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ADF IV
 

Forum des ONGs féminines africaines
6-7 octobre 2004
Addis Abeba, Ethiopie

Discours d’ouverture de Mme Joséphine Ouedraogo
Représentante de la Commission économique pour l’Afrique et Directeur du Centre africain pour le genre et le développement

Madame la Représentante de la Ministre d’Etat chargée de la promotion de la Femme, au bureau du Premier ministre de la République Fédérale démocratique d’Ethiopie,
Madame la Présidente du Comité d’Organisation du Forum des ONGs féminines sur Beijing + 10,
Mesdames et messieurs les membres du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations bilatérales et multilatérales,

Chères amis et collègues,
Je voudrais tout d’abord, au Nom de Monsieur K Y Amoako, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, vous souhaiter la bienvenue à Addis Abeba et au Centre de conférences des nations-Unies.

C’est avec une grande émotion que j’assiste à l’ouverture de ce Forum tant souhaité, tant attendu, et qui a été décidé et organisé dans des délais hors normes.

La tenue effective de ce forum tient de la détermination des femmes africaines à se rencontrer des qu’une occasion leur est offerte. Elle tient également de l’exploit que seule peut inspirer la solidarité féminine et panafricaine.

C’est pourquoi je voudrais commencer mon discours en félicitant les membres du Comité d’organisation de ce Forum, à travers sa Coordinatrice, Mme Gladys Mutukwa. Leur ténacité et leur professionnalisme ont permis que nous soyons réunies aujourd’hui en cette circonstance combien importante.

Depuis l’année passée, le continent africain est entré dans le processus de l’évaluation décennale de la mise en oeuvre des Plate-formes d’action de Dakar et de Beijing.
Cet examen placé sous la responsabilité de la CEA entre dans sa phase finale avec la tenue de la 7ème Conférence régionale africaine sur les femmes dont le Forum des ONG féminines, aujourd’hui, est l’une des principales composantes.

Déjà au niveau national et sous-régional, la participation des ONGs à l’exercice d’évaluation a été remarquable, selon qu’il s’agisse des pays ou des sous-régions. La leçon que nous en tirons, c’est qu’il y’a nécessité de renforcer les mécanismes de concertation entre les ONGs à tous les niveaux, et de les créer là où ces mécanismes font encore défaut. En effet, nous avons bien senti ce vide en Afrique du Nord et en Afrique Centrale.

Au vu des premiers résultats des bilans enregistrés par la CEA, lesquels bilans seront rendus publics, non seulement durant ce Forum, mais aussi tout au long de la réunion d’experts et de la Conférence ministérielle, nous pouvons d’ores et déjà nous réjouir des progrès suivants :

- La reconnaissance de plus en plus large de l’importance des droits humains et des droits fondamentaux des femmes;
- La reconnaissance aussi de l’urgence de faire du respect effectif de ces droits un indicateur de développement ;
- L’amélioration de la représentation des femmes dans le législatif, exemple récent du Rwanda ou les femmes occupent 48.8% des sièges ;
- L’engagement politique réaffirmé par les chefs d’état africains et les chefs d’institutions panafricaines en faveur de l’égalité entre les sexes: j’en veux pour preuve toute récente, la Déclaration faite par les Chefs d’état a la dernière session ordinaire de la Conférence de l’Union Africaine en juillet 2004 ;
- L’inscription massive des filles à l’enseignement primaire ;
- L’élection tant applaudie des 5 Commissaires femmes à la tête de la Commission de l’Union africaine, et ce, dans la même proportion que leurs collègues hommes ; ainsi que l’élection de Mme Gertrude Mongella à la tête du Parlement Panafricain.

Maintenant, notre souci est le suivant: Comment maintenir ces acquis et comment leur donner un effet multiplicateur?

Une autre question importante: Comment faire pour que l’accès des femmes aux organes décisionnels impulse des changements positifs dans les autres sphères de la gouvernance et du développement ?

Comment s’assurer que dans dix ans, au moment de faire les bilans une fois de plus, nous n’aurons pas à déplorer la pauvreté galopante, les centaines de milliers de victimes du VIH/SIDA, le taux toujours inacceptable de la mortalité maternelle, la recrudescence de la violence domestique contre les femmes et le trafic des fillettes, pour ne citer que ces problèmes-la?

Pour notre part, nous pensons que l’esprit qui doit inspirer les travaux de Beijing + 10 doit aussi se traduire par le renforcement de la responsabilité individuelle et collective a l’égard de l’amélioration du statut actuel des femmes et des fillettes en Afrique.

Pour impulser cette responsabilité collective, nous devrions pouvoir dépasser les bilans empiriques, spontanés, ainsi que les auto-évaluations complaisantes; et donner la possibilité à l’ensemble des acteurs et des décideurs publics de développer une base commune pour apprécier de manière objective les efforts déployés en vue d’améliorer la situation des femmes comparée à celle des hommes.

Mesdames et Messieurs,

C’est dans cet esprit que la Commission économique pour l’Afrique- à travers son Centre africain pour le genre et le développement- a mis au point l’Indice de Développement et des Inégalités entre les Sexes en Afrique (African Gender and Development Index) .

Cet Indice vient de prouver son efficacité et sa pertinence à travers les résultats du test dont il a fait l’objet dans 12 pays africains.

Cet Indice, dont la conception et la finalisation ont été suivies, appréciées et approuvées par un Conseil Consultatif Régional, est en fait un instrument qui servira à mesurer les écarts entre les hommes et les femmes dans les domaines social, économique et politique, sur la base de données qui sont disponibles dans chacun des pays, désagrégées par sexe et validées par les services nationaux.

Ce nouvel Indice comprend également un Tableau de Bord servant à évaluer le niveau réel de l’engagement du gouvernement à mettre en oeuvre les conventions, plate-formes et textes internationaux et africains portant sur la promotion des femmes.
D’ores et déjà, l’on constate que les premiers résultats des analyses et du calcul de l’Indice dans les 12 pays pilotes, sont éloquents et ne peuvent nous laisser indifférents.

Pour les divers gouvernements, les résultats du calcul de l’Indice des Inégalités entre les Sexes sur la base de leurs propres données statistiques nationales, renvoient à l’opinion publique et à la conscience politique la condition des femmes et des filles par rapport à celle des hommes et des garçons.

Pour les organisations de la société civile et les parlementaires désireux d’interpeller les dirigeants sur la pertinence des politiques nationales, les résultats du calcul de cet Indice ne peuvent que renforcer leur plaidoyer en faveur d’une action stratégique plus adéquate.

J’ai le plaisir de vous annoncer que l’Indice du Développement et des Inégalités entre les Sexes en Afrique (African Gender and Development Index) sera lancé le 12 octobre, lors d’une séance plénière du Quatrième Forum sur le Développement de l’Afrique.

Mesdames et Messieurs,

Avant de terminer, je voudrais insister sur la nécessité d’impliquer dorénavant toutes les organisations non gouvernementales, qu’elles soient féminines, mixtes ou masculines dans toute réunion technique portant sur la promotion des femmes ou les questions de genre.

La tenue conjointe du 4ème Forum sur le Développement de l’Afrique et la 7ème Conférence régionale Africaine sur les femmes, est en cela une première tentative, certes ardue et contraignante, visant à créer un temps et un espace communs d’échange entre des publics et des évènements qui, habituellement, n’ont pas l’occasion de se croiser.

Cette initiative, je l’avoue, est l’une des causes des difficultés que bon nombre d’entre vous ont du subir dés leur arrivée. Veuillez nous en excuser.

Quant à vos travaux, nous nous sommes assurés que les résultats qui en découleront, seront portés à l’attention de la Conférence des Ministres sur Beijing + 10 lors de sa séance plénière du 13 octobre.
Nous nous sommes assurés également que ces résultats seront portés a l’attention du Forum des Chefs d’état qui va clôturer le Quatrième Forum sur le Développement de l’Afrique.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais ajouter que la CEA est à vos côtes pour apporter tout l’appui nécessaire.

Je souhaite plein succès à vos travaux et vous remercie de votre aimable attention.


 

 

The persistent burden of poverty

Unequal access to education

Unequal access to healthcare

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Inequality in economic structures

Inequality in the sharing of power

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