigence de disponibilité devient cruciale) ;

- traitement par lot (ou en mode différé, ou batch) ; la disponibilité est liée au délai maximum acceptable pour l'obtention des résultats par rapport aux dates initialement prévues.

b) Confidentialité

La confidentialité porte tant sur les traitements que sur les données.

Les traitements sont généralement classés comme suit :

- très sensible

- sensible

- banal.

Les données quant à elles sont qualifiées ainsi qu'il suit :

- très secret

- secret

- confidentiel

- privé

- public.

D'une manière générale un très haut niveau de confidentialité est exigé des professionnels du CENADI.

Cependant les classifications sus-évoquées font défaut en ce moment. Toutefois, de manière intuitive, les applications comme la solde (ANTILOPE) sont jugés sensibles par l'ensemble du personnel du CENADI.

c) Fiabilité

La fiabilité des traitements et des résultats produits par la plupart des applications informatiques du CENADI sont moins contestables par les usagers.

5.1.1 - Menaces potentielles d'une application informatique

Elles sont nombreuses et nous n'en citerons que quelques unes, à savoir : malveillance, vendalisme, sabotage, incendies, dégâts des eaux, pannes des équipements, laxisme, erreurs, omission, chaleur, rupture de stock des consommables, etc... Il peut être difficile et onéreux de se protéger contre toutes ces menaces. La sagesse dans ce cas consiste à se fixer un seul des risques au delà duquel il faut absolument envisager des mesures de protection faute de quoi les syst

mes informatiques ne pourraient pas fonctionner convenablement.

En deçà de ce seuil, le risque peut être accepté.

L'évaluation prospective des dommages est souvent difficile tout comme celle de la probabilité d'occurrence des menaces. Les menaces sus-rappelés peuvent être classées en catégories comme suit :

- la sécurité physique

- la sécurité logique

- les procédures de gestion.

5.1.2 - Sécurité physique

Les biens à protéger comprennent :

- les locaux

- les équipements informatiques

- les équipements d'alimentation électrique et de climatisation (matériels d'environnement).

Dans l'ensemble, les mesures de protection reposent sur :

-l'organisation des locaux

- les protections physiques

- le contrle des accès

- les dispositifs d'alarme

- les procédures d'intervention

- les procédures de sauvegardes.

5.1.2.1 - Les locaux

Il convient de relever qu'à l'exception des sites du centre informatique de Douala et Centre de Calcul des Universités de Yaoundé, presque tous les centres de calculs du Cameroun sont logés dans les bâtiments non conus pour l'activité informatique. De plus, le système de gardiennage est inexistant dans la plupart des centres. Au niveau du centre informatique du CENADI à Yaoundé, le gardiennage assuré par les éléments de force de l'ordre reste perfectible. Il est à noter que c'est sur le gardiennage que devrait reposer la responsabilité de la premire intervention en cas d'incident ; il s'agit donc là d'un aspect très important de la sécurité physique.

S'agissant des protections physiques, les menaces les plus courantes sont l'incendie, les dégâts des eaux (inondations), les effractions et les poussières.

A l'exception des installations des centres sus-cités presque tous les sites informatiques du Cameroun sont vulnérables en ce qui concerne les menaces sus-énoncées. On peut citer les installations du CENADI à Yaoundé qui ont été inondées à plusieurs reprises ; de même l'on a enregistré au moins trois cas d'incendie heureusement vite maîtrisés; les cas de vol avec effraction sont également nombreux notamment dans les locaux de la Division de l'informatique appliquée à la recherche et à l'enseignement (DIRE).

5.1.2.2 - Les équipements techniques

En équipements techniques nous distinguons trois catégories: - matériels informatiques

- climatisation

- alimentation électrique.

a) Matériels informatiques

Les matériels informatiques à prendre en compte sont : les unités centrales, les disques, les bandes et cartouches magnétiques, les imprimantes, les contrleurs de communication, les unités spécifiques pour le faonnage, les constituants du réseau de transmission de données (lignes, terminaux et leurs contrleurs) etc... Pour les grandes applications du CENADI (PAGODE, ANTILOPE, TRINITE) il n'existe pas de marges de capacités, ni de matériels redondant en particulier pour les contrleurs de communication et les contrleurs de terminaux. A signaler que les matériels légers exploités par les utilisateurs finaux sont maintenus dans des conditions parfois déplorables.

b) Climatisation

A l'exception des installations des régions chaudes o la température ambiante est parfois insupportable pour l'homme et du Centre de Calcul des Universités de Yaoundé, on note pour la plupart des autres centres informatiques du Cameroun l'absence d'une climatisation adaptée et efficace. Il y a comme une inadaptation de l'évolution de ces équipements par rapport à celle des équipements informatiques.

c) Alimentation électrique

L'instabilité du Réseau Public de Distribution Electrique justifie qu'une grande attention soit accordée à la mise en place d'un dispositif permettant une alimentation électrique sans interruption, avec une réserve de puissance le tout en harmonie avec les normes techniques des matériels informatiques installés.

L'installation type comprend un onduleur de capacité suffisante couplé à des batteries assurant une certaine autonomie de fonctionnement avec en bout de ligne un groupe électrogne de secours disposant d'une bonne réserve de puissance.

5.1.2.3 - Les supports magnétiques

Les supports magnétiques permettent la conservation des programmes et des données afin de préserver la capacité à assurer les traitements normalement, et éviter la perte des données.

Il est facile d'effectuer la duplication des supports magnétiques. Cependant les copies ne seront en sécurité que si elles sont gardées en lieu sûr, de préférence différent du site de traitement.

Ceci n'est pas le cas actuellement au CENADI et au niveau de la plupart des sites informatiques du Cameroun, par ignorance des décideurs ou par manque de locaux.

5.1.3 - La sécurité logique

Les facteurs majeurs qui contribuent à l'amélioration de la sécurité logique sont :

- le contrôle d'accès aux programmes et aux données ;

- la classification de la sensibilité des applications et de la confidentialité des données gérées ;

- la séparation effective des environnements de développement et d'exploitation ;

- l'homogénéité des méthodes et procédures de développement et d'exploitation ; celles des syst

mes d'exploitation et des outils logiques exploités pour les différentes applications d'une société ou d'un secteur ;

- la réalisation systématique des sauvegardes ;

- l'existence des procédures de Back-up en cas d'incident et la vérification périodique de leur bon fonctionnement (au moins deux fois par an) ;

- l'automatisation de l'exploitation.

5.1.3.1 - Contrle d'accès logique

Tous les systèmes qui fonctionnent en mode télétraitement doivent comprendre des dispositifs de contrôle d'accès logiques fiables.

Ces dispositifs sur le plan de la technique et des outils mis en oeuvre au CENADI (PAGODE, ANTILOPE, TRINITE) demeurent perfectibles. La gestion des mots de passe devrait être encore plus efficace pour les systèmes ANTILOPE et TRINITE moyennant des changements périodiques et une diffusion contrôlée.

En matière de contrôle d'accès logique, l'utilisateur final a également un rôle important à jouer en gardant jalousement son mot de passe et en verrouillant son poste de travail à l'issue de chaque session. Ce qui n'est pas le cas actuellement au CENADI par exemple.

5.1.3.2 - Classification des applications et des données

La plupart des applications et des données aux Cameroun ne comportent pas un genre de classification.

Ainsi l'ensemble des applications est vu sur un même niveau de sensibilité et de confidentialité, hormis la perception intuitive de la part du personnel.

5.1.3.3 - Séparation du développement et de l'exploitation

Cet aspect est capital pour atteindre un bon niveau de fiabilité des traitements et éviter les opérations malveillantes ou frauduleuses.

L'insuffisance des ressources informatiques en place explique l'impossibilité pour le CENADI et d'autres sociétés de disposer des environnements séparés pour les développements et les exploitations.

5.1.3.4 - Homogénéité des méthodes et des systmes

Cet aspect est très important pour trois raisons :

- pour raison d'efficacité et d'économie, les méthodes et les syst mes utilisés dans les applications informatiques de même niveau technique dans un même secteur devraient être homognes ;

- les opérations back-up ainsi que la maintenance s'en trouveraient grandement facilitées ;

- la relative pénurie en matière de personnel hautement qualifié aurait des conséquences moins dramatiques par le partage entre les différents syst mes existants des compétences disponibles.

Dans les faits cette homogénéité n'existe pas à l'heure actuelle, à l'exception des applications ANTILOPE et TRINITE.

Cette homogénéité ne pourra être réalisée que par une coordination efficace de l'acquisition des ressources informatiques et des développements des applications au niveau national.

5.1.3.5 - Organisation des sauvegardes

Au CENADI et dans la plupart des secteurs informatisés, les politiques des sauvegardes ne sont pas homogènes d'une application à l'autre ou d'un site à l'autre.

Ceci est dû en partie à la disparité des moyens existants (type et gestion des supports), et ainsi à la sensibilité des données traitées.

5.1.3.6 - Procédures de back-up

Au CENADI et dans la plupart des secteurs informatisés , aucune procédure formalisée de back-up n'existe d'un site à l'autre.

Ceci semble dû aux configurations hétérogènes (de matériels et de logiciels) en place.

En effet, les sites de Yaoundé et de Douala (CENADI) ne sont pas enti rement homogènes par exemple sur le plan des outils logiciels (ex : DATACOM/DB).

5.1.3.7 - Automatisation de l'exploitation

Au CENADI par exemple, aucune exploitation n'est automatisée en ce moment. Ceci pose généralement quelques probl

mes pour la répartition des responsabilités entre les équipes de développement et celles de l'exploitation si elles sont séparées.

5.1.4 - Procédures de gestion

Le problème le plus critique dans la sécurité des applications informatiques exploitées par le CENADI serait sans doute lié à la gestion des services dont il a besoin pour son bon fonctionnement.

En effet, les modalités de gestion administrative et financi re exercent une influence prépondérante sur le bon fonctionnement des différents aspects sus-présentés de la sécurité des applications informatiques du CENADI (PAGODE, ANTILOPE, TRINITE).

Dans ce cadre, un rapport d'audit de sécurité réalisé en 1984/1985 dans les différents sites du CENADI (Ex-DIT), a établi que le site informatique de PAGODE était le mieux géré ; ceci était principalement dû à la relative autonomie de gestion dudit centre sur la base des fonds alloués à la SINORG (SSCI étrangres) par l'Etat camerounais. Les experts avaient même prédit avec raison que cette situation allait se détériorer d s le départ de la SINORG, ce qui est bien le cas aujourd'hui.

En fait, l'autonomie budgétaire pour la gestion courante (commandes de services, de consommables, de petits équipements, etc...) engendre une meilleure dynamique de fonctionnement, et permet de réunir les conditions favorables en vue d'un respect scrupuleux des contrats de maintenance, du suivi de présence du personnel ainsi que des différents aspects liés au bond fonctionnement des applications informatiques exploitées. Outre qu'il y a un centralisme excessif vis-à-vis des procédures administratives (commandes de services, de consommables, d'équipements, etc...), les centres informatiques dépendant de l'administration camerounaise ne maîtrisent pas les circuits de règlement des prestations fournies, ce qui a pour effet de détériorer les rapports avec les fournisseurs et prestations de services.

Cette situation fragilise considérablement les applications informatiques des centres informatiques et entrave dangereusement les dispositifs de sécurité mis en place pour garantir un fonctionnement sans faille des applications;

Comme toutes les applications informatiques, celles du CENADI sont d'une sensibilité telle que, si les délais d'obtention des fournitures et services nécessaires sont trop longs, on court le risque qu'ils soient sans objet au moment de leur livraison.

5.2 - Maintenance

Il existe deux types de maintenance qui sont :

- la maintenance du matériel;

- la maintenance des logiciels.

Pour assurer une bonne maintenance, les utilisateurs devraient adopter une approche judicieuse avec les fournisseurs dont les principaux facteurs sont :

- choisir un matériel fiable ;

- signer un contrat de maintenance qui fixe un délai d'intervention raisonnable en cas de panne ;

- appliquer un service de maintenance préventive ;

- traiter avec un fournisseur solvable et sérieux ;

- créer des redondances ou des marges de capacité.

5.2.1 - Maintenance du matériel

Au Cameroun, la maintenance des mini-ordinateurs et des gros syst mes est du ressort des constructeurs alors que celles des micro-ordinateurs est du ressort des fournisseurs ou des SSCI. Or sur le marché camerounais, il n'existe pas de SSCI spécialisées dans la maintenance des micro-ordinateurs, ce qui crée d'énormes probl mes aux utilisateurs, en particulier ceux disposant de matériels importés ou dont la maintenance du matériel n'est plus assurée du fait de la cessation d'activités de leur fournisseur.

D'une manière générale, les utilisateurs sont peu sensibilisés aux probl mes de maintenance.

Selon le Plan national informatique, environ 70,6 des utilisateurs ont un contrat de maintenance. Il est à souligner que certains utilisateurs importent du matériel directement de l'étranger et n'arrivent pas à trouver sur place de fournisseur pour les prestations de maintenance.

Dans le secteur public, seulement 17,9 % d'organismes sont satisfaits de l'exécution de leur contrat de maintenance. Dans le secteur para-public par contre, 10 % seulement sont satisfaits.

Il est à remarquer que les utilisateurs se trouvant dans des contrées éloignées des sièges et agences des fournisseurs connaissent des retards considérables pour ce qui est des services de maintenance.

5.2. - Maintenance des logiciels</strong>

On distingue la maintenance des logiciels systme et celle des logiciels d'application.

Les logiciels système qui sont nécessaires à l'exploitation des ordinateurs, sont généralement livrés avec le matériel et leur maintenance relève de la compétence exclusive du fournisseurde ce dernier.

Les problèmes de maintenance de ce type de logiciel étant plus ardus sur les mini- ordinateurs et les gros systèmes, il nécessitent pour leur résolution des spécialistes en la matire (ingénieurs système).

Certains utilisateurs achètent directement de l'étranger des logiciels système et ne trouvent pas de fournisseurs sur place pour assurer leur maintenance.

Selon le cas, la maintenance des logiciels d'application qui rel ve généralement soit des SSCI, soit du service informatique de l'organisme, s'effectue sur la base d'un certain nombre de règles simples à suivre qui sont normalement consignées dans un document élaboré à cet effet.

Les utilisateurs ne disposent pas toujours de manuels utilisateurs. De plus, on note des insuffisances en matière de documentation des logiciels d'application. En effet, cette documentation n'est pas standardisée et n'est pas toujours compréhensible.

Près de 44 % des utilisateurs ont un contrat de maintenance de logiciel. Ce pourcentage reste faible, bien que certains utilisateurs fassent du développement interne. Le secteur privé et le secteur où l'on relève le plus grand nombre de contrats de maintenance.

Le secteur public et le moins satisfait des prestations des fournisseurs dans le cadre des contrats de maintenance.

5.3 - Observations</strong>

Le problème de la maintenance des micro-ordinateurs se pose avec acuité car les utilisateurs ont tendance à les acquérir sans s'assurer de la fiabilité de leurs fournisseurs, surtout lorsqu'on sait que les distributeurs et les représentants ne sont pas stables sur le marché.

De plus, une proportion de micro-ordinateurs est directement importée de l'étranger et certaines marques ne sont pas représentées au Cameroun.

Quant aux mini-ordinateurs et gros systèmes, les constructeurs qui assurent généralement la maintenance ont de plus en plus de la peine à se faire payer les prestations de maintenance par l'administration ou les sociétés para-publics minées par la crise économique.

En ce qui concerne la sécurité informatique, beaucoup reste à faire car certains informaticiens pensent qu'il vaut mieux ignorer cet aspect si on voudrait éviter des ennuis avec la hierarchie.

6 - Instruments de développement de la technologie informatique

Le développement de la technologie informatique dans un pays, dépend d'une part des ressources humaines investies et d'autres part de la formation et de la recherche en informatique.

6.1 - Ressources humaines

Le tableau ci-après tiré du Plan National Informatique illustre l'évolution des effectifs du personnel informaticien employé par les utilisateurs, tous secteurs confondus, pour la période 1985-1989.

D'après le Plan National Informatique, on note un accroissement du nombre de Camerounais employés (12 % pour les ingénieurs, 16 % pour les analystes) et une baisse sensible du nombre d'expatriés, au cours de la période 1985-1989. Globalement, le ratio et d'un ingénieur pour trois analystes (y compris les analystes programmeurs), ce qui est juste moyen en pratique.

Il est à souligner qu'aucun utilisateur ne compte dans ses effectifs un personnel qualifié en maintenance (ingénieurs, technicien), ce qui dénote une dépendance totale vis-à- vis des fournisseurs.

On peut dire qu'eu égard aux besoins des utilisateurs, ces ressources humaines restent insuffisantes, notamment en ce qui concerne les spécialistes de haut niveau tels que les ingénieurs concepteurs de système d'information et de bases de données.

6.2 - Formation et recherche en informatique</strong>

6.2.1.

En dépit de la reconnaissance par tous de l'importance de la formation dans le processus de développement de la technologie informatique dans un pays, l'enseignement de l'informatique reste très inégalement réparti dans les différents cycles de formation au Cameroun.

Alors que cet enseignement est pratiquement absent dans l'enseignement primaire, il est à ses balbutiements dans certains établissements d'enseignement secondaire et supérieur.

6.2.1.1 - Informatique dans l'enseignement secondaire

Si d'une manière générale, l'enseignement de l'informatique n'est pas encore introduit dans l'enseignement secondaire général, on note dans l'enseignement secondaire technique une amorce du mouvement, caractérisée notamment par une éclosion générale de clubs informatiques.

Ces clubs sont généralement créés à l'initiative des professeurs et grâce à l'aide de la coopération étrangère. Certains fournisseurs de la place apportent leur contribution sous forme de dons de matériels, de pièces détachées et de prestations de service en maintenance.

En général, ce sont des professeurs connaissant plus ou moins l'informatique qui encadrent leurs collgues et les élèves. Dans certains clubs, des applications destinées à la gestion de leur établissement sont développées.

Des clubs informatiques développent des relations entre eux en échangeant par exemple des programmes. Chaque année, certains de ces clubs organisent des séminaires .Portes ouvertes/ durant lesquelles les élèves exposent leurs travaux en informatique.

Un des problèmes majeurs que rencontrent les clubs informatiques est celui de la maintenance de leurs matériels. En effet, les sociétés de la place refusent généralement la réparation du matériel qui n'a pas été acheté chez elles.

De plus, le bon fonctionnement de ces clubs est perturbé par la mutation dans d'autres établissements des enseignants encadreurs, ce qui entraîne une certaine vulnérabilité de ces expériences.

Les clubs informatiques ne disposent pas de budget. Ils fonctionnent grâce non seulement au budget alloué aux coopératives des élèves, mais aussi aux aides provenant de l'extérieur de leur établissement.

6.2.1.2 - Informatique dans l'enseignement supérieur

Dans l'enseignement supérieur, des cours d'informatique sont dispensés non seulement dans certaines facultés et grandes écoles de l'Université de Yaoundé actuellement scindée en deux Universités (Université de Yaoundé I et Université de Yaoundé II), mais également dans quelques établissements relevant de certains départements ministériels. Mais c'est à la Faculté des Sciences, notamment dans le département d'Informatique créé en 1990, que des actions concrètes dans ce sens connaissent une ampleur considérable.

L'introduction de l'informatique à l'ex-Université de Yaoundé date officiellement de l'année 1979-1980 dans le département de mathématique, avec l'ouverture d'une maîtrise en informatique. Cependant, l'existence de cette maîtrise n'a pas dépassé l'année de sa création (voir tableau ci-après), en raison du manque de candidats.

Malgré un réel souci de renforcement des enseignements en informatique dans les disciplines scientifiques grâce au recrutement d'enseignants spécialisés (11 enseignants actuellement au département informatique) et la création du département informatique en 1990, aucune consonance informatique n'est attachée aux diplmes délivrés par ce département jusqu'à ce jour.Dès l'année 1983-1984 pourtant, une option informatique a été informellement définie en maîtrise de mathématique. Cependant, peu d'étudiants ont suivi cette formation. Bien qu'il n'existe pas de textes officiels portant création de ces deux options, la maîtrise en informatique a quand même vu le jour au cours de l'année académique 1984-1985 et la licence de mathématique, option informatique, en 1985-1986. Un troisi me cycle de Doctorat est également ouvert au département informatique qui délivre déjà des DEA en informatique.

Le tableau ci-après est récapitulatif des effectifs ayant obtenu ces trois diplmes :

Année

1984-
1985
1985-
1986
1986-
1987
1987-
1988
1988-
1989
1989-
1990
1990-
1991
1991-
1992
1992-
1993
Licence de Mathematiques option informatique - 10 11 7 8 10 12 24 17
Maîtrise en informatique DEA en informatique 7 6 4 2 5 5 7 6 -



Les enseignants d'informatique relevant du département informatique assurent la formation en informatique de l'ensemble des étudiants de la Faculté des Sciences. L'initiation à l'informatique s'étant même à d'autres facultés où l'initiative est prise par leurs responsables qui font également appel aux enseignants vacataires.

L'Ecole nationale supérieure polytechnique (ENSP) a, de son côté, commencé à dynamiser la formation de ses élèves-ingénieurs en informatique. A cet effet, la mise en oeuvre de ce programme est assurée en collaboration avec l'Institut national polytechnique de Lorraine à Nancy (France) dans le cadre d'une convention inter-universitaire liant ces deux établissements.

Un projet de création d'un département d'informatique ouvrant la voie à une option informatique à l'ENSP a été décidé par le Conseil de direction de l'Ecole en février 1989. Cette option informatique est opérationnelle depuis 1989 au sein du département de Mathématique et d'Informatique.

Dans certains établissements de l'enseignement supérieur sous la tutelle de la Fonction publique ou des autres départements ministériels, des cours d'initiation à l'informatique sont dispensés dans tous les cycles et toutes les options. Certaines de ces écoles sont équipées en micro-ordinateurs servant aux travaux pratiques.

A l'Université de Douala (Ex-Centre Universitaire de Douala) est créé depuis 1990 un Institut universitaire de technologie (IUT) ayant un cycle de brevet de techniciens supérieurs en informatique.

Néanmoins, on observe que l'enseignement de l'informatique qui est jusqu'ici dispensé dans l'enseignement n'est pas adapté au marché de l'emploi. En effet, cet enseignement est surtout orienté vers les domaines scientifiques et de la recherche, alors que les besoins actuels relèvent plutôt du domaine de la gestion.

Depuis 1991, plus de quatre établissements privés d'enseignement supérieur sont créés à Yaoundé et à Douala ayant un cycle de brevet de techniciens supérieurs en informatique de gestion.

Il est également à noter que les diplômés en Informatique ont été formés dans leur majorité, soit à l'IAI de Libreville, soit dans les grandes écoles et les universités de France, de Grande-Bretagne et d'Amérique du nord.

Il existe cependant au Cameroun quelques sociétés spécialisées dans la formation, qui suppléent les établissements officiels d'enseignement supérieur. Ces sociétés forment généralement des analystes, des programmeurs et des opérateurs, mais les attestations qu'elles délivrent ne sont pas officiellement reconnues, ce qui crée des probl mes d'insertion de leurs diplômes dans le marché d'emploi.

6.1.3 - Actions d'appui à la formation

Du fait de l'absence de structures nationales de formation en informatique (avant 1992), le gouvernement camerounais attribuait chaque année des bourses pour les études à l'étranger.

Entre 1986 et 1989, c'est la France qui a reçu le plus grand nombre de boursiers du gouvernement camerounais avec 200 bourses, ce qui représente environ 38 % du nombre total des bourses allouées pour des études en informatique pendant cette période.

Pendant la même période, 45 bourses ont été attribuées aux étudiants inscrits à l'IAI de Libreville, et les contributions du Cameroun au budget de l'IAI ont été de l'ordre de 90.000.000 francs CFA.

Durant cette période, le gouvernement camerounais a octroyé 529 bourses pour des études en informatique sur un total de 7366 bourses à l'étranger, soit 7,2 % de l'enveloppe globale.

Dans les chiffres ci-dessus, il n'est pas tenu compte des renouvellements conditionnels, aucune base ne permettant de savoir si une bourse conditionnelle a finalement été octroyée ou non.

En 1988/1989, pour tous les pays, les enveloppes de bourse ont été soit maintenues au niveau o elles se trouvaient en 1987/1988, soit revues à la baisse. Seul le Canada a vu le nombre de boursiers du gouvernement camerounais croître. Il s'agit d'un financement conjoint, le Cameroun payant les mensualités de bourses aux étudiants et le Canada prenant à sa charge les frais de scolarité et les frais annexes.

Cette tendance sera maintenue en 1989/1990 et 1990/1991. En 1991/1992, seules les bourse de formation des formateurs ont été octroyées par le gouvernement camerounais.

En 1992/1993, le gouvernement camerounais suspend tout octroi de bourses dans le pays et à l'étranger. Désormais la formation est payante pour tous (50.000 Francs CFA). De 1986 à 1989, l'Etat a consenti 1.163.800.000 francs CFA pour la formation des informaticiens à l'étranger.

Avant les années 80, le gouvernement camerounais a signé avec l'IBI une convention portant création d'un fonds conjoint de bourses. A ce titre, le Cameroun a, de 1984 à 1988, versé à cet organisme un total de 294.000 dollars américains pour les bourses et les missions d'études en informatique.

Certains étudiants camerounais en formation à l'étranger ne bénéficient pas de bourses d'études ou d'aides spéciales du gouvernement. Ils sont financi rement soutenus par leurs familles et leurs proches.

6.1.4 - Formation continue en informatique

L'informatique est une technologie évolutive qui nécessitent souvent le recyclage du personnel informatique.

D'une manière générale, les utilisateurs de cette technologie relevant des secteurs public et para-public font peu d'efforts dans ce sens. En effet, les dépenses pour la formation représentent une infime partie du budget alloué à l'informatique.

Dans le secteur public en particulier, on observe une absence de stages, notamment ceux de spécialisation dans des domaines importants tels que les logiciels syst me. De plus, on note un nombre peu élevé de stages de reconversion.

S'agissant des utilisateurs du secteur privé, ils fournissent dans ce domaine plus d'efforts que ceux des deux autres secteurs.

Chez les fournisseurs de la technologie informatique, on note une prise de conscience effective des problmes de formation.

Les tableaux ci-après tiré du PNI donnent une idée des investissements réalisés par ces fournisseurs et du nombre de personnes ayant chaque année bénéficié d'une formation. Le tableau ci-dessous tiré du PNI indique le nombre de personnes, par catégorie, ayant bénéficié d'une formation au Cameroun pour la période 1985-1989 :

Pour cette période, environ 60 % du personnel en activité a suivi une formation au Cameroun. Ainsi, en moyenne 11 ingénieurs et 9 analystes étaient concernés par ce type de formation.

Le tableau ci-dessous tiré du PNI donne le nombre de personnes, par catégorie, ayant bénéficié d'une formation à l'étranger pour la même période :

Les coûts induits, en millions de francs CFA de la formation dispensée au Cameroun sont les suivants :

Quant aux coûts de la formation dispensée à l'étranger, ils se présent comme suit :

Pour la période 1985-1989, les fournisseurs ont alloué 214 millions de francs CFA à la formation à l'étranger, soit 1.192.000 francs CFA par ingénieur et 1.500.000 francs CFA par analyste, sur les 4 ans.

6.1.5 - Sensibilisation et vulgarisation

La culture informatique est très peu diffusée au Cameroun. Le grand public et peu sensibilisé à l'utilisation de la technologie informatique. La télévision et la radio ne consacrent pas de tranches d'antennes à l'informatique. Peu d'articles de presse écrite ont trait à cette technologie.

Il n'existe pas de lieux ouverts au grand public pour se familiariser avec l'informatique. A l'exception de quelques séminaires à l'initiative du secteur privé et de quelques manifestations de grande envergure telles que :

- la tenue d'un salon de l'informatique et de la bureautique en 1987 et en 1988,

- le 1er Colloque Africain sur la Recherche en Informatique du 13 au 20 Octobre 1992, les activités de vulgarisation sont quasi inexistantes.

6.2 - Recherche en informatique

Au Cameroun, il n'existe pratiquement pas d'organismes spécialisés dans la recherche en informatique, contrairement à d'autres secteurs comme l'agriculture. Dans le monde pourtant, il existe un grand nombre de domaines de recherche dont les plus importants sont :

- l'enseignement assisté par ordinateur ;

- l'intelligence artificielle ;

- les bases de données ;

- l'analyse numérique ;

- le génie logiciel ;

- la conception de systèmes d'information ;

- le parallélisme ;

- la recherche opérationnelle ;

- l'analyse des données ;

- les réseaux informatiques.

Au Cameroun, quelques travaux de recherche sont menés à l'initiative de certains enseignants de l'enseignement supérieur.

Il s'agit notamment des thèmes de recherche suivants:

- l'algorithmique parallèle et ses applications ;

- l'intelligence artificielle et ses applications ;

- les bases de données.

Enfin, il est à relever que contrairement à la pratique dans d'autres pays du monde, il n'y a pratiquement pas de relations entre les milieux de la recherche et les fournisseurs de la technologie informatique.

6.3 - Observations</strong>

1. Il n'existe pas au Cameroun une politique permettant de définir les voies et moyens de l'introduction de l'informatique en milieu scolaire dans le but de développer la créativité chez les élèves.

2. L'enseignement de l'informatique à la Faculté des Sciences de l'Université de Yaoundé I n'est ni formalisé ni professionnalisé. La professionnalisation consisterait à adapter les programmes d'enseignement aux besoins du marché de l'emploi (informatique de gestion, réseaux, maintenance de micro-ordinateurs, etc...).

3. Quasi inexistence de structures et de législation nationales pouvant faciliter la formation de techniciens supérieurs, notamment dans le domaine de la maintenance des micro-ordinateurs.

4. Absence d'une politique de sensibilisation des responsables de l'administration sur les avantages et les utilisations de la technologie informatique.

5. Quasi inexistence d'un cadre éducatif, des médias, des foires et des expositions capables d'informer le grand public de l'objet, de l'utilisation et de l'importance de la technologie informatique.

6. La recherche en informatique est menée dans un cadre non structuré et ne constitue pas un soutien aux enseignements.

7. Les programmes de recherche ne sont toujours pas orientés vers la satisfaction des besoins du pays.

8. Il n'existe pas dans le pays, une véritable association nationale ou un corps des informaticiens capable de développer une prise de conscience sur l'importance de la technologie informatique chez les hauts responsables de l'administration afin que ceux-ci déclenchent dans leurs secteurs respectifs une réelle dynamique de l'informatisation.

9. Instabilité chronique des responsables et des structures due aux remaniements, aux mutations et aux réformes.

7 -Instruments dérivés de la technologie informatique

Ce sont la télématique, les banques de données et la bureautique.

La télématique occupe une place de choix dans les économies modernes et constitue un appui à l'informatique de communication. Le développement de cette technique repose sur des infrastructures de télécommunications fiables. Il faut opérer un rapprochement de l'informatique et des télécommunications pour un développement harmonieux de ces technologies.

Le besoin non seulement d'effectuer des transferts de données entre de gros ordinateurs, mais également de mettre l'information à la disposition du public fait de la mise en place de voies de transmission fiables une grande priorité. Avec la prolifération des ordinateurs et des équipements de transmission, le besoin d'interfaces standards entre les types de matériels, de protocoles et de logiciels de transmission standards devient crucial. Ceci réduit le nombre de probl mes éventuels de comptabilité entre les différents systèmes et accroît les possibilités d'accès partagé aux données.

La bureautique permet d'améliorer la productivité des services au niveau national.

Les banques de données dont le taux de croissance annuel du marché de par le monde est de l'ordre de 20 %, constituent un secteur de développement porteur. Ainsi, il existe dans le monde plus de 3000 banques de données dont 75 % environ sont d'origine américaine, 20 % appartenant à l'Europe. A cause du faible développement de l'instrument statistique et des infrastructures de télécommunications, l'Afrique compte moins de 1 % des banques de données installées, ce qui explique pourquoi la quasi-totalité des données disponibles sur l'Afrique sont stockées dans les banques de données étrang res, notamment en France, (ISIS-Afrique, Ibiscus) où 77 % d'entre elles sont la propriété du secteur public.

L'intérêt des banques de données est réel. En effet, la seule disponibilité des données relatives à un pays à l'extérieur de celui-ci est préjudiciable à la souveraineté nationale. Ceci a particulièrement pour conséquence d'hypothéquer le pouvoir de décision à tous les niveaux de responsabilité. La mise sur pied des banques de données dans un pays participe alors de la volonté de sauvegarder l'indépendance pour des transferts locaux des informations. L'enjeu commercial est tout aussi important, l'interrogation d'une banque de données bibliographiques par exemple rapportant 7.500 francs CFA environ toutes les 15 minutes, et celle d'une banque de données cartographiques pouvant rapporter jusqu'à 300.000 francs CFA de l'heure.

Nous allons décrire en détail l'évolution de ces instruments au Cameroun.

7.1 - Télématique</strong>

La télématique est un ensemble des techniques et des services combinant les moyens de l'informatique avec ceux des télécommunications et servant à la transmission à distance des données.

7.1.1 - Infrastructures de télécommunications

Le réseau de télécommunications camerounais est dimensionné à 95 % pour le téléphone, le reste étant consacré au télex, au télégraphe, au télétex, etc. La commutation et la transmission à grande distance sont sous-dimensionnées. Malgré un relatif surdimensionnement au niveau des circuits locaux, le réseau est déséquilibré et ne satisfait que 20 % des demandes potentielles de téléphone et de télex, avec environ 3 téléphones pour 1.000 habitants. Les zones rurales n'ont pas encore connu le téléphone.

La télématique n'a pas été suffisamment prise en compte dans ce dimensionnement. Le plan directeur de développement des télécommunications élaboré en 1986 a pour but essentiel d'arriver à un taux de satisfaction d'environ 90 % des demandes de téléphone et de télex.

Toutefois, il prévoit à l'horizon 1997-2000 une numérisation compl te du réseau, ainsi qu'une évolution vers le Réseau numérique à intégration des services (RNIS).

7.1.2 - Réseau CAMPAC (Cameroon Packet Switching Network)

La télématique au Cameroun a pour support le réseau CAMPAC.

C'est un réseau public de transmission de données dont la mise en place progressive a débuté en 1982 avec à l'origine les objectifs suivants :

- permettre des échanges fiables et économiques de données entre équipements informatiques de toute nature (ordinateurs, terminaux, etc) et entre ces derniers et leurs utilisateurs divers ;

- permettre la création de l'infrastructure nécessaire au développement des techniques modernes de traitement de transmission, d'archivage et de recherche de l'information. Nécessitant des supports de transmission à emprunter aux infrastructures existantes des Postes et Télécommunications, le réseau CAMPAC est devenu une réalité grâce aux efforts conjugués de la DCIT (devenue CENADI) et de la Direction des télécommunications, avec l'assistance technique de la société française câbles et radio. L'ouverture officielle dudit réseau a eu lieu en 1986, après un investissement global de l'ordre de 2 milliards de francs CFA.

Le réseau CAMPAC assure actuellement la quasi-totalité des communications informatiques sur le territoire national, ainsi qu'avec l'extérieur. Il sert ainsi de support non seulement aux applications classiques et télétraitement, mais également aux nouveaux services télématiques à valeur ajoutée tels que la messagerie électronique ou la consultation de banques de données étrangères. A cet effet, il offre :

-un service de liaisons spécialisées urbaines et interurbaines ;

- un service de commutation de paquets dont le protocole de transmission est conforme à l'avis X25 du CCITT.

7.1.2.1 - Implantation géographique du réseau CAMPAC

Le réseau CAMPAC est actuellement opérationnel dans les villes de Douala, Yaoundé, Garoua et Bafoussam, avec en projet une extension vers les autres localités du pays en fonction des besoins et du degré de pénétration des infrastructures des Postes et Télécommunications (voir schéma d'implantation géographique ci-après).

Au total, 171 abonnements ont déjà été souscrits, avec une progression moyenne annuelle de 35 % depuis 1986.

Le service des liaisons spécialisées urbaines et interurbaines est pour le moment circonscrit aux villes de Yaoundé et Douala, les débits de transmission oscillant entre 2400 et 4800 bits par seconde (bit/s) suivant les liaisons.

Quant au service de commutation de paquets, il exploite quatre commutateurs de circuits virtuels (CCV) répartis dans les quatre villes de Yaoundé, Douala, Garoua et Bafoussam. Mais le CCV dédié à la localité de Bafoussam et momentanément installé à Douala, ce qui implique le recours à des liaisons spécialisées interurbaines Bafoussam-Douala dans l'attribution des accs synchrones X25 aux clients de Bafoussam.

Les accès synchrones X25 conviennent bien entendu à des machines rapides munies d'une interface X25 (1200, 4800, 9600 bits/s).

Néanmoins, deux concentrateurs de terminaux asynchrones ont été installés à Yaoundé et Douala respectivement. Ils permettent aux machines lentes (300, 600, 1200 bits/s) telles que les minitels d'avoir accès à la commutation de paquets, en passant généralement par le réseau téléphonique commuté (accès RTC).

Dans l'ensemble, le réseau CAMPAC offre donc des vitesses de commutation allant de 300 à 9600 bits/s, et permet l'interconnexion de divers types d'équipements sur le territoire national : ordinateurs, contrleurs de terminaux, terminaux intelligents, terminaux écrans, etc. Les communications internationales sont rendues possibles grâce à une liaison satellite de 9600 bits/s qui relie le réseau CAMPAC au Noeud de transit international (NTI) de Paris.

7.1.2.2 - Répartition des abonnements par localité et par secteur

Le tableau ci-après tiré du Plan National Informatique et réactualisé donne la répartition géographique des abonnements déjà souscrits :

Les villes de Douala et Yaoundé totalisent ensemble 95 % des abonnements, dont 67 % pour Douala. Le service des liaisons a été jusqu'à présent le plus sollicité, avec 54 % des abonnements, contre 46 pour le service de commutation de paquets.

Le réseau CAMPAC a ses clients dans les secteurs public et privé, le secteur para- public n'ayant que peu suivi avec seulement 3 % des abonnements. Le secteur public, avec 31 % des abonnements, est essentiellement représenté par le CENADI et les applications PAGODE, ANTILOPE et TRINITE.

Le secteur privé, avec 65 % des abonnements, connaît une plus grande répartition par branches d'activité avec une nette domination des banques et des assurances, des transitaires, des industries et des fournisseurs de la technologie informatique. On compte ainsi une soixantaine de sociétés rivées parmi la clientle de CAMPAC.

Le réseau CAMPAC est ouvert non seulement aux professionnels, mais aussi au grand public. D'après les enregistrements du Centre de Gestion de Douala, le trafic généré dans la communication de paquets dépasse actuellement le milliard de caract res par an, soit six fois plus qu'en 85/86. Environ 4000 communications sont actuellement établies chaque mois, 40 % se faisant avec l'extérieur. Les communications internationales sont essentiellement sortantes, dont 95 % vers la France. Le secteur privé génère la quasi-totalité du trafic en commutation de paquets.

7.1.2.3 - Demande potentielle de transmission de données

La forte progression annuelle des abonnements au réseau CAMPAC constitue en soi un indicateur significatif d'existence d'une demande potentielle importante. Cependant, l'évaluation de cette demande reste difficile.

Au cours de la période 1985-1989, pour 1000 lines téléphoniques principales installées, 4 liaisons spécialisées urbaines seulement ont été attribuées, à cause sans doute de l'absence d'une politique de promotion du réseau CAMPAC. Le taux de satisfaction des demandes de liaisons spécialisées est estimé à 40 %. Ce taux reste tout à fait valable pour la demande globale de transmission de données dans son ensemble. La satisfaction de la demande globale et essentiellement freinée par des problmes de saturation au niveau des infrastructures de télécommunications.

7.2 - Bureautique</strong>

La bureautique englobe le traitement de texte et divers services à valeur ajoutée tels que la télécopie, le télétex, la messagerie électronique, le vidéotex, la consultation de banques de données, etc.

Le traitement de texte est de plus en plus utilisé dans les bureaux. Environ 60 % des organismes possèdent cet outil. Cependant, la machine à écrire demeure largement utilisée. La prolifération des micro-ordinateurs favorise le développement de l'utilisation du traitement de texte.

La télécopie est le dernier phénomène bureautique en date, avec un taux d'utilisation actuel de plus de 30 % dans les administrations.

Ce service connaît un développement appréciable depuis l'ouverture de deux services spéciaux :

- le premier par INTELCAM,

- le deuxième au sein du Ministère des Postes et Télécommunications gérant les téléboutiques qui assurent aupr

s du grand public la commercialisation des communications

téléphoniques et des télécopies.

Les prochaines années connaîtront une banalisation progressive de cet outil dont l'efficacité n'est plus à démontrer et qui est à la portée du grand public.

La pratique de la messagerie électronique qui est essentiellement liée à la mise en place du réseau CAMPAC, se fait par le biais des accès au réseau téléphonique commuté. Ce

service, dont le faible niveau de pratique actuel n'est qu'une conséquence de la méconnaissance, devrait pouvoir constituer un important complément à la téléphonie dans les années à venir, compte tenu notamment des besoins déjà exprimés. Le service vidéotex n'est pas encore officiellement ouvert au sein du réseau CAMPAC. Il n'est pratiqué qu'à titre expérimental par les gestionnaires de réseaux. S'agissant de la consultation des banques de données, on note la quasi-inexistence de serveurs sur l'ensemble du territoire camerounais. L'enjeu est pourtant de taille, dans la mesure o il est question de pouvoir le plus rapidement possible avoir acc s à l'information là où elle se trouve. La recherche de l'information se fait donc actuellement vers les serveurs étrangers dans les données socio-économique, médical, agricole et scientifique. Le taux de pratique demeure faible, de l'ordre de 3 % dans l'ensemble des secteurs.

7.3 - Banques de données</strong>

La quasi-totalité de banques de données sur le territoire camerounais cache mal l'existence d'une forte demande potentielle dans tous les secteurs notamment le secteur médical et le secteur scientifique.

On peut néanmoins relever l'existence d'une maquette de banque de données agro- pastorale camerounaise réalisée par le CENADI en 1986 et actuellement en cours d'actualisation.

7.4 - Observations</strong>

1. Le réseau CAMPAC a favorisé le développement de la télématique au Cameroun. Cependant, de multiples probl

mes subsistent. Il s'agit notamment :

- de la saturation de certaines zones urbaines de Yaoundé et de Douala pour les liaisons spécialisées urbaines ;

- du nombre relativement faible de postes d'acc

s disponibles à la commutation de

paquets en mode synchrone X25 ;

- du taux excessif de coupures de faisceaux hertziens, et ce, malgré le fait que les artères entre les centres de commutation soient généralement secourus et que le réseau fonctionne 24 heures sur 24 ;

- du taux d'appels inefficaces pour les accès au réseau téléphonique commuté, ainsi que des délais d'attente de tonalité;

- de la confidentialité des informations transmises à travers le réseau ;

- de l'insuffisance de ressources humaines spécialisées dans le domaine ;

- de l'absence d'une politique de promotion du réseau CAMPAC.

La conjoncture de toutes les insuffisances constitue un frein sérieux au développement du réseau CAMPAC et de la télématique dans le pays.

2. La bureautique est en plein essor dans le domaine du traitement de texte et de la télécopie, mais piétine encore en ce qui concerne les autres services à valeur ajoutée, y compris la consultation des banques de données dont la quasi-inexistence sur le territoire camerounais constitue un frein supplémentaire.

3. La banque de données permet une meilleure connaissance d'un domaine car elle assure la collecte, le stockage et la mise à jour des données relatives à ce domaine.

Le Cameroun devrait développer une politique spécifique capable de promouvoir la création des banques de données suivantes sur le territoire national :

- banque de données industrielles permettant une meilleure connaissance de la production industrielle (données relatives aux produits manufacturés (nomenclature, prix, etc.)) ;

- banque de données commerciales (données relatives aux établissements de commerce installés au Cameroun, notamment le volume de leurs transactions et l'exploitation des titres divers qui leur sont accordés) ;

- banque de données socio-économiques (données relatives aux principaux indicateurs socio-économiques) ;

- banque de données fiscales et douanières (données relatives au Code général des impôts, au Code des investissements et au Code des douanes) ;

- banque de données législatives (données relatives aux lois et aux débats à l'Assemblée nationale) ;

- banque de données sur le marché de l'emploi (données relatives aux offres et demandes d'emploi) ;

- banque de données sur l'emploi (données relatives aux statistiques sur l'emploi) ;

- banque de données relatives aux études réalisées sur le Cameroun (données résultant de différents sujets de recherche sur le Cameroun).

4. Les ressources humaines en informatique sont en nombre insuffisant, les spécialistes réseau déjà peu nombreux dans les pays du Nord sont très rares au Cameroun.

5. Seules les grandes compagnies sont représentées au Cameroun (IBM devenue CBM, Bull et HP). Orientées vers les marchés de la gestion et de l'Administration, ces entreprises connaissent mal les "stations de travail" et les applications scientifiques. Elles disposent de peu de compétence dans le domaine des réseaux longue distance. La maintenance des ordinateurs est d'un coût double de celui qui est constaté dans les pays du Nord pour un service égal. L'insuffisance du stock de pi ces détachées leur impose de recourir fréquemment à des importations qui allongent les délais d'installation et de réparation.

8 - Instruments de coopération internationale

Dans le domaine de l'informatique, le Cameroun participe aux activités d'un certain nombre d'institutions spécialisées dans le domaine de la coopération multilatérale et bilatérale.

8.1 - Coopération multilatérale

CAMEROUN-IBI (Bureau intergouvernemental pour l'informatique) :

Le Cameroun a adhéré à l'IBI en 1975 et en est devenu membre du conseil d'administration en Septembre 1986. L'IBI a créé des institutions spécialisées dans le but de mieux cibler ses objectifs et permettre la réalisation d'un certain nombre de programmes dans les Etats membres.

Le Cameroun a pris part aux activités d'une de ces institutions, en l'occurrence l'Institut international de développement de l'informatique (IBIDI) et fut lié comme entité de support au projet IBI-LEARN, projet destiné à l'apprentissage assisté par ordinateur.

L'IBI a aidé le Cameroun dans le projet de création d'une école de formation de programmeurs, mais cette derni

re n'a pas encore vu le jour en raison de manque de moyens logistiques.

Le Cameroun a signé avec l'IBI une convention portant création d'un fond conjoint de bourses, ce qui a permis à de nombreux Camerounais de suivre des séminaires et d'obtenir des bourses d'études.

L'IBI est en phase de liquidation à cause de l'inadéquation des moyens logistiques par rapport aux objectifs assignés.

CAMEROUN-GROUPE DE YAMOUSSOUKRO (Côte d'Ivoire)

En 1985, le Groupe de Yamoussoukro qui est une émanation de l'IBI, a été créé dans le but de mener une réflexion stratégique sur l'utilisation de l'informatique comme outil d'aide au développement économique et social du continent africain. Le ministre camerounais chargé de l'informatique avait été désigné comme membre du comité directeur de ce groupe. Cependant, ce club n'a pas déployé ses activités.

CAMEROUN-ACCT (Agence de coopération culturelle et technique)

L'ACCT est un organe de la francophonie. Cette agence accorde des bourses de stages de courte durée. Les Camerounais bénéficient régulièrement de ces bourses.

CAMEROUN-IAI (Institut Africain de l'Informatique)

Le Cameroun a signé le 29 Janvier 1971 dans la capitale tchadienne, une convention le liant aux pays de la sous-région en vue de la création de l'Institut Africain de l'Informatique de Libreville. En plus de sa principale vocation qui est la formation, l'IAI constitue un organe de support pour différents manifestations telles que l'organisation de séminaires et de stages.

CAMEROUN-PII (Programme intergouvernemental d'Informatique)

C'est à sofia (Bulgarie), au cours de la 33e conférence générale de l'UNESCO en 1985, qu'est officiellement né le Programme Intergouvernemental d'Informatique (PII) qui mettait fin au comité intergouvernemental intérimaire créé quelque temps plut tôt. A cette occasion, le Cameroun a été élu membre du comité d'organisation du PII pour un mandat de 4 ans.

L'objectif fondamental du PII est la mise en place, au sein de l'UNESCO, d'un programme ayant pour objet le lancement dans le domaine de l'Informatique, d'une nouvelle action internationale de coopération à caractère pragmatique et opérationnel. Il s'agit de renforcer la formation des spécialistes, de développer les infrastructures, de définir les politiques nationales et de mieux faire connaître le rle de l'informatique dans le monde.

Il semble toutefois que c'est dans le secteur éducatif que le PII entend promouvoir ces programmes dans les pays en voie de développement. Les difficultés de démarrages des activités du PII ne permettent pas encore au Cameroun de voir se réaliser sur son territoire les projets désirés.

Bien que le PII soit un organisme jeune, le Cameroun a inscrit un projet de vidéotex pour les appels d'offres. Ce projet n'est pas encore lancé faute de moyens financiers.

CAMEROUN-UNU-INRIA

Depuis 1986, l'Université des Nations Unies (UNU) a mis en place une collaboration tripartite : Université de Yaoundé, Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA) et l'Université des Nations Unies. Cette collaboration, qui reçoit le soutien du Ministère Français de la Coopération et du Développement, a pour objectifs majeurs :

- d'apporter un appui à l'enseignement de haut niveau,

- d'aider à la mise en place et au développement d'équipes de recherche au sein de l'Université de Yaoundé et plus largement au niveau régional africain.

De cette même collaboration naÎtra le projet d'organiser une manifestation scientifique international : attentifs à l'essor scientifique et plus particuli rement à l'avancée en

informatique, que connaissent l'Afrique Centrale et l'Afrique de l'Ouest actuellement, le Ministère de la Coopération, l'INRIA, l'UNU et l'Université de Yaoundé ont décidé d'organiser du 12 au 20 octobre 1992 à Yaoundé le 1er Colloque Africain sur la Recherche en Informatique.

CAMEROUN-LICIA (Laboratoire international de calcul et d'informatique appliquée)

Le LICIA est un organisme intergouvernemental, créé en 1984. Il a pour but majeur de susciter et d'organiser, dans les pays membres qui sont essentiellement africains, la recherche par le biais de la coopération avec les pays industriels, en vue du développement de toutes les techniques et des technologies informatiques et mathématiques. Le LICIA octroie des bourses de perfectionnement en informatique.

Le Cameroun a été coopté comme membre fondateur de ce laboratoire et son adhésion est en cours.

8.2 - Coopération bilatérale

Dans le domaine de l'informatique, il n'existe pas de protocole d'accord liant le Cameroun à d'autres pays, l'informatique n'étant pas évoquée dans les commissions mixtes.

8.3 - Observations

1. L'exploitation des mécanismes de coopération internationale dans le domaine informatique est timide.

2. Le marché national de l'informatique étant limité, il faudra promouvoir les échanges avec les pays limitrophes, notamment ceux de l'Afrique Centrale. Ces échanges devront se faire sur la base d'un ensemble d'accords entre les pays de la sous-région. Ces accords pourront aboutir à des initiatives conjointes de production, d'équipements, de développements d'applications ou d'exécution de programmes de recherche englobant plusieurs pays.

3. Pour des projets d'informatiques d'envergure, eu égard aux moyens financiers nécessaires, leur réalisation pourra être envisagée dans le cadre de la coopération internationale.

4. Pour concrétiser toutes les actions entreprises dans le domaine de la coopération internationale, l'administration chargée de la coopération internationale, l'administration chargée de l'informatique et les administrations chargées de la coopération économique et technique devront travailler en étroite collaboration. C'est ainsi que dans le cadre de certaines commissions mixtes, l'informatique devra figurer en bonne place à l'ordre du jour et les responsables informaticiens devront faire partie des experts.

5. L'intensification des échanges d'expériences tant avec les pays du Nord qu'avec ceux du Sud permettra au Cameroun d'acquérir un savoir-faire et d'atteindre la dépendance vis-à-vis de l'extérieur.

9 - Instruments de transfert de savoir-faire

Généralement, le transfert de savoir-faire s'effectue par le biais de la réalisation, au niveau national, de grandes applications. A cet effet, on peut citer les projets PAGODE, ANTILOPE, TRINITE, CAMPAC et le Plan National Informatique. La réalisation de ces projets se fait par des équipes mixtes formées d'une part, d'experts du consultant et d'autre part, d'homologues des clients.

Pour le suivi d'un projet, un comité chargé de veiller à la réalisation des objectifs fixés est mis en place. Dans les clauses contractuelles liant l'administration au consultant, un soutien logistique est apporté aux membres du comité de suivi des travaux et aux homologues. Cela donne ainsi une dynamique de travail qu'on ne retrouve pas dans l'administration. On note ainsi que pour chaque projet, un environnement propice est créé pour un réel transfert de savoir-faire. En effet, le volet formation est inséré dans tous les projets afin d'assurer la rel

ve et par suite la pérennité du système mis en place. On peut ajouter dans ce volet, les séminaires de sensibilisation et les voyages d'études à l'étranger qui permettent au client, d'une part de s'imprégner des difficultés rencontrées dans la réalisation de projets similaires, et d'autre part d'avoir un aperu du niveau atteint par d'autres pays dans le domaine spécifique considéré.

Le processus de transfert de savoir-faire devient trop lent s'il n'est pas contrôlé. De plus, ce transfert devient vulnérable lorsque les nationaux remplaçant les expatriés quittent à leur tour leur place.

En ce qui concerne l'industrie du matériel, ce transfert est encore à l'état embryonnaire, la fabrication du matériel se faisant en grande paratie à l'étranger et la maintenance étant assurée par les fourniseurs.

10- Observations générales

1. De l'étude de l'existant, il ressort que les dirigeants et les décideurs ont pris conscience de l'importance de l'informatique dans le développement économique, social et culturel du pays. Ainsi, des projets d'envergure ont été réalisés dans l'administration dont PAGODE, TRINITE, ANTILOPE et CAMPAC. Avec ces grandes applications, la technologie informatique a acquis dans l'administration camerounaise une dimension stratégique telle que les services qui en sont dotés seraient sans doute paralysés en cas de leur dysfonctionnement grave, ce qui conduirait à la perturbation de la paix sociale. 2. Les aspects techniques ne sont pas les plus délicats. Des compétences pédagogiques, organisationnelles et politiques doivent être développées chez les décideurs camerounais pour qu'ils comprennent l'importance de l'outil informatique dans le processus du développement social et économique du pays.

3. La dynamique de l'informatisation a été marquée au Cameroun par une fonction des moyens et non des besoins, le marché étant essentiellement dominé par l'offre. 4. Le parc des micro-ordinateurs a connu une évolution rapide et dans certaines organisations, des applications relevant de la gestion administrative, financi re et budgétaire ont été mises en place.

5. Le niveau d'informatisation au Cameroun reste cependant peu élevé car il n'est pas en adéquation avec les probl

mes à résoudre et ne permet pas la circulation des informations vers les décideurs.

Il faut ainsi dépasser ce premier degré d'informatisation qui se caractérise par un certain nombre d'insuffisances dont les plus importantes sont :

- utilisation non optimale des ressources informatiques existantes ;

- pénétration insuffisante de l'informatique dans certaines administrations et dans les PME/PMI ;

- absence, dans le pays, d'une industrie des logiciels ;

- non-systématisation des stages de recyclage du personnel en place ;

- pénurie de techniciens de maintenance en micro-informatique et d'informaticiens qualifiés et expérimentés dans certaines spécialités (réseaux, syst mes, bases de données) ;

- absence dans la plupart des organismes, d'applications autres que celles du domaine classique de la gestion ;

- acquisition anarchique de matériels et de logiciels, généralement sans étude préalable ;

- absence d'un environnement juridique et fiscal propice au développement de la technologie informatique ;

- manque, chez la plupart des utilisateurs, d'une véritable culture électronique et informatique ;

- manque d'harmonie entre le développement de l'informatique et celui des télécommunications, ce qui ne favorise pas le développement de la télématique ; - exploitation timide des mécanismes de coopération internationale dans le domaine de l'informatique.

6.Absence dans le pays d'une association ou d'un corps d'informaticiens capable d'assurer la fonction de sensibilisation chez les utilisateurs et les fonctions de contrle et de régulation du métier.

BIBLIOGRAPHIE

1. Conférence annuelle des responsables centraux et extérieurs du minist re des finances, du 19 au 21 Juillet 1983, Sécurité et enjeux des applicataions informatiques du MINFI par J.P. Kané Kané, Directeur du CENADI.

2. L'Ordinateur Africain & Télécom Dernières, No. 13 - Octobre 1992.

3. OCDE - Etudes d'informatique : Pour une politique de l'informatique au niveau des gouvernements centraux - Développement des bases de données et dimensions internationales du problème, Juin 1973.

4. Plan Nataional Informatique, République du Cameroun, Décembre 1989.

5. Revue Internationale des sciences administratives ; Numéro spécial sur l'informatisation dans l'administration publique, sous la direction de Paul H. A. Frissen, Volume 58 - 1992.

 

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Last updated: 07 March 2003