RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES
SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING,
22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE
ANNEXE III
RESULTAT DES TRAVAUX EN ATELIER
Atelier 1 : Les femmes, la pauvreté
et le pouvoir économique
Atelier 2 : L'accès insuffisant des
femmes à l'éducation, à la formation, à
la science et à la technologie
Atelier 3 : Les femmes, la culture, la famille
et la socialisation
Atelier 4 : Les droits fondamentaux et les
droits humains des femmes
Atelier 5 : Elaboration et utilisation généralisée
des données désagrégées par sexe (DDS)
Atelier 6 : L'accession des femmes aux responsabilités
politiques
Atelier 7 : Santé de la femme, planification
familiale et population
Atelier 8 : Femmes et Paix
Atelier 9 : Les femmes et l'environnement
et leur rôle dans la gestion des ressources naturelles
Atelier 10 : Mécanismes institutionnels
Atelier 11 : Femmes, communications, information
et arts
Atelier 12 : La petite fille
[sommaire
Annexe III]
[sommaire
du rapport]
ATELIER 1 : LES FEMMES, LA PAUVRETE ET LE POUVOIR ECONOMIQUE
Facilitateurs : Marguerite Monnet, Beth Mugo
Présentatrice : Perpetua Katepa Kalala
Résumé des rapports d'évaluation
En présentant le rapport sur les femmes, la pauvreté
et la responsabilisation sur le plan économique, la consultante
a souligné que la pauvreté est répandue sur le
continent dont près de 44% de la population vivent en dessous
du seuil de pauvreté soit 39$ par habitant par mois. On note
cependant des différences selon les régions : en Afrique
subsaharienne, 5l% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté,
à savoir 34$ par habitant par mois, tandis qu'en Afrique du Nord,
22% de la population vivent en dessous du seuil sous-régional
de pauvreté. Le nombre des femmes pauvres est disproportionné
par rapport à celui des hommes. Elle a aussi rappelé les
objectifs énoncés dans le Programme d'action de Beijing
pour réduire la pauvreté chez les femmes et renforcer
leur pouvoir économique.
- Objectifs -
Ces objectifs comprenaient les suivants :
Objectifs dans le domaine de la lutte contre la pauvreté
· Elaborer des politiques macro-économiques et stratégies
de développement qui répondent aux besoins des femmes
vivant dans la pauvreté ;
· Adopter une législation et des pratiques administratives
visant à assurer des droits égaux et un accès
égal aux ressources ;
· Promouvoir l'accès des femmes aux mécanismes
et institutions d'épargne et de crédit ;
· Promouvoir des méthodes tenant compte des spécificités
de chaque sexe y compris l'élaboration de données désagrégées
; travaux de recherche sur la féminisation de la pauvreté.
Objectifs dans le domaine du renforcement du pouvoir économique
des femmes
· Droits et indépendance économiques des femmes
;
· Accès égal des femmes aux ressources, à
l'emploi, aux marchés et au commerce ;
· Services commerciaux/formation et accès aux marchés
;
· Renforcement de la capacité économique des
femmes et de leurs réseaux commerciaux ;
· Elimination de la ségrégation et de toute forme
de discrimination dans le domaine professionnel ;
· Permettre aux hommes et aux femmes de concilier les responsabilités
familiales et professionnelles.
- Progrès et réalisations -
Compte tenu des relations qui existent entre ces deux questions primordiales,
- la réduction de la pauvreté et l'accession au pouvoir
économique - il est important d'évaluer à la fois
les progrès accomplis et les réalisations en ce qui concerne
la mise en oeuvre du Programme d'action de Beijing. Les progrès
et réalisations peuvent à ce jour être évalués
à trois niveaux : a) Celui des politiques et cadres institutionnels,
b) Celui des activités : Programmes et projets, c) Celui de l'impact.
Cadres institutionnels : Les pays signalent qu'ils ont établi
et renforcé les mécanismes institutionnels pour réaliser
l'égalité entre les sexes, accru la participation politique
des femmes et mis en place des mécanismes institutionnels pour
les femmes tels que des ministères, des bureaux et des commissions.
Ils ont adopté une législation et des politiques en vue
d'améliorer l'accès des femmes aux ressources, et entrepris
des travaux de recherche sur des budgets qui tiennent compte des besoins
spécifiques des femmes. La SADC a été citée
comme exemple d'une institution qui a commencé à mettre
en oeuvre un programme régional relatif aux femmes.
Activités : Certains gouvernements ont fourni des crédits,
créé des emplois et accru les possibilités pour
les femmes de gagner un revenu ; apporté leur soutien aux femmes
entrepreneurs pour leur permettre de participer à des foires
commerciales et à des voyages d'études; organisé
des campagnes contre la pauvreté ; mis en oeuvre des programmes
de renforcement des capacités et de perfectionnement des compétences
pour mettre les femmes mieux à même de gagner un revenu
et d'assurer la sécurité alimentaire.
Impact : Il y a une prise de conscience accrue des questions
relatives à la féminisation de la pauvreté, ce
qui a débouché sur des programmes de lutte contre la pauvreté
s'adressant aux femmes. Cependant l'absence de données ou d'indicateurs
de base, en particulier de données désagrégées
a fait qu'il a été très difficile de mesurer l'impact.
Une évaluation globale des taux de croissance pour la période
allant de 1995 à 1998 n'indique pas le taux de réduction
de la pauvreté qui permettrait d'atteindre l'objectif fixé
au Sommet social de 1995, à savoir réduire de moitié
le nombre de personnes vivant dans la pauvreté d'ici à
l'an 2015.
Contraintes : Les contraintes à la mise en oeuvre du
Programme d'action de Beijing ont été mentionnées,
elles sont notamment : le manque de ressources, les rôles multiples
des femmes qui font qu'elles ne peuvent participer pleinement aux programmes
de développement, le fardeau de la dette nationale, les guerres
et les troubles civils.
Questions nouvelles : Au cours des cinq années à
venir, l'accent devrait être mis sur :
· Des politiques et programmes dénotant une volonté
politique plus forte;
· Une prise en compte des femmes dans toutes les politiques
et programmes;
· La mise en oeuvre de programmes destinés à
assurer la croissance économique,
· Le soutien continu aux femmes pauvres et la participation
des femmes à l'économie;
· La participation des femmes pauvres à la conception,
à la mise en oeuvre et au suivi des programmes de lutte contre
la pauvreté;
· La promotion des échanges inter-pays et la collaboration
entre femmes;
· Amélioration de la formation pour les femmes ;
· Etablissement dans les douze prochains mois, à titre
prioritaire, de repères et d'indicateurs pour
le suivi ;
· Identification et mise en oeuvre de mécanismes effectifs
de suivi et de contrôle.
Conclusions des ateliers
1. Concernant les mécanismes institutionnels
Stratégies
Au cours de l'atelier certaines des stratégies élaborées
pour la mise en oeuvre du Programme d'action de Beijing, ont été
mentionnées, dont les suivantes :
· Création de comités institutionnels sur l'accès
des femmes à la terre, en Zambie par exemple ;
· Mise en place de filets de protection sociale et de systèmes
de financement ;
· Création d'emplois pour jeunes diplômés
en Algérie ;
· Etablissement d'institutions nationales de crédit
qui tiennent compte des besoins spécifiques des femmes, au
Burundi et au Burkina Faso par exemple et à Madagascar par
la suite
Contraintes
Il a été constaté qu'au niveau des institutions,
un certain nombre de contraintes ont entravé la mise en oeuvre
du Plan d'action, parmi lesquelles les suivantes :
· Les fonds alloués aux secteurs où se trouvent
le plus grand nombre de femmes, comme les secteurs agricole et informel,
par exemple, sont insuffisants ;
· Les responsables des programmes ne sont pas suffisamment
informés des questions liées aux différences
entre les sexes.
Recommandations
L'atelier a fait un certain nombre de recommandations pour une meilleure
mise en oeuvre du Programme d'action, parmi lesquelles :
· Associer davantage la société civile à
l'élaboration de la politique générale ainsi
qu'à la planification, à la mise en oeuvre et au suivi
des programmes et projets ;
· Transparence en ce qui concerne l'utilisation des ressources
et obligation pour les gouvernements de rendre compte à ce
sujet ;
· Renforcer les capacités nationales (y compris les
organisations de femmes) en vue des négociations internationales,
par exemple celles à l'Organisation mondiale du commerce ;
· Harmonisation des positions des pays africains aux négociations
internationales (par exemple à l'OMC) ;
· Annuler la dette et affecter les ressources ainsi dégagées
à la lutte contre la pauvreté.
2. Concernant les activités
Stratégies
L'atelier a noté que divers pays ont entrepris un certain nombre
d'actions parmi lesquelles :
· Encourager les femmes à se lancer dans des activités
de transformation alimentaire à des fins commerciales ;
· Fournir des facilités de crédits notamment
aux femmes ;
· Créer des emplois ;
· Etablir des banques mutuelles et des fonds de solidarité
;
· Prendre en compte les besoins et préoccupations des
femmes dans les budgets nationaux ;
· Adopter des mesures volontaristes systématiques pour
faciliter la participation des femmes à la prise de décisions
;
· Renforcer les réseaux régionaux d'experts sur
la question de parité et d'équité ;
· Faciliter l'accès des femmes à la formation.
Contraintes
Malgré les efforts susmentionnés, l'atelier a relevé
certaines contraintes parmi lesquelles les suivantes :
· Taux d'intérêts élevés sur les
micro-crédits ;
· Courte durée des prêts ;
· Systèmes de micro-financement inadéquats ;
· Désorganisation des arrangements financiers au sein
du ménage ;
· Absence de mécanismes pour la gestion des prêts
;
· Absence de régime foncier, de système de garantie
et de services appropriés pour les pauvres des zones urbaines
;
· Conséquences du VIH/SIDA ;
· Effets des guerres et des conflits.
Recommandations
Concernant les infrastructures et le financement
· Améliorer les infrastructures nationales, telles
que les routes, les réseaux d'information, l'approvisionnement
en eau, en électricité ;
· Mettre en place des fonds destinés à améliorer
les infrastructures générales telles que les centres
de santé, les écoles, et les garderies d'enfants ;
· Etablir des programmes pour améliorer les régimes
et les systèmes fonciers, élaborer des infrastructures
et services appropriés pour les pauvres des zones urbaines,
en vue de résoudre les problèmes de la pauvreté
et de l'accès au pouvoir économique ;
· Créer des fonds spécifiques en vue de créer
des activités génératrices de revenu pour les
femmes ;
· Etablir des systèmes de micro-financement adaptés
aux besoins locaux permettant effectivement de lutter contre la pauvreté,
et de renforcer les systèmes de crédits populaires tels
que les tontines ;
· Créer une Banque africaine pour les femmes ;
· Assurer un meilleur accès des femmes aux banques traditionnelles.
Concernant l'accès à l'information, à la technologie
et aux marchés
· Adopter des stratégies pratiques au niveau national
visant à promouvoir l'accès des femmes rurales à
l'information, à la communication et à l'alphabétisation
fonctionnelle ;
· Subventionner les intrants agricoles y compris les engrais
et les outils ;
· Adopter une technologie appropriée pour réduire
la charge de travail des femmes ;
· Encourager l'échange de techniques locales entre les
différents pays africains ;
· Promouvoir l'accès aux marchés aux niveaux
intra-africain et international ;
· Concevoir des mécanismes appropriés permettant
aux femmes de mieux gérer leur temps ;
· Réduire les budgets militaires et affecter les ressources
ainsi économisées à la lutte contre la pauvreté,
à la santé et l'éducation.
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annexe
III
]
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du rapport]
ATELIER 2 : L'ACCES INSUFFISANT DES FEMMES A L'EDUCATION, A LA FORMATION,
A LA SCIENCE ET A LA TECHNOLOGIE
Facilitateurs : Thokozile Ruzvidzo, Chaabouni Habiba
Présentatrice : Khardiata Lo Ndiaye
De l'avis des participants à l'atelier, l'éducation est
un facteur clé pour l'épanouissement et le bien-être
de l'individu. Elle est non seulement un droit fondamental de la femme
mais également un formidable outil d'intégration sociale,
économique et politique de la femme. L'Afrique cependant a le
taux d'alphabétisation le plus faible au monde : 50 %. En 1990,
en Afrique sub-saharienne, le taux d'alphabétisation des adultes
était de 61 % pour les hommes et de 41 % pour les femmes.
Les gouvernements africains et la société civile se sont
engagés à assurer la parité hommes-femmes dans
les politiques et les programmes nationaux portant sur l'éducation
primaire universelle, secondaire et supérieure et sur l'alphabétisation
des adultes. Ils ont également pris l'engagement d'assurer, d'ici
à l'an 2000, l'égalité entre les sexes en ce qui
concerne les niveaux de scolarisation, aussi bien dans l'enseignement
de type classique que non classique.
Des engagements analogues ont été pris par l'Organisation
de l'unité africaine, par la Conférence des ministres
africains de l'éducation, par les organismes des Nations Unies,
y compris l'UNESCO, une mention particulière étant souvent
faite de l'éducation des filles et des femmes en Afrique et de
leur formation scientifique, technique et professionnelle.
La Conférence de Beijing ne semble pas inaugurer une période
importante en matière d'éducation, elle représente,
cependant, une source extraordinaire d'inspiration pour une nouvelle
conception de l'éducation des femmes et des filles et un nouveau
cadre de référence. L'évaluation à mi-parcours
de sa mise en uvre montre des progrès réels dans
ce domaine, bien que les mécanismes de suivi établis aux
niveaux national, sous-régional et régional n'aient pas
fonctionné de manière optimale. Au cours du processus,
on a vu que l'éducation des femmes et des filles, la participation
accrue des femmes aux programmes et aux projets de développement
et l'égalité entre les sexes dans le domaine de l'éducation,
constituent non seulement quelques-unes des meilleures manières
de promouvoir la condition de la femme, mais également un investissement
dans l'avenir de l'Afrique.
Evaluation des programmes et des mécanismes mis en place pour
l'égalité entre les sexes en matière d'éducation
et de formation
Progrès
Un grand nombre de pays ont indiqué avoir accompli des progrès
en ce qui concerne l'élaboration de stratégies et la mise
en uvre de programmes visant à assurer l'égalité
entre les sexes dans le domaine de l'éducation, on peut citer
parmi les actions entreprises :
· L'adoption de nouvelles politiques d'éducation et
de formation comportant des mesures spécifiques sur l'éducation
des filles et sur son caractère prioritaire, au niveau primaire
en particulier.
· L'instauration, dans certains pays, de l'éducation
universelle, gratuite et, dans certains cas, obligatoire au niveau
primaire et à d'autres niveaux.
· Le recrutement délibéré d'enseignantes
affectées dans les zones rurales comme dans les zones urbaines.
· La mise en place de programmes souples dans les zones rurales
afin de promouvoir la scolarisation des filles et leur maintien à
l'école.
· La création d'écoles rurales plus proches
des communautés.
· L'octroi d'incitations et de facilités tels que le
pensionnat, le transport, l'uniforme gratuit, les repas nutritionnels,
la réduction des frais de scolarisation pour les filles dans
des situations particulières et l'octroi de bourses d'études
et de bourses spéciales dans le but de maintenir les filles
à l'école.
· La révision des programmes scolaires et du matériel
pédagogique pour enlever les stéréotypes sexistes
et sensibiliser à la nécessité de toujours se
soucier de parité et d'équité.
· La décentralisation de la gestion des écoles
vers les conseils locaux pour plus d'efficacité et pour mieux
prendre en compte les intérêts et les besoins des communautés.
· La création de partenariats plus dynamiques entre
les pouvoirs publics, les ONG, les communautés locales (y compris
les parents) et les donateurs, a contribué efficacement à
une meilleure prise en compte des questions relatives aux femmes.
· Le renforcement des réseaux d'écoles pour
les rapprocher des communautés.
· Mesures en faveur des mères adolescentes et des filles
enceintes pour qu'elles puissent poursuivre leur éducation.
Contraintes
Il a été noté que des contraintes variables d'un
pays à l'autre entravaient la mise en uvre du programme,
elles sont, entre autres les suivantes :
· De nombreux pays ont signalé le décalage entre
l'adoption et la mise en uvre des politiques d'une part et entre
les politiques et les besoins de la communauté de l'autre.
· Des contraintes socioculturelles telles que l'éducation
prioritaire des garçons, militent contre l'éducation
des filles.
· Le manque de ressources humaines et financières,
d'infrastructures et d'équipements.
· Le manque, dans certains pays, d'enseignants qualifiés,
dans les disciplines scientifiques, notamment.
· Les difficultés à trouver des enseignantes
pour les écoles dans les zones rurales en particulier.
· Le taux d'abandon scolaire élevé chez les
filles, qu'expliquent les grossesses, les mariages précoces
et les tâches ménagères.
· Pour cause de pauvreté, les femmes et les filles
ne peuvent participer aux programmes éducatifs et d'alphabétisation.
Recommandations
En plus de l'impératif global et évident qui consiste
à allouer davantage de ressources à l'éducation
et à instaurer l'éducation gratuite et universelle, les
recommandations suivantes ont été faites :
· Réduire la charge de travail des femmes et des filles
pour leur permettre de poursuivre leur éducation.
· Assurer une coordination et un partenariat plus poussés
entre tous les acteurs intervenant dans le domaine de l'éducation
: le gouvernement, les collectivités locales, les ONG, les
missions religieuses et les donateurs.
· Encourager les collectivités locales à mobiliser
des fonds pour l'appui aux écoles.
· Fournir des initiations plus attrayantes aux enseignants.
· Réviser les programmes scolaires et le matériel
pédagogique, afin qu'ils ne comportent plus de parti pris sexiste,
soient plus pertinents et répondent mieux aux besoins des collectivités.
· Créer des bourses spéciales et des bourses
d'étude destinées en particulier aux filles.
· Lever les restrictions à la réadmission des
mères adolescentes et des filles enceintes dans les établissements
d'enseignement.
· Sensibiliser les collectivités à l'importance
qu'il y a à éduquer les filles.
· Promouvoir les programmes d'alphabétisation pour
les femmes adultes.
· Elargir la gamme des programmes de formation axés
sur les activités génératrices de revenus.
Accès, participation et visibilité des femmes dans les
domaines de la science et de la technologie
Progrès
Ayant reconnu que les femmes et les filles n'étaient que peu
" visibles " dans les disciplines scientifiques, plusieurs
pays ont adopté des politiques et programmes qui mettent l'accent
sur l'enseignement de la science et de la technique dans les écoles.
Dans certains pays, on a constaté que de plus en plus de filles
étudient les sciences. Les mesures prises à cet égard
sont les suivantes :
· L'orientation des filles vers les disciplines scientifiques.
· La fourniture du logement aux filles poursuivant des études
scientifiques, au niveau universitaire en particulier.
· La création d'associations de femmes scientifiques
pour apporter un appui aux femmes et favoriser la collaboration entre
celles-ci.
· La formation des femmes dans des domaines scientifiques
spéciaux telles que l'informatique.
Contraintes
Cependant, les efforts dans ce domaine ont plus ou moins réussi.
L'Atelier a noté que des facteurs empêchent de faire participer
davantage les femmes dans les domaines de la science et de la technologie
:
· Le manque de ressources humaines et financières,
d'infrastructures et d'équipements nécessaires.
· L'absence de méthodes d'enseignement soucieuses d'équité,
ce qui n'incite guère les filles à s'engager dans des
carrières scientifiques.
· Les périodes de formation sont relativement longues
pour les filles et aucune garantie d'emploi ne leur est offerte.
· Dans un bon nombre de communautés, la science est
encore perçue comme un domaine réservé aux garçons
et non aux filles.
Recommandations
Les mesures suivantes pourraient amener les femmes à s'intéresser
à la science et à la technique et y faire carrière:
· Revoir les programmes scolaires et le matériel pédagogique
à tous les niveaux afin d'en supprimer les stéréotypes
qui dissuadent les femmes de choisir des professions techniques et
faire en sorte que les programmes préparent aux emplois existants.
· Encourager le secteur industriel et les autres employeurs
à employer, en priorité les femmes.
· Suivre les femmes diplômées en science et en
technique afin de les aider à avancer dans leur carrière.
· Elaborer des programmes pour orienter et conseiller les
filles afin qu'elles puissent très tôt décider
de leur carrière.
· Faire une large publicité aux femmes qui ont réussi
dans les domaines de la science et de la technique pour inciter d'autres
à suivre leur exemple.
· Sensibiliser les filles, les enseignants et les parents
aux avantages qu'offrent les carrières techniques.
· Elaborer des indicateurs sur la participation des femmes
dans les domaines scientifique et technique et sur les postes de responsabilité
qu'elles occupent.
Conclusions de l'atelier
La Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant et
la Charte africaine des droits de l'enfant considèrent l'éducation
de la petite fille comme une question importante. Elle est en effet
un moyen fondamental de faire accéder les femmes à des
postes de responsabilité à tous les niveaux dans les domaines
social, politique et économique. Un point sur "les femmes
et l'éducation" doit figurer à l'ordre du jour du
Sommet extraordinaire de l'OUA consacré à l'éducation.
Les pays devraient par conséquent :
· Fixer les objectifs en fonction des besoins des filles et
des garçons, élaborer des indicateurs différentiels
et fournir des statistiques désagrégées par sexe
permettant de déterminer dans quelle mesure les politiques
et programmes ont permis aux femmes d'accéder à des
postes de responsabilité d'ici l'an 2005.
· Chercher des solutions pour répondre aux besoins
de la population en matière d'éducation, lui fournir
une éducation de qualité tout en veillant spécialement
à doter les jeunes d'une formation qui leur permette d'exercer
un emploi.
· Promouvoir l'éducation des femmes en vue de les intégrer
davantage dans les secteurs économique et politique.
· Encourager la coopération Sud-Sud et le travail en
réseau dans les domaines scientifique et technique doivent
être encouragés.
· Faire en sorte que les femmes participent davantage à
la prise de décisions dans les ministères de l'éducation.
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annexe
III
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du rapport]
ATELIER 3 : LES FEMMES, LA CULTURE, LA FAMILLE ET LA SOCIALISATION
Facilitateurs : Miriam K. Were, Fatou Sow,
Présentatrice : Khardiata Lo Ndiaye
L'atelier sur les femmes, la culture, la famille et la socialisation
s'est tenu les 23 et 24 novembre 1999 au CCNU de la CEA pour examiner
les progrès réalisés dans la mise en uvre
de la Plateforme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing
en vue de recommander les actions futures. L'atelier était présidé
par le Dr. Miriam Were et le Prof. Fatou Sow comme facilitatrices. Madame
Wanbui Karanja et M. Pierre Demba étaient rapporteurs. L'atelier
a examiné le document intitulé : "le rôle vital
des femmes dans la culture, la famille et la socialisation" qui
est annexé au présent rapport. La discussion s'est déroulée
en deux parties, la première portait sur la famille, la culture
et les relations entre les hommes et les femmes tandis que la seconde
partie a porté essentiellement sur les questions spécifiques
à la famille.
Culture, famille et relations entre les hommes et les femmes
Dans cette première partie, la réunion a examiné
le contexte socioculturel et économique dans lequel les femmes
africaines jouent leur rôle vital, les engagements des gouvernements
africains, des organisations internationales et régionales à
mettre en uvre les stratégies du Programme d'action de
Beijing, les progrès accomplis et les contraintes.
La réunion a reconnu que la famille en tant qu'unité
de base de la société est le cadre le plus crucial pour
la socialisation ; un espace où s'exercent des relations de pouvoir
(domination, conflit, négociation etc.) entre hommes et femmes,
parents et enfants etc. Il est par conséquent essentiel que la
famille encourage la parité entre l'homme et la femme.
Les débats ont également porté sur les divers
phénomènes qui influent sur les relations entre hommes
et femmes dans les sociétés africaines ainsi que sur les
rôles assignés à l'homme et à la femme. La
réunion a en outre examiné les valeurs socioculturelles
dont certaines sont positives et d'autres négatives qui affectent
les structures et les relations familiales.
Parmi les contraintes sur les femmes et la famille figuraient les suivantes
: tensions dues à l'urbanisation croissante ; la crise de la
modernisation, la culture de consommation, la crise politique et les
conflits armés; la pauvreté extrême généralisée;
l'hégémonie de la culture mâle et les relations
de pouvoir inégales fondées sur le sexe et renforcées
par l'idéologie dominante qui, par le biais du langage, des valeurs
culturelles, des systèmes juridiques, renforcent la domination
de l'homme et débouchent sur la subordination et la soumission
des femmes. Par conséquent, quand bien même les femmes
jouent un rôle crucial au sein des diverses formes de la famille
et de la société africaines, elles sont pour l'essentiel
dénuées de pouvoir. Certaines pratiques culturelles ont
été considérées comme l'une des causes de
la propagation du VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles;
la polygamie, l'héritage des veuves passant aux parents mâles
du mari décédé, la subordination sexuelle etc.
Les femmes devraient obtenir l'information en ce qui concerne leurs
droits et avoir les moyens de négocier et de communiquer.
La famille et la société
Lors de la discussion des relations entre la société
et les institutions de la société et les institutions
familiales, cinq domaines majeurs ont été estimés
comme devant bénéficier d'une attention spéciale.
Ces domaines sont :
1. L'environnement national et la législation;
2. Les relations entre les hommes et les femmes au sein des familles;
3. Le rôle crucial des femmes dans la perpétuation des
pratiques d'oppression contre d'autres femmes;
4. La responsabilisation des jeunes pour leur permettre de vivre
véritablement, leur préparation au mariage et aux responsabilités
de parents;
5. L'éducation et la socialisation des enfants.
Nombre d'intervenants ont fait remarquer que pour trouver effectivement
une solution à la question de la subordination des femmes dans
la société, il est nécessaire d'examiner les structures
et les mécanismes institutionnels qui perpétuent la subordination
des femmes comme il ressort des cinq domaines.
Il a été noté que la création d'un environnement
national favorable à la promotion des femmes passait par la paix
et la stabilité en vue d'un développement durable, l'adoption
de lois en ce sens comportant des mesures volontaristes en faveur des
femmes dans la mesure où leur situation à des conséquences
sur la famille, le lieu de travail, la sphère économique
et sociale.
En ce qui concerne les relations entre les sexes au sein de la famille,
la réunion a noté la nécessité de partager
les responsabilités au sein de la famille sur la base de l'idée
selon laquelle les femmes ne doivent pas supporter une charge disproportionnée.
Le mouvement rapide d'exode rural, qui continue à transposer
les relations existant en milieu rural, a des incidences négatives
sur les rapports entre conjoints. En outre, les femmes perdent le peu
de pouvoirs qu'elles avaient en milieu rural ainsi que les importants
réseaux sociaux d'entraide.
Par ailleurs, la récente crise socio-économique sans
précédent qui a frappé de nombreux pays africains
a soumis l'institution qu'est la famille à rude épreuve.
La réunion a estimé qu'il fallait faire comprendre aux
femmes et aux hommes leurs responsabilités et ce qu'ils devraient
attendre du mariage.
Plusieurs délégués ont fait observer que, touchés
par cette crise et n'étant plus en mesure de contribuer à
la subsistance de la famille, les hommes étaient en proie à
une crise qu'il fallait résoudre pour assurer la stabilité
et l'intégrité de la famille. Dans nombre de cas, les
hommes n'ont pas pu aborder ces questions qui avaient des incidences
négatives sur la famille, ni assurer leur propre bien-être
et il convenait de trouver des solutions à ces problèmes.
Bien que le concept de la famille élargie demeure la norme dans
nombre de nos sociétés, celui de la famille nucléaire
prenait également de l'importance mais il était l'objet
de nombreuses contradictions non résolues qu'il convenait d'examiner.
La question de la sexualité est importante pour la famille car
la sexualité n'est pas seulement la reproduction. La sexualité
concerne également le plaisir et la communication entre les partenaires.
Les relations sexuelles sont souvent des relations de domination fondées
sur le sexe et s'expriment souvent sous la forme du viol, de l'inceste,
du harcèlement sexuel et d'autres formes de violence à
l'encontre des femmes. Les sociétés doivent étudier
les moyens de transformer ces relations de domination en relations fondées
sur l'égalité et la sollicitude.
En examinant le rôle des femmes dans la pérennisation
des pratiques négatives pour les autres femmes, par exemple l'appui
apporté aux mutilations génitales féminines, les
mauvais traitements infligés aux veuves, etc., il y a lieu de
sensibiliser les femmes sur le fait qu'elles ont intériorisé
les valeurs de la domination masculine qui les maintiennent dans un
état de subordination.
L'éducation des enfants et leur socialisation posent des défis
importants, dont : des défis particuliers aux jeunes; une socialisation
différenciée qui constitue l'essentiel de l'idéologie
qui perpétue l'infériorité des femmes; la division
du travail en fonction du sexe et des différences importantes
entre les valeurs familiales et celles et des établissements
d'enseignement en ce qui concerne l'égalité entre hommes
et femmes.
Il est estimé que si les familles réussissent à
inculquer aux enfants et à les aider à intérioriser
les valeurs d'égalité entre hommes et femmes, ce serait
un moyen de transformer les sociétés en vue de promouvoir
l'égalité entre hommes et femmes. Les communautés
devraient rechercher des modèles d'éducation des enfants
tels que la garde de groupes durant la journée, sous la supervision
d'adultes, au lieu de laisser les enfants sous la garde d'autres enfants.
Il a été reconnu que les médias jouent un rôle
important dans la diffusion d'idées et de manières de
voir au sein de la société. En Afrique, le partenariat
requis entre les médias et les femmes est que les articles doivent
être positifs et appuyer la promotion de la femme. Cet appui devrait
promouvoir l'égalité entre hommes et femmes et se garder
de perpétuer les stéréotypes négatifs sur
les femmes. L'égalité est une condition sine qua non d'un
développement durable et est dans l'intérêt de la
société tout entière et non "pour le bien
des femmes" uniquement.
L'atelier s'est clôturé sur une note positive, les Etats
et les partenaires du développement à tous les niveaux
ont été invités à mettre en oeuvre des stratégies
et programmes visant à faire de l'institution familiale une institution
encore plus stable. Dans la mesure où la culture est dynamique,
des possibilités de changements positifs. A cet égard,
le bien-être familial doit figurer au programme de développement
national.
Recommandations
· La paix et la stabilité sont des conditions préalable
d'un bien-être durable des sociétés et des familles.
Ces conditions doivent être favorisées dans tous les pays.
· Les attitudes culturelles négatives et les pratiques
traditionnelles néfastes qui empêchent les femmes de participer
à la vie politique et publique doivent être abolies, au
moyen de l'éducation dans toutes les institutions sociales. En
particulier, il importe de sensibiliser les femmes au fait que c'est
parce qu'elles ont intériorisé les valeurs de domination
de l'homme qu'elles demeurent dans un état de subordination.
· Les Etats doivent fournir le cadre juridique - dans les codes
de la famille - qui établisse l'égalité entre hommes
et femmes et protège les droits de tous les membres de la famille.
· Il devrait y avoir un partage des pouvoirs, des tâches
et des responsabilités au sein de la famille, pour promouvoir
l'égalité entre hommes et femmes.
· Etant donné l'isolement des familles dans les communautés
urbaines, l'établissement de liens de solidarité et la
mise en place des structures destinés à renforcer la stabilité
familiale et/ou les systèmes de soutien social, en particulier
pour les jeunes couples, devraient être envisagés.
· Les gouvernements devraient mettre en place des stratégies
et programmes destinés à assurer une stabilité
bénéfique et renforcer la stabilité de l'institution
familiale.
· Le rôle des médias dans la promotion de l'égalité
entre hommes et femmes est d'une importance capitale.
[sommaire
annexe
III]
[sommaire
du rapport]
ATELIER 4 : LES DROITS FONDAMMENTAUX ET LES DROITS HUMAINS DES FEMMES
Facilitateurs : Gladys Mutukwa, Kafui Adjamagbo-Johnson,
Présentatrice : Jean Kamau
L'atelier sur le domaine de préoccupation important 'Droits
fondamentaux et droits humains des femmes', a vu la participation de
plus de 150 représentants des gouvernements, d'ONG, d'organisations
régionales et sous-régionales ainsi que de quelques institutions
des Nations Unies et organismes d'aide.
Les discussions ont été précédées
d'un bref exposé de la consultante qui a fait observer qu'en
dépit de l'engagement pris par les gouvernements africains de
mettre en uvre tous les instruments relatifs aux droits humains
dont la Convention sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention
sur les droits de l'enfant (CRC) qu'ils ont ratifiés, il y a
encore des barrières qui empêchent de nombreuses femmes
de jouir pleinement de leurs droits humains. Les droits humains des
femmes africaines ont été définis comme incluant,
entre autres :
· La sécurité dans les domaines public et privé
;
· L'accès aux ressources au niveau familial, communautaire
et de l'Etat, y compris le droit au crédit ;
· La participation à la prise de décision, à
la direction et à la gouvernance au niveau de la famille, du
village, de la communauté, de l'Etat, de la sous-région,
de la région et au niveau international ;
· Un système judiciaire juste et équitable ;
· L'éducation, la formation, l'emploi et d'autres opportunités.
Les statistiques des divers pays sur les mutilations génitales
féminines, le viol, les meurtres de femmes, les abus sexuels
et autres formes de violence ont été présentées
afin de bien faire voir que les droits humains des femmes sont continuellement
et systématiquement violés dans de nombreux pays.
Le rapport a également mentionné les progrès importants
qui ont été réalisés tels que la ratification
par un grand nombre de pays de la CEDAW, l'adoption du protocole à
la Convention, la promulgation de constitutions et lois progressistes
dans certains pays. Toutefois, en droit comme en fait, la discrimination
à l'égard des femmes continue, cette situation s'expliquant
en partie par l'existence de deux ou trois systèmes juridiques
et par l'absence d'une volonté politique réelle de mettre
en uvre le Programme d'action.
Il a été par ailleurs noté qu'un certain nombre
de pays n'avaient pas soumis leurs rapports aux organes de suivi. L'élaboration
des rapports était estimée être un moyen d'examiner
et d'évaluer la mise en uvre.
Au cours de l'atelier, les participants ont approuvé le rapport
de la consultante et les recommandations et ont énuméré
les actions à mener pour réaliser des progrès réels
et durables.
Discussions
Les participants ont noté que malgré quelques progrès
louables, comme les réformes législatives, l'élaboration
de meilleurs cadres politiques par les gouvernements et la société
civile par exemple, il restait encore beaucoup à faire pour instaurer
une culture de respect des droits des femmes.
Il a également été noté que les conflits
juridiques résultant de l'application de lois statutaires, coutumières
et religieuses relatives à la personne, ont introduit à
dénier aux femmes leurs droits, du fait que la plupart d'entre
elles n'étaient pas conformes aux normes internationales en matière
de droits humains pour la femme.
S'agissant des moyens de protéger effectivement les doits humains
des femmes, il a été fait observer que les mécanismes
institutionnels aux niveaux national, sous-régional, régional
et international pouvaient aider efficacement à promouvoir les
droits des femmes.
Au plan national, les gouvernements doivent établir des organisations
nationales efficaces pour la protection des droits humains des femmes.
Les mécanismes nationaux ont besoin aussi de ressources financières
et humaines suffisantes pour bien s'acquitter de leurs mandats.
Les participants ont mentionné d'excellentes initiatives pour
démontrer que des mesures effectives peuvent être prises
pour la mise en uvre du Programme d'action. Les Etats de la SADC
et ceux de l'Afrique de l'Ouest francophones, ont entrepris de profondes
réformes de leurs systèmes judiciaires et de leurs politiques
comme moyen d'éradiquer la violence contre les femmes. L'Annexe
de la SADC sur la violence contre les femmes indique clairement les
activités qui ont été effectuées dans la
sous-région et, qui peuvent donner lieu à d'autres actions
dans les pays et même être entreprises dans d'autres régions
d'Afrique. Des recommandations ont été formulées
concernant les actions que les gouvernements, les ONG et les autres
parties prenantes pourraient entreprendre pour promouvoir et protéger
effectivement les droits humains des femmes et des filles au cours du
millénaire prochain.
Recommandations
Les principales recommandations visant à assurer plus efficacement
la protection des droits humains des femmes sont, entre autres :
· La promulgation et l'application effective de législations
protégeant la femme contre les diverses formes de violence
;
· L'inclusion, dans la législation nationale, des dispositions
de la CEDAW et de la CRC grâce à l'adoption d'une clause
constitutionnelle prévoyant la conversion automatique des conventions
internationales en lois nationales dès qu'elles sont ratifiées
;
· L'élimination des réservations sur la CEDAW
;
· L'harmonisation de toutes les lois avec les conventions
internationales afin de résoudre les contradictions entre les
lois statutaires, coutumières et religieuses ;
· La nécessité de sensibiliser toutes les parties
prenantes, particulièrement les législateurs et les
chargés de l'application des lois, à l'importance des
droits des femmes ;
· L'éducation des femmes pour qu'elles connaissent
mieux leurs droits, y compris la formation de femmes formatrices ;
· La formation des juges des magistrats et des personnes chargées
de l'application des lois ;
· L'utilisation des médias pour diffuser l'information
sur les droits des femmes et les cas de violation de ces droits;
· La formation des parlementaires, des membres de la société
civile et du gouvernement pour les sensibiliser à la question
du traitement égal des hommes et des femmes et aux droits des
femmes ;
· L'établissement de liens entre les droits des femmes
et leur accès aux ressources et services tels que l'éducation
;
· L'accroissement du nombre de femmes avocates et experts
juridiques a été mentionné comme l'un des moyens
effectifs d'assurer la participation des femmes à la promotion
de leurs droits et à l'application de lois favorisant les femmes
;
· L'information et la publicité sur les meilleures
pratiques pour une application intégrale des droits des femmes
le but était de les appliquer ailleurs et de les institutionnaliser;
· La nécessité pour les pays de rendre compte
régulièrement au Comité de la CEDAW et à
la CDW afin de permettre de suivi et de la coordination des activités
en ce qui concerne entreprises concernant les droits des femmes;
· L'établissement et l'application des règles
démocratiques et de la loi universelle pour tous les citoyens
quel que soit leur sexe ; dans certains cas, la tendance est d'interpréter
de manière erronée les lois coutumières et religieuses
en faveur des hommes ;
· L'imposition de sanctions contre les responsables de l'application
des lois qui ne respectent pas les dispositions juridiques et les
décisions de justice en faveur des femmes.
Notant que la violence en raison du sexe et toutes les formes de harcèlement
sexuel et d'exploitation sont des violations persistantes des droits
humains, dues au système patriarcal dominant, au statut inégal
des femmes et au rôle qui leur est assigné dans la société
ainsi qu'à l'absence d'une protection juridique contre les violations
des droits des femmes, les participants ont également recommandé
les mesures suivantes :
· La fourniture d'une assistance juridique et de services
de réhabilitation pour les femmes victimes de violence, y compris
les victimes de la violence conjugale et les femmes réfugiées
ou affectées par les conflits ;
· Une initiation au droit dans les langues locales à
l'intention des femmes dans les communautés de base, ainsi
qu'une éducation sur les droits humains pour les filles et
les garçons le plus tôt possible et durant toute la scolarité
;
· Transformation de la Déclaration des Nations Unies
sur la violence contre les femmes en traité afin que ses dispositions
deviennent contraignantes pour les signataires;
· Réalisation d'études sur les incidences et
les cas de violence contre les femmes afin d'avoir des données
et des informations plus fiables sur la question, le but étant
d'exercer des pressions afin d'assurer une meilleure protection des
femmes;
· La collaboration de tous les acteurs, y compris la police,
les services de santé, les institutions judiciaires et les
ONG à l'application des lois relatives aux droits des femmes.
Concernant l'engagement politique et les actions concrètes visant
à éliminer toutes les formes de discrimination contre
les femmes, les participants ont également recommandé
ce qui suit :
· Inclure les rapports sur les violations des droits des femmes
dans tous les rapports présentés dans le cadre de tout
traité relatif aux droits humains ;
· Faire accéder davantage de femmes à tous les
niveaux de la prise de décision, y compris au Parlement ;
· Etablir des comités spéciaux sur les droits
humains à différents niveaux ;
· Diffuser largement le Protocole facultatif à la CEDAW
et les protocoles additionnels sur les droits des femmes humains qui
vont être intégrés à la Charte africaine
des droits humains et des peuples et familiariser les femmes avec
pour qu'elles l'utilisent comme moyen de défense de leurs droits
humains. Cependant, les systèmes de recours devraient être
simplifiés afin de les rendre plus accessibles ;
· Afin d'encourager les pays qui
défendent activement les droits des femmes, il est nécessaire
d'indiquer clairement les meilleures pratiques, de mettre en exergue
les pays les plus performants dans ce domaine, de confondre et même
de sanctionner les pays qui ne respectent pas leurs engagements;
· Encourager le recours en cas de différends d'intérêt
public aux conventions internationales en l'absence d'une législation
nationale explicite.
Parmi les indicateurs de référence et de suivi pour mesurer
les progrès en ce qui concerne l'élimination des discriminations
en raison du sexe, les participants ont énuméré
les législations et cadres politiques, les attitudes positives
au sein des sociétés, ainsi qu'une plus grande sensibilisation
de la police à la question de la violence en raison du sexe,
le niveau et la qualité de la couverture par les médias
et les retards mis à ratifier et à incorporer la CEDAW
dans la législation nationale.
Une protection effective et durable des droits humains des femmes nécessite
des ressources et un appui adéquats. Les participants ont donc
recommandé ce qui suit :
· Mobiliser des partenariats et des ressources aux niveaux
national et régional ;
· Etablir un large partenariat au niveau national entre les
organes gouvernementaux et non gouvernementaux concernés, la
société civile et les partenaires du développement
afin d'assurer une coordination efficace, réaliser des synergies
et donner plus d'impact aux actions ;
· Constituer des alliances stratégiques avec les départements
chargés de la justice, de la planification nationale, du budget
et des finances pour obtenir des ressources pour des programmes d'assistance
juridique et de réhabilitation des victimes de la violence
;
· Etablir des comités interministériels dotés
d'un mandat clair et de ressources suffisantes pour suivre la mise
en uvre des différentes obligations internationales ;
· Utiliser, aux niveaux sous-régional et régional
des groupements tels que la SADC, la CEDEAO, la CEAC, etc. comme cadre
institutionnel pour le partenariat et le renforcement des capacités
entre les pays et pour l'échange effectif d'expériences
et l'émulation des meilleures pratiques. D'autres groupements
sous-régionaux sont invités à suivre l'exemple
de la SADC en adoptant la déclaration sur la réalisation
de l'équité et l'Annexe sur les violences contre les
femmes ;
· Que les partenaires internationaux incluent dans leurs accords
de coopération, une clause exprimant leur engagement ferme
en faveur des programmes et activités de promotion des droits
des femmes ;
· Que les bailleurs de fonds coordonnent leurs activités
et utilisent leurs avantages comparatifs respectifs pour fournir un
appui matériel, financier, technique et institutionnel en faveur
de la promotion des droits des femmes.
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annexe
III]
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du rapport]