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Étude sur l'Efficacite des Instruments de la Politique de l'Informatique en Afrique le Cas de Sénégal par Moustapha Ndiaye, septembre 1995 I. Considérations d'ordre général 1.1. Cadre géopolitique La République du Sénégal située à l'ouest de l'Afrique, s'étend sur une superficie de 196722 km2. Elle est limitée au Nord par la Mauritanie, au Sud par la République de Guinée et la Guinée Bissau, à l'Est par le Mali et à l'Ouest par l'Océan Atlantique. Le pays se caractérise par un terrain sablonneux et très plat dont le seul point culminant est le Fouta Djallon au Sud-Est avec une hauteur de 498m. Il compte cinq grandes régions naturelles: - la vallée du Sénégal, avec les terres basses et les terres heures; - la zone côtière de Saint-Louis à la Gambie; - la région arachidière, profonde de 120 km; - la région comprise entre le Sénégal Oriental, le Fleuve Sénégal et la région arachidière; - la zone orientale et la Casamance au Sud. Le climat est caractérisé par l'alternance de deux saisons: - une saison sèche de Novembre à Juillet où prédominent des alizés venant des Acores qui balaient les régions côtières, tandis qu'à l'intérieur du pays souffle l'harmattan (alizé continental); - une saison des pluies de Juillet à Octobre où se font sentir les effets de la mousson en provenance de Sainte-Hélène; leur fréquence, leur trajectoire et leur intensité déterminent le rythme et le volume des pluies. Du point de vue démographique, la population résidente était estimée à environ 7 millions d'habitants inégalement répartis dans le pays avec un taux moyen annuel d'accroissement d'environ 3%. L'accélération du processus d'urbanisation, passant de 23% en 1960 à 36% en 1988, est marquée par une forte concentration dans l'agglomération dakaroise qui, avec seulement 0,3% de la superficie totale, regroupe plus de 20% de la population. Les principaux centres urbains sont: Dakar la capitale, Kaolack, Saint-Louis, Thiès, Ziguinchor, Rufisque, Tambacounda, Diourbel, Louga, Kolda. Dakar est un carrefour international situé sur la pointe la plus avancée à l'Ouest du Continent. Elle possède un aéroport et un port de dimension internationale capables de recevoir les plus gros avions et les plus gros navires. Le régime politique de la République du
Sénégal est de type présidentiel, avec un Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
nommé par le Président de la République qui reste l'autorité suprême de l'Etat. Il existe plusieurs groupes ethniques au Sénégal correspondant aux groupes linguistiques, dont les principaux sont: les Wolofs, les Sérères, les Halpularens, les Diolas, les Mandingues, les Soninkés, etc... Toutefois, le brassage a grandement contribué au renforcement de leur coexistence pacifique traditionnelle. La prépondérance de l'Islam (plus de 90%) n'empêche pas une cohabitation fraternelle entre musulmans, chrétiens et adeptes des cultes traditionnels (animistes). Ce sont là les raisons profondes de l'attachement du Sénégal aux valeurs de la tolérance et du pluralisme. En ce qui concerne l'économie sénégalaise, elle se caractérise par une forte dépendance vis à vis des facteurs climatiques. A son accession à l'indépendance, le Sénégal avait hérité d'une économie de traite, entraînée par, d'une part, la mono culture et l'exploitation de l'arachide, et d'autre part, une industrie de substitution à l'importation conçue pour l'ex-AOF et caractérisée par une forte concentration géographique (à Dakar) et une protection excessive. Aussi, pour assurer l'essor économique et promouvoir un entreprenariat local, les pouvoirs publics durent-ils concevoir des plans nationaux de développement qui organisent un interventionnisme accru de l'Etat dans une économie de marché: la modernisation de l'agriculture, un environnement incitatif favorable à l'investissement, la participation de l'Etat, l'appui aux hommes d'affaires nationaux. La croissance régulière et forte du PIB au début de la première décennie et au milieu de la seconde décennie de l'indépendance subira de très sérieuses fluctuations liées à la pluviométrie, à l'environnement international et à la déficience de la gestion macro-économique au point que le taux moyen annuel de sa croissance en termes réels, s'est situé aux environs de 2,3% au cours des trois décennies. Entre 1960 et 1988, la
structure de la Production Intérieure Brute (PIBE) s'est peu à peu modifiée ainsi que
le poids relatif de chaque secteur. - Le secteur primaire: la production de ce secteur, dominé par l'agriculture est fortement perturbée par des variations de pluviométrie. D'une année sur l'autre, le volume de sa valeur ajoutée peut varier de plus de 20%. Il connaît une sérieuse régression; ce qui comprime la demande intérieure et accentue l'importation de produits alimentaires; - le secteur secondaire: la valeur ajoutée du secteur croît lentement. Le poids relatif du secteur dans la PIBE augmente régulièrement passant de 21,5% en 1960 à 23,9 % en 1973, 30,5% en 1980 puis à 30% en 1987, 20,8 en 1988; - le secteur tertiaire: il occupe une place très importante dans l'économie du pays malgré un relatif déclin depuis l'indépendance et ce, au profit des secteurs primaire et secondaire. Il demeure également sensible aux variations de la production agricole (transport, commerce...), et enregistre des croissances moyennes proches de celle de la PIBE. Les principales exportations du Sénégal sont constituées par les phosphates, les produits arachidiers, le coton non égrené, les cuirs et peaux, les fruits et légumes. Au niveau de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEAO) et de la Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le pays exporte des chaussures, des produits pétroliers, de l'engrais et du ciment hydraulique. La balance commerciale du Sénégal accuse un déficit accentué par la facture pétrolière et l'importation de produits vivriers. Relativement faible au cours des années 1960, (3% en moyenne du PIB), il dépasse 10% en 1973, atteint 21% en 1981 pour observer une tendance à la baisse en fin de période, 6%. La balance des paiements n'a jamais permis de dégager un solde positif, situation aggravée par l'alourdissement de service de la dette. L'accroissement du double déficit de la
balance des paiements et du budget de l'Etat et la détérioration d'autres indicateurs
macro-économiques ont poussé à l'adoption d'une série de programmes de réforme
économique conjoncturels et structurels qui n'ont pas encore permis au pays de retrouver
la stabilité économique et le chemin de la croissance. En outre, les perspectives de
dévaluation du F CFA dans l'UMOA, zone qui offrait une relative sécurité contre les
désordres d'origine monétaire, laissent entrevoir des lendemains sombres. 2.1. Cadre des politiques de développement Les grandes orientations, les objectifs et
les domaines d'actions prioritaires de la politique de développement économique et
sociale ont toujours fait l'objet d'une planification. De 1960 à nos jours, 8 plan ont
été mis en oeuvre. L'observation des indicateurs économiques
confirme que 1979 a été, dans l'histoire économique et financière du Sénégal, une
année charnière. Le diagnostic de la situation faisait apparaître un certain nombre de
problèmes fondamentaux qui appelaient la mise en oeuvre d'une nouvelle politique
économique. - le redressement économique et financier dans le cadre d'une politique à moyen terme délibéré, cohérente et programmée; - l'ajustement planifié pour stimuler les dynamismes productifs du pays en remettent en cause les facteurs de blocage institutionnels; - la croissance de la production sur des fondements plus solides par la mise en valeur des ressources humaines et par une politique de répartition des revenus qui favorise le travail productif, récompense l'initiative et atténue les disparités régionales; - le développement des valeurs d'effort individuel et d'auto-organisation collective et le déroulement et le renforcement des filières d'innovations agro-industrielles. C'est là les conditions historiques et
socio-économiques de la politique Scientifique et technologique, qui ont permis de
dégager les besoins à satisfaire et les problèmes à résoudre. Depuis 1969, le Sénégal s'est fixé comme objectif d'accéder en l'an 2000, année correspondant au terme de son IXè Plan de développement, au rang de pays semi-industrialisé. Cette tâche ardue, ne pourrait être menée à bien sans la prise en compte des éléments relevant de la science et de la technique qui, du reste, constituent les principaux moteurs du développement. Aussi, le Sénégal intégre-t-il dans sa stratégie de développement une orientation des programmes et projets de recherche vers la satisfaction des besoins de l'homme en leur donnant la dimension prospective nécessaire, ainsi que la maîtrise des nouvelles technologies de l'information dont la convergence entre l'informatique et les télécommunications a accéléré le développement. 2.3. Politique de développement
informatique La première configuration mécanographique a été installée à Dakar, le 1er Août 1948, par la Direction de l'Institut National de Statistiques et d'Etudes Economiques (INSEE), organisme français chargé des études statistiques et économiques en France et dans les Territoires outre-mer. La configuration installée à titre expérimental comprenait: - des tableaux de connexions appelés tabulatrices, sur lesquels étaient cablés des programmes; - une imprimante modèle T 405, - des perforatrices; - des vérificatrices; - des interclasseuses modèle 077. Les principales applications développées concernaient les statistiques douanières, le traitement des données issues des recensements démographiques effectués dans les pays de l'ex-AOF. Le traitement des salaires des fonctionnaires ne sera réalisé, avec ce matériel, qu'à partir de l'année 1953 quand le centre fut transféré au Building administratif, siège du Gouvernement de l'AOF. Après la Direction de l'INSEE, c'est au tour de la Régie des Chemins de Fer du Sénégal (RCFS) de se doter de machines mécanographiques classiques. Le glissement de la mécanographie vers l'informatique s'est traduit par le remplacement des machines classiques par l'ordinateur. Les implantations dans l'Administration publique et dans le secteur bancaire serviront à automatiser les procédures comptables et le traitement des salaires. C'est ainsi que le Ministère des Finances et la Banque Nationale de Développement du Sénégal (BNDS), avec l'assistance de la Société Internationale d'Organisation (SINORG), société Française de services informatiques, mettront sur pied un plan d'équipement de matériels informatiques et de réalisations d'applications variées, dans le domaine de la comptabilité, etc... Le centre du Ministère des Finances, appelé à l'époque Centre Comptable André Peytavin (CCAP), développera progressivement des applications Solde (traitement des salaires), Impôts, Douanes, Gestion du fichier des comptes des dépenses de matériels, des logements, etc... Parallèlement à cette évolution dans le nombre et dans la variété des applications, on assistera à une évolution du matériel passant rapidement d'un IBM 1401 aux séries 360-40, 360-45, 370-145, 4331, 4341 et 4381 du même constructeur. Cette évolution s'est également opérée du côté du Centre des Etablissements Publics (2é centre ordinateur de l'Etat), avec un matériel similaire et un encadrement composé en majeure partie d'assistants techniques de la SINORG. Cette situation a favorisé, à partir des années 67-68, la formation sur place des premiers programmeurs sénégalais. Quelques années après, le secteur privé
sentira la nécessité impérieuse de flirter avec l'ordinateur pour ne pas rater la
deuxième révolution technologique. C'est ainsi que des sociétés comme la SENELEC, la
Fiduciaire, la SONEES, les banques , les assurances, et d'autres industries de la place se
doteront d'outils performants et créeront progressivement leur propre centre ordinateur. La décennie 1980, marquée par l'explosion de la micro-informatique, a favorisé l'émergence de multiples sociétés de services et d'écoles spécialisées de formation. Il y a lieu de signaler que les premiers micro-ordinateurs sont apparu au Sénégal en 1981 avec le système d'exploitation CPM. La création, en 1987 de la Délégation à l'Informatique a permis de mieux structurer le développement stratégique de l'informatique. C'est ainsi que d'importants projets ont été lancés, notamment: -le Cadastre fiscal qui vise à augmenter le niveau de recouvrement des impôts fonciers par une amélioration quantitative et qualitative des émissions et du circuit de distribution des avertissements; -l'Automatisation de la Fonction personnel qui vise de gérer d'une manière automatique dans un fichier unique la solde, les actes d'administration et les actes de gestion courante du personnel des ministères utilisateurs; -l'Automatisation et l'archivage sur disque optique numérique des données de l'Etat Civil; -la Gestion automatisée des opérations douanières qui traite toutes les opérations de dédouanement des marchandises et du manifeste. Cette explosion de l'informatique s'est faite dans tous les secteurs d'activités (administration, secteur parapublic et privé) avec comme conséquence une implantation de très nombreux distributeurs et une utilisation très poussée des outils bureautiques. Dans le contexte actuel de la modernisation de l'Etat, certains projets en cours visent l'amélioration et une meilleure utilisation des technologies de la communication. Les projets correspondants sont: -le Réseau interadministratif de communication voix et données; -le Réseau National d'Information Scientifique et Technique (RNIST), qui est un système d'échanges et de diffusion de l'information scientifique et technique impliquant divers domaines. Sa mise en place a abouti à la création de Bases de données dans les domaines de l'agriculture, de l'industrie, du commerce, des transport, et de l'administration; -les applications vidéotex concernant certains ministères ciblés comme échantillon (Tourisme, Justice, Education Nationale etc...). Le parc ordinateurs est estimé, aujourd'hui à un millier de machines pour les minis et gros, à 12000 pour les micros. La progression est très rapide et se chiffre à 2500 unité par an. (Voir en annexe B relatif aux résultats de l'enquête sur le potentiel informatique) 2.3.2. La politique informatique Si les actions d'informatisation au plan national remontent aux toutes premières années de notre indépendance, avec les applications du Ministère des Finances, il n'en demeure pas moins, que la date clé à retenir, reste l'année 1972 qui a vu la création du Comité National Informatique (CNI), organe de conception et de coordination de la politique nationale. Cette politique s'est manifestée au plan interne par divers plans et actions normatives; au plan extérieure, elle s'est traduite par la participation active à diverses organisations et comités au niveau du continent et en dehors de celui-ci. 2.3.2.1. Les axes de la politique au plan interne Ces axes sont principalement: -l'automatisation des grandes fonctions de l'administration; -la formation; -la promotion des sociétés nationales de services en informatique; -la promotion et la gestion du personnel informaticien de l'Etat; -la promotion de l'informatique dans les secteurs du développement; -la définition des axes stratégiques en direction du secteur para-public; -la mise en oeuvre d'une législation dans le
domaine de l'informatique. L'informatique dans l'administration ne saurait se réduire au rôle d'auxiliaire des procédures administratives, au risque d'être dénaturée et vidée de sa capacité d'outil incomparable de gestion. l'administration de développement implique que l'Etat ne se limite pas à la saine gestion financière des secteurs publics et para-publics, mais prenne en charge les fonctions les plus fondamentales pour le développement. Les actions d'informatisation doivent répondre à ce souci. C'est précisément l'objet du SCHEMA DIRECTEUR INFORMATIQUE initié en 1979, dont la première phase a consisté à l'analyse du système d'information existant au Sénégal. Par système d'information il faut comprendre l'ensemble des méthodes et organismes de collecte, de traitement, de mémorisation et de diffusion d'information nécessaires à la gestion dans l'administration sénégalaise. La méthode d'analyse s'est appuyée sur une décomposition du système d'information en autant de sous-systèmes que de groupes d'entités: -Sols, superstructure et réseaux -Biens et services -Sciences et technologie etc... - ses caractéristiques - les fonctions exercées par l'administration - les procédures relatives à la gestion des entités - les noeuds (organismes) concernés. Pour la réalisation, la priorité a été donnée aux entités suivantes: -Sols, superstructure et réseaux; -Personnes morales et personnes physiques. La deuxième phase a consisté à la création d'une banque de données administrative, par l'intégration des résultats de l'automatisation des fonctions définies ci-dessus. Elle a eu entre autres objectifs de permettre: - l'élaboration d'un tableau de bord gouvernemental; - l'élaboration d'un tableau de bord des entreprises publiques; - la mise à la disposition d'utilisateurs divers de l'administration et d'autres secteurs, d'informations et de données dont ils ne supposaient pas l'existence. Parmi les projets mis en oeuvre dans le cadre du schéma directeur de 1979, on peut citer: -le volet informatique du Plan National d'Aménagement du Territoire (PNAT), et la mise à jour du fichier village; -élaboration du fichier des personnes
physiques et l'automatisation des cartes nationales d'identité; la séance du comité national informatique d'Octobre 1985 a fait le point des actions menées dans ce domaine, en même temps qu'elle jetait les bases d'une politique pour les années à venir. Les actions prévues concernaient les domaines suivants: - Recherche; - Formation professionnelle; - Formation permanente; - Vulgarisation de l'informatique. Au plan de la recherche il faut noter le projet de création de l'Institut de Recherches en Mathématiques et Informatique Appliquées (IRMIA), qui s'est vu assigner les missions suivantes: -la promotion du transfert des connaissances et du savoir-faire en informatique appliquée vers les différents secteurs du développement économique et social; -l'expérimentation de nouvelles applications répondant aux besoins spécifiques du développement économique et social du pays; -la formation permanente des informaticiens sénégalais sur les techniques avancées par des stages, colloques, séminaires, voyages d'études etc...; -la participation à un réseau mondial de pôles de technologies informatiques assurant l'échange et la diffusion des expériences; -le suivi de l'évolution de l'informatique dans le monde par la mise en place d'un centre de documentation sur les grands axes de recherche et des applications informatiques. Cet institut à vocation universitaire n'a malheureusement pas vu le jour. Cependant, parmi les missions qui lui étaient assignées, on pourra noter que quelques unes ont pu être réalisées à travers d'autres structures, notamment, on peut noter la création d'une maîtrise d'informatique et bientôt d'un DEA, comme nous le verrons dans la suite de cette étude. Au plan de la formation professionnelle les actions suivantes étaient envisagées: - ouverture d'un cycle d'ingénieurs à l'Ecole Nationale Supérieure Universitaire de Technologie (ENSUT), effective depuis la rentrée universitaire 88-89 - la création d'une maîtrise d'informatique et d'un DEA informatique à la faculté des sciences de l'Université Cheikh Anta DIOP de Dakar. - ouverture depuis 1990 de l'Université de Saint-Louis où un Département d'informatique et de Mathématiques Appliquées a été crée. S'agissant de la formation permanente, on constate l'existence de plusieurs centres notamment au niveau du Ministère de l'Economie et des Finances avec le centre de la Direction du Traitement Automatique de l'Information (DTAI), à l'ENSUT et au Centre Africain d'Etudes Supérieures en Gestion (CESAG). On notera également, à côté de la principale structure de formation initiale en informatique qu'est l'ENSUT, l'existence de quelques écoles privées qui assurent une formation en informatique au niveau programmeur et analyste. Les actions de vulgarisation de
l'informatique suivantes ont été également retenues: - extension de l'expérience d'utilisation de l'ordinateur et du langage LOGO comme outil pédagogique à l'école élémentaire, moyenne et secondaire. Cette action a donné naissance au Projet d'Introduction de l'Informatique dans le Système Educatif (PIISE) (voir chap.IV); - lancement d'une opération dite des
"200 micro-ordinateurs" qui se veut un plan d'équipement des lycées et
collèges. La définition d'une politique dans ce domaine se justifie par le fait que ce type de structures est réputé être un agent capital de l'informatisation, de l'émergence d'une expertise nationale, voire d'un transfert de technologie. A leur endroit les mesures suivantes ont notamment été arrêtées lors du CNI d'Octobre 1985: -dans le cadre de la refonte du code des investissements, le secteur sera considéré comme prioritaire; -les marchés de l'Etat dans ce secteur,
seront réglementés afin de garantir une pénétration étendue des sociétés
nationales. les différents volets de la politique informatique évoqués ci-dessus ne peuvent être mis en oeuvre que si l'Etat dispose d'une expertise importante, chargée de réaliser les applications d'une part et de mener les missions de promotion et de coordination d'autre part. Ceci suppose la définition d'un cadre adéquat pour les personnels informaticiens de l'Etat. Un premier pas a été fait en 1980, qui a permis de codifier les conditions de recrutement, de rémunération et de gestion de ces personnels. De nouvelles mesures sont actuellement à l'étude qui ont pour principaux objectifs: - d'assurer une gestion plus rigoureuse du personnel informaticien de l'Etat et de ses démembrements, par une définition rigoureuse et exhaustive des niveaux de compétence, d'expérience, de responsabilités, attendus de chaque agent dépendant de son grade; - d'assurer un suivi centralisé des
structures informatiques de l'Etat et de ses démembrements afin de garantir une
adéquation entre l'importance des missions et la qualification du personnel. L'Etat Sénégalais conduit, depuis quelques années, une politique de reforme du secteur parapublic consistant à se retirer progressivement de certaines activités. Pour ces dernières, la réforme prévoit que les relations entre l'Etat et les entreprises seront contractualisées si elles ne le sont pas déjà, dans le sens d'une responsabilisation accrue des organes dirigeants et d'un renforcement de leur autonomie. Suivant cette nouvelle conception, bien que ne s'immiscant pas directement dans la gestion interne de l'entreprise, l'Etat devrait se donner les moyens d'assurer cependant un suivi régulier et permanent à posteriori. Il interviendra la plupart du temps à la demande des entreprises elles-même pour les assister techniquement, chaque fois que cela sera nécessaire, et ce dans n'importe quels domaines de compétence; notamment dans ceux où l'organisation et l'informatique jouent un rôle essentiel. On comprend de la sorte que la réforme en cours a un volet informatique très important, dont les desseins s'identifient à ceux de la réforme elle-même, à savoir: -le renforcement de l'autonomie des entreprises; -le suivi à posteriori du Secteur Parapublic par l'Etat; -l'assistance technique de l'Etat aux entreprises pour leur organisation et leur informatisation. Aussi, les orientations stratégiques
dégagées pour ce secteur, reposent-elles sur l'élaboration de schémas directeurs pour
toute entreprise désireuse de s'informatiser, ceci avec l'aval et les conseils de
l'organe directeur de la politique informatique au niveau national. Ce terrain, à l'état de nos investigations, est encore vierge dans la mesure ou aucun texte, ni projets de loi n'a vu le jour pour réglementer le marché informatique au Sénégal. Cependant, nous aborderons dans cette étude une esquisse de ce que pourrait contenir une politique dans ce domaine. (voir en annexe C et D). 2.3.2.2. Les axes de la politique de coopération régionale et internationale Le Sénégal a toujours mené une politique active de coopération qui peut s'illustrer par les actions suivantes: - participation à la création en 1971, de l'Institut Africain d'Informatique (IAI) de Libreville dans le contexte de l'OCAM. Cette institution qui ne formait à sa création que des analystes-programmeurs, a ouvert depuis trois (3) ans un cycle de formation d'ingénieurs; - adhésion au Bureau Intergouvernemental
pour l'Informatique (IBI) dès 1975. Notre pays a abrité, jusqu'à sa dissolution
intervenue en 1987, le Centre Régional pour l'Afrique Francophone (CRIBI) de cette
institution; - participation à la création en Mars 1985 à Yamoussoukro (Côte d'Ivoire) du groupe du même nom, sous l'égide des présidents Houphouet BOIGNY et Abdou DIOUF. Ce groupe qui comprend des représentants du Bénin, du Ghana, de Tanzanie, du Gabon, de Madagascar, du Sénégal et de la Côte d'Ivoire, de même que ceux d'organismes de coopération (IBI), s'est assigné comme principale mission de contribuer à la réalisation du plan de Lagos par la définition d'une stratégie pour l'utilisation des technologies de l'information et de la communication; - le Sénégal a joué un rôle essentiel dans la mise en oeuvre du projet RINAF de connexion des instituts académiques Africains initié à Dakar en Février 1992 avec la participation d'une vingtaine de pays et sous l'égide du Programme Intergouvernemental d'Informatique (PII) de l'UNESCO; - enfin, le Sénégal participe au réseau du
Centre d'Echanges des Données Informatisées en matière d'investissement, de commerce et
de technologie (SITTDEC) mise en oeuvre dans le cadre du Groupe des 15 (G15) et dont le
quartier général est basé à Kuala lumpur en Malaisie. Ainsi, lors du Sommet des Chefs
d'Etat et de Gouvernement des pays membres du G15 tenu à Dakar en Novembre 1992, et la
démonstration faite aux Chefs d'Etat sur l'exploitation à distance des banques et bases
de données, le Sénégal, grâce à ses nombreuses potentialités en matière
informatiques et son infrastructure moderne de télécommunications s'est d'ores et déjà
positionné comme un partenaire privilégié dans le domaine des échanges d'informations.
Sont concernés, les structures impliquées dans les différentes missions accomplies dans le cadre de l'usage de l'informatique: coordination, promotion, formation, développement d'application et traitement, fourniture d'équipements, support technique. 2.3.3.1. Structure de coordination et de promotion Le Comité National Informatique (CNI) crée en 1972 constitue la principale structure de coordination et de promotion de l'informatique au Sénégal. Le CNI veille au développement harmonieux de la politique informatique, présentée plus haut. Jusqu'à 1985, date de la dernière réunion, la présidence du CNI était assurée par le Secrétariat Général de la Présidence de la République. Le Bureau Organisation et Méthodes (BOM) de la Présidence de la République a assuré le secrétariat permanent du CNI, et la Direction du Traitement Automatique de l'Information (DTAI) du Ministère de l'Economie et des Finances en est l'organe exécutif principal. Avec la disparition du BOM, et la création en 1987 de la Délégation à l'Informatique, la politique informatique et les actions d'informatisation sont coordonnées par cette dernière structure, dont l'avènement constitue un pas qualitatif dans la conduite du programme de développement économique et social du Sénégal. 2.3.3.2. Structure de formation-recherche Jusqu'en 1990, l'unique structure de formation au niveau de l'Etat était l'ENSUT, qui forme des analystes-programmeurs de niveau DUT, et a ouvert depuis 1988 un cycle de formation d'ingénieurs (la 2éme promotion est sortie en 1992). A côté de l'ENSUT, on peut signaler l'ouverture au niveau de l'Université de Saint-Louis (2éme université du Sénégal) d'un département d'informatique et de Mathématique Appliquée, et la création d'une maîtrise d'informatique au niveau de la Faculté des Sciences et Techniques de l'Université Cheikh Anta DIOP de Dakar. La très grande majorité des spécialistes de haut niveau (ingénieurs, DEA, DESS, ...) est donc formée dans des structures étrangères, en France notamment et à l'IAI de Libreville (voir potentiel humain en annexe B). Il faut cependant noter que le CNI, dans le passé, a organisé des formations spéciales d'ingénieurs qui ont été menées au sein de la DTAI; une dizaine d'ingénieurs ont été ainsi formés en deux promotions 1975 et 1980. L'activité de recherche est, quant à elle inexistante pour l'instant. Cette situation est appelée à changer avec l'avènement du cycle d'ingénieurs de l'ENSUT et la création d'une maîtrise d'informatique et bientôt d'un DEA Informatique au niveau de l'université de Dakar. 2.3.3.3. Centres de traitement ou centres ordinateurs Comme nous l'avons annoncé plus haut, le parc national d'ordinateurs est aujourd'hui estimé à un millier de machines pour les mini et gros ordinateurs, à 12000 pour les micros (voir annexe B). La progression se chiffre à 2500 unités par an et concernent plusieurs secteurs d'activités: L'Etat et ses démembrements, le secteur bancaire, le commerce, l'industrie et la recherche scientifique. Les principaux centres sont cependant ceux de l'Etat avec: - la Direction du Traitement Automatique de l'Information (DTAI) qui est de loin le centre le plus important du pays; ses ressources machine et son potentiel humain en font l'un des tous premiers centres africains. - la Direction de l'Automatisation de Fichiers (DAF) du Ministère de l'Intérieur. - le centre de la douane qui abrite les
machines les plus puissantes de l'Etat avec deux 4381 modèle R92 et P91. Il est prévu en
Janvier 1994 de migrer les systèmes d'exploitation de la DTAI et de la douane
actuellement sous MVS/SP en MVS/ESA. - Le Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye CRODT) qui est le principal pôle de développement de l'informatique scientifique, avec l'ORSTOM (l'Institut français de recherche scientifique en coopération). 2.3.3.4. Les fournisseurs d'équipements informatiques Les représentants des principaux constructeurs d'ordinateurs et de micro-ordinateurs opèrent sur le territoire national, certains depuis plusieurs décennies. Ils sont près d'une quinzaine à côté de quelques revendeurs, et commercialisent les derniers gammes de leur production, qui ne rencontrent aucune difficulté particulière de mise en oeuvre. Par le passé, on a ainsi vu des mises en oeuvre d'équipements se réaliser en même temps que les toutes premières installations au plan international: -1980: installation de l'ordinateur IBM 43XX de la Banque Nationale de Développement du Sénégal (BNDS). -1982: mise en oeuvre du système IBM MVS à la DTAI, le 1er du genre en Afrique. -1985: réalisation d'une application à base de carte à microprocesseur BULL dans le cadre de l'automatisation des procédures douanières. -1990: mise en oeuvre du RISC 6000 IBM dans le cadre du projet de Réseau National d'Information Scientifique et Technique (RNIST). 2.3.3.5. les sociétés de services et de conseil en informatique La situation dans ce domaine, peut se déduire de l'enquête de 1990 commanditée par la Délégation à l'Informatique et fait apparaître ce qui suit: - actuellement une quinzaine de sociétés exerçant dans ce secteur ont une implantation locale; - d'autres, sans implantations locales, interviennent sur la base de contrats ponctuels, parfois en association avec des sociétés locales; - ces sociétés offrent, avec des fortunes variables, les différentes prestations attendues de ce type de structures: * prestation "machine" * réalisation d'applications * conseil et assistance * formation. Ces associations et clubs informatiques poursuivent dans leur grande majorité les mêmes objectifs qui tournent autour des principaux axes suivants: - vulgarisation de l'informatique; - formation des utilisateurs - développement et veille technologique. Parmi les associations les plus dynamiques au Sénégal, on peut citer: - l'Association des clubs de Micro-informatique du Sénégal (ACMIS); - l'Association des anciens étudiants de l'Institut Africain d'Informatique de Libreville (IAI); - l'Association des anciens étudiants de l'ENSUT; - l'Association des Jeunes pour le
Développement de l'Informatique au Sénégal (AJDIS). 2.3.4. Les applications informatiques Les applications de l'informatique, au plan national peuvent se ranger en trois grandes catégories: - les applications de gestion - les applications dans la recherche scientifique - les applications dans le domaine technique 2.3.4.1. Les applications de gestion C'est le type d'application le plus développé. Cette orientation n'est pas propre à notre pays, mais est une tendance universelle. Elles se retrouvent dans les différents secteurs: public, parapublic, privé. Très souvent, dans le parapublic et le privé on retrouve des applications standard, dont les régles de gestion n'offrent pas de complexité particulière: comptabilité, paye, facturation, gestion de stock. Les applications les plus importantes et les plus complexes se retrouvent au niveau des centres de l'Etat, qui prennent en compte des systèmes d'information étendus aux régles de gestion spécifiques. C'est le cas dans le principal centre de l'administration. Dans le secteur parapublic, il existe des
serveurs utilisant principalement les applications classiques de gestion fonctionnant avec
des réseaux NOVELL. La tendance actuelle est de s'orienter vers les systèmes
d'exploitation UNIX et les systèmes de gestion de bases de données relationnelles. Les applications du Ministère de l'Economie et des Finances Ce sont les plus anciennes puisque les premières ont vu le jour dès 1964; elles comprennent: *la paye des agents de l'administration; *la comptabilité publique; *la liquidation des droits de douanes; *le recouvrement des impôts; *la gestion de la dette et des investissements; *le système d'information foncière. Ces dernières années, ont vu une extension notable de ces applications, par le biais de nouveaux développements et l'utilisation de nouveaux équipements. - C'est ainsi que l'utilisation du télétraitement a été généralisé à l'ensemble des applications, grâce à un parc installé de plus de deux cents terminaux (passifs et intelligents); - La gestion des opérations du Trésor public a été décentralisée, et les différentes capitales régionales vont être progressivement dotés de mini-ordinateurs. C'est déjà le cas de Dakar, Thiés, Kaolack, Saint-Louis et Ziguinchor. - Dans le cadre du recouvrement des droits de douanes une application basée sur la carte à microprocesseur a abouti à une gestion particulièrement fiable et performante des crédits d'enlèvement. Cette application est particulièrement exemplaire, car elle a permis de montrer tout le profit que l'esprit d'innovation permettrait de tirer des outils informatiques, y compris les plus sophistiqués. - Dans un cadre plus large, le projet d'automatisation des procédures douanières (GAINDE), mis en production depuis le 2 Janvier 1990 en s'appuyant sur des techniques évoluées, réseau de transmission de données à commutation de paquets, bases de données, a permis de prendre en charge toutes les opérations de dédouanement au port de Dakar. Actuellement plus de 250 terminaux sont installés chez les principaux usagers de la douane (transitaires, consignataires etc ...). Avec les améliorations en cours, notamment la migration de l'application vers un nouveau SGBD, moins consommateur de ressources que le précédent, et les équipements envisagés, le projet permettra de connecter plus de 500 usagers dans des conditions de rapidité, sécurité et de confort remarquables. Les applications du Ministère de l'Intérieur La Direction de l'Automatisation des Fichiers (DAF) gère les principales applications suivantes: - la gestion des listes électorales; - l'automatisation de la carte nationale
d'identité; - l'application personne physique du schéma directeur informatique; - l'automatisation des passeports. 2.3.4.2. Les applications dans la recherche scientifique Le principal utilisateur de ce type
d'applications est l'Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) à travers ses
divers centres et organismes de coopération tels que l'ORSTOM (Institut Français de la
recherche scientifique en coopération). On pourrait ranger dans cette catégorie le
Projet d'Introduction de l'Informatique dans le Système Educatif (PIISE). Le Centre de Recherche Océanographique de Dakar-Thiaroye(CRODT) Doté d'un équipement informatique important, ses applications sont orientées vers le traitement des données collectées dans le cadre de l'activité de recherche océanographique qui couvre toute la zone atlantique. Ces données sont analysées à l'aide de modèles mathématiques ou de programmes généraux plus ou moins spécifiques à l'activité océanographique. On notera également dans le domaine de la télédétection, l'existence au CRODT d'une station de réception d'images du satellite METEOSAT, et l'installation de deux station SUN pour les traitement des images satellitaires. Le Centre de Recherche Agronomique de Bambey (CNRA) On retrouve les mêmes types de traitement informatique qu'au CRODT, appliqués à la recherche agronomique. Le laboratoire National d'Elevage et de Recherches Vétérinaires L'application de l'informatique à ce niveau, consiste en l'exploitation des données expérimentales du Centre de recherche zootechnique de Dakar, couvrant une période d'une vingtaine d'années. Ces données concernent les paramètres zootechniques des animaux du CRZ de Dahra, du CRZ de Kolda, et de la ferme pilote de Sangalkam. 2.3.4.3. Les applications dans les domaines techniques Par informatique technique, il faut
comprendre les applications réalisées dans le cadre de la mise en oeuvre d'autres
techniques, telles que la Télédétection, la Météorologie, ou dans des domaines
techniques, Energie,... teledetection Des applications dans ce domaine sont développées au sein des structures suivantes: * le département de Géographie de la Faculté des lettres avec l'équipe TECASEN; * le CRODT avec son Unité de Traitement d'Images Satellitaires (UTIS); * le Centre de Suivi Ecologique (CSE). meteorologie Dans ce domaine, l'ASECNA et la Direction de la météorologie nationale, détiennent les principales applications informatiques. Ces deux structures coopèrent étroitement.
Le centre de traitement de la météorologie nationale crée dans le cadre du projet
CILSS-AGRI/YMET SEN/76/014 couvre l'ensemble des pays membres du CILSS. energie Dans ce domaine, le Centre d'Etudes et de Recherches sur les Energies Renouvelables (CERER) dispose depuis plusieurs années d'un département de radiomètrie dont l'activité s'est progressivement étendue et couvre plusieurs domaines: * étalonnage des appareils de mesure du rayonnement pour le compte du CERER et de la Météorologie Nationale; * évaluation des potentialités énergétiques solaires et éoliennes du Sénégal par l'implantation et la surveillance d'un réseau de stations de mesure; * suivi scientifique des stations d'énergies renouvelables au Sénégal afin de pouvoir évaluer leurs performances réelles. Tous ces domaines font appel à l'informatique, le CERER disposant des équipements informatiques nécessaires au traitement des données recueillies. Actuellement, les activités du CERER
s'orientent vers l'utilisation de l'intelligence artificielle avec la mise en oeuvre de
systèmes experts dans le domaines des énergies renouvelables. maitrise de l'eau Dans le domaine de la MAITRISE DE L'EAU, le
département systèmes de l'ISRA a initié un projet intitulé "Suivi de
l'hivernage". Ce projet consiste à dresser le bilan hydrique par quantification du
niveau d'eau tombée et sa rétention dans le sol. Le volet informatique de ce projet a
trait à l'élaboration et à l'adaptation de modèles en vue d'un traitement
automatisée. 2.3.5. Le financement de l'informatique L'Etat est le principal utilisateur de l'informatique et le principal bailleur de fond dans ce secteur. Toutefois, le domaine est caractérisé par la faiblesse des ressources dégagées par l'Etat et la déficience des contributions extérieures. Au plan national, on peut signaler
l'existence de deux sources de financement des projets informatiques; Il s'agit du Fonds
d'Impulsion de la Recherche Scientifique et Technique (FIRST), et du Budget
d'Investissement à travers le Programme Triennal d'Investissement Public (PTIP). 2.3.5.1. Le FIRST Le Fonds d'impulsion de la Recherche Scientifique et Technique (FIRST) a pour objet, entre autres: - de promouvoir la recherche fondamentale et appliquée par le financement de projets de recherche initiés par des chercheurs sénégalais; - de soutenir, par l'octroi d'aides et de subventions, les organismes sénégalais de recherche scientifique et technique dont les programmes présentent un intérêt pour le développement économique et social ou dont l'impact est de nature à améliorer des procédés technologiques déjà existants; - d'apporter un appui matériel et financier aux cellules et aux institutions sénégalaises de recherche, notamment dans les domaines de l'agriculture, de la technologie alimentaire, de l'énergie, de la médecine, etc...; - de valoriser les résultats de la recherche et d'en permettre une utilisation sociale en attribuant des crédits aux organismes publics et aux personnes privées; - d'apporter un concours matériel et financier aux manifestations tendant à sensibiliser les chercheurs et les institutions de recherche sur l'innovation technologique et sur l'importance de la protection des résultats de la recherche. Les ressources du FIRST sont constituées par les crédits inscrits à cet effet au Budget National. Outre ces crédits, d'autres ressources, de provenance publique ou privée peuvent lui être attribuées Doté d'un budget annuel de 100 millions de fCFA, le montant des financements FIRST dans le secteur informatique est estimé depuis 1982, à environ 15 millions au profit du seul projet informatique et éducation. Cela nous parait insuffisant au regard des objectifs assignés au FIRST, mais justifié dans la mesure ou la recherche en informatique est pratiquement inexistante au Sénégal. 2.3.5.2. Le Programme Triennal d'Investissement Public (PTIP) La crise grave de la fin des années 1970 a conduit le Sénégal à rationaliser les principaux éléments de sa politique économique, dont celui du choix des investissements publics. Pour faire face à cette crise, notre pays a mis en place un programme d'ajustement structurel comportant aussi bien des mesures de politique économique visant à assurer l'efficacité des marchés privés que des mesures concernant l'allocation des ressources destinées aux investissements publics. Ainsi, l'amélioration des processus de planification et de budgétisation pour assurer une meilleure affectation des ressources aux activités les plus productives et aux investissements les plus rentables devient plus que par le passé une préoccupation du Gouvernement. Cette situation explique l'adoption d'un nouveau système de planification dont l'innovation majeure porte sur le sous-système programmation, budgétisation et suivi des investissements publics avec comme objectif l'optimisation de l'utilisation des fonds publics destinés au financement des investissements. Ainsi, l'élaboration de la politique nationale de planification repose-t-elle sur deux instruments: 1 - une étude prospective à l'horizon d'une génération, qui est une réflexion globale sur la société sénégalaise et son environnement, naturel et international rétrospective (1960-1988) puis prospective (horizon 2015), en vue de soumettre au Gouvernement un éventail de scénarios proposant des images plausibles du futur, ainsi que les chemins pour y parvenir. Les choix prospectifs à long terme sont destinés à éclairer et guider les choix stratégiques des plans d'orientation à moyen terme. 2 - une loi-plan d'orientation économique et sociale à moyen terme. Elle dégage une stratégie globale qui fixe les orientations et priorités de l'économie pour une période de six (6) ans révisables tous les trois ans. Ce sont ces instruments qui servent de cadre de référence aux commissions nationales de planification. Quant à la programmation des projets, elle se fait d'une manière générale par le biais du Programme Triennal d'Investissements Publics (PTIP) qui procède à un choix de programmes d'actions et d'investissements conformes à la stratégie choisie à leur budgétisation. Cependant, les projets retenus dans le cadre du PTIP doivent appartenir aux domaines d'actions prioritaires (DAP) définis dans le cadre du VIIIè Plan et qui sont les leviers principaux de mise en oeuvre de la stratégie globale, articulés autour de certains axes qui s'appuient sur un nombre restreint de domaines d'actions, qui constituent les supports prioritaires et complémentaires de leur mise en oeuvre progressive et concertée. C'est dans ce cadre que le secteur informatique a bénéficié à travers certains projets, depuis 1989, date de la mise en oeuvre du PTIP, de financements d'un montant cumulé sur ces cinq dernières années de 541 millions de fcfa sur un budget d'investissement estimé aux environs de 33 milliards. Signalons, à toutes fins utiles, que le
budget informatique a été fixé, lors de la création du Comité National Informatique,
à 1% du budget national. III. DIAGNOSTIC DE LA SITUATION ACTUELLE A la lumière du bilan de la situation informatique au Sénégal dressé ci-dessus, il apparaît clairement que les contraintes qui gênent le développement harmonieux de l'informatique sont étroitement liées au contexte économique actuel du pays et aux différents facteurs du transfert de technologies et ceci à travers les instruments de l'informatisation que sont: * la politique informatique et son plan de développement; * les structures de coordination de la politique informatique; * les structures de promotion * les structures de recherche-formation; * les sociétés d'ingénierie informatique; Au plan des ressources humaines, l'ENSUT est la principale structure de formation à l'informatique au Sénégal. Cependant, cette formation qui jusqu'en 1988 n'était assurée qu'au niveau analyste-programmeur a enregistré un saut qualitatif avec l'ouverture, à la rentrée universitaire 1988-89, d'un cycle de formation d'ingénieurs informaticiens. Il s'y ajoute que la création d'un département informatique à l'université de Saint-Louis qui a ouvert ses portes en 1990 et la création toute récente d'une maîtrise d'informatique à la faculté des sciences et techniques de l'université Cheikh Anta DIOP de Dakar, devraient permettre la formation de spécialistes informaticiens de haut niveau. S'agissant des ressources financières, ce secteur se caractérise par la faiblesse des ressources dégagés par le budget de l'Etat à travers le Fonds d'impulsion de la Recherche Scientifique et technique (FIRST) et le Programme Triennal d'Investissement Public (PTIP), instruments sur lesquels nous reviendrons dans la suite de cette étude. Par ailleurs, contrairement aux autres secteurs, les contributions extérieures sont faibles et se limitent à la fourniture d'équipements micro-informatiques et de quelques financements pour la formation. Le nombre de sociétés de services et de conseil en informatique est très limité, au regard de la taille du marché informatique. De plus ces sociétés ne disposent pas souvent de compétences dans le domaine des nouvelles technologies de l'information (UNIX, SGBDR, Réseaux etc...). Il s'y ajoute que les phases d'études préalables sont souvent escamotés. Dans le secteur parapublic, c'est l'anarchie totale. On assiste souvent à des expériences malheureuses, du fait que l'organe directeur de la politique informatique, chargé entre autres de conseiller ces entreprises n'est pas du tout informé des plans d'actions de ces dernières. Sur un autre plan, le problème de la maintenance au niveau de l'Administration se pose avec acuité, dans la mesure où les équipements offerts dans le cadre des conventions bilatérales ou multilatérales ne bénéficient des accords contractuels pour leur entretien que pour la durée de la garantie du matériel ou celle du projet ou de la convention. L'exemple des équipements acquis dans le cadre du Commodity Aid (don d'équipements informatiques et bureautique du Gouvernement Italien estimé à quelques 280 micro-ordinateurs, des photocopieurs, machines à écrire, imprimantes et autres accessoires) qui a servi à équiper l'ensemble des Ministères et des Universités de Dakar et de Saint-Louis, met en exergue les problèmes liés à la maintenance des matériels dans l' administration. Dans l'ensemble, l'analyse du potentiel scientifique et technique dans le secteur informatique révèle des déficiences structurelles, un potentiel humain certes important, mais faible en ce qui concerne les professionnels, et des financements presqu'inexistants. La création de la Délégation à
l'informatique devrait contribuer à impulser l'informatique grâce à l'important
programme qui s'y développe. 3.1. L'informatique du secteur
parapublic Des concertations entre la Délégation à l'Informatique et l'ex Commissariat Général au Secteur Parapublic et des représentants des entreprises elles-mêmes ont permis de ventiler les entreprises en trois groupes distinctifs: - les entreprises qui ne sont pas en mesure de supporter seules les coûts d'une informatisation; - les entreprises non informatisées disposant de moyens suffisants pour gérer leur propre informatique; - les entreprises déjà informatisées ou en
cours d'informatisation. Selon que l'entreprise est classée dans une des trois catégories, il s'est agi soit de créer un centre de service et d'exploitation complètement dédié au secteur parapublic pour le premier groupe, soit la création d'un centre informatique autonome pour les entreprises du 2 éme groupe, ou une adaptation permanente de l'outil informatique aux besoins réels et évolutif de l'entreprise, pour le 3éme groupe. Cependant, en dépit des axes stratégiques tracés pour le secteur parapublic, certaines entreprises, sous le prétexte fallacieux qu'un contrôle a priori de leur gestion interne est exclu, procédent à des investissements informatiques sans associer l'expertises de la Délégation à leur projet, ou en ne tenant pas compte des recommandations que celle-ci leur adresse. Dans des cas extrêmes, on a abouti à des investissements à fonds perdus. Mais dans le cas le plus général, on a constaté que l'investissement n'est que très faiblement rentabilisé: coûts exorbitants, informatisations ratées ou insuffisantes. Les exemples sont nombreux. 3.2. Les ressources humaines Comme nous l'avons vu plus haut, l'ENSUT, jusqu'en 1990 était la principale institution de formation d'informaticiens au niveau national, à côté de certaines écoles privées reconnues par l'Etat. La création du département d'informatique et de Mathématiques appliquées à l'Université de Saint-Louis et de la maîtrise d'Informatique à la Faculté des Sciences et Techniques de l'Université Cheikh Anta DIOP de Dakar contribueront, sans nul doute, à accroître le potentiel informaticien du Sénégal. Cependant, malgré la qualité de la
formation dispensée, celle-ci ne favorise pas encore la recherche dans le domaine de
l'informatique, la formation se limitant au niveau analyste-programmeur; la formation au
niveau ingénieur n'est assurée que depuis 4 ans. Il s' y ajoute que les informaticiens
de haut niveau formés aux techniques les plus évoluées ne trouvent pas de terrain pour
l'expression de leur compétence réelle, d'où dans la plupart des cas, on assiste à une
reconversion des ces personnes aux taches de production et d'études classiques dans les
structures de l'Etat ou dans le secteur privé. Nous espérons, cependant que la création d'un DEA Informatique à la faculté des sciences de l'Université de Dakar, qui à terme pourrait déboucher sur le Doctorat du 3 éme cycle, sera de nature à favoriser la recherche en informatique. Sur un autre plan, l'Etat est le principal employeur d'informaticiens et a consenti beaucoup d'efforts pour la formation de ces derniers. Cependant, compte tenu des propositions plus attrayantes offertes par le secteur privé, l'Etat a enregistré ces dernières années de nombreuses démissions d'agents qui sont des purs produits de la DTAI qui est le centre informatique le plus important du pays. A cet égard, il y a lieu de noter que l'Etat conscient de ce phénomène, a défini depuis 1985 lors de la réunion du CNI, le cadre réglementaire de recrutement et de rémunération des informaticiens de l'Etat à travers l'Instruction 25 du Président de la République mise en application depuis cette date et qui offre de meilleures conditions de rémunération pour cette catégorie de personnel. Ces conditions se révèlant toutefois insuffisantes par rapport au secteur privé (le rapport de rémunération est de 1 à 4 pour les Ingénieurs et de 1 à 5 pour les Analystes-programmeurs), la réflexion se poursuit au niveau de l'Etat pour améliorer encore les conditions de rémunération et d'évolution de carrière des informaticiens en vue de faire face à la mobilité des compétences en faveur du privé. En ce qui concerne la formation
professionnelle, et avec la multiplication des écoles privées de formation en
informatique qui délivrent des diplômes qui n'offrent pas à priori de débouchés pour
les titulaires, l'Etat a mis en place un groupe de réflexion en vue d'harmoniser les
programmes qui doivent conduire à la création d'un Brevet de Technicien Supérieur (BTS)
qui devrait faciliter l'insertion des diplômes dans le circuit productif. 3.3. Les Sociétés de Service et de
Conseil en Informatique (SSCI) Le Sénégal a opté pour une économie libérale, ouverte aux investisseurs étrangers, sans aucune discrimination par rapport aux nationaux. Cette orientation qui place tous les opérateurs économiques dans la même situation est l'une des raisons qui sont à l'origine de l'absence d'un cadre institutionnel destiné à recueillir et à suivre le volume et la nature des investissements effectués dans notre pays. Cependant, dans le secteur informatique considéré comme stratégique, l'Etat conscient des enjeux de la maîtrise de cette nouvelle technologie, a défini lors du CNI d'Octobre 1985 des orientations en direction des Sociétés nationales de services informatiques. Ces orientations concernent: - la refonte du code des investissements, et la prise en compte du secteur informatique comme secteur prioritaire; - la réglementation des marchés de l'Etat
afin de garantir une pénétration étendue des sociétés nationales. Des entretiens que nous avons eus avec certains dirigeants de SSCI de la place de Dakar, il apparaît que si les orientations définies par l'Etat en direction des sociétés nationales sont tout à fait louables et justifiées, leur mise en oeuvre, même si elle est effective, n'a pas produit les effets escomptés. Ainsi, le constat se présente comme suit: - les décisions prises en faveur des SSCI n'ont jamais été appliquées; - l'informatique est considérée comme produit de luxe, d'ou l'application de taxes élevées pour le matériel, les services informatiques et les droits d'enregistrement. (La matériel est taxé à 100%) L'un des principaux griefs faits en direction de l'Etat par les SSCI nationales portent sur la façon dont les marchés de l'Etat sont attribués, notamment en ce qui concerne le montant de la caution fixée à 5 millions de F cfa et du délai trop long mis par l'Etat pour rembourser ce montant aux sociétés qui n'ont pas été retenus. Il s'y ajoute que les règlements des factures dues par l'Etat aux sociétés en général, suivent une procédure trop longue qui ne permettent pas à ces sociétés de maîtriser leur comptabilité. Il s'y ajoute que leurs obligations vis à vis des banques ne sont pas respectées s'il s'agit des engagements de l'Etat. Par ailleurs, il apparait que le marché informatique au Sénégal est évalué à plusieurs milliards de f cfa par an. Ce marché, en dehors de l'Etat, est principalement constitué par les banques et sociétés financières qui sont pour la plupart des filiales de sociétés étrangères, françaises en particulier et qui font intervenir des SSCI françaises pour l'informatisation de ces filiales implantées au Sénégal. La situation, comme décrite ci-dessus, ne favorise pas l'émergence des SSCI nationales, et l'environnement économique actuel du Sénégal aidant, nous assistons à un dépérissement des SSCI nationales caractérisé par des cessations de paiement qui conduisent inexorablement à la fermeture de ces entreprises. Les SSCI, dans le contexte d'un pays en
développement, et compte tenu de l'émergence des nouvelles technologies de
l'information, constitue à notre avis, des vecteurs incontournables de transfert de
technologies. Aussi, nous pensons qu'une attention toute particulière devra leur être
accordée. IV. Les Orientations Générales Aujourd'hui, à l'apogée de l'ère des technologies industrielles s'amorce une véritable révolution post-industrielle, sous l'impact du choc informatique et biotechnologique. A cet égard, la maîtrise des technologies
nouvelles basées sur l'utilisation des ordinateurs et surtout des
micro-processeurs apparaît comme une nécessité si notre pays ne veut pas rester
éternel consommateur de technologie dont les coûts d'acquisition grèvent lourdement
notre balance des paiements. Ainsi, des techniques de plus en plus sophistiquées et parfois spécifiques permettent-elles d'introduire l'informatique dans la plupart des secteurs d'activités. Parmi celles-ci on peut citer: - télématique et bases de données pour la gestion; - les techniques de conception assistée par ordinateur (XAO); - les applications de l'intelligence artificielle avec les systèmes experts dans les domaines de la médecine, de l'agriculture etc... L'avènement des techniques XAO et des techniques de l'intelligence artificielle nous apparaît donc comme les phénomènes les plus importants depuis que les ordinateurs ont été inventés. Aussi, le Sénégal, compte tenu du caractère inéluctable de l'informatisation des sociétés contemporaines, devrait-il axer ses efforts vers la mise en oeuvre et l'appropriation, par le biais du transfert de technologie, de la technologie informatique. Il est évident, dans ce contexte, que toute politique informatique au Sénégal, devrait s'orienter vers la maîtrise des différents facteurs liés au transfert de technologie, et ceci à travers les instruments de l'informatisation. Les axes stratégiques d'orientations générales devraient porter sur: 1. la formation de spécialistes de haut niveau d'ou la création d'une structure de formation-recherche du type Institut de Recherches en Informatique et Mathématiques Appliquées dont le projet n'a jamais connu un début de réalisation; 2. le renforcement et l'extension du Projet d'Introduction de l'Informatique dans le Système Educatif (PIISE); 3. la promotion des systèmes experts dans les secteurs de la médecine, de l'agriculture et des énergies nouvelles et renouvelables; 4. dans le cadre de la libéralisation de l'économie, il y aura lieu de définir une nouvelle politique d'assistance aux sociétés nationales de services et d'ingénierie informatique. Cette assistance devra revêtir une forme contractuelle: - l'activité de ces sociétés doit favoriser l'émergence d'une expertise locale; - cette expertise devra être orienter vers la maîtrises des nouvelles technologies de l'information (télématique, réseaux, bases de données relationnelles, méthodologies diverses etc...). Concernant plus particulièrement le secteur
parapublic, qui est au centre de l'économie nationale, et pour mettre fin à la gabegie
des dépenses informatiques, des mesures ci-dessous pourraient être envisagées: - renforcement ou confirmation des instruments réglementaires qui confèrent à la Délégation à l'informatique un certain nombre de prérogatives; - opportunité d'associer certaines Administrations techniques comme le Ministère de la Modernisation et de la Technologie, aux conseils d'Administration des entreprises publiques importantes; - création d'un Centre Informatique de Service et d'Exploitation de la Paye et de la Comptabilité exclusivement dédié au Secteur Parapublic; - mise en oeuvre d'un Comité de Pilotage
pour coordonner les actions convergentes de la Délégation à l'Informatique et de
l'organisme chargé de la réforme du Secteur Parapublic. V. Evaluation des instruments de la
politique informatique 5.1. Le Comité National Informatique (CNI) Le Comité National Informatique a constitué, depuis sa création en 1972, le principal instrument de régulation et de suivi de la politique informatique au Sénégal. Dans le décret n°87-1401 du 17 Novembre 1987 relatif au Comité National Informatique, et abrogeant le décret n°8543 du 2 Août 1972 portant création du comité national informatique, il ressort ce qui suit: - "le Comité national informatique est chargé, dans le cadre de la politique générale définie par le Président de la République, de concevoir les stratégies et politiques de l'informatique, de la bureautique et des réseau, et de coordonner les projets et réalisations. A cet effet: - il définit le cadre dans lequel se développe l'effort d'informatisation des administrations et des organismes du secteur parapublic, veille à la cohérence des systèmes d'information et décide des priorités et de la répartition des ressources de toutes natures et de toutes origines; il approuve les programmes d'équipement et de recours aux services informatiques des administrations et des organismes du secteur parapublic; - il prend toutes mesures visant à la promotion de l'informatique dans l'économie et la société et en surveille l'évolution; - il veille au développement des ressources humaines en informatique. Le CNI est présidé par le Secrétaire Général de la Présidence de la République et comprend: - le Ministre de l'Economie et des Finances; - le Ministre du Plan et de la Coopération; - le Ministre de la Communication; - le Ministre de la Fonction publique et du Travail; - le ou les Ministres concernés par l'ordre du jour. En outre, le Président du comité peut inviter à prendre part, en tant que de besoin, aux délibérations du comité, le Recteur des Universités de Dakar ou de Saint-Louis, le Directeur de l'ENSUT, le Directeur des archives nationale, les Directeurs de centres de traitement de l'information, le Directeur du Centre national de documentation scientifique et technique". Parmi les importantes décisions ou mesures arrêtées par le CNI depuis sa création, on peut citer entre autres: - la définition d'un cadre d'évolution des sociétés nationales de services et de conseils en informatique; - la revalorisation du plan de carrière des personnels informaticiens de l'Etat par la mise en oeuvre de l'Instruction n°25 du Président de la République qui trace le cadre d'évolution et de rémunération de cette catégorie de personnel; - le renouvellement du parc informatique de l'Etat; - la fixation du budget informatique à 1% du budget national. Aussi, on peut affirmer que le CNI, jusqu'à sa dernière réunion qui date d'octobre 1985, a parfaitement rempli son rôle. Toutefois, ses décisions n'ont pas été suivi, dans certains cas, de réalisations concrètes. Parmi celles-ci on peut citer les mesures arrêtées au profit des SSCI nationales qui évoluent dans un environnement des plus défavorables. Sur un autre plan, on constate, pour le
déplorer que le CNI ne s'est plus réuni depuis octobre 1985. Cette période a sans doute
été mise à profit pour approfondir la réflexion sur les structures devant conduire
avec plus d'efficacité la politique nationale informatique. La création de la
Délégation à l'Informatique en 1987 participe assurément de la recherche de
l'excellence et de la performance. 5.2. La Délégation à
l'Informatique Par décret n° 87-1402 du 17 Novembre 1987,
il a été créé la Délégation à l'Informatique, service administratif à vocation
interministérielle rattaché au Secrétariat général de la Présidence de la
République, qui veille, au premier chef, à la mise en oeuvre de la politique de
l'informatique, définie suivant les instructions du Président de la République, par le
Comité National de l'Informatique. Le secrétariat de ce comité est assuré par le
Délégué à l'informatique qui adresse chaque année au Président de la République un
rapport sur la situation de l'informatique dans le pays et notamment dans les
administrations publiques et les organismes du secteur parapublic. "Le Délégué à l'informatique anime, coordonne et contrôle l'informatisation des administrations et des organismes du secteur parapublic. A ce titre: a) il prend en charge les problèmes d'intérêt commun et ceux de nature interministérielle en matière d'informatique, de bureautique et de réseau; b) il étudie les modifications de structures, de méthodes et de procédures administratives liées à la mise en oeuvre des systèmes informatiques et bureautiques; c) il assiste les administrations et les organismes du secteur parapublic dans l'établissement des projets d'équipement et de prestations de services informatiques ou bureautiques et en suit l'exécution après leur approbation par le Comité national informatique; d) il coordonne l'utilisation des personnels informatiques et suit le déroulement de leurs carrières; e) il participe à la sensibilisation et la formation en informatique des personnels des administrations. Il est assisté dans ces tâches par les responsables des centres de traitement de l'information. Le Délégué à l'informatique est chargé également de promouvoir les applications de l'informatique dans l'économie. Il est l'interlocuteur privilégié des opérateurs économiques pour toutes les questions relatives à l'informatique et aux concours réciproques des secteurs public, parapublic et privé dans ce domaine. Il suit l'évolution des technologies de l'information , rassemble et tient à jour la documentation appropriée. Le Délégué participe, en liaison avec le Ministère de l'Education nationale, le Ministère chargé de la Recherche scientifique et technique, l'Office national de la Formation professionnelle à la définition et à la mise en oeuvre d'une politique d'utilisation de l'informatique dans les programmes et les méthodes d'enseignement. Le Délégué à l'informatique est en outre chargé, au premier chef, de la coopération technique en informatique, de même que la coopération bilatérale et multilatérale dans ce domaine. En liaison avec le Ministère chargé du
Plan, il est associé à l'élaboration de tout document de planification relatif au
développement de l'informatique au Sénégal". Ainsi, le Président de la République a senti, depuis 1987, la nécessité de renforcer l'autorité de la prise en charge de l'informatique par l'Etat du Sénégal en nommant un Délégué qui a la charge de ce secteur. Depuis cette date, divers volets touchant des domaines informatiques ont été initiés; ils concernent le plus souvent des projets d'intérêt national liés à la coordination d'ouvrages importants, la conduite d'études et de mise en oeuvre de solutions informatiques dans diverses administrations. D'autres visent à assurer la veille technologique, la promotion et la diffusion d'outils modernes de gestion au profit de l'Administration. La Délégation a donc pour rôle principal de définir et de proposer la politique informatique, puis, après décision des autorités politiques, de la mettre en oeuvre. (Voir en annexe A les attributions et l'organisation de la DINFO). Le travail de la Délégation se fait en
étroite concertation avec les principaux acteurs gouvernementaux et privées de
l'informatique, ceci dans un souci d'inventer la meilleure utilisation optimale
accompagnée d'une réelle promotion économique de l'informatique dans le pays. 5.2.1. Les projets en cours de mise
en oeuvre 5.2.1.1. Réseau National d'Information Scientifique et Technique (RNIST) Ce projet vise à doter le Sénégal d'un vaste réseau automatisé de collecte, de traitement et de diffusion de l'information scientifique et technique. Sa mise en oeuvre permet de décloisonner l'information entre les différents secteurs de l'administration et du privé et participe à favoriser un échange fructueux entre les diverses sources d'information et les usagers. Une architecture partiellement décentralisée a été adoptée qui s'appuie sur un réseau maillé autour d'un serveur central domicilié au Centre National de Documentation Scientifique et Technique (CNDST) destiné à mettre à la disposition du grand public des banques de données multidisciplinaires conçues et développées en rapport avec divers réseaux sectoriels correspondants aux secteurs de développement prioritaires de la vie économique. Il s'agit notamment des réseaux enseignement supérieur, agriculture, commerce industrie et technologie, pouvoirs publics et recherche. Ces réseaux sont déjà constitués et
s'articulent autour d'un serveur central domicilié au Centre National de Documentation
Scientifique et Technique (CNDST). L'équipement serveur est constitué d'un RISC 6000 et
d'un gestionnaire de réseau (PILOT) relié aux autres réseaux sectoriels à travers le
réseau public de transmission de données par paquets (SENPAC). 5.2.1.2. Projet d'Introduction de l'Informatique dans le Système Educatif (PIISE) Les objectifs du projet s'articulent autour des secteurs de l'enseignement élémentaire, moyen et secondaire. Ils consistent essentiellement à: - catalyser les innovations par des actions
de recherche et développement d'outils informatiques (pédagogiques performants); - former les formateurs à la micro-informatique, à l'Enseignement Assisté par Ordinateur (EAO); - évaluer des didacticiels et du marché informatique selon une grille d'évaluation à établir dans le contexte sénégalais; - mettre en place des programmes d'enseignement de l'informatique dans le cadre de la perspective de l'introduction de l'informatique dans le système éducatif; - contrôler le processus d'introduction de
l'informatique dans le système éducatif en précisant à chaque étape les
réorientations à opérer. 5.2.1.3. Le réseau Inter-Administratif de voix et données La réalisation du Réseau Privé de Télécommunications Inter-Administratif a pour principal objectif l'amélioration de la communication entre les services de l'Etat, sans coût de fonctionnement supplémentaires. Le réseau a pour ambition d'offrir à l'ensemble des agents de l'Etat un système dédié de télécommunications dans de bonnes conditions de fluidité du trafic. Il permet également d'améliorer notablement la disponibilité des lignes publiques de télécommunication permettant aux usagers un accès plus rapide aux administrations. Enfin, ce réseau est un outil de
communication offrant des fonctionnalités de messagerie électronique et d'accès à des
bases de données. La topologie retenue s'articule autour d'un noeud central basé au
siège du Gouvernement où seront connectés cinq (5) centres secondaires. Il s'agira plus
précisément d'un réseau à architecture distribuée dans un environnement multi-PABX. 5.2.1.4. Etat civil et modernisation des grands registres de l'Etat Certaines administrations ont pour vocation de conserver des renseignements précieux de façon pérenne. C'est le cas notamment de l'Etat-civil et de la Conservation foncière qui, à travers l'histoire, ont pu accumuler sur support papier un important gisement d'informations. Aujourd'hui, ces divers documents se détériorent graduellement sous l'effet des multiples consultations nécessaires et des aléas climatiques (poussière, humidité, etc...), et sont exposés à des risques majeurs d'incendies ou d'inondations. Ainsi, pour préserver ce riche potentiel informationnel, la Délégation à l'informatique, profitant des possibilités offertes par les nouvelles technologies de l'information, a initié, au centre d'Etat-civil de Rufisque, un important projet d'archivage électronique sur Disque Optique Numérique (DON). Ce projet expérimental entre dans le cadre de la politique de modernisation des grands registres de l'Etat dont les objectifs consistent à: - stopper la dégradation des registres de l'Etat-civil; - améliorer la qualité du service public; - valoriser le travail du personnel. Ce projet, au delà de l'Etat civil, intéresse les planificateurs de diverses branches, les administrations et organismes de recherche qui brassent une documentation importante et confrontés à des problèmes de conservation et d'exploitation de celle-ci. Avec les résultats prometteurs de l'expérience de Rufisque, il est aujourd'hui envisagé sa consolidation avec une exploitation du produit en réel au niveau des guichets. En outre, il est prévu une généralisation du projet à l'échelle national en dotant toutes les capitales régionales d'un centre d'Etat-civil informatisé à l'image de la Commune de Rufisque, et en équipant le Centre National d'Etat-civil d'un système lui permettant de centraliser toutes les données d'état-civil. 5.2.1.5. Le Cadastre fiscal Dans le cadre des politiques d'amélioration des mécanismes de mobilisations des ressources, le Sénégal poursuit depuis plusieurs années un vaste programme de mise en place d'un Cadastre Fiscal destiné à améliorer sensiblement l'assiette et le recouvrement des impôts fonciers. Ce projet s'appuie sur les moyens modernes de maîtrise de l'assiette qui vont de la prise de vue aérienne à la restitution numérique en passant par le canevas et la stéréopréparation et l'adressage postal. Il devra donc à terme permettre une amélioration quantitative et qualitative des émissions, des recettes ainsi que du circuit de distribution des avertissements et doter ainsi les Collectivités Locales d'un outil performant grâce à: - un recensement plus exhaustif des propriétés bâties; - une détermination de la consistance des locaux ainsi que leur évaluation; - une identification précise du redevable de l'impôt (propriétaire et occupant). 5.2.1.6. Sauvegarde et valorisation du patrimoine culturel Ce projet vise en la mise en oeuvre d'actions de sauvegarde et de valorisation de documents anciens, au vu des énormes gisements documentaires conservés dans des conditions très difficiles par l'Institut Fondamental d'Afrique Noire (IFAN) et les Archives nationales, structures anciennement à vocation sous-régionale. La création d'un centre de conservation, de diffusion et de consultation, avec l'utilisation des nouvelles technologies offertes à l'heure actuelle, permettrait aux universitaires et aux chercheurs sénégalais et des pays de l'ex-AOF, un accès plus facile à une partie de leur patrimoine qui leur est commun. Les technologies optiques (vidéodisque,
disque optique numérique...) ont ouvert la voie au développement de supports
informatiques de grande capacité de stockage et de durée de vie supérieures. Ainsi,
face aux besoins actuels d'archivage et de conservation de masse, à la lenteur d'accès
des moyens actuels et au mauvais vieillissement des supports papier; des solutions
nouvelles d'archivages intégrant l'informatique, la numérisation ainsi que le support
disque optique numérique se sont développées. Ces nouvelles technologies alliées au
développement des réseaux de télécommunications présagent de perspectives
prometteuses. L'expérience pilote de la scannérisation de l'Etat-civil a donné des
résultats probants qui ont dépassé les espérances attendues. 5.2.2. Projets de coopération internationale 5.2.2.1. Le RINAF Le Réseau d'Echanges d'Informations entre Institutions en Afrique (RINAF) est un projet destiné à assister les pays africains dans leur volonté de transcender les obstacles existants dans la circulation des informations à caractère scientifique, technique, économique et culturel. C'est un projet de communication inter-ordinateur dont l'objectif est d'offrir aux pays Africains un véhicule de circulation des informations à caractère scientifique, technique, économique et culturel, afin de favoriser un courant d'échanges entre institutions universitaires, instituts de recherche ou tout autre organisme chargé de l'information scientifique et technique. Dans l'approche retenue pour sa mise en oeuvre, une priorité est accordée au renforcement des réseaux de données existants, par la mise en oeuvre d'interfaces de communication. Dans sa mise en oeuvre, la topologie retenue repose sur des noeuds régionaux et nationaux choisis parmi les institutions universitaires, instituts de recherche et organismes chargés de l'information scientifique, technique ou économique. La sélection de sites prend en compte la diversité des régions géographiques et repose essentiellement sur les potentialités humaines et techniques de chaque site. Les institutions nationales académiques de formation et de recherche d'un pays seront regroupés au sein d'un noeud national. Les noeuds nationaux ainsi constitués seront regroupés pour former le noeud régional. la démarche constitutive porte sur le découpage de l'Afrique en cinq (5) régions composées de noeuds nationaux selon la répartition suivante: ³ ³ ³ ³ ³ ³ ³ Nord ³ Ouest ³ Centre ³ Est ³ Sud ³ ³ ³ ³ ³ ³ ³ ³Algérie ³ Sénégal ³ Nigéria ³ Kenya ³ Zimbabwé³ ³Maroc ³ Gambie ³ Benin ³ Djibouti ³ Namibie ³ ³Tunisie ³ Guinée Bis.³ Tchad ³ Ethiopie ³ Zambie ³ ³Mauritanie³ Guinée Cnk.³ Cameroun ³ Somalie ³ Malawi ³ ³Egypte ³ Libéria ³ Centre Af.³ Ouganda ³ Angola ³ ³Libye ³ Côte d'Ivo.³ Guinée Eq.³ Rwanda ³ Swazilan³ ³Soudan ³ Burkina F. ³ Sao Tome P³ Burundi ³ Lesotho ³ ³ ³ Mali ³ Gabon ³ Tanzanie ³ Botswana³ ³ ³ Cap-Vert ³ Congo ³ ³Mozambique³ ³ ³ Niger ³ Zaïre ³ Madagascar ³ ³ ³ ³ ³ Togo ³ Comores ³ ³ ³ ³ ³ Ghana ³ Seychelles ³ ³ ³ ³ ³ Sierra Léo³ Maurice ³ ³ ³ ³ ³ ³ ³ ³ NB: Le Sénégal abrite le noeud
régional pour l'Afrique de l'ouest 5.2.2.2. Le SITTDEC Le SITTDEC, Centre d'échange de données informatisées en matière d'investissement, de commerce et de technologie est un outil de promotion économique entre pays du Sud. Les principaux objectifs poursuivis sont les suivants: - fournir une base de données en matière d'information et des services d'information sur l'environnement économique, les marchés, les produits, les résultats de recherche, les ressources essentielles, les organisations et autres données nécessaires à l'investissement, au commerce et à la technologie dans les pays membres du G15; - fournir un accès négocié aux services des bases de données appropriées des organisations gouvernementales ou non-gouvernementales des autres pays; - promouvoir l'exploitation et l'utilisation d'un système d'information pour les échanges, entre pays membres du SITTDEC, en matière d'investissement, de commerce et de technologie grâce à la fourniture d'une assistance technique, de moyen de formation et de services consultatifs et promotionnels sur l'utilisation des système informatiques du SITTDEC; - conduire des programmes d'échanges d'expériences dans le domaine de l'utilisation des systèmes d'informations au profit de l'investissement, du commerce et de la technologie grâce à l'organisation d'ateliers et de séminaires dans les pays membres du SITTDEC; - fournir des services d'expertise conseil aux pays membres de SITTDEC, en coopération avec les correspondants nationaux qui sont les organisations désignées par les Gouvernements de chaque pays membre du SITTDEC et chargées de collecter, de diffuser les informations relatives à l'investissement, au commerce et à la technologie. La topologie retenue repose sur un vaste réseau d'information dont le site central est basé à Kuala Lumpur en Malaisie et qui sera relié aux points focaux nationaux constitués par les pays membres du G15. |