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Al Watan No 849 (1-7 octobre 2004)

Dix ans après la Conférence de Beijing sur les femmes
Quel bilan pour les femmes comoriennes ?

La septième conférence régionale sur les femmes se tiendra du 6 au 14 octobre 2004 à Addis-Abeba. C’est une occasion pour passer en revue et évaluer les progrès mis en œuvre tout au long des dix dernières années dans la mise en œuvre de la plate forme d’action de Beijing (Beijing+10). Aux Comores, bien que les mécanismes d’intégration de l’approche genre ne soient pas encore intégrés au niveau des plans d’action gouvernementaux, on peut noter quelques performances dans certains secteurs.

D’une façon générale, ce processus d’évaluation portera sur les centres d’intérêts définis au cours des différentes réunions sous-régionales d’experts qui ont eu lieu respectivement à Abuja (Nigeria), à Tanger (Maroc), à Brazzaville (Congo), à Lusaka (Zambie) et à Kigali (Rwanda).

Au niveau des nations, il est demandé aux gouvernements de faire leurs rapports d’évaluation nationale. Ces rapports doivent tenir compte également de la contribution de la société civile et de ses préoccupations quant à la mise en œuvre de la plate-forme.

Avant la tenue de la session ministérielle, un forum pour le développement de l’Afrique sera organisé et portera, entre autres, sur la réduction des disparités en genre dans les stratégies de réduction de la pauvreté, le renforcement du pouvoir économique des femmes, l’intégration de l’approche genre dans le budget national, la dimension genre du NEPAD, le rôle de la magistrature dans la promotion et le respect des droits des femmes et les mécanismes institutionnels pour l’intégration effective de la perspective genre dans les politiques et programmes nationaux.

Pas de ségrégation au niveau des textes de loi
Aux Comores, en matière du respect genre, on peut se féliciter qu’aucun texte législatif ou autre ne manifeste aucune différence ou marginalisation de la femme. Cependant, dans les faits on peut remarquer que les femmes sont de plus en plus mis à l’écart.

Sur le plan social, il est vrai que la femme, depuis sa naissance, a droit à beaucoup d’égards par rapport à son frère. Elle se trouve au sommet de toutes les préoccupations de ses parents et d’une façon plus générale de sa lignée (grands pères paternels et maternels, oncles, tantes, etc….) . Dès sa naissance on commence déjà à réfléchir sur les moyens de pouvoir acquérir des financements pour sa propre maison surtout si elle est l’aînée de la famille. Tous les membres de la famille (au sens élargi) réfléchissent déjà sur le futur époux afin de pouvoir déclencher le processus des festivités, étant donné que les étapes pour la célébration d’un grand mariage peut s’étaler jusqu’à plus d’une décennie).

En fait, tout cela se fait non pas pour l’intérêt propre de la fille mais pour des valeurs socio-coutumières . On s’en fout de ses sentiments ou de ses intentions. On se sert d’elle comme tremplin afin que les unes et les autres accèdent à des hiérarchies sociales et bien se positionner dans les organes de prise de décisions communautaires.

Les femmes excellent dans le commerce et l’entreprenariat
Sur le plan économique, les femmes se débrouillent pas mal ces dernières années. Elles ont envahi le monde du commerce et de l’entreprenariat. Elles vont et viennent, sans cesse, et de partout : Doubai, Maurice, Djeddah, Nairobi/Kenya, Dar-es-Salam/Tanzanie. On les trouve dans la préparation et la vente de la vanille, elles ont envahi les 2 marchés de la capitale. Elles sont les propriétaires de la presque totalité des magasins de la capitale. Cette situation se reflète au niveau des autres grandes agglomérations du pays.

Si on se met à analyser le phénomène, on se rend compte que l’avènement de la démocratie et la libéralisation des moyens de communication notamment les médias par le régime Djohar à jouer un rôle très déterminant. Les femmes ont fait un sursaut qui a amené le régime de l’époque à prendre en considération la dimension genre à son actif. C’est durant cette période qu’a été créé le Haut Commissariat à la Condition féminine. C’est également ce régime qui a, pour la première fois, nommer un ministre femme et qui a favoriser la présence des candidatures femmes aux législatives. Même si le résultat n’était pas à la hauteur des espoirs, une seule femme élue sur plus d’un dizaine, on peut se réjouir que Papa Djo, comme on l’appelait affectueusement, a posé les jalons pour l’accès des femmes aux instances de prise de décision.

L’épanouissement économique des femmes est aussi dû l’ouverture des mutuelles d’épargne et de crédit et des Sanduk (fonds) au sein des communautés. Ces institutions ont favorisé l’accès des femmes aux crédits avec des conditions très souples. Il faut donc saluer les initiateurs de ces deux projets à savoir le FIDA et la Coopération française.

Aucune femme dans les 4 exécutifs
Sur le plan exécutif et législatif, malheureusement, on peut constater que les femmes se trouvent toujours en arrière plan. Malgré les performances enregistrées au niveau de l’instruction universitaire, les femmes ont du mal à se hisser dans des positions de prise de décision. Ce n’est pas la technicité qui leur manque. Comme on sait, tout passe par l’adhésion à un parti politique et comme les premiers politiciens sont des hommes et des hommes misogynes, les femmes ne parviennent pas à se frayer un chemin. Elles sont victimes de leur complexe d’infériorité. Il n’est pas normal qu’au niveau des gouvernements des îles autonomes il n’y a aucune femme. Il en est de même pour le gouvernement de l’Union. Ce qui signifie que plus de 51% de la population n’est pas représenté au niveau de l’exécutif. On peut se consoler que le député Houmed Msaidié ait bien voulu céder la place à Mme Djoueriat Abdallah (sa suppléante) pour avoir une représentante au parlement national.

Quelques départements non misogynes
Tout n’est pas perdu. Il y a des services et des institutions non misogynes qui favorisent l’émergence des femmes à des postes de responsabilités et le respect de l’approche genre.

Au ministère de la justice également. En plus de Mme Binty Mmadi, la directrice des affaires judiciaires, Mme Nadhuma Youssouf est présidente du tribunal de première instance. On trouve également des femmes magistrats notamment Tasmine Sanai et Moulida Djoubeir, qui sont très célèbres du fait qu’elles acceptent de prendre en main l’instruction des personnalités présumées coupables de corruption ou de malversations financières. Il y a aussi au niveau du ministère, Mme Choura Abdallah qui dirige la Délégation générale des Droits de l’Homme. C’est une femme pleine d’audace et de persévérance.

Le Fonds d’Appui au Développement Communautaire respecte l’approche genre dans ses recrutements. Déjà sur trois directeurs régionaux, deux sont des femmes en l’occurrence Mme Dhoulkamal et Mme Rainati. L’approche genre est pris en compte aussi au niveau des recrutements des autres membres du personnel. Au Secrétariat Exécutif national (SEN, 6 des 13 employés sont des femmes ; au Secrétariat Exécutif Régional de la Grande-Comore (SER/NGZ) 6 des 12 employés 6 sont des femmes ; au Secrétariat Exécutif d’Anjouan (SER/ANJ) on compte 12 agents dont 4 femmes et au SER de Mohéli il y a 3 femmes sur 7 agents.

Le Commissariat de police vient d’innover ces dernières années. Il a ouvert ses portes à des candidatures féminines. Pour le dernier contingent recruté, on compte une vingtaines de filles.

Un Muftorat favorable à l’institution d’un code de la famille
A la Société Nationale des Postes et Télécommunications (SNPT) même si on ne peut parler de parité on peut tout de même se féliciter que les femmes ne souffrent d’aucun complexe de marginalisation et de discrimination. Elles bénéficient des mêmes promotions et avantages que leurs collègues masculins. A titre d’exemple, on peut citer la très talentueuse et efficace Mme Mariama Ahmed Abdou. C’est une technicienne chevronnée qui fait partie du trio à l’origine du boom technologique de la SNPT. A la Caisse de retraite, le respect de l’approche genre est bien suivi grâce aux efforts de Mme Abodo Mariama, un des rares responsables du département qui sait dire non lorsqu’il faut et qui ne se laisse pas fléchir par les directives des politiques.
Il faut saluer également les efforts déployés par le Muphtorat en vue de doter le pays d’un code de la famille. Il est vrai qu’il y a aucune dans le département mais sa contribution dans le processus d’élaboration du code de la famille n’est pas négligeable notamment les prises de position du Grand Mufti et de ses proches collaborateurs en l’occurrence MM. Rifki et Ahmed Ben Ahmed Safari. Et ceci malgré les flèches et les menaces des théologiens fanatiques. Espérons que les autres services suivront leurs traces et intègrent l’approche genre dans leur plan d’action.
tdjoumoi@yahoo.fr


 

The persistent burden of poverty

Unequal access to education

Unequal access to healthcare

Violence

Armed conflicts

Inequality in economic structures

Inequality in the sharing of power

Insufficient mechanisms

Human rights violation

Stereotyping in the media

Environment

The girl-child
 
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