L’Afrique n’adoptera pas sans discussion un nouvel accord sur le changement climatique, prévient Meles Zenawi, chef de file des négociateurs africains
CEA, Communiqué de presse No. 40/2009
Addis-Abeba, 3 septembre 2009-CEA- « Les pays africains ne soutiendraient pas aveuglément un nouvel accord sur le changement climatique qui ne prendrait pas en compte, les intérêts spécifiques du continent », a déclaré aujourd’hui le Premier ministre éthiopien, M. Meles Zenawi , qui dirigera l’équipe des négociateurs africains lors de la 15e Conférence des parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques prévue en décembre à Copenhague. M. Meles Zenawi a été récemment désigné coordinateur du Comité des chefs d'Etat et de gouvernement africains sur le changement climatique.
Dans un discours d’orientation générale prononcé à l’ouverture de la session spéciale du Forum pour le partenariat avec l’Afrique que la Commission économique pour l’Afrique (CEA) accueille, le Premier ministre éthioipien a indiqué que les négociateurs africains sont largement ouverts au dialogue pour atteindre les objectifs que le continent s’est fixés ; toutefois ils n’entérineront aucun accord avec les grandes puissances tant qu’il n’apparaitrait pas pour le continent comme la meilleure offre du moment.
Nous allons utiliser notre poids numérique pour dépouiller de toute légitimité tout accord qui ne serait pas conforme à nos revendications minimales, a prévenu M. Zenawi. « Si cela est nécessaire, nous sommes prêts à pratiquer la politique de la chaise vide pour toute négociation qui s’apparenterait à un nouveau viol de notre continent » a-t-il poursuivi.
M. Meles Zenawi a en outre souligné que la principale préoccupation de l’Afrique n’est pas de réclamer des compensations pour le changement climatique et ses dégâts, mais de les prévenir avant tout car l’écosystème africain est des plus fragiles et il est très vulnérable même aux faibles variations des températures.
L’Afrique n’a pas d’autre choix que de vivre avec les niveaux inéluctables du réchauffement climatique actuel, cependant elle se battra pour obtenir des compensations et une assistance pour en atténuer les effets, a annoncé le Premier ministre éthiopien.
Ce que nous ne sommes pas en revanche disposés à admettre c’est le réchauffement de la planète au-dessus du seuil minimal acceptable, a-t-il insisté.
Le Premier ministre éthiopien a réaffirmé le rejet par l’Afrique de tout compromis international qui ne limiterait pas le réchauffement de la planète au niveau inéluctable, quel que soit le montant des compensations et de l’assistance promis en contrepartie.
Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la CEA M. Abdoulie Janneh, l’hôte de la session spéciale du Forum pour le partenariat avec l’Afrique, a pour sa part souligné que l’envergure des dégâts causés à l’Afrique par le changement climatique oblige l’Afrique a cherché des partenaires en vue de répondre vigoureusement à ce défi.
L’objectif de la rencontre est donc a-t-il précisé , de former bien avant l’ouverture des négociations à Copenhague, une coalition autour des principales préoccupations et des attentes de l’Afrique. Elle fait partie, a poursuivi M. Janneh, du processus de préparation de l’Afrique qui tient compte des décisions des chefs d’Etat et de gouvernement africains et des résolutions de la Conférence ministérielle africaine de l’environnement.
Pour M. Janneh, les principales préoccupations de l’Afrique ont trait aux efforts d’adaptation, à l’atténuation des effets du changement climatique, au développement et au transfert de technologie, au renforcement des capacités et au financement ; les conclusions de Copenhague doivent donc être basées sur une vision partagée unissant tous les pays dans
l’élaboration d’un nouveau régime du changement climatique, juste, équitable et inclusif qui reconnait la nécessité d’un partenariat efficace pour relever le défi du changement climatique.
Le Forum pour le partenariat a été mis en place en 2003 pour élargir le dialogue de haut niveau entre le G8 et le NEPAD aux principaux partenaires en développement bilatéraux et multilatéraux de l’Afrique. Son objectif est de renforcer les partenariats en faveur du développement du continent.
La session spéciale du Forum pour le partenariat avec l’Afrique dure une journée. Y participent plus d’une centaine d’experts et de parties prenantes dont: les ministres de
l’environnement de la Sierra Leone, de la République du Congo, de l’Ouganda, du Burkina Faso, du Rwanda, du Cameroun, du Soudan, du Kenya, du Mozambique, du Nigéria et de
l’Algérie. Les partenaires en développpement tels que le Royaume Uni, le Portugal, la France, le Canada, l'Italie, les Etats Unis, le Danemark, l'Allemagne, la Féderation de Russie et la Norvège participent également aux travaux.
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