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ADF IV
 

PRESENTATION de l’INDEX AFRICAIN DE DEVELOPPEMENT ET DES INEGALITES ENTRE LES SEXES EN AFRIQUE (IDISA)

Joséphine OuedraogoPar : Joséphine Ouedraogo
Représentante de la CEA et Directrice du Centre africain pour le genre et le développement

Tuesday 12 October 2004

Excellences,
Mesdames et Messieurs

1- Pourquoi un nouvel Index sur l’Egalité entre les sexes ?

Comme vous le savez, depuis la tenue de la Première Conférence mondiale sur les femmes à Mexico en 1975, les Commissions régionales des Nations Unies ont eu pour mandat de coordonner, appuyer, suivre, évaluer et rendre compte de la mise en œuvre des Plate-formes d’action internationales sur la promotion des femmes.

Depuis lors, le continent africain, sous l’égide de la CEA, organise tous les 5 ans les bilans périodiques des progrès réalisés dans la mise en œuvre de ces plate-formes par les gouvernements. Ces bilans se font à travers les conférences régionales africaines sur les femmes dont la 7ème ouvrira ses travaux cet après-midi pour la revue de la décennie de la Plate-forme d’action de Beijing.

Ces bilans périodiques ont toujours été faits sur la base de rapports d’auto-évaluation préparés par les gouvernements et complétés par les organisations non gouvernementales et les institutions sous-régionales et régionales.

Ces bilans sont généralement dominés par le souci de démontrer à tout prix que d’importants efforts ont été consentis pour la mise en œuvre des plates-formes, que des initiatives remarquables ont été réalisées dans tel ou tel domaine, et que des progrès notoires ont été enregistrés dans le statut des femmes.

Cependant aucune étude d’impact des politiques gouvernementales sur la promotion des femmes n’a jamais été réalisée à l’échelle du continent, ce qui aurait permis par la même occasion d’évaluer la pertinence et l’efficacité de stratégies gouvernementales et de celles des autres structures.

Nos bilans périodiques nous permettent bien entendu d’apprécier par des indicateurs quantitatifs les changements positifs qui se sont opérés dans certains secteurs comme l’éducation, la santé, l’accès aux ressources, l’échelle de participation aux organes de décision et la promotion des droits des femmes par exemple.
Mais il nous était impossible jusqu’alors, d’apprécier ces changements de manière différenciée entre les femmes et les hommes.
Je prends un exemple : si dans le meilleur des cas, nous remarquions un bond en avant, disons dans la distribution de micro-crédits aux femmes, cette information ne nous permettait pas de mesurer le progrès en terme de réduction de l’écart entre les hommes et les femmes quant à la distribution des salaires, l’octroi des crédits bancaires et d’autres revenus financiers.

A cette frustration s’ajoutait une certaine lassitude à l’égard de la production périodique de rapports sur la mise en œuvre d’une multitude de Conventions, Textes, Plate-formes et Plan d’actions, qu’il faut soumettre aux différentes agences-mères. La plupart du temps ces rapports ne sont pas publiés au niveau national.
Alors, l’Afrique doit-elle constamment rendre compte aux autres et non pas à elle-même en tout premier lieu, et selon ses propres exigences ses progrès standards ?
Celle situation a fini par imposer le besoin et la nécessité de développer un instrument commun d’évaluation à l’échelle du continent.

Nous avons donc imaginé un instrument qui devrait nous permettre de mesurer dans chaque pays les écarts entre les hommes et les femmes dans tous les domaines qui nous semblent prioritaires parce qu’ils sont stratégiques. L’Index est donc un recueil d’indicateurs qui permettent de mesurer les écarts en terme de capacités, d’opportunités et de pouvoir de changer les choses.

Le nouvel Index a été conçu pour répondre à plusieurs exigences du moment, à savoir :

(i) Mesurer les inégalités basées sur le sexe d’une part, et en même temps l’effort gouvernemental pour la promotion de la femme ; l’Index devait permettre de faire la corrélation entre les deux.

(ii) Nous voulions un Index spécifique à l’Afrique: bien qu’il s’inspire d’autres instruments, nous avons choisi les indicateurs qui nous semblent adaptées à nos préoccupations au niveau du continent. Nous y avons inclu des textes et des engagements politiques pris par l’ensemble des états africains. Au niveau africain par exemple : le NEPAD, le Protocole à la Charte africaine des Droits de l’hommes et des peuples, la Déclaration d’Abuja sur le VIH/SIDA ; et nous y ajouterons bientôt la toute dernière Déclaration des Chefs d’Etat sur l’Égalité entre les hommes et les femmes.

(iii) Nous voulions ainsi un Index qui s’appuie sur des données statistiques désagrégées par sexe, disponibles dans les états et produits par les états eux-mêmes.

(iv) Enfin, nous voulions un Index dont les analyses et le calcul seraient à la portée des compétences nationales. Contrairement aux autres Instruments, l’IDISA, s’appuie sur des données de première main, d’accès facile. Il contribue ainsi à la démocratisation des statistiques.

(v) L’objectif de l’IDISA n’est pas de classer les pays, mais plutôt d’offrir une plate-forme commune d’apprécier des progrès réels sur le terrain, en tenant compte du contexte social, économique, politique et historique de chaque pays.

2- Méthodologie

Le développement de l’IDISA s’est opéré sur 3 ans, de 2001 à 2004 et en plusieurs étapes :

a) La définition du cadre théorique, à partir d’une évaluation des Index existants, et une revue des Conventions et autres textes internationaux et africains. L’IDISA s’inspire largement de l’Indicateur sexo-spécifique du développement humain et de la mesure d’habilitation des femmes du PNUD.

b) La mise sur pied d’un mécanisme d’appui technique et de contrôle de qualité, interne et externe : à l’intérieur de la CEA, nous avons crée un groupe de travail impliquant les autres divisions de la CEA. A l’extérieur, nous avons mis en place un Conseil Consultatif Régional composé des représentants de 12 pays africains, et des représentants des agences des Nations-Unies. Nous avons également impliqué les états à travers des conseils consultatifs nationaux pour coordonner le test de l’Index dans 12 pays pilotes.

c) Ce test était une étape cruciale parce qu’il devait démontrer l’existence et l’accessibilité des données désagrégées par sexe et des informations dans chacun des domaines. Le test devait également démontrer la fiabilité de ces données, et enfin confirmer l’utilité de l’Index à travers les réactions des services publics et des ONGs membres des conseils consultatifs nationaux. Les 12 pays pilotes sont : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, l’Égypte, le Ghana, l’Afrique du Sud, le Mozambique, Madagascar, l’Ouganda, la Tunisie et la Tanzanie. Ces conseils consultatifs nationaux composés des ministères sectoriels et de représentation d’ONG, et présidés par les ministres chargés de la Promotion des femmes avaient aussi pou objectif de susciter une appropriation de l’Index par les pays eux mêmes .

d) La plupart des institutions de recherche qui ont réalisé les tests de l’Index dans les pays, ont été sélectionnées sur une base compétitive.

e) Après une première analyse par les institutions de recherche, le calcul de l’index a été fait par la CEA et approuvé par ces mêmes institutions de recherche. Aujourd’hui, nous voulons vous présenter l’instrument lui-même afin d’obtenir votre aval à travers vos observations. Les résultats des testes dans les 12 pays seront publiés en mars 2005.


3- Les résultats et leur utilité

Les résultats de l’Index révèlent des situations éloquentes. Ils seront mis à la disposition des gouvernements qui pourraient ainsi en faire usage pour réajuster leurs priorités et être en meilleure position pour négocier les appuis de la part des partenaires. C’est en cela que l’IDISA est un instrument d’appui à la bonne gouvernance.

Les résultats de l’Index pourront enrichir le plaidoyer des parlementaires et leur suivi de la mise en œuvre des lois et des politiques gouvernementales.

Les résultats de l’Index vont révéler aussi les lacunes au niveau des statistiques nationales et en susciter l’amélioration.

Enfin, nous pourrons nous en servir comme cadre unique d’évaluation du statut de la femme à l’échelle du continent africain. La CEA en fera dorénavant la principale matière de son Rapport sur les Femmes africaines qui vient compléter chaque année le Rapport Economique sur l’Afrique et le Rapport sur la Gouvernance.
Ce matin, nous voulons vous familiariser avec l’IDISA, à travers une présentation exhaustive de sa structure et de ses composantes par ma collègue Thokozile Ruzvidzo qui a été la Coordinatrice du projet. Elle s’inspirera des résultats préliminaires du test réalisé dans l’un des 12 pays pour faire mieux comprendre l’importance et la portée de cet instrument.

Pour accomplir ce travail, nous avons bénéficié du concours Mme Saksia Wieringa et M. Jacques Charmes, deux experts internationaux de haut niveau.

Merci de votre intérêt.

 

 

The persistent burden of poverty

Unequal access to education

Unequal access to healthcare

Violence

Armed conflicts

Inequality in economic structures

Inequality in the sharing of power

Insufficient mechanisms

Human rights violation

Stereotyping in the media

Environment

The girl-child
 
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