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| Résumé du rapport de synthèse Examen décennal de la mise en œuvre de la Plateforme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing 6-14 octobre 2004 Première partie : Introduction En 1995, les États
Membres de l'ONU se sont réunis à Beijing, pour relancer
la dynamique née à Mexico 20 ans plus tôt, faire
avancer la cause des femmes et mettre l'accent sur les liens indissociables
entre l'égalité et l'habilitation des femmes d'une
part, et le développement durable d'autre part. Dix ans après
cette conférence historique au cours de laquelle a été
adopté le Programme d'action de Beijing, l'Afrique se joint
au reste du monde pour procéder à l'examen de la décennie.
À ce titre, conformément au mandat qui lui a été
assigné par l'Assemblée générale de
l'ONU et sous l'égide du Comité « Femmes
et développement », la CEA doit faciliter et coordonner
l'examen de la mise en œuvre du Programme d'action. Il s'agit d'un
processus à trois niveaux : (1) au niveau national,
45 pays ont établi leur rapport sur la base du questionnaire
élaboré par la Division de la promotion de la femme
du Secrétariat de l'ONU ; (2) le CAGED a organisé
cinq réunions sous-régionales ainsi qu'il suit :
Afrique de l'Est, du 2 au 4 juin 2004 à Kigali; Afrique centrale,
du 19 au 21 avril 2004 à Brazzaville; Afrique du Nord, du
14 au 16 avril 2004 à Tanger (Maroc); Afrique australe, du
26 au 29 avril 2004 à Lusaka, et Afrique de l'Ouest, du 13
au 15 avril 2004 à Abuja et (3), au niveau régional,
la présente conférence - Septième Conférence
régionale africaine sur les femmes (Beijing+10) - concluera
l'examen des résultats obtenus et des obstacles rencontrés
dans la région. Pour terminer, les conclusions de cette Conférence
seront, par l'intermédiaire de la Division de la promotion
de la femme, présentées à la Commission de
la condition de la femme. Concernant la mise en œuvre par l'Afrique
du Programme d'action, 44 États Membres africains ont soumis
leurs rapports nationaux au CAGED pour une synthèse des résultats
obtenus et des difficultés rencontrées tout au long
du processus. Le rapport de synthèse, dont est tiré
le présent résumé, examine la mise en œuvre
par les États membres des mesures relevant des 12 domaines
prioritaires que comprend le Programme d'action de Beijing. L'une
des principales conclusions du rapport fait état de ce que
malgré les résultats obtenus les femmes africaines
sont confrontées à des défis insurmontables
dans la mesure où l'incidence élevée de la
pauvreté parmi elles n'a pas réellement diminué
depuis 1995. Les femmes africaines se battent encore pour avoir
accès aux ressources productives clefs telles que l'éducation,
l'emploi, les structures de prise de décisions, les TIC,
etc.
Deuxième partie : Résumé des principales conclusions Femmes et pauvreté Selon la Banque mondiale,
le nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar en Afrique
subsaharienne est passé entre 1990 et 1998 de 47,7 à
48,1% de la population totale. En général, les familles
dirigées par une femme souffrent plus gravement de l'incidence
de la pauvreté que celles ayant un homme à leur tête.
La féminisation de la pauvreté est confirmée
par les enquêtes sur la pauvreté effectuées
dans la plupart des pays lors de la préparation des Documents
de stratégie pour la réduction de la pauvreté
(DSRP). Les femmes représentent ainsi 62,1% des pauvres au
Rwanda, 52% au Burkina Faso, 73% au Niger et 64% au Mali. Néanmoins,
certains pays ont adopté des DSRP axés sur l'égalité
des sexes et l'habilitation des femmes. L'Algérie, l'Angola,
l'Égypte, l'Érythrée, le Malawi et la République-Unie
de Tanzanie disposent de DSRP conçus pour promouvoir la participation
des femmes dans les sphères politique, économique
et sociale par la discrimination positive. L'incorporation des préoccupations
sexospécifiques dans les DSRP par les gouvernements s'est
faite en partenariat avec les ONG et d'autres parties prenantes.
Certains pays mettent au point des données ventilées
par sexe, comme le prévoit le Programme d'action, pour essayer
de réduire l'écart entre les sexes dans tous les domaines.
Éducation et formation Bon nombre de rapports
nationaux font ressortir que l'État a la responsabilité
de fournir l'éducation primaire universelle (EPU) à
tous et de réduire la différence entre les sexes en
matière d'éducation. Quelques pays seulement (Malawi,
Algérie, Djibouti, Maroc, Tunisie, Tanzanie, Botswana et
Ouganda) ont indiqué qu'ils offraient l'EPU. Peu de pays
ont fait état de l'augmentation des taux brut et net de scolarisation
tant chez les garçons que chez les filles. En Éthiopie,
les inscriptions totales ont augmenté de 107% ces cinq dernières
années ; elles ont doublé en Érythrée
entre 1991 et 2001, passant de 24,8 à 46% ; en République-Unie
de Tanzanie, le taux net est passé de 79,3 à 86,7%
entre 2002 et 2003 ; au Mali, de 42,3 à 64% entre 1996
et 2002 ; au Sénégal, de 59,7 à 71,6%
entre 1996 et 2002 ; au Burundi, de 39% en 1996 à 67,3%
en 2002 et en Mauritanie, de 45,5% en 1990 à 91,7% en 2003.
L'Algérie et la Tunisie ont atteint presque 100% d'inscrits,
garçons et filles réunis. D'un autre côté,
les taux bruts et nets de scolarisation ont baissé dans un
certain nombre de pays : c'est ainsi que le taux net a diminué
de 12% entre 1990 et 2002 en Zambie, de 18,7 à 14,5% entre
2000 et 2002 au Libéria. Peu de pays ont atteint la parité
entre filles et garçons ou réduit l'écart entre
les sexes (Malawi, Afrique du Sud, Madagascar, Mozambique, Namibie).
L'Algérie et la Tunisie ont réalisé presque
100% d'inscription pour les filles et les garçons.
Santé et développement La plupart des pays
ont fait état de l'amélioration de la fourniture des
soins de santé, mais les statistiques montrent qu'en Afrique
la situation générale de la santé est déplorable
et se dégrade rapidement. Ainsi, l'espérance de vie
chez les femmes africaines est faible et elle continue de baisser.
En Afrique subsaharienne, la probabilité pour une femme de
dépasser 65 ans se situe à 31,1% seulement. Les taux
de mortalité maternelle sont beaucoup trop élevés.
Par exemple, le risque de mourir pendant l'accouchement ou la grossesse
est de 1 sur 13. Pour un certain nombre de pays (Érythrée,
Éthiopie, Nigéria, Rwanda et Zambie), le niveau élevé
de la mortalité liée à la grossesse, ajouté
au VIH/sida et aux autres IST constitue un défi majeur. Des
progrès remarquables ont été signalés
en termes de diminution du taux de fécondité, grâce
à une plus grande utilisation des contraceptifs et à
l'augmentation de l'âge moyen du mariage. La mortalité
juvénile et infantile a diminué dans certains pays.
Toutefois, l'insécurité alimentaire, aggravée
par le paludisme, et le VIH/sida ont des effets marqués sur
la santé des enfants africains. Les rapports nationaux évoquent
différentes stratégies pour réduire la fréquence
des décès chez les nourrissons et les enfants, notamment
la mise en place de services de santé maternelle et infantile
intégrés, soutenus par des programmes de vaccination
(Botswana, Érythrée, Malawi, Mali, Niger, Nigéria
et Togo). Le VIH/sida atteint les femmes de manière disproportionnée
dans la mesure où le pourcentage de la prévalence
chez les adultes de sexe féminin ne cesse d'augmenter dans
la plupart des pays. Même dans les pays où la prévalence
générale chez les adultes est faible ou a baissé,
la proportion de femmes est toujours en hausse. Le fardeau du VIH/sida
sur les femmes est un grave problème en raison de son incidence
sur la santé des femmes, sur leur capacité de s'occuper
des enfants et des personnes âgées, ainsi que sur leur
travail productif. Les stratégies de lutte contre cette pandémie
comprennent l'intégration des questions d'égalité
des sexes dans les programmes de VIH/sida et la création
de conseils sur le sida (Afrique du Sud, Angola, Botswana, Burundi,
Djibouti, Éthiopie, Lesotho, République-Unie de Tanzanie,
Rwanda et Zambie). Les Seychelles, Djibouti et l'Angola fournissent
la thérapie antirétrovirale pour la prévention
de la transmission de la mère à l'enfant.
Violence à l'égard des femmes La violence à
l'égard des femmes et des fillettes ou violence sexiste comprend
notamment les enlèvements en vue du mariage, les exécutions
pour cause d'adultère, le viol, la maltraitance de la conjointe,
le lévirat, les longues périodes d'isolement à
la suite du décès du mari et les mariages précoces.
En raison de l'augmentation de la pauvreté, de la rapidité
des mutations sociales et de la prolifération des conflits,
la violence sexiste se généralise progressivement.
Le viol et d'autres formes de violence sont systématiquement
utilisés comme armes de guerre contre les femmes et les fillettes
dans les pays en guerre. Certains pays (Kenya, Zambie, Swaziland
et Afrique du Sud) font état d'un nombre élevé
de cas de violence familiale. D'autres ont pris des mesures, y compris
l'application rigoureuse des lois en vigueur et l'implication des
institutions traditionnelles dans la lutte contre toutes les formes
de violence à motivation sexiste (Éthiopie, Maurice,
Mozambique, Seychelles et Afrique du Sud). Des plans d'action nationaux
ont été mis en place dans certains pays, des projets
de lois votés dans d'autres, des structures de soutien et
d'accueil pour femmes battues ont été créées
(Botswana, Nigéria, Égypte et Zambie). En République
centrafricaine, 45% des femmes sont victimes de violences physiques,
particulièrement au foyer. Dans certaines zones rurales du
Mali, l'on estime que le taux des mariages forcés parmi les
filles atteint 80%, alors qu'aux Comores et dans plusieurs autres
pays, ce phénomène est considéré comme
l'une des principales causes d'abandon scolaire chez les filles.
Femmes et conflits armés Les femmes et les
enfants ont payé un tribut disproportionné aux multiples
et longues guerres civiles qui ont ravagé le continent pendant
des décennies, comme le montrent les statistiques du HCR
selon lesquelles la grande majorité des réfugiés
africains, soit 70 à 80%, est constituée de femmes
et d'enfants. Dans les pays où la guerre civile a sévi
(Angola, RDC, Burundi, Éthiopie, Érythrée,
Côte d'Ivoire, Libéria, Sierra Léone, Soudan,
etc.), les femmes ont été victimes de viols et d'autres
formes de violence sexiste. La contribution des femmes à
la mise en place de l'»Initiative du bassin de l'Union du fleuve
Mano », de l' »Initiative des femmes des Grands
lacs », du « Dialogue inter-congolais »
et du « Comité des femmes africaines pour la paix
et le développement » est un exemple frappant de
l'implication des femmes dans le processus de paix. L'Initiative
du fleuve Mano a reçu une distinction du Secrétaire
général de l'ONU en 2003 pour son rôle dans
la protection des droits humains. Au Rwanda, au Burundi, en République
centrafricaine et en République démocratique du Congo,
les femmes ont activement participé au rétablissement
de la paix. Au Rwanda, après le génocide, le Gouvernement
a créé un fonds d'assistance aux survivants, parmi
lesquels les femmes et les enfants sont majoritaires.
Femmes et économie La contribution des
femmes à l'économie a surtout concerné l'agriculture
et le secteur informel où elles forment la majorité
des travailleurs (70% au Mali, 70% au Nigéria, 60% en Angola
et 58,1% au Burkina Faso). Dans ces secteurs, les femmes se retrouvent
généralement au plus bas de l'échelle du secteur
informel où elles disposent de petites plantations et de
microentreprises. L'engorgement et les faibles salaires qui caractérisent
le secteur informel laissent entendre que le travail des femmes
ne conduit pas nécessairement au renforcement de leur pouvoir
d'action. En ce moment, la part des femmes dans l'emploi dans le
secteur informel est très faible (25% en Tunisie, 20% en
Guinée, 23% au Burkina Faso, 29% au Kenya, 20% en Algérie
et 21% au Mali) par rapport à celle des hommes et leurs salaires
sont généralement inférieurs à ceux
des hommes pour le même travail. La participation des femmes
au secteur de la petite entreprise est entravée par le manque
d'accès au crédit. Quelques pays ont amélioré
l'accès des femmes au microcrédit, mais les montants
ne sont pas suffisamment importants pour modifier la donne. La productivité
et les revenus des femmes dans le secteur agricole en général
et dans la sécurité alimentaire en particulier pâtissent
énormément du manque d'accès direct à
la terre. Néanmoins, les pays commencent à reconnaître
qu'il existe un lien important entre l'augmentation de la productivité
agricole et de la sécurité alimentaire, et le droit
à la propriété foncière pour les femmes,
sans intermédiaires.
Femmes et prise de décisions Les femmes sont sous-représentées
à tous les niveaux des structures de prise de décisions
en Afrique. Dans bon nombre de pays, très peu de progrès
ont été effectués depuis 1995. Peu de pays
ont voté des lois et mis en place des politiques et plans
pour promouvoir la participation des femmes au processus décisionnel
(Égypte, Éthiopie, Rwanda, Gambie, Lesotho, Libéria,
Ouganda). En Érythrée par exemple, 50% des membres
de la Commission constitutionnelle ayant pris part au processus
de rédaction de la Constitution étaient des femmes,
de même, au Swaziland, les femmes ont apporté des contributions
à la rédaction de la Constitution. Au titre des efforts
visant à transformer leur processus électoral, le
Lesotho et l'Afrique du Sud ont nommé des femmes à
la tête de leurs commissions électorales. Certains
pays ont instauré des mesures de discrimination positive
pour redresser les déséquilibres dans la prise de
décisions (Érythrée, République-Unie
de Tanzanie, Ouganda, Rwanda) et d'autres sont allés plus
loin en étendant cette discrimination positive aux conseils
provinciaux et locaux (Ouganda et Rwanda). Le nombre des femmes
parlementaires a considérablement augmenté au Burkina
Faso, au Rwanda, en Afrique du Sud et en Tunisie. Dans plusieurs
pays, les femmes occupent les postes de Président et de Vice-Président
de l'Assemblée nationale (Égypte, Afrique du Sud,
Swaziland, Cameroun). La représentation moyenne des femmes
au sein des parlements africains est estimée à 14% ;
toutefois, ce chiffre masque des disparités considérables
entre les pays africains. L'on note par exemple qu'alors que la
plus forte représentation est enregistrée au Rwanda,
soit 49%, et que le Mozambique et l'Afrique du Sud se situent à
plus de 30%, le Niger ne compte que 1,2% de femmes parlementaires.
Mécanismes institutionnels chargés de favoriser la promotion de la femme Les mécanismes
chargés de l'égalité des sexes vont des comités
et directions au sein des ministères à des départements
ministériels à part entière. La plupart des
pays signalent l'existence de coordonnateurs pour les questions
d'égalité des sexes dans différents ministères
et d'autres ont créé des directions chargées
de la condition féminine dans les ministères de tutelle
et disposent de coordonnateurs au niveau des districts (Éthiopie,
Lesotho, Cameroun, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe). Dans certains
pays (Afrique du Sud, Gabon, Zambie, Éthiopie, Égypte),
les conseils/bureaux chargés de l'égalité des
sexes relèvent du cabinet du Président de la République.
La plupart des pays ont élaboré des politiques sur
l'égalité des sexes (Botswana, Burundi, Éthiopie,
Guinée, Namibie, Sénégal, Lesotho, Afrique
du Sud, Rwanda, République-Unie de Tanzanie, Ouganda, Zambie,
Zimbabwe) ou ont mis en place des programmes sur des questions spécifiques
relatives à l'égalité des sexes (Botswana,
République centrafricaine, Gabon, Afrique du Sud et Tunisie,
etc.) ; alors que d'autres disposent de conseils nationaux
sur les femmes (Botswana, Égypte, Maurice, Mauritanie, Burundi,
Mozambique, Afrique du Sud, Tunisie). Les coalitions d'ONG féminines
jouent un rôle crucial dans beaucoup de pays pour compléter
les ressources humaines et financières que le gouvernement
affecte aux mécanismes chargés de l'égalité
entre les sexes.
Droits des femmes Les droits des femmes
ont tiré avantage de l'adoption de la Convention sur l'élimination
de toutes formes de discrimination à l'égard des femmes
à tel point que les pratiques et croyances contraires à
l'égalité n'échappent plus aux critiques. Mais
l'application de la Convention a été lente et les
militants de la cause des femmes sont déçus en raison
des stratégies mises en place par les gouvernements pour
se soustraire aux objectifs de la Convention. Une préoccupation
majeure a trait au fait que les gouvernements continuent de proclamer
leur engagement au principe des droits égaux pour les femmes,
mais se comportent différemment dès qu'il s'agit de
le mettre en pratique. Des pays ont institué diverses mesures
pour tenter d'harmoniser leur législation nationale avec
la Convention et ont par conséquent apporté les réformes
nécessaires aux instruments juridiques et administratifs
nationaux (Égypte, Gambie, Maurice et Tunisie) ; d'autres
ont créé des comités nationaux pour la mise
en œuvre et le suivi de la Convention (Gabon, Guinée, Rwanda).
Tandis que la majorité des pays ont amendé les lois
relatives aux droits des femmes (Botswana, Burkina Faso, Burundi,
Togo et Tunisie), certains procèdent à la modification
de leurs lois sur la nationalité afin de garantir l'égalité
totale entre les sexes (Égypte, Éthiopie, Malawi).
L'Érythrée et la Guinée ont traduit la Convention
dans les langues locales et l'ont largement distribuée parmi
les femmes.
Femmes et médias En Afrique, les femmes ont un accès limité aux technologies de l'information et de la communication (TIC). Le Burkina Faso, le Mali, l'Ouganda et la République-Unie de Tanzanie ont adopté des politiques nationales en matière de TIC qui sont axées sur la promotion de la femme et des questions de genre. La pauvreté, le manque d'électricité et l'insuffisance des infrastructures en zones rurales constituent une entrave à la diffusion des TIC. Au Niger, les femmes utilisent les radios communautaires pour la promotion des questions relatives aux femmes : le Conseil supérieur de la communication de ce pays est présidé par une femme. En Guinée, le nombre de femmes travaillant dans les secteurs des TIC et des médias en général a doublé, passant à 39% pour les journalistes. En Tunisie, il existe sept titres de journaux féminins et 34,38% des personnes travaillant dans les médias sont des femmes. Au Togo, 51% des femmes ont accès à au moins un type d'instrument lié aux médias. En Mauritanie, 78% des femmes illettrées n'ont aucun accès aux médias. Au Mali, 34% des femmes n'ont accès à aucune forme de médias. L'on note dans les médias un langage sans nuance selon le sexe, des publicités sexistes et des idées reçues selon lesquelles la femme est un être subordonné et inférieur, ainsi que l'utilisation accrue de matériel pornographique impliquant des femmes. Femmes et environnement Action 21 et le Programme d'action de Beijing font une large place au rôle de la femme dans la préservation d'un environnement durable et stable, ce qui implique impérative la réduction de l'extrême pauvreté. En Afrique, les femmes assurent la majorité de la production alimentaire et passent une très grande partie de leur temps à ramasser du bois de chauffe et à transporter de l'eau recueillie dans des barrages, des fleuves et des étangs pour usage domestique, ce qui provoque des maladies d'origine hydrique. L'impact négatif de la dégradation de l'environnement sur les femmes est également abordé par les ONG, qui exigent une plus grande participation des femmes au processus de prise de décisions. De nombreux pays comme le Malawi, le Burkina Faso, le Libéria, le Mali, la Tunisie, le Togo, la République-Unie de Tanzanie et l'Éthiopie ont adopté les plans d'action sur la stabilité de l'environnement et des politiques de développement durables qui sont axés sur les femmes. La petite fille En Afrique, la petite fille est confrontée à des défis inadmissibles et redoutables. Elle est sous-représentée dans le secteur de l'éducation et assume une part disproportionnée des tâches ménagères. Elle est par ailleurs désavantagée en termes d'accès aux loisirs et aux services de santé. Elle est plus exposée au risque d'infection du VIH que le petit garçon. Privée de son enfance, elle doit à présent aussi remplir un nouveau rôle de chef de famille au fur et à mesure que le nombre d'orphelins du sida augmente. Presque tous les pays ont ratifié la Convention sur la protection des enfants et plusieurs ont un mécanisme de suivi de cet instrument. Quelques pays tels que Djibouti, l'Égypte, le Libéria et la Namibie ont des plans d'action spécifiques ou d'autres stratégies pour aborder les questions liées au statut de la petite fille, notamment l'aggravation de la traite des petites filles, qui sont plus tard réduites à l'esclavage et forcées à se livrer à la prostitution. Troisième partie : Résumé et conclusion Résumé des réalisations
Entraves au renforcement des capacités Il s'agit notamment des problèmes suivants :
La voie à suivre Dans leurs rapports
sur les principales réalisations dans le cadre de l'exécution
du Programme d'action de Beijing, les États membres devaient
tenir compte, notamment de la Déclaration du Millénaire
et des Objectifs du Millénaire pour le développement,
des conclusions de la Conférence internationale sur la population
et le développement et du Document final de la Vingt-troisième
session extraordinaire de l'Assemblée générale
(2000). À cet égard, quatorze pays rendent compte
d'activités spécifiques se rapportant aux Objectifs
du Millénaire pour le développement, à la Conférence
internationale sur la population et le développement et au
Document final. Ces activités vont de l'élaboration
des rapports sur les Objectifs du Millénaires pour le développement
à l'adoption de la Déclaration du Millénaire
comme cadre prioritaire de développement pour ces pays.
D'autre part, tous les 44 pays déclarent avoir entrepris leur étude dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement, des conclusions de la Conférence internationale sur la population et le développement et du Document final. Par exemple, presque tous les pays rendent compte de leurs efforts pour réduire l'extrême pauvreté (objectif 1) dans le cadre de DSRP tenant compte des sexospécificités ; plusieurs pays ont institué l'éducation primaire pour tous (objectif 2) et la plupart des pays font de l'éducation de base une priorité ; la promotion de l'égalité des sexes (objectif 3) est abordée par tous les pays à des degrés d'engagement variables ; la mortalité infantile, la santé maternelle, le VIH/sida et le paludisme (objectifs 4, 5 et 6) suscitent l'attention de tous les pays dans le cadre des conclusions de la Conférence internationale sur la population et le développement et du Document final. Par exemple, le VIH/sida, en tant que question transsectorielle figurant à la fois dans les Objectifs du Millénaire pour le développement, les conclusions de la Conférence internationale sur la population et le développement et le Document final, fait l'objet d'une grande attention de la part de la majorité des pays, en particulier ceux qui ont un taux de prévalence élevé ; quant à la question de la viabilité de l'environnement (objectif 7), un des 12 domaines critiques, elle est abordée par tous les pays. Cependant, la plupart des pays n'ont pas défini des critères pour mesurer les résultats obtenus et les difficultés rencontrées dans l'exécution des Objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier, et le respect des autres engagements. Les problèmes les plus chroniques ont trait aux ressources financières et humaines. Les pays ont également fait rapport sur leurs réalisations en ce qui concerne les objectifs visés dans le Document final : on note par exemple dans de nombreux pays la réduction des inégalités de sexe dans l'enseignement secondaire, la baisse du taux d'analphabétisme chez les femmes, la création d'un environnement juridique sexospécifique et une plus grande attention accordée aux soins de santé primaires et à la santé en matière de procréation. En ce qui concerne les Objectifs du Millénaire pour le développement, il est très important pour les États membres de définir des repères pour le suivi de leur application. Tous les Objectifs du Millénaire pour le développement sont des objectifs précis et quantifiables qui invitent toutes les parties prenantes à orienter leurs « efforts de développement vers la réalisation de ces objectifs dans un système de responsabilités partagées ». Actuellement, seuls quelques pays africains ont établi des rapports qui traitent spécifiquement des résultats obtenus et des problèmes rencontrés dans la réalisation de ces objectifs. La question la plus urgente en ce qui concerne la voie à suivre a trait, par conséquent, aux stratégies concrètes définies et aux fonctionnaires choisis pour appliquer les politiques et matérialiser les engagements pris à divers niveaux, y compris ceux relatifs aux Objectifs du Millénaire pour le développement, à la Conférence internationale sur la population et le développement, et au Document final. Il est nécessaire de mettre à la disposition des fonctionnaires des moyens financiers et autres pour leur permettre d'accomplir leurs tâches ; bien plus, ils doivent porter la responsabilité de la non-exécution des politiques et des programmes. L'exécution doit donc s'inscrire dans un cadre bien défini et se situer à tous les niveaux de la société et pas simplement dans les zones urbaines.
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