RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES
SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING,
22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE
A. Participation et organisation des travaux
B. Discours d'ouverture (point 1 de l'ordre du jour)
C. Election du Bureau de la Conférence (point
2de l'ordre du jour)
D. Adoption de l'ordre du jour
E. Compte rendu des travaux: Rapports d'activités
sur la mise en uvre des plateformes de Dakar et de Beijing
Rapport des gouvernements africains
Rapport des organisations non gouvernementales (ONG)
Rapport de l'Organisation de l'unité africaine
Rapport de la Banque africaine de développement
(BAD)
Rapport de la Commission économique pour l'Afrique
(CEA)
Rapports des organismes des Nations Unies
F. Présentation du processus d'évaluation
(point 4 de l'ordre du jour)
G. Evaluations thématiques de la
mise en oeuvre des plateformes d'action de Dakar et de Beijing
(point 5 de l'ordre du jour)
H. Forum spécial sur la paix et
le développement (point 6 de l'ordre du jour)
Principaux résultats
I. Conclusion des ateliers (point 7
de l'ordre du jour)
J. Le plan d'action africain (période
2000 - 2004) (point 8 de l'ordre du jour)
K. Modalités de participation de
l'Afrique à l'examen mondial à mi-parcours de la mise
en uvre des plateformes d'action (Beijing + 5) (point 9
de l'ordre du jour)
L. Déclaration de la Conférence
(point 10 de l'ordre du jour)
M. Questions diverses (point 11 de
l'ordre du jour)
N. Cérémonie de clôture
(point 12 de l'ordre du jour)
Annexes
Annexe I. Recommandations de la sixième
Conférence régionale africaine sur les femmes.
Annexe II. a) Déclaration de la sixième Conférence
régionale sur les femmes - examen à mi-parcours de la
mise en uvre de la plate-forme d'action de Dakar et du programme
d'action de Beijing
Annexe II. b) Plan d'action
africain visant à accélérer la mise en uvre
des plate-formes de Beijing et de Dakar pour la promotion de la femme
(période 2000 - 2001)
Annexe III. Résultat des travaux
en atelier
Atelier 1 : Les femmes, la
pauvreté et le pouvoir économique
Atelier 2 : L'accès
insuffisant des femmes à l'éducation, à la
formation, à la science et à la technologie
Atelier 3 : Les femmes, la
culture, la famille et la socialisation
Atelier 4 : Les droits fondamentaux
et les droits humains des femmes
Atelier 5 : Elaboration et utilisation
généralisée des données désagrégées
par sexe (DDS)
Atelier 6 : L'accession des
femmes aux responsabilités politiques
Atelier 7 : Santé de
la femme, planification familiale et population
Atelier 8 : Femmes et Paix
Atelier 9 : Les femmes et
l'environnement et leur rôle dans la gestion des ressources
naturelles
Atelier 10 : Mécanismes
institutionnels
Atelier 11 : Femmes, communications,
information et arts
Atelier 12 : La petite fille
Annexe IV. Déclaration/discours/appel
adoptés par la sixième Conférence
1. Déclaration des organisations
non gouvernementales
2. Déclaration des femmes
handicapées
3. Appel d'Alger
4. Déclaration des femmes
parlementaires africaines
5. Déclaration adressée
au PNUD par les délégués à la Conférence
6. Lettre ouverte des femmes des
pays lusophones d'Afrique
7. Déclaration de la délégation
des jeunes
8. Motion des Iles de l'océan
Indien
9. Message spécial de la
délegation de la République démocratique du
Congo (RDC) sur la paix
10. Déclaration des Organisations
Syndicales Régionales Africaines
11. Déclaration des femmes
rurales déleguées africaines
12. Message des Organisations
Féminines de la République Démocratique du
Congo
Annexe V. Modalités de participation
de l'Afrique à l'examen mondial à mi-parcours de la
mise en uvre des plate-formes d'action
Annexe VI. Activités parallèles
Annexe VII. Préoccupation des femmes africaines dans le
domaine de la paix
Annexe VIII Liste des participants
A. Liste des délégations nationales
B. Liste des autres invités
A. PARTICIPATION ET ORGANISATION DES TRAVAUX
1. La sixième Conférence régionale africaine sur
les femmes s'est tenue du 22 au 26 novembre 1999 à Addis-Abeba
(Ethiopie) pour un examen à mi-parcours de la mise en uvre
de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing.
La Conférence a été officiellement ouverte par
Son Excellence le Dr Negasso Gidada, Président de la République
fédérale démocratique d'Ethiopie. La cérémonie
d'ouverture, présidée par Mme Aminata Mbengue Ndiaye,
Présidente de la cinquième Conférence régionale,
a été marquée par les allocutions des personnalités
ci-après : M. K.Y. Amoako, Secrétaire exécutif
de la Commission économique pour l'Afrique, Mme Angela King,
Conseiller spécial chargée des questions de parité
entre les hommes et les femmes et de la promotion de la femme, l'Ambassadeur
Habib Dentum, Secrétaire général adjoint de l'Organisation
de l'unité africaine (OUA) et l'Ambassadrice Gertrude Mongella,
Secrétaire générale de la quatrième Conférence
mondiale sur les femmes.
2. Les gouvernements et les ONG des Etats membres de la Commission
ci-après étaient représentés : Algérie,
Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert,
République Centrafricaine, Tchad, Comores, Congo, Côte
d'Ivoire, République Démocratique du Congo, Djibouti,
Egypte, Guinée Equatoriale, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée,
Guinée Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Jamahiriya arabe libyenne,
Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Maurice, Maroc, Mozambique, Namibie,
Niger, Nigeria, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal,
Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Afrique du Sud, Soudan, Swaziland,
Togo, Tunisie, Ouganda, République-Unie de Tanzanie, Zambie et
Zimbabwe.
3. L'Organisation de l'unité africaine (OUA) et la Banque africaine
de développement (BAD) étaient également représentées.
4. Les organismes et institutions spécialisées des Nations
Unies ci-après étaient représentés : Programme
des Nations Unies pour le développement (PNUD), Haut commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Fonds des Nations
Unies pour l'enfance (UNICEF), Organisation internationale du Travail
(OIT), Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Programme
alimentaire mondial (PAM), Organisation mondiale de la santé
(OMS), Banque mondiale, Fonds monétaire international (FMI),
Union internationale des télécommunications (UIT), Organisation
des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Organisation
des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
(UNESCO), Organisation internationale pour les migrations (OIM), Organisation
des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), Fonds
de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), ONU-SIDA,
Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA, Commission économique
pour l'Europe (CEE), Programme des Nations Unies pour l'environnement
(PNUE), Centre des Nations Unies pour les établissements humains
(CNUEH) et Commission économique pour l'Amérique latine
et les Caraïbes (CEPALC).
5. Les organisations intergouvernementales ci-après étaient
représentées: Marché commun pour l'Afrique de l'Est
et l'Afrique Australe (COMESA), East African Cooperation (EAC), Communauté
de développement de l'Afrique australe (SADC), Institut panafricain
pour le développement pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe
(IPD-AEA) et Institut de gestion pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique
australe (ESAMI).
6. Les Etats Membres de l'ONU et les organismes bilatéraux ci-après
ont été représentés par des observateurs
: Autriche, Belgique, Canada, Finlande, France, Allemagne, Italie, Irlande,
Japon, Grèce, Suède, Suisse, Norvège, Pays-Bas,
Palestine, Espagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, l'Agence canadienne pour
le développement international (ACDI), l'Agence italienne de
coopération pour le développement, l'USAID, l'Agence suédoise
pour le développement international (SIDA), le British Council
et l'Agence allemande pour la coopération technique (GTZ).
7. Les organisations non gouvernementales internationales ci-après
ont participé à la Conférence en qualité
d'observateurs : Femmes Africa Solidarité, Public Services International,
Conférence des organisations non gouvernementales ayant un statut
consultatif auprès de la Commission africaine des droits de l'homme
et des peuples, Confédération internationale des syndicats
libres, Commission de la condition de la femme, Bureau régional
africain, Good Shepherd Sisters, Third World Movement Against the Exploitation
of Women (mouvement du tiers-monde contre l'exploitation des femmes),
Centre pour les femmes, Global Leadership, International Women's Rights
Action Watch (IWRAW), Gender and Development Training Centre, Women's
Environment and Development Organization (Organisation des femmes pour
l'environnement et le développement - WEDO), International Alert,
Fédération internationale des femmes entrepreneurs (IFWE),
One World Action, Daughters of Many Help of Christians, Soroptimist
International, Centre for Development and Population activities (CEDPA),
ENDA-SYNFEV, Centre for the Strategic Initiative of Women, Coalition
contre le trafic des femmes - Afrique, Women connect, Pacific Institute
for Women's Health, Marche Mondiale des femmes, Fédération
internationale pour la planification familiale (IPPF), Association for
Progressive Communication of Women Affairs et Partnership Africa Canada.
8. Les organisations non gouvernementales régionales ci-après
étaient également représentées à
la Conférence : Inter-African Committee on Traditional Practices
Affecting Women and Children (IAC), Pan-African Women Organization (PAWO),
African Information Society-Gender Working Group (AIS-GWG), Women in
Law and Development in Africa (WILDAF), Forum for African Women Educationalists
(FAWE), Association des femmes africaines pour la recherche et le développement
(AAWORD), Union africaine des femmes parlementaires, Fédération
africaine des femmes entrepreneurs (AFWE), Council for Economic Empowerment
of Women in Africa (CEEWA) et Eastern African Sub-Regional Support Initiative
for the Advancement of Women (EASSI).
[sommaire]
B. ALLOCUTION D'OUVERTURE (point 1 de l'ordre du jour)
9. Dans sa déclaration liminaire, Son Excellence Mme Aminata
Mbengue Ndiayem, Présidente de la cinquième Conférence
régionale africaine sur les femmes a souhaité la bienvenue
aux participants à la sixième Conférence régionale
africaine sur les femmes et leur a transmis les vux de succès
du Président du Sénégal. Elle a ensuite exposé
les principaux objectifs de la Conférence, à savoir :
entreprendre l'examen et l'évaluation à mi-parcours de
la mise en uvre de la plate-forme d'action régionale et
du programme d'action mondial, apporter sa contribution à la
session extraordinaire de l'Assemblée générale
de l'ONU - Beijing + 5 et définir une position commune africaine
pour les cinq années à venir. Evoquant les différents
mécanismes de mise en uvre aux niveaux mondial, régional
et national, elle a souligné la nécessité de définir
de nouvelles priorités pour faire face au problème croissant
de la pauvreté. Elle a noté que le 20ème siècle
pose de nombreux défis au nombre desquels figurent la mondialisation
de l'économie, les progrès dans les domaines de la science,
de la technologie et de l'information, la multiplication des conflits
et la dégradation de l'environnement. Par conséquent,
malgré toutes les réalisations enregistrées ces
cinq dernières années depuis Beijing, de nombreux défis
restent encore à relever.
10. Mme Ndiaye a remercié le Président de la République
fédérale démocratique d'Ethiopie pour l'accueil
chaleureux réservé aux délégués à
Addis-Abeba. Elle a également exprimé sa gratitude aux
personnalités ci-après pour leur soutien : Mme Compaore,
Première dame du Burkina Faso et Mme Stella Obasanjo, Première
dame du Nigeria ; Mme Angela King, Conseiller spécial sur les
questions de parité et de promotion de la femme ; M. K.Y. Amoako,
Secrétaire exécutif de la CEA pour son soutien et son
engagement à la cause de la femme africaine en particulier et
aux questions de parité entre les hommes et les femmes en général
; Mme Joséphine Ouedraogo et son équipe ; Mme G. Mongella,
pour l'intérêt qu'elle n'a cessé de montrer pour
les femmes africaines ; Son Exellence, le Secrétaire général
de l'OUA, pour l'intérêt qu'il accorde à la promotion
de la femme, intérêt qui s'est traduit par la création,
en collaboration avec la CEA, du Comité Femmes africaines pour
la paix et le développement. Mme Ndiaye a conclu son intervention
en annonçant la nomination récente de Mme Rose Odera du
Kenya au poste de Présidente de la PRECOM pour la session extraordinaire
de l'Assemblée générale de l'ONU prévue
en l'an 2000.
11. Dans son discours d'ouverture, Son Excellence le Dr Negasso Gidada,
Président de la République fédérale d'Ethiopie
a souhaité la bienvenue aux participants à Addis-Abeba
et à la sixième Conférence régionale africaine
sur les femmes. Il a fait observer que la promotion de la femme requiert
l'engagement de tous les gouvernements. A cet égard, il a réitéré
l'engagement de son gouvernement à promouvoir la pleine participation
de la femme au développement. Il a déclaré que
l'Ethiopie possède les structures et les institutions appropriées
permettant de garantir l'intégration des questions de parité
entre les hommes et les femmes dans les politiques et programmes nationaux.
Il a souligné le rôle vital des femmes dans le développement
socio-économique de l'Afrique et a exhorté les gouvernements
à élaborer des politiques visant à répondre
à leurs besoins.
12. Le Président a souligné que la Constitution éthiopienne
vise l'élimination de toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes et que le pays mène une politique nationale
en faveur des femmes avec pour objectif d'institutionnaliser l'égalité
des droits entre les hommes et les femmes. Par ailleurs, il existe des
structures appropriées dans les ministères concernés
qui veillent à ce que les questions de parité soient prises
en compte dans tous les programmes de développement. Le Président
a toutefois noté que malgré ces réalisations, l'Ethiopie,
à l'image de bon nombre d'autres pays africains, manque de paix
et de stabilité à cause des conflits internes et inter-Etats
qui continuent de ruiner les énergies et les ressources de ses
populations. Les pays africains doivent donc conjuguer leurs efforts
pour combattre les ennemis de la paix, faute de quoi, la réalisation
de la parité entre les hommes et les femmes restera un objectif
illusoire.
13. En conclusion, le Président Negasso Gidada a précisé
qu'il existe deux domaines dans lesquelles les femmes ont des rôles
importants à jouer, à savoir empêcher l'éclatement
de conflits armés et contribuer aux efforts de lutte contre la
pandémie du VIH/SIDA en Afrique. Leur rôle dans ces domaines
est capital dans la mesure où les femmes et les enfants constituent
le groupe le plus affecté par les conflits armés et la
propagation du VIH/SIDA. Il a réitéré l'engagement
de l'Ethiopie à uvrer de concert avec d'autres Etats africains
pour faire de la parité et de l'égalité entre les
hommes et les femmes une réalité.
14. Dans son allocution, le Secrétaire exécutif de la
CEA, M. K.Y. Amoako a souhaité la bienvenue aux participants
et remercié les personnes ayant contribué à la
préparation de la Conférence, en particulier le personnel
du Centre africain pour la femme de la CEA dirigé par Mme J.
Ouedraogo. Il a remercié Son Excellence, le Dr Negasso Gidada,
Président de la République fédérale d'Ethiopie,
pour ses remarques perspicaces et le Gouvernement éthiopien pour
l'appui qu'il ne cesse d'apporter aux activités de la Commission
économique pour l'Afrique. Il a également remercié
les Gouvernements du Canada et de France pour leur concours financier
à l'organisation de la Conférence.
15. De l'avis du Secrétaire exécutif, Beijing était
certes un moment spécial pour la femme africaine et pour les
hommes qui souhaitent la voir s'émanciper, mais de grands défis
restent encore à relever si l'on veut réaliser la parité
entre les sexes et élargir la gamme de choix qui s'offrent aux
femmes. Parmi ces défis, figure en bonne place la nécessité
de faire face au fléau du VIH/SIDA qui affecte les femmes de
diverses manières. Le Secrétaire exécutif a relevé
qu'en Afrique, les femmes n'ont toujours pas le droit à l'héritage
foncier, pas plus qu'elles n'ont les mêmes chances d'accès
à l'éducation et à la formation. Cette situation
a provoqué des
disparités énormes en matière de scolarisation,
d'alphabétisation et de taux d'abandon scolaire en raison principalement
des mariages précoces, des grossesses des adolescentes, de l'environnement
scolaire inadéquat, de l'insuffisance des infrastructures, de
l'attitude négative vis à vis de l'éducation des
filles et des ressources financières limitées.
16. Il a lancé un appel pour des efforts accrus tendant à
permettre aux femmes d'occuper des postes de responsabilité et
de prise de décisions, à mettre en place des mécanismes
institutionnels pour suivre la mise en uvre des plateformes au
niveau national et à faire participer les femmes à la
prévention et à la résolution des conflits. Il
a exhorté les gouvernements à créer des mécanismes
permettant de rassembler des données désagrégées
par sexe dans le cadre de la comptabilité nationale.
17. En conclusion, M. Amoako a préconisé quatre types
d'intervention : premièrement, des efforts renouvelés
en vue de la formulation et de la mise en uvre de politiques répondant
aux besoins spécifiques et respectifs des femmes et des hommes
; deuxièmement, des efforts visant à suivre les progrès
accomplis ; troisièmement, des approches établissant un
lien entre la performance et la responsabilité ; quatrièmement,
des actions visant l'intensification du travail en réseau et
de la coordination en Afrique. Il a préconisé une participation
accrue des ONG et des médias à la promotion de la parité
entre les hommes et les femmes et la participation des milieux universitaires,
du secteur privé et de la jeunesse aux discussions à venir.
18. Dans son intervention, Mme Angela King, Conseiller spécial
sur les questions de parité et de promotion de la femme a, pour
sa part, déclaré qu'elle est honorée d'avoir été
invitée à cette Conférence destinée à
examiner la mise en uvre des plate-formes d'action de Beijing
et de Dakar au niveau régional. Elle a rendu hommage à
Son Excellence le Président de la République fédérale
d'Ethiopie pour l'intérêt et l'appui qu'il a accordés
à la Conférence. Elle a également remercié
le Secrétaire exécutif, M. Amoako, pour son engagement
sans faille à la responsabilisation de la femme dans la région
et Mme Ouedraogo et ses collaborateurs pour l'excellente qualité
de l'organisation de cette Conférence.
19. Evoquant la Conférence, Mme King a fait observer que celle-ci
jetterait un regard objectif sur les réalisations enregistrées
depuis l'adoption des plate-formes de Beijing et de Dakar et examinerait
les actions à entreprendre dans l'avenir, l'impulsion donnée
par la tenue de la prochaine session extraordinaire de l'Assemblée
générale destinée à examiner et à
évaluer les progrès réalisés dans la mise
en uvre des plateformes contribuera à en dresser le bilan.
A cet égard, les premiers indicateurs des examens et analyses
menés dans 124 pays montrent que les femmes ont obtenu des acquis
remarquables en matière de santé, d'éducation et
de reconnaissance de leurs droits. Cependant, malgré ces progrès,
beaucoup reste à faire dans les domaines de l'éradication
de la pauvreté, de l'analphabétisme, du chômage,
des droits à l'héritage, de la violence à l'égard
des femmes, de la santé de la reproduction, de la pandémie
du VIH/SIDA et de la prise de décisions.
20. Mme King a mis en évidence le rôle joué par
la Division de la promotion de la femme, la CEA, les Etats membres,
l'OUA et les ONG pour que les questions de parité entre les hommes
et les femmes continuent de figurer en bonne place parmi les priorités
des programmes de développement en Afrique. De concert avec UNIFEM,
la Division met en uvre certaines recommandations de la Commission
sur la condition de la femme dans les douze domaines critiques du programme
d'action de Beijing. En outre, la Déclaration et le Plan d'action
adoptés par la première Conférence ministérielle
de l'OUA sur les droits de l'homme en Afrique a précisément
exhorté les Etats membres à éliminer la discrimination
à l'égard des femmes et les pratiques culturelles néfastes
aux femmes et aux enfants. De même, la Déclaration de Ouagadougou
a condamné la mutilation génitale féminine et formulé
des recommandations concrètes au plan juridique et en matière
de sensibilisation tout en préconisant les actions à mener
au niveau de la communauté en vue de l'élimination de
ces phénomènes. De l'avis de Mme King, les ONG ont joué
un rôle essentiel en donnant une nouvelle impulsion aux débats
sur les douze domaines critiques et en veillant au suivi des engagements
pris par les gouvernements et les Etats par rapport à la Convention
pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes (CEDAW).
21. Evoquant l'avenir, Mme King a noté qu'au moment où
la Conférence passe en revue les réalisations en matière
d'égalité entre les hommes et les femmes, il importe d'être
pleinement conscient des nouveaux défis qui se posent pour la
réalisation d'objectifs communs compte tenu du contexte mondial
actuel caractérisé par une évolution de la politique
macro-économique vers la privatisation, la libéralisation,
la déréglementation et la contraction des dépenses
publiques. Le défi, a-t-elle souligné, consiste à
s'assurer que les programmes sociaux sont traduits dans les faits en
investissements concrets permettant de promouvoir les capacités
économiques et de production des femmes. Etant donné que
la paix et la sécurité humaines sont essentielles à
la réalisation du double objectif de croissance économique
et de développement des capacités humaines, Mme King a
déclaré que les femmes devraient être des acteurs
essentiels aux côtés des hommes dans tous les efforts déployés
en faveur des questions humanitaires et de maintien de la paix dans
la région.
22. En conclusion, Mme King a rappelé aux participants leur
rôle unique dans la définition des défis, des opportunités
et des solutions pour la construction d'une société inclusive
fondée sur la justice sociale et l'égalité entre
les femmes, les hommes et les jeunes de la région. Elle a promis
le soutien du Comité inter-institutions sur les femmes et les
questions d'égalité entre les sexes et celui de la Division
de la promotion de la femme aux efforts déployés par les
participants et a souligné qu'elle attend avec impatience leurs
conseils, leurs orientations et le plan d'action régional que
la Conférence adopterait.
23. Dans son intervention, le Secrétaire général
adjoint de l'OUA, l'Ambassadeur Habib Dentum, a souhaité la bienvenue
à tous les délégués au nom du Secrétaire
général de l'OUA, le Dr Salim Ahmed Salim, et a déclaré
qu'il est heureux de participer à cette Conférence dans
la mesure où elle se penchera sur l'avenir des femmes africaines
dans les domaines politique et social au 21ème siècle.
Il a remercié l'équipe de la CEA et le Centre africain
pour la femme pour les efforts déployés dans le cadre
de l'organisation de cette conférence. L'Ambassadeur Dentum a
noté que la Conférence s'inscrivait dans le cadre des
activités préparatoires de la rencontre Beijing + 5 en
ce qu'elle offrait une occasion unique pour examiner le passé
de manière critique afin de mieux envisager l'avenir. En outre,
elle fournit l'occasion de créer un cadre pour un programme d'action
réaliste et concret permettant de garantir une participation
plus effective des femmes aux progrès politique, social et économique
du continent.
24. Il a ensuite souligné la contribution de l'OUA dans la mise
en uvre de la Plate-forme de Dakar et du Programme d'action de
Beijing. A cet égard, l'Ambassadeur Dentum a affirmé que
dès sa création, l'OUA a reconnu la nécessité
d'une pleine participation des femmes au développement. Il a
ensuite cité d'autres initiatives importantes de l'Organisation,
notamment les stratégies prospectives d'Arusha et de Nairobi.
Ces initiatives auraient pu produire des résultats concrets si
une bonne partie du continent ne s'était pas embourbé
dans presque trois décennies de conflits armés qui ont
considérablement affecté les femmes et les enfants. Face
à cette situation, l'Ambassadeur a déclaré que
la Commission économique pour l'Afrique et l'OUA reconnaissent
le rôle important que les femmes peuvent jouer dans la prévention
des conflits, d'où la création par ces deux institutions,
du Comité Femmes africaines pour la paix et le développement.
Ce Comité vise à donner aux femmes l'opportunité
de contribuer à la prévention, à la gestion et
au règlement des conflits. L'Ambassadeur a indiqué que
sans la paix, la sécurité et la stabilité, il ne
saurait y avoir de développement social et économique
durable en Afrique, d'où la nécessité pour le Comité
Femmes africaines pour la paix et le développement et pour toutes
les autres organisations de jouer un rôle actif dans la construction
d'un continent d'où les conflits auront disparu.
25. En conclusion, le Secrétaire général adjoint
a rappelé aux participants que pour construire un continent africain
fort susceptible de relever efficacement les défis qui l'interpellent
à l'aube du 21ème siècle et dans le contexte de
la mondialisation, il faudra que les hommes et les femmes conjuguent
leurs efforts.
26. La Secrétaire générale de la quatrième
Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes et présidente
de " Advocacy for Women in Africa " - Plaidoyer pour les femmes
en Afrique (AWA) -, Mme Gertrude Mongella, a déclaré que
la Conférence offre une occasion unique d'examiner les progrès
accomplis depuis Beijing dans les douze domaines critiques pour la réalisation
de l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle a noté
que le partenariat entre les gouvernements, les organisations internationales
et régionales et la société civile s 'est renforcé
depuis Beijing. Elle a exhorté les femmes à travailler
en collaboration avec les hommes en vue de réaliser l'égalité
entre les sexes en partant de l'idée que la dynamique changeante
des rôles dévolus respectivement aux hommes et aux femmes
et les rapports qu'ils entretiennent, ont un impact significatif sur
les performances en matière de développement. Elle a souligné
l'importance du rôle de la femme dans le rétablissement
de la paix et la résolution des conflits et a relevé que
des réalisations importantes ont été enregistrées
dans un certain nombre de domaines, notamment : la contribution des
femmes aux affaires et à la politique grâce à la
collaboration en réseau et aux pressions, ce qui a permis de
maintenir l'accent sur les questions concernant les femmes, la création
de mécanismes de suivi des droits humains de la femme, le lancement
d'initiatives sous-régionales comme la Déclaration de
la SADC sur les femmes et le développement signé par les
Chefs d'Etat et de gouvernement, l'accroissement de la capacité
et élargissement du champ d'action des ONG africaines.
[sommaire]
C. ELECTION DU BUREAU DE LA CONFERENCE (point 2 de l'ordre du jour)
27. Après des consultations entre les Ambassadeurs africains
accrédités à Addis-Abeba sur la composition du
nouveau bureau, il a été convenu que le bureau de la Conférence
serait composé ainsi qu'il suit :
Président: Congo
Premier Vice-Président: Algérie
Deuxième Vice-Président: Malawi
Troisième Vice-Président: Ouganda
Rapporteur: Guinée
[sommaire]
D. ADOPTION DE L'ORDER DU JOUR
28. Les participants à la Conférence ont adopté
l'ordre du jour suivant :
1. Ouverture de la Conférence
2. Election du bureau de la Conférence
3. Rapport d'activités de Dakar + 5
4. Présentation du processus d'évaluation
5. Evaluation des ateliers, un atelier pour chacun des douze domaines
critiques de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action
de Beijing
6. Forum spécial sur la paix
7. Présentation des résultats des douze ateliers
8. Adoption du Plan d'action régional pour les cinq années
à venir
9. Adoption des modalités de participation de l'Afrique à
l'examen à mi-parcours (Beijing + 5) au niveau mondial
10. Adoption de la Déclaration de la Conférence
11. Questions diverses
12. Clôture de la Conférence
[sommaire]
E. COMPTE RENDU DES TRAVAUX
Rapports d'activités sur la mise en uvre
de la plate-forme d'action
de Dakar et du programme d'action de Beijing (point 3 de l'ordre du
jour)
Rapport des gouvernements africains
Rapport des organisations non gouvernementales (ONG)
Rapport de l'Organisation de l'unité africaine
(OUA)
Rapport de la Banque africaine de développement
(BAD)
Rapport de la Commission économique pour l'Afrique
(CEA)
Rapports des organismes des Nations Unies
[sommaire]
Rapport des gouvernements africains
29. La Commission économique pour l'Afrique (CEA) a été
mandatée, à travers le Centre africain pour la femme,
pour suivre et appuyer la mise en uvre des plateformes d'action
de Dakar et de Beijing et faire rapport au Secrétariat de l'Organisation
des Nations Unies. Le rapport des gouvernements africains est donc une
synthèse des différents rapports nationaux, préparée
par le Centre africain pour la femme et soumis comme un des documents
de travail de la sixième Conférence régionale africaine
sur les femmes. Cette synthèse s'inspire des rapports nationaux
envoyés par les Etats membres.
30. Le résumé de la synthèse a été
présenté par Son Excellence Mme Neziha Zarrouk, Ministre
de la femme et de la famille. Trente-quatre des quarante-trois rapports
nationaux reçus par le CAF avant le 31 octobre 1999 s'inspirent
des plans d'action nationaux. Les trente rapports montrent par ailleurs
que vingt pays ont confié la responsabilité de la mise
en uvre des politiques pertinentes et du plan d'action à
un Ministère chargé de la condition féminine, cinq
pays ont confié cette responsabilité au Ministère
des affaires sociales et féminines, ou de la santé, etc.
ou à une " Division " technique tandis que trois pays
ont assigné cette tâche à un bureau chargé
des affaires féminines. Quatre pays ont créé une
structure qu'ils ont appelée "Comité ", "
Commission ", ou " Conseil ". Les autres rapports envoyés
par les pays sont fondés sur les programmes nationaux tirés
du document sur les orientations nationales pour la promotion de la
femme. Ces programmes nationaux portaient sur la mise en uvre
des politiques nationales de promotion de la femme.
31. Le pourcentage des budgets nationaux alloué au financement
des activités de promotion de la femme reste très faible
et les financements extérieurs constituent la composante la plus
importante des ressources affectées à ce secteur. Cela
explique en partie les choix de chaque Etat en ce qui concerne la définition
des priorités. A cet égard, trente-trois pays ont retenu
la lutte contre la pauvreté et la promotion de la santé
comme domaines prioritaires, tandis que trente-deux pays ont opté
pour l'éducation, vingt-sept pour la promotion des droits fondamentaux
de la femme et seize pour la responsabilisation économique de
la femme. Toutefois, il apparaît clairement que les quatre principaux
domaines critiques demeurent la pauvreté, la santé, l'éducation
et la promotion des droits humains de la femme.
32. Plusieurs pays ont adopté des politiques, des programmes
et des plans de lutte contre la pauvreté avec des initiatives
concrètes visant la réduction de la pauvreté chez
les femmes à travers le renforcement de leurs capacités
et la révision des lois et des pratiques administratives discriminatoires
à leur égard. Les activités les plus remarquables
à cet effet portent sur la promotion de l'accès des femmes
aux crédits. Dans le domaine de la santé, les actions
entreprises visent les résultats suivants : réduction
des taux de mortalité maternelle et infantile, réduction
des cas de mutilation génitale féminine (MGF) et d'autres
pratiques néfastes à la santé des femmes et des
filles, fourniture de services en matière de santé sexuelle
et génésique, appui aux efforts de planification familiale,
formation des agents sanitaires. Dans le secteur de l'éducation,
il y a eu des progrès significatifs, notamment en ce qui concerne
l'éducation des filles et des femmes et la mise en place de programmes
d'alphabétisation en faveur des femmes. Dans le domaine des droits
humains, les gouvernements ont commencé à réviser
leur cadre juridique et à opérer des réformes constitutionnelles
et législatives.
33. Une période de cinq ans est relativement courte pour la réalisation
de changements durables. C'est pourquoi les réalisations indiquées
dans les rapports nationaux constituent des avancées importantes
dans les efforts visant à atteindre l'égalité entre
les hommes et les femmes. Dans un certain nombre de pays, des contraintes
particulières ont entravé ces efforts. Il s'agit notamment
de l'insuffisance des ressources humaines, techniques et financières
affectées aux mécanismes nationaux chargés des
questions concernant la femme ; des croyances et pratiques négatives
à l'égard des femmes ; du manque de personnel qualifié
en matière d'analyse des questions de parité ; de la faible
participation de certains acteurs nationaux ; des conflits et troubles
sociaux ; du peu d'intérêt accordé aux mécanismes
chargés de la promotion de la femme ; des difficultés
liées à la coordination des activités de divers
secteurs ; de l'existence d'une multitude de plans d'action sectoriels
et de l'absence d'harmonisation de ces plans par rapport au plan d'action
national ; de l'inexistence de données désagrégées
par sexe ; de l'impact destructeur des politiques d'ajustement structurel
sur les groupes sociaux les plus vulnérables, en particulier
les femmes ; de la non-application de la législation et des réglementations
; de l'inexistence ou de la faiblesse des mécanismes de suivi
et d'évaluation ; de la forte dépendance vis à
vis des financements extérieurs pour la mise en uvre des
plans d'action nationaux.
34. La culture populaire demeure stéréotypée malgré
le léger progrès enregistré dans la sensibilisation
de la population à ce phénomène négatif
à travers les médias. Les ONG ont également été
présentes dans les activités de sensibilisation et de
défense d'intérêts particuliers, l'objectif étant
d'éradiquer les pratiques culturelles qui entravent la promotion
de la femme et de la petite fille. Pour garantir une mise en uvre
plus efficace des plans d'action nationaux, il est nécessaire
de définir clairement le mandat et le cadre des mécanismes
structurels chargés de promouvoir la cause des femmes. Il est
également essentiel de fournir les ressources humaines et financières
nécessaires et de créer un système durable de financement
des projets et des programmes. En outre, la problématique hommes-femmes
devrait être intégrée dans la planification des
politiques, projets et programmes nationaux et dans la répartition
du budget. Les gouvernements devraient également veiller à
l'application des lois, au suivi et à l'évaluation des
projets et programmes contenus dans les plans nationaux d'action. Par
ailleurs, les gouvernements devraient reconnaître la nécessité
d'améliorer la communication entre les différents partenaires
et, ce faisant, d'harmoniser leurs activités. Enfin, tous les
pays africains devraient ratifier les instruments juridiques internationaux
concernant les femmes et les intégrer dans leur législation
nationale. Ils devraient en outre appliquer le système de quota
tel que recommandé par l'Organisation des Nations Unies afin
de parvenir à une représentation accrue des femmes aux
postes de prise de décisions.
[sommaire]
Rapport des organisations non gouvernementales (ONG)
35. Le rapport présenté par la représentante des
ONG, Mme Gladys M. Mutukwa, Présidente de la WILDAF, est le résultat
des consultations menées par un groupe de travail comprenant
huit ONG régionales africaines issues de quarante pays africains.
Mme Mutukwa a déploré le fait que nombre d'ONG n'ont pu
participer à la Conférence pour des raisons budgétaires.
Cependant, étant donné que les ONG participaient à
la Conférence pour la première fois comme partenaires
à part entière, elle a exhorté toutes les représentantes
à participer activement à toutes les réunions.
Le rapport des ONG a mis en évidence les tendances qui se sont
dessinées au cours des cinq années écoulées
depuis Dakar et Beijing, les obstacles rencontrés et les principales
recommandations pour l'avenir. Il a examiné ces questions en
les rapportant aux douze domaines critiques. Il est noté dans
le rapport que le commerce mondial et les réformes économiques
ne servent pas les intérêts des populations. Cette situation
entraîne l'appauvrissement et la marginalisation accrus des femmes.
Il a exprimé la préoccupation suscitée par la pandémie
du VIH/SIDA qui continue d'affecter les femmes à une vitesse
alarmante. Les évaluations de l'impact écologique de l'industrialisation
rapide négligent les effets particuliers de ce phénomène
sur le bien-être biologique, social et culturel des femmes. En
outre, le détournement et la mauvaise gestion des fonds renforcent
la marginalisation de l'Afrique en général et des femmes
en particulier.
36. Malgré ces lacunes, les ONG ont relevé que les progrès
accomplis constituent une lueur d'espoir pour la promotion de la femme.
Certes, l'image de la femme dans la culture populaire demeure stéréotypée,
mais quelques progrès visant à remédier à
ce phénomène ont été observés dans
les médias. Les ONG ont souligné l'urgente nécessité
de renforcer les capacités nationales en vue d'accélérer
la mise en uvre des plate-formes d'action de Beijing et de Dakar
grâce à des dispositions constitutionnelles, législatives
et financières appropriées.
[sommaire]
Rapport de l'Organisation de l'unité africaine
37. Etant donné que les plateformes d'action ont pour ambition
d'éradiquer toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes dans tous les domaines de la vie, l'OUA a réaffirmé
qu'elle est consciente du rôle essentiel et de la contribution
importante des femmes à la stabilité, au progrès
et au développement de l'Afrique. L'Organisation a en outre fait
observer que la participation totale et effective des femmes, sur un
pied d'égalité avec les hommes, est une condition préalable
à une paix et à une stabilité durables. L'OUA s'est
servie des réalisations enregistrées dans certaines domaines
spécifiques des plate-formes d'action pour évaluer sa
contribution aux efforts visant à améliorer la condition
de la femme. Sur le plan économique, les efforts de l'Organisation
ont conduit à la signature du Traité d'Abuja instituant
la Communauté économique africaine. L'article 75 dudit
traité prévoit un rôle plus actif des femmes dans
les activités du continent. Certaines déclarations de
l'Organisation comme la Déclaration sur la pandémie du
SIDA en Afrique, reflètent les préoccupations liées
aux progrès enregistrés dans le domaine de la santé.
S'agissant de l'éducation, l'OUA a organisé la conférence
sur la responsabilisation des femmes à travers l'alphabétisation
fonctionnelle. La stratégie de l'Organisation de l'unité
africaine pour l'avenir comprend la recherche d'une meilleure coordination
entre les divers acteurs et partenaires à travers la concertation,
de sorte que leurs rôles respectifs puissent être clairement
définis.
[sommaire]
Rapport de la Banque africaine de développement (BAD)
38. Les activités de la Banque africaine de développement
en faveur de la mise en uvre du programme d'action de Beijing
portent sur les domaines suivants : accroissement des ressources consacrées
à l'élimination de la pauvreté absolue ; appui
à d'autres institutions financières qui assistent les
investisseurs et producteurs femmes à revenu faible, propriétaires
de petites et micro-entreprises ; accroissement des financements destinés
à répondre aux besoins des filles et des femmes en matière
d'éducation et de formation ; révision des politiques,
des procédures et de la composition du personnel afin que les
investissements et programmes puissent bénéficier aux
femmes.
39. La politique et les directives du Fonds de développement
africain en matière de prêt exigent de la banque qu'elle
adopte une perspective " genre" dans l'ensemble de ses politiques
et programmes en vue de favoriser le rôle essentiel des femmes
dans l'activité économique. En outre, la banque a adopté
le principe de l'application d'une politique par pays et la procédure
d'évaluation institutionnelle (CPIA), deux mécanismes
à travers lesquels la responsabilisation de la femme devient
un des critères d'évaluation que les Etats membres doivent
remplir pour être éligibles à des ressources financières
particulières. Depuis lors, la BAD a financé plusieurs
projets bénéficiant directement aux femmes dans les domaines
de la lutte contre la pauvreté, de l'éducation et de la
formation. A cet égard, il a été noté que
l'objectif de l'initiative de micro-financement du Fonds de développement
africain pour l'Afrique (également connu sous le nom AMINA programme)
est de fournir une gamme appropriée de services financiers aux
micro-entrepreneurs. Ce programme a apporté son concours à
plus de 36 ONG, prestataires des services d'épargne et de crédits.
La plupart des ONG consacrent 40 à 100% de leur portefeuille
de prêts aux femmes en zones rurale et urbaine, l'objectif étant
clairement d'améliorer leurs conditions de vie et de renforcer
leur pouvoir économique.
40. Au niveau institutionnel, il a été indiqué
que la Banque avait une politique soucieuse de parité dans la
mise en valeur des ressources humaines, l'objectif étant d'accroître
le nombre de femmes occupant des postes de responsabilité élevés
dans ses structures. Pour atteindre cet objectif, la banque a institutionnalisé
des critères transparents pour le recrutement du personnel, les
nominations et la promotion des femmes aux postes stratégiques
de prise de décisions.
[sommaire]
Rapport de la Commission économique pour l'Afrique (CEA)
41. En adoptant la plate-forme d'action, les Etats membres ont également
entériné la recommandation de formuler un plan systématique
de mise en uvre doté d'un calendrier, d'un ensemble de
responsabilités bien définies et d'un budget approprié.
Compte tenu de ces exigences, la Commission économique pour l'Afrique
(CEA) a entrepris les activités de suivi nécessaires dans
le processus de mise en uvre en organisant des réunions
sous-régionales. Ces réunions ont permis d'apporter l'assistance
technique à un large éventail de participants, notamment
les ministres et représentants des gouvernements, les ONG nationales
de coordination et les députés et représentants
des institutions de l'ONU. L'un des documents importants utilisés
lors de ces réunions étaient les grandes lignes suggérées
par la CEA pour un plan d'action national.
42. Dans le cadre de la commémoration de son 40ème anniversaire,
la CEA a organisé une conférence internationale en avril
1998 sur le thème "Femmes africaines et développement
économique : investir dans l'avenir ". Plusieurs engagements
ont été pris lors de cette réunion, notamment :
la création du Comité Femmes africaines pour la paix et
le développement et du Fonds pour la promotion de la femme africaine.
En outre, les représentants de certaines institutions et organisations
ayant assisté à la conférence ont convenu d'élargir
leurs partenariats avec les gouvernements afin de réaliser les
objectifs suivants : examen des dépenses publiques sur la base
de la problématique hommes-femmes ; mise en place de systèmes
de comptabilité nationale attribuant une valeur au travail des
femmes et, de télécentres pour les femmes en milieu rural.
43. Dans la vision de la CEA, les perspectives de développement
de l'Afrique et la promotion de la femme sont indissociables. C'est
ainsi qu'au sein de la Commission, le processus de réalisation
de l'égalité entre les hommes et les femmes a commencé
avec la promotion de la parité entre les sexes au niveau des
structures de prise de décisions lorsque 40 % des postes de responsabilité
ont été pourvus par des femmes entre 1997 et 1998. Au
niveau des programmes, la problématique hommes-femmes est perçue
comme une question touchant à tous les domaines et devant être
intégrée dans toutes les activités essentielles
de la Commission.
[sommaire]
Rapports des organismes des Nations Unies
44. Le Conseiller spécial sur les questions de parité
et de promotion de la femme a présidé la séance
consacrée aux rapports des organismes des Nations Unies. Les
représentants des organisations ci-après ont présenté
les principaux centres d'intérêt de leurs institutions
et les efforts déployés en vue de contribuer à
la mise en uvre des plate-formes d'action de Dakar et de Beijing
: PNUD, UNIFEM, FNUAP, HCR et PAM ; OIT, UNICEF et FAO ; OIM, OMS, Banque
mondiale et CNUEH (habitat). Leurs domaines d'intérêt dans
le cadre de la mise en uvre des plate-formes d'action de Dakar
et de Beijing sont vastes. Cependant, ces organismes ont pu présenter
globalement les réalisations enregistrées à ce
jour, indiquer les contraintes et les défis auxquels ils font
face ainsi que les orientations stratégiques pour l'avenir.
45. Le PNUD a notamment mis l'accent sur la promotion d'un équilibre
entre les hommes et les femmes et la définition de directives
sur l'intégration des questions de parité dans les programmes
tandis que UNIFEM a surtout ciblé l'amélioration de la
sécurité économique des femmes, l'instauration
de la bonne gouvernance, la construction de la paix et la résolution
des conflits. Les politiques du FNUAP ont été révisées
pour inclure les questions de parité dans les programmes nationaux.
Cette approche a permis au FNUAP d'axer son action sur les domaines
suivants : fourniture d'assistance en matière de collecte de
données ventilées par sexe, collaboration avec les ONG
pour faire face aux problèmes des pratiques traditionnelles néfastes
qui affectent les femmes et les filles, assistance aux gouvernements
pour leur permettre d'inclure la perspective genre dans l'élaboration
des politiques démographiques. Le mandat du HCR couvre la protection
et la promotion des droits des réfugiés ainsi que la promotion
de l'égalité et de l'équité entre les hommes
et les femmes, 80 % de l'assistance alimentaire du PAM sont consacrés
aux femmes dans le cadre de la mission de cette Organisation qui est
d'utiliser l'aide alimentaire pour promouvoir le développement.
46. L'OIT reconnaît que la mondialisation de l'économie
et les programmes d'ajustement structurel ont eu des effets sur la participation
des femmes à la main-d'uvre. Face à cette situation,
les principales préoccupations de l'Organisation sont : préparer
les femmes à l'emploi dans le secteur structuré ; lancer
des programmes pour faire face à l'impact de la mondialisation
et des réformes économiques sur les travailleuses ; mettre
au point une approche multidimensionnelle qui accorde une place à
l'éducation et au renforcement des capacités humaines
et institutionnelles. Les stratégies mises en uvre par
l'UNICEF sont orientées vers les domaines suivants : l'éducation
des filles, la santé des filles et des femmes, le renforcement
des capacités. Le mandat de la FAO est d'appuyer le développement
durable dans le secteur agricole. L'Organisation offre un programme
spécial sur la sécurité alimentaire qui cible les
femmes en milieu rural. Dans le domaine de l'éducation et de
la formation, son objectif est notamment d'améliorer les services
de vulgarisation agricole à travers l'augmentation du nombre
de femmes bénéficiaires desdits services et du nombre
de travailleurs chargés de la vulgarisation.
47. Le mandat et le programme de l'OIM consistent à promouvoir
les droits humains des immigrés, à soutenir les immigrés,
les personnes déplacées, les victimes des catastrophes
et à uvrer pour que leurs droits en tant que personne soient
reconnus. L'Organisation est également dotée d'un programme
de rapatriement des africains qualifiés (hommes et femmes) dans
leur pays d'origine. Pour l'OMS, les domaines prioritaires sont notamment
la santé maternelle et mentale, les pratiques traditionnelles
néfastes et le VIH/SIDA. La responsabilisation économique
des femmes est au centre des préoccupations de la Banque mondiale.
D'où l'accent mis par la Banque sur la politique d'investissement
dans des activités économiques intéressant les
femmes. Le principal domaine d'intérêt du CNUEH est la
fourniture de l'assistance dans le domaine du développement urbain
et de la gestion afin que les gains de la croissance économique
soient répartis équitablement. Cette assistance est la
suivante : appui de politique générale aux gouvernements
nationaux et aux autorités locales, habitat et services.
48. Parmi les principales actions des organismes des Nations Unies
figure notamment le soutien apporté aux activités menées
dans les domaines ci-après : intégration des questions
de parité entre les hommes et les femmes dans les programmes
et renforcement des capacités des mécanismes chargés
de ces questions, renforcement du pouvoir économique des femmes
dans les communautés de base, élaboration de rapports
nationaux sur le développement humain (PNUD), alphabétisation
fonctionnelle et acquisition de connaissances en calcul, mécanisme
de protection des femmes et des enfants contre la violence (HCR), diffusion
de documents sur la Plate-forme d'action, fourniture de conseils techniques
aux gouvernements, création de réseaux régionaux
comme WAMNET, formation d'alliances et de coalitions de femmes dirigeantes
et de femmes parlementaires (UNIFEM), accès à l'information
en matière de santé de la reproduction et accès
aux services de planification familiale (FNUAP), et stratégies
de défense des intérêts particuliers (UNICEF).
49. Compte tenu des difficultés qui entravent la mise en uvre
des plate-formes, les participants ont recommandé les stratégies
suivantes : premièrement, il est nécessaire de renforcer
la coopération entre les gouvernements/ONG, la société
civile et les organismes des Nations Unies ; deuxièmement, le
PNUD devrait poursuivre son programme de réduction de la pauvreté
tandis que la banque mondiale devrait assister les femmes dans le domaine
des micro-crédits ; troisièmement, il faudrait que les
fonds générés par l'annulation de la dette soient
canalisés vers UNIFEM pour financer les programmes d'intégration
des questions de parité dans les politiques.
[sommaire]