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Étude sur l'Efficacite des Instruments de la Politique de l'Informatique en Afrique le Cas de Congo

 

par Ange Nambila, avril - novembre 1994


 

Part I
Preambule
Historique De L'introduction De L'informatique Au Congo
O.C.I. Instrument De Cette Politique
Plan Informatique National
Bilans
Conclusion
Annexes
Part II
Synthese Des Points De Vue Des Usagers
Perspectives : Vers la mise en place du CNI
Conclusion
Annexes

Part I


Preambule

C'est B l'issu de la réunion consultative sur les politiques informatiques qui s'est tenue les 24-25 Aoft 1993 B Addis-Abeba (ETHIOPIE) sous le patronage de la Commission Economique pour l'Afrique (C.E.A.), que la décision a été prise de réaliser une étude prospective sur les "instruments de la politique informatique" dans un certain nombre de pays cibles dont le Congo, et que par la mLme occasion, j'ai été désigné comme correspondant national pour réaliser l'étude au Congo.

Comme il avait été préconisé, l'étude se ferait en deux parties:

  • la 1Pre partie, l'objet de ce rapport, est consacrée B la collecte et B l'analyse de la documentation portant sur le sujet au Congo,
  • la 2Pme partie, l'objet du prochain rapport, traitera dans les détails les points abordés dans la premiPre étude, avec cette fois-ci, une collecte des données sur le terrain B l'aide de questionnaires et d'interviews.

Ce qui est présenté ici, n'est que la résultante de la compilation de quatre (4) dossiers qui m'ont été remis par les autorités congolaises, B savoir:

  • Plan de redressement de l'OCI réalisé par la SINORG en 1980.
  • Plan Informatique National réalisé par la SINORG en 1981.
  • L'informatique en République Populaire du Congo réalisé par le MinistPre du plan en 1986.
  • Diagnostic Global de l'OCI réalisé par le CENAGES en 1990.

Je demanderai l'indulgence de mon coordonnateur si le contenu de ce rapport n'a pas atteint les objectifs escomptés, car actuellement, la situation de crise politique qui sévit au Congo, ne m'a pas permis de mener B bien mes recherches.

Néanmoins, j'ose espérer que dans le deuxiPme rapport je pourrai me rattraper et fournir un travail plus conséquent.

Historique

L'informatique congolaise semble puiser ses origines au service de la statistique et de la mécanographie du gouvernement général de l'A.E.F. en 1952.

Il s'agissait alors pour ce service d'effectuer au moyen des machines mécanographiques, classiques, les traitements de la solde des fonctionnaires, des statistiques douaniPres et des enquLtes statistiques de l'A.E.F. A ce derniers s'ajoutaient certains travaux de la Mairie de Brazzaville tel que l'établissement des listes électorales et des cartes d'électeur.

L'équipement comprenait des perforatrices, des vérificatrices et de grosses machines de marques IBM de premiPres générations.

En 1959, B la suite de la signature par le Gabon, le Congo, la RCA et le Tchad de la convention portant statut général de la conférence des chefs d'Etat de l'Afrique Equatoriale, il fft créé le Centre Mécanographique des Etats de l'Afrique Equatoriale en abrégé C.M.E.A.E. dont le siPge était fixé B Brazzaville. Ce centre devait fonctionner au profit des quatre Etats.

En plus des applications citées ci-dessus, le C.M.E.A.E. s'est vu confier le traitement de la facturation téléphonique de l'Office Equatorial des Postes et Télécommunications (O.E.P.T.).

AprPs l'éclatement de l'ancienne fédération de l'Afrique Equatoriale, les dirigeants du C.M.E.A.E. vont décentraliser l'outil mécanographique en installant un atelier mécanographique dans chaque Etat. C'est ainsi que seront ouverts successivement les ateliers de Libreville, Bangui, Djamena et Pointe-Noire, destinés plus spécialement B l'ATEC pour l'exploitation de la paie, de la comptabilité et des diverses statistiques.

A l'annonce des ordinateurs de deuxiPme génération, le C.M.E.A.E. s'engage B moderniser son parc machines. Le premier ordinateur IBM 1401 B cartes est installé B Brazzaville en 1964.

DPs lors, le bureau d'études étant désormais installé B Brazzaville, celui-ci est chargé de concevoir de nouvelles applications, parmi lesquelles on peut citer: la refonte de la solde, les émissions et les recouvrement des imp^ts, les dépenses de matériels et le commerce extérieur. Les applications, une fois réalisées, sont par la suite implantées dans chaque état.

En 1969, le C.M.E.A.E. devient le Centre Informatique Trans-Equatorial ( C.I.T.E.)

Cet organisme a deux projets ambitieux:

1E) - implanter un systPme de télétraitement avec un ordinateur central basé B Brazzaville et relié par faisceaux hertziens B des ordinateurs satellites situés dans les autres pays,

2E) - ouvrir une école inter-Etats pour la formation des cadres informaticiens de l'Afrique Centrale.

De ce deuxiPme projet naTtra l'Institut Africain d'Informatique de Libreville (I.A.I.)

Quant au premier projet, il ne connaTtra pas un début d'exécution, pour la raison qu'en 1972, compte tenu de l'importance que l'informatique commenHait B prendre et désireux d'avoir chacun une maTtrise totale de son informatique, les Etats membres décident alors de liquider le C.I.T.E., et en Avril 1972, on assiste B la création de l'Office Congolais d'Informatique (O.C.I.) qui hérite de l'ensemble du personnel et des équipements se trouvant en territoire congolais.

Il convient également de souligner qu'au cours de cette mLme période, le secteur privé n'est pas resté en marge de l'utilisation, d'abord des moyens mécanographique et ensuite de l'informatique. C'est notamment le cas des entreprises suivantes:

  • la FIDUCIAIRE FRANCE-AFRIQUE,
  • la CAISSE DE COMPENSATION actuellement CNSS
  • certaines banques,
  • les sociétés de distributions des hydrocarbures actuellement HYDRO-CONGO
  • etc...

Il faut souligner que du point de vue du matériel, la compagnie IBM-FRANCE est resté pendant longtemps le principal fournisseur d'ordinateur.

Ainsi, par ordonnance présidentielle nE 14/72 du 10 Avril 1972, naquit l'Office Congolaise d'informatique (O.C.I.). Etablissement B caractPre industriel et commercial, doté de la personnalité civile et de l'autonomie financiPre et dont les missions initiales sont les suivantes:

  • participer B l'étude des processus B mécaniser,
  • réaliser le traitement de l'information,
  • assurer la formation du personnel technique,
  • créer un environnement informatique dans le pays,
  • diversifier les implantations informatiques notamment dans les secteurs parapublics et privés.

Pour garantir sa pérennité, le Gouvernement lui attribut, par ordonnance légiféré par une loi sous le nE 19/76 du 18 juin 1976, le monopole d'importation, de mise en service et d'exploitation des matériels informatiques entrant au Congo et celui des études et du développement d'applications informatiques.

DPs lors, l'OCI devient l'outil privilégié de l'Etat pour la mise en place d'une politique informatique au Congo. Il contr^le alors toute l'informatique nationale, aussi bien dans le secteur public, parapublic que privé. Seules les banques échappent B cette main mise.

Dans la mouvance du plan de développement national 1982-1986, l'OCI en profite pour mettre en chantier le plan informatique national dont les grandes lignes intPgrent:

  • la conception d'une stratégie susceptible d'enrayer l'explosion anarchique des moyens de traitement,
  • la vulgarisation de l'outil et de la technique informatique par le biais d'une véritable politique de formation,
  • la décentralisation des équipements;
  • la rationalisation des méthodes,
  • le développement, le contr^le et la centralisation des projets au niveau des administrations,
  • la mise en place des infrastructures notamment celles de transmission des données,
  • la fixation des normes informatiques,
  • la promotion informatique,
  • la mise en place d'un conseil national pour l'informatique.

En Avril 1988, compte tenu de l'évolution technologique, du développement de la micro-informatique et de l'environnement économique qui ne justifiaient plus le maintien du monopole sur un outil de traitement de l'information, le gouvernement va mettre fin au monopole accordé B l'OCI.

L'introduction de la micro-informatique va accéléré le processus d'informatisation.

Aujourd'hui, l'informatique est désormais B la portée de tous. Il convient alors de savoir quel est le niveau atteint, sur le plan national, de l'utilisation de l'outil informatique et surtout le r^le joué par l'OCI. B la diffusion de l'informatique au Congo.

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OCI: Outil de Developpement et de Diffusion de l'informatique au Congo

Introduction

Ce qu'il faut dire, c'est que l'histoire de l'informatique au Congo se confond avec l'histoire de l'OCI, pour la simple raison que celui-ci a été le seul B gérer l'informatique congolaise depuis sa création en 1972 jusqu'B ce jour. Malgré la perte du monopole en 1988, il est toujours demeuré l'outil privilégié de l'Etat pour la réalisation de la politique informatique nationale.

Il s'agit donc ici, d'analyser quel a été l'apport de l'OCI dans la vulgarisation de l'utilisation de l'outil informatique dans tous les secteurs de la vie nationale, et surtout des moyens humains, matériels que financiers dont il a disposé pour mener B bien sa mission.

Bref historique de l'OCI

Comme il a été dit plus haut, l'OCI a été créé par ordonnance nE 14/72 du 10 Avril 1972, suite au retrait du Congo du CITE, organisme initial d'introduction des techniques informatiques au Congo et dans l'ensemble de la région d'Afrique Centrale. Il est placé sous la tutelle du Ministre des finances et du plan, chargé de la prospective et des réformes économiques.

L'OCI est intervenu pendant les trois (3) premiPres années comme une société de service en concurrence avec d'autres sociétés de service qui intervenaient dans le mLme secteur B l'exemple de la SINORG.

Pour des raisons de souveraineté, afin de permettre B la puissance publique le contr^le des traitements des données administratives et comptables, et d'économie des devises par l'utilisation rationnelle de puissants moyens de traitement, le Gouvernement apporte B l'OCI son soutien politique et son aide quant B l'implantation de cette entreprise naissante sur le marché national, en lui attribuant par ordonnance légiféré par une loi sous le nE 19/76, le monopole d'importation, de mise en service et d'exploitation des matériels informatiques entrant au Congo et celui des études et du développement d'applications informatiques.

Par ce monopole, aucune société de droit congolais ne pouvait, en matiPre informatique, traiter avec un organisme autre que l'OCI, ceci afin de mettre cette derniPre B l'abri de la concurrence du secteur privé et aussi pour circonscrire un certain nombre de risques sur les plans sociaux, économiques et financiPres tels que:

  • risque de suréquipement anarchique entraTnant des dépenses démesurées par rapport aux ressources de la nation, car B l'époque s'équiper en informatique nécessitait de disposer de moyens financiers importants,
  • une inadéquation des systPmes informatiques ne permettant pas B l'Etat d'avoir, d'une part, la maTtrise des systPmes d'information et d'autre part, une comptabilité matérielle au niveau national afin de prévenir les impondérables
  • une prolifération des demandes anarchiques d'informatisation auprPs des sociétés privées étrangPres qui nécessitait un transfert important de devises B l'étranger impliquant du coup une hémorragie financiPre des fonds de l'Etat.

En lui attribuant le monopole, l'Etat visait les objectifs suivants:

  • la maTtrise d'une activité stratégique par un organisme d'obédience nationale et contr^lé par l'Etat,
  • l'harmonisation du matériel et des procédures, afin de faciliter le service aprPs-vente et de préserver la compatibilité des applications,
  • la garantie d'un interlocuteur crédible devant les constructeurs, dans un domaine qu'une technologie difficile interdit aux non-initiés,
  • la protection d'un établissement public contre la concurrence, afin de lui permettre de s'affirmer,
  • l'utilisation optimale de moyens matériels, financiers et humains limités au plan national.

Le monopole devrait donc permettre B l'OCI de remplir, pour le compte de l'Etat, les fonctions suivantes:

  • une fonction de traitement informatique pour le compte des administrations et des entreprises publiques, parapubliques et privées,
  • une fonction d'études et de développement de toutes les demandes d'applications informatiques dans tous les secteurs,
  • centralisation des informations en provenance de tous les organismes étatiques et privés en vue de constituer des banques de données administratives, économiques et financiPres,
  • une fonction de contr^le technique portant sur les centres informatiques décentralisés (notamment au niveau des études et du choix des matériels),
  • une fonction d'expertise pour le compte de l'Etat,
  • une fonction de formation B l'informatique tant en ce qui concerne les techniciens que la vulgarisation des méthodes informatiques auprPs des cadres administratifs (utilisateurs).

Et surtout, la mise B disposition aux organes de décision des outils d'aide B la décision.

De ce fait, le niveau d'activité de l'OCI a connu une forte expansion ainsi que son champ d'action s'est élargi. En particulier, il a obtenu au-delB de la fourniture du matériel, du personnel et des systPmes de traitement de l'information, l'exclusivité de toutes les activités liées B l'informatique.

Cependant, le domaine d'intervention de l'OCI a trouvé des limitations de fait avec ou sans accord préalable, selon les cas. On peut noter:

  • le service aprPs-vente du matériel qui a été laissé aux soins des constructeurs agréés au Congo,
  • certains secteurs (banques et sociétés de pétrole), par dérogation explicite, contr^laient pour l'essentiel leur propre informatique,
  • l'arrivée de la micro-informatique dont l'OCI a volontaire ignoré l'existence préférant se consacrer B la grosse informatique.

Pendant cette période, l'OCI a axé l'essentiel des ses activités sur les secteurs publics et parapublics et dans une moindre mesure sur le secteur privé.

Pour les ministPres qui ont bénéficié de l'informatisation, on peut citer:

  • ministPres des finances (budget, solde des fonctionnaires, imp^ts, douanes, trésor, etc..)
  • ministPre de la fonction publique ( fichier des fonctionnaires)
  • ministPre du plan (statistiques)
  • ministPre de l'éducation nationale (fichier de la scolarité, résultat bac, statistiques scolaire)
  • etc...

Pour le secteur parapublic, on peut citer les entreprises suivantes:

  • S.N.E.:société nationale d'électricité (facturation électricité, comptabilité et gestion personnel)
  • Hydro-Congo (processus de commercialisation des produits dérivés du pétrole)
  • A.R.C.: assurance et réassurance du Congo (police et sinistre)
  • etc...

Malgré tout, l'OCI fera l'objet, en juin 1980, d'un premier plan de redressement réalisé par la SINORG B la demande du Gouvernement dans la perspective de la conférence des entreprises d'Etat tenue en Aoft 1980. Au cours de cette conférence, de nouvelles missions sont assignées B l'OCI, B savoir:

  • améliorer la qualité des prestations
  • mettre en place une comptabilité analytique pour mieux structurer les tarifs
  • renforcer l'assistance technique étrangPre pour répondre aux actions présentes et futures déclarées importantes,
  • former des cadres supérieurs pour assurer plus tard la relPve de l'assistance technique,
  • réorganiser sa structure pour l'adapter aux nouvelles missions B lui assignées par la direction politique.

Le monopole est B nouveau renforcé, et l'OCI est confirmé dans son r^le d'instrument privilégié de l'Etat pour l'informatique.

En 1982, la confection d'un plan informatique, résumé en dix (10) options, va permettre au ministPre du plan d'amorcer l'Pre de l'informatisation progressive de la société congolaise. Ces options sont les suivantes:

  1. stratégiques;
  2. tactique;
  3. logistiques;
  4. finances;
  5. vulgarisation;
  6. motivation;
  7. maturité administrative;
  8. infrastructure;
  9. technologie de base;
  10. technique de mise en oeuvre.

Afin de permettre B l'OCI d'atteindre les objectifs du plan informatique, l'Etat va mettre B la disposition de celui-ci d'énormes moyens financiers. C'est d'ailleurs B cette période que l'OCI va connaTtre sa plus forte expansion.

On assiste B une acquisition massive des ordinateurs de marque H.P. 3000 du constructeur Hewlett Packard au détriment d'IBM que l'OCI va placer dans les centres dédiés qu'il contr^le en affectant du personnel d'exploitation c'est B dire pupitreurs, opérateurs de saisie et d'exploitation.

Quant B la réalisation des applications, elle est assurée par le bureau d'études de l'OCI qui ne comptait B l'époque que des analystes-programmeurs et programmeurs. Pour les études de conception et d'analyse, l'OCI devrait faire appel aux compétences de la SINORG qui disposait d'un personnel adéquat.

C'est ainsi que l'informatique va se décentraliser mais uniquement du point de vue de l'exploitation avec la création des centres dédiés qui demeureront néanmoins sous le contr^le de l'OCI, ce qui ne sera pas le cas des études qui demeureront toujours centralisé B l'OCI.

L'exécution du plan informatique n'a été estimé qu'B un taux de réalisation de 55 %. Nous analyserons plus loin, les causes de cet échec.

En 1988, sous la pression des grandes entreprises non satisfaites de la prestation de l'OCI et surtout avec l'apparition de la micro-informatique, le Gouvernement va mettre fin B la politique du monopole de l'informatique détenue par l'OCI.

Cette décision va favoriser le retrait massif de certains de ces client qui vont s'empresser d'aller créer leur propres centres informatiques en embauchant du personnel débauché B l'OCI.

La suppression du monopole n'ayant pas été suivie de mesures d'accompagnement, l'OCI va traverser une situation financiPre difficile, car seul l'Etat va continuer B verser ses subventions et surtout que la concurrence va Ltre vive avec d'autres sociétés de service qui entre-temps se sont implantées et chercheront B ravir B l'OCI les quelques marchés qui lui restaient encore.

L'OCI est si mal en point qu'en 1990, il va faire l'objet d'un deuxiPme plan de redressement réalisé cette fois-ci par le CENAGES qui préconise les mesures suivantes:

  • une restructuration complPte de l'OCI,
  • une redéfinition de ses missions axées essentiellement sur le secteur public pour la grosse informatique, et sur les secteurs parapublic et privé pour la micro-informatique.

Malheureusement, ce plan ne connaTtra pas un début d'application car B partir de cette période le Congo va traverser une grave crise politique.

Moyens d'actions

L'OCI employait la majorité des cadres informaticiens que comptait le Congo B l'époque du monopole et gérait tout le potentiel informatiques, du fait de sa position dominante gr>ce au monopole.

a) Moyens humains

L'OCI compte actuellement prPs de 300 personnes réparties comme suit:

  • Etudes : 55
  • Exploitation : 86
  • Administration : 66
  • Saisie :61

De cette répartition et aprPs analyse, on constate deux faits marquants:

1E) le personnel des études, sensé réaliser les applications, ne représente que 20 % de tous les employés,

2E) les compétences dans le domaine de la conception et de l'encadrement des projets demeure trPs faible.

Aussi, pour compenser le manque de personnel de conception et d'organisation, l'OCI va faire appel aux compétences de la SINORG.

b) Moyens financiers

En 1982, pour lui permettre d'atteindre les objectifs fixés B la conférence des entreprises, l'Etat lui verse une subvention substantielle.

Actuellement le budget de l'OCI est estimé B plus de 2 Milliards de FCFA dont plus de 55% est consacré au frais de personnel laissant ainsi une part minime B l'investissement, mais les recettes sont en constante baisse pour deux raisons:

  • perte de certains clients importants,
  • baisse de la contribution de l'Etat..

c) Moyens techniques

Ils sont constitués par:

1) un environnement de développement composé de:

  • 1 Bull DPS-6
  • 1 HP-3000

Installés B l'OCI mLme. Mais l'essentiel des développement se fait sur site directement chez le client. On constatera un manque criard d'outils d'aide au développement et surtout l'absence de normes et méthodes de travail.

2E) Un environnement d'exploitation composé de:

  • 6 ordinateurs HP-3000 installés sur site chez les clients dont la majorité sont des administrations.

Actuellement, certains clients ayant acquis leurs propres matériels, l'OCI ne se contente plus que de leurs fournir le personnel nécessaire B l'exploitation.

Il est B noter que la maintenance de ces ordinateurs est assuré directement par les constructeurs respectifs.

On notera également qu'il n'existe aucun réseau pouvant relier tous ces ordinateurs.

Bilans de l'action de l'OCI

L'essentiel de l'action de l'OCI se situe dans la période allant de 1972 date de sa création jusqu'en 1988 année de la fin du monopole.

En effet, fort du monopole qui lui a été attribué dPs 1976, l'OCI va axer ses efforts B l'informatisation tout azimut des secteurs public, parapublic et dans une moindre mesure du secteur privé. On assiste alors B la création des centres dédiés directement chez le client pour lesquels l'OCI fournira tout le matériel et le personnel nécessaire B l'exploitation. En cette période, la demande d'informatisation est trPs forte ce qui amPne l'OCI B recruter massivement en majorité les anciens étudiants de l'IAI, et B faire appel B la SINORG pour l'aider dans les t>ches de conception de nouvelles applications. Ainsi l'informatique prend de plus en plus de l'importance dans l'administration congolaise.

Quoiqu'ayant contribué largement B l'introduction de l'informatique au Congo, l'OCI fera l'objet de nombreuses critiques. En tant qu'outil privilégié de l'Etat et possédant en son sein de compétences intrinsPques, on lui reproche, entre autres:

  • de n'avoir pas su mener une politique cohérente d'informatisation de l'administration,
  • l'utilisation du monopole B des fins de profits,
  • le manque d'initiatives dans la diversification de l'utilisation de l'outil informatique,
  • une politique attentiste de la part de ses dirigeants qui n'ont pas su imprimer un rythme cohérent d'informatisation de la société,
  • l'incapacité B répondre d'une faHon efficace aux demandes croissantes d'informatisation,
  • d'avoir laissé la formation B l'outil informatique en marge,
  • de n'avoir pas su intéresser les autorités dirigeantes B l'outil informatique..

C'est ce qui va amener les autorités B mettre fin au monopole, lorsqu'ils constatent que l'OCI n'est plus en mesure de jouer son r^le mais constitue plut^t un frein B l'évolution vers des techniques plus avancées.

Ne s'étant pas préparé B Ltre confronté B un tel événement, aucune initiative de ses dirigeants n'est prise pour faire face au nouveau paysage informatique. Entre-temps, ces anciens clients se retirent, soit en créant leur propre centre informatique, soit en s'adressant B d'autres sociétés de services plus compétitives.

Ainsi, l'OCI va se consacrer désormais B la maintenance de ses anciennes applications en attendant que les autorités prennent l'initiative d'une nouvelle restructuration.

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Plan Informatique

Introduction

On rappelle que ce premier plan informatique a été initié par l'OCI qui devait en mLme temps Ltre l'organe d'exécution, le plaHant ainsi B la fois juge et partie. Un autre constat est qu'il n'existait pas d'organe indépendant, neutre, pouvant juger objectivement de l'exécution du plan informatique.

Néanmoins, la réalisation, puis l'exécution du plan informatique fut une sérieuse avancée dans la politique de rationalisation de l'utilisation de l'outil informatique.

Nous ne donnons ici que les grandes visées de ce plan, ainsi que les grandes lignes de son exécution.

Objectifs du plan informatique

Le plan informatique a été réalisé B l'époque oj s'informatiser coftait cher. Ainsi, pour minimiser au mieux les cofts, il fallait définir une politique cohérente pour la mise en place d'un programme d'informatisation progressive.

Le plan informatique visait les objectifs suivantes:

* Conception d'une stratégie susceptible d'enrayer l'explosion anarchique des moyens de traitement.

Cet objectif visait, d'une part, B mettre un frein B la prolifération des matériels tous incompatibles les uns les autres, d'autre part, de permettre la réalisation d'économies d'échelle et le choix des solutions techniques et financiPrement raisonnables.

Face aux constructeurs et B leur nouvelle politique de vente systématique, la politique nationale d'équipement se traduira par un propriétaire unique du parc d'ordinateurs, B charge de l'OCI, ce propriétaire de louer ordinateurs , heures machines ou logiciels aux divers utilisateurs.

Tant sur le plan des constructeurs que sur celui des consultants et sociétés de services, la diversification des accords sera rigoureusement observée mais ne devra cependant pas remettre en cause la cohérence du parc et l'homogénéité des études et réalisations et leurs qualités.

* La vulgarisation de l'outil et de la technique informatique par le biais d'une véritable politique de la formation.

Le succPs d'une informatisation dépend d'une meilleure connaissance de l'outil employé et des services qu'il peut rendre aux cadres politiques de la nation et aux dirigeants.

Ainsi, la planification de l'informatique congolaise ira corollairement dans le sens d'une mise B la disposition du plus grand nombre, des techniques insuffisamment diffusées. L'objectif est alors une promotion trPs large par des campagnes d'information et de sensibilisation.

* La décentralisation des équipements

L'organisation des systPmes informatiques de gestion d'organismes importants, devra aller dans le sens de la décentralisation par la mise en place de petits centres informatiques équipés de matériels légers et en la disparition B court terme de gros centres utilisés de faHon partagée

Cependant, il faudra veiller B la compatibilité de ces matériels pour une meilleure intégration des données et interconnexion des équipements au sein des unités administratives automatisées.

* Le développement, le contr^le et la centralisation des projets au niveau des administrations

Les moyens nécessaires au niveau national seront déterminés et mise en oeuvre de faHon centralisée afin de permettre une unification et une standardisation, des équipements et méthodes employés. Une concentration des efforts devra permettre d'accélérer la formation cofteuse des cadres techniques de haut niveau pour l'encadrement de réalisations et la mise en oeuvre des systPmes de plus en plus sophistiqués.

L'emploi des méthodes uniformes doit Ltre imposé pour faciliter les opérations de formation, de maintenance, des t>ches de documentation et de la coordination des projets.

L'OCI devra se doter des logiciels d'aide B la programmation ou B la gestion des systPmes de données.

Des produits programmes devront Ltre développés ou largement actualisés, car correspondant B de trPs larges besoins formulés par les utilisateurs.

* La mise en place des infrastructures notamment celles des transmissions des données

Tous les utilisateurs ressentent , comme les cadres responsables, un besoin d'échanges d'informations. Aussi, une politique générale d'harmonisation des fichiers devra Ltre pratiquée pour permettre une meilleure intégration des données et interconnexion des équipements. (voir page 5) Cela implique une évolution du parc matériels vers des équipements développés pour le traitement B distance permettant l'utilisation en conversationnel d'ordinateurs communs par des clients dispersés, des échanges rapides d'informations au niveau des centres de décisions, le raccordement du systPme d'informations national B des grands réseaux internationaux.

* La mise en place d'une politique de formation et d'information

L'objectif retenu ici est d'accélérer le processus d'indépendance de l'informatique nationale de faHon B éviter, si collaboration internationale il y a, qu'il soit fait appel B l'extérieur, alors que des échanges internes et une meilleure mobilisation des moyens B l'intérieur peuvent permettre de résoudre les problPmes.

Ainsi , un organe de formation devra Ltre instauré pour la formation rapide des personnels informaticiens et des personnels de maintenance.

Cette politique correspondant B l'effort d'indépendance nationale et elle est facilitée par l'évolution de nouveaux processus de contr^le et d'auto-diagnostic de matériels actuels.

* Stratégie de développement

L'impact de l'outil informatique est tel qu'il est utopique de lui accorder un r^le neutre dans un processus de développement.

Aussi, les organes de décision nationaux doivent pouvoir disposer de banques de données économiques et financiPres et cet objectif important doit Ltre pris en considération dans la programmation des projets informatiques compte tenu de leurs apports potentiels B de telles banques.

Comme on peut le constater , les objectifs du plan informatique étaient louables et ambitieux. De son niveau d'exécution dépendra l'évolution informatique du Congo.

L'organe d'exécution du plan informatique

C'est l'OCI qui a hérité de la mise en oeuvre du plan informatique, étant entendu qu'il était l'instrument privilégié de l'Etat et aussi maTtre d'oeuvre du plan.

Pour mener B bien l'exécution du plan informatique, l'organisation de l'OCI devait évoluer, tant du point de vue fonctionnel que du point de vue opérationnel.

Evolution du point de vue fonctionnel

Les fonctions de l'OCI sont de deux ordres: techniques et administratives.

les structures techniques

devront se développer non seulement pour répondre aux besoins des administrations et des entreprises désirant utiliser l'outil moderne qu'est l'ordinateur, mais encore pour s'adapter aux progrPs incessants de la technologie des systPmes informatiques:

a) en matiPre d'études et de réalisation des projets,

le développement concerne:

  • les problPmes d'organisation et des méthodes
  • l'analyse et la programmation
  • la formation du personnel

b) en matiPre d'exploitation et entretien des matériels,

les structures ont B évoluer pour permettre:

  • l'augmentation du nombre d'installation et la maintenance des équipements,
  • l'accroissement de la production,
  • une assistance systPme

les structures administratives devront évoluer, parallPlement aux structures techniques, pour permettre d'assurer la bonne administration de l'ensemble de l'office.

Evolution du point de vue opérationnel

l'organisation doit permettre l'exécution des décisions prises en application du plan de portée nationale, telles que la réalisation des outils standardisés d'aide B la gestion, l'harmonisation des équipements installés ou encore, la coordination de la formation aux techniques informatiques.

La production informatique s'articulera autour des "centres généraux" assurant le traitement des applications pour plusieurs administrations ou entreprises B la fois. Pour cela, il est nécessaire d'organiser des séances de travail entre l'OCI et les utilisateurs, oj seront examinés les problPmes techniques sectoriels.

La nécessité de la présence de correspondants informatiques chez les utilisateurs qui auront pour mission:

  • de recenser les besoins en traitement de l'information,
  • de concevoir, en liaison avec l'informatique, les systPmes d'informations nécessaires,
  • d'assurer la fourniture des informations nécessaires au traitement et la réception des états informatiques qui en résultent.

L'exécution du plan informatique

Elle s'est traduite par la réalisation, par l'OCI, des applications recensées dans le plan et concernant pour la majorité les projets d'informatisation de l'administration. C'est pourquoi plusieurs centres informatiques ont vu le jour dans l'administration, on citera, par exemple, les centres informatiques de:

  • des douanes
  • du budget
  • du trésor
  • des imp^ts
  • du plan
  • de la fonction publique
  • de l'éducation nationale

Tous ont été équipés de mLmes matériels, B savoir des H.P. 3000, pour des besoins de compatibilité. Ces matériels ont été fournis par l'OCI qui en demeure le propriétaire.

Dans les secteurs privé et parapublic, des entreprises ont bénéficiées de cette campagne pour l'informatisation. Ainsi, les entreprises comme Hydro-Congo, SNE, ARC, OFNACOM, ATC, se sont informatisées trPs rapidement avec l'appui de l'OCI.

Mais cela reste insuffisant, car toute une catégorie d'entreprises a été oublié volontairement ou involontairement, il s'agit des P.M.E. et P.M.I., dont l'OCI ne s'est pas soucié pour aider celles-ci dans leur gestion quotidienne. Il y a également les aspects comme la Bureautique, la formation en informatique qui ont été volontairement ignorés pour la raison que l'OCI ne disposait pas suffisamment de compétences dans ces domaines.

Ainsi, les utilisateurs n'avaient de l'informatique que les résultats finaux qui leurs étaient fournis sans savoir que celle-ci pouvait leurs rendre service dans d'autres domaines.

L'exécution du plan informatique a été estimé B 55%, car il faut tout de mLme reconnaTtre B l'OCI le mérite d'avoir permis la diffusion de l'informatique au Congo, mLme si cela demeure insuffisant par rapport aux objectifs du plan.

Le suivi de l'exécution du plan national

A défaut de l'existence d'un organisme devant régir la politique informatique du Congo, il avait été suggéré dans le plan informatique, la mise en place d'une structure de suivi du plan informatique: Le CEPI : Cellule d'Evaluation et de Planification Informatique

Le CEPI

Il avait pour r^le de suivre en permanence et avec précision, l'évolution de l'informatique congolaise sous tous ses aspects. Il était chargé du suivi technique du plan.

Les outils d'aide du suivi

Le suivi permanent d'un plan informatique se ramPne B l'exécution d'un ensemble de t>ches périodiques suivant un méthode et des techniques précises.

L'application de ces méthodes nécessite, par ailleurs, l'utilisation d'indicateurs, permettant B la CEPI de:

  • disposer d'un ensemble des données quantitatives et qualitatives comparables B celles présentées dans le plan,
  • diagnostiquer l'évolution de l'informatique congolaise,
  • proposer des aménagements du plan si les mesures préconisées ne peuvent Ltre appliquées.

Pour cela, le CEPI devrait disposer d'une logistique de base et d'une logistique de suivi lui permettant de construire et de faire évoluer un "tableau de bord".

Logistique de base

Elle est constituée de quatre sous-ensembles:

  • systPme d'approvisionnement (réseaux de contacts et de questionnaires);
  • banque de données (réceptacles des informations);
  • jeu de modPles et mécanismes (servant B traiter les informations et B exprimer les objectifs)
  • questionnaires internes (destinés B formaliser la situation de l'OCI)

permettant ainsi, au CEPI de :

  • mettre en forme la banque de données B partir des analyses déjB réalisées,
  • éventuellement, la compléter aprPs avoir collecté des données au moyen de questionnaires,
  • formaliser le jeu de modPles et les mécanismes en fonction des grandes lignes du plan

Logistique de suivi

Elle est destinée B assurer la tenue B jour des informations recueillies par le jeu des logistiques de base et est constituée de deux ensembles:

  • systPme d'approvisionnement (réseau et questionnaire externe plus léger que les questionnaires de la logistique de base)
  • questionnaires internes (plus légers que les précédents)

Les informations recueillies par ces sous-ensembles se déversent dans les fichiers de la banque de données de la logistique de base pour analyse dans le tableau de bord.

Le Tableau de bord

précise l'état réel de l'évolution constatée en fonction, des objectifs, et oriente l'action éventuelle B conduire pour corriger les écarts constatés (en reformulant de nouveaux objectifs, par exemple)

Les indicateurs

Ne sont ni plus ni moins que des instruments de mesure. Pour cela, ils doivent simples, précis, fidPles, significatifs, faciles B comprendre et B appliquer.

Exemples d'indicateurs choisis:

Bilans

De ce qui précPde, nous pouvons affirmer que le bilan de la politique informatique au Congo reste trPs mitigé.

Etant parmi les tous premiers en Afrique B avoir utilisé l'outil informatique, le constat est que le niveau d'informatisation de la société congolaise reste trPs faible.

La conclusion de l'étude sur la situation de l'informatique au Congo, est qu'elle reste marginalisée en matiPre de diffusion B travers les secteurs, avec un double déficit quantitatif et qualitatif, et cela malgré la volonté du pouvoir de promouvoir cette technologie.

Déficit quantitatif

L'estimation du potentiel informatique du Congo reste trPs en deHB de la moyenne. La valeur ainsi estimée du parc ordinateurs s'élPve B 0,4% alors que la moyenne dans la majeure partie des pays avancés dépasse le pourcentage de 3% du PIB.

Déficit qualitatif

Le déficit relPve aussi dans la qualité des applications de l'informatique.

Le niveau opérationnel se situe dans la moyenne de ce qui existe dans les pays en voie de développement. Il aurait été difficile de concevoir une informatique axée sur les techniques les plus modernes (systPmes interactifs et traitement B distances) compte tenu des moyens humains limités et de la faiblesse du réseau de télécommunication.

Il convient toutefois de citer quelques applications avancées, notamment celles relatives B l'informatisation du budget de l'Etat qui devrait servir de référence pour les applications futures du secteur administrative.

Certaines entreprises prennent sérieusement en main leur développement informatique, comme en témoignent les plans informatiques de la CNSS, de l'ATC, de la SNE, etc...

Mais il reste que l'informatique n'influe pas de faHon significative sur la bonne marche de l'économie nationale, ni sur l'amélioration du systPme national d'information, et cela pour trois (3) raisons:

1E) la faible diffusion de l'informatique ne permet pas la communication entre systPmes informatisés sous la forme d'élaboration et transmission des données.

2E) pratiquement tous les systPmes informatisés actuels ont été conHus pour répondre aux besoins des seuls utilisateurs et ne prévoient pas la production d'informations élaborées pouvant répondre aux besoins de direction de l'économie.

3E) l'absence d'un organe de réflexion, d'orientation et de suivi de la politique informatique appliquée dans le pays.

La situation actuelle de l'informatique met en évidence 3 types de problPmes qui sont liés:

  • aux structures de l'informatiques
  • aux ressources humaines
  • B la conception un plan de développement du secteur de l'informatique

* en matiPre de structure

Nous l'avons vu que l'OCI a pratiquement été la seule institution B avoir pris en charge les problPmes de l'informatique au triple plan de la conception, de la réalisation et de l'exploitation.

Cette situation, parfaitement concevable et réaliste au départ, présente aujourd'hui des limites pour deux raisons essentiellement:

  • d'une part, le niveau de sensibilisation des utilisateurs actuels ou potentiels de l'informatique s'est considérablement amélioré,
  • d'autre part, l'évolution technologique rend l'informatique plus conviviale , directement accessible B l'utilisateur final, notamment avec l'apparition de la micro-informatique.

L'organisation actuelle des structures est ressentie dans l'ensemble comme un frein au développement informatique des secteurs et un facteur de démotivation.

* des ressources humaines

  • la formation des hommes n'a également pas été prise en compte de telle sorte que l'informatique congolaise reste tributaire de l'assistance étrangPre dans des proportions anormalement élevées. Toutefois, on signalera la formation B l'IAI de quelques cadres congolais aux niveaux analystes- programmeurs et ingénieurs, mais cela reste largement insuffisant.
  • la vulgarisation de l'informatique ne s'est pas faite au niveau national pouvant intéresser d'autres secteurs comme, par exemple, l'éducation nationale. L'informatique demeure encore une affaire d'initiés.

* de la conception d'un plan de développement

Un seul plan informatique a été élaboré B ce jour et date de 1981. Depuis lors, les développements constatés se sont faits d'une faHon anarchique sans se référer B un organe de tutelle, laissant la porte ouverte B une prolifération, aussi bien des marchands d'ordinateurs de tous marques que des sociétés de prestation des services informatiques plus ou moins crédibles.

Conclusion

Ainsi, s'arrLte ici la premiPre partie de l'étude.

En résumé, nous dirons que l'instrument de la politique informatique au Congo a été et reste encore l'OCI, B ce jour. Mais ce r^le lui est , de plus en plus, contesté car on lui reproche de ne pas avoir attend les objectifs B lui assignés dans le plan informatique, mais plut^t d'avoir usé de sa position privilégiée pour en tirer profit au détriment de toute la nation dont le niveau d'informatique reste les plus faibles en Afrique.

Compte tenu de l'importance que prend l'outil informatique dans nos organisation, il apparaTt urgent de définir un nouveau cadre de référence adapté au contexte du développement administratif et économique du pays.

Ainsi, la 2Pme partie de l'étude sera consacrée B la prise en compte des avis des principaux acteurs de la mise en place et de la réalisation de la politique informatique; j'ai cité les administrations, les entreprises parapublics et privés, les constructeurs d'ordinateurs, les sociétés de service impliquées, comme l'OCI et la SINORG, par exemple.

Le recueil de ces différents avis se feront sous forme d'interviews qui semblent le mieux convenir.

A l'issue de cette étape, les grandes lignes d'une nouvelle orientation et peut-Ltre la suggestion de la mise en place d'une structure nationale d'orientation et de contr^le, comme cela semble Ltre le souhait de tous, peuvent Ltre envisagées.

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Part II

 

Dr. Ange NAMBILA

Novembre 1994

REMERCIEMENTS

Mes remerciements vont :

  • A Monsieur IKOUNGA Martial de Paul Ministre, Directeur de cabinet de la Présidence de la République, pour le soutien qu'il a pu m'apporter à l'aboutissement de ce rapport,
  • A Monsieur Layashi Yaker Sécrétaire général adjoint des Nations Unies d'avoir écrit personnellement aux autorités congolaises pour leurs annoncer ma mission,
  • A Monsieur DIAWARA Hamidou, Représentant Résident du PNUD au Congo, pour les dispositions qu'il a bien voulu prendre à la réussite de mes missions au Congo,
  • Aux autorités congolaises qui ont accepté volontier de s'entretenir avec moi malgré leurs occupations,
  • A tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à la réussite de ce rapport, plus particulièrement Mme Hafkin qui n'a cessé de m'apporter son soutien.

Qu'ils trouvent ici toute ma gratitude

Etude Prospective Sur Les Instruments De La Politique Informatique Au Congo

 

Preambule

Deux voyages successifs au Congo ont paru nécessaire pour faire aboutir ce dernier rapport. Pour des raisons d'une part, d'indisponibilité des responsables et d'autre part, de la situation qui prévalait au Congo à l'époque, les conditions n'étaient pas favorables pour n'effectuer qu'une seule mission.

Ce qui est présenté ici n'est que le reflet des entretiens que j'aie eu avec aussi bien des responsables politiques qu'administratives des ministères et entreprises sélectionnés pour leur position stratégique dans le développement de l'informatique au Congo et qui ont bien voulu se prêter à ce jeu de questions-réponses.

Qu'ils ne me tiennent pas rigueur, si je n'ai pu traduire fidèlement le fond de leurs pensées, car le passage de la pensée à l'écriture n'est toujours pas chose aisée.

A la lumière de ce que j'aie pu entendre et cru comprendre, est qu' il existe partout une volonté d'impliquer, de plus en plus, l'outil informatique dans tous les domaines touchant la vie économique congolaise mais qui ne se traduit pas encore dans les faits pour diverses raisons, l'une d'elles étant la crise économique qui frappe de plein fouet le Congo. Magré tout, des initiatives existent allant dans ce sens, à l'image de celle prise par le Cabinet de la Présidence de la République prenant à son compte, le grand projet de la modernisation de l'état par l'outil informatique, ce qui est tout un programme.

Introduction

Il faut rappeler que la première partie de cette étude s'était penchée sur l'historique de l'introduction de l'informatique au Congo et à la présentation de l'organisme qui en fut l'instrument de la traduction sur les faits, c'est à dire l'OCI.

La fin du monopole, en septembre 1988 a contribué à bouleverser complètement le paysage informatique. Aussi semblait-il intéressant, 6 ans après, de receuillir les avis des différents acteurs concernés par l'acte posé. Les avis semblent partagés car si certains l'approuvent, d'autres sont d'avis contraire, à commencer par l'OCI lui-même, qui dailleurs ne s'est jamais remis de la suppression du monopole arguant les conséquences fâcheuses sur l'informatisation de l'administration, dont l'OCI s'en est occupé jusqu'à ce jour, si celui-ci venait à disparaître.

Ces avis ont été receuillis sous formes d'entretiens auprès des autorités et utilisateurs, très avertis des problèmes posés par l'outil informatique dans les administrations et les entreprises et connaissant les avantages à en tirer dans leur gestion quotidienne.

Compte tenu de la durée très écourtée de ma mission (10 jours), je ne pouvais que procéder à une sélection qualitative d'entreprises et d'administrations présentant un intérêt certain pour le sujet traité et regroupant toutes les parties prenantes du paysage informatique, à savoir:

  • les utilisateurs: administrations et entreprises
  • les prestataires de service,
  • les fournisseurs de matériels

C'est ainsi que j'ai pu consulter les organismes suivants:

  • Ministères
    • cabinet de la présidence de la république
    • ministère du plan et de l'économie
    • sécrétariat d'état a la science et la technologie
  • Entreprises
    • O.N.P.T. : Office Nationale des Postes et Télécommunications
    • S.N.E. : Société Nationale d'Electricité
    • O.C.I. : Office Congolais d'Informatique
  • Constructeurs
    • représentants de Bull et IBM

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Syntheses Des Entretiens Realises

Ministères

  • Point de vue du Cabinet de la Présidence

réunion de travail présidée par Mr Ickounga Martial de Paul, Ministre, Directeur de cabinet de la Présidence de la République.

La préoccupation du cabinet de la présidence est la modernisation de l'état et des entreprises à travers leurs administrations respectives, pour une gestion plus rationnelle et efficiente des structures économiques. Le constat actuel fait ressortir les faits ci-après:

  • absence sur le plan national, d'une politique cohérente d'informatisation des administrations,
  • sous-utilisation de l'outil informatique dans les administrations se réduisant juste à des travaux de bureautiques (en particulier traitement de texte),
  • sous-utilisation des techniques informatiques se cantonnant juste à des applications de production,
  • plusieurs domaines de l'économie nationale ne sont pas encore touchés par l'informatique (agriculture, industrie, etc...),
  • absence de communications entre systèmes informatisés aussi bien dans l'administration que dans le privé,
  • manque de production d'informations élaborés à destination des décideurs pouvant répondre à des besoins de pilotage de l'économie.

Fort de ces déconvenues, le Cabinet de la présidence, ne pouvant rester indifférent, a initié une étude portant sur le rôle de l'informatique dans la modernisation de l'état. Cette étude a le mérite de recenser, dans un premier temps, aussi bien les réalisations effectuées actuellement dans les administrations que leurs besoins futurs en matière d'informatisation pouvant aboutir à la réalisation d'un véritable cahier des charges de l'informatisation des administrations de l'état. La finalité étant d'amener l'état à une véritable prise de conscience des possibilités qu'offre l'informatique de contrôler efficacement l'économie nationale. Le Cabinet veut susciter l'engouement, au niveau national, de l'intérêt à utiliser l'outil informatique et d'inviter ceux qui sont intéressés à se joindre autour d'une concertation générale pour l'élaboration de ce qui devra être les grandes lignes d'orientations d'une politique informatique nationale.

  • Point de vue du Ministère du plan et de l'économie

entretien avec Mr Sambala, conseiller à l'informatique au ministère du plan et de l'économie

le gouvernement a confié au ministère du plan et de l'économie le soin de gérer l'informatique au niveau national. Une réflexion a dailleurs été menée dans ce sens quant à l'informatisation des administrations publiques. Il ressort de cette réflexion le constat suivant:

  • absence ou insuffisance de strutures d'organisation adéquate,
  • absence de prévision et de planification technologique,
  • manque de stratégie nationale en matière de politique informatique

ce qui a amené à dégager les orientations générales ci-après:

  • création d'un cadre générale de définition, d'orientation et de coordination de la politique nationale informatique dont l'aboutissement devra être l'élaboration d'un plan informatique national
  • mise en oeuvre des programmes de formation en informatique des cadres et agents de l'état aux différents niveaux technologiques, organisationnels et décisionnels.
  • mise en place d'une architecture réseau dit de production articulé autour d'ordinateurs de production (budget, impôt, trésor, douanes, plan), l'objectif étant l'intégration des applications pour la mise en commun des données concernant:
    • l'immatriculation des opérateurs économiques
    • la base des données commune budget/trésor
    • la base des données commune solde/fonction publique
    • les flux comptables douanes/trésor
    • les flux comptables impôts/trésor

Le cadre de réflexion se faisant autour du ministère du plan qui a la charge de l'informatique nationale, doit regrouper en son sein des cadres venant d'horizon divers (autres ministères, entreprises stratégiques, représentant des constructeurs, etc....).

la mise ne place d'une architecture de réseau devra se faire avec le concours de l'ONPT, organisme qui a la charge des télécomunications au Congo.

L'intégration des différentes applications sera réalisée par l'OCI qui demeure encore l'instrument privilégié de l'état en matière d'informatisation.

On pourra faire appel à l'extérieur lorsque les compétences ne se trouvent pas sur place en matière de conseil, de mise en place de réseau (réseau de transmission de données) ou d'applications plus élaborées (applications de pilotage).

  • Point de vue du ministère de la sciences et technologie

entretien avec Mr Doulou victor, conseiller au sécrétariat d'état à la science et technologie

Dans le cadre de l'utilisation de l'outil informatique comme moyen efficace de gestion, une réflexion a été ménée, intitulée "projet espace technologie" par un groupe de travail regroupant un certain nombre de chercheurs et informaticiens. Les points essentiels abordés dans ce document comportaient:

  • les besoins d'échange,
  • évaluation du besoin national
  • solutions possibles
  • coût

l'avantage dans cette étude, est quelle préconise la mise en place d'un réseau national de transport de données permettant aussi bien les échanges au niveau national qu'au niveau international avec une démarche qui préconise:

  • l'évaluation du besoin national
  • la mise en place d'un cahier des charges national,
  • prise de contact avec les partenaires régionaux et internationaux pour une aide
  • conclure ces contacts par le biais d'une étude de faisabilité abordant les contraintes informatiques, des télécommunication et financières mais aussi le calendrier de mise en oeuvre et les domaines prioritaires.

Ce projet très ambitieux n'a pu malheureusement aboutir par manque de financement de la part de l'état.

Entreprises

  • Point de vue de l'OCI

entretien avec Mr MBAMA Fabrice délégué général de l'OCI

Depuis la fin du monopole, l'OCI n'a pas su s'accorder au nouveau paysage informatique congolais caractérisé par une concurrence forte. Malgré plusieurs tentatives de restructuration, l'OCI se trouve pratiquement au bord de la faillite. En dehors des acquis réalisés essentiellement dans le secteur étatique, l'OCI n'a pas su se diversifier vers les secteurs para-publics et privés. Dailleurs les quelques clients de ces secteurs dont l'OCI avait assuré l'informatisation par le passé, sont tous entrain de rompre leur contrat: Hydro-Congo, SNE, ARC pour ne citer que ceux-là.

Face à cette situation très critique, et pour sauver cet instrument indispensable pour son informatisation, l'état a réagi en mettant en place une commission de restructuration à charge de:

  • analyser les causes profondes des défaillances constatées à l'OCI (manque de mautivation du personnel au travail, pilotage à vue de l'entreprise....)
  • proposer une restructuration complète et radicale afin d'assurer la survie de l'OCI

Tout celà est consigné dans un dossier technique où le comité dresse le bilan des activités actuelles de l'OCI réduites à assurer uniquement la maintenance des applications, les défaillances constatées dans la gestion financière et humaine, puis analyse les perspectives qui s'offre à l'OCI dans un terrain pratiquement vierge où tout est à faire. Aussi pour y arriver, l'OCI devra se restructurer selon deux alternatives:

Scénario 1: considérer l'organisation interne de l'OCI comme préalable à toute autre action de relance de l'activité de l'office.

Scénario 2: procéder immédiatement au développement tout azimut des produits et services.

La réussite de ce plan de redressement suppose que le gouvernement attribue à l'OCI dans un premier temps, le droit de préemption sur les marchés de l'état et faire aussi de lui, l'instrument privilégié des administrations et entreprises d'état, pour la stratégie d'une politique informatique en leur sein.

Actuellement le comité qui assure la gestion administrative et financière de l'OCI, a déjà pris un certain nombre de mésures tendant à stopper l'irréversibilité de la faillite et mène des négociations vis à vis de l'état pour que celui puisse apporter une aide substancielle contribuant au redressement de l'OCI.

  • Du point de vue de l'ONPT

entretien avec Mr BAKOKE é. F., Assistant à l'informatique et à l'organisation du DGP de l'ONPT

Les raisons pour lesquelles le Congo n'est toujours pas doté à ce jour d'un réseau de transport de données de type transpac comme en France, sont d'ordre financières. Pourtant des études ont déjà été menées dans ce sens depuis 1983 le plus récent étant celle de "France cable radio" en 1987. Tout celà est gelé par manque de financement, car l'entreprise étant très endettée actuellement ne peut faire face à un tel projet sans le concours des bailleurs de fond, en particulier les banques. Or à l'heure actuelle, du fait de la recession économique généralisée aucune banque n'est en mésure de financer un tel projet malgré la nécessité de ce réseau unaniment souhaité par tous. Même l'état gros consommateur du traffic télécom (estimé à 70%) n'est en mésure d'apporter son concours. A l'heure actuelle seul existe le réseau point à point entre la douane et les transitaires dont le coût de revient est très élevé.

Il est à noter que l'informatique au niveau de l'ONPT n'est pas utilisée rationnellement, car il existe pourtant du matériel acheté depuis déjà quelque temps, pour faire une bonne informatique mais qui reste toujours dans les emballages attendant le feu vert des responsables qui ne vient pas, ceux-ci ayant d'autres préoccupations.

  • Du point de vue de la SNE

entretien avec Mr OPANGO Emile directeur de la planification et de l'informatique

La SNE est une entreprise hautement stratégique qui s'occupe de tout ce qui est ressource énergétique au Congo. C'est vers les années 80 que l'informatique a vu le jour à la SNE pour les besoins d'une gestion fiable de la facturation clientèle, de la comptabilité et de la paie. Les contraintes du monopole à ce temps confèrait à l'OCI la prestation de toutes ces réalisations. Cette collaboration avec l'OCI n'a pas donné entière satisfaction pour plusieurs raisons:

  • coût de location du matériel très onéreux,
  • les prestations des techniciens de l'OCI revenant très chers

Prenant conscience de l'apport de l'outil informatique pour une gestion plus efficiente de l'entreprise et ayant de nouveaux besoins dans des secteurs plus techniques dont l'OCI n'avait pas compétence, il a été décidé depuis 1989 une prise en charge par la SNE, elle-même, de son informatique. Ainsi progressivement, la SNE a commencé à gérer son propre centre informatique en recrutant son propre personnel.

Aujourd'hui un plan de développement des futures applications de la SNE a été réalisé couvrant la période 95-99 et qui prend en compte tous les besoins exprimés en matière d'informatisation des différents secteurs.

Sur le plan national, la SNE déplore l'absence d'une politique nationale informatique qui aurait permis à tout un chacun de se referrer et donc avoir un canevas unique de développement de toutes les entreprises; ce qui aurait permis à l'état d'avoir un moyen de contrôle sur toutes ces entreprises.

Constructeurs

  • Du point de vue de bull

entretien avec Mr Hilaire H. QUENUM directeur administratif

Le niveau d'informatisation au congo reste des plus faibles par rapport à certains pays qui n'ont connu l'informatique bien après. La raison est que le monopole accordé à l'OCI a été le facteur négatif au développement de l'informatique car l'OCI s'en est servi non pas pour promouvoir l'informatique nationale mais plutôt comme une arme contre des velléites des développements en dehors de son cadre. Ce qui a eu pour effet de démotiver les bonnes volontés.

Depuis que bull s'est installé au Congo, le constat est que seules quelques entreprises possèdent en réalité un service informatique digne de ce nom à l'instar de la SNE, quelques banques de la place qui ne sont équipés que du matériel de moyenne gamme ( la plupart du temps des DPS 7000).

Le niveau de commande de la grosse informatique est en baisse au profit de la micro si bien que les autres constructeurs comme IBM et HP ont préféré partir au profit des distributeurs de leurs matériels. Bull est pour l'instant le seul constructeur à demeurer encore au Congo en espérant qu'enfin le marché de l'informatique soit plus florissant mais lui faudra t-il attendre combien de temps encore?

Avec l'arrivée de la micro-informatique, la tendance est plutôt à l'acquisition des micros non pas auprès des constructeurs qui auraient pu assurer une maintenance acceptable, mais plutôt auprès des distributeurs nouvellement installés et qui ne disposent pas toujours de service de maintenance. Plutôt un phénomène de mode que des acquisitions sur des besoins réels exprimés, car la plupart du temps ces micros ne sont utilisés qu'à des fins de bureautique en particuliers de traitement de texte.

Au niveau national, les différents plans informatiques élaborés par le passé n'ont jamais connu de début d'application, soit que l'état ne mettait pas les moyens de sa politique, soit que l'OCI instrument privilégié de l'état à cette époque n'était pas à la hauteur des ambitions fixées par ces plans. On a plutôt assisté à une informatisation au coup par coup avec l'aide de la SINORG, l'OCI n'ayant pas toujours les compétences à ce niveau.

Il serait souhaitable qu'une concertation soit menée pour une réflexion globale de la politique informatique nationale aboutissant à la création d'une commission permanente regroupant des personnalités de tout bord ( représentant des ministères, des entreprises, des constructeurs et bien entendu des spécialistes de la matière) intéressées par les problèmes d'informatisation et à la confection d'un document donnant les grandes orientations d'une politique informatique nationale à court et moyen terme. Les conditions de mise en place des réalisations dénombrées pourront se faire par l'intermédiaire, soit de l'OCI, soit par appel d'offre lorsque celui-ci ne dispose pas de compétences requises.

  • Du point de vue de CBM distributeur IBM

entretien avec le représentant de CBM Congo

Le monopole fut un frein énorme à l'épanouissement de l'informatique au Congo. Celui-ci a été utilisé non pour promouvoir l'informatique, mais pour protéger une entreprise très frileuse à la concurrence. L'application très stricte de ce monopole, s'appliquant même sur les personnes, a eu pour conséquence fâcheuse le désintéressement à l'outil informatique. Ce phénomène s'est encore vérifié même après la fin du monopole. Le constat actuelle est que le Congo est en retard dans certains services qu'offrent désormais l'informatique à savoir:

  • mise en place de réseau de transport de données
  • possibilité de consultation de banques de données à travers le monde
  • échanges d'informations au travers de ce réseau
  • autres services tels: paiement automatique, distributeurs automatique, etc..;

Actuellement, on assiste à une prolifération de distributeurs et de structures de formation plus ou moins crédible en l'absence d'un organisme de contrôle. Du fait de la récession économique actuelle, les entreprises qui veulent s'informatiser sont confrontées à de difficultés pour acquérir des financements, les structures bancaires étant elles-mêmes en crise n'accordent plus de crédit. Ainsi le parc machine actuel du Congo est devenu très obsolète, puisque non renouvelé depuis longtemps. Leur maintenance pose énormément de problèmes car certaines machines n'existent plus dans le catalogue du constructeur.

Il doit y avoir une volonté politique pour promouvoir l'outil informatique comme indispensable au développement économique et à une gestion plus efficace des administrations et entreprises.

Perspectives

Vers la mise en place d'une commission nationale à l'informatique?

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Constats

A la lumière de la première partie de l'étude et des entretiens recueillies, on peut affirmer, sans trop se tromper, que:

  • il n'y a jamais eu, à ce jour au Congo, de politique informatique nationale
  • l'informatisation s'est faite au coup par coup dans les administration selon les besoins exprimés,
  • l'instrument de réalisation de cette informatisation fut l'OCI qui pour l'heure, le demeure encore.

Il faut reconnaître à l'OCI, le mérite d'avoir contribué grandement à l'introduction de l'informatique au Congo, mais il n'en demeure pas moins que l'utilisation abusive du monopole par l'OCI dans la période 1979-1987, a été plutôt un frein à l'épanouissement de l'informatique congolaise, car ce monopole a beaucoup été utilisé non pour la promotion de l'outil informatique mais comme une arme pour lutter contre les véleités qu'auraient eu d'autres entreprises à vouloir s'informatiser par elles-mêmes.

La conséquence est le retard pris par les entreprises et administrations à l'utilisation de l'outil informatique comme moyen d'une gestion saine et efficace à leur fonctionnement.

On assiste aujourd'hui, d'un coté, à une crise de confiance vis à vis des informaticiens et de l'autre, à une prolifération du matériel informatique, surtout des micros, non comme la conséquence d'une expression des besoins réels des utilisateurs mais plutôt comme un phénomène de mode. Ce matériel étant la plupart de temps sous utilisé, on ne se contente que de faire de la Bureautique. Ceci est caractéristique de l'ignorance des utilisateurs, des possibilités réelles que peut leur offrir l'informatique dans leur gestion quotidienne.

Le phénomène est accentué par l'absence de réseau de transport de données privant ainsi le Congo de tous les services qu'offrent actuellement la télématique, à savoir:

  • possibilité de consulter les banques des données à l'intérieur comme à l'extérieur
  • possibilité d'interconnexion entre plusieurs sites éloignés,
  • possibilité d'échanges des données
  • etc...

Faut-il pour autant désespérer? A cela, la réponse est non, puisque une prise de conscience a fait jour chez plusieurs responsables qui ont pris la mesure de ces manquements. C'est pourquoi, en l'absence d'un organe national de réflexion , certains d'entre-eux ont mené des études qui ont abouti à la production des documents tels:

  • "Projet espace technologique", étude menée par le secrétariat d'état à la science et la technologie,
  • "Cahier des charges sur le rôle de l'informatique dans la modernisation de l'état", étude menée par le cabinet de la présidence de la république,
  • "informatisation des administrations publiques", étude menée par le ministère du plan et de l'économie

le contenu de toutes ces études peut être consulté en annexe.

Des trois projets, seul celui du cabinet de la présidence est en cours de réalisation.

De l'initiative du Cabinet de la présidence

Comme cela a été souligné plus haut, l'absence d'une planification cohérente de l'informatisation de l'état a amené le cabinet de la présidence à se pencher sur la question et à mettre en place une équipe chargée de réfléchir, puis de produire un document permettant d'effectuer des enquêtes auprès des différentes administrations de l'état dans le but, d'une part de décrire le paysage informatique actuel de l'état, d'autre part, de cerner les besoins futurs des administrations en matière d'informatisation. La finalité étant de définir des priorités sous forme de programmes minimum d'informatisation en vue de répondre aux besoins liés à la direction de l'économie.

Au moment où ce rapport est rédigé, la première phase du projet était en cours, c'est à dire, l'enquête auprès des administrations. Il serait intéressant de disposer, une fois l'enquête réalisée, des résultats de celle-ci afin de prendre la mesure des besoins d'informatisation exprimés par les administrations.

La deuxième phase qui consistera à la rédaction du cahier des charges portant sur l'informatisation planifiée selon les besoins exprimés, permettra également, d'après le Ministre, Directeur de cabinet de la présidence, une concertation générale de tous ceux qui peuvent être partie prenante du projet, à savoir, les représentants:

  • des administrations,
  • de l'ONPT, pour la partie réseau,
  • de l'OCI, pour la partie prestation des services,
  • des constructeurs pour la partie matériels

pour ne citer que ceux-là

Ceci dans le but d'associer tout le monde à la réflexion.

Il faut saluer ici cette initiative du cabinet de la présidence qui, pour une fois, a réussi à passer au stade de la mise en oeuvre d'un projet aussi ambitieux mais combien important pour l'état et dont l'aboutissement pourra être une modernisation réelle du fonctionnement des administrations publiques.

L'avenir

Que nous réserve l'avenir de l'informatique au Congo?

D'abord la nécessité d'une concertation au haut niveau s'avère indispensable. Celle-ci, regroupant toutes les personnes susceptibles d'apporter leurs contributions à une réflexion sur le devenir de l'informatique nationale, aura pour objectif la mise en place d'un organe permanent en matière de politique informatique. Sans anticiper sur sa composition, il sera chargé de définir les grandes orientations sur la politique nationale informatique à mener à moyen et long termes et de veiller à son application. Il faudra, en même temps définir le rôle et la place de l'OCI dans la réalisation de cette politique, c'est à dire, savoir si l'OCI, dans sa forme actuelle, demeurera toujours l'instrument privilégié de l'état en matière d'informatisation de ses administrations.

Tout cela ne pourra se traduire dans la réalité que si l'état, lui-même convaincu de cette nécessité, se résigne à donner les moyens pour la réalisation de cette politique. Ce dont j'y crois, au vu de la détermination des uns et des autres à faire aboutir les choses, convaincus des possibilités qu'offre actuellement l'outil informatique, à commencer par lui-même, son Excellence, le Président de la République, qui a toujours été partisan de l'application des technologies de l'information comme moyen efficace et cohérente de gestion des administrations et par conséquent, d'assurer les bases d'un développement harmonieux avec une utilisation rationnelle des ressources humaines, matérielles et financières.

Conclusion

Ainsi prend fin "l'étude prospective sur les instruments de la politique informatique au Congo". Comme on pourra le constater, il m'a fallu une année entière pour faire aboutir l'étude. Point n'est besoin de revenir sur les raisons déjà évoquées de ce retard, j'espère seulement qu'il ne m'en sera pas tenu rigueur.

Néanmoins, l'expérience a été très enrichissante, car la réalisation de cette étude m'a permis de rencontrer des personnalités congolaises très au courant des problèmes de l'informatique congolaise et qui m'ont beaucoup aidé dans la recherche des éléments pertinents traitant du sujet.

Mon souhait serait que ce document puisse servir à faire prendre encore plus conscience aux autorités congolaises de l'apport de l'outil informatique pour une meilleure gestion de l'administration et donc, un meilleur pilotage de l'économie. Du coté de la C.E.A., demandeur de cette étude, qu'elle puisse aider le Congo à faire aboutir les projets qui sont en cours et tendant à l'amélioration des conditions de travail pour les travailleurs et à une meilleure prise en main de l'économie par les autorités congolaises.

é'espère avoir atteint ces objectifs à travers le contenu de cette étude et j'ose espérer que les responsables de la C.E.A. seront satisfaits du travail réalisé.

Je renouvelle ma disponibilité pour toute autre étude qui pourrait m'être confiée à l'avenir.

Annexes

1- Correspondances échangées faisant état de la mission au Congo

2- Documents de réflexion des autorités congolaises sur une politique d'informatisation de l'administration comprenant:

a- cahier des charges sur le rôle de l'informatique dans la modernisation de l'état

b- projet espace technologie

c- informatisation des administrations publiques

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Last updated: 07 March 2003