Document distributed by: The African Centre for Gender and Development [ACGD]
A Division of : The United Nations Economic Commission for Africa [UNECA]




RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING, 22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE


ANNEXE II-b (suite)

II. STRATEGIES ET MECANISMES DE SUIVI ET D'EVALUATION DE LA MISE EN OEUVRE DE LA PLATEFORME ET DU PROGRAMME D'ACTION

Justification

Aux termes de la Déclaration d'Addis-Abeba sur le Programme d'action africain pour les femmes en juin 1995, les chefs d'Etat et de gouvernement africains "ont déclaré leur engagement solennel en faveur des principes, objectifs et priorités figurant dans le Programme d'action africain " ; ils ont également réaffirmé que "la mise en œuvre du Programme d'action africain incombe principalement aux gouvernements et aux populations d'Afrique ". Ils ont demandé, à cet égard, à la BAD, à la CEA et à l'OUA de "suivre de près la mise en œuvre du Programme d'action et de présenter régulièrement des rapports à ce sujet au Conseil des ministres et à la Conférence des ministres". De même, les gouvernements participant à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes de Beijing en 1995 se sont engagés à "traduire dans les faits le Plan d'action de Beijing, en veillant à ce que le souci d'égalité entre les sexes imprègne toutes les politiques et tous les programmes". Ils ont également reconnu qu'"il est essentiel d'élaborer, de mettre en œuvre et de surveiller des politiques et programmes de développement qui soient égalitaires, efficaces, efficients et synergiques et qui puissent favoriser le renforcement du pouvoir d'action des femmes et leur promotion".

Malheureusement, bien que la plupart des pays aient déjà formulé et commencé la mise en œuvre de leurs plans nationaux d'action, ils n'ont pas réussi à créer des mécanismes pour suivre l'évolution du processus de mise en œuvre de façon à pouvoir l'évaluer périodiquement. Dans la plupart des plans d'action nationaux des pays ayant présenté un rapport, on ne trouve pas d'indicateurs permettant d'évaluer les progrès accomplis en vue d'atteindre les objectifs fixés, et quelquefois, les indicateurs n'ont pas été bien définis. C'est pourquoi, il devient impossible d'évaluer les progrès accomplis en vue de la réalisation de l'objectif global que constitue l'intégration des femmes au processus de développement en tant que stratégie permettant d'assurer un développement durable, l'égalité et la paix. Pour trouver une solution globale à ce problème, chaque pays doit définir les moyens de suivre et d'évaluer la mise en œuvre de ces programmes d'action.

Vision

Chaque pays suit tous les ans et évalue tous les cinq ans la mise en œuvre des programmes d'action grâce à un mécanisme clairement défini comportant des indicateurs précis pour chacun des 12 domaines critiques.

Objectifs stratégiques

Au niveau national

16. Créer une équipe technique nationale d'experts dans chaque pays, qui définira clairement des indicateurs pour les 12 domaines critiques dont il suivra régulièrement l'évolution pour évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre.
Au niveau sous-régional

17. Veiller à ce que les OIG sous-régionales élaborent des outils appropriés qui leur permettront de suivre et d'évaluer les résultats obtenus dans l'intégration des femmes au processus de développement.

Au niveau régional

18. S'assurer que les institutions régionales disposent des instruments de suivi et d'évaluation qu'ils utiliseront régulièrement pour suivre les résultats obtenus dans la mise en œuvre.


Actions stratégiques

Niveau national

19. Identifier, et chaque fois que cela sera possible, nommer le personnel, en particulier, dans tous les 12 secteurs, qui constituera l'équipe technique nationale, formée pour entreprendre les tâches suivantes :

· Elaborer des indicateurs pour mesurer les progrès accomplis au cours du processus de mise en oeuvre

· Analyser les politiques et programmes pour s'assurer que les préoccupations et besoins des femmes sont pris en compte

· Définir les méthodes de suivi et d'évaluation

20. Elaborer des méthodes de suivi et d'évaluation.

21. Suivre chaque année le processus de mise en œuvre et procéder à l'évaluation à mi-parcours, et tous les deux ans suivre les progrès accomplis dans la mise en œuvre.

Niveaux sous-régional et régional

Suivre et évaluer les activités des équipes des OIG et des institutions régionales choisies et formées dans les domaines suivants :

· L'élaboration d'indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis dans le processus de mise en œuvre.

· L'analyse des politiques et des programmes pour s'assurer que les préoccupations des femmes sont prises en compte.
· Les processus de suivi et d'évaluation.

22. Elaborer des méthodes de suivi et d'évaluation.

23. Suivre chaque année le processus de mise en œuvre et évaluer tous les deux ans les progrès accomplis dans l'intégration des femmes au processus de développement.

24. La mise en place du mécanisme de suivi de la mise en œuvre et du Programme d'action devrait être accélérée par la création d'un secrétariat conjoint comprenant l'OUA, la BAD et la CEA. L'OUA assurera la présidence du secrétariat qui élaborera les modalités précises de coordination des trois organisations.

Acteurs

1. Des représentants de chacun des 12 domaines critiques nommés par la plus haute autorité ministérielle constitueront une équipe technique nationale qui sera chargée de suivre et d'évaluer le processus de mise en œuvre. Equipes chargées de l'évaluation et du suivi dans les OIG et les institutions régionales (BAD et OUA).

2. Formateurs en matière d'élaboration d'indicateurs, d'analyse des politiques pour les processus de vérification des activités liées aux femmes, de suivi et d'évaluation. Ils devraient provenir de la CEA et du Centre africain pour la femme, et les processus devraient être menés en collaboration avec l'OUA, la BAD, d'autres organismes des Nations Unies, des institutions de formation sous-régionales, régionales, bilatérales et multilatérales.

Calendrier

Au cours des quatre prochaines années, chaque pays devrait disposer d'une équipe nationale de suivi bien formée qui assurera les activités de suivi et d'évaluation en vue du rapport national d'évaluation qui sera publié en 2004.

Ressources

Les coûts devraient être répartis entre les Etats, qui devraient fournir les membres de l'équipe, abriter les stages de formation et mener les activités de suivi et d'évaluation. La CEA devrait jouer un rôle important au sein des organismes des Nations Unies, des organismes bilatéraux et multilatéraux et des institutions sous-régionales et régionales de formation, en élaborant et en mettant en œuvre le programme de formation.

[sommaire Annexe 2b]


III. LES FEMMES ET LA PRISE DE DÉCISIONS

Justification

Il ne saurait y avoir de développement global tant qu'on n'améliorera pas la condition des femmes aux plans social, économique et politique et que ces dernières ne prendront pas une part active à la gestion des affaires publiques. Dans la plupart des pays, les femmes sont sous-représentées à tous les niveaux de l'administration dans les secteurs public et privé. Elles représentent moins de 10% des membres du Parlement. Les attitudes et pratiques discriminatoires à leur égard, les responsabilités familiales, la faiblesse des revenus, le faible niveau d'études, le manque de confiance en soi, la non-maîtrise de leur sexualité et leur rôle dans la reproduction, ainsi que la non-compétitivité des femmes responsables sont autant d'éléments qui se combinent pour empêcher les femmes d'accéder aux postes de responsabilité. C'est pourquoi, il incombe à chaque Etat de prendre les mesures qui s'imposent pour créer un environnement favorable qui permette aux femmes de participer davantage au développement, de renforcer les capacités des femmes occupant des postes de responsabilité et d'assurer la justice sociale.

Vision

Chaque pays dispose d'un cadre institutionnel bien défini, limité dans le temps et efficace pour promouvoir la parité dans les organismes de prise de décisions dans les secteurs public et privé, au Parlement et dans les partis politiques, ainsi que dans les organisations internationales.

Objectifs stratégiques

25. Accroître le nombre de femmes occupant des postes politiques et de prise de décisions.

26. Promouvoir l'adoption de mesures en faveur des femmes pour réduire les disparités entre les sexes au niveau des organes de prise de décisions.

27. Donner aux femmes la possibilité de participer à la prise de décisions.

28. Améliorer les capacités des femmes occupant des postes de responsabilité.

29. Promouvoir les valeurs démocratiques, les notions de liberté, d'égalité entre les sexes et de séparation des pouvoirs.

30. Tenir compte des problèmes de parité dans tous les processus de prise de décisions et à tous les niveaux.

Actions stratégiques

Niveau national

31. Veiller à ce qu'un nombre approprié de femmes occupent des postes de prise de décisions.

32. Veiller à ce que les délégations nationales assistant aux réunions statutaires, nationales et internationales soient composées au moins à 33% au moins de femmes cadres spécialisées dans les domaines appropriés

33. Veiller à ce que les délégations nationales aux réunions statuaires ayant pour objet d'examiner les questions concernant les femmes aux niveaux national et international soient composées à 33% au moins d'hommes occupant des postes techniques et de prise de décision.

34. Assurer une formation aux fonctions de direction.

Niveau sous-régional

35. Donner aux femmes les mêmes possibilités pour diriger les OIG sous-régionales. La recherche effective de candidates devrait faire partie intégrante du processus normal de recrutement

36. Veiller à ce qu'au moins, tout le temps, 50% des chefs de département technique des OIG soient des femmes.

Niveau régional

37. Veiller à ce que, dans le cadre d'un effort concerté, les candidates soient promues à des postes de prise de décisions à l'OUA et qu'on soutienne les candidatures féminines au poste de Secrétaire général de l'OUA.

38. Incorporer dans la politique de recrutement la recherche effective de candidats -hommes et femmes- qualifiés pour occuper les postes de Secrétaire général, de Secrétaire général adjoint et de directeur technique.

Au cas où le Secrétaire général est un homme, veiller à ce que 50 % des secrétaires généraux adjoints soient des femmes ou vice-versa.

39. Dans le Parlement africain qui sera bientôt créé, veiller à ce qu'au moins 33 % des parlementaires soient des femmes.

40. Veiller à ce que 50 % au moins des responsables soient des femmes dans les prochains Fonds monétaire africain, Cour africaine de justice et Banque centrale africaine.

6. L'Organisation de l'unité africaine devrait en particulier :

a) concevoir des mécanismes qui permettent aux femmes de participer au processus électoral du Parlement panafricain, d'être nommées à ces nouvelles structures (Banque centrale africaine, Union monétaire africaine, Cour africaine de justice) et à d'autres postes de responsabilité.

b) Veiller à ce que les femmes participent pleinement sur un pied d'égalité à l'élaboration des textes juridiques constitutifs de l'Union et de toutes les structures connexes.

c) Veiller à ce que les intérêts des femmes soient pris en compte et que leurs vues soient incorporées dans les textes juridiques constitutifs de l'Union et de toutes les structures connexes.


7. L'OUA et la CEA devraient s'employer à faire participer le Comité africain des femmes pour la paix et le développement à la mise en œuvre du Plan d'action de Syrte.

Acteurs

Il incombe aux gouvernements de promouvoir les femmes aux postes de prise de décisions.

Indicateurs

1. Accroissement d'au moins 33 % du nombre de femmes occupant des postes de prise de décisions aux niveaux national, sous-régional et régional.
2. Formulation de politiques en faveur des femmes
3. Elaboration de textes législatifs
4. Conception de programmes tenant compte des préoccupations des femmes
5. Elaboration de politiques de recrutement et mise en place de mécanismes efficaces pour les femmes candidates
6. Mise en place de programmes de formation.

Calendrier

Au cours des quatre prochaines années, les gouvernements devraient prendre les mesures institutionnelles nécessaires pour promouvoir les femmes aux postes de prise de décisions.

Ressources

Les ressources nécessaires à l'établissement et au fonctionnement de ces structures devraient provenir des gouvernements, des ONG, des organisations de la société civile et des partenaires bilatéraux et multilatéraux de développement.

[sommaire Annexe 2b]


IV. MOBILISATION DES RESSOURCES POUR LA MISE EN OEUVRE DES PLATES-FORMES D'ACTION

Justification

Le manque de ressources continue d'entraver la mise en œuvre des plates-formes. C'est ce que presque tous les pays présentant un rapport, ont souligné. Cette même raison avait été avancée pour expliquer les faibles résultats en ce qui concerne la mise en œuvre des stratégies prospectives de Nairobi. Et pourtant, c'est un fait que d'énormes quantités de ressources existent dans les pays et que certains nationaux utilisent une grande partie de ces ressources pour des achats à l'étranger ou les déposent dans des banques étrangères. Inversement, des ressources financières considérables sont injectées dans le continent à diverses fins mais malgré cela on continue à déplorer le manque de ressources. Par conséquent, il importe d'examiner de façon approfondie la question de l'accès aux ressources intérieures et extérieures et de leur contrôle, compte tenu de leur rôle crucial dans la mise en œuvre des Plates-formes d'action (PFA). Le lourd fardeau de la dette, joint aux réformes structurelles opérées dans la plupart des pays africains, a compromis la mise en œuvre de la PFA de Dakar et du Programme d'action mondial (PAM) de Beijing. Dans la plupart des pays africains, les réformes de la fonction publique et les réduction des budgets consacrés au secteur social ont entraîné une diminution des ressources allouées à la mise en œuvre des PFA. Ces problèmes ont inévitablement eu des effets particulièrement dévastateurs notamment sur les programmes de lutte contre la pauvreté, la plupart des pays étant contraints de s'occuper des problèmes que pose le service de la dette.

Les Etats "s'engageront à éliminer toutes les formes d'exploitation économique étrangère, particulièrement celles pratiquées par les oligopoles internationaux afin de permettre à leurs peuples de bénéficier totalement des avantages tirés de leurs ressources nationales " (article 21.5).

Le problème de l'accès aux ressources et de leur contrôle se pose également pour les ressources provenant de sources extérieures comme les prêts ou les dons. Très souvent, on pense que ces ressources ne sont pas réparties et utilisées de façon transparente et équitable. Qui plus est, les femmes sont celles qui en bénéficient le moins du fait qu'elles n'occupent pas de postes de prise de décision, n'ont qu'un accès limité au crédit et aux ressources productives et n'ont aucune maîtrise sur ces dernières pour des raisons socioculturelles.

Les gouvernements africains ont la responsabilité morale et l'obligation de supprimer les énormes disparités et la misère humaine actuelles exacerbées par la pauvreté du fait que les populations n'ont plus accès à leurs ressources nationales et n'exercent aucun contrôle sur celles-ci. Il incombe aux gouvernements d'assurer la stabilité politique, économique et sociale en facilitant l'exploitation des ressources nationales disponibles afin de bâtir un avenir qui bénéficie aux populations. Ils doivent formuler des politiques qui réconcilient les impératifs des marchés mondiaux et les besoins, le bien être et la cohésion des populations nationales et d'assurer une plus grande participation des femmes à la prise de décision à tous les niveaux.

Vision

Au cours de la période de planification, l'objectif sera de créer une plus grande richesse nationale, tout en préservant les ressources nationales et en assurant une répartition équitable des fruits de la croissance économique et du développement afin de prévenir l'appauvrissement des personnes démunies et particulièrement, les femmes.


Objectifs stratégiques

Au niveau national

1. Dans les processus de budgétisation et de planification macro-économique, tenir compte des besoins et préoccupations des femmes afin que suffisamment de ressources soient allouées pour une mise en œuvre accélérée de la PFA africaine et du PA mondial ;

2. Renforcer la capacité d'absorber et de gérer les ressources allouées à la mise en oeuvre du Programme d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action de Dakar.

Au niveau régional

2. Mobiliser des ressources extérieures auprès des partenaires bilatéraux et internationaux pour une bonne mise en œuvre de la PFA, notamment grâce à des mesures d'annulation ou de conversion de la dette;

3. Militer pour le renforcement des organismes de financement telles que l'Unifem dont le mandat est d'appuyer les programmes en faveur des femmes et ceux portant sur les questions de disparité entre l'homme et la femme.


Actions stratégiques

Pour réaliser les objectifs susmentionnés, les gouvernements doivent :

1. S'assurer que la privatisation permet d'augmenter le nombre des partenaires au niveau national et des propriétaires d'entreprises nationales en assurant l'accès des femmes aux responsabilités et une concurrence loyale dans la création de richesses pour les nations. A cette fin, les gouvernements devraient trouver des moyens de garder les entreprises à privatiser totalement ou partiellement jusqu'à ce que des nationaux qualifiés, y compris des femmes, soient financièrement en mesure de les acheter ou de les gérer rentablement. Les gouvernements devraient s'assurer que les femmes ont accès à la propriété et à la gestion des entreprises à privatiser. Sur ce plan, de très bons résultats ont été obtenus en Malaisie et dans les pays membres de l'Association des pays de l'Asie du Sud-est (ASEAN) où la privatisation s'est faite en faveur des nationaux.

2. Lier les négociations sur les modalités du remboursement de la dette, y compris son annulation, à des ressources pour la mise en œuvre de la Plate-forme et du Programme d'action.

3. Recycler les fonds provenant de l'allégement de la dette et les affecter à des activités ayant pour objet d'assurer l'égalité entre les sexes .

4. Etablir et renforcer les mécanismes de budgétisation et de planification macro-économique tenant compte des besoins et préoccupations des femmes pour assurer le financement des activités entreprises en vue de la mise en œuvre de la PFA et du PAM.

5. Les structures économiques intergouvernementales sous-régionales et régionales, ainsi que les organisations de la société civile devraient affecter au moins 1% de leur budget total annuel aux activités en faveur des femmes là où aucun objectif spécifique n'a été fixé et/ou là où moins de 1% du budget est affecté ces activités. Les organismes des Nations Unies qui se sont assignés des objectifs concernant l'allocation des ressources aux activités pour la promotion des femmes, devraient fixer un échéancier et s'efforcer d'honorer leurs engagements à cet égard

Les acteurs

Les acteurs sont le gouvernement, les comités nationaux, les ONG, la société civile et d'autres institutions collaborant aux plans national et international.

Les indicateurs

Les indicateurs sont entre autres, le montant des ressources budgétaires allouées à la mise en œuvre de la Plate-forme d'action.

Calendrier

Dans le courant des deux années à venir chaque pays devra avoir augmenté son budget pour les activités en faveur de la promotion de la femme et mis en place ou renforcé ses mécanismes de planification macro-économique. Et au cours des quatre prochaines années, chaque pays devra avoir établi et renforcé d'autres types de mobilisation pour la mobilisation des ressources.

Mécanismes et structures

Le comité national de coordination devrait être chargé de promouvoir et de suivre la mobilisation des ressources auprès des sources mentionnées plus haut. Il devrait également déterminer les ressources financières requises pour la mise en oeuvre des Plates-formes d'action dans les différents secteurs.

[sommaire Annexe 2b]

V. STRATEGIES ET MECANISMES POUR L'INTEGRATION DE LA PROBLEMATIQUE HOMMES/FEMMES DANS LES POLITIQUES, LA PLANNIFICATION ET LA PROGRAMMATION

Justification

Le genre est un concept social qui renvoie aux normes d'une société donnée. C'est la variable qui sert à différencier, organiser et structurer les rôles et rapports sociaux. En décrivant les rôles et responsabilités au sein de la société, l'analyse différentielle en fonction du sexe est un moyen de prendre en compte non seulement les rôles économiques et sociaux des femmes et des hommes mais aussi s'agissant des activités de développement de connaître leurs atouts et de déterminer les contraintes auxquelles elles se heurtent. L'approche "genre" permet à une communauté de mener des activités qui, tout en favorisant une égale participation des hommes et des femmes au développement de cette communauté assure un partage équitable des ressources au sein de celle-ci. Si l'on veut que l'Afrique se développe durablement, les hommes et les femmes doivent également participer au développement, or la répartition inégale des ressources et les normes sociales en vigueur font que les femmes ne peuvent ni jouer pleinement leur rôle dans le développement ni en tirer profit pour leur propre bien-être.

En adoptant la Plateforme d'action de Dakar et le programme d'action de Beijing, les Etats membres se sont engagés à ouvrer pour réaliser l'égalité entre les sexes. Ils devraient par conséquent appliquer effectivement l'approche "genre" dans leurs politiques, dans la planification et la programmation nationales ainsi que dans l'évaluation des projets afin de réaliser cet objectif. Force est de consister que cinq ans après l'adoption de la Plateforme régionale, il reste encore beaucoup à faire pour que l'approche genre dans les politiques soit appliqué systématiquement, la planification et la programmation nationales, ainsi que l'évaluation des projets. C'est ce qu'on voit clairement aussi bien dans les structures publiques, la société civile, que dans le secteur privé et les organisations non gouvernementales. Quelques organisations sous-régionales ont adopté des mesures visant à appliquer systématiquement l'approche genre dans leurs politiques, programmes et activités, tandis que d'autres, sont sur le point de le faire. Ces efforts méritent d'être encouragés et soutenus.

Vision

Les secteurs public et privé ainsi que la société civile qui sont responsables de la mise en œuvre du Plan d'action national au niveau de chaque pays, comprennent et appliquent l'approche genre dans la formulation et l'exécution des programmes.

Objectifs stratégiques

Au niveau national

8. Prendre des meures pour améliorer les capacités des membres du Comité national consultatif et de coordination pour la promotion de l'égalité entre les sexes de l'équipe technique nationale des membres, de tous les comités ou commissions sectoriels chargés de la mise en œuvre des Plans d'action nationaux et de tous les partenaires au développement.

9. Intégrer les Plans d'action nationaux dans tous les projets exécutés par les partenaires nationaux et internationaux.

10. Promouvoir un système de collecte de données désagrégées par sexe et créer des banques de données correspondantes dans chaque département ministériel et chaque structure responsable de l'élaboration des statistiques, de la planification et de la programmation au niveau national.


Au niveau sous-régional et régional

11. Promouvoir la prise en compte systématique des besoins et des femmes ainsi que le renforcement des capacités dans les politiques, les programmes et activités des organisations sous-régionales et régionales.


Actions stratégiques

12. Institutionnaliser les systèmes de collecte de données désagrégées par sexe.

13. Mettre en place des banques de données désagrégées par sexe dans les structures pertinentes.

14. Dispenser une formation initiale et régulière sur les questions de disparité entre les sexes aux décideurs politiques, aux législateurs, aux planificateurs et aux ceux responsables de l'exécution des programmes ainsi qu'aux partenaires du développement.

15. Elaborer un guide adapté aux réalités nationales sur l'utilisation systématique de l'approche "genre".

Aux niveaux sous-régional et régional

Mettre en place et renforcer, s'il y a lieu, des mécanismes pour la prise en compte systématique des préoccupations et besoins des femmes, et le renforcement des capacités, dans les politiques, programmes et activités de toutes les organisations sous-régionales et régionales.

Indicateurs

16. Plans d'action nationaux ayant pour objet d'assurer l'égalité entre les sexes.

17. Existence de données désagrégées par sexe.

18. Ressources pour la collecte et l'analyse des données.

19. Nombre de décideurs politiques, de parlementaires, de législateurs et de responsables de programmes formés.

20. Nombre de sessions de formation.

Calendrier

Pendant les quatre prochaines années, chaque Etat devrait systématiquement appliquer l'approche genre dans tous les documents officiels et veiller à ce qu'il en soit ainsi. Le Comité national consultatif et de coordination chargée de promouvoir l'égalité entre les sexes peut très bien se charger de mettre en œuvre les différentes mesures avec l'assistance des partenaires nationaux, bilatéraux et multilatéraux du développement, de l'équipe technique nationale ainsi qu'avec celle des comités ou commissions sectorielles responsables de la mise en œuvre des plans d'action nationaux.

Ressources

Pour la mise en œuvre de ce programme il faudra une collaboration étroite entre les Etats, les ONG, les organisations de la société civile, les partenaires bilatéraux et multilatéraux du développement.

[sommaire Annexe 2b]


VI. LE VIH/SIDA ET SES CONSEQUENCES POURLA DEMARGINALISATION DES FEMMES

Justification

La pandémie du VIH/SIDA est en train de gommer tous les acquis réalisés ces 30 dernières années en Afrique dans les domaines de la santé publique et du développement économique. Elle tue fauche impitoyablement les jeunes à la fleur de l'âge. Environ 11 millions d'Africains sont morts du SIDA, ce qui fait en moyenne 2 millions par an ou 6 000 personnes par jour et pour un coût de 1000$ par enterrement. L'infection se propage à un taux alarmant touchant par jour 10 000 adultes âgés de 15 à 49 ans, principalement des femmes et 2000 enfants de moins de 15 ans, surtout des filles. A cet égard, il a été noté que la période d'incubation en Afrique est nettement plus courte que les 20 années estimées ailleurs. Les naissances, l'unique moyen combler les vides laissés par les morts et les mourants, ne sont que de 72 000/ jour et ne cessent de baisser.

La négligence généralisée, le mystère, les mythes, la honte, les préjugés et l'intolérance vis-à-vis de ce problème qui est essentiellement un problème de santé publique contribuent à propager cette maladie mortelle essentiellement contractée par les rapports sexuels, un acte important dans les relations entre hommes/femmes. Et encore une fois, ce sont les femmes qui sont défavorisées à cause de leur dépendance sociale et économique, des différences physiques et physiologiques qui les exposent, plus que leurs partenaires mâles aux infections. Les jeunes filles courent plus de risques du fait de certaines pratiques traditionnelles, des abus sexuels, des mariages forcés, de la prostitution et des croyances selon lesquelles un homme infecté peur guérir s'il a des relations sexuelles avec une vierge, ce qui expose la fille à des déchirures génitales qui accélèrent les infections. Les femmes handicapées courent également plus de risques d'être infectées par les MST et le VIH/SIDA à cause de leur double marginalisation comme femmes et handicapées. Les vieux parents qui ont très peu de moyens et ne bénéficient pratiquement pas de soutien particulier, sont ceux qui prennent en charge les orphelins. Les soutiens de famille meurent, les familles se désintègrent et la pauvreté et le découragement règnent.

Bien que les taux d'infection varient entre pays africains et sous-régions, la forte mobilité au sein du continent signifie qu'aucun pays ne sera à l'abri du VIH/SIDA. La prévention est la solution pour ralentir la propagation du SIDA en Afrique et pour stopper son impact final - la dévastation des populations africaines. Ici, il convient dans les stratégies de prévention d'examiner les structures qui font que les femmes sont défavorisées dans la société et de leur donner les moyens de protéger et de protéger aussi leurs enfants. Des ressources locales doivent être mobilisées afin de prévenir les infections et administrer les soins de santé, et non pas uniquement pour enterrer les morts.

Vision

L'objectif visé dans le Plan d'action est de réduire le taux d'infection à VIH/SIDA de 50% en 2004 en menant des campagnes de sensibilisation et en réduisant la dévastation socio-économique causée par le VIH/SIDA.

Objectifs stratégiques

Les objectifs stratégiques seront, entre autres, les suivants: accroître les ressources pour combattre la maladie et ses effets, confier des responsabilités aux femmes dans les domaines économique et social, grâce à des programmes d'information d'éducation et dénythifier le VIH/SIDA et dissiper l'effroi qu'il suscite de communication réalistes au sein de la communauté.

Actions stratégiques

Pour démystifier le VIH/SIDA et arrêter la propagation de l'infection, les gouvernements ont la responsabilité d'entreprendre des actions stratégiques qui sont, entre autres :

21. Formuler ou réviser les politiques sur le VIH/SIDA pour endiguer la propagation de l'infection et ensuite pour l'éradiquer en adoptant des mesures non-discriminatoires, en démystifiant la maladie et en protégeant les personnes infectées et non infectées.

22. Mettre en place ou renforcer les comités nationaux VIH/SIDA ou les organes qui en tiennent lieu, qui seront chargés d'élaborer des programmes nationaux de prévention et de lutte contre le VIH/SIDA.

23. Adopter des lois contre toutes les pratiques discriminatoires ayant des implications sur le VIH/SIDA, promouvoir la réglementation de l'âge de consentement, lutter contre la contamination délibérée des personnes non infectées par les personnes atteintes du SIDA et proscrire celle-ci.

24. Promouvoir les soins de santé communautaires, comme en Zambie où l'on encourage les malades à vivre positivement au sein de la communauté. Cette approche permet de mieux informer, éduquer et, partant d'éliminer les mythes et l'isolement qu'ils entraînent. Elle permet aussi de responsabiliser d'impliquer et de protéger les femmes et de s'occuper des orphelins.

25. Prévenir la transmission par la transfusion de sang contaminé, l'utilisation de seringues, de matériel chirurgical et dentaire contaminés, ainsi que l'allaitement par les mères infectées. A cette fin, les gouvernements, en collaboration étroite avec les ONG, les groupements féminins, le secteur privé et les organismes internationaux, devraient concevoir et mettre en œuvre des programmes et projets pour :

· Sensibiliser, former et inspecter

· Dépister le VIH et remonter les filières afin de protéger la santé publique, particulièrement en ce qui concerne les groupes à haut risque, qui seront déterminés au niveau national

Dispenser aux jeunes une éducation à la vie familiale et sexuelle sur les dangers du VIH/SIDA et les maladies sexuellement transmissibles

Mettre en place des associations communautaires sur la base des groupes d'âge et des professions, des regroupements religieux ou autres afin de faciliter l'échange d'informations et l'établissement de réseaux qui encouragent le sentiment de solidarité. Il sera ainsi possible de réduire la transmission et on prendra mieux soin des personnes déjà infectées

· Etablir des foyers et des centres (comme au Zimbabwe) pour recueillir les orphelins, les filles en particulier protéger afin qu'elles ne soient pas déshonnorées violent……, néglig……… ou l'abandonnées. Construire ou réaménager des hôpitaux, centres de santé et cliniques confiés à des professionnels et à du personnel qualifié afin de fournir des services de santé, y compris des conseils aux communautés.

26. Permettre aux pays de rechercher et de négocier la fourniture de matériels de dépistage et de médicaments à des prix raisonnables.

27. Protéger tous les nationaux contre des pratiques immorales telles que les tests sur les personnes sans leur plein consentement. Les femmes ont besoin d'être éduquées, formées et responsabilisées sur les plans social et économique et leurs droits humains doivent être protégés contre toute violation quelle qu'elle soit.

28. Permettre au comité national sur le VIH/SIDA, aux groupements et aux organisations féminins et à la société civile de s'assurer par le lobbying la volonté et l'engagement politiques des gouvernements.

29. Appuyer la recherche appliquée menée par des compatriotes en Afrique selon des méthodes traditionnelles ou modernes.

30. Organiser des programmes éducatifs et des campagnes de sensibilisation, y compris la fourniture de conseils aux femmes et aux jeunes sur les questions liées aux médicaments illicites.

Au niveau sous-régional

31. Créer ou renforcer les mécanismes sous-régionaux en vue de négociations collectives pour l'achat en gros et à des prix réduits de médicaments contre le VIH/SIDA.

Les acteurs

Les acteurs sont les individus, infectés et non infectés, la communauté, les gouvernements, les ONG ainsi que les institutions nationales, sous-régionales, régionales et internationales collaboratrices.

Les indicateurs

Certains des indicateurs sont les suivants : le nombre de communautés organisées et actives dans la lutte contre le VIH/SIDA ; le nombre de groupes ou de clubs d'information, d'éducation et de communication ; le nombre de centres de santé, d'hôpitaux, de dispensaires, de foyers et d'hôpitaux répondant aux besoins de soins de santé communautaires et sociaux ; le nombre de personnes sollicitant une assistance dans ces centres ; le nombre de nouvelles infections à VIH/SIDA ; les taux d'infections par les maladies sexuellement transmises ; les taux de mortalité ; les taux de natalité : les taux de fécondité et d'accroissement de la population ; le taux d'utilisation des préservatifs ; et le nombre de cas de viol par des personnes infectées par le VIH/SIDA et des individus condamnés à la suite de tels actes. La mise en œuvre de la Plateforme d'action visant à éradiquer le VIH/SIDA sera suivie et évaluée régulièrement par les équipes nationales multisectorielles qui comprendront, en leur sein des experts en la matière.

Ressources

Les gouvernements ont l'obligation morale d'allouer à titre prioritaire des ressources suffisantes pour la lutte contre la pandémie. Les ressources devant servir à fournir des soins de santé en milieu communautaire devraient être mobilisées sur le plan intérieur également. Toutefois, les tests de dépistage et les médicaments disponibles devraient se négocier avec les partenaires extérieurs sans les conditionnalités qui détournent les nations de leurs priorités ou encouragent la dépendance à l'égard de l'extérieur.

Mécanismes et structures

Les gouvernements mettront en place des comités nationaux sur le VIH/SIDA ou des homologues comprenant des représentants des ministères sectoriels, particulièrement de la santé, des services sociaux, de l'éducation, des finances et des organismes chargés de faire appliquer la loi. Les comités comprendront des représentants des groupements féminins, du secteur privé et de la société civile. Les comités nationaux formeront des comités sous-régionaux et régionaux aux travaux desquels seront associées les organisations sous-régionales et régionales dans le souci de faciliter l'échange d'informations et le suivi des interactions transfrontalières susceptibles d'affecter la lutte contre la propagation de l'épidémie. L'équipe nationale multisectorielle de suivi et d'évaluation assurera le suivi et l'évaluation et rendra compte aux comités nationaux consultatifs et de coordination qui ont le mandat et la capacité d'assurer une coordination effective.

[sommaire Annexe 2b]

VII. LA CONTRIBUTION DES FEMMES A LA FOURNITURE DES BIENS ET SERVICES ESSENTIELS A LA SOCIETE AFRICAINE

Justification

L'inégalité dans les sociétés africaines où les femmes souffrent le plus est fondamentalement due à leur pauvreté et au fait qu'elles n'ont aucun contrôle sur les ressources. Avec la désorganisation du système traditionnel d'entraide familiale et l'aggravation de la pauvreté, la femme, bien que dépourvue de moyens, est surchargée de travail ayant à s'occuper des pauvres et des personnes nécessiteuses en plus de ses autres responsabilités de productrice et de procréatrice. Le programme d'action reconnaît le caractère multidimensionnel du problème de la pauvreté et ses origines nationales et internationales, la baisse continue de l'emploi à un rythme beaucoup plus rapide pour les femmes que pour les hommes, la croissance économique non durable et l'interdépendance plus étroite des nations du fait de la mondialisation.

Les femmes ont souligné la nécessité pour les pays africains, de créer des marchés nationaux, sous-régionaux et régionaux pour les produits nationaux, sous-régionaux et régionaux. Elles ont réaffirmé la nécessité d'alléger leurs tâches et leurs charges familiales et de prendre en compte ces activités dans la comptabilité nationale aux niveaux macro et micro économiques. La société africaine devrait les aider pour qu'il en soit ainsi. Les gouvernements africains ont la responsabilité morale d'alléger le fardeau des femmes, de valoriser davantage leurs activités, de reconnaître leur rôle dans le développement national et de mettre en exergue leur contribution. Dans le même ordre d'idée, le PAM réaffirme la nécessité de doter les femmes de moyens leur permettant d'utiliser les ressources nationales et autres de façon durable, en leur fournissant un cadre institutionnel et financier ainsi qu'un appui adéquats à tous les niveaux.

Vision

Les activités manufacturières au niveau national, y compris celles des femmes, ont pour objet la production et la fourniture de biens et services essentiels aux communautés africaines au moyen de petites et moyennes entreprises industrielles qui rémunèrent le travail, permettant ainsi aux femmes d'avoir un revenu. Ce résultat sera atteint si les gouvernements, leurs partenaires et la société civile sont fermement engagés à établir et à bien gérer des entreprises industrielles de base rémunérant les travailleurs. Des programmes industriels nouveaux et élargis seront mis en place et seront opérationnels dans deux ans. Au bout de cinq ans, la pauvreté chez les femmes sera réduite d'au minimum 1%.

Objectifs stratégiques

Les gouvernements des pays devraient avoir les objectifs suivants :

Augmenter le pouvoir d'achat des communautés et celui des femmes en particulier, en créant des emplois ;
Industrialiser les activités des entreprises ;
Réaliser l'autosuffisance en matière de production et de fourniture d'articles utilitaires ;
Affecter suffisamment de ressources financières et humaines pour la création de petites et moyennes entreprises locales ;
Alléger le fardeau du travail domestique des femmes ;
Encourager le secteur privé à créer des petites et moyennes entreprises industrielles dans un environnement propice et protecteur.


Actions stratégiques

Au niveau national

Mettre en place des petites et moyennes entreprises qui fourniront un emploi salarié aux femmes. Les gouvernements, en collaboration avec les partenaires du développement devraient :

Formuler des politiques permettant aux femmes de participer davantage au développement national, d'accéder aux ressources nationales et de les exploiter ;
Abroger toutes les lois et amender les réglementations prohibant l'accès et l'utilisation par les femmes des ressources nationales pour le développement national ;
Renforcer les capacités pour la mise en place et la gestion des petites et moyennes entreprises, en assurant la formation dans les domaines de la technologie, de la gestion, de la commercialisation et de l'établissement de réseaux ;
Permettre l'accès aux capitaux pour l'établissement et la gestion des industries qui allégent la charge de travail des femmes et permettent de produire technologiquement les articles nécessaires dont on a besoin dans les communautés africaines. Les gouvernements devraient créer des fonds et mettre en place des plans de garantie du crédit pour favoriser ces activités ;
Encourager le franchisage en vue du développement des entreprises.

Aux niveaux sous-régional et régional

Faciliter la création de petites et moyennes entreprises en vue de la production et de la fourniture d'articles utilitaires dans le pays, dans la sous-région et dans la région ;
Promouvoir le commerce intra-africain aux niveaux sous-régional et régional au sein de la Communauté économique africaine en fournissant des directives en ce qui concerne l'implantation des différents types d'entreprises et en évitant les doubles emplois et la sursaturation de sections de marchés.

Mécanismes/structure

Le comité national consultatif et de coordination devrait s'assurer que l'organisme national et le Ministère de l'industrie facilitent la formulation des politiques, la conception des programmes et projets et le développement de petites et moyennes industries locales qui valorisent la participation des femmes au développement national.

Les acteurs

Les principaux acteurs sont :

Le gouvernement ;
Le secteur privé, les ONG et les OIG comme partenaires du gouvernement ;
La société civile ;
Le Comité national consultatif et de coordination ;
L'organisation nationale des femmes ;
Les femmes en tant que groupes ou individuellement ;
Les partenaires internationaux.

Suivi et évaluation

Les indicateurs seront, entre autres :

Le nombre et la répartition des entreprises industrielles créées aux niveaux national et régional pendant la période de planification ; des données désagrégées par sexe sur le nombre de personnes employées dans les nouvelles entreprises ; les données détaillées par sexe sur le nombre de personnes occupant des postes où sont prises les décisions concernant les activités industrielles ; le revenu par habitant et par sexe ; le produit national brut annuel.

Les ressources

Les ressources allouées par les gouvernements proviendront du budget national. Ils peuvent solliciter l'assistance de partenaires qui, eux aussi, reconnaissent la nécessité pour les femmes d'accéder aux responsabilités dans le domaine économique. Dans ce cadre là, des contributions séparées de l'ONUDI et du BIT sont attendues. Le secteur privé sera encouragé à instituer le franchisage pour les petites et moyennes entreprises qui emploieront des femmes dans diverses régions du pays. Les femmes seront également encouragées à recourir à l'épargne et aux facilités de crédit disponibles à leur niveau et dans les institutions financières pour développer leurs activités d'entreprise. D'autres sources de financement pourraient être les banques nationales pour les femmes, là où elles existent, et les fonds spécialisés mis en place pour réduire la pauvreté chez les femmes.

Sigles et abréviations

BAD Banque africaine de développement
CEA Commission économique pour l'Afrique
MST Maladie sexuellement transmissible
OIG Organisation intergouvernementale
ONG Organisation non gouvernementale
OUA Organisation de l'Unité africaine
PAS Programme d'ajustement structurel
PFA Plate-forme d'action
PNUD Programme de Nations Unies pour le développement (UNDP)
VIH/SIDA Virus immunodéficitaire humain/Syndrome immunodéficitaire acquis

 

Page suivante : Annexe III. Résultat des travaux en atelier

Document distributed by: The African Centre for Gender and Development [ACGD]
A Division of : The United Nations Economic Commission for Africa [UNECA]