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 PLAN DE DEVELOPPEMENT DE L’INFRASTRUCTURE NATIONALE D’INFORMATION ET DE COMMUNICATION DU BURKINA FASO

(Projet) 2000 - 2004 

Elaboré avec le concours de la CEA et du CRDI-Canada

 Octobre 1999


Table des Matières

1. Introduction
2. Méthodologie
3. Données de base sur le Burkina Faso

3.1 Données physiques
3.2 Données démographiques
3.3 Données administratives
3.4 Données des secteurs sociaux
3.5 Données économiques

4. Objectifs généraux et secteurs prioritaires du programme de développement humain durable

4.1 Contexte
4.2 Orientations générales de la politique de développement humain durable
4.3 Objectifs majeurs de la stratégie
4.4 Eléments de stratégie et secteurs prioritaires
    4.4.1 Croissance soutenue et durable
    4.4.2 Développement optimal des ressources humaines
    4.4.3 Bonne gouvernance
    4.4.4 Meilleure gestion des ressources naturelles
4.5 Financement du Programme

5. Besoins et attentes que les NTIC peuvent contribuer à satisfaire

5.1. Les NTIC, un moyen de désenclavement global
5.2. Les NTIC, un moyen pour le renforcement de la gouvernance, de la transparence et de la mobilisation sociale
5.3. Les NTIC, un moyen pour l’amélioration du débat politique et des processus électoraux
5.4. Les NTIC, un moyen pour apprendre tout au long de la vie et pour l’amélioration de la compétitivité
5.5. Les NTIC, un moyen pour créer de nouvelles ressources et de nouveaux emplois
5.6. Les NTIC, un moyen pour favoriser le rayonnement du pays

6. Etat des lieux de l'environnement des technologies de l'information et de la communication et perspectives d'évolution

6.1. Télécommunications
    6.1.1. Présentation
    6.1.2. Perspectives d'évolution
6.2. Informatique
    6.2.1. Présentation
    6.2.2. Perspectives d’évolution
6.3. Internet
    6.3.1. Présentation
    6.3.2. Perspectives d’évolution
6.4. Médias de communication
    6.4.1. Cadre réglementaire
    6.4.2. Télévision
    6.4.3. Radio
    6.4.4. Presse écrit

7. Objectifs stratégiques du plan de développement de l'infrastructure nationale et secteurs prioritaires d'application des NTIC

7.1 Désenclavement global
7.2. Bonne gouvernance et mobilisation sociale
7.3. Développement durable des ressources humaines
7.4. Développement de nouvelles ressources et de l’emploi
7.5. Renforcement de l’Etat de droit
7.6. Rayonnement du pays

8. Domaines d’intervention et actions prioritaires

8.1. Développement de l’infrastructure de base
8.2. Modernisation de l’Administration
8.3. Appui à l’éducation et à la recherche
8.4. Développement des centres d’information communautaires
8.5. Facilitation du commerce
8.7. Formation
8.8. Organisation et réglementation du secteur

9. Stratégie de mise en œuvre du plan de développement

9.1 Sensibilisation sur les enjeux des NTIC
9.2 Cadre institutionnel
    9.2.1 Le conseil de supervision du plan
    9.2.2 Les Comités sectoriels
9.3. Collectif des bailleurs de fonds
9.4. Promotion de l’utilisation d’énergies alternatives
9.5. Processus d’évaluation de la mise en œuvre du plan

Annexe A: Fiches de projets
Annexe B: Tableau des indicateurs
Glossaire


1. Introduction

Bien que les performances dans le domaine économique de plusieurs pays africains se soient améliorées au cours des cinq dernières années, la maîtrise durable de leur processus de développement économique et social demande encore à être renforcée par l’incrustation définitive d’une politique de bonne gouvernance au diapason des exigences de la mondialisation de l’économie.

Consciente de cette réalité, la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) a initié le Forum pour le Développement de l’Afrique (FDA) afin d’élaborer un agenda de développement d’inspiration africaine pouvant d’une part susciter un consensus parmi les principaux partenaires au développement du continent sur des programmes gouvernementaux spécifiques à mettre en œuvre et d’autre part, familiariser davantage la communauté des donateurs avec les aspirations et priorités de développement de l’Afrique en vue de rendre leurs programmes plus pertinents par rapport aux besoins définis au niveau local.

Les éditions de ce Forum seront annuelles et porteront sur des thèmes différents. La première édition, FDA 99, se tiendra à Addis Abeba du 24 au 28 octobre 1999 sur le thème « l’Afrique face aux défis de la mondialisation et de l’ère de l’information ».

Le choix de ce thème, qui est d’actualité, est justifié par un constat, source d’inquiétude majeure pour l’Afrique : «Les technologies de l’Information et de la Communication  (TIC), l’ère de l’information, les sociétés de la connaissance et l’économie de l’information se répandent dans tous les aspects de la vie quotidienne en 1999, excepté dans la majeure partie de l’Afrique. Ce qui est mondialement devenu le signe dominant de la société moderne est à peine ressenti en Afrique en dehors du cercle des élites de quelques capitales. Si l’Afrique reste à son stade actuel, avec les plus faibles télédensités du monde, le plus petit nombre d’ordinateurs en comparaison avec les autres régions, isolée de l’information et du savoir disponibles ailleurs au bout du doigt, elle n’aura aucune chance d’être compétitive à l’échelle mondiale. »

Il conviendrait en effet de ne pas perdre de vue que dans le processus de transformation des sociétés agricoles en sociétés industrielles, la mécanisation a été sans conteste l’élément moteur de la croissance et du développement. Il y a donc lieu de se rendre à l’évidence que dans les mutations actuellement en cours marquées par la mondialisation de l’économie, la libéralisation des échanges commerciaux, les regroupements régionaux et l’universalisation des valeurs démocratiques, l’élément moteur de la croissance et du développement ne sera ni les ressources naturelles, ni les marchandises, mais les réseaux de communications et les applications multimédias interactives qui constituent l’assise de la transformation des rapports politiques, économiques et sociaux existants en société mondiale de l’information.

Elaborée en 1995 par un groupe d’experts de haut niveau à la demande de la Conférence des Ministres responsables du développement économique et de la planification de la CEA (c.f. résolution 795 XXX), « l’Initiative Société de l’Information en Afrique (AISI) », avait pour objectif primordial d’intégrer l’Afrique à l’ère de l’information en comblant ses lacunes dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication. L’édition 99 du FDA s’inscrira dans la continuité de cette initiative.

Elle constitue un processus mis place pour donner à l’entrée de l’Afrique dans l’ère de l’information une dimension plus importante notamment :

  • en documentant la situation des TIC dans la région trois ans après l’adoption de l’AISI ;

  • en enregistrant les progrès réalisés et les leçons apprises au cours des 3 années de la mise en œuvre de l’AISI ;

  • en mettant en relief aussi bien les meilleures pratiques dans la région que les conclusions tirées des erreurs et problèmes rencontrés ;

  • en identifiant les domaines d’intérêts à mettre en œuvre au début du nouveau millénaire ;

  • en établissant un dialogue avec les planificateurs et les décideurs des gouvernements africains afin d’élaborer pour chaque pays des plans d’action et des programmes de travail spécifiques.

Au niveau de chaque pays, le processus de préparation du FDA 99 inclut ainsi l’élaboration d’un plan de développement de l’infrastructure nationale d’information et de communication qui sera présenté au cours du Forum et mis en œuvre avec l’assistance de la CEA et de ses partenaires.

Ce document présente le plan élaboré dans ce cadre pour le Burkina Faso par :

  • le Ministère de l’Economie et des Finances,

  • le Ministère de la Communication et de la Culture,

  • et la Délégation générale à l’informatique

dans l’optique de favoriser la convergence des politiques nationales dans les domaines des télécommunications, de l’informatique et des médias de communication et d’impulser la réalisation des actions pilotes identifiées.

A l’instar des plans décennaux des secteurs tels l’éducation et la santé, ce plan unifie ainsi dans un seul cadre de référence la politique sectorielle que le Gouvernement entend mener à travers les programmes de développement définis sous la responsabilité d’une part, du Ministère de la Communication et de la Culture et d’autre part, de la Délégation générale à l’informatique, afin de garantir de façon durable la croissance du pays dans le contexte actuel de la mondialisation soutenue par une expansion effrénée des technologies de l’information et de la communication.

Les objectifs stratégiques de ce plan de développement de l’infrastructure nationale d’information et de communication visent principalement à contribuer :

  • au désenclavement global,

  • à la bonne gouvernance et à la mobilisation sociale,

  • au développement durable des ressources humaines,

  • au développement de nouvelles ressources et de l’emploi,

  • au renforcement de l’Etat de droit,

  • et au rayonnement du pays.

Les actions prioritaires identifiées pour l’atteinte de ces objectifs s’inscrivent dans le cadre d’une politique d’incitation centrée sur huit domaines d’intervention :

  • le développement de l’infrastructure de base,

  • la modernisation de l’Administration,

  • l’appui à l’éducation et à la recherche,

  • le développement de centres d’information communautaires,

  • la facilitation du commerce,

  • les choix technologiques,

  • la formation,

  • l’organisation et la réglementation du secteur.

Enfin, ce plan propose pour la mise en œuvre, d’une part, un cadre institutionnel à même de favoriser la concertation et d’autre part, la mise en place d’un collectif de bailleurs de fonds pour soutenir le pays dans les efforts à consentir.

Ce plan a été validé au cours d’un atelier national qui s’est tenu à Ouagadougou du 5 au 7 octobre 1999.

Après un rappel des données de base qui caractérise le Burkina Faso, il présente :

  • les objectifs généraux et les secteurs prioritaires du programme de développement humain durable qui constitue le fondement de la politique de développement du pays ;

  • les besoins et attentes du pays en rapport avec ces objectifs généraux que les technologies de l’information et de la communication peuvent contribuer à satisfaire ;

  • l’état des lieux de l’environnement des technologies de l’information et de la communication avec un rappel des perspectives d’évolution ;

  • les objectifs stratégiques du plan de développement de l’infrastructure nationale d’information et de communication ;

  • les domaines d’intervention et les actions prioritaires ;

  • et la stratégie de mise en œuvre de ce plan de développement.

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2. Méthodologie

Le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI) qui a lancé en 1997 une initiative majeure dans le domaine des technologies de l’information et de la communication intitulée ACACIA – Communautés et Sociétés de l’Information en Afrique qui se veut une réponse canadienne à l’AISI, a retenu d’appuyer le Burkina Faso dans l’élaboration de son plan.

Une mission du CRDI effectuée dans ce cadre du 12 au 13 juillet 1999 par M. Alioune CAMARA a permis

  • de présenter les objectifs du FDA 99 au Ministre de la Communication et de la Culture et au Délégué général à l’informatique;

  • de mettre en place une équipe de travail pluridisciplinaire présidée par M. Joachim TANKOANO, Délégué général à l’informatique et constituée des hauts cadres ci-après :

- M. Ali Drissa BADIEL, Ingénieur des télécommunications à l’ONATEL

- M. Mathurin B. BAKO, Ingénieur civil des télécommunications, Inspecteur technique au Ministère de la Communication et de la Culture

- M. Allassani OUEDRAOGO, Chef de Département des études et de l’informatisation à la Délégation générale à l’informatique

- M. Alexis K. YANOGO, Directeur de la Coopération Bilatérale au Ministère de l’Economie et des Finances

  • d’arrêter les principales échéances pour l’élaboration du plan comme suit :

- 30 août au 1er septembre 1999 : présentation de l’ébauche du plan au cours d’une réunion préparatoire prévue à Addis Abeba

- Fin septembre 1999 : organisation d’un atelier national de validation du plan

- 24 au 28 octobre 1999 : présentation du plan validé lors du FDA 99.

Dans l’analyse préliminaire de la situation actuelle, le groupe de travail à relever l’existence de réflexions approfondies menées antérieurement tant au niveau du Ministère de la Communication et de la Culture pour ce qui concerne les secteurs des télécommunications et des médias de communication qu’au niveau de la Délégation générale à l’informatique pour ce qui concerne l’informatique et l’organisation du développement de l’Internet dans le pays, en vue de définir des politiques sectorielles :

  • Atelier National sur l’Internet et les autoroutes de l’information (mars 1996)

  • Atelier National sur les stratégies de développement d’une société de l’information (mars 1997)

  • Symposium régional sur les aspects juridiques et économiques de la restructuration du secteur des télécommunications (octobre 1997)

  • Forum National sur la réforme du secteur des télécommunications au Burkina (avril 1999)

En outre, le Gouvernement a initié un symposium de haut niveau prévu en octobre 1999 sur les enjeux de la mondialisation pour le Burkina Faso afin de contribuer à la fois à relancer la réflexion stratégique sur la gestion du développement et à formuler des recommandations opérationnelles pour le pays dans le contexte d'une économie ouverte, qui se régionalise et se globalise. « Le Burkina Faso et les enjeux politiques et économiques des nouvelles technologies de l’information et de la communication » constitue l’un des thèmes majeurs de réflexion qui sera abordé au cours de ce symposium à travers une communication conjointe du Ministre de la Communication et de la Culture et du Délégué général à l’informatique. Cette communication identifie les principales attentes du pays par rapport aux NTIC, recommande au vu de ces attentes de jouer à fond la carte de ces technologies en s’appuyant sur un cadre de référence qui définit une vision à long terme pour leur expansion et invite à une méditation sur l’expérience des pays occidentaux, riche d’enseignements.

En effet, la plupart des pays occidentaux ont déjà proposé une vision à long terme de la société mondiale de l’information qui leur sert de cadre pour la définition et la mise en œuvre de leurs stratégies opérationnelles. Ils reconnaissent de façon unanime que la société de l’information qui augure des changements profonds stimulera la croissance économique et la productivité, créera des activités économiques et des emplois, avec des retombées sociales bénéfiques, notamment en termes de meilleures possibilités d’éducation, de meilleures prestations de soins, et un plus large accès à la culture et aux loisirs.

Pour ces pays, c’est au secteur privé qu’incombe toutefois la responsabilité de prendre l’initiative d’en exploiter les débouchés économiques. Le rôle des pouvoirs publics doit être restreint à la définition et au contrôle de l’application des principes d’action qui doivent contribuer à lever tous les obstacles pour la mise en place effective d’une société de l’information, notamment par :

  • l’organisation d’un marché de l’audiovisuel et des télécommunications où les principes de la concurrence sont respectés,

  • l’instauration d’un cadre institutionnel et juridique qui garantit la protection de la vie privée, la protection de la propriété intellectuelle et le libre accès aux réseaux,

  • la mise en œuvre de politiques d’incitation des entreprises

  • et le renforcement de la coopération internationale.

Il est en particulier instructif de noter que les stratégies mises en œuvre par l’Administration Clinton aux Etats Unis d’Amérique ont connu des résultats mitigés dans le domaine de la libéralisation du marché des télécommunications sur le territoire national du fait de la résistance des opérateurs locaux, et dans le domaine de la protection de la vie privée du fait de choix de départ jugés trop favorables au gouvernement qui cherchait à se doter de moyens spécifiques et privilégiés de décodage des informations protégées par les individus.

Toutefois, des succès significatifs sont enregistrés dans ce pays notamment :

  • dans le domaine de la stimulation de la recherche et de la réalisation de projets pilotes pour permettre à des zones ou organismes défavorisés ou périphériques d’accéder à la société de l’information,

  • dans le domaine de l’informatisation des fonctions administratives d’une part pour améliorer la qualité des services rendus et d’autre part pour servir d’exemple au secteur privé,

  • dans le domaine de la protection intellectuelle en étendant au monde virtuel les principes de protection qui s’appliquent au monde physique,

  • et dans le domaine de l’ouverture des marchés internationaux relatifs aux NTIC dans un sens qui a servi incontestablement les intérêts des industriels américains (démantèlement des tarifs douaniers, neutralité fiscale ou tarifaire vis-à-vis des nouveaux services liés au commerce électronique, libéralisation des services de télécommunications).

Le succès le plus remarquable dans ce pays reste sans conteste celui enregistré sur le plan économique. Les NTIC ont en effet contribué ces dernières années au quart de la croissance du PIB et à la création de plus de 500 000 emplois.

Ces succès ont permis de rétablir l’hégémonie américaine dans le domaine des NTIC tant sur le plan des usages que de la stimulation du développement de la société de l’information par le secteur privé.

Il est aussi instructif de noter que, bien qu’ayant des politiques voisines de celles des américains et bien qu’ayant mieux réussi l’adaptation de leur cadre législatif, les pays européens n’ont pas obtenu le même succès économique.

Cette différence sur le plan des résultats tiendrait du fait que la culture d’entreprise est fortement inculquée chez les Américains, ce qui leur a permis de saisir plus rapidement les opportunités créées par les politiques de promotion des NTIC.

Tenant compte des résultats des réflexions antérieures et de l’expérience des pays occidentaux, le groupe de travail a retenu d’élaborer un plan qui constitue une synthèse des plans et des politiques élaborés isolément pour le secteur des télécommunications, le secteur de l’informatique et le secteur des médias de communication afin de développer des synergies entre ces plans, de favoriser leur convergence et d’insuffler ainsi la dynamique nécessaire à leur concrétisation. Ce choix se justifie principalement par le fait que ces plans élaborés isolement sont cohérents, prennent largement en compte les orientations de la politique de développement du pays et celles préconisées par l’AISI et ont commencé déjà à produire des résultats perceptibles. Le plan élaboré ne remet donc pas en cause les plans sectoriels antérieurs, mais les renforce en proposant une stratégie de mise en œuvre à même de favoriser une plus grande impulsion dans leur concrétisation. Leur réalisation complète permettrait sans aucun doute au pays de disposer de bases objectives pour susciter l’adhésion du plus grand nombre à une politique volontariste d’expansion de l’utilisation des NTIC et à créer ainsi des conditions nécessaires pour permettre aux différents acteurs de tirer le meilleur parti de cette expansion.

Les principaux documents qui ont servi à l’élaboration du plan sont  les suivants :

Pour ce qui concernent les orientations de la politique générale de développement du pays

  • Meeting national sur la production du 2 juin 1994, S.E.M. Blaise Compaoré, Président du Faso

  • Lettre d’intention de politique de développement humain durable 1995-2005 (Conférence de table ronde – Burkina Faso 1995)

  • Note de stratégie nationale (Burkina Faso – Système des Nations Unies)

  • Facilité d’ajustement structurel renforcé, Document cadre de politique économique pour 1998-2000)

  • Programme pour un développement solidaire, S.E.M. Blaise Compaoré, Président du Faso

  • Initiative 20/20 au Burkina Faso (Ministère de l’économie et des Finances, BF-PNUD-UNICEF, 1998)

Pour ce qui concerne le secteur des télécommunications, de l’informatique et des médias de communication

  • La restructuration des télécommunications en faveur du développement : évolution, politiques et tendances, IUT, 1994

  • Deuxième plan directeur informatique national (1996-2000), DELGI, 1996

  • Projets de l’axe « Infrastructures de communication et Services télématiques » du 2ème Plan directeur Informatique National, DELGI, 1996

  • Projet de développement d’une société de l’information – Cadre de référence des objectifs d’informatisation, DELGI, 1997

  • Convergence des télécommunications et réglementation, IUT, 1997

  • Développement des télécommunications à l’aire de la restructuration, 1997

  • Programme d’appui à la Bonne Gouvernance par l’utilisation optimale des NTIC dans le processus de décentralisation et de déconcentration du Burkina Faso, DELGI-IICD, 1998

  • Déclaration de Politique Sectorielle des Télécommunications, Ministère de la Communication et de la Culture, 1999

  • Rapport provisoire de formulation du projet de Télécentres Communautaires Polyvalents d’appui au Développement Humain Durable, DELGI-CRDI, 1999

  • Le Burkina Faso et les enjeux politiques et économiques des NTIC, Symposium « Comment diversifier les sources de croissance au Burkina Faso dans le contexte de la mondialisation et de la régionalisation de l’économie ? », Mahamoudou OUEDRAOGO et Joachim TANKOANO, 1999

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3. Données de base sur le Burkina Faso

3.1 Données physiques

Le Burkina Faso est un pays enclavé de l’Afrique de l’Ouest, situé dans la boucle du Niger. Il est limité au Nord et à l’Ouest par le Mali, au Sud par la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo, au Sud-est par le Bénin et à l’Est par le Niger (c.f. carte en annexe 1).

Le Burkina Faso s’étend sur une superficie de 274 200 km2

Le climat est tropical de type soudano-sahélien. Il est caractérisé par des variations pluviométriques considérables allant d’une moyenne de 350 mm au Nord à plus de 1000 mm au Sud-ouest. On distingue ainsi deux (2) saisons inégales :

  • une saison hivernale très courte de 3 à 4 mois (juin à septembre)

  • une saison sèche de 8 à 9 mois (octobre à juin).

La rareté et la mauvaise répartition des pluies provoquent des migrations de plus en plus fortes des populations principalement du Nord et du centre vers les villes, le Sud-ouest du Burkina Faso et la côte.

La température varie de 16 à 45 degrés Celsius ; l’évaporation moyenne annuelle est estimée à 3 000 mm et la recharge annuelle de la nappe souterraine à 40 mm.

3.2 Données démographiques

La population du Burkina Faso est de 10,33 millions d’habitants résidents (d’après le recensement de 1996) répartis entre une soixantaine d’ethnies. La densité est de 37 ha /km². La population se caractérise par :

  • un taux de croissance moyen de 2,37 % l’an.

  • une majorité de femmes (51,7 %) par rapport aux hommes (48,3 %).

  • une population essentiellement rurale (83 %).

  • une majorité de jeunes de moins de 15 ans : 55 %.

  • une espérance de vie à la naissance de 52,2 ans en 1995 avec 53,6 ans pour les femmes et 50,7 ans pour les hommes.

  • un taux de mortalité générale de 16,4 pour mille (1996).

  • un taux de mortalité infantile de 93,7 pour mille (1996).

3.3. Données administratives

Le territoire du Burkina Faso est réparti en 45 provinces subdivisées en 350 départements, 47 communes de plein exercice dirigées par des maires élus et 8 000 villages environ.

La langue officielle est le français. De nombreuses langues nationales sont parlées dont les plus courantes sont le MOORE, le DIOULA et le FOULFOULDE.

Depuis son indépendance en Août 1960, le Burkina Faso (anciennement Haute Volta) a connu plusieurs régimes politiques : Etat de droit et Etat d’exception. A partir de 1991, le pays a opté pour un système politique démocratique en adoptant une constitution par voie référendaire et en organisant des élections présidentielles et législatives.

Aujourd’hui le processus démocratique se poursuit normalement et toutes les institutions républicaines sont mises en place et fonctionnelles. On peut citer :

  • les élections du premier et du deuxième Président de la 4ème République respectivement en 1992 et 1998 ;

  • les élections législatives en 1992 et 1997 (première et deuxième législature de la 4ème république) ;

  • l’installation de la chambre des représentants ;

  • la mise en place de l’appareil judiciaire.

Il s’agit donc d’un Etat démocratique à trois pouvoirs qui sont :

  • le pouvoir exécutif assuré par le Gouvernement ;

  • le pouvoir législatif composé d’une Assemblée Nationale et d’une Chambre des Représentants ;

  • le pouvoir judiciaire.

En outre, d’autres institutions viennent consolider l’état de droit. Ce sont notamment :

  • le Médiateur du Faso ;

  • le Conseil Economique et Social ;

  • le Conseil Supérieur de l’Information ;

  • et la Commission Nationale de la Décentralisation.

Au plan de la coopération, le Burkina Faso développe une politique d’intégration sous-régionale. Il contribue aux côtés des autres pays à la recherche de la paix et à la résolution des conflits. Il entretient également des relations diplomatiques et économiques avec tous les pays et institutions épris de paix et de justice dans le respect mutuel des principes individuels.

Somme toute, le Burkina Faso est aujourd’hui un pays de paix, de stabilité politique dans lequel le processus de démocratisation poursuit son cours. La combinaison de cette situation et de la position du Burkina Faso au cœur de l’Afrique fait de ce pays un carrefour de grandes manifestations internationales et le siège de nombreuses organisations régionales et sous-régionales.

3.4 Données des secteurs sociaux

Ces secteurs concernent essentiellement l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement, la population. Malgré les performances économiques enregistrées ces dernières années, le Burkina Faso est classé 172è sur 175 pays selon le rapport mondial sur le développement humain publié par le PNUD en 1997. Cet état de fait montre que la satisfaction des besoins essentiels des populations reste encore très faible et que la pauvreté persiste. En effet, 44,5 % de la population vivent en dessous du seuil national de pauvreté établi à 41 099 FCFA par adulte et par an selon l’étude de l’INSD sur le profil de pauvreté au Burkina.

L’accès à l’éducation demeure limité. Le taux de scolarisation est passé (d’après les statistiques du MEBA) :

  • de 30 % en 1990 à 41 % en 1998 pour le primaire, soit une progression de 3,8 % l’an. On note une prédominance des garçons (35 % en 1990 et 46 % en 1997) sur les filles (22 % en 1990 et 31 % en 1997) et une disparité entre les zones urbaines et les zones rurales ;

  • de 7 % en 1991 à 10,6 % en 1997 pour le secondaire ;

  • de 0,5 % en 1991 à 0,8 en 1996 pour le supérieur.

Quant au taux d’alphabétisation, il était à 15,5 % en 1991, puis à 22,2 % de 1994 à 1997. Là également, les femmes sont les plus touchées par l’analphabétisme : 85 % chez les femmes contre 70 % chez les hommes.

Il convient de noter également que selon le Rapport national de développement humain durable de 1997, le taux de scolarisation du primaire du Burkina était à 30 % contre 42 % pour l’Afrique sub-saharienne et 36 % pour les PMA. Celui de l’alphabétisation était de 55,9 % pour l’Afrique sub-saharienne. Ces chiffres situent le retard dans le secteur.

La situation sanitaire des populations reste préoccupante notamment avec les maladies telles que le paludisme, la rougeole, la méningite, les diarrhées, les MST et le SIDA. Les couches les plus vulnérables sont les femmes et les enfants de moins de 15 ans.

3.5. Données économiques

L’essentiel de l’économie du Burkina Faso est basé sur le secteur primaire, c’est à dire sur les activités agricoles et pastorales (agriculture, élevage, pêche, forêts).

En effet, l’activité agricole à elle seule occupe plus de 80 % de la population active. Les cultures vivrières (mil, sorgho, maïs, riz, fonio) occupent également plus de 80 % des terres cultivées mais ne couvrent pas les besoins de consommation des populations. Quant aux cultures de rente, elles sont constituées du coton, de l’arachide, du sésame, de l’amende de karité. Le coton avec ses recettes d’exportation FOB évaluées à 74,6 milliards de FCFA, soit 50 % des exportations du pays, est la première source de devises.

Le produit de l’élevage représente environ 10 % du PIB et 22,1 % des exportations FOB en 1997.

Toutefois, la part du secteur dans le PIB représente une moyenne annuelle d’environ 37 % entre 1990 et 1997. Le taux est d’environ 30 % en 1997.

L’on comprend dès lors pourquoi la croissance économique dans la dernière décennie s’est vue fragilisée suite aux conditions climatiques défavorables.

Le secteur secondaire avec un taux moyen annuel de 17 % du PIB entre 1990 et 1997, comprend l’industrie, l’énergie, les mines, l’artisanat et les bâtiments et travaux publics. La part en 1997 est de 18 % du PIB. La croissance annuelle moyenne demeure faible avec un taux de 2,04 %.

Quant au secteur tertiaire (administration, commerce, transports et communications, services), il a contribué pour 43 % du PIB en 1997, avec une moyenne de 40,5 % sur la période 1990 à 1997.

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4. Objectifs généraux et secteurs prioritaires du programme de développement humain durable

4.1 Contexte

Depuis environ trois décennies, la gestion de l’économie du Burkina Faso s’est faite au moyen notamment des plans nationaux de développement et des programmes spécifiques d’action. C’est ainsi que de 1984 à 1995 l’on a eu successivement le Programme Populaire de Développement (PPD) de 1984 à 1985, le premier Plan Quinquennal de Développement de 1986 à 1990 et le deuxième Plan Quinquennal de Développement de 1991 à 1995. Puis se succèdent les programmes d’ajustement structurel.

Malgré tous ces efforts déployés, la pauvreté persiste car l’amélioration des conditions de vie des populations demeure très limitée.

Le Burkina Faso fait partie des Pays les Moins Avancés (PMA). Avec un Produit intérieur brut (PNB) par habitant de 230 $US, il est classé 172è sur 174 pays selon l’indice de développement humain durable (IDH) dans le rapport mondial sur le développement humain durable de 1998 réalisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Face à la situation socio-économique actuelle du pays, le Burkina Faso est donc interpellé par de nombreux défis majeurs dont les principaux sont :

  • la fragilité de l’écosystème ;

  • l’acuité des contraintes financières, avec notamment le fardeau de plus en plus pesant de la dette extérieure, qui laissent peu de marge de manœuvre pour le financement du développement économique ;

  • la progression très lente des indicateurs sociaux, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé ;

  • la persistance de la pauvreté et du sous-emploi ;

  • la croissance rapide de la population ;

  • l’enclavement.

4.2 Orientations générales de la politique de développement humain durable

Conscient de sa situation et soucieux de relever les défis, le Burkina Faso se doit d’attaquer tous les facteurs limitants dans les différents secteurs qui sont par ailleurs étroitement imbriqués. Il s’agit, en terme de perspectives, de relever le niveau de revenu des populations et d’accélérer le développement des ressources humaines et du potentiel productif.

C’est ainsi que le gouvernement du Burkina Faso a, lors de la 3ème conférence de la table ronde des bailleurs de fonds tenue à Genève en octobre 1995, exprimé son adhésion au concept de développement durable à dimension humaine dans sa Lettre d’intention de politique de développement humain durable 1995-2005 (LIPDHD). La finalité est de centrer davantage le développement du pays sur la sécurité humaine, sur la responsabilisation des communautés de base et sur l’auto-développement.

Le gouvernement burkinabé, dans ses nouvelles orientations économiques à moyen et long termes, fait reposer le développement humain durable sur les cinq (5) sécurités suivantes :

  • la sécurité économique liée à un emploi rémunérateur ;

  • la sécurité sanitaire liée à l’accès facile et à moindre coût aux soins médicaux curatifs et préventifs ;

  • la sécurité alimentaire liée à l’accès à une alimentation de base y compris l’eau ;

  • la sécurité environnementale liée à la préservation d’un environnement sain et au développement de moyens d’existence durable ;

  • la sécurité individuelle et politique conformément aux prescriptions constitutionnelles et au processus de démocratisation dont l’une des résultantes est sans conteste la décentralisation amorcée depuis 1991.

Dans cette démarche novatrice, le gouvernement burkinabé doit engager, avec l’ensemble de ses partenaires (bilatéraux, multilatéraux, société civile, ONG, etc.), une politique économique et sociale susceptible de concilier les contraintes d’ajustement et la nécessité de choix alternatifs de développement durable dans le cadre d’une stratégie à moyen et long termes, en suivant les principes fondamentaux suivants :

  • la recherche du maximum d’impact sur les principaux indicateurs sociaux dans l’orientation et le choix des investissements et des dépenses publiques

  • la promotion de l’équité et l’égalité des chances entre les différentes couches sociales et les sexes, sans restriction des libertés publiques et civiques ;

  • la protection de l’environnement ;

  • le développement des ressources humaines et de l’emploi ;

  • la participation des populations et de la société civile dans la formulation, l’exécution, le suivi, l’évaluation et le financement des politiques et des programmes ;

  • la transparence des procédures et outils de gestion des ressources publiques.

4.3. Objectifs majeurs de la stratégie

Pour accroître les revenus des populations et accélérer le développement des ressources humaines et du potentiel productif, le gouvernement burkinabé s’est fixé à l’horizon 2005 les objectifs suivants :

  • un accroissement du PIB par tête d’habitant de 3 % au minimum par an ;

  • un doublement du taux d’alphabétisation pour l’ensemble de la population de 20 à 40 % ;

  • un gain d’environ 10 ans au niveau de l’espérance de vie sur la période.

4.4. Eléments de stratégie et secteurs prioritaires

L’atteinte de ces objectifs passe par les 4 axes opérationnels suivants :

  • une croissance soutenue et durable

  • un développement optimal des ressources humaines

  • une bonne gouvernance, comprise à la fois comme un moyen et un objectif de développement garantissant la participation populaire, la stabilité politique, le développement institutionnel et le respect des droits de l’homme.

  • une meilleure gestion des ressources naturelles.

4.4.1 Croissance soutenue et durable

L’objectif ici est d’obtenir des taux de croissance du PIB systématiquement supérieurs à celui de la population. Les bases économiques de cette croissance sont essentiellement le développement des secteurs agro-pastoral et minier et le développement des activités exportatrices des produits locaux (coton et produits d’élevage). La consolidation du processus d’intégration économique (dans le cadre de l’UEMOA notamment) permettra de renforcer les bases de compétitivité de l’économie nationale.

4.4.2 Développement optimal des ressources humaines

Comme indiqué plus haut, près de la moitié de la population du Burkina Faso (44,5%) vit en dessous du seuil de pauvreté. Aussi, sied-il de renforcer les actions visant à réduire la pauvreté et le déficit social par la recherche du maximum d’impact sur les principaux indicateurs sociaux, notamment par :

  • l’accès à l’éducation (éducation de base en priorité) ;

  • l’accès aux services de santé ;

  • la maîtrise de la croissance démographique ;

  • une politique dynamique de création d’emplois et de revenus ;

  • un rôle plus actif de la femme (52% de la population) dans le développement.

4.4.3 Bonne gouvernance

Les objectifs poursuivis à terme à travers le plan national de bonne gouvernance adopté en 1998 par le Gouvernement sont :

  • mettre en place des institutions et des mécanismes de gestion administrative compatibles avec les principes de transparence et d’obligation de résultats pour toute personne civile ou morale investie d’un mandat public ;

  • accroître les pouvoirs de décision des populations et en particulier des femmes dans les actions de développement.

La mise en œuvre de la bonne gouvernance implique d’une part une redistribution des rôles, des fonctions et des moyens entre l’Etat et les autres acteurs et d’autre part, de nouveaux principes organisationnels.

Les domaines privilégiés de la bonne gouvernance se résument comme suit :

  • la réforme de l’administration publique ;

  • la gestion économique et financière ;

  • la réforme judiciaire ;

  • la décentralisation ;

  • le partenariat Etat/société civile et ONG .

4.4.4 Meilleure gestion des ressources naturelles

Cet axe recouvre la protection de l’environnement et la gestion des ressources en eau. Le gouvernement a entrepris depuis plusieurs années, une politique de lutte pour la préservation de l’environnement à travers notamment :

  • Le Plan National pour l’Environnement (PANE) ;

  • La politique des « trois luttes » (feux de brousse, divagation des animaux et coupe abusive du bois) ;

  • Le plan national de lutte contre la désertification (PNLD) ;

  • Le Programme de Gestion des Terroirs (PNGT) ;

  • Et la politique et stratégie en matière d’eau (adoptée en 1998).

4.4. Financement du programme

Le programme de la politique de développement humain durable 1995 – 2005 avait estimé le volume des besoins en ressources financières à un minimum de 850 milliards de FCFA.

Les sources de financement potentielles sont entre autres :

  • Les gains de productivité de la dépense publique ;

  • L’amélioration de l’intermédiation financière ;

  • La mobilisation de l’épargne des burkinabé à l’étranger ;

  • La participation de la population ;

  • La contribution des bailleurs de fonds.

Toutefois, il est à noter que des contraintes d’ordres interne (faible taux de croissance économique limitant les possibilités de la mobilisation des ressources nationales) et externe (changement dans la politique de financement des bailleurs de fonds avec des conditionnalités spécifiques et parfois des réductions de l’aide publique au développement) compliquent le financement du programme.

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5. Besoins et attentes que les NTIC peuvent contribuer à satisfaire

Comme pour conjurer ses handicaps en matière de ressources naturelles, le Burkina se bonifie de la particularité d'être la "terre des hommes intègres", et entend se positionner comme un pôle stratégique incontournable pour l'ouverture de l'Afrique et des Africains aux grands défis planétaires nés de la fin du système des deux Blocs depuis la chute du mur de Berlin en novembre 1989 et le démantèlement de l'union soviétique en décembre de l'année 1990. Il y a donc eu formation d'un New deal politique, la démocratie ainsi que le libéralisme économique. Autant d'éléments qui remodèlent tant sur la forme que dans le fond, les relations économiques, géo-économiques internationales dans un contexte marqué par l'avènement de "la Société de l'information."

Aussi, il s'agira ici d'analyser les modalités d'insertion du Burkina Faso dans la société globale de l'information et du savoir (au Burkina) dans la perspective de diversifier les sources de croissance de ce pays en le positionnant dans une réalité contemporaine où l'avenir, le devenir, le développement tant à l'échelle individuelle que des nations semblent impérativement liés aux politiques de regroupement et aux vastes ensembles économiques, où tout isolement est suicidaire.

Pour situer les éléments qui fondent cette analyse, il importe de rappeler que le concept de NTIC à la base de l’émergence de la société globale de l’information résulte de l’intégration des réseaux de communications à haut débit en réseaux mondiaux pour permettre un accès à des applications et services de façon transparente, pleinement interactive, tant à l’échelle nationale qu’internationale et en tout temps.

Ce progrès technique nous permet désormais de traiter, de stocker, de trouver et de communiquer des informations sous quelque forme que ce soit, sans être limité par des contraintes d’espace, de temps, ni de volume. Il peut s’agir de données textuelles ou structurées, de messages sonores, de vidéo ou de combinaisons plus élaborées (données multimédias). Ceci permet la mise en place de sites d’information multimédias interactifs, de services vocaux classiques, de services de messagerie, de services de téléconférence, de services de vidéoconférence, de services d’apprentissage, de services de télémédecine ou de services de commerce électronique destinés aux entreprises, aux administrations et aux citoyens. Ce progrès technique transformera inévitablement de façon profonde les pratiques commerciales, les méthodes et les relations de travail, l’organisation des entreprises, les méthodes d’apprentissage et la communication sociale.

Dans le processus de transformation des sociétés agricoles en sociétés industrielles, la mécanisation a été sans conteste l’élément moteur de la croissance et du développement. Il y a donc lieu de croire que dans les mutations actuellement en cours marquées par la mondialisation de l’économie, la libéralisation des échanges commerciaux, les regroupements régionaux et l’universalisation des valeurs démocratiques, l’élément moteur de la croissance et du développement ne sera ni les ressources naturelles, ni les marchandises, mais ces réseaux de communications et ces applications multimédias interactives qui constituent l’assise de la transformation des rapports politiques, économiques et sociaux existants en société mondiale de l’information.

Dans un tel contexte de mutation, quelles peuvent être les perspectives pour la diversification des sources de croissance d’un pays comme le Burkina Faso ?

Quel meilleur parti le Burkina Faso peut-il tirer dans un contexte où le développement de l'information et de la communication est rendu nécessaire pour peu que l'on veuille s'ouvrir au reste d'un monde au demeurant devenu village planétaire selon le concept du spécialiste en sciences de l'information et de la communication, MAC LUHAN et qui participe tant de la société de production et de consommation que de la société de l'information déjà au cœur de nos existences individuelles que de nos vies communautaires ?

Quelles attentes le Burkina se doit-il d'avoir des moyens les plus modernes de communication et de l'information, en l'occurrence les NTIC tant dans la perspective de son insertion dans des politiques économiques marquées du sceau de la pertinence et au diapason des défis de la mondialisation que dans sa quête légitime de pays en voie de développement pour un développement humain durable ?

Comment le Burkina devrait-il s'y prendre pour s'assurer dans le cadre des NTIC, une croissance soutenue et durable, le développement optimal des ressources humaines, l’incrustation définitive de la bonne gouvernance et une gestion plus rationnelle des ressources naturelles, afin de garantir pour les générations futures la sécurité économique, la sécurité sanitaire, la sécurité alimentaire, la sécurité environnementale et la sécurité individuelle et politique.

5.1 Les NTIC, un moyen de désenclavement global

Terre enclavée quoique terre de contacts parce que située au voisinage de six pays limitrophes et au cœur d'une zone ayant une longue tradition précoloniale de regroupements sous les traits de grands ensembles politiques (Royaumes, empires, entités politiques et économiques diverses, vastes puzzles de vie et d'existence regroupés quelquefois en principe de vie politique excentralisée etc.), le Burkina Faso peut se prévaloir d'être depuis les indépendances, au cœur d'une zone qui a tiré profit de ses riches traditions de cohésions et de solidarité pour entamer plus d'une tentative de regroupements économiques intégrés et/ou régionalisés. Pour mémoire, l'on peut citer les cadres institutionnels qui n'ont pas su ou pu résister aux impératifs de pérennité telle que la CEAO, ceux qui ont du mal à se poser définitivement comme des espaces de vies économiques et politiques régulant efficacement les rapports des Etats y prenant part comme la CEDEAO et le Conseil de l'Entente ou dont la viabilité n'a d'égale que la volonté politique affichée pour leur création à l'instar du très jeune espace monétaire et économique : l'UEMOA.

A côté de la volonté des hommes politiques à réussir ces tentatives, il convient de saisir à sa juste valeur la dimension nouvelle que les NTIC peuvent apporter ou ne pas apporter au Burkina Faso et aux pays de la sous région pour leur intégration effective et leur désenclavement global.

Avec ces réseaux de communication post modernes, les distances à défaut d'être supprimées sont réduites au maximum. Des changements, des transformations s'opèrent et peuvent être perçus en temps réel et dans les vérités de leur dimension et de leurs propositions actualisées.

Avec les possibilités d'information extra large et extra approfondie sur les différents domaines de la vie, avec les possibilités de diffusion des opportunités d’affaires, de présence active et de présence participative dans les autoroutes de l'information, les kilomètres physiques, la distance géographique deviennent une contrainte dérisoire car l'essentiel des processus d'observation, de mise en débat, d'échanges commerciaux et d’échange tout court peut se faire par le canal des réseaux, les déplacements physiques ne devenant plus nécessaires que pour les éventuelles concrétisations de contrats et autres accords.

En cela, les nouvelles technologies de l'information et de la communication n’offrent-elles pas une opportunité en or aux pays de la sous région pour réussir leur intégration économique et une ouverture sur le reste du monde ? N’ouvrent-elles pas de nouvelles avenues qui constituent la seule voie pour offrir à chaque citoyen un accès au marché mondial, ouvrir chaque village sur le reste du pays, les autres pays de la sous région et du monde, créer ainsi un espace sans frontière de communication, d’interaction, d’interpénétration des cultures, de renforcement de la solidarité d’éveil et surtout de relations commerciales entre les peuples, en somme, pour créer les conditions sans lesquelles aucune politique d’intégration sous régionale et de participation active au processus de mondialisation en cours n’est viable ? Parce qu’à la base des nouveaux rapports qui sont en train de s’établir entre les nations, les NTIC constituent à l’évidence un facteur de tout premier ordre d’intégration qui non apprivoisé peut devenir un facteur de marginalisation.

5.2. Les NTIC, un moyen pour le renforcement de la gouvernance, de la transparence et de la mobilisation sociale

Si dans un tel contexte le Burkina Faso dont l'économie repose essentiellement sur l'agriculture, l'élevage et l'artisanat, est sahélien et pauvre, il convient toutefois de faire remarquer que du fait précisément des conditions naturelles assez rudes et contraignantes, les Burkinabé se sont de façon constante investis dans des initiatives tendant à renforcer leurs capacités à transformer leur milieu de vie par la rigueur, le travail et la discipline.

On peut notamment rappeler à cet effet les initiatives majeures qui ont été entreprises en vue d’engager le pays dans des réformes macro-économiques, structurelles et politiques qui visent le rétablissement de l’équilibre des finances publiques et des comptes extérieurs, une plus juste répartition des dépenses publiques, le désengagement de l’Etat des secteurs directement productifs, la promotion du secteur privé, l’instauration d’un Etat de droit, l’égalité des chances entre les différentes couches sociales et les sexes et le renforcement de l’orientation en faveur d’un développement humain durable centré sur un développement optimal des ressources humaines et une croissance soutenue et durable.

De telles réformes ne peuvent aboutir que dans le cadre d’une politique de bonne gouvernance fondée d’une part sur les principes de transparence, d’obligation de résultats pour toute personne physique ou morale investie d’un mandat public et d’autre part, sur une adhésion et un pouvoir de décision plus accrus des populations et en particulier des femmes dans les actions de développement.

Ceci nécessite en particulier de faire de l’Administration un appareil efficient de gestion du développement économique et social notamment en la dotant des moyens technologiques pouvant faciliter :

  • la communication et le partage de l’information dans le contexte de décentralisation et de déconcentration en cours ;

  • l’amélioration de l’efficacité, de la rigueur et de la transparence dans la gestion courante et prévisionnelle : gestion des dépenses, des recettes, des programmes d’investissement et de la centralisation des opérations financières au niveau central, des collectivités locales et des établissements à caractère administratifs ; gestion des examens et concours ; gestion académique des établissements d’enseignement secondaire et supérieur ; gestion des œuvres universitaires, bourses et aides aux étudiants et stagiaires ; gestion des formations sanitaires, etc. ;

  • l’amélioration de la gestion de l’information sur la fraude et le grand banditisme, de l’Etat Civil, des cartes d’identité et passeports, des associations, des dossiers en justice, du fichier électoral et de l’accès à l’information réglementaire et juridique en vue de garantir la sécurité, les libertés individuelles et collectives, l’efficacité de l’appareil judiciaire, la transparence et le renforcement de l’Etat de droit ;

  • la rationalisation des prises de décisions et de la gestion stratégique de l’économie en se fondant sur des données socio-économiques intégrées, à jour, faciles d ‘accès relatives aux aspects pouvant avoir un impact significatif sur le développement : démographie, éducation, santé, hydraulique, environnement, ressources naturelles, agriculture, élevage, artisanat, emploi, culture, aménagement du territoire et implantation de projets de développement.

Au regard des grandes tendances actuelles dans le traitement et la diffusion de l’information que sont l'informatisation des processus et des méthodes, la numérisation des supports et des échanges et la globalisation, les technologies de type Internet / Intranet peuvent constituer pour le Burkina Faso la plate-forme idéale pour répondre à la fois à ces besoins de communication, de partage de données pour la gestion courante et l’aide à la décision, de rationalisation des procédures de travail impliquant des acteurs répartis géographiquement dans le but de garantir la transparence, de réduire les délais, les coûts et la qualité des services rendus.

Par ailleurs, pour sensibiliser ou mobiliser autour des causes justes et des programmes les plus aptes à transformer les milieux de vie des populations, la bonne volonté, le sérieux des programmes en l'objet ne suffisent pas en eux-mêmes. La mobilisation et la sensibilisation sont en effet par essence des démarches de proximité.

De ce fait, les NTIC peuvent avoir également une influence positive sur les relations qui existent entre l’Administration et les administrés et sur les politiques de mobilisation et de sensibilisation sociale.

Elles peuvent permettre de rendre accessibles en tout lieu et en tout temps les informations publiques comme les formulaires et les guides administratifs, l’organisation et les programmes d’activités des départements ministériels, les appels d’offres et les résultats des dépouillements, de mettre en place des télé-procédures, de permettre ainsi une meilleure transparence de l’administration, la suppression des interminables déplacements et attentes dans les services administratifs et de meilleurs rapports avec les administrés.

Elles peuvent permettre en outre de faire voisiner différentes situations qui peuvent se vivre dans les différentes parties du monde, de comparer ainsi les effets et les impacts de ces états des lieux, de s'éclairer et d'éclairer sa propre gouvernance face aux choix, aux options les plus diverses.

Au plan didactique, cela peut avoir un aspect positif sur les populations cibles et en particulier sur les travailleurs qui peuvent alors modifier leur comportement, adapter leurs habitudes aux réalités incontournables du monde moderne. C'est ainsi qu’à titre d’exemple les NTIC peuvent être des supports dans les campagnes médiatiques pour les réformes administratives ou contre des pandémies comme le SIDA.

Au niveau de la mobilisation sociale, les NTIC peuvent ainsi s'affirmer comme un instrument de mobilisation, d'identification et quelque fois même d'uniformisation des consciences collectives.

Dans le cadre de la lutte contre certaines pratiques néfastes à la promotion sociale comme la pratique de l'excision, les situations de dépossession observées dans les cas d'héritages et de lévirat au préjudice des veuves et orphelins, les NTIC peuvent être amplement participatives de la sensibilisation en vue du dépérissement de certaines pratiques avilissantes et dégradantes pour la femme.

Dans le même temps, la mise en commun des expériences diverses, la promotion des échanges multisectoriels peuvent être développées entre les associations et groupements villageois et féminins afin de créer des réseaux dans le cadre de la dynamisation et de la mise en commun et en partage des cursus et des parcours des associations de développement.

En outre, que ce soit l'arbre à palabre, le tam-tam, le conte ou toute autre forme de communication traditionnelle comme le langage des initiés lors de certaines manifestations ou activités culturelles, comme l'initiation et/ou la circoncision, il est inexact de penser que ces moyens de communication sont tombés en désuétude. Loin s'en faut, il importe tout simplement de les promouvoir, de les réhabiliter en les adaptant à l'esprit de l'époque.

Ainsi, par des réseaux d'échanges propres que l'on peut mettre sur Internet ou tout autre support des NTIC on peut promouvoir ces techniques traditionnelles de communication et leur donner une seconde vie.

Des pages WEB formées essentiellement de contes pour enfants peuvent être lancées sur Internet, tout comme l'appropriation positive du langage du tam-tam, la bendrologie ou la drumologie que l'on pourrait promouvoir sur des sites de littérature orale.

Par ce canal, les populations locales et les franges concernées pourraient retrouver leur compte au niveau de leur préoccupation à s'ouvrir aux valeurs universelles tout en restant bien enracinés culturellement.

Les réseaux d'échange et de débat qui peuvent être développés sur les supports des NTIC ont également le mérite de créer un cadre de mobilisation pour des catégories comme les agriculteurs, les éleveurs, les artisans, ou en terme genre et population de sorte que des passerelles de solidarité et de partenariat puissent être facilement jetées entre des réseaux constitués. Toute chose qui facilite la sensibilisation et la mobilisation sociale dans l'optique de la promotion dynamique d'un développement durable.

Les enjeux consistent donc à développer des stratégies pour rapprocher les populations de ces nouvelles technologies, si l'on veut leur participation effective au développement durable.

5.3. Les NTIC, un moyen pour l'amélioration du débat politique et des processus électoraux

La présente décennie a connu un profond bouleversement avec la recomposition du paysage politique marqué par une marche relativement généralisée des Etats vers des espaces républicains où le politique marque le pas sur l'idéologique.

Au Burkina Faso, il convient de s'interroger sur la possible contribution des NTIC à l'animation du débat politique et à l'amélioration des processus électoraux.

Il convient de préciser que les médias électroniques ont investi la quasi-totalité du débat politique.

Au Burkina Faso, les NTIC peuvent contribuer de manière spectaculaire à la formation d'une citoyenneté militante et à l'élévation de la compréhension par une population généralement illettrée du débat politique, de ses enjeux et de son impact sur la vie.

Nous n'en sommes pas encore au système où un débat électoral télévisé peut déterminer le cours et le choix des électeurs. Mais il semble que la Radio qui est un médium bien commode et adapté aux réalités de l'Afrique peut très bien contribuer à la formation sur les actes politiques majeurs d'une nation, les choix et les options possibles, les actes civiques à accomplir.

Il en est de même de la télévision dont l'aspect didactique en certains endroits est encore plus visible avec un impact plus pertinent.

D'une manière générale, il faut noter que les outils modernes de télécommunication n'entraînent pas ses utilisateurs dans une logique d'enfermement et d'hermétisme préjudiciable à l'ouverture vers d'autres expériences et à leur maturation.

Les nouvelles technologies constituent donc une chance inouïe pour s'ouvrir sur le monde et ses expériences.

Au plan des processus électoraux, en instaurant une logique de transparence notamment dans la gestion des listes électorales, en permettant aux différents acteurs politiques d'accroître leur capacité de contrôle des pouvoirs publics afin de garantir la transparence, et l'élimination des fraudes électorales, les NTIC peuvent permettre une plus grande crédibilisation des processus électoraux et en conséquence d'élire des dirigeants dans un cadre sain parce que les dés ne sont pas pipés.

Du fait que les NTIC disposent des possibilités de l'interactivité on pourrait concevoir dans l'optique d'exercer utilement les consciences des citoyens à l'esprit de discernement dans les choix politiques, l'option de projets politiques et organiser par le canal de réseau d'échanges locaux d'expériences, des débats entre différentes zones et régions culturelles du pays en sorte de créer des cadres de partage sur l'état général de la marche national vers la maturité politique, la comparaison des espaces républicains avec les formules de gestion traditionnelle de la cité.

Les processus électoraux et leurs exigences aux plans municipal, régional, législatif et présidentiel nécessitent une bonne implication de ces nouveaux moyens d'information et de communication.

Pour tous ces débats, ces échanges, ces campagnes de sensibilisation, il est évident que les néomédias, les NTIC peuvent être plus aptes en certains points, notamment didactique, à forger le civisme, le militantisme politique au sens noble du terme et à créer une habitude des citoyens à leur devoir civique à savoir la participation au processus électoral.

Elles constituent aussi de puissants facteurs d'amélioration de l'appareil judiciaire et d'harmonisation des lois surtout dans les espaces sous-régionaux en construction comme l'UEMOA et la CEDEAO.

L'application des NTIC dans ce domaine précis du renforcement d'un Etat démocratique visera essentiellement l'éducation, la formation et la vulgarisation des expériences démocratiques des institutions.

5.4. Les NTIC, un moyen pour apprendre tout au long de la vie et pour l'amélioration de la compétitivité

Comme cela a été mentionné plus haut, le développement optimal des ressources humaines constitue l’une des priorités fondamentales du gouvernement pour entraîner le Burkina Faso dans un processus de développement humain durable. Dans son ouvrage intitulé « Les voies de l’espérance », S.E.M. Blaise Compaoré, Président du Faso notait à ce propos que « dans la lutte pour le progrès, la qualité des ressources humaines est un facteur essentiel… L'analphabétisme est un vrai fléau social qui ralentit à la fois l'émancipation des individus et l'action de la puissance publique dans la mise en œuvre des processus de croissance…. Tous les pays qui ont réussi des avancées décisives sur le chemin du développement n'ont pu le faire qu'en domptant les sciences et la technologie. Au demeurant, ce n'est pas un hasard si la recherche fondamentale ou appliquée est l'un des principaux enjeux de la compétition entre nations industrialisées  ».

La société mondiale de l’information qu’induit les NTIC est en passe de devenir une société mondiale du savoir qui exacerbera cette compétitivité pour l’innovation parce qu’elle nous immergera, pour peu qu’on puisse disposer des moyens d’accès, dans un environnement d’apprentissage où les ressources éducatives seront inépuisables et multiformes, où tout citoyen devrait pouvoir tirer le meilleur pari, à peu de frais, des dernières avancées en matière de pédagogie et de technologie éducative, où les populations des zones rurales ou isolées devraient pouvoir bénéficier de l’expertise et de l’encadrement des meilleurs spécialistes, sans que ceux-ci ne soient obligés de subir de fréquents déplacements. Les NTIC vont sans aucun doute apporter à l’humanité une révolution dans l’élaboration et la transmission du savoir d’une dimension au moins égale à celle que l’imprimerie a engendrée.

De ce fait, la contribution des NTIC à la lutte contre la pauvreté doit être formalisée comme une nécessité s'inscrivant dans toute politique de promotion humaine car l'on irait de Charybde à Scylla si l'on entamait le 21è siècle avec des citoyens majoritairement non instruits mais également majoritairement marginalisés de la société mondiale du savoir.

Pour un Etat en construction, une nation en devenir comme le Burkina, il importe de disposer des organes d'information de masse pour travailler non pas forcément à une "conscientisation politique du peuple" comme cela est ou était de mise sous certaines réalités idéologiques d'une certaine époque, mais pour que les citoyens puissent bénéficier dans le cadre même des droits humains qui leur sont reconnus de créneaux pour s’ouvrir au monde, à ses réalités en s'informant, pour s'éduquer et s'instruire dans le contexte de la nécessaire recherche d'une formation continue et fonctionnelle et enfin, se distraire.

Les autorités politiques ont engagé le pays, conformément aux aspirations des populations, dans la voie du travail et du progrès à travers six actions de relance :

  • la sauvegarde de l'environnement et la lutte contre la désertification ;

  • l’accroissement de la production agro-pastorale;

  • l'organisation et l'appui au secteur informel et l'artisanat;

  • le développement du réseau des petites et moyennes entreprises ;

  • le soutien aux activités productrices des femmes ;

  • l’élévation du niveau général des connaissances à la base et le développement du sport et des activités culturelles.

Ces objectifs définis, les NTIC sont en mesure de contribuer à la mise à disposition des instruments d’éclairage et d’éveil nécessaires pour créer un cadre d'épanouissement et donner aux populations le pouvoir d’améliorer leurs conditions de vie, notamment en produisant dans le cadre d’une approche intégrée des politiques sectorielles de développement, des contenus multimédias interactifs d’information, de sensibilisation et d’autoformation, éventuellement en langues nationales, adaptés aux besoins et au niveau de ces populations et pouvant faciliter l’apprentissage tout au long de la vie.

De même, un secteur comme celui de la santé peut bénéficier des NTIC et agir de manière directe sur l'amélioration de la couverture sanitaire du pays. Des contenus interactifs de sensibilisation peuvent être réalisés et diffusés afin d’aider à des changements de comportement, à l'intégration des normes hygiéniques dans le cadre de vie. En outre la télémédecine peut être développée dans le but de permettre aux populations un plus grand accès aux services des spécialistes.

L'enseignement primaire, secondaire et supérieur ainsi que la formation continue des cadres peuvent aussi trouver dans les NTIC un créneau de promotion prodigieuse grâce aux techniques interactives d’autoformation accompagnée et d’enseignement à distance destinées aux formateurs ou aux apprenants dans le cadre d’une pédagogie renouvelée. Il y a là des possibilités sérieuses pour faire avancer de façon significative la qualité de l’enseignement mais aussi pour assurer une plus grande couverture de la demande éducative.

Enfin, les NTIC peuvent contribuer à rompre l’isolement des chercheurs nationaux et à les associer à l’élaboration des technologies innovantes dont le pays a besoin pour son développement en leur ouvrant l’accès à l’information scientifique et technique et en facilitant leur insertion dans la communauté scientifique internationale. Ceci contribuera sans aucun doute à réduire également la fuite des cerveaux.

5.5. Les NTIC, un moyen pour créer de nouvelles ressources et de nouveaux emplois

L’insertion d’un pays comme le Burkina Faso dans la société mondiale de l’information et du savoir va inévitablement nécessiter un développement spectaculaire de l’infrastructure national de télécommunications, des logiciels d’application, des contenus multimédias adaptés aux besoins locaux et des centres d’accès communautaires. Il n’est pas exagéré d’affirmer qu’avec l’ouverture complète du secteur au privé, les investissements pour le développement de l’infrastructure nationale d’information et de communication dépasseront très rapidement sous la pression de la demande la moitié des investissements globaux pour le développement du pays.

Cette insertion se traduira donc certainement par la création de nouveaux marchés pour les opérateurs nationaux de télécommunications, les sociétés de services et d’ingénierie de logiciels, les producteurs de contenus multimédias et les promoteurs de télécentres privés. En plus de créer des emplois pour la jeunesse, ceci constituera également une source appréciable pour les recettes fiscales.

En outre, la mise en place d’un cadre approprié pour le télétravail permettra aux chercheurs d’emploi de compétir sur un marché plus large dans des domaines comme la numérisation de documents ou la traduction.

5.6. Les NTIC, un moyen pour favoriser le rayonnement du pays

La promotion de la culture est une possibilité offerte au Burkina d'être présent sur la sphère de l'universel sans que cela ne soit de la simple figuration et puisse en même temps contribuer à son rayonnement.

La culture en effet est d'une efficacité redoutable en matière d'imposition de sa propre image aux autres.

Si les Etats-Unis d'Amérique ont actuellement une si grande audience et une si grande influence dans les relations internationales, c'est sans doute dû au fait que par le biais de son cinéma (Hollywood), de l'American Way Of Life, les Etats-Unis ont de manière progressive et continue, su gagner le subconscient du monde. Les multiples initiatives allant dans le sens d'une promotion des différentes langues, comme c'est le cas de la francophonie, que des pays engagent ici et là, participent de la même prise de conscience et de fait de la même conviction que la culture est à même d'être un élément clef dans les relations internationales.

Le Burkina possède un gisement culturel et artistique qu'il convient de mettre en relief et d'exploiter judicieusement dans le cadre des possibilités qu'offrent les médias et les NTIC.

Par ailleurs, l'expérience de site WEB offrant la possibilité de visiter des musées virtuels est digne d'intérêt. Il en est également de même d'œuvres littéraires notamment des contes que l'on pourrait diffuser sur Internet. Les initiatives de promotion artistique comme les Arts du Spectacle semblent également indiquées.

Le Burkina, grâce à une présence ingénieuse et talentueuse, peut bouleverser l'ordre de préséance et apporter une touche humaine aux jeux de relations sociales, humaines qui se tissent, se nouent et se dénouent dans toutes les sociétés.

Notre pays riche de sa diversité linguistique, peut au plan culturel enrichir les autres grâce aux profondeurs philosophiques de ses contes, l’ingéniosité et la mélodie exceptionnelle des rythmes des terroirs.

Le Burkina peut beaucoup offrir à voir et à comprendre en matière d'art du spectacle, de sculpture, de peinture en guise d'illustration.

Mais bien plus que ces aspects externes, il y a un tel humanisme, une telle générosité qui marquent de manière fondamentale, les cultures d'Afrique et il est indiqué qu'elles puissent occuper une place importante sur les espaces d'échanges et de partage qu'offrent les médias de masse et les NTIC.

Car, en définitive, les réalités des outils d'informations post-modernes sont mutantes ; ainsi le paysage audiovisuel n'est déjà plus le même qu'il y a 5 ans. Et les transformations sont continuelles.

En vérité, seule demeure la constance des messages et des informations que l'on pourrait distiller.

Même à ce niveau, la réalité d'aujourd'hui a des exigences qui sont technologiques et qui sont différentes de celles de demain.

Il convient de mettre les commodités qu'offre la société de l'information au profit de la promotion des valeurs humaines et des espaces de solidarité communautaire et de l'épanouissement général. Car les moyens de communications sont à l'image de n'importe quel outil d'action. Ils ne sont ni bons ni mauvais en soi. Ils sont tout simplement des instruments d'action qui épousent les contours des réalités qui les portent et des enjeux qui les sous-tendent.

Dans une telle démarche, le Burkina se doit toutefois d’être réaliste, car c'est dans le cadre d'une sous-région intégrée que le pays aura les meilleurs atouts pour promouvoir une présence remarquée et pertinente sur les NTIC.

Certes, l'on peut remarquer que même au-delà des empires financiers, des groupes industriels utilisent le canal des médias classiques et de plus en plus les NTIC pour conforter leur présence sans cesse croissante à l'échelle mondiale.

En conséquence, pour les pays dont l'accession aux NTIC s'avère relativement limitée, le meilleur moyen de soigner son image et de promouvoir son rayonnement international est en définitive d'élargir cet accès.

C'est dans cette optique que fut créé et mis en service par la DELGI le Site WEB du Gouvernement, dont les grandes rubriques sont :

  • L'histoire du pays

  • La 4ème République

  • Les données socio-économiques

  • La carte Postale et le Burkina dans le monde.

Ce Site WEB accessible de partout met à la disposition des visiteurs une foule d'informations qui vont de l'histoire du Burkina aux politiques sectorielles des principaux départements ministériels et des informations de presse.

C’est également dans cette optique que furent créés les sites du musée virtuel, du SIAO et du FESPACO et qu’il devient urgent de faire évoluer les sites du SIAO et du FESPACO vers un marché virtuel de l’artisanat et un festival virtuel du cinéma africains.

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6. Etats des lieux de l'environnement des technologies de l'information et de la communication et perspectives d'évolution

6.1 Télécommunications

6.1.1 Présentations

Au Burkina Faso, les télécommunications sont sous la tutelle technique d’un Secrétariat d’Etat aux télécommunications rattaché au Ministère de la Communication et de la Culture (MCC). L'opérateur, unique jusqu'à ce jour, est l'Office National des Télécommunications (ONATEL).

L'ONATEL, né de l'éclatement de l'Office des Postes et Télécommunications (OPT) par kiti (décret) no An IV 274/CNR/TRANS du 19 février 1987, sera dans un premier temps érigé en Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial (EPIC) et par la suite transformé en Société d'Etat (SE) par décret no 94-338/PRES/MIC/MCC du 02 novembre 1994. Sous ce nouveau statut, il sera placé sous la triple tutelle du Ministère de la Communication et de la Culture (MCC), du Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat (MCIA) et du Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) et aura en charge la mission d'assurer le service public des télécommunications, la réglementation et la législation en matière de télécommunications. En outre, l’ONATEL représente le Burkina Faso dans les organisations internationales des télécommunications telles l'Union Internationale des Télécommunications (UIT), l'Union Panafricaine des Télécommunications (UPAT) etc.

Le réseau de transmission interurbain de l’ONATEL est constitué essentiellement de liaisons hertziennes numérisées à 87,5 %, d’une longueur totale de 2700 Km Ce réseau de transmission interconnecte entre eux quinze centraux téléphoniques dont neuf centraux électroniques temporels ; l’accès à l’international se fait au travers de deux stations terriennes l’une de standard A et l’autre de standard B. A côté de ce réseau national, il existe une dizaine de stations VSAT et DAMA installées par des privés pour des usages spécifiques : on peut citer d’un côté, la Caisse Générale de Péréquation (CGP), la Société Nationale Burkinabè d’Hydrocarbures (SONABHY), la Loterie Nationale Burkinabè (LONAB) etc. qui ont ces types de stations en réception uniquement et de l’autre la représentation nationale de la Banque Mondiale, l’Agence pour la Sécurité et la Navigation Aérienne (ASECNA), la banque ECOBANK, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), la station SHELL, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) etc. qui en disposent en émission/réception.

Au 31 décembre 1998, le réseau des télécommunications de l’ONATEL comptait 41.583 lignes fixes et 2.742 abonnements à la téléphonie mobile cellulaire (norme GSM à 900 Mhz) installée depuis décembre 1996, soit une télédensité globale de 0,38 téléphone pour 100 habitants et de 0,27 téléphone mobile pour 1000 habitants. Le rapport densité téléphonique urbaine / densité téléphonique rurale de 10,63 met en évidence la très faible pénétration de la téléphonie en zone rurale. Au niveau des demandes de raccordement au réseau téléphonique commuté, les demandes en attente au 31 décembre 1998 s’élevaient à 15 086. Quant à la tarification pour l’abonnement, elle est de 40.000 F CFA TTC pour les résidentiels et de 76.000 F CFA TTC pour les professionnels. L'impulsion qui correspond à 6mn de communication coûte 60 F CFA HT en local. Pour le réseau GSM, l'abonnement coûte 59 000 F CFA HT et l'impulsion 60 F CFA HT pour 20 secondes de communication sur le territoire national.

Quant aux points d’accès publics de proximité, on compte 882 télécentres et cabines publics dont 553 télécentres privés, soit 0,088 télécentres et cabines publics dont 0,055 télécentres privés pour 1000 habitants. Les statistiques disponibles ne concernent pas le nombre de télécopieurs et ne permettent pas de déterminer le taux de couverture des écoles et des cliniques. Enfin, les chiffres sur l'évolution globale du parc des abonnés de l'ONATEL pour les quatre dernières années sont consignés en annexe B.

Au niveau des ressources humaines, l’ONATEL compte plus de 1200 agents, ce qui le met au rang des plus gros pourvoyeurs d’emplois dans le pays. L’Office dispose d'une Ecole Nationale des Télécommunications (ENT) qui a en charge la formation de techniciens jusqu'au niveau Bac+2 (cadres moyens) pour ses propres besoins et pour les besoins des opérateurs privés. Quant aux cadres supérieurs, ils sont formés pour la plupart à l'Ecole Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT) de Dakar au Sénégal pour les ingénieurs des travaux et les inspecteurs commerciaux et en Europe (la France en l'occurrence) pour les ingénieurs des télécommunications.

Enfin, pour ce qui est du marché des télécommunications, il est important de noter que l'ONATEL n'est pas le seul acteur dans le domaine au Burkina Faso. En effet, certains secteurs d'activités relatifs aux télécommunications font l'objet de partage ou de concurrence avec des entreprises locales: il s'agit notamment des terminaux (postes et répondeurs téléphoniques, radios portatives, télécopieurs, télex etc.), des autocommutateurs privés (PABX) et de leur installation, du câblage etc. où des sociétés locales telles que la DIACFA, la CICA, SIGEC TELECOM, ENERCOM etc. sont de sérieux concurrents.

6.1.2 Perspectives d'évolution

Les perspectives s’inscrivent essentiellement dans le cadre du programme TELECOM V qui est un projet global intégrant l'ensemble des secteurs dans lesquels l'ONATEL compte investir. Ce programme d'un coût global estimé à plus de 23 milliards de francs CFA (soit 38 millions de $US) est déjà entamé et va se poursuivre pendant quelques années encore. Les secteurs clés d'investissement sont:

  • le réseau de lignes ;

  • les transmissions interurbaines et la couverture télévisuelle nationale;

  • la téléphonie rurale;

  • la commutation;

  • la téléphonie mobile cellulaire;

  • l'Internet;

  • les Transmissions de données

  • etc.

Au niveau du réseau de ligne, le projet contribuera d’une part à l'extension du réseau notamment dans les grands centres urbains tels que Ouagadougou, Bobo-Dioulasso etc. où la demande est très forte et d’autre part, à la rénovation des réseaux vétustes de certaines localités en province.

Pour les transmissions interurbaines, il s’agira de poursuivre la numérisation des artères de transmission.

Les travaux relatifs à la téléphonie rurale, concerneront quant à eux la desserte téléphoni