L'EXPERIENCE ET LA VISION DU CAGED SUR LE DEVELOPPEMENT DES SOCIETES
AFRICAINES
Mme Souad Abdennebie, Conseiller régional
pour la promotion des droits des femmes, Centre Africain pour le genre
et le Développement, Commission Economique pour l'Afrique (CEA)
Introduction
Aperçu historique
Mission du CAGED
Les domaines d'action prioritaires
Les actions entreprises et à entreprendre
au cours de la période 2000- 2005
Le Protocole d'Accord CAGED/ CIEFFA
Conclusion
INTRODUCTION
Le développement des sociétés africaines a été
et est encore un sujet de débat sur le plan régional
et international et l'image qui nous est présentée de
notre continent est celle d'une région minée par des
problèmes très graves tels que la guerre, la famine,
l'ignorance et la pauvreté. Une région dont la situation,
plutôt que de s'améliorer, se détériore
et qui a peu d'espoir de se développer.
Or cette image est trompeuse, car même si certains problèmes
persistent, nous constatons que l'Afrique réagit et un nombre
remarquable d'expériences positives de changement aux niveaux
politique, économique et social prennent racine à tous
les niveaux.
Au niveau régional, l'Afrique se mobilise dans le cadre du
NEPAD et bien d'autres cadres d'action sous régionaux afin
de sortir le continent du cycle de la pauvreté et des conflits.
La mobilisation des femmes africaines dans tout le continent pour
la prise en considération de leurs préoccupations aussi
bien de leurs contributions économiques est aussi un indice
du changement qui s'opère en Afrique. Et comme l'a relevé,
Mme Joséphine Ouédraogo dans l'allocution qu'elle a
présentée à l'ouverture de la Conférence
du Comité inter-africain de lutte contre les pratiques traditionnelles
néfastes à la santé des femmes et des filles
qui s'est tenue à Addis Abéba le 3 février 2003,
" un rapide tour d'horizon permet déjà de noter
qu'en l'espace d'une décennie, les femmes africaines ont visiblement-
quoique partiellement- conquis le terrain politique. Si la moyenne
mondiale du taux des femmes parlementaires reste encore faible (13%)
au regard de l'objectif de 30% fixé à Beijing pour l'année
2005, l'on ne peut qu'encourager le taux de 9% enregistré en
Afrique ".
Au niveau national " au sein des gouvernements, les femmes africaines
dirigent aujourd'hui des départements habituellement réservés
aux hommes, à savoir les affaires étrangères,
les finances, le plan, pour ne citer que ceux-la " et les décideurs
gouvernementaux et non gouvernementaux sont de plus en plus convaincus
de l'importance de l'intégration de la dimension genre dans
leurs programmes.
En revanche, les indicateurs sont beaucoup moins encourageants, voire
même inquiétants lorsqu'il s'agit du secteur de la santé
par exemple (il suffit de voir les taux alarmants de mortalité
maternelle) ; ou encore celui de l'accès des femmes aux ressources
économiques de base, ou encore celui de la pauvreté
où les femmes représentent 70% de la population la plus
pauvre en Afrique.
Les sociétés africaines ont de nombreux défis
à relever dont les plus importants sont la construction de
sociétés démocratiques et le développement
économique. Un des enjeux prioritaires du processus de démocratisation
est sans aucun doute la participation des femmes à tous les
niveaux de la société. S'agissant du développement
économique, Il nous paraît de plus en plus difficile
aujourd'hui de dissocier la situation des femmes et leur niveau d'évolution
du bilan général que nous pouvons faire des progrès
-et des échecs- du développement de notre continent
tout entier. Il ne peut y avoir de progrès que si la dimension
genre (ou sexo-spécifique) est intégrée au sein
des politiques, plans et programmes de développement.
Le travail à accomplir est certainement de longue haleine et
plus les défis sont nombreux, plus ils demandent du temps.
Mais aussi et surtout, plus ils font appel à un travail de
plaidoyer, de sensibilisation, de renforcement des capacités,
de recherches. L'engagement du CAGED va justement dans ce sens.
APERCU HISTORIQUE
Comme vous le savez, le Centre africain pour le genre et le développement
(CAGED) est depuis le mois d'août 2001 le nouveau nom donné
au Centre africain pour les femmes ( CAF) de la Commission économique
pour l'Afrique ( CEA).
Ce Centre a été crée en mars 1975 par l'Assemblée
générale des Nations Unies à la demande des gouvernements
africains pour les aider à mettre en uvre les recommandations
formulées à Mexico dans le cadre de la Décennie
des femmes (1975-1985). Le Centre fait donc partie intégrante
des services de la CEA et rend directement compte au Secrétaire
exécutif de la CEA.
II est en fait la seule structure régionale des Nations Unies
qui soit directement responsable de la coordination des programmes
femmes/ genre et développement à l'échelle du
continent africain. Suite à une proposition du Secrétaire
exécutif de la CEA, endossée par le Conseil économique
et social, il a été élevé au rang de Division
en 1999. Depuis lors les activités du CAGED constituent l'un
des 9 sous programmes majeurs de la CEA. Il est dirigé depuis
avril 1997 par Mme Joséphine Ouédraogo, ex Ministre
des Affaires Sociales du Burkina-faso.
MISSION DU CAGED
Le CAGED (ou l'ex CAF) a entrepris dés 1998 après la
tenue de la Conférence internationale sur " les femmes
et le développement économique : investir pour le futur
" qu'il a organisée en commémoration du 40ème
anniversaire de la CEA, une grande réflexion sur son mandat,
ses méthodes et ses programmes.
En effet au cours de la Conférence, les participants ont relevé
que les ressources et les énergies fournies par les femmes
et les jeunes filles notamment en milieu rural sont soit sous-évaluées,
soit complètement occultées dans les diagnostics de
la pauvreté, tout comme dans les estimations du produit intérieur
brut, indicateurs qui influent directement sur les priorités
nationales de développement
Cette sous-estimation des ressources économiques nationales
et de leur provenance, a une forte influence sur les choix d'investissement
et de modernisation. C'est ainsi que des secteurs comme les industries
alimentaires, l'hydraulique domestique, l'industrie pharmaceutique
etc, ne sont pas inscrites dans les répertoires nationaux de
priorités d'investissement. Ce sont des secteurs dans lesquels
travaillent les femmes de manière informelle.
Les participants ont donc souligné la nécessité
de prendre l'égalité des sexes comme paramètre
de gouvernance qui doit accompagner toutes les stratégies sectorielles
de développement. Pour atteindre cet objectif, ils ont recommandé
au CAF les actions suivantes :
Un plaidoyer politique auprès de décideurs en vue de
les inciter à mettre en oeuvre les recommandations stratégiques
qui ont été formulées ;
Proposer des cadres adéquats pour l'approfondissement des réflexions,
des analyses et des échanges d'expériences sur les questions
économiques et politiques évoquées par la Conférence
;
Initier des programmes de renforcement des capacités.
A la suite de cette conférence, le Centre a repensé
sa mission, ses méthodes de travail et ses moyens d'action.
Cet exercice interne s'est achevé en l'an 2000, et a jeté
les bases pour la redéfinition de son programme de travail
et le renforcement de son équipe. C'est dans ce contexte que
le Centre a lancé son Plan stratégique pour 2000-2005,
qui clarifie sa mission et définit ses domaines d'action prioritaires.
LES DOMIANES D'ACTION PRIORITAIRE
Le CAGED ayant donc pour mission d'infléchir, dans l'optique
de la problématique hommes-femmes, les politiques et programmes
de développement socio-économique aux niveaux national,
sous-régional et régional, a basé son programme
de travail sur trois axes clés à savoir :
Le plaidoyer et l'analyse de politiques pour l'intégration
de la problématique hommes-femmes dans le domaine du développement
national;
La réunion des parties prenantes et la recherche d'un consensus
sur les progrès accomplis, les meilleures pratiques et les
nouvelles priorités, s'agissant de la mise en oeuvre de la
Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing;
La coopération technique avec les fonctions publiques, les
organisations intergouvernementales, les parlementaires et les organisations
de la société civile ; et le renforcement de leurs capacités
en matière d'élaboration de politiques de parité
aux niveaux national, sous-régional et régional ;
LES ACTIONS ENTREPRISES ET A ENTREPRENDRE AU COURS DE LA PERIODE
2000-2005
Pour ce faire le Centre a entrepris dans le cadre de la période
2000-2005 différentes actions. Nous vous présentons
ci-dessous quelques-unes unes d'entre elles :
1) Actions relatives au renforcement des capacités
des experts de la CEA en matière d 'intégration de la
dimension genre
Dans le cadre de son mandat consistant à encourager toutes
les divisions de la CEA à adopter l'approche genre dans leurs
politiques et programmes, le Centre s'est employé à
développer les compétences techniques en matière
d'intégration de la problématique hommes-femmes dans
le processus de planification et de programmation et dans les principales
activités des divisions. Pour ce faire, il a tout d'abord évalué
les besoins des administrateurs, puis élaboré avec eux
un programme de renforcement des capacités. Il a par la suite
organisé des ateliers de formation à l'intention de
fonctionnaires des divisions et des Centres de développement
sous-régional de la CEA. Il a également réuni
les responsables de programme des divisions pour les informer du cadre
institutionnel et des incidences budgétaires de la promotion
de l'égalité entre les sexes. Il a en outre été
convenu qu'à partir de 2002, les principales publications de
la CEA refléteraient la problématique hommes-femmes,
étant donné qu'elles inspiraient, dans une large mesure,
la formulation des politiques, programmes et activités de développement.
2) Actions relatives à l'appui technique et aux services
consultatifs aux Etats membres
Etant au service des Etats et des communautés économiques
régionales, le Centre fournit, à leur demande, des services
consultatifs dans les domaines suivants : intégration de la
problématique hommes-femmes, formulation de politiques nationales
en faveur des femmes, formulation et mise en uvre de programmes
de promotion des femmes, stratégies en vue de la mise en uvre
de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination à l'égard des femmes, renforcement des
capacités, évaluation des besoins et établissement
de partenariats.
3) Le suivi et l'évaluation de la mise en oeuvre du Plan
d'action africain 2000-2004, issu des travaux de la 6eme Conférence
régionale africaine sur les femmes tenue à Addis Abéba
en 1999, dans le cadre de Beijing +5
La sixième Conférence régionale africaine sur
les femmes tenue en novembre 1999 a eu pour principal résultat,
l'adoption du Plan d'action africain. Ce Plan, vise à accélérer
la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme
d'action de Beijing par des activités institutionnelles et
structurelles.
Le Programme de Suivi et Evaluation (Programme S & E) du Plan
d'Action Africain
Le GAGED a élaboré un Programme de Suivi et Evaluation
(Programme S & E) du Plan d'action africain, doté d'outils
pour sa mise en oeuvre à l'échelle régionale,
sous régionale et régionale. Le Programme a été
approuvé par le Comité Femmes et Développement
en 2001. Il est en cours d'exécution.
Le programme de suivi et d'évaluation du CAGED porte sur l'action
menée par les gouvernements et les mesures qu'ils ont pris
pour mettre en oeuvre le Plan d'action africain. Ce sont ces mesures
ou leur absence, plutôt que leur incidence, dont il s'agit d'assurer
le suivi et c'est en le faisant systématiquement au fil du
temps que les bases d'études d'impact ultérieures seront
posées. En priorité, le suivi et l'évaluation
portent, notamment, sur l'existence ou l'absence d'une politique nationale
genre, outil indispensable à l'intégration de la notion
d'égalité entre les sexes dans les politiques, plans
et programmes de développement national.
Une politique nationale genre doit s'accompagner de mécanismes
institutionnels qui facilitent son application. Aussi, le programme
d'évaluation et de suivi est-il axé sur le mécanisme
de coordination que chaque Etat membre a mis en place pour faire en
sorte que partout, la notion d'égalité entre les sexes
soit bien intégrée dans tous les départements
et à tous les niveaux. Il s'agit également de vérifier
que le mandat, les structures et les modalités de fonctionnement
du mécanisme en question servent bien à faciliter cette
coordination.
Intégrer la problématique hommes-femmes dans les politiques,
plans et programmes nationaux est une tâche qui demande des
compétences précises pour déterminer, analyser
et prendre en compte les préoccupations des femmes. Aussi faut-il
suivre et évaluer les programmes de renforcement des capacités,
en portant l'attention sur leur portée, leur contenu, leur
méthodologie et les ressources tant humaines que financières
qui leur sont allouées.
Pour mener à terme ce suivi, Le CAGED a estime nécessaire
de renforcer les capacités des fonctionnaires nationaux et
sous régionaux et régionaux chargés du suivi
et évaluation.
Le renforcement des capacités des fonctionnaires nationaux
et sous régionaux et régionaux chargés du suivi
et évaluation
Le renforcement des capacités constitue une composante majeure
du Programme S&E. Des ateliers de formation ont été
planifiés, ainsi qu'un mécanisme d'appui au processus
de suivi et évaluation. Les participants à ces ateliers
sont les responsables qui au niveau de leurs pays, sont chargés
de faire la collecte des données, de préparer les rapports
de suivi périodiques devant être discutés avec
les décideurs, et de coordonner le processus de manière
générale. Ces responsables travaillent dans les ministères
suivants:
Les Finances, le Plan, l'Agriculture, le Commerce et l'Industrie et
le Ministère de la Condition féminine en plus des ONGs
nationales coordonnatrices.
"Le choix de ces secteurs est stratégique. Avaliser l'intégration
de la perspective genre dans leurs politiques et leurs programmes
aurait, a moyen et long terme un effet multiplicateur sur d'autres
ministères" (Gender Net, novembre 2002).
Vingt et un pays membres du Comite Femmes et Développement
ont été sélectionnés pour la mise en oeuvre
de ce programme. Huit ateliers de formation ont été
organises par le CAGED à cet effet dont quatre en anglais et
quatre en français.
4) L'intégration de l'approche genre dans les instruments
de planification nationale, notamment la comptabilité et les
budgets nationaux.
En raison de l'interdépendance entre genre, pauvreté
et développement, et le fait que l'incidence des diverses interventions,
y compris les stratégies de réduction de la pauvreté,
sur le bien-être des femmes ou sur les résultats macro-économiques,
y compris la croissance durable, la réduction de la pauvreté,
etc., n'est pas encore mise en évidence, le CAGED a estimé
qu'il était nécessaire d'alerter les planificateurs
et les décideurs en matière de politique macro-économique
sur les lacunes que présentent les stratégies de réduction
de la pauvreté proposées dans bon nombre de pays africains,
et exhorter les planificateurs à les combler. " Les lacunes
en question proviennent, du refus persistant de faire une lecture
correcte et peut-être plus réaliste des facteurs humains
et sociaux qui sont à l'origine de la pauvreté et d'en
tenir compte dans les instruments d'appréciation de l'économie
nationale. Les méthodes et outils d'estimation des ressources
nationales et de leur potentiel de croissance continuent d'exclure
injustement la contribution des femmes, et par voie de conséquence,
de banaliser le potentiel intellectuel, technique et social que ces
femmes représentent " (Joséphine Ouédraogo,
allocution présentée devant le Comité femmes
et développement, Addis Abéba, novembre 2001 ).
Pour remédier à cette situation le CAGED à prévu
d'améliorer les cadres et outils d'analyse et de sensibilisation,
en vue d'appuyer les choix politiques et la distribution de ressources.
Il a mis en place un cadre conceptuel en vue de renforcer la capacité
des décideurs, en matière d'intégration d'une
perspective " genre " dans les instruments de planification
nationale, notamment la comptabilité et les budgets nationaux.
5) L'Indice Africain en Genre et Développement
Le CAGED a également entrepris l'élaboration d'un Indice
Africain en Genre et Développement qui sera présenté
dans le Rapport des femmes africaines de 2003 qui est une publication
phare de la CEA. Ce rapport est un important instrument qui permet
d'informer du statut des femmes africaines.
Pourquoi cet indice ?
Selon le GAGED, un certain nombre d'indices ont été
conçu pour évaluer la situation des femmes dans tous
les secteurs du développement et de la prise de décision.
Les plus connus d'entre eux sont l'Indicateur sexo-spécifique
du développement humain (ISDH) et l'indicateur de la participation
des femmes IPF mis au point par le PNUD en 1995 avant la Conférence
mondiale sur les femmes. Toutefois L'ISDH et l'IPF ne portent que
sur les données quantifiables et ils ne prennent pas en compte
d'autres dimensions toutes aussi importantes pour l'égalité
des sexes comme la participation à la vie communautaire, la
consommation des ressources au sein de la famille, etc.
L'IDSH
est étroitement associé au produit intérieur
brut (PIB) et il sert à mesurer le bien être général
plutôt que les inégalités entre les sexes. Les
différents indices conventionnels ont des difficultés
à appréhender et à mesurer de façon exhaustive
le vécu des africaines. L
e GAGED a souhaité mettre au point un indice qui permette
de mesurer la mise en uvre de la Plate-forme d'action de Dakar
et du Programme d'action de Beijing et qui intègre des données
telles que la participation, l'habilitation des femmes, et l'égalité.
Cet Indice est en cours d'élaboration.
6) Les documents d'information
a) Les brochures genre
L'une des innovations du CAGED a été la production de
brochures genre qui tendent à fournir des données désagrégées
par sexes des 53 pays du continent. Les brochures ont pour objet d'informer
et d'alerter les décideurs, les chercheurs et la société
civile sur les questions socio-économiques qui affectent les
femmes en Afrique et les disparités entre les sexes dans des
domaines vitaux tels que l'éducation, la santé, les
droits humains, et les femmes dans les postes de décision.
Les premières brochures ont été produites en
1998 à l'occasion de la Conférence internationale sur
"les femmes et le développement économique de l'Afrique:
Investir pour notre futur"citée plus haut. Les secondes
brochures actualisées et revues selon les recommandations formulées
par les participants de la Conférence vont être publiées
au cours de cette année
b) le CD-ROM
Le Centre a produit un CD-ROM sur la situation des femmes en Afrique
à partir de données provenant principalement de l'ONU.
Ce CD-ROM met clairement en lumière les inégalités
que reflètent les données désagrégées
par sexe. Il a été lancé à New York en
juin 2000 à l'occasion de la session extraordinaire sur Beijing
+5. Sa sortie a provoqué des débats animés, en
particulier, sur l'écart entre les sexes que présentent
actuellement les données du secteur économique et sur
la nécessité pour les Etats membres d'adopter une stratégie
plus systématique et plus viable pour combler cet écart.
Les institutions internationales de recherche et les ONG se sont particulièrement
intéressées aux possibilités d'échanger
des informations et de collaborer dans ce domaine.
C) Gender Net
Le CAGED a par ailleurs relancé en novembre 2002 sa publication
Gender Net. La direction du Centre a souhaité faire de cette
publication un outil de choix pour promouvoir les réflexions
et les analyses qui sous tendent ses actions. A travers Gender Net
le CAGED informe ses lecteurs des études, séminaires
et réunions qu'il assure et des résultats auxquels ils
ont abouti. Gender Net est aussi un instrument de dialogue et de liaison
avec les partenaires nationaux, régionaux et internationaux.
Il permet de recueillir et de publier les différentes réactions
et suggestions et expériences relatives aux thèmes traités
dans chaque édition.
7) Parité et résistance : l'integration de l'enseignement
des droits des femmes au niveau du systeme éducatif formel
et informel
De grands pas ont été effectués ces dernières
années aux différents niveaux, national, sous régional
et régional pour l'élimination de la discrimination
à l'égard des femmes. La quasi-majorité des pays
africains exceptés 4 pays (Soudan, Somalie, Swaziland et Sao
tome et Principe) ont adhéré à la Convention
sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes. Cette convention a inspiré de nombreuses
législations nationales, mais leur application rencontre de
nombreuses résistances. Les principaux freins à la mise
en oeuvre de ces instruments tirent leurs forces des pratiques traditionnelles
et culturelles en vigueur dans nos sociétés et notamment
celles qui régissent le mariage, la gestion des ressources,
l'héritage etc. Considérant que l'éducation,
la formation et l'information de tous, hommes, femmes et enfants en
matière des droits humains et légaux des femmes sont
des outils indispensables pour la réalisation de tout changement
notamment la promotion du statut de la femme et l'instauration d'une
société égalitaire et juste, le CAGED travaille
depuis 1999 sur cette question.
Comme vous le savez les programmes d'éducation aux droits
des femmes font partie intégrante des orientations de la Décennie
internationale des Nations Unies pour les Droits de l'Homme. Ce souci
d'éducation aux droits des femmes a aussi été
relevé par la Plate forme de Dakar et le Programme d'action
de Beijing. Il a été recommandé aux Etats de
promouvoir l'enseignement des droits de l'homme d'une façon
générale et des femmes plus spécifiquement dans
les programmes scolaires à tous les niveaux. Le GAGED a entrepris
tout d'abord un travail de recherche et de réflexion sur cette
question à un niveau sous régional et plus précisément
en Afrique de l'Ouest par la réalisation de quatre études
nationales (Ghana, Gambie, Guinée, Sénégal) et
l'organisation d'un Groupe d'experts en décembre 2001. Souhaitant
étendre le suivi de cette question à toute la région,
le CAGED a par la suite plaidé pour la prise en charge de l'éducation
de tous aux droits des femmes par deux structures régionales
à savoir la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des
Peuples et le Centre International pour l'Education des Femmes et
des Filles en Afrique.
Un partenariat a été établi à cet effet
avec la Commission africaine pour les droits de l'homme et des peuples
à travers la Rapporteure spéciale sur les droits des
femmes en Afrique, Mme Angela Melo. Mme Melo a inclut dans son programme
de travail le suivi de cette question sous un angle spécifique,
à savoir l'enseignement des droits humains et légaux
des femmes au personnel judiciaire, para judiciaire, de la police
et pénitentiaire.
Quant au CIEFFA, il a accueilli avec intérêt l'idée
d'intégrer cette dimension dans son programme de travail et
de travailler en collaboration avec le CAGED sur l'introduction des
droits des femmes dans le système éducatif formel et
informel dans le cadre d'un Protocole d'Accord qui va bientôt
être signé par les deux parties.
LE PROTOCOLE D'ACCORD CAGED/CIEFFA
La collaboration entre les deux institutions va au de la de cette
question. En effet le CAGED et le CIEFFA ont convenu suite à
la visite de la Coordonnatrice du CIEFFA à la CEA en juillet
2002 d'établir un partenariat entre les deux institutions.
Cette coopération consiste tout d'abord à échanger
d'une manière régulière des informations et des
publications d'intérêt commun, la participation du CIEFFA
aux réunions du Comite femmes genre et développement
et aux réunions institutionnelles et techniques du CAGED chaque
fois que celles ci porteront sur des programmes ou questions d'intérêt
commun et l'élaboration et la réalisation de projets
conjoints.
Les deux parties ont décidé dans le cadre du Programme
de suivi et évaluation du Plan d'action africain pour la période
2000-2004 que le CIEFFA prenne en charge le suivi du domaine de l'Education
dans les 21 pays membres du Comité femmes et développement
(mandat d'exercice 2001-2002). Le CAGED fournira à cet effet
un appui technique à l'élaboration des documents et
outils relatifs au suivi et à l'évaluation du volet
de l'éducation et de la formation des femmes et des filles.
CONCLUSION
Pour conclure, je résumerais en quelques lignes le travail
qu'accomplit le CAGED, tel que Mme Josephine Ouédraogo l'a
décrit dans un article paru dans la revue Les nouvelles d'Addis
en 2002. " La mission du CAGED consiste à aider les gouvernements
et les amener à ajuster constamment leurs politiques et leurs
programmes nationaux de maniere à prendre en compte les objectifs
définis dans la plate-forme de Beijing. Il doit également
élaborer les instruments adéquats pour faire le suivi
et l' évaluation des performances gouvernementales, lesquels
instruments lui permettront aussi d'analyser et d' évaluer
le statut et les conditions de vie des femmes dans chacun des 53 pays
africains. Le travail du Centre est à la fois un travail de
promotion et de renforcement des capacités, mais aussi de police
et de polissage des politiques ".
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