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ADF IV
 

Résumé du rapport de synthèse

Examen décennal de la mise en œuvre de la Plateforme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing

6-14 octobre 2004
Addis-Abeba

Première partie : Introduction

En 1995, les États Membres de l'ONU se sont réunis à Beijing, pour relancer la dynamique née à Mexico 20 ans plus tôt, faire avancer la cause des femmes et mettre l'accent sur les liens indissociables entre l'égalité et l'habilitation des femmes d'une part, et le développement durable d'autre part. Dix ans après cette conférence historique au cours de laquelle a été adopté le Programme d'action de Beijing, l'Afrique se joint au reste du monde pour procéder à l'examen de la décennie. À ce titre, conformément au mandat qui lui a été assigné par l'Assemblée générale de l'ONU et sous l'égide du Comité « Femmes et développement », la CEA doit faciliter et coordonner l'examen de la mise en œuvre du Programme d'action. Il s'agit d'un processus à trois niveaux : (1) au niveau national, 45 pays ont établi leur rapport sur la base du questionnaire élaboré par la Division de la promotion de la femme du Secrétariat de l'ONU ; (2) le CAGED a organisé cinq réunions sous-régionales ainsi qu'il suit : Afrique de l'Est, du 2 au 4 juin 2004 à Kigali; Afrique centrale, du 19 au 21 avril 2004 à Brazzaville; Afrique du Nord, du 14 au 16 avril 2004 à Tanger (Maroc); Afrique australe, du 26 au 29 avril 2004 à Lusaka, et Afrique de l'Ouest, du 13 au 15 avril 2004 à Abuja et (3), au niveau régional, la présente conférence - Septième Conférence régionale africaine sur les femmes (Beijing+10) - concluera l'examen des résultats obtenus et des obstacles rencontrés dans la région. Pour terminer, les conclusions de cette Conférence seront, par l'intermédiaire de la Division de la promotion de la femme, présentées à la Commission de la condition de la femme. Concernant la mise en œuvre par l'Afrique du Programme d'action, 44 États Membres africains ont soumis leurs rapports nationaux au CAGED pour une synthèse des résultats obtenus et des difficultés rencontrées tout au long du processus. Le rapport de synthèse, dont est tiré le présent résumé, examine la mise en œuvre par les États membres des mesures relevant des 12 domaines prioritaires que comprend le Programme d'action de Beijing. L'une des principales conclusions du rapport fait état de ce que malgré les résultats obtenus les femmes africaines sont confrontées à des défis insurmontables dans la mesure où l'incidence élevée de la pauvreté parmi elles n'a pas réellement diminué depuis 1995. Les femmes africaines se battent encore pour avoir accès aux ressources productives clefs telles que l'éducation, l'emploi, les structures de prise de décisions, les TIC, etc.

Deuxième partie : Résumé des principales conclusions

Femmes et pauvreté

Selon la Banque mondiale, le nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar en Afrique subsaharienne est passé entre 1990 et 1998 de 47,7 à 48,1% de la population totale. En général, les familles dirigées par une femme souffrent plus gravement de l'incidence de la pauvreté que celles ayant un homme à leur tête. La féminisation de la pauvreté est confirmée par les enquêtes sur la pauvreté effectuées dans la plupart des pays lors de la préparation des Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Les femmes représentent ainsi 62,1% des pauvres au Rwanda, 52% au Burkina Faso, 73% au Niger et 64% au Mali. Néanmoins, certains pays ont adopté des DSRP axés sur l'égalité des sexes et l'habilitation des femmes. L'Algérie, l'Angola, l'Égypte, l'Érythrée, le Malawi et la République-Unie de Tanzanie disposent de DSRP conçus pour promouvoir la participation des femmes dans les sphères politique, économique et sociale par la discrimination positive. L'incorporation des préoccupations sexospécifiques dans les DSRP par les gouvernements s'est faite en partenariat avec les ONG et d'autres parties prenantes. Certains pays mettent au point des données ventilées par sexe, comme le prévoit le Programme d'action, pour essayer de réduire l'écart entre les sexes dans tous les domaines.

Éducation et formation

Bon nombre de rapports nationaux font ressortir que l'État a la responsabilité de fournir l'éducation primaire universelle (EPU) à tous et de réduire la différence entre les sexes en matière d'éducation. Quelques pays seulement (Malawi, Algérie, Djibouti, Maroc, Tunisie, Tanzanie, Botswana et Ouganda) ont indiqué qu'ils offraient l'EPU. Peu de pays ont fait état de l'augmentation des taux brut et net de scolarisation tant chez les garçons que chez les filles. En Éthiopie, les inscriptions totales ont augmenté de 107% ces cinq dernières années ; elles ont doublé en Érythrée entre 1991 et 2001, passant de 24,8 à 46% ; en République-Unie de Tanzanie, le taux net est passé de 79,3 à 86,7% entre 2002 et 2003 ; au Mali, de 42,3 à 64% entre 1996 et 2002 ; au Sénégal, de 59,7 à 71,6% entre 1996 et 2002 ; au Burundi, de 39% en 1996 à 67,3% en 2002 et en Mauritanie, de 45,5% en 1990 à 91,7% en 2003. L'Algérie et la Tunisie ont atteint presque 100% d'inscrits, garçons et filles réunis. D'un autre côté, les taux bruts et nets de scolarisation ont baissé dans un certain nombre de pays : c'est ainsi que le taux net a diminué de 12% entre 1990 et 2002 en Zambie, de 18,7 à 14,5% entre 2000 et 2002 au Libéria. Peu de pays ont atteint la parité entre filles et garçons ou réduit l'écart entre les sexes (Malawi, Afrique du Sud, Madagascar, Mozambique, Namibie). L'Algérie et la Tunisie ont réalisé presque 100% d'inscription pour les filles et les garçons.

Santé et développement

La plupart des pays ont fait état de l'amélioration de la fourniture des soins de santé, mais les statistiques montrent qu'en Afrique la situation générale de la santé est déplorable et se dégrade rapidement. Ainsi, l'espérance de vie chez les femmes africaines est faible et elle continue de baisser. En Afrique subsaharienne, la probabilité pour une femme de dépasser 65 ans se situe à 31,1% seulement. Les taux de mortalité maternelle sont beaucoup trop élevés. Par exemple, le risque de mourir pendant l'accouchement ou la grossesse est de 1 sur 13. Pour un certain nombre de pays (Érythrée, Éthiopie, Nigéria, Rwanda et Zambie), le niveau élevé de la mortalité liée à la grossesse, ajouté au VIH/sida et aux autres IST constitue un défi majeur. Des progrès remarquables ont été signalés en termes de diminution du taux de fécondité, grâce à une plus grande utilisation des contraceptifs et à l'augmentation de l'âge moyen du mariage. La mortalité juvénile et infantile a diminué dans certains pays. Toutefois, l'insécurité alimentaire, aggravée par le paludisme, et le VIH/sida ont des effets marqués sur la santé des enfants africains. Les rapports nationaux évoquent différentes stratégies pour réduire la fréquence des décès chez les nourrissons et les enfants, notamment la mise en place de services de santé maternelle et infantile intégrés, soutenus par des programmes de vaccination (Botswana, Érythrée, Malawi, Mali, Niger, Nigéria et Togo). Le VIH/sida atteint les femmes de manière disproportionnée dans la mesure où le pourcentage de la prévalence chez les adultes de sexe féminin ne cesse d'augmenter dans la plupart des pays. Même dans les pays où la prévalence générale chez les adultes est faible ou a baissé, la proportion de femmes est toujours en hausse. Le fardeau du VIH/sida sur les femmes est un grave problème en raison de son incidence sur la santé des femmes, sur leur capacité de s'occuper des enfants et des personnes âgées, ainsi que sur leur travail productif. Les stratégies de lutte contre cette pandémie comprennent l'intégration des questions d'égalité des sexes dans les programmes de VIH/sida et la création de conseils sur le sida (Afrique du Sud, Angola, Botswana, Burundi, Djibouti, Éthiopie, Lesotho, République-Unie de Tanzanie, Rwanda et Zambie). Les Seychelles, Djibouti et l'Angola fournissent la thérapie antirétrovirale pour la prévention de la transmission de la mère à l'enfant.

Violence à l'égard des femmes

La violence à l'égard des femmes et des fillettes ou violence sexiste comprend notamment les enlèvements en vue du mariage, les exécutions pour cause d'adultère, le viol, la maltraitance de la conjointe, le lévirat, les longues périodes d'isolement à la suite du décès du mari et les mariages précoces. En raison de l'augmentation de la pauvreté, de la rapidité des mutations sociales et de la prolifération des conflits, la violence sexiste se généralise progressivement. Le viol et d'autres formes de violence sont systématiquement utilisés comme armes de guerre contre les femmes et les fillettes dans les pays en guerre. Certains pays (Kenya, Zambie, Swaziland et Afrique du Sud) font état d'un nombre élevé de cas de violence familiale. D'autres ont pris des mesures, y compris l'application rigoureuse des lois en vigueur et l'implication des institutions traditionnelles dans la lutte contre toutes les formes de violence à motivation sexiste (Éthiopie, Maurice, Mozambique, Seychelles et Afrique du Sud). Des plans d'action nationaux ont été mis en place dans certains pays, des projets de lois votés dans d'autres, des structures de soutien et d'accueil pour femmes battues ont été créées (Botswana, Nigéria, Égypte et Zambie). En République centrafricaine, 45% des femmes sont victimes de violences physiques, particulièrement au foyer. Dans certaines zones rurales du Mali, l'on estime que le taux des mariages forcés parmi les filles atteint 80%, alors qu'aux Comores et dans plusieurs autres pays, ce phénomène est considéré comme l'une des principales causes d'abandon scolaire chez les filles.

Femmes et conflits armés

Les femmes et les enfants ont payé un tribut disproportionné aux multiples et longues guerres civiles qui ont ravagé le continent pendant des décennies, comme le montrent les statistiques du HCR selon lesquelles la grande majorité des réfugiés africains, soit 70 à 80%, est constituée de femmes et d'enfants. Dans les pays où la guerre civile a sévi (Angola, RDC, Burundi, Éthiopie, Érythrée, Côte d'Ivoire, Libéria, Sierra Léone, Soudan, etc.), les femmes ont été victimes de viols et d'autres formes de violence sexiste. La contribution des femmes à la mise en place de l'»Initiative du bassin de l'Union du fleuve Mano », de l' »Initiative des femmes des Grands lacs », du « Dialogue inter-congolais » et du « Comité des femmes africaines pour la paix et le développement » est un exemple frappant de l'implication des femmes dans le processus de paix. L'Initiative du fleuve Mano a reçu une distinction du Secrétaire général de l'ONU en 2003 pour son rôle dans la protection des droits humains. Au Rwanda, au Burundi, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo, les femmes ont activement participé au rétablissement de la paix. Au Rwanda, après le génocide, le Gouvernement a créé un fonds d'assistance aux survivants, parmi lesquels les femmes et les enfants sont majoritaires.

Femmes et économie

La contribution des femmes à l'économie a surtout concerné l'agriculture et le secteur informel où elles forment la majorité des travailleurs (70% au Mali, 70% au Nigéria, 60% en Angola et 58,1% au Burkina Faso). Dans ces secteurs, les femmes se retrouvent généralement au plus bas de l'échelle du secteur informel où elles disposent de petites plantations et de microentreprises. L'engorgement et les faibles salaires qui caractérisent le secteur informel laissent entendre que le travail des femmes ne conduit pas nécessairement au renforcement de leur pouvoir d'action. En ce moment, la part des femmes dans l'emploi dans le secteur informel est très faible (25% en Tunisie, 20% en Guinée, 23% au Burkina Faso, 29% au Kenya, 20% en Algérie et 21% au Mali) par rapport à celle des hommes et leurs salaires sont généralement inférieurs à ceux des hommes pour le même travail. La participation des femmes au secteur de la petite entreprise est entravée par le manque d'accès au crédit. Quelques pays ont amélioré l'accès des femmes au microcrédit, mais les montants ne sont pas suffisamment importants pour modifier la donne. La productivité et les revenus des femmes dans le secteur agricole en général et dans la sécurité alimentaire en particulier pâtissent énormément du manque d'accès direct à la terre. Néanmoins, les pays commencent à reconnaître qu'il existe un lien important entre l'augmentation de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire, et le droit à la propriété foncière pour les femmes, sans intermédiaires.

Femmes et prise de décisions

Les femmes sont sous-représentées à tous les niveaux des structures de prise de décisions en Afrique. Dans bon nombre de pays, très peu de progrès ont été effectués depuis 1995. Peu de pays ont voté des lois et mis en place des politiques et plans pour promouvoir la participation des femmes au processus décisionnel (Égypte, Éthiopie, Rwanda, Gambie, Lesotho, Libéria, Ouganda). En Érythrée par exemple, 50% des membres de la Commission constitutionnelle ayant pris part au processus de rédaction de la Constitution étaient des femmes, de même, au Swaziland, les femmes ont apporté des contributions à la rédaction de la Constitution. Au titre des efforts visant à transformer leur processus électoral, le Lesotho et l'Afrique du Sud ont nommé des femmes à la tête de leurs commissions électorales. Certains pays ont instauré des mesures de discrimination positive pour redresser les déséquilibres dans la prise de décisions (Érythrée, République-Unie de Tanzanie, Ouganda, Rwanda) et d'autres sont allés plus loin en étendant cette discrimination positive aux conseils provinciaux et locaux (Ouganda et Rwanda). Le nombre des femmes parlementaires a considérablement augmenté au Burkina Faso, au Rwanda, en Afrique du Sud et en Tunisie. Dans plusieurs pays, les femmes occupent les postes de Président et de Vice-Président de l'Assemblée nationale (Égypte, Afrique du Sud, Swaziland, Cameroun). La représentation moyenne des femmes au sein des parlements africains est estimée à 14% ; toutefois, ce chiffre masque des disparités considérables entre les pays africains. L'on note par exemple qu'alors que la plus forte représentation est enregistrée au Rwanda, soit 49%, et que le Mozambique et l'Afrique du Sud se situent à plus de 30%, le Niger ne compte que 1,2% de femmes parlementaires.

Mécanismes institutionnels chargés de favoriser la promotion de la femme

Les mécanismes chargés de l'égalité des sexes vont des comités et directions au sein des ministères à des départements ministériels à part entière. La plupart des pays signalent l'existence de coordonnateurs pour les questions d'égalité des sexes dans différents ministères et d'autres ont créé des directions chargées de la condition féminine dans les ministères de tutelle et disposent de coordonnateurs au niveau des districts (Éthiopie, Lesotho, Cameroun, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe). Dans certains pays (Afrique du Sud, Gabon, Zambie, Éthiopie, Égypte), les conseils/bureaux chargés de l'égalité des sexes relèvent du cabinet du Président de la République. La plupart des pays ont élaboré des politiques sur l'égalité des sexes (Botswana, Burundi, Éthiopie, Guinée, Namibie, Sénégal, Lesotho, Afrique du Sud, Rwanda, République-Unie de Tanzanie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe) ou ont mis en place des programmes sur des questions spécifiques relatives à l'égalité des sexes (Botswana, République centrafricaine, Gabon, Afrique du Sud et Tunisie, etc.) ; alors que d'autres disposent de conseils nationaux sur les femmes (Botswana, Égypte, Maurice, Mauritanie, Burundi, Mozambique, Afrique du Sud, Tunisie). Les coalitions d'ONG féminines jouent un rôle crucial dans beaucoup de pays pour compléter les ressources humaines et financières que le gouvernement affecte aux mécanismes chargés de l'égalité entre les sexes.

Droits des femmes

Les droits des femmes ont tiré avantage de l'adoption de la Convention sur l'élimination de toutes formes de discrimination à l'égard des femmes à tel point que les pratiques et croyances contraires à l'égalité n'échappent plus aux critiques. Mais l'application de la Convention a été lente et les militants de la cause des femmes sont déçus en raison des stratégies mises en place par les gouvernements pour se soustraire aux objectifs de la Convention. Une préoccupation majeure a trait au fait que les gouvernements continuent de proclamer leur engagement au principe des droits égaux pour les femmes, mais se comportent différemment dès qu'il s'agit de le mettre en pratique. Des pays ont institué diverses mesures pour tenter d'harmoniser leur législation nationale avec la Convention et ont par conséquent apporté les réformes nécessaires aux instruments juridiques et administratifs nationaux (Égypte, Gambie, Maurice et Tunisie) ; d'autres ont créé des comités nationaux pour la mise en œuvre et le suivi de la Convention (Gabon, Guinée, Rwanda). Tandis que la majorité des pays ont amendé les lois relatives aux droits des femmes (Botswana, Burkina Faso, Burundi, Togo et Tunisie), certains procèdent à la modification de leurs lois sur la nationalité afin de garantir l'égalité totale entre les sexes (Égypte, Éthiopie, Malawi). L'Érythrée et la Guinée ont traduit la Convention dans les langues locales et l'ont largement distribuée parmi les femmes.

Femmes et médias

En Afrique, les femmes ont un accès limité aux technologies de l'information et de la communication (TIC). Le Burkina Faso, le Mali, l'Ouganda et la République-Unie de Tanzanie ont adopté des politiques nationales en matière de TIC qui sont axées sur la promotion de la femme et des questions de genre. La pauvreté, le manque d'électricité et l'insuffisance des infrastructures en zones rurales constituent une entrave à la diffusion des TIC. Au Niger, les femmes utilisent les radios communautaires pour la promotion des questions relatives aux femmes : le Conseil supérieur de la communication de ce pays est présidé par une femme. En Guinée, le nombre de femmes travaillant dans les secteurs des TIC et des médias en général a doublé, passant à 39% pour les journalistes. En Tunisie, il existe sept titres de journaux féminins et 34,38% des personnes travaillant dans les médias sont des femmes. Au Togo, 51% des femmes ont accès à au moins un type d'instrument lié aux médias. En Mauritanie, 78% des femmes illettrées n'ont aucun accès aux médias. Au Mali, 34% des femmes n'ont accès à aucune forme de médias. L'on note dans les médias un langage sans nuance selon le sexe, des publicités sexistes et des idées reçues selon lesquelles la femme est un être subordonné et inférieur, ainsi que l'utilisation accrue de matériel pornographique impliquant des femmes.

Femmes et environnement

Action 21 et le Programme d'action de Beijing font une large place au rôle de la femme dans la préservation d'un environnement durable et stable, ce qui implique impérative la réduction de l'extrême pauvreté. En Afrique, les femmes assurent la majorité de la production alimentaire et passent une très grande partie de leur temps à ramasser du bois de chauffe et à transporter de l'eau recueillie dans des barrages, des fleuves et des étangs pour usage domestique, ce qui provoque des maladies d'origine hydrique. L'impact négatif de la dégradation de l'environnement sur les femmes est également abordé par les ONG, qui exigent une plus grande participation des femmes au processus de prise de décisions. De nombreux pays comme le Malawi, le Burkina Faso, le Libéria, le Mali, la Tunisie, le Togo, la République-Unie de Tanzanie et l'Éthiopie ont adopté les plans d'action sur la stabilité de l'environnement et des politiques de développement durables qui sont axés sur les femmes.

La petite fille

En Afrique, la petite fille est confrontée à des défis inadmissibles et redoutables. Elle est sous-représentée dans le secteur de l'éducation et assume une part disproportionnée des tâches ménagères. Elle est par ailleurs désavantagée en termes d'accès aux loisirs et aux services de santé. Elle est plus exposée au risque d'infection du VIH que le petit garçon. Privée de son enfance, elle doit à présent aussi remplir un nouveau rôle de chef de famille au fur et à mesure que le nombre d'orphelins du sida augmente. Presque tous les pays ont ratifié la Convention sur la protection des enfants et plusieurs ont un mécanisme de suivi de cet instrument. Quelques pays tels que Djibouti, l'Égypte, le Libéria et la Namibie ont des plans d'action spécifiques ou d'autres stratégies pour aborder les questions liées au statut de la petite fille, notamment l'aggravation de la traite des petites filles, qui sont plus tard réduites à l'esclavage et forcées à se livrer à la prostitution.

Troisième partie : Résumé et conclusion

Résumé des réalisations

  • L'on note une augmentation des taux de scolarisation dans de nombreux pays et à tous les niveaux ;

  • Presque tous les pays ont élaboré des politiques générales en matière de genre et créé soit des ministères de plein exercice soit des structures ministérielles chargés de la promotion féminine et des questions de genre ;

  • L'intégration des sexospécificités dans le processus budgétaire est de plus en plus considéré comme un aspect important du renforcement du pouvoir d'action de la femme, bien que ce soit par un petit nombre de pays ;

  • La prise en compte, dans le système de comptabilité nationale, de la contribution des femmes à la production économique est abordée, du moins au cours des débats nationaux ;

  • Des progrès sont enregistrés dans de nombreux pays dans le domaine de la santé, notamment en ce qui concerne l'augmentation de l'espérance de vie et la réduction des taux de fécondité ;

  • Les politiques démographiques qui abordent la santé des mères et des adolescents constituent des questions importantes pour de nombreux pays ;

  • Des structures sont créées et des politiques adoptées aux fins de la lutte contre le VIH/sida et la propagation des MST, du paludisme et de la tuberculose ;

  • Les femmes participent de plus en plus au processus de prise de décisions, en particulier dans les assemblées nationales de certains pays ; des systèmes de quotas sont institués et des mesures positives sont adoptées pour intensifier cette participation ;

  • La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes a été ratifiée par 51 pays.

Entraves au renforcement des capacités

Il s'agit notamment des problèmes suivants :

  • Les femmes et les filles sont plus exposées au risque d'infection au VIH que les hommes et les garçons ;

  • La présence des femmes et de filles dans les secteurs de l'éducation et la santé est nettement insuffisante ;

  • Le taux de mortalité maternelle est l'un des plus élevés dans le monde ;

  • Le travail des femmes dans les secteurs agricole et informel est entravé par l'accès limité au crédit, la multiplicité de leurs rôles, le manque d'équipements, l'absence de prise en compte de leur travail dans le système de comptabilité nationale et la budgétisation indifférente aux sexospécificités  ;

  • Les ressources financières et humaines nécessaires pour aborder les questions de genre font défaut.

La voie à suivre

Dans leurs rapports sur les principales réalisations dans le cadre de l'exécution du Programme d'action de Beijing, les États membres devaient tenir compte, notamment de la Déclaration du Millénaire et des Objectifs du Millénaire pour le développement, des conclusions de la Conférence internationale sur la population et le développement et du Document final de la Vingt-troisième session extraordinaire de l'Assemblée générale (2000). À cet égard, quatorze pays rendent compte d'activités spécifiques se rapportant aux Objectifs du Millénaire pour le développement, à la Conférence internationale sur la population et le développement et au Document final. Ces activités vont de l'élaboration des rapports sur les Objectifs du Millénaires pour le développement à l'adoption de la Déclaration du Millénaire comme cadre prioritaire de développement pour ces pays.

D'autre part, tous les 44 pays déclarent avoir entrepris leur étude dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement, des conclusions de la Conférence internationale sur la population et le développement et du Document final. Par exemple, presque tous les pays rendent compte de leurs efforts pour réduire l'extrême pauvreté (objectif 1) dans le cadre de DSRP tenant compte des sexospécificités ; plusieurs pays ont institué l'éducation primaire pour tous (objectif 2) et la plupart des pays font de l'éducation de base une priorité ; la promotion de l'égalité des sexes (objectif 3) est abordée par tous les pays à des degrés d'engagement variables ; la mortalité infantile, la santé maternelle, le VIH/sida et le paludisme (objectifs 4, 5 et 6) suscitent l'attention de tous les pays dans le cadre des conclusions de la Conférence internationale sur la population et le développement et du Document final. Par exemple, le VIH/sida, en tant que question transsectorielle figurant à la fois dans les Objectifs du Millénaire pour le développement, les conclusions de la Conférence internationale sur la population et le développement et le Document final, fait l'objet d'une grande attention de la part de la majorité des pays, en particulier ceux qui ont un taux de prévalence élevé ; quant à la question de la viabilité de l'environnement (objectif 7), un des 12 domaines critiques, elle est abordée par tous les pays. Cependant, la plupart des pays n'ont pas défini des critères pour mesurer les résultats obtenus et les difficultés rencontrées dans l'exécution des Objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier, et le respect des autres engagements. Les problèmes les plus chroniques ont trait aux ressources financières et humaines.

Les pays ont également fait rapport sur leurs réalisations en ce qui concerne les objectifs visés dans le Document final : on note par exemple dans de nombreux pays la réduction des inégalités de sexe dans l'enseignement secondaire, la baisse du taux d'analphabétisme chez les femmes, la création d'un environnement juridique sexospécifique et une plus grande attention accordée aux soins de santé primaires et à la santé en matière de procréation.

En ce qui concerne les Objectifs du Millénaire pour le développement, il est très important pour les États membres de définir des repères pour le suivi de leur application. Tous les Objectifs du Millénaire pour le développement sont des objectifs précis et quantifiables qui invitent toutes les parties prenantes à orienter leurs « efforts de développement vers la réalisation de ces objectifs dans un système de responsabilités partagées ». Actuellement, seuls quelques pays africains ont établi des rapports qui traitent spécifiquement des résultats obtenus et des problèmes rencontrés dans la réalisation de ces objectifs.

La question la plus urgente en ce qui concerne la voie à suivre a trait, par conséquent, aux stratégies concrètes définies et aux fonctionnaires choisis pour appliquer les politiques et matérialiser les engagements pris à divers niveaux, y compris ceux relatifs aux Objectifs du Millénaire pour le développement, à la Conférence internationale sur la population et le développement, et au Document final. Il est nécessaire de mettre à la disposition des fonctionnaires des moyens financiers et autres pour leur permettre d'accomplir leurs tâches ; bien plus, ils doivent porter la responsabilité de la non-exécution des politiques et des programmes. L'exécution doit donc s'inscrire dans un cadre bien défini et se situer à tous les niveaux de la société et pas simplement dans les zones urbaines.

 

 

The persistent burden of poverty

Unequal access to education

Unequal access to healthcare

Violence

Armed conflicts

Inequality in economic structures

Inequality in the sharing of power

Insufficient mechanisms

Human rights violation

Stereotyping in the media

Environment

The girl-child
 
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