RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES
SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING,
22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE
ANNEXE II-b (suite)
II. STRATEGIES ET MECANISMES DE SUIVI ET D'EVALUATION DE LA MISE
EN OEUVRE DE LA PLATEFORME ET DU PROGRAMME D'ACTION
Justification
Aux termes de la Déclaration d'Addis-Abeba sur le Programme
d'action africain pour les femmes en juin 1995, les chefs d'Etat et
de gouvernement africains "ont déclaré leur engagement
solennel en faveur des principes, objectifs et priorités figurant
dans le Programme d'action africain " ; ils ont également
réaffirmé que "la mise en uvre du Programme
d'action africain incombe principalement aux gouvernements et aux populations
d'Afrique ". Ils ont demandé, à cet égard,
à la BAD, à la CEA et à l'OUA de "suivre de
près la mise en uvre du Programme d'action et de présenter
régulièrement des rapports à ce sujet au Conseil
des ministres et à la Conférence des ministres".
De même, les gouvernements participant à la quatrième
Conférence mondiale sur les femmes de Beijing en 1995 se sont
engagés à "traduire dans les faits le Plan d'action
de Beijing, en veillant à ce que le souci d'égalité
entre les sexes imprègne toutes les politiques et tous les programmes".
Ils ont également reconnu qu'"il est essentiel d'élaborer,
de mettre en uvre et de surveiller des politiques et programmes
de développement qui soient égalitaires, efficaces, efficients
et synergiques et qui puissent favoriser le renforcement du pouvoir
d'action des femmes et leur promotion".
Malheureusement, bien que la plupart des pays aient déjà
formulé et commencé la mise en uvre de leurs plans
nationaux d'action, ils n'ont pas réussi à créer
des mécanismes pour suivre l'évolution du processus de
mise en uvre de façon à pouvoir l'évaluer
périodiquement. Dans la plupart des plans d'action nationaux
des pays ayant présenté un rapport, on ne trouve pas d'indicateurs
permettant d'évaluer les progrès accomplis en vue d'atteindre
les objectifs fixés, et quelquefois, les indicateurs n'ont pas
été bien définis. C'est pourquoi, il devient impossible
d'évaluer les progrès accomplis en vue de la réalisation
de l'objectif global que constitue l'intégration des femmes au
processus de développement en tant que stratégie permettant
d'assurer un développement durable, l'égalité et
la paix. Pour trouver une solution globale à ce problème,
chaque pays doit définir les moyens de suivre et d'évaluer
la mise en uvre de ces programmes d'action.
Vision
Chaque pays suit tous les ans et évalue tous les cinq ans la
mise en uvre des programmes d'action grâce à un mécanisme
clairement défini comportant des indicateurs précis pour
chacun des 12 domaines critiques.
Objectifs stratégiques
Au niveau national
16. Créer une équipe technique nationale d'experts dans
chaque pays, qui définira clairement des indicateurs pour les
12 domaines critiques dont il suivra régulièrement l'évolution
pour évaluer les progrès accomplis dans la mise en uvre.
Au niveau sous-régional
17. Veiller à ce que les OIG sous-régionales élaborent
des outils appropriés qui leur permettront de suivre et d'évaluer
les résultats obtenus dans l'intégration des femmes au
processus de développement.
Au niveau régional
18. S'assurer que les institutions régionales disposent des
instruments de suivi et d'évaluation qu'ils utiliseront régulièrement
pour suivre les résultats obtenus dans la mise en uvre.
Actions stratégiques
Niveau national
19. Identifier, et chaque fois que cela sera possible, nommer le personnel,
en particulier, dans tous les 12 secteurs, qui constituera l'équipe
technique nationale, formée pour entreprendre les tâches
suivantes :
· Elaborer des indicateurs pour mesurer les progrès
accomplis au cours du processus de mise en oeuvre
· Analyser les politiques et programmes pour s'assurer que
les préoccupations et besoins des femmes sont pris en compte
· Définir les méthodes de suivi et d'évaluation
20. Elaborer des méthodes de suivi et d'évaluation.
21. Suivre chaque année le processus de mise en uvre et
procéder à l'évaluation à mi-parcours, et
tous les deux ans suivre les progrès accomplis dans la mise en
uvre.
Niveaux sous-régional et régional
Suivre et évaluer les activités des équipes
des OIG et des institutions régionales choisies et formées
dans les domaines suivants :
· L'élaboration d'indicateurs permettant de mesurer
les progrès accomplis dans le processus de mise en uvre.
· L'analyse des politiques et des programmes pour s'assurer
que les préoccupations des femmes sont prises en compte.
· Les processus de suivi et d'évaluation.
22. Elaborer des méthodes de suivi et d'évaluation.
23. Suivre chaque année le processus de mise en uvre et
évaluer tous les deux ans les progrès accomplis dans l'intégration
des femmes au processus de développement.
24. La mise en place du mécanisme de suivi de la mise en uvre
et du Programme d'action devrait être accélérée
par la création d'un secrétariat conjoint comprenant l'OUA,
la BAD et la CEA. L'OUA assurera la présidence du secrétariat
qui élaborera les modalités précises de coordination
des trois organisations.
Acteurs
1. Des représentants de chacun des 12 domaines critiques nommés
par la plus haute autorité ministérielle constitueront
une équipe technique nationale qui sera chargée de suivre
et d'évaluer le processus de mise en uvre. Equipes chargées
de l'évaluation et du suivi dans les OIG et les institutions
régionales (BAD et OUA).
2. Formateurs en matière d'élaboration d'indicateurs,
d'analyse des politiques pour les processus de vérification des
activités liées aux femmes, de suivi et d'évaluation.
Ils devraient provenir de la CEA et du Centre africain pour la femme,
et les processus devraient être menés en collaboration
avec l'OUA, la BAD, d'autres organismes des Nations Unies, des institutions
de formation sous-régionales, régionales, bilatérales
et multilatérales.
Calendrier
Au cours des quatre prochaines années, chaque pays devrait disposer
d'une équipe nationale de suivi bien formée qui assurera
les activités de suivi et d'évaluation en vue du rapport
national d'évaluation qui sera publié en 2004.
Ressources
Les coûts devraient être répartis entre les Etats,
qui devraient fournir les membres de l'équipe, abriter les stages
de formation et mener les activités de suivi et d'évaluation.
La CEA devrait jouer un rôle important au sein des organismes
des Nations Unies, des organismes bilatéraux et multilatéraux
et des institutions sous-régionales et régionales de formation,
en élaborant et en mettant en uvre le programme de formation.
[sommaire
Annexe 2b]
III. LES FEMMES ET LA PRISE DE DÉCISIONS
Justification
Il ne saurait y avoir de développement global tant qu'on n'améliorera
pas la condition des femmes aux plans social, économique et politique
et que ces dernières ne prendront pas une part active à
la gestion des affaires publiques. Dans la plupart des pays, les femmes
sont sous-représentées à tous les niveaux de l'administration
dans les secteurs public et privé. Elles représentent
moins de 10% des membres du Parlement. Les attitudes et pratiques discriminatoires
à leur égard, les responsabilités familiales, la
faiblesse des revenus, le faible niveau d'études, le manque de
confiance en soi, la non-maîtrise de leur sexualité et
leur rôle dans la reproduction, ainsi que la non-compétitivité
des femmes responsables sont autant d'éléments qui se
combinent pour empêcher les femmes d'accéder aux postes
de responsabilité. C'est pourquoi, il incombe à chaque
Etat de prendre les mesures qui s'imposent pour créer un environnement
favorable qui permette aux femmes de participer davantage au développement,
de renforcer les capacités des femmes occupant des postes de
responsabilité et d'assurer la justice sociale.
Vision
Chaque pays dispose d'un cadre institutionnel bien défini, limité
dans le temps et efficace pour promouvoir la parité dans les
organismes de prise de décisions dans les secteurs public et
privé, au Parlement et dans les partis politiques, ainsi que
dans les organisations internationales.
Objectifs stratégiques
25. Accroître le nombre de femmes occupant des postes politiques
et de prise de décisions.
26. Promouvoir l'adoption de mesures en faveur des femmes pour réduire
les disparités entre les sexes au niveau des organes de prise
de décisions.
27. Donner aux femmes la possibilité de participer à
la prise de décisions.
28. Améliorer les capacités des femmes occupant des postes
de responsabilité.
29. Promouvoir les valeurs démocratiques, les notions de liberté,
d'égalité entre les sexes et de séparation des
pouvoirs.
30. Tenir compte des problèmes de parité dans tous les
processus de prise de décisions et à tous les niveaux.
Actions stratégiques
Niveau national
31. Veiller à ce qu'un nombre approprié de femmes occupent
des postes de prise de décisions.
32. Veiller à ce que les délégations nationales
assistant aux réunions statutaires, nationales et internationales
soient composées au moins à 33% au moins de femmes cadres
spécialisées dans les domaines appropriés
33. Veiller à ce que les délégations nationales
aux réunions statuaires ayant pour objet d'examiner les questions
concernant les femmes aux niveaux national et international soient composées
à 33% au moins d'hommes occupant des postes techniques et de
prise de décision.
34. Assurer une formation aux fonctions de direction.
Niveau sous-régional
35. Donner aux femmes les mêmes possibilités pour diriger
les OIG sous-régionales. La recherche effective de candidates
devrait faire partie intégrante du processus normal de recrutement
36. Veiller à ce qu'au moins, tout le temps, 50% des chefs de
département technique des OIG soient des femmes.
Niveau régional
37. Veiller à ce que, dans le cadre d'un effort concerté,
les candidates soient promues à des postes de prise de décisions
à l'OUA et qu'on soutienne les candidatures féminines
au poste de Secrétaire général de l'OUA.
38. Incorporer dans la politique de recrutement la recherche effective
de candidats -hommes et femmes- qualifiés pour occuper les postes
de Secrétaire général, de Secrétaire général
adjoint et de directeur technique.
Au cas où le Secrétaire général est un
homme, veiller à ce que 50 % des secrétaires généraux
adjoints soient des femmes ou vice-versa.
39. Dans le Parlement africain qui sera bientôt créé,
veiller à ce qu'au moins 33 % des parlementaires soient des femmes.
40. Veiller à ce que 50 % au moins des responsables soient des
femmes dans les prochains Fonds monétaire africain, Cour africaine
de justice et Banque centrale africaine.
6. L'Organisation de l'unité africaine devrait en particulier
:
a) concevoir des mécanismes qui permettent aux femmes de participer
au processus électoral du Parlement panafricain, d'être
nommées à ces nouvelles structures (Banque centrale africaine,
Union monétaire africaine, Cour africaine de justice) et à
d'autres postes de responsabilité.
b) Veiller à ce que les femmes participent pleinement sur un
pied d'égalité à l'élaboration des textes
juridiques constitutifs de l'Union et de toutes les structures connexes.
c) Veiller à ce que les intérêts des femmes soient
pris en compte et que leurs vues soient incorporées dans les
textes juridiques constitutifs de l'Union et de toutes les structures
connexes.
7. L'OUA et la CEA devraient s'employer à faire participer le
Comité africain des femmes pour la paix et le développement
à la mise en uvre du Plan d'action de Syrte.
Acteurs
Il incombe aux gouvernements de promouvoir les femmes aux postes de
prise de décisions.
Indicateurs
1. Accroissement d'au moins 33 % du nombre de femmes occupant des postes
de prise de décisions aux niveaux national, sous-régional
et régional.
2. Formulation de politiques en faveur des femmes
3. Elaboration de textes législatifs
4. Conception de programmes tenant compte des préoccupations
des femmes
5. Elaboration de politiques de recrutement et mise en place de mécanismes
efficaces pour les femmes candidates
6. Mise en place de programmes de formation.
Calendrier
Au cours des quatre prochaines années, les gouvernements devraient
prendre les mesures institutionnelles nécessaires pour promouvoir
les femmes aux postes de prise de décisions.
Ressources
Les ressources nécessaires à l'établissement et
au fonctionnement de ces structures devraient provenir des gouvernements,
des ONG, des organisations de la société civile et des
partenaires bilatéraux et multilatéraux de développement.
[sommaire
Annexe 2b]
IV. MOBILISATION DES RESSOURCES POUR LA MISE EN OEUVRE DES PLATES-FORMES
D'ACTION
Justification
Le manque de ressources continue d'entraver la mise en uvre des
plates-formes. C'est ce que presque tous les pays présentant
un rapport, ont souligné. Cette même raison avait été
avancée pour expliquer les faibles résultats en ce qui
concerne la mise en uvre des stratégies prospectives de
Nairobi. Et pourtant, c'est un fait que d'énormes quantités
de ressources existent dans les pays et que certains nationaux utilisent
une grande partie de ces ressources pour des achats à l'étranger
ou les déposent dans des banques étrangères. Inversement,
des ressources financières considérables sont injectées
dans le continent à diverses fins mais malgré cela on
continue à déplorer le manque de ressources. Par conséquent,
il importe d'examiner de façon approfondie la question de l'accès
aux ressources intérieures et extérieures et de leur contrôle,
compte tenu de leur rôle crucial dans la mise en uvre des
Plates-formes d'action (PFA). Le lourd fardeau de la dette, joint aux
réformes structurelles opérées dans la plupart
des pays africains, a compromis la mise en uvre de la PFA de Dakar
et du Programme d'action mondial (PAM) de Beijing. Dans la plupart des
pays africains, les réformes de la fonction publique et les réduction
des budgets consacrés au secteur social ont entraîné
une diminution des ressources allouées à la mise en uvre
des PFA. Ces problèmes ont inévitablement eu des effets
particulièrement dévastateurs notamment sur les programmes
de lutte contre la pauvreté, la plupart des pays étant
contraints de s'occuper des problèmes que pose le service de
la dette.
Les Etats "s'engageront à éliminer toutes les formes
d'exploitation économique étrangère, particulièrement
celles pratiquées par les oligopoles internationaux afin de permettre
à leurs peuples de bénéficier totalement des avantages
tirés de leurs ressources nationales " (article 21.5).
Le problème de l'accès aux ressources et de leur contrôle
se pose également pour les ressources provenant de sources extérieures
comme les prêts ou les dons. Très souvent, on pense que
ces ressources ne sont pas réparties et utilisées de façon
transparente et équitable. Qui plus est, les femmes sont celles
qui en bénéficient le moins du fait qu'elles n'occupent
pas de postes de prise de décision, n'ont qu'un accès
limité au crédit et aux ressources productives et n'ont
aucune maîtrise sur ces dernières pour des raisons socioculturelles.
Les gouvernements africains ont la responsabilité morale et
l'obligation de supprimer les énormes disparités et la
misère humaine actuelles exacerbées par la pauvreté
du fait que les populations n'ont plus accès à leurs ressources
nationales et n'exercent aucun contrôle sur celles-ci. Il incombe
aux gouvernements d'assurer la stabilité politique, économique
et sociale en facilitant l'exploitation des ressources nationales disponibles
afin de bâtir un avenir qui bénéficie aux populations.
Ils doivent formuler des politiques qui réconcilient les impératifs
des marchés mondiaux et les besoins, le bien être et la
cohésion des populations nationales et d'assurer une plus grande
participation des femmes à la prise de décision à
tous les niveaux.
Vision
Au cours de la période de planification, l'objectif sera de
créer une plus grande richesse nationale, tout en préservant
les ressources nationales et en assurant une répartition équitable
des fruits de la croissance économique et du développement
afin de prévenir l'appauvrissement des personnes démunies
et particulièrement, les femmes.
Objectifs stratégiques
Au niveau national
1. Dans les processus de budgétisation et de planification macro-économique,
tenir compte des besoins et préoccupations des femmes afin que
suffisamment de ressources soient allouées pour une mise en uvre
accélérée de la PFA africaine et du PA mondial
;
2. Renforcer la capacité d'absorber et de gérer les ressources
allouées à la mise en oeuvre du Programme d'action de
Beijing et de la Plate-forme d'action de Dakar.
Au niveau régional
2. Mobiliser des ressources extérieures auprès des partenaires
bilatéraux et internationaux pour une bonne mise en uvre
de la PFA, notamment grâce à des mesures d'annulation ou
de conversion de la dette;
3. Militer pour le renforcement des organismes de financement telles
que l'Unifem dont le mandat est d'appuyer les programmes en faveur des
femmes et ceux portant sur les questions de disparité entre l'homme
et la femme.
Actions stratégiques
Pour réaliser les objectifs susmentionnés, les gouvernements
doivent :
1. S'assurer que la privatisation permet d'augmenter le nombre des
partenaires au niveau national et des propriétaires d'entreprises
nationales en assurant l'accès des femmes aux responsabilités
et une concurrence loyale dans la création de richesses pour
les nations. A cette fin, les gouvernements devraient trouver des moyens
de garder les entreprises à privatiser totalement ou partiellement
jusqu'à ce que des nationaux qualifiés, y compris des
femmes, soient financièrement en mesure de les acheter ou de
les gérer rentablement. Les gouvernements devraient s'assurer
que les femmes ont accès à la propriété
et à la gestion des entreprises à privatiser. Sur ce plan,
de très bons résultats ont été obtenus en
Malaisie et dans les pays membres de l'Association des pays de l'Asie
du Sud-est (ASEAN) où la privatisation s'est faite en faveur
des nationaux.
2. Lier les négociations sur les modalités du remboursement
de la dette, y compris son annulation, à des ressources pour
la mise en uvre de la Plate-forme et du Programme d'action.
3. Recycler les fonds provenant de l'allégement de la dette
et les affecter à des activités ayant pour objet d'assurer
l'égalité entre les sexes .
4. Etablir et renforcer les mécanismes de budgétisation
et de planification macro-économique tenant compte des besoins
et préoccupations des femmes pour assurer le financement des
activités entreprises en vue de la mise en uvre de la PFA
et du PAM.
5. Les structures économiques intergouvernementales sous-régionales
et régionales, ainsi que les organisations de la société
civile devraient affecter au moins 1% de leur budget total annuel aux
activités en faveur des femmes là où aucun objectif
spécifique n'a été fixé et/ou là
où moins de 1% du budget est affecté ces activités.
Les organismes des Nations Unies qui se sont assignés des objectifs
concernant l'allocation des ressources aux activités pour la
promotion des femmes, devraient fixer un échéancier et
s'efforcer d'honorer leurs engagements à cet égard
Les acteurs
Les acteurs sont le gouvernement, les comités nationaux, les
ONG, la société civile et d'autres institutions collaborant
aux plans national et international.
Les indicateurs
Les indicateurs sont entre autres, le montant des ressources budgétaires
allouées à la mise en uvre de la Plate-forme d'action.
Calendrier
Dans le courant des deux années à venir chaque pays devra
avoir augmenté son budget pour les activités en faveur
de la promotion de la femme et mis en place ou renforcé ses mécanismes
de planification macro-économique. Et au cours des quatre prochaines
années, chaque pays devra avoir établi et renforcé
d'autres types de mobilisation pour la mobilisation des ressources.
Mécanismes et structures
Le comité national de coordination devrait être chargé
de promouvoir et de suivre la mobilisation des ressources auprès
des sources mentionnées plus haut. Il devrait également
déterminer les ressources financières requises pour la
mise en oeuvre des Plates-formes d'action dans les différents
secteurs.
[sommaire
Annexe 2b]
V. STRATEGIES ET MECANISMES POUR L'INTEGRATION DE LA PROBLEMATIQUE
HOMMES/FEMMES DANS LES POLITIQUES, LA PLANNIFICATION ET LA PROGRAMMATION
Justification
Le genre est un concept social qui renvoie aux normes d'une société
donnée. C'est la variable qui sert à différencier,
organiser et structurer les rôles et rapports sociaux. En décrivant
les rôles et responsabilités au sein de la société,
l'analyse différentielle en fonction du sexe est un moyen de
prendre en compte non seulement les rôles économiques et
sociaux des femmes et des hommes mais aussi s'agissant des activités
de développement de connaître leurs atouts et de déterminer
les contraintes auxquelles elles se heurtent. L'approche "genre"
permet à une communauté de mener des activités
qui, tout en favorisant une égale participation des hommes et
des femmes au développement de cette communauté assure
un partage équitable des ressources au sein de celle-ci. Si l'on
veut que l'Afrique se développe durablement, les hommes et les
femmes doivent également participer au développement,
or la répartition inégale des ressources et les normes
sociales en vigueur font que les femmes ne peuvent ni jouer pleinement
leur rôle dans le développement ni en tirer profit pour
leur propre bien-être.
En adoptant la Plateforme d'action de Dakar et le programme d'action
de Beijing, les Etats membres se sont engagés à ouvrer
pour réaliser l'égalité entre les sexes. Ils devraient
par conséquent appliquer effectivement l'approche "genre"
dans leurs politiques, dans la planification et la programmation nationales
ainsi que dans l'évaluation des projets afin de réaliser
cet objectif. Force est de consister que cinq ans après l'adoption
de la Plateforme régionale, il reste encore beaucoup à
faire pour que l'approche genre dans les politiques soit appliqué
systématiquement, la planification et la programmation nationales,
ainsi que l'évaluation des projets. C'est ce qu'on voit clairement
aussi bien dans les structures publiques, la société civile,
que dans le secteur privé et les organisations non gouvernementales.
Quelques organisations sous-régionales ont adopté des
mesures visant à appliquer systématiquement l'approche
genre dans leurs politiques, programmes et activités, tandis
que d'autres, sont sur le point de le faire. Ces efforts méritent
d'être encouragés et soutenus.
Vision
Les secteurs public et privé ainsi que la société
civile qui sont responsables de la mise en uvre du Plan d'action
national au niveau de chaque pays, comprennent et appliquent l'approche
genre dans la formulation et l'exécution des programmes.
Objectifs stratégiques
Au niveau national
8. Prendre des meures pour améliorer les capacités des
membres du Comité national consultatif et de coordination pour
la promotion de l'égalité entre les sexes de l'équipe
technique nationale des membres, de tous les comités ou commissions
sectoriels chargés de la mise en uvre des Plans d'action
nationaux et de tous les partenaires au développement.
9. Intégrer les Plans d'action nationaux dans tous les projets
exécutés par les partenaires nationaux et internationaux.
10. Promouvoir un système de collecte de données désagrégées
par sexe et créer des banques de données correspondantes
dans chaque département ministériel et chaque structure
responsable de l'élaboration des statistiques, de la planification
et de la programmation au niveau national.
Au niveau sous-régional et régional
11. Promouvoir la prise en compte systématique des besoins et
des femmes ainsi que le renforcement des capacités dans les politiques,
les programmes et activités des organisations sous-régionales
et régionales.
Actions stratégiques
12. Institutionnaliser les systèmes de collecte de données
désagrégées par sexe.
13. Mettre en place des banques de données désagrégées
par sexe dans les structures pertinentes.
14. Dispenser une formation initiale et régulière sur
les questions de disparité entre les sexes aux décideurs
politiques, aux législateurs, aux planificateurs et aux ceux
responsables de l'exécution des programmes ainsi qu'aux partenaires
du développement.
15. Elaborer un guide adapté aux réalités nationales
sur l'utilisation systématique de l'approche "genre".
Aux niveaux sous-régional et régional
Mettre en place et renforcer, s'il y a lieu, des mécanismes
pour la prise en compte systématique des préoccupations
et besoins des femmes, et le renforcement des capacités, dans
les politiques, programmes et activités de toutes les organisations
sous-régionales et régionales.
Indicateurs
16. Plans d'action nationaux ayant pour objet d'assurer l'égalité
entre les sexes.
17. Existence de données désagrégées par
sexe.
18. Ressources pour la collecte et l'analyse des données.
19. Nombre de décideurs politiques, de parlementaires, de législateurs
et de responsables de programmes formés.
20. Nombre de sessions de formation.
Calendrier
Pendant les quatre prochaines années, chaque Etat devrait systématiquement
appliquer l'approche genre dans tous les documents officiels et veiller
à ce qu'il en soit ainsi. Le Comité national consultatif
et de coordination chargée de promouvoir l'égalité
entre les sexes peut très bien se charger de mettre en uvre
les différentes mesures avec l'assistance des partenaires nationaux,
bilatéraux et multilatéraux du développement, de
l'équipe technique nationale ainsi qu'avec celle des comités
ou commissions sectorielles responsables de la mise en uvre des
plans d'action nationaux.
Ressources
Pour la mise en uvre de ce programme il faudra une collaboration
étroite entre les Etats, les ONG, les organisations de la société
civile, les partenaires bilatéraux et multilatéraux du
développement.
[sommaire
Annexe 2b]
VI. LE VIH/SIDA ET SES CONSEQUENCES POURLA DEMARGINALISATION DES
FEMMES
Justification
La pandémie du VIH/SIDA est en train de gommer tous les acquis
réalisés ces 30 dernières années en Afrique
dans les domaines de la santé publique et du développement
économique. Elle tue fauche impitoyablement les jeunes à
la fleur de l'âge. Environ 11 millions d'Africains sont morts
du SIDA, ce qui fait en moyenne 2 millions par an ou 6 000 personnes
par jour et pour un coût de 1000$ par enterrement. L'infection
se propage à un taux alarmant touchant par jour 10 000 adultes
âgés de 15 à 49 ans, principalement des femmes et
2000 enfants de moins de 15 ans, surtout des filles. A cet égard,
il a été noté que la période d'incubation
en Afrique est nettement plus courte que les 20 années estimées
ailleurs. Les naissances, l'unique moyen combler les vides laissés
par les morts et les mourants, ne sont que de 72 000/ jour et ne cessent
de baisser.
La négligence généralisée, le mystère,
les mythes, la honte, les préjugés et l'intolérance
vis-à-vis de ce problème qui est essentiellement un problème
de santé publique contribuent à propager cette maladie
mortelle essentiellement contractée par les rapports sexuels,
un acte important dans les relations entre hommes/femmes. Et encore
une fois, ce sont les femmes qui sont défavorisées à
cause de leur dépendance sociale et économique, des différences
physiques et physiologiques qui les exposent, plus que leurs partenaires
mâles aux infections. Les jeunes filles courent plus de risques
du fait de certaines pratiques traditionnelles, des abus sexuels, des
mariages forcés, de la prostitution et des croyances selon lesquelles
un homme infecté peur guérir s'il a des relations sexuelles
avec une vierge, ce qui expose la fille à des déchirures
génitales qui accélèrent les infections. Les femmes
handicapées courent également plus de risques d'être
infectées par les MST et le VIH/SIDA à cause de leur double
marginalisation comme femmes et handicapées. Les vieux parents
qui ont très peu de moyens et ne bénéficient pratiquement
pas de soutien particulier, sont ceux qui prennent en charge les orphelins.
Les soutiens de famille meurent, les familles se désintègrent
et la pauvreté et le découragement règnent.
Bien que les taux d'infection varient entre pays africains et sous-régions,
la forte mobilité au sein du continent signifie qu'aucun pays
ne sera à l'abri du VIH/SIDA. La prévention est la solution
pour ralentir la propagation du SIDA en Afrique et pour stopper son
impact final - la dévastation des populations africaines. Ici,
il convient dans les stratégies de prévention d'examiner
les structures qui font que les femmes sont défavorisées
dans la société et de leur donner les moyens de protéger
et de protéger aussi leurs enfants. Des ressources locales doivent
être mobilisées afin de prévenir les infections
et administrer les soins de santé, et non pas uniquement pour
enterrer les morts.
Vision
L'objectif visé dans le Plan d'action est de réduire
le taux d'infection à VIH/SIDA de 50% en 2004 en menant des campagnes
de sensibilisation et en réduisant la dévastation socio-économique
causée par le VIH/SIDA.
Objectifs stratégiques
Les objectifs stratégiques seront, entre autres, les suivants:
accroître les ressources pour combattre la maladie et ses effets,
confier des responsabilités aux femmes dans les domaines économique
et social, grâce à des programmes d'information d'éducation
et dénythifier le VIH/SIDA et dissiper l'effroi qu'il suscite
de communication réalistes au sein de la communauté.
Actions stratégiques
Pour démystifier le VIH/SIDA et arrêter la propagation
de l'infection, les gouvernements ont la responsabilité d'entreprendre
des actions stratégiques qui sont, entre autres :
21. Formuler ou réviser les politiques sur le VIH/SIDA pour
endiguer la propagation de l'infection et ensuite pour l'éradiquer
en adoptant des mesures non-discriminatoires, en démystifiant
la maladie et en protégeant les personnes infectées et
non infectées.
22. Mettre en place ou renforcer les comités nationaux VIH/SIDA
ou les organes qui en tiennent lieu, qui seront chargés d'élaborer
des programmes nationaux de prévention et de lutte contre le
VIH/SIDA.
23. Adopter des lois contre toutes les pratiques discriminatoires ayant
des implications sur le VIH/SIDA, promouvoir la réglementation
de l'âge de consentement, lutter contre la contamination délibérée
des personnes non infectées par les personnes atteintes du SIDA
et proscrire celle-ci.
24. Promouvoir les soins de santé communautaires, comme en Zambie
où l'on encourage les malades à vivre positivement au
sein de la communauté. Cette approche permet de mieux informer,
éduquer et, partant d'éliminer les mythes et l'isolement
qu'ils entraînent. Elle permet aussi de responsabiliser d'impliquer
et de protéger les femmes et de s'occuper des orphelins.
25. Prévenir la transmission par la transfusion de sang contaminé,
l'utilisation de seringues, de matériel chirurgical et dentaire
contaminés, ainsi que l'allaitement par les mères infectées.
A cette fin, les gouvernements, en collaboration étroite avec
les ONG, les groupements féminins, le secteur privé et
les organismes internationaux, devraient concevoir et mettre en uvre
des programmes et projets pour :
· Sensibiliser, former et inspecter
· Dépister le VIH et remonter les filières afin
de protéger la santé publique, particulièrement
en ce qui concerne les groupes à haut risque, qui seront déterminés
au niveau national
Dispenser aux jeunes une éducation à la vie familiale
et sexuelle sur les dangers du VIH/SIDA et les maladies sexuellement
transmissibles
Mettre en place des associations communautaires sur la base des groupes
d'âge et des professions, des regroupements religieux ou autres
afin de faciliter l'échange d'informations et l'établissement
de réseaux qui encouragent le sentiment de solidarité.
Il sera ainsi possible de réduire la transmission et on prendra
mieux soin des personnes déjà infectées
· Etablir des foyers et des centres (comme au Zimbabwe) pour
recueillir les orphelins, les filles en particulier protéger
afin qu'elles ne soient pas déshonnorées violent
,
néglig
ou l'abandonnées. Construire
ou réaménager des hôpitaux, centres de santé
et cliniques confiés à des professionnels et à
du personnel qualifié afin de fournir des services de santé,
y compris des conseils aux communautés.
26. Permettre aux pays de rechercher et de négocier la fourniture
de matériels de dépistage et de médicaments à
des prix raisonnables.
27. Protéger tous les nationaux contre des pratiques immorales
telles que les tests sur les personnes sans leur plein consentement.
Les femmes ont besoin d'être éduquées, formées
et responsabilisées sur les plans social et économique
et leurs droits humains doivent être protégés contre
toute violation quelle qu'elle soit.
28. Permettre au comité national sur le VIH/SIDA, aux groupements
et aux organisations féminins et à la société
civile de s'assurer par le lobbying la volonté et l'engagement
politiques des gouvernements.
29. Appuyer la recherche appliquée menée par des compatriotes
en Afrique selon des méthodes traditionnelles ou modernes.
30. Organiser des programmes éducatifs et des campagnes de sensibilisation,
y compris la fourniture de conseils aux femmes et aux jeunes sur les
questions liées aux médicaments illicites.
Au niveau sous-régional
31. Créer ou renforcer les mécanismes sous-régionaux
en vue de négociations collectives pour l'achat en gros et à
des prix réduits de médicaments contre le VIH/SIDA.
Les acteurs
Les acteurs sont les individus, infectés et non infectés,
la communauté, les gouvernements, les ONG ainsi que les institutions
nationales, sous-régionales, régionales et internationales
collaboratrices.
Les indicateurs
Certains des indicateurs sont les suivants : le nombre de communautés
organisées et actives dans la lutte contre le VIH/SIDA ; le nombre
de groupes ou de clubs d'information, d'éducation et de communication
; le nombre de centres de santé, d'hôpitaux, de dispensaires,
de foyers et d'hôpitaux répondant aux besoins de soins
de santé communautaires et sociaux ; le nombre de personnes sollicitant
une assistance dans ces centres ; le nombre de nouvelles infections
à VIH/SIDA ; les taux d'infections par les maladies sexuellement
transmises ; les taux de mortalité ; les taux de natalité
: les taux de fécondité et d'accroissement de la population
; le taux d'utilisation des préservatifs ; et le nombre de cas
de viol par des personnes infectées par le VIH/SIDA et des individus
condamnés à la suite de tels actes. La mise en uvre
de la Plateforme d'action visant à éradiquer le VIH/SIDA
sera suivie et évaluée régulièrement par
les équipes nationales multisectorielles qui comprendront, en
leur sein des experts en la matière.
Ressources
Les gouvernements ont l'obligation morale d'allouer à titre
prioritaire des ressources suffisantes pour la lutte contre la pandémie.
Les ressources devant servir à fournir des soins de santé
en milieu communautaire devraient être mobilisées sur le
plan intérieur également. Toutefois, les tests de dépistage
et les médicaments disponibles devraient se négocier avec
les partenaires extérieurs sans les conditionnalités qui
détournent les nations de leurs priorités ou encouragent
la dépendance à l'égard de l'extérieur.
Mécanismes et structures
Les gouvernements mettront en place des comités nationaux sur
le VIH/SIDA ou des homologues comprenant des représentants des
ministères sectoriels, particulièrement de la santé,
des services sociaux, de l'éducation, des finances et des organismes
chargés de faire appliquer la loi. Les comités comprendront
des représentants des groupements féminins, du secteur
privé et de la société civile. Les comités
nationaux formeront des comités sous-régionaux et régionaux
aux travaux desquels seront associées les organisations sous-régionales
et régionales dans le souci de faciliter l'échange d'informations
et le suivi des interactions transfrontalières susceptibles d'affecter
la lutte contre la propagation de l'épidémie. L'équipe
nationale multisectorielle de suivi et d'évaluation assurera
le suivi et l'évaluation et rendra compte aux comités
nationaux consultatifs et de coordination qui ont le mandat et la capacité
d'assurer une coordination effective.
[sommaire
Annexe 2b]
VII. LA CONTRIBUTION DES FEMMES A LA FOURNITURE DES BIENS ET SERVICES
ESSENTIELS A LA SOCIETE AFRICAINE
Justification
L'inégalité dans les sociétés africaines
où les femmes souffrent le plus est fondamentalement due à
leur pauvreté et au fait qu'elles n'ont aucun contrôle
sur les ressources. Avec la désorganisation du système
traditionnel d'entraide familiale et l'aggravation de la pauvreté,
la femme, bien que dépourvue de moyens, est surchargée
de travail ayant à s'occuper des pauvres et des personnes nécessiteuses
en plus de ses autres responsabilités de productrice et de procréatrice.
Le programme d'action reconnaît le caractère multidimensionnel
du problème de la pauvreté et ses origines nationales
et internationales, la baisse continue de l'emploi à un rythme
beaucoup plus rapide pour les femmes que pour les hommes, la croissance
économique non durable et l'interdépendance plus étroite
des nations du fait de la mondialisation.
Les femmes ont souligné la nécessité pour les
pays africains, de créer des marchés nationaux, sous-régionaux
et régionaux pour les produits nationaux, sous-régionaux
et régionaux. Elles ont réaffirmé la nécessité
d'alléger leurs tâches et leurs charges familiales et de
prendre en compte ces activités dans la comptabilité nationale
aux niveaux macro et micro économiques. La société
africaine devrait les aider pour qu'il en soit ainsi. Les gouvernements
africains ont la responsabilité morale d'alléger le fardeau
des femmes, de valoriser davantage leurs activités, de reconnaître
leur rôle dans le développement national et de mettre en
exergue leur contribution. Dans le même ordre d'idée, le
PAM réaffirme la nécessité de doter les femmes
de moyens leur permettant d'utiliser les ressources nationales et autres
de façon durable, en leur fournissant un cadre institutionnel
et financier ainsi qu'un appui adéquats à tous les niveaux.
Vision
Les activités manufacturières au niveau national, y compris
celles des femmes, ont pour objet la production et la fourniture de
biens et services essentiels aux communautés africaines au moyen
de petites et moyennes entreprises industrielles qui rémunèrent
le travail, permettant ainsi aux femmes d'avoir un revenu. Ce résultat
sera atteint si les gouvernements, leurs partenaires et la société
civile sont fermement engagés à établir et à
bien gérer des entreprises industrielles de base rémunérant
les travailleurs. Des programmes industriels nouveaux et élargis
seront mis en place et seront opérationnels dans deux ans. Au
bout de cinq ans, la pauvreté chez les femmes sera réduite
d'au minimum 1%.
Objectifs stratégiques
Les gouvernements des pays devraient avoir les objectifs suivants :
Augmenter le pouvoir d'achat des communautés et celui des
femmes en particulier, en créant des emplois ;
Industrialiser les activités des entreprises ;
Réaliser l'autosuffisance en matière de production et
de fourniture d'articles utilitaires ;
Affecter suffisamment de ressources financières et humaines
pour la création de petites et moyennes entreprises locales
;
Alléger le fardeau du travail domestique des femmes ;
Encourager le secteur privé à créer des petites
et moyennes entreprises industrielles dans un environnement propice
et protecteur.
Actions stratégiques
Au niveau national
Mettre en place des petites et moyennes entreprises qui fourniront
un emploi salarié aux femmes. Les gouvernements, en collaboration
avec les partenaires du développement devraient :
Formuler des politiques permettant aux femmes de participer davantage
au développement national, d'accéder aux ressources
nationales et de les exploiter ;
Abroger toutes les lois et amender les réglementations prohibant
l'accès et l'utilisation par les femmes des ressources nationales
pour le développement national ;
Renforcer les capacités pour la mise en place et la gestion
des petites et moyennes entreprises, en assurant la formation dans
les domaines de la technologie, de la gestion, de la commercialisation
et de l'établissement de réseaux ;
Permettre l'accès aux capitaux pour l'établissement
et la gestion des industries qui allégent la charge de travail
des femmes et permettent de produire technologiquement les articles
nécessaires dont on a besoin dans les communautés africaines.
Les gouvernements devraient créer des fonds et mettre en place
des plans de garantie du crédit pour favoriser ces activités
;
Encourager le franchisage en vue du développement des entreprises.
Aux niveaux sous-régional et régional
Faciliter la création de petites et moyennes entreprises en
vue de la production et de la fourniture d'articles utilitaires dans
le pays, dans la sous-région et dans la région ;
Promouvoir le commerce intra-africain aux niveaux sous-régional
et régional au sein de la Communauté économique
africaine en fournissant des directives en ce qui concerne l'implantation
des différents types d'entreprises et en évitant les
doubles emplois et la sursaturation de sections de marchés.
Mécanismes/structure
Le comité national consultatif et de coordination devrait s'assurer
que l'organisme national et le Ministère de l'industrie facilitent
la formulation des politiques, la conception des programmes et projets
et le développement de petites et moyennes industries locales
qui valorisent la participation des femmes au développement national.
Les acteurs
Les principaux acteurs sont :
Le gouvernement ;
Le secteur privé, les ONG et les OIG comme partenaires du gouvernement
;
La société civile ;
Le Comité national consultatif et de coordination ;
L'organisation nationale des femmes ;
Les femmes en tant que groupes ou individuellement ;
Les partenaires internationaux.
Suivi et évaluation
Les indicateurs seront, entre autres :
Le nombre et la répartition des entreprises industrielles créées
aux niveaux national et régional pendant la période de
planification ; des données désagrégées
par sexe sur le nombre de personnes employées dans les nouvelles
entreprises ; les données détaillées par sexe sur
le nombre de personnes occupant des postes où sont prises les
décisions concernant les activités industrielles ; le
revenu par habitant et par sexe ; le produit national brut annuel.
Les ressources
Les ressources allouées par les gouvernements proviendront du
budget national. Ils peuvent solliciter l'assistance de partenaires
qui, eux aussi, reconnaissent la nécessité pour les femmes
d'accéder aux responsabilités dans le domaine économique.
Dans ce cadre là, des contributions séparées de
l'ONUDI et du BIT sont attendues. Le secteur privé sera encouragé
à instituer le franchisage pour les petites et moyennes entreprises
qui emploieront des femmes dans diverses régions du pays. Les
femmes seront également encouragées à recourir
à l'épargne et aux facilités de crédit disponibles
à leur niveau et dans les institutions financières pour
développer leurs activités d'entreprise. D'autres sources
de financement pourraient être les banques nationales pour les
femmes, là où elles existent, et les fonds spécialisés
mis en place pour réduire la pauvreté chez les femmes.
Sigles et abréviations
BAD Banque africaine de développement
CEA Commission économique pour l'Afrique
MST Maladie sexuellement transmissible
OIG Organisation intergouvernementale
ONG Organisation non gouvernementale
OUA Organisation de l'Unité africaine
PAS Programme d'ajustement structurel
PFA Plate-forme d'action
PNUD Programme de Nations Unies pour le développement (UNDP)
VIH/SIDA Virus immunodéficitaire humain/Syndrome immunodéficitaire
acquis