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République Islamique de Mauritanie

Ministère de l’intérieur des Postes et Télécommunications

Plan de développement de l’infrastructure nationale d’information et de communication

1999-2002

élaboré avec le concours de la CEA et du CRDI-Canada

Septembre 1999

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Tables de matières


Introduction

En Mai 1995, lors de la vingt et unième réunion de la conférence des ministres de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), cinquante trois ministres africains ont adopté la résolution 795 (XXX) intitulée «Mise en place de l’autoroute de l’information en Afrique ».

Par la suite, la CEA a mis en place un Groupe de travail constitué de onze experts dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication. Ce Groupe a élaboré un document intitulé  Initiative «  Société de l’Information en Afrique » (AISI) qui a été adopté, en Mai 1996, par la vingt deuxième conférence des ministres de la CEA.

Le principal constat était que l’utilisation des nouvelles technologies de l’information peut contribuer au développement économique et social de l’Afrique en l’aidant à :

L’exécution des programmes élaborés dans le cadre de l’AISI a reçu l’appui de plusieurs institutions dont le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI), l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), l’UNESCO, la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED), l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), le PNUD et la Banque Mondiale.

Dans ce cadre, le CRDI a accepté d’appuyer huit pays africains dont la Mauritanie à élaborer leur Plan de Développement de l’infrastructure nationale d’Information et de Communication.

Un atelier regroupant une cinquantaine de personnes des secteurs retenus a été organisé du 25 au 27 septembre 1999 pour valider ce plan. Cet atelier a eu lieu sous l’égide du Ministère de l’Intérieur des Poste et des Télécommunications.

Enfin, il est à noter que ce plan intervient à un moment où la Mauritanie entreprend une réforme importante de son secteur des télécommunications qui constitue le support essentiel pour l’essor de la société de l’information.

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Méthodologie d'élaboration du plan

Ce document a été élaboré par une équipe d’experts nationaux avec l’assistance de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université de Nouakchott, de l’Office des Postes et Télécommunications et de l’Initiative Internet pour l’Afrique du PNUD.

Des rencontres avec le ministère des Affaires Economiques et du Développement et le ministère chargé des Télécommunications, ont permis d’identifier les priorités du développement économique et social du pays sur la base du Plan national de développement, et de faire un état des lieux de l’environnement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

Sur cette base quatre secteurs prioritaires ont été retenus, il s’agit des secteurs de l’Education, de la Santé, de l’Administration publique et du secteur Privé.

Plusieurs réunions ont eu lieu :

Ces rencontres nous ont permis de :

  1. définir les besoins et les attentes exprimés par ces différents secteurs, les objectifs stratégiques du Plan de développement des TIC ;
  2. proposer des projets prioritaires, pour chaque secteur, avec un plan d’action à court , moyen et long termes, et des fiches de projets présentés en annexe identifiant le contexte , les objectifs, l’architecture du système proposé, la coordination, les contenus et applications, la chronologie des actions, et le budget répartissant le financement entre ressources nationales et ressources extérieures.
  3. proposer une stratégie de mise en œuvre de ce Plan en mettant l’accent sur les rôles et responsabilités des acteurs concernés, le cadre de concertation et les partenariats à promouvoir entre les différents acteurs.

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Données de base sur la Mauritanie

Le milieu

La République Islamique de Mauritanie est située entre le 15ème et le 27ème parallèle nord et couvre une superficie de 1.030.700 km². Elle est limitée au nord par l’ex-Sahara Occidental et l’Algérie, à l’est par le Mali, au sud par le Mali et le Sénégal et à l’ouest par l’Océan Atlantique.

Administrativement, la Mauritanie est divisée en :

L’administration centrale relève du Ministère de l'Intérieur, des Postes et Télécommunications. La commune bénéficie néanmoins d'un statut de collectivité territoriale décentralisée dans son administration et sa gestion est placée sous la responsabilité d'un maire élu par ses administrés. Ce mode de gestion implique une fiscalité locale placée sous le contrôle du Ministère des Finances.

Plus de la moitié du territoire, au nord, est désertique et faiblement peuplée. La zone sahélienne s’étend d’ouest en est sur une bande de 200 km traversant le pays sur sa partie sud. Au centre et au nord, le relief est constitué de massifs montagneux tels ceux de l’Adrar et du Tagant qui culminent entre 400 à 800 mètres. A l’exception de la plaine alluviale du fleuve Sénégal, au sud, appelée Chemama, le reste du pays est constitué, en grande partie, d’alignements dunaires qui, lorsqu’il pleut, se couvrent de pâturages et où se pratiquent les cultures pluviales.

Le climat, saharien au nord et sahélien au sud, est généralement chaud et sec. Les maxima dépassent 44°C en mai-juin, pour des minima pouvant descendre à 10° C en janvier et février. Les vents, à dominante nord-est, sont très fréquents et favorisent la progression de l’ensablement. La saison des pluies, qui conditionne en grande partie la production agro-pastorale, est très hétérogène dans le temps et dans l’espace. Elle s’étend en général sur une période de quatre mois, de juin à septembre (hivernage), selon un gradient nord-sud de quelques millimètres à 450 mm/an dans la région du Guidimakha. La majeure partie du pays reçoit une pluviométrie inférieure à 300 mm/an. Durant les quinze dernières années, deux grandes sécheresses ont été enregistrées, en 1984-85 et en 1991-92. Durant ces années, la pluviométrie était inférieure de 35 à 70% par rapport à la moyenne.

Les ressources en eau de surface sont constituées essentiellement par le fleuve Sénégal et ses affluents et par les retenues des barrages disséminés sur tout le territoire.

Les terres arables ne représentent que 502.000 ha (0,5% de la superficie globale) dont 220 000 ha pour les cultures pluviales, 139 000 ha sous décrues, 5 500 ha d’oasis et 137.400 ha irriguées.

En raison de la diversité géologique de son sous-sol, la Mauritanie possède un potentiel minier attrayant. Les gisements de minerai de fer de la Kédia, des Guelbs et de M’Haoudat sont en exploitation par la Société Nationale des Industries et des Mines (SNIM). En matière d’hydrocarbures, des indices sont signalés dans les bassins sédimentaires côtiers de Taoudeni.

La côte mauritanienne compte parmi les plus riches du monde. Selon l’estimation menée en 1993 par le CNROP avec le concours de la FAO et de l’ORSTOM, le potentiel de prélèvement permissible est évalué à 1 511 000 tonnes réparties comme suit : 65 000 tonnes de céphalopodes, 132 000 tonnes de démerseaux, 980 000 tonnes de pélagiques, 7 000 tonnes de crustacés, 301 000 tonnes de praires et 26 000 tonnes de thons.

Démographie et système politique

La population mauritanienne est estimée, à partir des résultats du recensement de 1988 et du taux de croissance intercensitaire de 2,9%, à 2.493.073 habitants en 1998 dont 45,2% ont moins de 15 ans. La ville de Nouakchott concentrait 21,1% de la population totale en 1988. Cette proportion devait passer à 26,8% en 1998 sur la base du taux de croissance moyenne de la population de Nouakchott estimé à 9,5% par an sur la période 1977-1988.

Le taux d’urbanisation est passé de 21,6% en 1977 à 41% en 1988. Il devait être de 53,6% en 1998. Sur la période 1988-1998, le taux de croissance de la population urbaine est estimé à 5,6% par an. Cette urbanisation, accélérée par la sécheresse, est la conséquence d’une sédentarisation rapide de la population nomade dont la proportion passait de 73,3% en 1965 à 12,1% en 1988 et devrait être réduite à la portion congrue actuellement.

En 1991, une nouvelle constitution instaurant une nette séparation entre les pouvoirs exécutif et législatif bicaméral et consacrant les libertés individuelles a été adoptée par un référendum national. Par la suite, il y eut l’instauration du multipartisme et la tenue d’élections présidentielles et législatives au suffrage universel.

Performances économiques et sociales

En 1998, la détérioration des secteurs d’exportations, le resserrement de la politique monétaire et l’ajustement du taux de change (+24,1% en moyenne mobile sur 12 mois) avec des effets à court terme négatifs ont réduit les performances économiques : i) la croissance réelle est estimée à 3,5%, ii) l’inflation est de 8,0%, iii) le solde global budgétaire atteint 2,1% du PIB, iv) le déficit des transactions courantes hors transferts officiels est estimé à 2,3% du PIB.

Entre 1994 et 1996, l'espérance de vie a augmenté de 1,4 années pour atteindre 51,8 ans, le taux de mortalité infantile est passé de 118,8%0 à 113,7%0. Le taux d’accessibilité, dans un rayon de 10 km des formations sanitaires de base, atteint 75% en 1996 contre 30% en 1991. Le nombre de médecins de la Fonction Publique était de 249 médecins en 1996, soit moins de 9 000 habitants par médecin. La part des dépenses publiques allouée à la santé a augmenté pour atteindre 1,8% du PIB en 1996 contre 1,2% en 1991.

En 1998, on recensait, pour l’enseignement fondamental, un peu plus de 330.000 élèves dans approximativement 2.700 écoles relevant presque exclusivement du secteur public (98,5%). Concernant l’enseignement secondaire, l’accès reste faible (12.600 élèves ont accédé à l’enseignement secondaire en 1997/98, soit un taux de transition de 37%. Les dépenses d’éducation représentaient en 1996 : 4,3% du PIB (contre 3,5% en 1990), 22% du budget de fonctionnement et 6% du budget d’investissement.

Evaluée sur la base du recensement de 1988, la population active était estimée à 581.000 personnes dont 60% de ruraux.. Il ressort des projections de l’ONS que cette population était de 678.000 personnes en 1995 et qu'elle passera à 788.000 personnes en l'an 2000, soit un taux moyen de croissance de 3% par an.

Entre 1990 et 1996, la proportion de la population estimée vivre en dessous du seuil minimum de pauvreté est tombée de 57% à 50%. La pauvreté recule fortement à Nouakchott (baisse de 43%), dans les principales zones urbaines (-15%), dans le milieu rural de la vallée du fleuve (-18%). En revanche, la pauvreté a progressé de 69% en 1990 à 72% en 1996 dans les zones rurales dont l’activité économique est essentiellement agro-pastorale dépendante de la pluviométrie particulièrement faible en 1996.

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Choix stratégiques du Gouvernement sur la période 1999-2002

En mars 1998, le Gouvernement a présenté sa stratégie de développement à l’horizon 2001 axée sur l’éradication de la pauvreté et la promotion du secteur privé à ses partenaires lors du 3ème groupe consultatif des bailleurs de fonds de la Mauritanie. Depuis, le Gouvernement a actualisé cette stratégie et adopté un programme économique portant sur la période 1999-2002. Il s'inscrit dans la continuité de la politique antérieure visant à consolider les équilibres macro-économiques et à éliminer les obstacles structurels à une croissance économique durable vigoureuse créatrice d’emplois et réductrice des inégalités et de la pauvreté.

Les éléments clés du programme visent à :

i) rehausser la croissance en l’ancrant davantage dans la sphère des pauvres et consolider la stabilité macroéconomique,

ii) réduire le fardeau de la dette extérieure et améliorer sa gestion pour viabiliser à long terme les finances publiques et la situation extérieure,

iii) poursuivre les réformes institutionnelles visant à améliorer la gouvernance,

iv) conduire des réformes structurelles visant le désengagement de l’Etat des branches marchandes,

v) lever les contraintes au développement du secteur privé et promouvoir l’investissement direct étranger,

vi) accroître l’accès à l’enseignement tout en améliorant sa qualité, son adéquation au marché de l’emploi et l’accroissement de la productivité de notre main d’œuvre nationale,

vii) améliorer l’accès à la santé, accroître sa qualité tout en améliorant le recouvrement des coûts et l’implication des bénéficiaires,

viii) mettre la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté au cœur des priorités de développement,

ix) protéger l’environnement et assurer la durabilité du développement par l’aménagement des ressources naturelles.

Politiques économiques

Le relèvement des performances de croissance sera soutenue par : i) la conduite des stratégies et politiques sectorielles adoptées notamment pour l’agriculture et l’élevage qui constituent un potentiel important de croissance, ii) l’accroissement du volume d’investissements publics sans effets d’éviction pour l’investissement privé dans les infrastructures de base et sociale conformément aux stratégies sectorielles, iii) l’amélioration de la productivité des facteurs et iv) l’élargissement de la base productive notamment à travers l’amélioration de l’intermédiation financière, la libéralisation et la réduction des coûts de facteurs etc.

Le secteur agricole possède un important potentiel de croissance créatrice d’emplois et génératrice de revenus pour les plus pauvres. Par ailleurs, le Gouvernement se fixe comme objectifs à moyen terme d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Le sous secteur de l’irrigué joue un rôle central de la stratégie du Gouvernement. Une lettre de politique sectorielle a été élaborée par le Gouvernement en 1999 qui donne les orientations suivantes à ce sous secteur de l’irrigué : i) amélioration de la productivité globale, ii) introduction et expansion de cultures de diversification notamment par des filières d’exportations, iii) accès plus important au financement notamment à moyen terme, iv) sécurisation foncière et réduction du taux d’abandon, et v) libéralisation de la commercialisation de la production nationale et réduction de la protection tarifaire qui devraient permettre des gains de compétitivité (prix et qualité) de l’offre intérieure des produits de l’agriculture irriguée. La libéralisation de la commercialisation et la recherche de la compétitivité par rapport aux produits importés devrait être accompagnée d’une infrastructure d’information permettant de donner une information claire aux producteurs et aux acheteurs sur : i) l’offre intérieure et extérieure des produits agricoles, ii) les niveaux de stocks, iii) l’évolution des prix, iv) les conditions de transport, de stockage et de décorticage etc. Le plan de développement de l’infrastructure nationale d’information et de communication devrait donner une réponse satisfaisante à cette préoccupation. Un tel système pourrait être élargi au suivi des marchés internationaux pour permettre à nos importateurs d’avoir des informations en temps réel sur les prix et accroître la viabilité de la situation extérieure.

La consolidation de la stabilité macroéconomique sera sous-tendue par : i) une politique budgétaire marquée par une amélioration des recettes intérieures et une maîtrise des dépenses publiques, ii) une politique commerciale et de change visant la diversification des exportations, la compétitivité externe de l’offre intérieure et l’accumulation des réserves en devises et iii) une politique monétaire permettant d’atteindre les objectifs d’inflation et de taux de change par l’utilisation d’instruments indirects et l’amélioration du fonctionnement des marchés monétaire et de change.

La Mauritanie à été admise à l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE) aux conditions adoptées au sommet de Cologne par le G7. Dans le même temps, elle continue à améliorer la gestion de sa dette extérieure avec : i) le renforcement de la coordination interne et des capacités de gestion de la dette , ii) l’efficacité des politiques économiques notamment des programmes de dépenses publiques et iii) le recours exclusif à des emprunts concessionnels.

Réformer le secteur public et promouvoir le développement de l’initiative privée

Le Gouvernement continuera ses réformes institutionnelles dans le sens : i) du renforcement des capacités des élus locaux et nationaux, ii) la consolidation de la décentralisation administrative avec notamment une plus grande implication des collectivités locales dans la mobilisation de ressources et la gestion de services publics, iii) le renforcement des capacités administratives et l’amélioration de la qualité de la décision à travers une réforme de la fonction publique et iv) la poursuite de la refonte de l’architecture de l’administration pour assurer sa fonction de régulation de l’économie et réduire les coûts d’intermédiation du secteur privé. Le plan de développement de l’infrastructure nationale d’information et de communication pourrait permettre de constituer un relais entre les élus nationaux et leurs bases mais aussi d’apporter des réponses appropriées aux préoccupations des élus locaux.

Dans le même temps, le Gouvernement poursuivra son désengagement progressif des branches marchandes pour : i) un recentrage de ses dépenses publiques vers les secteurs sociaux prioritaires, ii) une amélioration des recettes intérieures à travers la suppression des exonérations et iii) une réduction des coûts des services fournis jusqu’alors par des entreprises publiques. Dans ce cadre, le Gouvernement réformera les secteurs de l’eau, de l’énergie, des télécommunications et des transports.

La stratégie de développement repose en grande partie sur le secteur privé avec en particulier la création d’un environnement incitatif à l’investissement direct étranger. Pour ce faire, le Gouvernement continuera à : i) supprimer les obstacles administratifs au développement du secteur privé, ii) améliorer l’environnement juridique et le cadre réglementaire dans lesquels l’économie évolue, iii) renforcer l’appareil judiciaire, iv) réformer la fiscalité directe et éliminer toutes les distorsions à la concurrence, v) entreprendre une réforme du secteur financier pour accroître et élargir les circuits d’intermédiation, vi) mettre en place les externalités nécessaires au renforcement de la compétitivité et accroître la productivité totale à travers des programmes de dépenses publiques orientés vers les infrastructures de base économiques et sociales.

Impulser le développement social et éradiquer la pauvreté

Le Gouvernement place l’éducation à la base de son processus de développement endogène et de relèvement du bien-être social. Aussi, le Gouvernement a adopté en 1999 une réforme du système éducatif dans le sens : i) d’une unification du système, ii) d’une prise en compte des défis de la mondialisation, iii) d’une amélioration de la qualité de l’enseignement, iv) d’un recentrage vers les formations scientifiques et technologiques et v) un accroissement de la qualification de la main d’œuvre nationale à travers une stratégie ambitieuse de développement de la formation professionnelle et la création de plusieurs passerelles entre les enseignements général et professionnel. Le Gouvernement se fixe comme objectif de relever significativement le taux de scolarisation brut dans l’enseignement primaire et pour ce faire i) d’allouer environ 26% des ressources budgétaires au secteur de l’éducation, ii) d’augmenter la part de l’enseignement primaire à 40% des dépenses publiques pour l’éducation, iii) d’exécuter un ambitieux programme de classes et iv) de recruter plus de 2 000 instituteurs. Pour l’enseignement secondaire, le Gouvernement se fixe comme objectif d’impulser une croissance rapide du taux de scolarisation brut avec l’amélioration des taux de transition et notamment pour les filles. Une restructuration de l’enseignement supérieur est en cours de préparation. Elle devrait avoir les orientations suivantes : i) rationaliser les ressources disponibles pour l’enseignement supérieur, ii) améliorer l’adéquation formation emploi, iii) renforcer l’enseignement scientifique et professionnel, iv) promouvoir la recherche et l’intégrer aux problématiques de développement.

Le Gouvernement se fixe comme objectif de relever la qualité de la santé notamment par : i) l’amélioration des services de santé primaires, ii) l’élargissement de la couverture vaccinale, iii) la promotion de la décentralisation et de l’efficacité des services de santé et iv) l’accroissement de l’accès à l’eau potable et à des installations d’assainissement. Le Gouvernement se fixe comme objectif à l’horizon 2002 de i) faire baisser le taux de mortalité infantile et le taux de malnutrition des enfants de moins de 5 ans à 15 pour 1000, ii) de rehausser la couverture vaccinale, la proportion de grossesses suivies et le taux d’occupation des centres tertiaires à 80%. Pour ce faire, le Gouvernement devrait poursuivre son exécution du plan directeur de santé et relever progressivement la part des dépenses publiques allouées au secteur de la santé à 8,5% de ses dépenses budgétaires.

La lutte contre la pauvreté est au cœur de la stratégie de développement à moyen terme du Gouvernement qui se fixe comme objectif de réduire l’incidence de la pauvreté de 18% à l’horizon 2001. Pour ce faire, le Gouvernement continuera à : i) impulser une croissance équitablement répartie et à fort contenu en créations d’emplois, ii) renforcer les programmes de travaux publics à forte intensité de main d’œuvre, iii) développer les institutions de micro-finance pour relever le taux d’épargne intérieure et améliorer l’accès au crédit des micro et petites entreprises, iv) accroître l’efficacité des collectivités locales et leur implication dans le financement et la gestion des services publics et v) améliorer le système de suivi de la pauvreté pour permettre un meilleur ciblage des pauvres et une identification des meilleurs leviers de lutte contre la pauvreté.

Protéger l’environnement et assurer la durabilité du développement

La gestion optimale des ressources naturelles pour la durabilité du développement demeure une préoccupation centrale du Gouvernement. En particulier, la gestion des ressources halieutiques sera marquée par : i) un renforcement de la surveillance maritime, ii) le maintien d’arrêts biologiques, iii) l’interdiction de captures de juvéniles et iv) l’impulsion de la recherche océanographique dans le but de déterminer le potentiel permissible par espèces et l’effort de pêche.

Le Gouvernement prépare actuellement une stratégie nationale de l’environnement qui devrait baliser les actions à mettre en œuvre pour i) lutter contre la désertification, ii) endiguer les problèmes environnementaux en milieu urbain consécutifs à la croissance démographique et à l’urbanisation rapide, iii) protéger le littoral et iv) intégrer la dimension environnementale dans toutes les activités économiques (minières, industrielles, agricoles etc.)

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Etat des lieux TIC en Mauritanie et perspectives

1. Infrastructure des Télécommunications

La couverture du pays par un réseau de télécommunications approprié a été toujours la priorité des pouvoirs publics compte tenu de l’étendue du pays (1 136 000 Km2) , de sa faible densité de population (2 493 073 habitants) et du faible développement des routes à cause du désert.

Cette politique s’est concrétisée à partir de 1985 où l’opérateur public des télécommunications ( Office des Postes et Télécommunications) a beaucoup investi pour améliorer le service et augmenter la couverture nationale avec comme objectif d’atteindre 1,6 Ligne Principale par 100 habitants en l’an 2003 ( au 31/07/99 le taux est de 0,64LP/100).

Cet objectif pourra être largement atteint avec l’ouverture prochaine à la concurrence et la mise en place des réseaux cellulaires ( GSM).

Actuellement l’opérateur exécute un plan directeur des télécommunications élaboré en 1990 en collaboration avec l’IUT couvrant la période 1992 à 2012 ( UIT/MAU/R115/1).

Pour favoriser le développement du secteur le Gouvernement a signé un contrat programme avec l’OPT en 1994 avec les engagements suivants:

Etat:

- Parachèvement de la réforme institutionnelle ;

- Transparence dans le mode de financement du secteur ;

- Assouplissement du régime de passation des marchés ;

- Obligation pour l’administration de régler ses factures ;

- Application d’une politique de dividende réaliste en fonction de la situation financière de l’OPT ;

- Exonération de certaines taxes.

OPT:

- Atteindre un taux de pénétration téléphonique de 1,6LP/100 en l’an 2003

- Satisfaire la demande à la hauteur de 40%

- Ramener l’effectif de 77 agents pour 1000 lignes en 1993 à 58 agents en 2003.

1.1 Situation actuelle de l’infrastructure

  • 15 978 lignes principales opérationnelles au 31/07/99
  • Capacité équipée des centraux téléphoniques: 20 000 lignes
  • Un centre CTI/CTN équipé d’un MT20 d’ALCATEL à Nouakchott
  • Un central téléphonique E10B d’ALCATEL de 15 000 lignes à Nouakchott
  • Un central téléphonique MT25 d’ALCATEL de 1900 lignes à Nouadhibou
  • 11 petits centraux téléphoniques type HARRIS de 300 lignes maximum pour les autres capitales régionales
  • Une station terrienne standard A à Nouakchott
  • 2 stations terriennes Standard B à Nouakchott et Nouadhibou
  • 11 stations domestiques
  • Un central Telex type ELTEX 5 à Nouakchott
  • 2 stations radio maritimes à Nouakchott et Nouadhibou
  • Une station radio mobile type SECMAT à Nouakchott
  • 183 circuits internationaux IDR/DCME (France, Espagne, USA, Côte D’Ivoire, Pays Arabes, Sénégal)
  • Des liaisons DAMA sur le Canada, Togo, Bénin et Burkina Faso
  • 214 circuits numériques pour le national
  • Un déport des lignes téléphoniques par faisceau entre Aleg et Boghé (70 km)
  • Un réseau VSAT pour la SNIM (Nouadhibou-Zouérate-Paris)

1.2 Projets à court et moyen terme

  • Augmentation du débit et du nombre de circuits entre Nouakchott et l’intérieur du pays
  • Système à boucle local d’abonné (will) pour desservir les quartiers périphériques de Nouakchott
  • Téléphonie cellulaire (GSM) à Nouakchott et Nouadhibou
  • Acquisition d’un nouveau central de 30 000 lignes à Nouakchott
  • Extension à 5 000 lignes de la capacité du central de Nouadhibou
  • Extension de la capacité de certains centraux de l’intérieur

1.3 Quelques Indicateurs :

1.3.1Lignes Principales au 31/07/99 :

VILLE

Nombre Abonnés

Nouakchott

11 627

Nouadhibou

1 895

Rosso

338

Atar

262

Kiffa

336

Kaédi

261

Akjoujt

133

Tidjikja

192

Zouérate

247

Néma

134

Aleg

98

Boghé

40

Aioun

187

Sélibaby

176

Station côtière Nouakchott

30

Station côtière de Nouadhibou

22

TOTAL

15 978

1.3.2 Indicateurs sur l’évolution du secteur :

 

1995

1996

1997

1998

1999

Lignes Téléphoniques.

9289

10343

13171

15200

15978

Télédensité (pour100 hab)

0,39

0,44

0,56

0,63

0,64

% de lignes numérisées

0

0

0

0

0

Liste d’attente

-

-

3200

4000

5000

Télécentres

198

277

378

675

685

Télécentres/1000h

0,08

0,11

0,16

0,38

0,37

Abonnés au mobile

0

0

0

0

0

Abonnés au mobile/100h

0

0

0

0

0

Fax (indication)

743

950

1100

1340

1420

Ordinateurs / 100h

-

-

-

-

(*)

Ressources humaines TIC

       

(*)

Radios / 100h

         

Abonnés à la TV par câble

0

0

0

0

0

Abonnés à la TV par sat

         

Sites internet ( web)

0

0

3

10

40

Providers

0

0

2

3

4

Utilisateurs Internet

-

-

-

-

(*)

Util. Internet/10000h

       

*

Bande passante internet

0

0

64 kbps

64kbps

128 kbps

(*) Nécessite une enquête

1.4 Prévision des Besoins (1999 - 2003)

Hypothèses:

- Evolution de la population 2,39% par an

- Taux croissance économique 4 à 5 % par an

- Evolution de raccordement prévu par l’opérateur dans le cadre du contrat programme ( 20% par an)

1999

2000

2001

2002

2003

Population en milliers

2 463

2 522

2 582

2 640

2 721

Lignes Principales Prévues

20 202

24 721

30 477

37 388

45 987

LP/ 100 hab

0,82

0,98

1,18

1,41

1,69

LP disponibles

20 000

20 000

20 000

20 000

20 000

LP à équiper

202

4 721

10 477

17 288

25 287

* Ces besoins pourront doubler avec l’entrée en jeu d’un nouvel opérateur qui, concurrence oblige, verra certainement à la baisse les frais de raccordements pratiqués par l’opérateur public.

1.5 Politique commerciale de l’opérateur public

Sous l’effet conjugué du monopole et de la limite de l’offre, l’opérateur pratique des tarifs de raccordements jugés élevés par les clients .

A titre d’exemple il faut en moyenne:

  • 245 $ US pour un raccordement à domicile
  • 360 $ US pour un raccordement à usage commercial
  • 860 $ US pour un télécentre

Cependant le coût des communications est relativement faible pour le local (0,07 $ US pour 7 minutes) , moyen pour l’interurbain ( 0,45 $ US pour une minute) et élevé pour certaines destinations à l’international (voir tableau ci-dessous).

Il n’existe pas pour le moment des tarifs réduits pour certaines périodes sur l’international. Par contre il y a une réduction de 50 % à partir de 20h sur l’interurbain.

La qualité de service en terme d’accessibilité du correspondant est relativement bonne pour l’international (presque appels efficaces à 100 %); médiocre pour l’interurbain à cause de la faiblesse des circuits entre Nouakchott et l’intérieur du pays ( en moyenne 3 circuits par destination).

Les délais de raccordement tournent au tour de 10 jours pour les quartiers non saturés en câbles de transport et de distribution.

Les délais de relève de dérangement se font en J+1 sauf en cas de problème sur les câbles de transport.

Tableau indicatif des tarifs moyens sur l’international

REGIONS

COUT MOYEN 1mn EN $ US

Europe Occidentale

1,88

Europe de l’Est

2,06

Afrique Ouest/Centre

1,31

Afrique Australe

2,47

Maghreb

0,99

Autres Pays Arabes

1,21

Amérique du Nord

1,49

Amérique Latine

2,90

Asie

2,90

2. Secteur Internet :

2.1 Connectivité

L’OPT a mis en place sur financement propre (US $ 180.000) en août 1997 un nœud Internet à Nouakchott avec une liaison internationale de 64 kbps (IP/X25) sur le nœud Transpac de Paris.

L’OPT a sélectionné cinq sociétés privées comme prestataires de services Internet à Nouakchott. Pendant plus d’une année seule la société Top Technology a assuré le service. Aujourd’hui deux autres providers SIG et Compunet sont opérationnels.

Ces prestataires de services privés commercialisent les accès RTC et hébergent des sites WEB. Ils n’ont pas la possibilité de vendre des connexions par liaisons spécialisées. Ils ont également ouvert trois Cybercafés à Nouakchott.

Par ailleurs, pour faciliter et cordonner la connexion des administrations publiques au réseau Internet, le Gouvernement a créé en juillet 1998, le Centre Internet de l’Administration dépendant du Secrétariat Général du Gouvernement.

Les statistiques sur le nombre d’abonnés en juillet 1999 sont données dans le tableau suivant:

      Nombre d’abonnés

      OPT

      Centre Administratif

      TOP Technology

      SIG

      Compunet

      RTC

      116

      67

      145

      20

      17

      Liaisons spécialisées 19.2 kbps

      7

      -

      -

      -

      -

      64 kbps

      6

      -

      -

      -

      -

Voici la grille tarifaire actuelle de l’OPT

      Accès

      Tarifs HTVA US $(*)

      LS 64 kbps 2200(**)
      LS 28.8 kbps 750
      LS 19.2 kbps 500
      RTC 5 / heure

      (*) 1 $ US = 206 ouguiya au taux des Nations Unies

      (**) L’Université de Nouakchott dispose d’une réduction de 50%

En avril 1999, l’OPT a procédé à l’augmentation de la bande passante qui est passée à 128 kbps en IP pur.

En octobre prochain , dans le cadre du projet PNUD/OPT Initiative Internet pour l’Afrique, une deuxième liaison Internationale de 512 kbps aboutissant sur le réseau de Global One aux USA sera opérationnelle. De plus un noeud secondaire sera installé à Nouadhibou avec une liaison spécialisée de 64 kbps sur Nouakchott ainsi que des points d’accès Email à Atar, Kaedi, Kiffa et Rosso.

2.2 Applications

  • L’Agence Canadienne pour le Développement International (ACDI) a investi Can $ 100.000 dans le cadre du projet AfriWeb. Ce projet vise à mettre en place un serveur Web du Gouvernement hébergé au niveau du Centre Administratif de l’Internet ainsi qu’une formation technique aux ingénieurs de l’OPT suivie d’une formation pour utilisateurs à l’échelle de l’administration mauritanienne.
  • La Gouvernement, à travers le Projet Education V et la Banque Mondiale, ont investi la somme de US $ 75,000 pour monter deux serveurs de noms (DNS) primaires et secondaires, le serveur de l’Université de Nouakchott, l’aménagement et l’équipement du local NIC (Network Information Centre) mauritanien, gestionnaire du domaine .mr.
  • Le Gouvernement et la Banque Mondiale ont mis en place un projet d’utilisation expérimentale de l’Internet dans six établissements secondaires de Nouakchott, sur crédit IDA (Projet Education V). Ce projet vise essentiellement à :

- donner aux élèves l’accès aux informations scientifiques, économiques ou culturelles disponibles sur le WEB;

- donner aux enseignants l’accès aux publications de la recherche pédagogique;

- permettre aux chefs d’établissement l’acquisition d’informations sur les problèmes de gestion scolaires.

Ce projet pilote a nécessité un investissement en matériel, équipement et logiciel d’environ US $ 65.000 et en formation et aménagement des locaux d’environ US $ 115.000, soit un total estimé à US $ 180.000.

  • L’Université de Nouakchott a adhéré au projet lancé par la Banque Mondiale intitulé Université Virtuelle Africaine (UVA). Ce projet vise le renforcement des prestations offertes par les universités d’Afrique sub-sahariennes en matière d’enseignement à distance et de formation continue dans les domaines scientifiques et techniques.
  • Le Projet RINAF de l’UNESCO a appuyé l’Université de Nouakchott dans la mise en place de son réseau Internet par l’expertise, la formation et l’acquisition de certains équipements informatiques.
  • Le PNUD à travers ses projets Initiative Internet pour l’Afrique (IIA) et Réseau de Développement Durable (SDNP) a investi US $ 590.000 pour développer l’Infrastructure Internet nationale (mise en place d’un 2ème lien International sur les USA, d’un noeud secondaire à Nouadhibou et de quatre points d’accès pilote au Email à Atar, Kaedi, Kiffa et Rosso), mise en place d’un reseau électronique entre les partenaires du Développment Humain en Mauritanie ainsi que l’encouragement du développement de contenus mauritaniens sur l’Internet sans oublier l’organisation d’ateliers de formation et de journées de sensibilisation aux enjeux de l’Internet. L’OPT a apporté une contribution de US $ 200.000 à ce projet.
  • Kiosque Internet pour les ONGs nationales mis en place dans le cadre du programme SDNP du PNUD, implanté au Ministère des Affaires Economiques et du Développement. Ce kiosque a permis jusqu’à présent de procurer des comptes Email à plus d’une cinquantaine d’ONG ainsi que la réalisation et l’hébergement du Site Web de l’Union nationale des ONGs.
  • Le Centre SYFED-REFER est implanté à Nouakchott depuis la fin 1998 dans le cadre d’une action de l’AUPELF-UREF.
  • Le Projet PIST financé par la Coopération française pour appuyer le développement de l’information scientifique et technique s’étendant sur une période de deux ans. La Faculté des Sciences et Techniques de l'Université de Nouakchott est chargée de l’exécution de ce projet. L’appui comprendra l’achat de serveurs et de postes d’exploitation, d’imprimantes, de graveurs de CD, de numérisateurs (appareils photo numériques).

Le projet doit s’autofinancer après deux ans en revendant l’accès à certaines ressources, par la vente de matériel sur support électronique (CD par exemple, etc).

3. Réglementation du secteur des télécommunications :

3.1 Historique

Le secteur des télécommunications en Mauritanie était soumis à un monopole d’état qui a connu d’importantes évolutions ces dernières années , et qui , à court terme le rendront conforme à l’environnement international qui exige une libéralisation des services ( loi sur le secteur des télécommunications a été promulguée par le Président de la République en fin juillet 1999).

Jusqu’à cette date le monopole sur le secteur est exercé par l’Office des Postes et Télécommunications qui a été créé par le décret 59 051 du 4 Juillet 1959 avec statut d’établissement public à caractère industriel et commercial doté de la personnalité civile et de l’autorité financière.

Placé sous la tutelle d’un ministère , l’Office exerce à la fois les fonctions de réglementation d’exploitation et de conseil à l’Etat. Dans le cadre des ajustements structurels que le Gouvernement mauritanien a engagé à partir de 1985, une cellule ( CRSP) financée par la Banque mondiale fut créée au niveau du ministère du Plan pour engager les réformes nécessaires dans certaines entreprises et sociétés d’état dont notamment l’OPT.

Cette cellule a engagé d’importantes réformes dont notamment:

- Mise en place d’un nouveau statut du personnel

- Elaboration d’un plan directeur des télécommunications ( 1992-2012)

- Elaboration d’un contrat-programme avec le Gouvernement

- Exonération de tous droits et taxes

- Changement du régime juridique par l’ordonnance N°90-09 du 4 Avril 1990 faisant passer son statut d’EPIC à celui d’une société nationale.

3.2 La nouvelle loi des télécommunications

Sous l’effet conjugué de l’environnement international qui exige la libéralisation du secteur des télécommunications et de ses partenaires au développement dans le cadre de son programme d’ajustement structurel ; le Gouvernement mauritanien a engagé un programme depuis juillet 1997 dont la finalité sera de créer un cadre concurrentiel pour le secteur .

L’objectif visé est de fournir des services fiables , diversifiés et à bon marché en:

- mobilisant le maximum de financement pour étendre le réseau des télécommunications

- favorisant la concurrence.

La nouvelle loi qui vient d’être promulguée et les décrets d’application qui en découleront définissent le cadre juridique permettant un développement harmonieux du secteur.

Les grands axes de cette loi sont:

  • Création d’un organe de réglementation indépendant avec une large autonomie financière et de gestion, dirigé par un conseil d’administration de 5 membres assisté par un directeur général. Cette agence gérera le spectre de fréquence, préparera les dossiers d’appels d’offres pour les l’attribution des licences, donnera les autorisations pour les services libres, homologuera les équipements et matériels des télécommunications, déterminera les droits d’interconnexion entre opérateurs, veillera au respect de la réglementation et arbitrera les litiges entre opérateurs et utilisateurs.
  • Séparation des Postes et Télécommunications par la création de deux sociétés distinctes avant fin 1999. La nouvelle société des télécommunications bénéficiera d’office d’une licence GSM et aura le monopole sur le fixe jusqu’à en 2003 sur les zones desservies ; cependant elle est tenue de filialiser les services soumis à la concurrence.
  • Ouverture à la concurrence de certains services ( cellulaire, radiomessagerie, services Internet, services vocaux, etc...)
  • Ouverture du capital de la société nationale des télécommunications aux privés avec comme objectif la prise de participation d’un partenaire stratégique.
  • Ouverture à la concurrence du service fixe vers 2003 dans les zones desservies par l’opérateur national.

4. Secteur Informatique :

L’informatisation des activités est une tendance depuis ces cinq dernières années tant dans le secteur public que privé.

Toutefois, l’utilisation des ordinateurs en réseaux et celle des applications spécifiques reste limité.

Sur le plan des ressources humaines, l’Université de Nouakchott a formé au cours de ces dernières années plus de 150 diplômés en informatique en plus des dizaines de professionnels de haut niveau formés à l’étranger. Les nombreux centres de formation contribuent à l’émergence d’une masse critique d’utilisateurs maîtrisant l’outil informatique.

La dernière reforme de l’éducation instaure l’enseignement de l’informatique dès le secondaire.

L’acquisition des ordinateurs reste quand même limitée à une frange réduite de la population en raison des prix relativement élevés des machines dus à plusieurs facteurs dont les droits de douanes et les marges élevées des revendeurs.

5. Secteur de l’audiovisuel et de la presse écrite:

  • La constitution de 1991 a instauré la liberté de la presse en Mauritanie. Depuis, des dizaines de titres hebdomadaires en arabe et en français ont vu le jour. Aujourd’hui seule une dizaine paraissent plus ou moins régulièrement. La diffusion de la presse reste limitée à Nouakchott et Nouadhibou essentiellement. Le seul quotidien du pays, est le quotidien officiel Chaab/Horizon.
  • Radio Mauritanie est la seule station nationale ayant l’autorisation d’émission. Elle dispose de relais FM dans les capitales régionales et reste peu audible dans les autres parties du pays. RFI dispose d’un relais FM à Nouakchott.

    Cependant, la radio a entamé un projet d’extension de la puissance de son émetteur onde courte pour pouvoir couvrir convenablement l’ensemble du territoire national à l’horizon février 2000.

  • La télévision de Mauritanie est la seule station nationale ayant l’autorisation d’émission. Elle est accessible via le satellite Arabsat 2B dans les capitales régionales et dans le monde.

    Les téléspectateurs de Nouakchott, peuvent capter la plupart des chaînes de télévision arabes, CFI, … moyennant des antennes rudimentaires.

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Besoins et attentes des acteurs nationaux par rapport aux TIC

Certains acteurs nationaux ciblés par l’étude appréhendent bien les technologies de l’information et de la communication (éducation et santé) et par conséquent ont bien identifié leurs besoins ainsi que leurs attentes.

Cependant cette appréhension est très nuancée au niveau du privé et de l’administration. Le besoin qui revient souvent est la formation pour pouvoir utiliser rationnellement ces systèmes.

1. Besoins

Education/Recherche

  • Pouvoir accéder aux principales bases de données nationales et étrangères tant pour les professeurs, chercheurs et étudiants en fin de cycle ;
  • Faciliter la communication entre les différents acteurs ;
  • Pouvoir accéder aux données bibliographiques ;
  • Bénéficier des formations pour pouvoir utiliser ces technologies.
  • Valorisation des acquis de la recherche ;
  • Formation en maintenance du matériel informatique et de connexion.

Santé

  • Pouvoir accéder aux principales bases de données nationales et étrangères spécialisées dans la médecine et la santé ;
  • Participer à des forums de discussion ;
  • Faciliter la communication entre les différents acteurs ;
  • Permettre aux professionnels de la santé de l’intérieur du pays de participer aux activités de recherche ;
  • Mise en place d’un système d’alerte aux épidémies ;
  • Accès aux diagnostics et à des soins de qualité ;
  • Faciliter la mise en place d’un système de conseils et d’aide au diagnostic en ligne pour les médecins généralistes isolés à l’intérieur du pays ;
  • Améliorer la gestion des médicaments ;
  • Promouvoir le télé-enseignement des sciences médicales et de la santé ;
  • Diffuser les informations sur les médicaments aux professionnels de la santé et aux populations ;
  • Formation à l’utilisation des nouvelles technologies.

Secteur Privé

  • Sensibiliser le privé aux impacts bénéfiques engendrés par l’utilisation des TIC ;
  • Formation en informatique (réseaux , maintenance, …) surtout en relation avec les entreprises;
  • Nécessité de mettre en place un réseau de transmission de données interbancaire pour avoir une banque de proximité et créer ainsi une culture de bancarisation ;
  • Faciliter les transactions commerciales ;
  • Accéder à certaines bases de données et à des bourses commerciales ;
  • Favoriser l’utilisation de l’informatique dans la gestion des PME.

Secteur de l’Administration publique

  • Favoriser la communication entre les autorités administratives ;
  • Information des administrés ;
  • Désenclaver les zones les plus isolées du pays ;
  • Favoriser la communication entre les autorités, les élus du peuple et les populations ;
  • Formation (réseaux, informatique, maintenance, …).

2. Attentes

Toutes les attentes évoquées concourent à favoriser l’accessibilité à ces nouvelles technologies et interpellent souvent le Gouvernement, l’opérateur national des télécommunications et les partenaires au développement.

Gouvernement

  • Favoriser l’accès aux TICs en diminuant les droits de douane et en encourageant la constitution des centrales d’achats et des crédits d’équipement à un faible taux.
  • La mise en place des points d’accès communautaires doit aussi être envisagée par les pouvoirs publics.
  • Les autorités doivent aussi assouplir la réglementation pour favoriser l’établissement et la concurrence saine au niveau des fournisseurs de services pour que cela ait une incidence positive sur les coûts de connexion.

Opérateur national des télécommunications

  • Pratiquer des tarifs incitant l’utilisation des TIC et améliorer le débit et la qualité des liaisons ;
  • Assurer la couverture nationale en infrastructures de télécommunications.

Partenaires au développement

  • Mobiliser les ressources nécessaires pour aider le Gouvernement et les opérateurs des Télécommunications à couvrir le territoire national en moyens de télécommunications ;
  • Financer des programmes facilitant l’accès des couches défavorisées aux TIC.

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Objectifs stratégiques et actions prioritaires

A l’horizon 2002, ce plan devra permettre d’asseoir les bases favorisant l’émergence d’une société de l’information en Mauritanie. Au niveau des objectifs stratégiques, le présent plan vise à:

  • Intégrer la dimension des TIC dans la réalisation des choix stratégiques de développement économique et social de la Mauritanie;
  • Démocratiser l’accès aux TIC;
  • Contribuer à la mise en place de mécanismes de bonne gestion des affaires publiques et privées;
  • Permettre à la Mauritanie de s’insérer positivement dans le processus de la mondialisation et de l’ère de l’information.

Pour atteindre ces objectifs, les actions prioritaires suivantes ont été identifiées dans les secteurs ciblés :

  • Mise en place d’un réseau national Education-Recherche:

- Etendre l’expérience de la connexion à Internet, en cours de mise en place, dans six établissements secondaires de Nouakchott à l’ensemble des capitales régionales et à quelques chefs lieux de départements électrifiés.

- Connecter dix établissements d’enseignement supérieur et de recherche au réseau éducation-recherche.

- Former le personnel enseignant (secondaire et supérieur), les chercheurs et les techniciens à l’utilisation des TIC.

- Fournir un appui en équipement à la FST afin qu’elle continue d’assurer les formations et l’assistance dans le domaine des TIC.

- Fournir un appui aux services centraux de la Direction de l’Enseignement Secondaire dans le suivi et l’évaluation de l’apport des TIC dans le secondaire.

  • Mise en place d’un réseau national d’information et de communication de la Santé :

- Mettre en place un réseau national d’information sanitaire fiable et régulièrement mis à jour ;

- Créer de points d’accès au réseau national et à l’Internet pour faciliter l’accès à l’information sanitaire et la communication entre les différents acteurs du secteur ;

- Développer des réseaux Intranet au niveau des principaux centres ;

- Collecter et mettre en forme des données nécessaires à la constitution de bases de données nationales ;

- Former des techniciens et des utilisateurs.

  • Mise en place d’un réseau national d’information et d’échange commercial (RIEC) :

- Faciliter les échanges commerciaux au niveau national ;

- Mener des campagnes de sensibilisation au profit des exportateurs ;

- Favoriser l’avènement d’une "culture de la valeur ajoutée" des télécommunications et des services privés ;

- Evaluer l’environnement local des affaires (législation, information commerciale, infrastructures de communication, coûts de production,…) ;

- Assurer des formations au profit du secteur informel pour éviter sa marginalisation.

  • Mise en place d’un réseau national d’information et de communication de l’administration:

- Favoriser la communication entre les autorités administratives par des liaisons fiables et sécurisées.

- Favoriser la communication entre les autorités administratives, les élus du peuple et les administrés.

- Mettre en place un réseau national d’information administrative.

- Mettre en place une passerelle sécurisée sur l’Internet.

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Stratégies de mise en oeuvre

1. Rôles et responsabilités des différents acteurs nationaux :

  • L’Etat :

Encourager le développement de l’utilisation des TIC à travers des mesures incitatives comme la réduction des droits de douanes sur le matériel informatique et de télécommunication, ...

  • L’Université de Nouakchott :

- Former de techniciens et professionnels des TIC en informatique, administration de réseaux et développement d’informations en ligne;

- Organiser de séminaires de vulgarisation des TIC au profit des décideurs, des organisations de la société civile et des ONG;

- Encourager la constitution de groupes de recherche sur les TIC (développement d’applications, droit, écon