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RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING, 22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE


A. Participation et organisation des travaux

B. Discours d'ouverture (point 1 de l'ordre du jour)

C. Election du Bureau de la Conférence (point 2de l'ordre du jour)

D. Adoption de l'ordre du jour

E. Compte rendu des travaux: Rapports d'activités sur la mise en œuvre des plateformes de Dakar et de Beijing

Rapport des gouvernements africains
Rapport des organisations non gouvernementales (ONG)
Rapport de l'Organisation de l'unité africaine
Rapport de la Banque africaine de développement (BAD)
Rapport de la Commission économique pour l'Afrique (CEA)
Rapports des organismes des Nations Unies

F. Présentation du processus d'évaluation (point 4 de l'ordre du jour)

G. Evaluations thématiques de la mise en oeuvre des plateformes d'action de Dakar et de Beijing (point 5 de l'ordre du jour)

H. Forum spécial sur la paix et le développement (point 6 de l'ordre du jour)

Principaux résultats

I. Conclusion des ateliers (point 7 de l'ordre du jour)

J. Le plan d'action africain (période 2000 - 2004) (point 8 de l'ordre du jour)

K. Modalités de participation de l'Afrique à l'examen mondial à mi-parcours de la mise en œuvre des plateformes d'action (Beijing + 5) (point 9 de l'ordre du jour)

L. Déclaration de la Conférence (point 10 de l'ordre du jour)

M. Questions diverses (point 11 de l'ordre du jour)

N. Cérémonie de clôture (point 12 de l'ordre du jour)

Annexes

Annexe I. Recommandations de la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes.

Annexe II. a)
Déclaration de la sixième Conférence régionale sur les femmes - examen à mi-parcours de la mise en œuvre de la plate-forme d'action de Dakar et du programme d'action de Beijing
Annexe II. b) Plan d'action africain visant à accélérer la mise en œuvre des plate-formes de Beijing et de Dakar pour la promotion de la femme (période 2000 - 2001)

Annexe III. Résultat des travaux en atelier

Atelier 1 : Les femmes, la pauvreté et le pouvoir économique
Atelier 2 : L'accès insuffisant des femmes à l'éducation, à la formation, à la science et à la technologie
Atelier 3 : Les femmes, la culture, la famille et la socialisation
Atelier 4 : Les droits fondamentaux et les droits humains des femmes
Atelier 5 : Elaboration et utilisation généralisée des données désagrégées par sexe (DDS)
Atelier 6 : L'accession des femmes aux responsabilités politiques
Atelier 7 : Santé de la femme, planification familiale et population
Atelier 8 : Femmes et Paix
Atelier 9 : Les femmes et l'environnement et leur rôle dans la gestion des ressources naturelles
Atelier 10 : Mécanismes institutionnels
Atelier 11 : Femmes, communications, information et arts
Atelier 12 : La petite fille

Annexe IV. Déclaration/discours/appel adoptés par la sixième Conférence

1. Déclaration des organisations non gouvernementales
2. Déclaration des femmes handicapées
3. Appel d'Alger
4. Déclaration des femmes parlementaires africaines
5. Déclaration adressée au PNUD par les délégués à la Conférence
6. Lettre ouverte des femmes des pays lusophones d'Afrique
7. Déclaration de la délégation des jeunes
8. Motion des Iles de l'océan Indien
9. Message spécial de la délegation de la République démocratique du Congo (RDC) sur la paix
10. Déclaration des Organisations Syndicales Régionales Africaines
11. Déclaration des femmes rurales déleguées africaines
12. Message des Organisations Féminines de la République Démocratique du Congo


Annexe V. Modalités de participation de l'Afrique à l'examen mondial à mi-parcours de la mise en œuvre des plate-formes d'action

Annexe VI
. Activités parallèles

Annexe VII
. Préoccupation des femmes africaines dans le domaine de la paix

Annexe VIII
Liste des participants

A. Liste des délégations nationales
B. Liste des autres invités



 

A. PARTICIPATION ET ORGANISATION DES TRAVAUX


1. La sixième Conférence régionale africaine sur les femmes s'est tenue du 22 au 26 novembre 1999 à Addis-Abeba (Ethiopie) pour un examen à mi-parcours de la mise en œuvre de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing. La Conférence a été officiellement ouverte par Son Excellence le Dr Negasso Gidada, Président de la République fédérale démocratique d'Ethiopie. La cérémonie d'ouverture, présidée par Mme Aminata Mbengue Ndiaye, Présidente de la cinquième Conférence régionale, a été marquée par les allocutions des personnalités ci-après : M. K.Y. Amoako, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique, Mme Angela King, Conseiller spécial chargée des questions de parité entre les hommes et les femmes et de la promotion de la femme, l'Ambassadeur Habib Dentum, Secrétaire général adjoint de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et l'Ambassadrice Gertrude Mongella, Secrétaire générale de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes.

2. Les gouvernements et les ONG des Etats membres de la Commission ci-après étaient représentés : Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, République Centrafricaine, Tchad, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, République Démocratique du Congo, Djibouti, Egypte, Guinée Equatoriale, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Jamahiriya arabe libyenne, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Maurice, Maroc, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Afrique du Sud, Soudan, Swaziland, Togo, Tunisie, Ouganda, République-Unie de Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.

3. L'Organisation de l'unité africaine (OUA) et la Banque africaine de développement (BAD) étaient également représentées.

4. Les organismes et institutions spécialisées des Nations Unies ci-après étaient représentés : Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Organisation internationale du Travail (OIT), Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Programme alimentaire mondial (PAM), Organisation mondiale de la santé (OMS), Banque mondiale, Fonds monétaire international (FMI), Union internationale des télécommunications (UIT), Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Organisation internationale pour les migrations (OIM), Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), ONU-SIDA, Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA, Commission économique pour l'Europe (CEE), Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), Centre des Nations Unies pour les établissements humains (CNUEH) et Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).

5. Les organisations intergouvernementales ci-après étaient représentées: Marché commun pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique Australe (COMESA), East African Cooperation (EAC), Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), Institut panafricain pour le développement pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe (IPD-AEA) et Institut de gestion pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe (ESAMI).

6. Les Etats Membres de l'ONU et les organismes bilatéraux ci-après ont été représentés par des observateurs : Autriche, Belgique, Canada, Finlande, France, Allemagne, Italie, Irlande, Japon, Grèce, Suède, Suisse, Norvège, Pays-Bas, Palestine, Espagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, l'Agence canadienne pour le développement international (ACDI), l'Agence italienne de coopération pour le développement, l'USAID, l'Agence suédoise pour le développement international (SIDA), le British Council et l'Agence allemande pour la coopération technique (GTZ).

7. Les organisations non gouvernementales internationales ci-après ont participé à la Conférence en qualité d'observateurs : Femmes Africa Solidarité, Public Services International, Conférence des organisations non gouvernementales ayant un statut consultatif auprès de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, Confédération internationale des syndicats libres, Commission de la condition de la femme, Bureau régional africain, Good Shepherd Sisters, Third World Movement Against the Exploitation of Women (mouvement du tiers-monde contre l'exploitation des femmes), Centre pour les femmes, Global Leadership, International Women's Rights Action Watch (IWRAW), Gender and Development Training Centre, Women's Environment and Development Organization (Organisation des femmes pour l'environnement et le développement - WEDO), International Alert, Fédération internationale des femmes entrepreneurs (IFWE), One World Action, Daughters of Many Help of Christians, Soroptimist International, Centre for Development and Population activities (CEDPA), ENDA-SYNFEV, Centre for the Strategic Initiative of Women, Coalition contre le trafic des femmes - Afrique, Women connect, Pacific Institute for Women's Health, Marche Mondiale des femmes, Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF), Association for Progressive Communication of Women Affairs et Partnership Africa Canada.

8. Les organisations non gouvernementales régionales ci-après étaient également représentées à la Conférence : Inter-African Committee on Traditional Practices Affecting Women and Children (IAC), Pan-African Women Organization (PAWO), African Information Society-Gender Working Group (AIS-GWG), Women in Law and Development in Africa (WILDAF), Forum for African Women Educationalists (FAWE), Association des femmes africaines pour la recherche et le développement (AAWORD), Union africaine des femmes parlementaires, Fédération africaine des femmes entrepreneurs (AFWE), Council for Economic Empowerment of Women in Africa (CEEWA) et Eastern African Sub-Regional Support Initiative for the Advancement of Women (EASSI).


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B. ALLOCUTION D'OUVERTURE (point 1 de l'ordre du jour)


9. Dans sa déclaration liminaire, Son Excellence Mme Aminata Mbengue Ndiayem, Présidente de la cinquième Conférence régionale africaine sur les femmes a souhaité la bienvenue aux participants à la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes et leur a transmis les vœux de succès du Président du Sénégal. Elle a ensuite exposé les principaux objectifs de la Conférence, à savoir : entreprendre l'examen et l'évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la plate-forme d'action régionale et du programme d'action mondial, apporter sa contribution à la session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU - Beijing + 5 et définir une position commune africaine pour les cinq années à venir. Evoquant les différents mécanismes de mise en œuvre aux niveaux mondial, régional et national, elle a souligné la nécessité de définir de nouvelles priorités pour faire face au problème croissant de la pauvreté. Elle a noté que le 20ème siècle pose de nombreux défis au nombre desquels figurent la mondialisation de l'économie, les progrès dans les domaines de la science, de la technologie et de l'information, la multiplication des conflits et la dégradation de l'environnement. Par conséquent, malgré toutes les réalisations enregistrées ces cinq dernières années depuis Beijing, de nombreux défis restent encore à relever.

10. Mme Ndiaye a remercié le Président de la République fédérale démocratique d'Ethiopie pour l'accueil chaleureux réservé aux délégués à Addis-Abeba. Elle a également exprimé sa gratitude aux personnalités ci-après pour leur soutien : Mme Compaore, Première dame du Burkina Faso et Mme Stella Obasanjo, Première dame du Nigeria ; Mme Angela King, Conseiller spécial sur les questions de parité et de promotion de la femme ; M. K.Y. Amoako, Secrétaire exécutif de la CEA pour son soutien et son engagement à la cause de la femme africaine en particulier et aux questions de parité entre les hommes et les femmes en général ; Mme Joséphine Ouedraogo et son équipe ; Mme G. Mongella, pour l'intérêt qu'elle n'a cessé de montrer pour les femmes africaines ; Son Exellence, le Secrétaire général de l'OUA, pour l'intérêt qu'il accorde à la promotion de la femme, intérêt qui s'est traduit par la création, en collaboration avec la CEA, du Comité Femmes africaines pour la paix et le développement. Mme Ndiaye a conclu son intervention en annonçant la nomination récente de Mme Rose Odera du Kenya au poste de Présidente de la PRECOM pour la session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU prévue en l'an 2000.

11. Dans son discours d'ouverture, Son Excellence le Dr Negasso Gidada, Président de la République fédérale d'Ethiopie a souhaité la bienvenue aux participants à Addis-Abeba et à la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes. Il a fait observer que la promotion de la femme requiert l'engagement de tous les gouvernements. A cet égard, il a réitéré l'engagement de son gouvernement à promouvoir la pleine participation de la femme au développement. Il a déclaré que l'Ethiopie possède les structures et les institutions appropriées permettant de garantir l'intégration des questions de parité entre les hommes et les femmes dans les politiques et programmes nationaux. Il a souligné le rôle vital des femmes dans le développement socio-économique de l'Afrique et a exhorté les gouvernements à élaborer des politiques visant à répondre à leurs besoins.

12. Le Président a souligné que la Constitution éthiopienne vise l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et que le pays mène une politique nationale en faveur des femmes avec pour objectif d'institutionnaliser l'égalité des droits entre les hommes et les femmes. Par ailleurs, il existe des structures appropriées dans les ministères concernés qui veillent à ce que les questions de parité soient prises en compte dans tous les programmes de développement. Le Président a toutefois noté que malgré ces réalisations, l'Ethiopie, à l'image de bon nombre d'autres pays africains, manque de paix et de stabilité à cause des conflits internes et inter-Etats qui continuent de ruiner les énergies et les ressources de ses populations. Les pays africains doivent donc conjuguer leurs efforts pour combattre les ennemis de la paix, faute de quoi, la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes restera un objectif illusoire.

13. En conclusion, le Président Negasso Gidada a précisé qu'il existe deux domaines dans lesquelles les femmes ont des rôles importants à jouer, à savoir empêcher l'éclatement de conflits armés et contribuer aux efforts de lutte contre la pandémie du VIH/SIDA en Afrique. Leur rôle dans ces domaines est capital dans la mesure où les femmes et les enfants constituent le groupe le plus affecté par les conflits armés et la propagation du VIH/SIDA. Il a réitéré l'engagement de l'Ethiopie à œuvrer de concert avec d'autres Etats africains pour faire de la parité et de l'égalité entre les hommes et les femmes une réalité.

14. Dans son allocution, le Secrétaire exécutif de la CEA, M. K.Y. Amoako a souhaité la bienvenue aux participants et remercié les personnes ayant contribué à la préparation de la Conférence, en particulier le personnel du Centre africain pour la femme de la CEA dirigé par Mme J. Ouedraogo. Il a remercié Son Excellence, le Dr Negasso Gidada, Président de la République fédérale d'Ethiopie, pour ses remarques perspicaces et le Gouvernement éthiopien pour l'appui qu'il ne cesse d'apporter aux activités de la Commission économique pour l'Afrique. Il a également remercié les Gouvernements du Canada et de France pour leur concours financier à l'organisation de la Conférence.

15. De l'avis du Secrétaire exécutif, Beijing était certes un moment spécial pour la femme africaine et pour les hommes qui souhaitent la voir s'émanciper, mais de grands défis restent encore à relever si l'on veut réaliser la parité entre les sexes et élargir la gamme de choix qui s'offrent aux femmes. Parmi ces défis, figure en bonne place la nécessité de faire face au fléau du VIH/SIDA qui affecte les femmes de diverses manières. Le Secrétaire exécutif a relevé qu'en Afrique, les femmes n'ont toujours pas le droit à l'héritage foncier, pas plus qu'elles n'ont les mêmes chances d'accès à l'éducation et à la formation. Cette situation a provoqué des

disparités énormes en matière de scolarisation, d'alphabétisation et de taux d'abandon scolaire en raison principalement des mariages précoces, des grossesses des adolescentes, de l'environnement scolaire inadéquat, de l'insuffisance des infrastructures, de l'attitude négative vis à vis de l'éducation des filles et des ressources financières limitées.

16. Il a lancé un appel pour des efforts accrus tendant à permettre aux femmes d'occuper des postes de responsabilité et de prise de décisions, à mettre en place des mécanismes institutionnels pour suivre la mise en œuvre des plateformes au niveau national et à faire participer les femmes à la prévention et à la résolution des conflits. Il a exhorté les gouvernements à créer des mécanismes permettant de rassembler des données désagrégées par sexe dans le cadre de la comptabilité nationale.

17. En conclusion, M. Amoako a préconisé quatre types d'intervention : premièrement, des efforts renouvelés en vue de la formulation et de la mise en œuvre de politiques répondant aux besoins spécifiques et respectifs des femmes et des hommes ; deuxièmement, des efforts visant à suivre les progrès accomplis ; troisièmement, des approches établissant un lien entre la performance et la responsabilité ; quatrièmement, des actions visant l'intensification du travail en réseau et de la coordination en Afrique. Il a préconisé une participation accrue des ONG et des médias à la promotion de la parité entre les hommes et les femmes et la participation des milieux universitaires, du secteur privé et de la jeunesse aux discussions à venir.

18. Dans son intervention, Mme Angela King, Conseiller spécial sur les questions de parité et de promotion de la femme a, pour sa part, déclaré qu'elle est honorée d'avoir été invitée à cette Conférence destinée à examiner la mise en œuvre des plate-formes d'action de Beijing et de Dakar au niveau régional. Elle a rendu hommage à Son Excellence le Président de la République fédérale d'Ethiopie pour l'intérêt et l'appui qu'il a accordés à la Conférence. Elle a également remercié le Secrétaire exécutif, M. Amoako, pour son engagement sans faille à la responsabilisation de la femme dans la région et Mme Ouedraogo et ses collaborateurs pour l'excellente qualité de l'organisation de cette Conférence.

19. Evoquant la Conférence, Mme King a fait observer que celle-ci jetterait un regard objectif sur les réalisations enregistrées depuis l'adoption des plate-formes de Beijing et de Dakar et examinerait les actions à entreprendre dans l'avenir, l'impulsion donnée par la tenue de la prochaine session extraordinaire de l'Assemblée générale destinée à examiner et à évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des plateformes contribuera à en dresser le bilan. A cet égard, les premiers indicateurs des examens et analyses menés dans 124 pays montrent que les femmes ont obtenu des acquis remarquables en matière de santé, d'éducation et de reconnaissance de leurs droits. Cependant, malgré ces progrès, beaucoup reste à faire dans les domaines de l'éradication de la pauvreté, de l'analphabétisme, du chômage, des droits à l'héritage, de la violence à l'égard des femmes, de la santé de la reproduction, de la pandémie du VIH/SIDA et de la prise de décisions.

20. Mme King a mis en évidence le rôle joué par la Division de la promotion de la femme, la CEA, les Etats membres, l'OUA et les ONG pour que les questions de parité entre les hommes et les femmes continuent de figurer en bonne place parmi les priorités des programmes de développement en Afrique. De concert avec UNIFEM, la Division met en œuvre certaines recommandations de la Commission sur la condition de la femme dans les douze domaines critiques du programme d'action de Beijing. En outre, la Déclaration et le Plan d'action adoptés par la première Conférence ministérielle de l'OUA sur les droits de l'homme en Afrique a précisément exhorté les Etats membres à éliminer la discrimination à l'égard des femmes et les pratiques culturelles néfastes aux femmes et aux enfants. De même, la Déclaration de Ouagadougou a condamné la mutilation génitale féminine et formulé des recommandations concrètes au plan juridique et en matière de sensibilisation tout en préconisant les actions à mener au niveau de la communauté en vue de l'élimination de ces phénomènes. De l'avis de Mme King, les ONG ont joué un rôle essentiel en donnant une nouvelle impulsion aux débats sur les douze domaines critiques et en veillant au suivi des engagements pris par les gouvernements et les Etats par rapport à la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW).

21. Evoquant l'avenir, Mme King a noté qu'au moment où la Conférence passe en revue les réalisations en matière d'égalité entre les hommes et les femmes, il importe d'être pleinement conscient des nouveaux défis qui se posent pour la réalisation d'objectifs communs compte tenu du contexte mondial actuel caractérisé par une évolution de la politique macro-économique vers la privatisation, la libéralisation, la déréglementation et la contraction des dépenses publiques. Le défi, a-t-elle souligné, consiste à s'assurer que les programmes sociaux sont traduits dans les faits en investissements concrets permettant de promouvoir les capacités économiques et de production des femmes. Etant donné que la paix et la sécurité humaines sont essentielles à la réalisation du double objectif de croissance économique et de développement des capacités humaines, Mme King a déclaré que les femmes devraient être des acteurs essentiels aux côtés des hommes dans tous les efforts déployés en faveur des questions humanitaires et de maintien de la paix dans la région.

22. En conclusion, Mme King a rappelé aux participants leur rôle unique dans la définition des défis, des opportunités et des solutions pour la construction d'une société inclusive fondée sur la justice sociale et l'égalité entre les femmes, les hommes et les jeunes de la région. Elle a promis le soutien du Comité inter-institutions sur les femmes et les questions d'égalité entre les sexes et celui de la Division de la promotion de la femme aux efforts déployés par les participants et a souligné qu'elle attend avec impatience leurs conseils, leurs orientations et le plan d'action régional que la Conférence adopterait.

23. Dans son intervention, le Secrétaire général adjoint de l'OUA, l'Ambassadeur Habib Dentum, a souhaité la bienvenue à tous les délégués au nom du Secrétaire général de l'OUA, le Dr Salim Ahmed Salim, et a déclaré qu'il est heureux de participer à cette Conférence dans la mesure où elle se penchera sur l'avenir des femmes africaines dans les domaines politique et social au 21ème siècle. Il a remercié l'équipe de la CEA et le Centre africain pour la femme pour les efforts déployés dans le cadre de l'organisation de cette conférence. L'Ambassadeur Dentum a noté que la Conférence s'inscrivait dans le cadre des activités préparatoires de la rencontre Beijing + 5 en ce qu'elle offrait une occasion unique pour examiner le passé de manière critique afin de mieux envisager l'avenir. En outre, elle fournit l'occasion de créer un cadre pour un programme d'action réaliste et concret permettant de garantir une participation plus effective des femmes aux progrès politique, social et économique du continent.

24. Il a ensuite souligné la contribution de l'OUA dans la mise en œuvre de la Plate-forme de Dakar et du Programme d'action de Beijing. A cet égard, l'Ambassadeur Dentum a affirmé que dès sa création, l'OUA a reconnu la nécessité d'une pleine participation des femmes au développement. Il a ensuite cité d'autres initiatives importantes de l'Organisation, notamment les stratégies prospectives d'Arusha et de Nairobi. Ces initiatives auraient pu produire des résultats concrets si une bonne partie du continent ne s'était pas embourbé dans presque trois décennies de conflits armés qui ont considérablement affecté les femmes et les enfants. Face à cette situation, l'Ambassadeur a déclaré que la Commission économique pour l'Afrique et l'OUA reconnaissent le rôle important que les femmes peuvent jouer dans la prévention des conflits, d'où la création par ces deux institutions, du Comité Femmes africaines pour la paix et le développement. Ce Comité vise à donner aux femmes l'opportunité de contribuer à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits. L'Ambassadeur a indiqué que sans la paix, la sécurité et la stabilité, il ne saurait y avoir de développement social et économique durable en Afrique, d'où la nécessité pour le Comité Femmes africaines pour la paix et le développement et pour toutes les autres organisations de jouer un rôle actif dans la construction d'un continent d'où les conflits auront disparu.
25. En conclusion, le Secrétaire général adjoint a rappelé aux participants que pour construire un continent africain fort susceptible de relever efficacement les défis qui l'interpellent à l'aube du 21ème siècle et dans le contexte de la mondialisation, il faudra que les hommes et les femmes conjuguent leurs efforts.

26. La Secrétaire générale de la quatrième Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes et présidente de " Advocacy for Women in Africa " - Plaidoyer pour les femmes en Afrique (AWA) -, Mme Gertrude Mongella, a déclaré que la Conférence offre une occasion unique d'examiner les progrès accomplis depuis Beijing dans les douze domaines critiques pour la réalisation de l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle a noté que le partenariat entre les gouvernements, les organisations internationales et régionales et la société civile s 'est renforcé depuis Beijing. Elle a exhorté les femmes à travailler en collaboration avec les hommes en vue de réaliser l'égalité entre les sexes en partant de l'idée que la dynamique changeante des rôles dévolus respectivement aux hommes et aux femmes et les rapports qu'ils entretiennent, ont un impact significatif sur les performances en matière de développement. Elle a souligné l'importance du rôle de la femme dans le rétablissement de la paix et la résolution des conflits et a relevé que des réalisations importantes ont été enregistrées dans un certain nombre de domaines, notamment : la contribution des femmes aux affaires et à la politique grâce à la collaboration en réseau et aux pressions, ce qui a permis de maintenir l'accent sur les questions concernant les femmes, la création de mécanismes de suivi des droits humains de la femme, le lancement d'initiatives sous-régionales comme la Déclaration de la SADC sur les femmes et le développement signé par les Chefs d'Etat et de gouvernement, l'accroissement de la capacité et élargissement du champ d'action des ONG africaines.


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C. ELECTION DU BUREAU DE LA CONFERENCE (point 2 de l'ordre du jour)


27. Après des consultations entre les Ambassadeurs africains accrédités à Addis-Abeba sur la composition du nouveau bureau, il a été convenu que le bureau de la Conférence serait composé ainsi qu'il suit :

Président: Congo
Premier Vice-Président: Algérie
Deuxième Vice-Président: Malawi
Troisième Vice-Président: Ouganda
Rapporteur: Guinée

 

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D. ADOPTION DE L'ORDER DU JOUR


28. Les participants à la Conférence ont adopté l'ordre du jour suivant :

1. Ouverture de la Conférence
2. Election du bureau de la Conférence
3. Rapport d'activités de Dakar + 5
4. Présentation du processus d'évaluation
5. Evaluation des ateliers, un atelier pour chacun des douze domaines critiques de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing
6. Forum spécial sur la paix
7. Présentation des résultats des douze ateliers
8. Adoption du Plan d'action régional pour les cinq années à venir
9. Adoption des modalités de participation de l'Afrique à l'examen à mi-parcours (Beijing + 5) au niveau mondial
10. Adoption de la Déclaration de la Conférence
11. Questions diverses
12. Clôture de la Conférence

 

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E. COMPTE RENDU DES TRAVAUX

Rapports d'activités sur la mise en œuvre de la plate-forme d'action
de Dakar et du programme d'action de Beijing (point 3 de l'ordre du jour)

 

Rapport des gouvernements africains
Rapport des organisations non gouvernementales (ONG)
Rapport de l'Organisation de l'unité africaine (OUA)
Rapport de la Banque africaine de développement (BAD)
Rapport de la Commission économique pour l'Afrique (CEA)
Rapports des organismes des Nations Unies

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Rapport des gouvernements africains

29. La Commission économique pour l'Afrique (CEA) a été mandatée, à travers le Centre africain pour la femme, pour suivre et appuyer la mise en œuvre des plateformes d'action de Dakar et de Beijing et faire rapport au Secrétariat de l'Organisation des Nations Unies. Le rapport des gouvernements africains est donc une synthèse des différents rapports nationaux, préparée par le Centre africain pour la femme et soumis comme un des documents de travail de la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes. Cette synthèse s'inspire des rapports nationaux envoyés par les Etats membres.

30. Le résumé de la synthèse a été présenté par Son Excellence Mme Neziha Zarrouk, Ministre de la femme et de la famille. Trente-quatre des quarante-trois rapports nationaux reçus par le CAF avant le 31 octobre 1999 s'inspirent des plans d'action nationaux. Les trente rapports montrent par ailleurs que vingt pays ont confié la responsabilité de la mise en œuvre des politiques pertinentes et du plan d'action à un Ministère chargé de la condition féminine, cinq pays ont confié cette responsabilité au Ministère des affaires sociales et féminines, ou de la santé, etc. ou à une " Division " technique tandis que trois pays ont assigné cette tâche à un bureau chargé des affaires féminines. Quatre pays ont créé une structure qu'ils ont appelée "Comité ", " Commission ", ou " Conseil ". Les autres rapports envoyés par les pays sont fondés sur les programmes nationaux tirés du document sur les orientations nationales pour la promotion de la femme. Ces programmes nationaux portaient sur la mise en œuvre des politiques nationales de promotion de la femme.

31. Le pourcentage des budgets nationaux alloué au financement des activités de promotion de la femme reste très faible et les financements extérieurs constituent la composante la plus importante des ressources affectées à ce secteur. Cela explique en partie les choix de chaque Etat en ce qui concerne la définition des priorités. A cet égard, trente-trois pays ont retenu la lutte contre la pauvreté et la promotion de la santé comme domaines prioritaires, tandis que trente-deux pays ont opté pour l'éducation, vingt-sept pour la promotion des droits fondamentaux de la femme et seize pour la responsabilisation économique de la femme. Toutefois, il apparaît clairement que les quatre principaux domaines critiques demeurent la pauvreté, la santé, l'éducation et la promotion des droits humains de la femme.

32. Plusieurs pays ont adopté des politiques, des programmes et des plans de lutte contre la pauvreté avec des initiatives concrètes visant la réduction de la pauvreté chez les femmes à travers le renforcement de leurs capacités et la révision des lois et des pratiques administratives discriminatoires à leur égard. Les activités les plus remarquables à cet effet portent sur la promotion de l'accès des femmes aux crédits. Dans le domaine de la santé, les actions entreprises visent les résultats suivants : réduction des taux de mortalité maternelle et infantile, réduction des cas de mutilation génitale féminine (MGF) et d'autres pratiques néfastes à la santé des femmes et des filles, fourniture de services en matière de santé sexuelle et génésique, appui aux efforts de planification familiale, formation des agents sanitaires. Dans le secteur de l'éducation, il y a eu des progrès significatifs, notamment en ce qui concerne l'éducation des filles et des femmes et la mise en place de programmes d'alphabétisation en faveur des femmes. Dans le domaine des droits humains, les gouvernements ont commencé à réviser leur cadre juridique et à opérer des réformes constitutionnelles et législatives.

33. Une période de cinq ans est relativement courte pour la réalisation de changements durables. C'est pourquoi les réalisations indiquées dans les rapports nationaux constituent des avancées importantes dans les efforts visant à atteindre l'égalité entre les hommes et les femmes. Dans un certain nombre de pays, des contraintes particulières ont entravé ces efforts. Il s'agit notamment de l'insuffisance des ressources humaines, techniques et financières affectées aux mécanismes nationaux chargés des questions concernant la femme ; des croyances et pratiques négatives à l'égard des femmes ; du manque de personnel qualifié en matière d'analyse des questions de parité ; de la faible participation de certains acteurs nationaux ; des conflits et troubles sociaux ; du peu d'intérêt accordé aux mécanismes chargés de la promotion de la femme ; des difficultés liées à la coordination des activités de divers secteurs ; de l'existence d'une multitude de plans d'action sectoriels et de l'absence d'harmonisation de ces plans par rapport au plan d'action national ; de l'inexistence de données désagrégées par sexe ; de l'impact destructeur des politiques d'ajustement structurel sur les groupes sociaux les plus vulnérables, en particulier les femmes ; de la non-application de la législation et des réglementations ; de l'inexistence ou de la faiblesse des mécanismes de suivi et d'évaluation ; de la forte dépendance vis à vis des financements extérieurs pour la mise en œuvre des plans d'action nationaux.

34. La culture populaire demeure stéréotypée malgré le léger progrès enregistré dans la sensibilisation de la population à ce phénomène négatif à travers les médias. Les ONG ont également été présentes dans les activités de sensibilisation et de défense d'intérêts particuliers, l'objectif étant d'éradiquer les pratiques culturelles qui entravent la promotion de la femme et de la petite fille. Pour garantir une mise en œuvre plus efficace des plans d'action nationaux, il est nécessaire de définir clairement le mandat et le cadre des mécanismes structurels chargés de promouvoir la cause des femmes. Il est également essentiel de fournir les ressources humaines et financières nécessaires et de créer un système durable de financement des projets et des programmes. En outre, la problématique hommes-femmes devrait être intégrée dans la planification des politiques, projets et programmes nationaux et dans la répartition du budget. Les gouvernements devraient également veiller à l'application des lois, au suivi et à l'évaluation des projets et programmes contenus dans les plans nationaux d'action. Par ailleurs, les gouvernements devraient reconnaître la nécessité d'améliorer la communication entre les différents partenaires et, ce faisant, d'harmoniser leurs activités. Enfin, tous les pays africains devraient ratifier les instruments juridiques internationaux concernant les femmes et les intégrer dans leur législation nationale. Ils devraient en outre appliquer le système de quota tel que recommandé par l'Organisation des Nations Unies afin de parvenir à une représentation accrue des femmes aux postes de prise de décisions.

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Rapport des organisations non gouvernementales (ONG)

35. Le rapport présenté par la représentante des ONG, Mme Gladys M. Mutukwa, Présidente de la WILDAF, est le résultat des consultations menées par un groupe de travail comprenant huit ONG régionales africaines issues de quarante pays africains. Mme Mutukwa a déploré le fait que nombre d'ONG n'ont pu participer à la Conférence pour des raisons budgétaires. Cependant, étant donné que les ONG participaient à la Conférence pour la première fois comme partenaires à part entière, elle a exhorté toutes les représentantes à participer activement à toutes les réunions. Le rapport des ONG a mis en évidence les tendances qui se sont dessinées au cours des cinq années écoulées depuis Dakar et Beijing, les obstacles rencontrés et les principales recommandations pour l'avenir. Il a examiné ces questions en les rapportant aux douze domaines critiques. Il est noté dans le rapport que le commerce mondial et les réformes économiques ne servent pas les intérêts des populations. Cette situation entraîne l'appauvrissement et la marginalisation accrus des femmes. Il a exprimé la préoccupation suscitée par la pandémie du VIH/SIDA qui continue d'affecter les femmes à une vitesse alarmante. Les évaluations de l'impact écologique de l'industrialisation rapide négligent les effets particuliers de ce phénomène sur le bien-être biologique, social et culturel des femmes. En outre, le détournement et la mauvaise gestion des fonds renforcent la marginalisation de l'Afrique en général et des femmes en particulier.

36. Malgré ces lacunes, les ONG ont relevé que les progrès accomplis constituent une lueur d'espoir pour la promotion de la femme. Certes, l'image de la femme dans la culture populaire demeure stéréotypée, mais quelques progrès visant à remédier à ce phénomène ont été observés dans les médias. Les ONG ont souligné l'urgente nécessité de renforcer les capacités nationales en vue d'accélérer la mise en œuvre des plate-formes d'action de Beijing et de Dakar grâce à des dispositions constitutionnelles, législatives et financières appropriées.

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Rapport de l'Organisation de l'unité africaine

37. Etant donné que les plateformes d'action ont pour ambition d'éradiquer toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes dans tous les domaines de la vie, l'OUA a réaffirmé qu'elle est consciente du rôle essentiel et de la contribution importante des femmes à la stabilité, au progrès et au développement de l'Afrique. L'Organisation a en outre fait observer que la participation totale et effective des femmes, sur un pied d'égalité avec les hommes, est une condition préalable à une paix et à une stabilité durables. L'OUA s'est servie des réalisations enregistrées dans certaines domaines spécifiques des plate-formes d'action pour évaluer sa contribution aux efforts visant à améliorer la condition de la femme. Sur le plan économique, les efforts de l'Organisation ont conduit à la signature du Traité d'Abuja instituant la Communauté économique africaine. L'article 75 dudit traité prévoit un rôle plus actif des femmes dans les activités du continent. Certaines déclarations de l'Organisation comme la Déclaration sur la pandémie du SIDA en Afrique, reflètent les préoccupations liées aux progrès enregistrés dans le domaine de la santé. S'agissant de l'éducation, l'OUA a organisé la conférence sur la responsabilisation des femmes à travers l'alphabétisation fonctionnelle. La stratégie de l'Organisation de l'unité africaine pour l'avenir comprend la recherche d'une meilleure coordination entre les divers acteurs et partenaires à travers la concertation, de sorte que leurs rôles respectifs puissent être clairement définis.

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Rapport de la Banque africaine de développement (BAD)

38. Les activités de la Banque africaine de développement en faveur de la mise en œuvre du programme d'action de Beijing portent sur les domaines suivants : accroissement des ressources consacrées à l'élimination de la pauvreté absolue ; appui à d'autres institutions financières qui assistent les investisseurs et producteurs femmes à revenu faible, propriétaires de petites et micro-entreprises ; accroissement des financements destinés à répondre aux besoins des filles et des femmes en matière d'éducation et de formation ; révision des politiques, des procédures et de la composition du personnel afin que les investissements et programmes puissent bénéficier aux femmes.

39. La politique et les directives du Fonds de développement africain en matière de prêt exigent de la banque qu'elle adopte une perspective " genre" dans l'ensemble de ses politiques et programmes en vue de favoriser le rôle essentiel des femmes dans l'activité économique. En outre, la banque a adopté le principe de l'application d'une politique par pays et la procédure d'évaluation institutionnelle (CPIA), deux mécanismes à travers lesquels la responsabilisation de la femme devient un des critères d'évaluation que les Etats membres doivent remplir pour être éligibles à des ressources financières particulières. Depuis lors, la BAD a financé plusieurs projets bénéficiant directement aux femmes dans les domaines de la lutte contre la pauvreté, de l'éducation et de la formation. A cet égard, il a été noté que l'objectif de l'initiative de micro-financement du Fonds de développement africain pour l'Afrique (également connu sous le nom AMINA programme) est de fournir une gamme appropriée de services financiers aux micro-entrepreneurs. Ce programme a apporté son concours à plus de 36 ONG, prestataires des services d'épargne et de crédits. La plupart des ONG consacrent 40 à 100% de leur portefeuille de prêts aux femmes en zones rurale et urbaine, l'objectif étant clairement d'améliorer leurs conditions de vie et de renforcer leur pouvoir économique.

40. Au niveau institutionnel, il a été indiqué que la Banque avait une politique soucieuse de parité dans la mise en valeur des ressources humaines, l'objectif étant d'accroître le nombre de femmes occupant des postes de responsabilité élevés dans ses structures. Pour atteindre cet objectif, la banque a institutionnalisé des critères transparents pour le recrutement du personnel, les nominations et la promotion des femmes aux postes stratégiques de prise de décisions.

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Rapport de la Commission économique pour l'Afrique (CEA)

41. En adoptant la plate-forme d'action, les Etats membres ont également entériné la recommandation de formuler un plan systématique de mise en œuvre doté d'un calendrier, d'un ensemble de responsabilités bien définies et d'un budget approprié. Compte tenu de ces exigences, la Commission économique pour l'Afrique (CEA) a entrepris les activités de suivi nécessaires dans le processus de mise en œuvre en organisant des réunions sous-régionales. Ces réunions ont permis d'apporter l'assistance technique à un large éventail de participants, notamment les ministres et représentants des gouvernements, les ONG nationales de coordination et les députés et représentants des institutions de l'ONU. L'un des documents importants utilisés lors de ces réunions étaient les grandes lignes suggérées par la CEA pour un plan d'action national.

42. Dans le cadre de la commémoration de son 40ème anniversaire, la CEA a organisé une conférence internationale en avril 1998 sur le thème "Femmes africaines et développement économique : investir dans l'avenir ". Plusieurs engagements ont été pris lors de cette réunion, notamment : la création du Comité Femmes africaines pour la paix et le développement et du Fonds pour la promotion de la femme africaine. En outre, les représentants de certaines institutions et organisations ayant assisté à la conférence ont convenu d'élargir leurs partenariats avec les gouvernements afin de réaliser les objectifs suivants : examen des dépenses publiques sur la base de la problématique hommes-femmes ; mise en place de systèmes de comptabilité nationale attribuant une valeur au travail des femmes et, de télécentres pour les femmes en milieu rural.

43. Dans la vision de la CEA, les perspectives de développement de l'Afrique et la promotion de la femme sont indissociables. C'est ainsi qu'au sein de la Commission, le processus de réalisation de l'égalité entre les hommes et les femmes a commencé avec la promotion de la parité entre les sexes au niveau des structures de prise de décisions lorsque 40 % des postes de responsabilité ont été pourvus par des femmes entre 1997 et 1998. Au niveau des programmes, la problématique hommes-femmes est perçue comme une question touchant à tous les domaines et devant être intégrée dans toutes les activités essentielles de la Commission.

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Rapports des organismes des Nations Unies

44. Le Conseiller spécial sur les questions de parité et de promotion de la femme a présidé la séance consacrée aux rapports des organismes des Nations Unies. Les représentants des organisations ci-après ont présenté les principaux centres d'intérêt de leurs institutions et les efforts déployés en vue de contribuer à la mise en œuvre des plate-formes d'action de Dakar et de Beijing : PNUD, UNIFEM, FNUAP, HCR et PAM ; OIT, UNICEF et FAO ; OIM, OMS, Banque mondiale et CNUEH (habitat). Leurs domaines d'intérêt dans le cadre de la mise en œuvre des plate-formes d'action de Dakar et de Beijing sont vastes. Cependant, ces organismes ont pu présenter globalement les réalisations enregistrées à ce jour, indiquer les contraintes et les défis auxquels ils font face ainsi que les orientations stratégiques pour l'avenir.

45. Le PNUD a notamment mis l'accent sur la promotion d'un équilibre entre les hommes et les femmes et la définition de directives sur l'intégration des questions de parité dans les programmes tandis que UNIFEM a surtout ciblé l'amélioration de la sécurité économique des femmes, l'instauration de la bonne gouvernance, la construction de la paix et la résolution des conflits. Les politiques du FNUAP ont été révisées pour inclure les questions de parité dans les programmes nationaux. Cette approche a permis au FNUAP d'axer son action sur les domaines suivants : fourniture d'assistance en matière de collecte de données ventilées par sexe, collaboration avec les ONG pour faire face aux problèmes des pratiques traditionnelles néfastes qui affectent les femmes et les filles, assistance aux gouvernements pour leur permettre d'inclure la perspective genre dans l'élaboration des politiques démographiques. Le mandat du HCR couvre la protection et la promotion des droits des réfugiés ainsi que la promotion de l'égalité et de l'équité entre les hommes et les femmes, 80 % de l'assistance alimentaire du PAM sont consacrés aux femmes dans le cadre de la mission de cette Organisation qui est d'utiliser l'aide alimentaire pour promouvoir le développement.

46. L'OIT reconnaît que la mondialisation de l'économie et les programmes d'ajustement structurel ont eu des effets sur la participation des femmes à la main-d'œuvre. Face à cette situation, les principales préoccupations de l'Organisation sont : préparer les femmes à l'emploi dans le secteur structuré ; lancer des programmes pour faire face à l'impact de la mondialisation et des réformes économiques sur les travailleuses ; mettre au point une approche multidimensionnelle qui accorde une place à l'éducation et au renforcement des capacités humaines et institutionnelles. Les stratégies mises en œuvre par l'UNICEF sont orientées vers les domaines suivants : l'éducation des filles, la santé des filles et des femmes, le renforcement des capacités. Le mandat de la FAO est d'appuyer le développement durable dans le secteur agricole. L'Organisation offre un programme spécial sur la sécurité alimentaire qui cible les femmes en milieu rural. Dans le domaine de l'éducation et de la formation, son objectif est notamment d'améliorer les services de vulgarisation agricole à travers l'augmentation du nombre de femmes bénéficiaires desdits services et du nombre de travailleurs chargés de la vulgarisation.

47. Le mandat et le programme de l'OIM consistent à promouvoir les droits humains des immigrés, à soutenir les immigrés, les personnes déplacées, les victimes des catastrophes et à œuvrer pour que leurs droits en tant que personne soient reconnus. L'Organisation est également dotée d'un programme de rapatriement des africains qualifiés (hommes et femmes) dans leur pays d'origine. Pour l'OMS, les domaines prioritaires sont notamment la santé maternelle et mentale, les pratiques traditionnelles néfastes et le VIH/SIDA. La responsabilisation économique des femmes est au centre des préoccupations de la Banque mondiale. D'où l'accent mis par la Banque sur la politique d'investissement dans des activités économiques intéressant les femmes. Le principal domaine d'intérêt du CNUEH est la fourniture de l'assistance dans le domaine du développement urbain et de la gestion afin que les gains de la croissance économique soient répartis équitablement. Cette assistance est la suivante : appui de politique générale aux gouvernements nationaux et aux autorités locales, habitat et services.

48. Parmi les principales actions des organismes des Nations Unies figure notamment le soutien apporté aux activités menées dans les domaines ci-après : intégration des questions de parité entre les hommes et les femmes dans les programmes et renforcement des capacités des mécanismes chargés de ces questions, renforcement du pouvoir économique des femmes dans les communautés de base, élaboration de rapports nationaux sur le développement humain (PNUD), alphabétisation fonctionnelle et acquisition de connaissances en calcul, mécanisme de protection des femmes et des enfants contre la violence (HCR), diffusion de documents sur la Plate-forme d'action, fourniture de conseils techniques aux gouvernements, création de réseaux régionaux comme WAMNET, formation d'alliances et de coalitions de femmes dirigeantes et de femmes parlementaires (UNIFEM), accès à l'information en matière de santé de la reproduction et accès aux services de planification familiale (FNUAP), et stratégies de défense des intérêts particuliers (UNICEF).

49. Compte tenu des difficultés qui entravent la mise en œuvre des plate-formes, les participants ont recommandé les stratégies suivantes : premièrement, il est nécessaire de renforcer la coopération entre les gouvernements/ONG, la société civile et les organismes des Nations Unies ; deuxièmement, le PNUD devrait poursuivre son programme de réduction de la pauvreté tandis que la banque mondiale devrait assister les femmes dans le domaine des micro-crédits ; troisièmement, il faudrait que les fonds générés par l'annulation de la dette soient canalisés vers UNIFEM pour financer les programmes d'intégration des questions de parité dans les politiques.

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Document distributed by: The African Centre for Gender and Development [ACGD]
A Division of : The United Nations Economic Commission for Africa [UNECA]