Forum
sur les TICs, le commerce et la croissance économique
Intervention de
Monsieur Pierre OUEDRAOGO
Responsable
de projets
Institut Francophone des Technologies de l’Information
(INTIF)
à
la cérémonie d’ouverture
Addis Abéba, le 14 mars 2006
Seul le texte prononcé fait foi
Excellence Monsieur le Vice-ministre du Commerce et
de l’Industrie de la République Fédérale
d’Ethiopie
Excellence Moniseur l’Ambassadeur du Canada
Excellence Monsieur le Représentant Permanent
de l’OIF
Excellence Monsieur le Commissaire chargé des
Infrastructures et de l’Energie de l’Union
Africaine
Mme la Directrice de la Division de l’information
pour le développement de la CEA
Messieurs les Représentants des Institutions
régionales africaines
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs
L’Organisation
Internationale de la Francophonie est heureuse de
s’associer à la CEA et à tous
les autres partenaires dans le cadre de ce forum qui
est une première au niveau africain. La thématique
de ce forum est d’une importance particulière
pour la Francophonie. Le cadre stratégique
décennal de la Francophonie adopté par
les 63 pays membres et observateurs de la Francophonie
lors du Xème Sommet tenu à Ouagadougou
en 2004 dit que l’accent devra être mis
sur « l’accès démultiplié
aux technologies de l’information et de la communication,
qui permettent de participer aux marchés mondiaux
de promouvoir la responsabilité politique,
d’améliorer la fourniture de services
et de développer les possibilités locales
»
Cette année, coïncidence de calendrier,
marque le début de la mise en œuvre de
la première année de la programmation
quadriennale 2006-2009 de la Francophonie d’une
part, et aussi le lancement des chantiers d’édification
de la société de l’information
selon l’agenda de Tunis adopté au cours
de la deuxième phase du Sommet Mondial sur
la Société de l’Information (SMSI).
C’est le lieu ici de réaffirmer notre
engagement à œuvrer avec les autres organisations
internationales pour la mise en œuvre des décisions
du SMSI. Ce forum se situe dans cette démarche,
et contribuera, nous l’espérons, à
lancer en Afrique le débat multi-acteurs dans
l’esprit du SMSI afin que les intérêts
du continent soient pris en compte dans les processus
de coopération renforcée et aussi dans
le cadre du Forum sur la Gouvernance Internet, tous
deux étant des mécanismes mondiaux de
l’agenda de Tunis.
Nous situons
aussi cette rencontre comme une suite élargie
du premier forum sur les infrastructures à
clés publiques (ICP) tenu à Tunis du
20 au 22 juin 2005. Ce forum, organisé par
l’Agence nationale de certification électroniques
(ANCE) de Tunisie en collaboration avec la Francophonie
et la CEA, a permis de lancer le réseau AFRIPKI
qui permet à l’Afrique d’envisager
une coopération d’égal à
égal avec les autres réseaux continentaux
en vue de faciliter l’interopérabilité,
et la mutualisation des expériences et des
ressources. C’est un nouveau chantier qui s’ouvre
à l’Afrique et qui est indispensable
pour créer un espace de confiance numérique
africain répondant aux normes internationales
de sécurité, de fiabilité et
de qualité. En Afrique, il y a seulement trois
autorités nationales de certification électronique
qui sont fonctionnelles. Ce forum est d’une
grande importance stratégique car il av permettre
à l’Afrique de contribuer aux efforts
mondiaux de normalisation. La normalisation, faut-il
le rappeler, est une réelle problématique
pour les pays en développement. Nombreux sont
ceux qui ne peuvent pas participer adéquatement
à l’élaboration des normes internationales
et ne possèdent pas l’infrastructure
technique de base nécessaire pour se livrer
aux activités d’évaluation de
la conformité. Une telle situation conduit
inévitablement à l’exclusion,
et à terme, aggraver la fracture numérique.
Il nous
faut poser des actes innovants et utiles pour que
les TICs contribuent à la croissance, comme
nous y invite la thématique du forum. En cela
je voudrais saluer la participation du Club des Hommes
et Femmes d’Affaires du Libre en Afrique (CHALA).
Le CHALA, une émanation de l’Association
Africaine des Utilisateurs de Logiciels libres (AAUL),
a pour ambition d’être un espace de solidarité
et de partage entre les sociétés africaines
de services spécialisées dans les logiciels
libres (SSLL). En association avec les SSLL des autres
continents, le CHALA ambitionne de faire du logiciel
la matière première de l’industrialisation
numérique de l’Afrique, c'est-à-dire
transformer les opportunités numériques
en facteur de croissance économique. Le CHALA
puise ses forces de la créativité des
développeurs africains dont les œuvres
sont de facture internationale. Les logiciels créés
en Afrique
et primés lors des rencontres africaines des
logiciels libres (RALL), à travers le Trophée
du Libre, en sont la preuve. Et les expériences
de déploiement de plates-formes de commerce
électroniques en logiciels libres qui vous
seront présentées par des membres du
CHALA achèveront de vous convaincre que l’Afrique
a les capacités d’assurer une autonomie
technologique avec des systèmes adaptés
à ses besoins spécifiques.
Je ne puis
terminer sans saluer l’excellente collaboration
entre la CEA et La Francophonie à travers leurs
entités technologiques, à savoir la
DISD et l’INTIF. Cette première activité
en annonce d’autres, et tout comme pour la préparation
du SMSI, nous souhaitons que les deux équipes
renforcent encore plus le partenariat entre les deux
institutions. Nous saluons aussi l’équipe
du TRID avec laquelle nous espérons poursuivre
les échanges fructueux afin que les technologies
de l’information et de la communication soient
un des moteurs de la croissance économique.
Chères
participantes et chers participants du Forum,
Nous
espérons donc que vos travaux seront fructueux
et que la mise en œuvre de vos conclusions contribuera
pleinement à la renaissance africaine et à
la réduction de la fracture numérique
dans le secteur du commerce électronique.
Je souhaite plein succès à vos travaux.
Je vous
remercie pour votre attention.