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OMC
à Hong Kong : Un consensus du bout des lèvres!
Hakim
Ben Hammouda
Que
retenir de la réunion Ministérielle de l'OMC qui s'est
déroulée à Hong Kong du 13 au 18 décembre
dernier? Certes, la réunion ne s'est pas soldée par
un nouvel échec comme à Cancun en 2003 ou à
Seattle en 1999 dans la mesure où les différents ministres
du commerce présents ont pu adopter un texte commun. Mais,
un dénouement au goût amer ! Pour s'en convaincre,
on peut se fier aux déclarations de quelques ministres et
non des moindres ! A la fin de la réunion. Peter Mandelson,
le Commissaire européen au Commerce, a indiqué dans
sa déclaration que les « résultats ne sont
pas suffisants pour parler d'un succès. Mais, c'est assez
pour sauver la réunion de l'échec » !
De son côté, Celso Amorim, le Ministre brésilien
des affaires Etrangères et porte-parole du Groupe des 20
qui regroupe les grands pays en développement, a souligné
que « le document final est modeste mais pas insignifiant » !
Pourquoi
ce sentiment d'inachevé et d'insatisfaction à la fin
de la Conférence de l'OMC, particulièrement de la
part des pays en développement ? En d'autres termes,
l'accord auquel les participants sont parvenus à l'arrachée
répond-il aux préoccupations de ces pays ? Rappelons
que les revendications et les exigences des pays en développement
depuis quelques années pour une globalisation plus équilibrée
ont été à l'origine du lancement du Doha Round
qui devait équilibrer le système commercial multilatéral.
Or, depuis le lancement de ce Cycle en 2001, un important décalage
s'est instauré entre les engagements des pays développés
et leurs propositions concrètes dans les négociations.
Ce décalage a été à l'origine de l'échec
de la Conférence de Cancun et d'une forte contestation de
l'OMC de la part de la société civile et des mouvements
alter mondialistes.
La
réunion de Hong Kong venait après l'échec de
Cancun et l'accord auquel sont parvenus les pays de l'OMC en juillet
2004 à Genève afin de proposer les modalités
et le cadre de la négociation. Il s'agissait par conséquent
d'une réunion importante pour les pays en développement
dans la mesure où elle leur permettait de s'assurer de l'engagement
des pays développés afin de transformer leurs engagements
en modalités concrètes de négociation. Et de
ce point de vue, la Conférence de Hong Kong a connu des progrès.
Dans le dossier symbolique du coton et o combien vital pour les
pays africains, les Etats-Unis se sont engagés à mettre
fin à leurs subventions aux exportations à la fin
de cette année et à ouvrir leur marché pour
les pays les moins avancés. Par ailleurs, l'Union européenne
s'est engagée à en finir avec leurs subventions dans
les exportations agricoles en 2013.
Mais,
de l'avis de tous ces progrès en faveur du développement
ont eu un coût faramineux ! En effet, en contrepartie
de ces concessions de la part des pays développés,
les pays en développement vont payer un prix fort !
Que l'on juge ! Leurs marchés des produits industriels
seront ouverts face à la concurrence internationale de manière
plus intense. De même pour le secteur des services où
la libéralisation devrait toucher les secteurs où
les pays développés exercent un monopole mondial comme
les banques, les assurances ou le commerce alors que la libre circulation
de la main d'œuvre est renvoyée aux calendes grecques.
Pareil pour les pays les moins avancés qui espéraient
que la réunion Ministérielle de Hong Kong allait leur
accorder un libre accès aux marchés des pays développés.
Or, les Etats-Unis ont limité cette ouverture à 97
% des produits de manière à faire face à la
concurrence de certains d'entre eux, comme le Bangladesh, dans certains
secteurs, comme celui du textile.
C'est
là que se situent l'amertume et la mélancolie !
Un prix fort pour des concessions limitées ! Certes,
les discussions doivent se poursuivre à Genève pour
finaliser ce cycle de négociation. Mais, ces négociations
se doivent de corriger les déséquilibres qui ne cessent
de grandir et risquent de vider ce cycle de son engagement en faveur
du développement.
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