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Search | What's New?| Site Map | Discussion Lists Étude sur l'Efficacite des Instruments de la Politique de l'Informatique en Afrique le Cas de Malipar Moustapha Ndiaye, octobre 1995
Remerciements Au moment où nous finissons de consigner nos différentes réflexions à la suite de notre mission effectuée à Bamako, nous ne pouvons nous empêcher de penser à tous ceux qui nous ont chaleureusement accueilli dans leurs institutions et nous ont livrées toutes les informations dont nous avions besoin. Qu'ils veuillent accepter nos sentiments de reconnaissance. Nous voudrions sincèrement remercier Monsieur Denis TRAORE, Commissaire au Plan, qui, malgré son calendrier très chargé, a bien voulu nous recevoir personnellement et donner les instructions nécessaires pour un bon déroulement de notre mission. Notre reconnaissance va également à Madame SIDIBE, Directrice Nationale de la Statistique et de l'Informatique et à toute son équipe particulièrement à Messieurs Moctar DIARRA, Moustapha DIAWARA et Youssoufi CISSE pour leur disponibilité et leur esprit de collaboration qui nous auront permis de travailler dans les meilleures conditions. Enfin, nous voudrions témoigner notre gratitude à Monsieur Makane FAYE, Administrateur des Programmes d'Information pour le Développement à la Commission Economique pour l'Afrique pour ses précieux conseils et son appui technique et financier. A. Termes de Référence de la Mission Le gouvernement de la République du Mali a initié en 1984 l'élaboration du Plan National Informatique du Mali. Ce plan a fait le diagnostic de la situation à l'époque et proposé un plan d'action et 20 projets jugés prioritaires couvrant les systèmes de gestion de l'information du Mali pour l'ensemble de l'Administration et des entreprises publiques et parapubliques. Le Plan National Informatique (PNI) n'ayant pas connu de début d'exécution, du moins sous la forme prévue par ses initiateurs, le Commissariat au Plan de la République du Mali a commandité, auprès de la Commission Economique des Nations-Unies pour l'Afrique (CEA), une étude d'évaluation de l'application du PNI et la définition d'une nouvelle politique informatique au Mali tenant compte des nouvelles technologies de l'information et de la communication et des politiques de libéralisation/privatisation en cours au Mali. Aussi, les termes de références de la mission s'articulent-ils autour des points suivants:
Le Consultant devra impérativement tenir compte de:
B. Approche méthodologique Au cours de la mission à Bamako qui s'est déroulée du 7 au 26 juillet 1996, soit 15 jours de travail effectif sur le terrain, le Consultant a eu à procéder: a) à l'analyse de la documentation produite
par la Direction Nationale de la Statistique et de l'Informatique (DNSI) et par certaines
structures visitées; b) à une série d'interviews avec des
Responsables nationaux en charge de l'informatique: Directeurs Nationaux de départements
ministériels utilisateurs de l'informatique, Directeurs de service informatique
d'entreprises du secteur parapublic, Directeurs de Sociétés de Services et de Conseil en
Informatique (SSCI), Dirigeants d'établissements publics et privés d'enseignement de
l'informatique, professionnels de l'informatique, avec comme support un « guide
d'entretien ». L'objectif visé était d'une part, de mesurer le degré d'application du PNI dans les sites abritant les projets prioritaires, d'apprécier le développement de l'informatique dans l'Administration et le secteur parapublic avec les succès, les échecs et les solutions préconisées pour faire face aux difficultés dans les projets d'informatisation, et enfin recueillir des suggestions sur l'élaboration d'une nouvelle politique informatique au Mali. Pour ce faire, le Consultant a visité une trentaine d'organismes publics et privés et rencontré une cinquantaine de personnes (voir liste en annexe 3). Pour les besoins de cette étude, nous essaierons, dans la partie introductive, de partir de l'analyse des contextes international et africain du développement de l'informatique avant d'aborder le contexte malien avec l'analyse de la situation actuelle, le diagnostic et les propositions d'orientations stratégiques du développement de l'informatique au Mali. 1. IntroductionL'introduction de l'informatique dans les
pays africains au sud du Sahara s'est opérée par le biais du colonisateur. Les premiers
outils de traitement de l'information étaient les machines classiques: perforatrices,
vérificatrices, trieuses, interclasseuses et tabulatrices connues aussi à l'époque sous
le nom de calculatrices. Les premiers centres ont été installés dans les capitales
fédérales Dakar pour l'Afrique Occidentale Française (AOF) et Brazzaville pour
l'Afrique Equatoriale Française (AEF). Le Centre de Dakar a été crée le 1er Août
1948, la naissance de celui de Brazzaville est intervenue en 1952 tandis que la Grande
Ile, Madagascar, en bénéficiera en 1953. Notons que la Côte d'Ivoire disposait déjà
en 1950 contrairement aux autres pays de la région, des mêmes équipements. La connaissance des données du Commerce
Extérieur était à l'origine de l'installation par l'Institut National de Statistiques
et d'Etudes Economiques (INSEE-FRANCE) de ces unités de traitement. Les premiers
ordinateurs, des BULL GAMMA 30 et des IBM 1401, sont arrivés dans la première décennie
après les indépendances nationales pour les besoins de gestion des budgets nationaux de
fonctionnement. C'était l'époque où une société de Services Française, la SINORG,
issue de la Caisse Française des Dépôts et Consignations avaient mis en place dans les
pays sous influence française des applications de gestion budgétaire. Ces différents
centres de calcul devaient se substituer aux installations dotées de matériels
classiques. Le personnel, en dehors des ateliers de saisie sur carte, ne comprenait alors
que des experts expatriés assistés par les cadres des constructeurs IBM et BULL. Mais le phénomène allait dès les années
1970 prendre de l'ampleur. La préoccupation de développement de l'industrie des
ordinateurs comme un domaine d'intérêt stratégique en France, consacrée par le Plan
Calcul Français et les différentes structures de mise en oeuvre de ce projet qui devait
assurer à la France, une réelle autonomie dans la maîtrise de ces techniques ont
commencé à retenir l'attention des dirigeants africains. L'ordinateur, qui était alors mal connu,
apparaissait peu à peu aux dirigeants africains comme un précieux outil d'aide pour
maîtriser la gestion des finances publiques et même quelque peu comme un auxiliaire pour
accroître la puissance des Etats. L'arrivée des premiers cadres informaticiens comme
agent du secteur public a permis de relayer sur le terrain l'important travail de
sensibilisation à l'informatique qui avait alors lieu en Europe et plus précisément en
France. Dès 1970, les Chefs d'Etat membres de
l'Organisation Commune Africaine et Malgache (OCAM) devaient au cours d'un Sommet tenu à
Fort-Lamy (aujourd'hui N'DJAMENA) décider de la création d'une école Inter-Etats,
l'Institut Africain d'Informatique (IAI) dont le siège est à Libreville (Gabon). L'informatique était alors rentrée dans les
préoccupations gouvernementales au niveau élevé. Mais si l'importance de l'informatique
paraissait ainsi reconnue, il reste que la sensibilisation des dirigeants n'était pas au
même niveau. Les cadres nationaux devaient encore
s'investir énormément dans le travail de sensibilisation et de réflexion sur les
structures d'animation de la promotion de l'informatique nationale. L'effort de définition d'une politique
informatique nécessite la connaissance de l'environnement informatique, ses contraintes
permanentes et conjoncturelles, son coût et la sélection des objectifs à atteindre. Toutefois, des contraintes d'ordre
budgétaires liées à la gestion de l'environnement informatique comprenant
l'installation, le personnel, la maintenance des équipements et la fournitures des
consommables associés aux contraintes d'exploitation des ordinateurs, ont constitué des
handicaps dans la maîtrise de l'outil informatique face aux dépenses à consentir devant
des budgets souvent étriqués dans les pays en développement. Il s'y ajoute que la peur, le doute, la
résistance devant la nouveauté et la crainte de perte de contrôle de l'outil
constituaient des défis majeurs qu'il fallait relever. Ainsi, face à ces handicaps majeurs, seule
la volonté politique devait les pallier. Mais existait-elle ? Ou puiser cette volonte politique ?
Ceux qui avaient vécu cette aventure se
posent encore aujourd'hui la question de savoir comment l'informatique a pu survivre à
ces questionnements dans un environnement de rareté prononcée où des priorités vitales
harassaient tous les décideurs africains ? Ceux parmi eux qui étaient à l'écoute du
monde, qui acceptaient de consacrer un minimum de leur temps précieux à s'informer
auprès de leurs nationaux ont pu servir de passerelle pour rendre crédible l'utilisation
des ordinateurs. Les enjeux liés à la maîtrise de l'outil
informatique consacre le rôle important que l'unique ordinateur existant au monde avait
joué aux Etats-Unis pendant la Deuxième Guerre Mondiale. La création d'un Centre
International de Calcul à Rome à l'usage des pays européens est une autre illustration
de l'importance accordée à cette technologie. En France, cette nécessité de disposé de
l'outil informatique était devenue incontournable depuis l'embargo américain sur les
livraisons des ordinateurs CDC 6 600 destinés COMMISSARIAT français à l'ENERGIE
ATOMIQUE (CEA) pour entraver le programme de recherche atomique de la France considéré
alors par le Général De Gaulle comme un des attributs essentiels de l'indépendance de
la France et un des fleurons de son industrie. En Afrique, la conscience se faisait jour de
plus en plus que si les pays sous-développés d'aujourd'hui sont ceux qui n'avaient pas
connu au siècle dernier la révolution industrielle, ceux de demain seront ceux qui
ignoraient la révolution informatique. Bien que cette perspective soit difficile à
intégrer dans la politique nationale de chaque pays, la sensibilisation a eu des échos
favorables à des niveaux parfois élevés de la hiérarchie des pouvoirs publics. C'est
ainsi que les Centres informatiques nationaux ou les structures d'animation des politiques
nationales informatiques relevaient d'institutions de très haut rang: la Présidence de
la République, la Primature, le Ministère des Finances ou le Ministère du Plan qui,
comme chacun le sait, sont les plus importants centres de décision en matière
d'affectation des ressources dans les pays africains. Cette position privilégiée a permis de
concevoir sous la couverture et même sous l'impulsion de ces hauts dirigeants, des
politiques nationales informatiques bénéficiant de moyens juridiques et structurels
avérés qui ont traversé plusieurs décennies et dont des outils rénovés ou pas
subsistent encore de nos jours. Les instruments des politiques
nationales informatiques Ainsi donc l'informatique est apparue comme
un domaine auquel il fallait consacrer une politique volontariste de développement. Cette volonté peut s'illustrer à travers
quelques repères: 1/ Les Etats-Unis sont les premiers à construire les ordinateurs. Ils sont restés très conscients de l'importance de cette technologie. Ils contribuent à son évolution par une politique de commandes importantes aux firmes américaines qui se livrent une lutte acharnée pour le leadership dans l'industrie des ordinateurs. IBM en domine complètement le marché, mais
doit composer avec beaucoup d'autres firmes. 2/ Les intentions et ambitions britanniques
sont mises en relief plus clairement à partir de 1965 avec l'engagement pris par le
Gouvernement pour promouvoir « un accroissement rapide de l'emploi des ordinateurs
et des techniques qui s'y rapportent, dans l'industrie et le commerce sur la base d'une
industrie florissante ». La mise en oeuvre de cette politique
culminera avec la création en Mars 1968 du groupe ICL avec l'appui du gouvernement
britannique. ICL sera bientôt classée à la quatrième place des constructeurs mondiaux.
3/ Le Japon, en ce qui le concerne, ne
voulait pas se départir de sa politique protectionniste. La nécessité d'acquérir cette
nouvelle technologie conduira à une politique intelligente d'achat des licences sans
jamais hypothéquer son indépendance. La nette prise de conscience que les Japonais ont
de l'importance de cette nouvelle technologie apparaissait clairement à travers les
actions conduites par le puissant MITI (Ministry of Trade and Industry) bénéficiant de
crédits colossaux avec des structures d'animation de cette politique telles que:
Cette politique culminera avec la mise en oeuvre de l'ambitieux programme de l'ordinateur de 5ème génération qui propulsera le Japon dans le peloton de tête des Nations informaticiennes. 4/ En France, dès le début de l'année 1966 le Commissaire au Plan, Mr ORTOLI reçut du gouvernement la mission de présenter un rapport sur « les objectifs qu'il est possible de poursuivre dans le domaine des calculateurs et sur les moyens qu'il convient de mettre en oeuvre pour les atteindre ». A la suite de ce rapport Mr ORTOLI reçoit une double mission, significative de la volonté française:
Ces instructions ont conduit: a) à la mise en place du Plan Calcul Français par acte du 19 juillet 1966; b) à la création de la Délégation à l'informatique par décret en date du 8 OCTOBRE 1966; c) pour accroître le contrôle gouvernemental sur la politique d'équipement des administrations et des sociétés publiques françaises, la création par une circulaire du 7 décembre 1967 des Commissions Ministérielles de l'Informatique. Une mission, interministérielle pour l'informatique coiffe ce dispositif. Elle est présidée par le Délégué à l'Informatique. Les objectifs des politiques nationales informatiques en afrique Depuis le Général de GAULLE, le Plan Calcul Français, la Commission Interministérielle, ses organes ministériels, la Délégation à l'Informatique, et plus tard sous François MITTERRAND, le Centre Mondial pour l'Informatique de Paris, ne pouvaient que faire des émules en Afrique, bien que les objectifs et les ambitions étaient totalement différents. Au total, aucun pays ne pouvait raisonnablement échapper au tropisme bien fondé de l'informatique puissant instrument de gestion, précieux outil de développement, clé de l'avenir. Ainsi l'informatique est apparue comme un domaine stratégique auquel il fallait consacrer une politique volontariste de développement. Les impulsions venaient donc d'en haut et beaucoup d'administrations et d'entreprises publiques, frileuses devant ce qu'elles considéraient quelquefois plutôt comme de la témérité technique sinon une lubie onéreuse, traînaient les pieds. Pour faire face à ces contraintes, pour lever ces blocages, il fallait, tout en multipliant les efforts de sensibilisation, mettre en oeuvre des méthodes plus didactiques de développement et des outils juridiques et structurels d'action. Le contexte africain Témoin de cette lutte aux enjeux multiples entre les pays développés, il s'est peu à peu dégagé une volonté de chaque nation de ne pas être absent de l'ère informatique. Chaque pays était conscient:
Ce qui a donné lieu à la mise en place de structures et de procédures plus ou moins souples. En Afrique francophone, les exemples typiques
de cette politique vont de la politique de monopole du Congo, aux politiques de contrôle
sévère de Madagascar et du Cameroun jusqu'aux politiques plus ou moins ouvertes de la
Côte d'Ivoire et du Sénégal suivis plus tard par le Niger et le Burkina Faso, et une
timide tentative d'organisation au Mali. 2. La Situation actuelle au Mali
L'histoire de l 'informatique au Mali,
après l'indépendance du pays, se confond avec l'histoire de la Direction Nationale de la
Statistique et de l'Informatique (DNSI) créée en 1977 par ordonnance n° 77-30/C.M.L.N
du 30 Mars 1977 (voir annexe 2). Cette structure était chargée de gérer
l'informatique malienne et de prendre en charge la gestion des grandes préoccupations de
l'Etat relatives à la gestion et au traitement des salaires du personnel de la Fonction
Publique, de la gestion financière et comptable du budget de l'Etat et le traitement
informatique de quelques grandes sociétés maliennes telles que l'Electricité du Mali
(EDM). Profitant de l'exploitation du recensement
général de la population en 1977, la DNSI s'équipe d'un ordinateur de la série 62-50
de la compagnie multinationale HONEYWELL BULL qui remplaça le GAMMA 10 précédemment en
service. Pendant plusieurs années, cet équipement a
rendu d'énormes services à la DNSI, qui du fait de l'obsolescence du matériel a
procédé à son remplacement en Mars 1990 par un ordinateur BULL DPS-4000. C'est dans ce contexte que s'est développée
l'informatique au sein de l'administration malienne et nous essaierons d'apprécier ce
développement à travers l'analyse de la situation actuelle. 2.1 Rappel des grandes lignes du
Plan National Informatique (PNI) Il convient tout d'abord de rappeler que le
Gouvernement du Mali, conscient de la nécessité d'une politique informatique cohérente
tant du point de vue des systèmes de gestion et d'information que des moyens humains et
matériels a décidé en 1984 l'élaboration d'un Plan National Informatique qui se situe
dans le cadre du Projet de Formation et de Renforcement de la Gestion de l'Economie
Malienne financé par l'IDA (Banque Mondiale). Ce Plan élaboré en 1985 a fait le diagnostic de la situation de l'époque et proposé un plan d'actions autour de la mise en oeuvre de vingt (20) projets couvrant les systèmes de gestion de l'information du Mali sur l'ensemble de l'administration et des entreprises publiques et parapubliques à travers des secteurs jugés prioritaires tels que:
Par ailleurs, le Plan avait proposé la création d'un Office Informatique, établissement public à caractère administratif doté de la personnalité morale et l'autonomie financière, placé sous la tutelle du Ministère chargé du Plan. L'Office serait chargé de la coordination de la mise en oeuvre des projets définis dans le PNI. Quant à la politique informatique préconisée, elle serait directive et déconcentrée, avec comme structure d'animation un Comité National Informatique, organe consultatif doté d'un pouvoir de décision. Les principales missions assignées à l'Office Informatique par le PNI se résument comme suit:
2.2 Analyse de l'existant Les principales orientations de la politique informatique du Mali visaient la coordination des actions d'informatisation et le suivi de la mise en place progressive, au sein de l'administration, de systèmes de gestion et d'information automatisés en vue d'optimiser le développement national de l'informatique. Nous tenterons, dans ce chapitre, d'apprécier le degré d'application du PNI à travers les structures d'informatisation existantes, et le développement des projets informatiques. 2.2.1 Les structures
d'informatisation Sont concernées, les structures impliquées
dans les différentes missions accomplies dans le cadre de l'usage de l'informatique:
coordination, promotion, formation, développement d'application et traitement, fourniture
d'équipements, support technique. 2.2.1.1 Structure de coordination et
de promotion Le « Conseil National de
l'Informatique » (CNI) crée par décret n°5 /PG-RM du 6 Janvier 1983 (voir annexe
2) constitue la principale structure de coordination et de promotion de l'informatique au
Mali. En son article 2, le décret portant
création du CNI stipule: « Le Conseil National de
l'Informatique donne son avis sur tous les problèmes inhérents à l'utilisation de
l'outil informatique et fait des recommandations au Gouvernement pour une politique
cohérente en la matière, pour l'élaboration et la mise en oeuvre d'un plan informatique
national et pour une rationalisation des équipements informatiques et de l'utilisation du
personnel informatique ». Le secrétariat du CNI est assuré par le
Ministère chargé du Plan à travers la Division de l'Informatique de la Direction
Nationale de la Statistique et de l'Informatique (DNSI). Par ailleurs, le CNI est assisté d'un
Comité Technique présidé par le Chef de la Division Informatique de la DNSI, et peut
faire appel à toute personne en raison de sa compétence en matière informatique pour
participer aux travaux du Comité Technique. Enfin, le Comité Technique concourt à la
définition des orientations de la politique informatique, à l'élaboration et à la mise
en oeuvre du plan informatique national, à la détermination des équipements
informatiques et des ressources humaines. 2.2.1.2 Centres de traitement ou
centres ordinateur Le parc national d'ordinateurs, d'après le
dernier recensement de 1996, est estimé à 27 mini-ordinateurs et de 544
micro-ordinateurs répartis dans les structures de l'administration, les entreprises du
secteur parapublic, des organismes internationaux et du secteur privé installés à
Bamako. Le taux de progression est cependant jugé très faible. Les principaux centres sont cependant ceux de
l'Etat avec: a) le centre ordinateur de la DNSI dont l'une
des missions, dans le domaine informatique s'exerce au sein de la Division Informatique. Celle-ci, au terme du Décret 144/PG-RM du 25
Juin 1984 (voir annexe 2) est chargée:
La DNSI est équipé, depuis Mars 1990, d'un
mini-ordinateur DPS-4000 de la compagnie BULL. b) Le centre informatique de la Direction
Nationale du Trésor et de la Comptabilité Publique et du Bureau Central de la Solde,
équipé depuis 1986 d'un mini-ordinateur de marque BULL, modèle DPS 6 450 (gonflé à
750). 2.2.1.3 Les fournisseurs
d'équipements informatiques Les représentants de quelques grands
constructeurs d'ordinateurs et de micro-ordinateurs opèrent sur le territoire national,
avec cependant le monopole de la compagnie BULL sur le marché des mini-ordinateurs
particulièrement au sein de l'administration. A côté des principaux constructeurs,
exercent quelques revendeurs qui commercialisent une gamme très variée de
micro-ordinateurs. 2.2.1.4 Les Sociétés de Services et
de Conseils Informatiques Du fait de l'étroitesse du marché et du
degré d'informatisation très faible au niveau national, peu de sociétés interviennent
sur ce terrain, et leurs activités s'orientent plutôt dans la revente de matériels et
la formation à la Bureautique. 2.2.1.5 Les Associations et Clubs
informatiques Les associations et clubs informatiques sont
un maillon incontournable dans le travail de sensibilisation et de formation des
utilisateurs à l'informatique en vue d'un développement harmonieux de cette technologie.
Le mouvement associatif, au Mali, brille par
son inexistence. Cependant, nous avons noté une tentative d'organisation à travers la
création de l'Association pour le Développement de l'Informatique au Mali (ADIM) dont
les champs d'action sont pour l'instant très limitées. 2.2.2 Les Structures et les Projets
d'informatisation Ce chapitre a pour objectif, de faire le
bilan des projets d'informatisation mise en oeuvre dans l'administration et le secteur
parapublic conformément aux termes de référence de la mission. Il s'agira donc d'apprécier le degré
d'informatisation au niveau des structures susmentionnés, et d'évaluer les projets
ciblés dans le Plan Informatique relatifs aux domaines prioritaires, et à quelques
entreprises publiques. Les structures de l'administration La Direction de la Statistique et de l'Informatique (DNSI) Aux termes de l'Ordonnance N° 77-30
/C.M.L.N. du 30 Mars 1977 portant création de la DNSI et du Décret N°144 /PG-RM portant
organisation et fonctionnement la DNSI est une Direction relevant du Ministre chargé du
Plan dont l'une des missions est la mise en oeuvre de la politique nationale informatique,
mission qui s'exerce au sein de la Division Informatique de la DNSI. Conformément à ses attributions, décrites plus haut, la Division Informatique de la DNSI traite actuellement les applications suivantes:
L'application BIC a pour but de faire les rôles et les avertissements à l'intention des opérateurs économiques en vue du recouvrement des impôts. Les informations de base proviennent de la Direction Nationale des Impôts et leurs traitements permettent également d'établir des tableaux statistiques sur le BIC. L'application SCE a pour but
de procéder à la publication des chiffres du commerce extérieur suivant la nomenclature
CEAO. Le traitement permet d'évaluer l'importation
et l'exportation des produits par pays, leurs valeurs et leurs quantités déclarées en
douane. Les données de base sont fournies par les
services de la Douane, et leurs traitements permettent de publier, tous les ans, les
statistiques douanières du commerce extérieur. Les problèmes rencontrées sont relatifs à:
L'application IPPM a pour but l'édition des certificats d'immatriculation. Les documents de base proviennent de la Direction Nationale des Affaires Economiques et de la Direction Nationale des Impôts. Le traitement de cette application permet les éditions suivantes:
Il est prévu, à terme, la suppression de la délivrance de numéros provisoires au profit de numéros définitifs, et cela, en moins de 2h. Cependant, cette opération ne pourra se faire qu'avec l'acquisition de 2 micro-ordinateurs performants et les logiciels appropriés. L'application GAAFP a pour but de procéder à l'actualisation du fichier des personnels de la Fonction Publique. Les traitements informatiques permettent les éditions suivantes:
Cette application connaît cependant certaines insuffisances qui s'expliquent par:
Au plan des équipements, la DNSI est doté d'un mini-ordinateur BULL DPS-4000, et d'un parc de micro-ordinateurs composé de:
En ce qui concerne le personnel, l'effectif de la DNSI s'élève à 24 agents répartis comme suit:
A côté de sa mission de conduite de la politique nationale en matière informatique, la DNSI est utilisatrice de l'informatique à travers ses autres divisions qui sont:
Toutes les activités statistiques sont effectuées avec la micro-informatique à la faveur du Projet Africain d'Enquêtes auprès des Ménages (PADEM) avec l'acquisition de 30 micro-ordinateurs pour les besoins du 2éme recensement de la population et de l'habitat. Auparavant, les enquêtes étaient traitées sur le mini-ordinateur de la Division informatique. Parmi les autres applications statistiques, on peut citer:
Tous les statisticiens de la DNSI ont été formés à l'utilisation des outils informatiques tels que: EXCEL, LOTUS, STATA, ISSA, ARIEL, SPSS et DBASE IV. La Direction Nationale de la Fonction Publique (DNFP) Les orientations du Plan informatique n'ont pas été appliquées, et il n'existe pas de schéma directeur au niveau de la Direction. Tout comme avant la réalisation du Plan informatique, les applications relatives à la gestion administrative et financière du personnel de la Fonction Publique sont jusqu'à présent prises en charge par la DNSI. Des idées et projets d'informatisation
existent bien au niveau de la DNFP, mais ne peuvent être réalisés par manque de moyens.
Cependant, à la faveur des nouvelles orientations définies par le Gouvernement à partir
de 1991 à la suite des événements survenus au Mali, des acquisitions de
micro-ordinateurs ont pu être réalisées sur le budget national et avec l'appui de
certains partenaires au développement. La DNFP ne disposant pas des moyens
matériels et humains, les relations avec la DNSI sont toujours maintenues en attendant la
création de conditions favorables à l'émergence d'une informatique propre à la DNFP
dans le cadre du développement coordonnée de l'informatique au sein de l'Administration.
Le Ministère des Finances et du
Commerce L'informatique au sein du Ministère des
Finances et du Commerce est coordonnée par la Cellule d'Appui à l'Informatisation des
Services Fiscaux et Financiers (CAISFF), créée sous forme d'un projet défini et lancé
sous l'impulsion du Ministre des Finances et du Commerce (MFC) de la République du Mali. La Cellule est chargée d'animer et de
coordonner l'ensemble des activités se rapportant à l'informatisation des services du
MFC et particulièrement les administrations fiscales et financières. Elle a pour
fonction de:
La première phase du projet, démarré en Avril 1995, a consisté à l'achat d'équipements, de logiciels et de services connexes en vue de remplacer le matériel existant devenu obsolète afin de permettre le développement de nouvelles applications. Le financement est assuré par l'Agence canadienne de développement international (ACDI) dans le cadre du Programme canadien d'Appui aux ajustements structurels (PCAAS). Les autres objectifs poursuivis dans cette première phase sont les suivants:
Avant la mise en place de la Cellule, les différentes directions composant le Ministère des Finances et du Commerce ont évolué de manière autonome et sans coordination dans leurs projets d'informatisation. C'est ainsi, qu'au cours de ces dernières années, certains bailleurs de fonds ont contribué au développement de l'informatique au sein du MFC en finançant des projets et des installations dont les plus importants sont:
* acquisition et installation d'un réseau local informatique au Cabinet du Ministre; * acquisition de matériel informatique pour le Trésor, la Douane et les coopérants français du MFC.
Etat d'avancement de la phase en cours et activités réalisées La société canadienne Groupe Progestic inc. de Montréal a été retenue comme fournisseur d'équipements, de logiciels et de services connexes informatiques à la suite de l'appel d'offres lancé au Canada en décembre 1994 et de l'exercice d'évaluation des soumissionnaires. Ainsi, en juin 1995 un micro-ordinateur AT&T/NCR modèle 3455 et tous les micro-ordinateurs prévus ont été réceptionnés avec les logiciels de base dont UNIX comme système d'exploitation, et le système de gestion de base de données relationnelle ORACLE. Ce matériel a été installé dans les
locaux de la Direction Nationale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DNTCP) et du
Bureau Central du Solde (BCS). La migration des applications du DPS 6 vers
le mini-ordinateur AT&T, et en particulier la conversion des programmes, s'est faite
à Montréal, et la formation au système d'exploitation et à ORACLE s'est déroulée à
Bamako durant la même période. Depuis la fin de la formation, selon le
coordinateur de la cellule, l'équipe mise en place au MFC a élaboré, conjointement avec
certaines directions, des dossiers d'expression de besoins, de conceptualisation et
d'analyse de systèmes d'information. Elle a également élaboré et consolidé le cahier
des charges ayant servi dans l'appel d'offres au Canada en vue de la fourniture des
équipements, des logiciels et des services connexes. La Direction Nationale du Trésor et
de la Comptabilité Publique (DNTCP) La DNTCP abrite, avec du Bureau Central de la Solde (BCS) le centre informatique le plus important de l'Etat. Equipée, depuis 1986, d'un mini-ordinateur BULL DPS 6, le centre gère les applications informatiques suivantes: 1/ La comptabilité de l'Etat (TABOR) TABOR a été développé par la SINORG, société française de services informatiques intervenant dans les administrations financières africaines depuis les indépendances. Cette application permet d'enregistrer pour l'ensemble des postes centralisateurs, les mouvements comptables du mois précédent et produit certains documents. TABOR a été adapté à 50% aux besoins du trésor malien. 2/ La Gestion du Personnel du Trésor (GESPER) Développée en 1988, GESPER permet à des fins de statistiques, une meilleure connaissance de la répartition des agents du trésor par postes, grades... Le fichier doit être mis à jour à chaque changement de situation administrative des agents du Trésor. 3/ La comptabilité journalière de l'ACCT Le logiciel opérationnel depuis janvier 1990, permet au principal poste comptable centralisateur, l'Agent Comptable Central du Trésor (ACCT), de suivre sa comptabilité au jour le jour. Il permet la suppression des fiches-comptes sur cartons, en confectionnant directement grand-livre et balance des comptes. Les mouvements mensuels enregistrés par ce système, sont ensuite pris en compte dans TABOR (comptabilité générale de l'Etat). 4/ L'application PGT PGT permet la saisie journalière des écritures comptables de la paierie générale du trésor, la tenue du grand-livre et l'édition des mouvements mensuels qui se déverse dans TABOR. 5/ L'application RGD RGD permet la saisie journalière des écritures comptables de la recette générale du district de Bamako, la tenue du grand-livre et l'édition des mouvements mensuels qui entre dans Tabor. 6/ L'application DEPENS DEPENS permet le suivi de l'exécution budgétaire par virement et par bon de caisse. Le Bureau Central de la Solde dispose, quant à elle, de l'application « SALAIRE » pour le traitement mensuel de la paie pour l'Etat. Avec les nouveaux équipements informatiques
acquis par la Cellule informatique dans le cadre du projet canadien d'appui au MFC, toutes
ces applications vont progressivement migrer sur du matériel NCR sous UNIX et ORACLE. L'objectif à moyen terme de la DNTCP est de
relier tous les bureaux régionaux du trésor au centre informatique, d'où la nécessité
de disposer d'une liaison spécialisée devant reliée les différents serveurs à
l'ordinateur central. Par ailleurs, la mise en place d'une
procédure de solde sans ordonnancement préalable va entraîner l'intégration du BCS à
la DNTCP. Le personnel informaticien de la DNTCP est composé de:
La Direction Générale des Douanes (DGD) L'informatique est entrée à la DGD en 1984 avec le système SYDONIA (SYstème DOuaNIer Automatisé) développé par la CNUCED. Le Mali a été un pays test dans la mise en oeuvre de SYDONIA, et dispose actuellement de la version 2.6 installé dans les bureaux de la douane pour gérer les opérations douanières suivantes:
Sept bureaux de douanes sont actuellement informatisés, et il est prévu l'équipement informatique de 3 bureaux principaux de l'intérieur du pays, de 3 bureaux frontaliers et de 3 antennes (Dakar, Abidjan et Lomé). La Direction Générale dispose d'un centre
informatique équipé de 3 micro-ordinateurs 486 pour SYDONIA, et des unités de moindre
puissance dédiées à la bureautique. Les activités suivantes sont développées au niveau de la Direction générale:
Les bureaux sont, quant à eux, équipés d'une unité 486 avec 2 postes connectés. Cependant, il n'existe aucune liaison
physique entre les ordinateurs des bureaux et du centre informatique. A moyen terme, la DGD envisage d'acquérir la
nouvelle version de SYDONIA qui tourne sous UNIX, ce qui facilitera l'interconnexion des
différents postes de travail. La DGD envisage également de développer
sous DBASE IV, un produit sur les exonérations des hydrocarbures et une gestion du
personnel sous ACCESS, avec l'appui de la cellule du MFC. Le schéma directeur en cours d'élaboration
devra déterminer la configuration adéquate. Le problème principal au niveau de la Douane est le manque de formation des utilisateurs et informaticiens composés comme suit:
Sur les sept (7) chefs de site au niveau des bureaux, il n'existe qu'un informaticien de formation. La Direction Nationale des Impôts (DNI) Cette direction se caractérise par son faible niveau d'informatisation. Les principales activités recensées sont:
Sur ces deux activités, seule l'émission des rôles et des avertissements est informatisée sous forme d'une base de données gérée par DBASE IV. Au plan matériel, la Direction des Impôts dispose de:
Le personnel est exclusivement composé de Fiscalistes formés sur le tas à l'utilisation de l'outil informatique. Aucune formation complémentaire n'a été organisée au profit de ce personnel. Il n'existe, à l'heure actuelle, aucune liaison informatique avec les autres Directions du MFC, et les échanges d'informations se font sous forme papier. Quant au plan d'activités de la cellule du MFC, créée depuis deux ans, il n'est pas encore opérationnel au niveau de la DNI, et l'élaboration d'un SD n'est pas à l'ordre du jour. Direction Nationale des Affaires Economiques (DNAE) La DNAE est actuellement en phase de restructuration avec la création d'une nouvelle direction dénommée Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence (DNCC). Cette nouvelle direction qui va prendre la place de la DNAE, aura pour mission:
Le plan informatique n'a pas été appliqué au niveau de la DNAE, toutefois un schéma directeur a été élaboré mais n'a pas reçu l'approbation ni du MFC ni des bailleurs de fonds. Les perspectives d'informatisation de la DNAE s'inscrivent dans le plan de développement de l'informatique du MFC en cours d'élaboration par la Cellule informatique du MFC, avec la mise place d'un réseau local et l'interconnexion des différentes directions du Ministère. Cependant, les orientations prises par la cellule dans l'informatisation des différentes directions du MFC ne sont pas pour rassurer les informaticiens de la DNAE dans la mesure où aucune relation fonctionnelle n'est établie avec cette dernière, et aucun plan n'a été défini concernant la DNAE. Le manque de personne, le recyclage et la formation permanente des informaticiens restent les principaux problèmes de la DNAE. La Direction Nationale du Budget (DNB) L'informatique au sein de la DNB s'est développée en dehors du Plan National Informatique, et a évolué de manière progressive sur la base des objectifs assignés à la Direction avec l'informatisation des activités suivantes: 1/ Préparation du budget de l'Etat: cette activité comporte deux volets:
2/ Suivi de l'exécution des charges communes avec les fonctions telles que la notification, l'engagement et le virement de crédit qui sont exploitées en temps réel. Recettes:
Toutes ces applications sont opérationnelles sur micro-ordinateurs Pentium avec DBASE IV comme système de gestion. Les principaux problèmes de la DNB sont:
Les perspectives d'évolution de l'informatique à la DNB sont étroitement liées au plan de développement en cours de mise en oeuvre au sein de la cellule informatique du MFC. Direction Nationale de la Dette
Publique (DNDP) C'est en 1986 que l'informatique a fait son
apparition à la DNDP avec l'acquisition d'un logiciel de gestion de la dette AFIDIEX
financé par la Banque Mondiale, avec un micro-ordinateur B25 sous BTOS comme système
d'exploitation. Le logiciel AFIDIEX, développé par une
société française SYSTEMA a très vite montré ses limites du fait de la montée des
besoins de la DNDP, ce qui a conduit la direction de la dette à changer de logiciel avec
l'option faite pour l'acquisition du logiciel CSDRMS distribué par le CRDI au détriment
de SYGAD développé par le CNUCED. CSDRMS est opérationnel depuis 1994 en
version française sous UNIX, et toutes les données AFIDIEX ont été transférées sur
le nouveau logiciel géré par INFORMIX et SQL. Il gère les dons ainsi que la dette
intérieure et extérieure. La DNDP est équipée d'un serveur PW 800
d'UNISIS avec 8 postes connectés, de six (6) PC et de deux (2) terminaux passifs. A
terme, le serveur sera remplacé par un Pentium. Le personnel informaticien est
essentiellement composé d'un Ingénieur Informaticien et d'un agent de saisie. Le manque d'intérêt des utilisateurs au
système informatique mis en place reste le principal problème de la DNDP. Les perspectives d'évolution sont liées au
développement du logiciel, d'une part, et au plan de développement de l'informatique au
sein du MFC, d'autre part. Ministère de l'Education Nationale
Direction Nationale de l'Enseignement
Supérieur (DNES) l'informatique au niveau de la DNES
intéresse surtout la gestion des élèves et des étudiants, avec comme point de départ
les écoles qui sont déjà équipées. L'objectif de l'application consiste à
l'élaboration d'un fichier d'immatriculation des élèves et étudiants du secondaire et
du supérieur en vue de la planification scolaire, avec ACCESS et EXCEL comme outils de
gestion. La DNES est équipée d'un réseau avec un
serveur et de 6 postes connectés, financés sur le budget national pour les postes et par
la Banque Mondiale pour le serveur. Ce projet exécuté à 80% vise à terme la
connexion avec les écoles. Aucun personnel informaticien n'a été recensé dans cette direction, l'application ayant été développée par le Directeur National adjoint de la DNES. La Cellule de Planification et de Statistiques (CPS) La CPS gère les applications suivantes:
La CPS dispose d'une dizaine de micro-ordinateurs dont 2 portables financés par la Banque Mondiale, l'USAID et le PNUD. Signalons que le MEN ne dispose d'aucun personnel informaticien. Commissariat au Plan Direction Nationale de la Planification La Direction Nationale de la Planification a pour mission la conception, l'organisation, la coordination et le contrôle de tous les travaux de planification en République du Mali. Avec l'avènement des programmes d'ajustement structurel, le dernier plan de développement du Mali date de 1987 et devrait se poursuivre jusqu'en 1991. Le Mali dispose cependant d'un programme d'investissement avec comme objectif de soutenir des projets de développement à travers le Programme Triennal d'Investissement Public (PTIP) et le Budget Spécial d'Investissement (BSI). Les activités informatiques concernent la gestion, la programmation et le suivi des projets avec comme principaux utilisateurs: la Division de la Planification Economique et Sociale et la Division de la Programmation et du Financement. Division de la Planification Economique et Sociale Elle est chargée, entre autres, de rassembler les données économiques nécessaires à l'élaboration du Plan, et de suivre l'exécution des projets retenus au Plan de Développement Economique et Social. L'application principale, opérationnelle depuis 1987 sous DBASE IV, concerne le répertoire national des projets. Elle est alimentée à partir des données des services techniques gestionnaires de projet et permet de sortir chaque année un budget d'investissement public et un BSI. La Division de la Programmation et du Financement Elles est chargée, entre autres, d'établir les programmes annuels et pluriannuels à partir des documents du Plan, de dégager les priorités de financement des projets du Plan, de programmer, de suivre et de contrôler l'exécution du Budget d'équipement ... L'application « Suivi trimestriel du budget d'investissement » est supportée par DBASE IV, et permet de sortir des tableaux de synthèse sur l'exécution des projets par secteur, par bailleurs de fonds et par nature de dépense. Avec l'appui de l'USAID dans le cadre du PRED, il est prévu la mise en oeuvre d'un projet d'informatisation de la gestion des projets d'investissement avec la décentralisation au niveau des Cellules de Planification et de statistique et des Directions Administratives et Financières des Ministères qui gèrent des projets. Les difficultés au niveau de la DNP sont
liées au manque de personnel informaticien, d'où le recours fréquent aux services de
consultants extérieurs, ce qui pose le problème du suivi et de la maintenance des
applications et du matériel. Direction Nationale des Transports Terrestres (DNTT) L'informatisation du permis de conduire et de la carte grise constitue les principaux projets informatiques de la DNTT, initiés dans le cadre du Projet Sectoriel des Transports avec l'appui de la France. Ces deux applications sont opérationnelles depuis mars 1996. Grâce aux réalisations informatiques de la DNTT, la Conférence des Ministres des Transports de l'Afrique de l'Ouest a décidé de la mise en oeuvre d'un observatoire pilote des transports maritimes au Mali. L'observatoire est équipé de 12 micro-ordinateurs pour la production d'un annuaire statistique des transports maritimes concernant tous les môles. Les principaux problèmes de la DNTT sont liés au manque de personnel informaticien, et à la maintenance des équipements informatiques, d'où l'appel à des consultants extérieurs pour pallier ces manquements. Secrétariat Général du Gouvernement L'informatique au niveau SGG se résume à l'utilisation de la bureautique, en particulier le traitement de texte et PAGEMAKER pour la confection du Journal Officiel de la République du Mali. Le matériel informatique se compose de:
Le recrutement d'un Ingénieur Informaticien intervenu au début de cette année devrait permettre l'informatisation d'autres fonctions au niveau du SGG. Le Secteur Parapublic L'Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) L'informatisation de l'INPS a connu plusieurs phases dans sa mise en oeuvre. La première phase a permis l'acquisition de 6 micro-ordinateurs pour le développement des applications suivantes:
Chaque application est supportée par un micro-ordinateur fonctionnant en autonome. Cet engouement pour l'informatique a conduit à l'élaboration, en 1989, du premier Schéma Directeur (SD) discuté et accepté par la Direction Générale de l'INPS. L'appel d'offre qui a suivi l'élaboration du SD a attribué le marché à TATA, société de service malienne. Les axes prioritaires du SD concernent:
Le SD a connu un certain nombre de difficultés dans sa mise en oeuvre liées à des déviations administratives et à des choix techniques contraires aux spécifications du SD. Ces difficultés se résument comme suit:
L'audit informatique commandité par la DG et réalisé par une société canadienne a conclu à une déviation du SD et recommandé sa mise en oeuvre sur la base des objectifs initiaux. Il y a lieu de noter que les applications citées plus haut ont été développées, sur l'AS 400 de l'INPS, par TATA associé à deux sociétés ivoirienne et française. Sur la base des recommandations de l'audit, le Gouvernement canadien a accepté de financer la mise en oeuvre du SD, à condition que le choix des équipements et le développement des applications soient confiés à une société canadienne. Après accord de la DG et du CA de l'INPS, un appel d'offres a été lancé au Canada sur la base d'un cahier de charges. Le choix d'une société canadienne a entraîné une certaine réticence de la part de l'INPS qui a exigé que cette dernière disposât d'un partenaire malien, en vue d'un transfert de savoir-faire et d'assurer une bonne maintenance des équipements. Le projet a donc démarré en novembre 1995 après la satisfaction des exigences de l'INPS, la finalisation devant intervenir au mois de septembre 1996. Ainsi, deux ordinateurs AT&T 3455 ont été acquis, avec un SGBD relationnel ORACLE associé à DESIGNER 2000 pour le développement d'applications. L'une des machines est dédiée au développement d'applications spécifiques, tandis que la deuxième était réservée aux traitements des problèmes financiers. Quant aux développements, ils concernent:
Parallèlement au développement des applications sur les nouveaux matériels, l'exploitation s'est poursuivie sur l'AS 400, au moment où la formation, sur l'ensemble du matériel et des outils, était assurée au Canada au profit du personnel informaticien de l'INPS. L'AS 400 devra ainsi continuer à fonctionner jusqu'à achèvement du projet. Le plan de développement des équipements prévoit l'acquisition de 101 terminaux intelligents qui seront répartis entre les applications, la Direction Générale, le service informatique et les centres décentralisés. Le personnel informaticien de l'INPS est composé comme suit:
La maintenance sur l'AS 400 est entièrement assurée par le personnel de l'INPS. Cette politique est poursuivie sur les nouveaux équipements. Le coût total de l'informatisation de l'INPS, estimé à un plus de 1 milliard, a été entièrement supporté par la société sans intervention de l'Etat malien. L'INPS constitue aujourd'hui une référence au niveau du Comité Consultatif Permanent des Caisses de Sécurité Sociale, qui en a fait une vitrine pour la promotion de l'informatique dans les Instituts africains de prévoyance sociale. La Banque de développement du Mali (BDM) Entreprise d'Etat à sa création, la BDM est
passée au statut de société privée en 1989, avec un taux de participation de l'Etat et
de nationaux maliens estimé à 40 % du capital de la société. L'informatisation des activités de la BDM s'est développée sur la base d'une programmation par objectifs à court terme; aucun Plan informatique ni schéma directeur n'a pas donc été mis en oeuvre à la BDM. Cependant, l'informatisation est conduite par un Comité informatique qui a comme principale attributions:
L'équipement informatique de la BDM est composé comme suit:
La BDM dispose de 12 agences, chacune étant équipée d'un réseau local avec 3 postes. La BDM dispose également d'un centre de formation à la bureautique. Le personnel informaticien est formé de:
Les projets d'informatisation à moyen et long terme concernent:
La Compagnie Malienne du Textile (CMDT) Le premier schéma directeur de la CMDT a été mise en oeuvre en 1986 et a abouti à l'acquisition:
Les applications concernent la paie, la
gestion du personnel et la gestion des stocks. En 1993, la CMDT a procédé à la réévaluation du SD du fait que les objectifs assignés au départ n'ont pu être atteints par manque de personnel informaticien. En effet, sur un effectif de 9 informaticiens prévus pour le développement des applications, seuls 3 informaticiens étaient en fonction. Par ailleurs, le SD réévalué avait dégagé 14 domaines à informatiser, et recommandé un changement de système. Ainsi, la CMDT a migré d'un système propriétaire vers un système ouvert avec l'acquisition de 2 DPX 20 de BULL sous UNIX, avec 30 postes de travail. Le SGBD INFORMIX, un L4G, et l'AGL AYDIS d'une société marocaine ont été retenus comme outils de développement. Au plan des applicatifs, certains développements ont vu le jour à côté des applications déjà opérationnelles, c'est ainsi que:
Le personnel informaticien est composé de:
Les problèmes actuels au niveau de la CMDT se résument à:
Les perspectives de développement de l'informatique à la CMDT s'orientent vers:
Electricite du Mali (EDM) L'introduction de l'informatique à l'EDM s'est opérée par le biais de EDF-International avec le détachement d'un informaticien auprès d'EDM. Par la suite, et dans le canevas du Plan National Informatique, l'EDM à essayer de répondre à ses propres besoins liés à la gestion de la clientèle, d'une part, et à la fiabilisation des entrées, d'autre part. Cependant, l'introduction véritable de l'informatique s'est faite avec l'avènement de la micro-informatique, de la caisse-enregistreuse PM 60, et du DPS 4 de la centrale. Sur financement de la Banque Mondiale, l'EDM a élaboré en 1991 un Schéma Directeur qui a abouti à l'acquisition d'un DPS 7000 avec 21 postes dont 6 pour les centres extérieurs en dehors de Bamako. Dix (10) autres sites sont reliés à cet équipement par une liaison de l'opérateur de télécommunications du Mali (SOTELMA). Cependant, malgré l'acquisition de ce matériel, la micro-informatique a continué à évoluer à l'EDM avec le développement de la gestion de la clientèle, surtout dans la fiabilisation des encaissements. Par ailleurs, il y a lieu de souligner qu'en
1994, sur décision du Gouvernement Malien, EDM (société d'économie mixte avec une
participation majoritaire de l'Etat) est passée en délégation de gestion avec
obligation pour chaque délégataire de fournir un produit de gestion clientèle et un
produit de gestion financière et comptable. C'est ainsi qu'au plan des applications, les
produits GALATE pour la gestion de la clientèle et FININFOR pour la partie gestion
financière et comptable avec un module de traitement de la paie, ont été fournis par le
délégataire français. Ces produits sont en cours de mise en oeuvre. La partie gestion
du personnel de du produit FININFOR reste à acquérir. En vue de fédérer les différents systèmes de gestion, EDM envisage de migrer sur un équipement fonctionnant sous UNIX, ce qui permettra de développer des interfaces entre systèmes. Concernant le personnel, EDM dispose de 12 informaticiens répartis comme suit:
Six (6) Analystes Programmeurs et un ingénieur système sont en cours de recrutement. L'effectif devra passer à 28 informaticiens en fin 1997. Le développement de l'informatique à EDM passe par les actions suivantes:
La Regie des Chemins de Fer du Mali (RCFM) La RCFM est utilisatrice de l'informatique dans plusieurs domaines relevant de ses activités. Les principales applications concernent:
L'équipement informatique de la RCFM se compose:
Les développements sur HP 250 concernent:
Les développements sur micro sont:
Plusieurs progiciels sont opérationnels sur micro à côté des applications développées. Il s'agit de:
Le personnel informaticien est réparti comme suit:
Nous retiendrons qu'un schéma Directeur a été élaboré en 1989 mais n'a pas été mise en oeuvre. La Direction Générale de la RCFM, avec l'appui des Chemins de Fer de la Tunisie, a décidé de la réactualisation du SD qui devrait intégrer le redimensionnement du matériel informatique. La Sotelma Née en 1990 de la séparation entre la poste et les télécommunications, la Société des Télécommunications du Mali (SOTELMA) a hérité du projet de facturation (GISCOM) financé par l'ACDI pour le compte de l'ex Office des Postes et des Télécommunications (OPT), qui a permis l'informatisation, en 1988, du système de recouvrement. Le développement de ce projet au sein de la SOTELMA et la prise de conscience des autorités de la société de l'importance qu'il convient d'accorder à l'informatique ont abouti à la création d'un service informatique rattaché à la Direction Générale (DG). Ainsi, le premier Schéma Directeur (SD) de la SOTELMA a été élaboré en 1990 sur financement du Canada, et la mise en oeuvre confié au service informatique. Un nouveau SD, couvrant la période 95-99, est en cours de mise en oeuvre suite à la demande d'évaluation formulée par la DG en 1995. Les grandes lignes du SD de 1990 se présentent comme suit:
Concernant les équipements informatiques, deux (2) systèmes cohabitent au sein de la SOTELMA: 1/ un ordinateur HP 3000-947 Multi-usagers qui joue le rôle de serveur au niveau de la DG où toutes les applications sont centralisées. Sur le serveur sont connectés les guichets encaissement et les services commerciaux localisés sur un rayon de 10 km. 2/ Un réseau local sur 486 avec Novell 3.11 sous DOS installé depuis 1993 avec 23 postes répartis dans plusieurs bâtiments avec 1 concentrateur et un câble éthernet (coaxial). Trois (3) postes peuvent accéder au réseau à une vitesse de 2400 bauds pour les besoins du courrier électronique (E-mail). Ce réseau est relié au serveur central (HP-3000) par modem pour consultation. Le personnel informaticien de la SOTELMA est composé de:
Le système informatique actuel de la SOTELMA donne entière satisfaction, et parmi les projets futurs on retiendra:
Tous les interfaces entre GISCOM, les applications du domaine commercial et technique d'une part et du domaine financier d'autre part ont été développés de manière automatique. Dans le domaine technique et commercial on trouve les applications liées à:
Les applications comptables relevant du domaine financier concernent:
Toutes les applications sont opérationnelles sur le réseau sauf l'application paie qui tourne sur un système monoposte. La prise en compte de la gestion de la téléphonie cellulaire par le système, entièrement paramétrable, est actuellement à l'étude. 3. Diagnostic de la Situation actuelleL'analyse de la situation actuelle a permis de constater des insuffisances dans la mise en oeuvre aussi bien de la politique informatique au plan structurel que dans l'application du PNI. Il s'agira donc d'appréhender les causes de la non application du PNI à travers le contexte environnemental, d'une part, et les structures chargées de la mise en oeuvre de la politique informatique, d'autre part. D'une manière générale, le contexte environnemental au Mali dans le secteur de l'informatique est caractérisé par une désorganisation due à l'absence de structure de régulation d'une politique informatique cohérente et coordonnée. La distribution et l'acquisition d'équipements informatiques s'effectuent en dehors de toute réglementation, et le développement des projets informatiques s'opèrent sans suivre de démarche méthodologique rigoureuse. 3.1 Le Plan National Informatique De l'évaluation du degré d'application du PNI, il ressort les constats suivants:
Ces constats conduisent à affirmer que c'est moins le contenu du plan qui est en cause que le suivi de son exécution. Parmi les causes de la non application du PNI, on peut citer:
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