Document distributed by: The African Centre for Gender and Development [ACGD]
A Division of : The United Nations Economic Commission for Africa [UNECA]



RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING, 22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE



ANNEXE III : RESULTAT DES TRAVAUX EN ATELIER (suite)


ATELIER 5 : ELABORATION ET UTILISATION GENERALISEES DES DONNEES DESAGREGEES PAR SEXE (DDS)

Facilitateurs : Yassine Fall, M. Ousembe
Présentatrice : Solange Goma


Après la présentation sur l'état d'avancement de la mise en œuvre des engagements relatifs à l'élaboration et à l'utilisation des DDS, la discussion a porté sur quatre questions principales.


Elaboration des indicateurs

La première question à trois composantes concerne l'élaboration des indicateurs et les directives en direction des décideurs, planificateurs et acteurs socio-économiques, culturels et politiques.

a). Situation des pays en ce qui concerne l'adoption de l'approche DDS et formulation des directives

La plupart des participants reconnaissent l'existence des données désagrégées par sexe dans les secteurs socio-économiques, notamment les statistiques scolaires et l'emploi ; le monde rural reste cependant plus déficitaire en ce qui concerne les statistiques différenciées selon le sexe. Néanmoins, il existe des mécanismes de collaboration entre les Ministères chargés de la femme et les services de statistique centraux ou d'autres services sectoriels. Ces collaborations se sont surtout concrétisées lors des opérations de collecte/ou de traitement de type recensement général de la population et des habitations ou de l'enquête agricole.

Les participants ont souligné que la compréhension du concept genre et son intégration en tant qu'outil statistique demandait des efforts supplémentaires avant que des indicateurs puissent être développés et servir de repères dans le suivi et l'évaluation des programmes. Les utilisateurs devraient être en amont de l'élaboration des indicateurs grâce à la formulation correcte des types de données dont ils ont besoin.

S'agissant des directives et des lois, peu d'intervenants ont partagé leur expérience en ce qui concerne la mise en place des lois statistiques ou une loi cadre intégrant l'approche "genre" dans les opérations de collecte.

b). Meilleures pratiques

Une expérience qui mérite d'être partagée avec les autres pays est l'élaboration des listes de référence à soumettre aux planificateurs et macro-économistes pour les guider dans l'allocation des ressources destinées à la promotion des femmes. Cette expérience de répartition des dépenses publiques en tenant compte du sexe sera reprise plus tard dans les discussions. L'Afrique du Sud est déjà engagée dans cette voie et les autres pays de la SADC sont en train de suivre cette expérience.

Les sessions de formation et campagnes de sensibilisation en direction des statisticiens ont été utiles en ce qu'elles ont permis de comprendre et d'intégrer l'analyse "genre".

c). Elaboration d'indicateurs communs aux pays africains

A ce stade, il a été reconnu qu'une liste d'indicateurs communs aux pays serait nécessaire afin de disposer d'un cadre conceptuel et d'un outil de comparaison régionale. Toutefois, cet outil de référence devrait être assez flexible pour pouvoir se conformer aux réalités et besoins des pays.


Evaluation des dépenses publiques

La deuxième question a porté sur l'évaluation des dépenses publiques consacrées aux femmes.

Il convient de signaler l'expérience en cours dans des pays d'Afrique australe. Les étapes devraient inclure, à l'instar de ce qui se fait en Zambie être les suivantes : l'élaboration des listes de référence sur les questions de parité destinés aux planificateurs et économistes, leur utilisation pour le plaidoyer et la formation des macro-économistes et des planificateurs à l'utilisation des listes de référence.

Les indicateurs désagrégés selon le sexe n'ont d'utilité que dans la mesure où ils peuvent servir à souligner les inégalités dans l'allocation des ressources entre les deux sexes. Les tableaux de bord ainsi produits serviront pour le plaidoyer auprès des décideurs afin que des correctifs soient apportés dans l'allocation des ressources budgétaires.

Il a été relevé aussi qu'au Botswana, l'analyse différentielle des dépenses publiques a identifié certaines sources de marginalisation dans l'application des taux d'intérêt. Ces résultats ont abouti à des correctifs visant à diminuer les taux d'intérêt en faveur des femmes.

Toutefois, la démarche n'est pas facile surtout dans un contexte d'ajustement structurel et de stabilisation. En effet, les intervenants ont souligné la difficulté des pays à dégager de nouvelles lignes budgétaires en direction de la recherche et de l'élaboration de nouvelles données statistiques.

Une autre difficulté se situe au niveau de l'expertise limitée en économie et en comptabilité nationale. Les personnes qui travaillent sur les DDS et l'approche genre rencontrent souvent des difficultés pour correctement exprimer leurs besoins aux statisticiens et macro-économistes.


Problèmes méthodologiques

La troisième question se réfère aux problèmes méthodologiques dans l'élaboration des données quantitatives et qualitatives pour évaluer le travail des femmes

La définition de concepts homogènes est considérée comme un préalable à l'élaboration de méthodologies destinées à évaluer le travail des femmes. Ainsi par exemple, l'activité devrait être définie de telle manière qu'elle prenne en compte le travail non monétaire. Le type de données à collecter nécessite l'adoption de nouveaux instruments, surtout qualitatifs :

i) approche participative intégrant les femmes dans les principales phases de la collecte, du traitement et de l'analyse des données,
ii) recherche opérationnelle,
iii) discussions de groupe etc.

Evaluer le travail des femmes exige la révision des unités de collecte de l'information. Dans le secteur agricole par exemple, la révision du concept de ménage et la prise en compte de l'espace où se tient l'activité agricole sont autant d'options méthodologiques susceptibles de bien refléter la contribution des femmes.

Les nouvelles technologies de l'information ainsi que la décentralisation dans la collecte des données représentent aussi d'autres voies d'innovation méthodologique . Il va de soi que la stratégie DDS ne pourra être effective que si les femmes en général et les ministères en charge des problèmes des femmes en particulier, sont correctement formés et participent aux différentes étapes.

Renforcement des capacités

La dernière question portait sur le renforcement des capacités des femmes, les secteurs prioritaires d'intervention pour les prochaines années ainsi que les partenaires clés.

Le renforcement des capacités des femmes passe par la formation aux techniques de plaidoyer, la mise en place de réseaux de femmes et organisations féminines, la création et la diffusion des bases de données.

Parmi les secteurs prioritaires identifiés, il a été retenu : l'économie reproductive, le secteur informel, l'économie générale et la comptabilité nationale, pour pouvoir disposer des informations désagrégées permettant de cerner la valeur ajoutée.

En ce qui concerne les partenaires principaux, le rôle de l'Etat reste prépondérant au travers de ces organes de collecte, traitement et diffusion des données (Institut national de la statistique). A cela s'ajoutent les ONG, les organisations de femmes et les partenaires au développement (Agences multi et bilatérales).


Recommandations

La CEA (la Commission économique pour l'Afrique) et le CAF (le Centre africain des femmes) devraient :

· Elaborer un cadre conceptuel de base permettant de développer des données désagrégées par sexe ;
· Mettre au point une stratégie de plaidoyer destinée aux décideurs tant au niveau national que régional pour la prise en compte des DDS dans la collecte, le traitement et l'analyse ;
· Produire des indicateurs homogènes qui pourraient être utilisés dans les différents pays ;
· Produire et généraliser des profils quantitatifs et qualitatifs sur les femmes ;
· Former les enquêteurs impliqués dans la collecte des données pour qu'ils appliquent l'approche genre ;
· Etablir un cadre de suivi et d'évaluation de la mise en œuvre des engagements relatifs aux DDS
· Assister les pays dans l'utilisation des nouvelles technologies pour la dissémination des DDS ;
· Développer les connaissances des statisticiens sur les questions de parité, et les former à l'utilisation des DDS ;
· Identifier les priorités nationales de manière concertée avec les experts nationaux ;
· Utiliser les matrices de comptabilité sociale sectorielle dans le cadre de l'approche " genre " pour valoriser le travail et la contribution des femmes;
· Créer un espace pour le partage d'expériences et des réussites par les pays ;
· Encourager et faciliter le dialogue entre les institutions et réseaux des femmes utilisant les DDS et les organes de production des statistiques.


[sommaire annexe III ]
[sommaire du rapport]

 

ATELIER 6 : L'ACCESSION DES FEMMES AUX RESPONSABILITES POLITIQUES

Facilitateurs : Sylvia Tamale, Linda Vilakazi - Tselane
Présentateur : Anthony Mawaya

Le présentateur a indiqué qu'il a été difficile de préparer le rapport. Première raison, les rapports nationaux n'étaient pas tous disponibles; deuxième raison, ce sont surtout les rapports rédigés en anglais qui ont été examinés. Les pays non mentionnés dans le rapport ont fourni des compléments d'informations au cours de l'atelier.

Après l'adoption de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing, des engagements ont été pris par :

· Les pays africains qui ont ratifié la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, élaboré des plans d'action nationaux, pris des mesures en faveur des femmes et adopté des systèmes de quotas ;
· Le système des Nations Unies qui a adopté le système des quotas;
· Des organisations sous-régionales telles que la SADC qui a adopté une déclaration sur les femmes dans le développement par laquelle elle a entériné sa décision, d'établir, entre autres le système des quotas.

Bien que plusieurs activités aient été entreprises pour donner effet à ces décisions, les progrès ont été lents et il a parfois été difficile d'évaluer leur impact. Les stratégies n'ont pu être mises en œuvre en raison de problèmes de capacités et de gestion, faute de données désagrégées par sexe et de méthodologies appropriées et d'indicateurs pour mesurer les progrès. Les ressources étaient insuffisantes et il n'était pas facile de déterminer les sources de financement et de décider de leur emploi pour assurer l'accession des femmes aux responsabilités politiques. La pénurie de ressources et l'absence d'indicateurs ont influé sur les mécanismes de suivi et d'évaluation.

Défis :

Les problèmes à résoudre étaient, entre autres, les barrières traditionnelles culturelles et la division du travail au sein du ménage.

Recommandations

Pour faire accéder davantage les femmes aux responsabilités politiques, le concept d'accession aux responsabilités politiques devrait être clairement défini et une vision globale avec des stratégies et des repères définis adoptés.

Le déroulement de l'atelier

Il y a eu des discussions très approfondies sur la prise de décisions, dans son sens large, notamment dans le secteur public, le secteur entrepreneurial et le secteur social, et la nécessité d'accroître la participation des femmes et leur permettre d'accéder aux postes de direction dans ces secteurs, a été soulignée.

Notes d'orientation

Les raisons de la lenteur des progrès :

D'ordre politique

- Le manque de volonté politique des dirigeants et des partis politiques
- L'absence de mesures volontaristes en faveur des femmes
- Le manque de formation pour occuper des postes politiques et de direction
- L'éducation civique et sur le processus électoral des masses n'est pas adéquate
- L'insuffisance des ressources allouées aux structures pour les femmes
- L'absence de femmes compétentes dans les organes de décisions
- Les lois et pratiques discriminatoires à l'égard des femmes

D'ordre structurel

- Le sexisme dans les institutions
- Le système patriarcal qui fait que les femmes se dévalorisent et dévalorisent les autres femmes
- Le faible niveau d'instruction des femmes

D'ordre culturel

- Les barrières traditionnelles et culturelles

D'ordre social

- Les femmes capables évitent les risques et les postes politiques où elles peuvent être exposées à des risques
- La socialisation
- Les attitudes et perceptions sexistes à l'égard des femmes

Les raisons contextuelles

- L'absence de mécanismes effectifs de suivi aux niveaux national, régional et à celui des Nations Unies.
- Le manque de ressources
- La nécessité de parrainer les femmes pour qu'elles se présentent à des postes politiques
- L'absence de modèles féminins pouvant servir de référence aux femmes
- Le manque de solidarité des femmes.


Parmi les leçons dont on doit s'inspirer :

1. Les systèmes de quotas et les mesures volontaristes en faveur des femmes sont le plus efficaces lorsqu'ils sont assortis d'actions pour le renforcement des capacités et de mesures que les gouvernements et tous les partis politiques (à l'exemple de l'ANC en Afrique du Sud) sont tenus d'appliquer.

2. Une volonté politique et une détermination sans faille sont nécessaires.

3. Les pays dont l'histoire est fortement marquée de luttes politiques semblent avoir fait plus de progrès que ceux restés assez "stables".

4. Des délais et des objectifs doivent être fixés pour la réalisation de la parité entre hommes et femmes en ce qui concerne la représentation et la participation à tous les niveaux du processus de prise de décisions.

5. Les programmes de décentralisation ont permis à un plus grand nombre de femmes dans les communautés de base de participer au processus de décision.


Indicateurs de l'accession des femmes aux responsabilités politiques et aux postes de décision :

Le cadre de référence ci-après comportant des indicateurs quantitatifs et qualitatifs, élaboré par la SADC, a été adopté dans le but d'établir des indicateurs, de déterminer les enjeux et faire des recommandations. Les questions qui y sont examinées sont les suivantes :

· L'accès qui est une notion quantitative
· La participation qui est qualitative
· La transformation qui est aussi une notion qualitative
· Le suivi aux niveaux national, sous-régional et régional.

Les indicateurs

Les questions
Les problèmes
Les recommandations
L'accès
(Quantitatif)

· Les quotas

·L'appui aux candidatures féminines

· L'électorat

· L'appui et la sensibilisation
du public


· Les mesures volontaristes en faveur des femmes

· Les réseaux d'appui

· Les politiques de sélection
et de recrutement

· La sensibilisation et l'appui
du public
La participation
· La représentation des femmes dans les structures parlementaires de décisions (Président, Présidents de commissions)

· Quelles sont les commissions dans lesquelles les femmes sont représentées ?

· Dans quelle mesure les femmes s'informent, discutent et exercent des pressions ?

· La formation

· Le taux de maintien en fonction des femmes

· Connaissance et contrôle des opérations


· A quels niveaux dans les secteurs public/privé (directeurs, directeurs généraux, secrétaires généraux, etc.) ?

· Dans quels ministères; dans quels domaines du secteur privé (finances, ressources humaines, etc.) ?

· Degré d'influence

· Politiques de formation et
de promotion
La transformation interne


· Les horaires des réunions

· Les soins aux enfants

· Un langage respectueux des femmes

· Un environnement tenant compte des femmes

· Des changements d'attitudes


· Les horaires de travail souples

· Les soins aux enfants

· Un langage respectueux des femmes

· Un environnement tenant compte des femmes

La transformation externe
· Prise en compte des besoins des femmes dans la législation

· Prise en compte des besoins des femmes dans les politiques et programmes

 

Les défis et les recommandations

Les questions
Les problèmes
Les recommandations

L'accès
(Quantitatif)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'accès
(Quantitatif)


· Les attitudes traditionnelles, culturelles et les stéréotypes

· Les barrières sociales pour les femmes mariées et les femmes célibataires

· La brutalité, le sentiment de solitude et les machinations qui caractérisent le milieu politique

· L'absence de mesures volontaristes en faveur des femmes

· Les insuffisances du système des quotas

· L'absence d'engagements de la part des gouvernements

· La non-application des lois

· Le manque de formation préparant à l'accès aux postes de décisions

· Les situations conflictuelles

· Le peu d'intérêt accordé par les femmes dirigeantes aux femmes handicapées.


· Sensibiliser les différents groupes de population
· Accroître la participation des femmes aux élections locales

· Abroger toutes les lois discriminatoires et introduire des dispositions d'égalité entre les hommes et les femmes dans les constitutions

· Approuver et introduire un système/mécanisme de quotas dans les constitutions nationales et dans les textes fondateurs des partis

· Revoir les systèmes électoraux et adopter ceux qui favorisent la participation des femmes (par exemple, la représentation proportionnelle)

· Les partis politiques devraient adopter le principe d'égalité entre hommes et femmes

· Accroître le nombre des femmes dans les partis politiques

· Favoriser l'accès des jeunes aux postes de direction

· Identifier les femmes ayant les capacités pour accéder à des postes de responsabilité, y compris dans les pays en conflit et les femmes handicapées, et accroître leur présence dans les forums régionaux et sous-régionaux

· Créer un fonds aux niveaux international, régional et national en vue de permettre aux femmes d'accéder aux ressources nécessaires pour l'accès aux postes politiques

· Etablir des réseaux aux niveaux national, sous-régional et régional.

La participation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La participation


·Les valeurs traditionnelles et culturelles

· Les attitudes et comportements · L'absence d'actions volontaristes en faveur des femmes

· La multiplicité des rôles sociaux de la femme

· Les situations de conflits et de guerres

· L'embargo international

· Les femmes ne sont pas conscientes des risques que comporte l'activité politique

· Connaissance et contrôle limité des activités parlementaires

· Les donateurs n'accordent pas de financement aux femmes

· Le manque de confiance en soi des femmes

· Manque de formation et capacités d'analyse pour les postes de direction et de décision

· Le faible taux de rétention des femmes parlementaires

· La nécessité d'entreprendre davantage de recherches


· Créer dans la sphère publique un environnement soucieux de la spécificité féminine (langage approprié, horaires adaptés pour les réunions, structures de prise en charge des enfants)

· Etablir des réseaux/liens aux niveaux national, sous-régional et régional

· Créer des centres de formation pour les femmes occupant des postes de direction

· Organiser des cours de formation dans le domaine de l'analyse, y compris pour les praticiens des médias et de la communication

· Les processus électoraux devraient être conduits dans le souci d'éviter les conflits avant et après la tenue des élections

· Promouvoir la tenue de rencontres/l'établissement de réseaux entre les partis auxquels participent les femmes parlementaires

· Développer la recherche

Transformation
(Qualitatif)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Transformation
(Qualitatif)


· Les attitudes et comportements traditionnelles et culturels

· Non-intégration de la problématique hommes/femmes

· Les femmes occupant des postes de responsabilité sont encouragées et subissent des pressions pour agir comme des hommes

· Les femmes n'ont pas l'habitude d'être dans les structures de pouvoir

· Les femmes dirigeantes n'ont pas de partisans derrières elles

· L'absence de solidarité entre les femmes


· Création de réseaux efficaces de communication et d'appui aux niveaux national, sous-régional et régional

· Etablir un dialogue entre les hommes et les femmes occupant des postes de direction

· Le rôle des structures féminines devrait être réexaminé

· Promouvoir la notion de parité et d'équité entre les sexes dans les médias

· Encourager la mise en place de mécanismes d'auto-régulation au sein des médias afin de donner un image positive des femmes occupant des postes de décision

· Etablir des liens entre les femmes politiciennes et les groupes de femmes à la base

· Effectuer des recherches sur le patriarcat, la politique sexuelle et sur le pouvoir dans l'Afrique contemporaine

· Modifier la culture institutionnelle par une formation de type nouveau pour les personnes occupant des postes de direction

· Etablir des programmes d'échanges entre les pays en vue d'échanger des données d'expérience et les meilleures pratiques

· Elaborer des programmes pour sensibiliser les politiciens hommes aux questions de parité

· Les femmes parlementaires devraient tirer avantage du Plan d'action de l'Union interparlementaire

· Impliquer davantage les femmes dans l'activité parlementaire, notamment dans l'élaboration des ordres du jour

Suivi- National- Sous-régional- Régional

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suivi- National- Sous-régional- Régional


· Le manque de ressources

· L'absence d'indicateurs

· L'absence d'un mécanisme régional


· Les institutions régionales et sous-régionales devraient assurer le suivi par l'établissement de mécanismes aux niveaux de l'OUA et des institutions sous-régionales pour le suivi de la mise en œuvre des engagements nationaux

· Suivre le processus électoral, notamment l'inscription sur le registre électoral

· Surveiller l'utilisation de l'argent, élément de poids dans la politique électorale

· Organiser un examen annuel au niveau des pays ainsi que des ateliers et des cours de formation sur les techniques d'examen

· Surveiller l'utilisation des budgets nationaux

· Organiser un examen semestriel à l'échelle sous-régionale

· Organiser des examens réguliers à l'échelle régionale

· Surveiller l'utilisation des fonds alloués par les donateurs aux niveaux international et régional

· Permettre aux médias d'assurer la couverture continue des débats parlementaires et de dénoncer ceux qui s'opposent aux femmes sur des questions telles que l'accès à la terre

· Etablir une base de données sur les femmes occupant des postes de direction par le biais du site web d'UNIFEM.

 

[sommaire annexe III ]
[sommaire du rapport]


ATELIER 7 : SANTE DE LA FEMME, PLANIFICATION FAMILIALE ET POPULATION

Facilitateurs : Jane Kwawu et Pap Syr Diagne
Présentateur : Daraba Saran Kaba


Le résumé du rapport sur la santé, la planification familiale et la population présente les objectifs du Programme d'action africain dans ce domaine ainsi que les principales conclusions des vingt rapports nationaux que les Etats membres de la CEA ont envoyés en juillet 1999 au Centre africain pour la femme. Ce dernier ayant reçu d'autres rapports depuis lors, le rapport sera modifié en conséquence.

En mettant en œuvre les Programmes d'action de Dakar et de Beijing, nombre de pays ont révisé leurs politiques et réorienté leurs programmes/activités pour relever les défis de la Plateforme d'action et du Programme d'action. Toutefois, ils se sont heurtés ces cinq dernières années, à de nombreuses contraintes. Il s'agit principalement de contraintes liées aux ressources financières, humaines et matérielles, et au fort taux d'analphabétisme. Toutes ces contraintes sont liées à la généralisation de la pauvreté à tous les niveaux : gouvernemental comme individuel. Dans les plans nationaux d'action, différents objectifs ont été fixés, notamment, réduire la mortalité maternelle et infantile, améliorer les services de santé, réduire l'infection par le VIH/sida, réduire la propagation des maladies sexuellement transmissibles, et améliorer l'accès des populations aux services de planification familiale et améliorer la sécurité sociale.

Bien que les gouvernements aient pris des engagements lors de plusieurs réunions, notamment lors de celle de la Commission de la condition de la femme, du Comité de la Convention pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, des réunions annuelles de l'OMS, les femmes ont toujours difficilement accès aux services de santé dans la majorité des pays africains. Dans certains cas, en ce qui concerne la santé des femmes, la situation a même empiré. Les gouvernements et les ONG sont invités à prendre des mesures plus énergiques pour lever ces contraintes. A cet effet, les problèmes de santé doivent entre considérés comme des questions relevant de divers domaines.

 

- Résumé des débats -

Lors de l'élaboration du rapport d'évaluation, les participants à l'atelier ont tiré des leçons de différentes sources telles que la CIPD+5, ainsi que leurs propres expériences nationales. Ainsi, a-t-il été noté, d'importants résultats dans certains secteurs de la santé ont été notés. Les participants à l'atelier ont fait observer que le rapport d'évaluation sur l'"amélioration de la santé de la femme, y compris la planification familiale et les programmes relatifs à la population" n'était pas exhaustif.

Dans le domaine de la santé de la reproduction et des droits en matière de procréation, trente-neuf pays ont pris des mesures pour améliorer la qualité des soins, ce qui suppose une formation approfondie des fournisseurs de services de santé, notamment les accoucheuses traditionnelles ; l'extension et l'amélioration des infrastructures, la révision des protocoles et des procédures des services de soins de santé ; l'évaluation et le suivi du fonctionnement des services de soins de santé. Le préservatif féminin, qui fait l'objet de campagnes vigoureuses dans plusieurs pays, est bien accueilli, car il répond aux besoins des femmes.

La plupart des pays ont indiqué qu'il fallait d'urgence se pencher sur la question de la santé en matière de reproduction des adolescents. Trente-quatre pays ont pris des mesures à cet égard en adoptant des politiques nationales de jeunes et en élaborant des stratégies et des plans d'action pour les jeunes. D'autres ont lancé de nouvelles initiatives associant les jeunes, telles que les campagnes d'information, d'éducation, de communication et de sensibilisation, les services à l'intention des jeunes, notamment la transmission de l'information entre camarades, les services de conseils et les programmes de santé en matière de sexualité qui répondent aux besoins des jeunes, mais il reste beaucoup à faire, compte tenu du poids démographique de ce groupe.

Vingt-six pays ont noté que la société civile, y compris les ONG, continuaient de jouer un rôle important dans la prestation de services de soins de santé en matière de reproduction aux membres de la communauté, notamment aux adolescents.

Plusieurs pays ont également lancé ou élargi les programmes visant à inciter les hommes à assumer une plus grande responsabilité en matière de santé de la reproduction, par le biais de campagnes de sensibilisation et de services spéciaux pour les hommes. Certains pays mènent des travaux de recherche socio-culturelle pour mieux comprendre comment répondre aux besoins des hommes en matière de reproduction. Dans quelques pays, des coalitions pour combattre la violence contre les femmes ont été constituées afin d'examiner le problème. Les initiatives actuelles sur la promotion de l'égalité entre les sexes ne suffisent pas.

L'Afrique est le seul continent où les taux de mortalité maternelle sont en augmentation. Les causes en sont connues mais la volonté politique nécessaire pour assurer les soins obstétricaux d'urgence fait toujours défaut. C'est là d'un domaine où l'Afrique doit définir de nouvelles stratégies pour réduire la mortalité maternelle et infantile.

Bien que la majorité des pays africains aient fait de la santé une question prioritaire, la santé de la femme en tant que telle ne bénéficie pas d'une attention suffisante, tant en ce qui concerne l'élaboration des programmes de sensibilisation que l'allocation des ressources.

En particulier, l'approche adoptée en ce qui concerne la santé de la femme tout au long de sa vie n'est pas bien comprise et n'est pas appliquée comme il convient. C'est la raison pour laquelle, par exemple, la santé des femmes âgées ne bénéficie d'aucune attention, il en est de même de l'état nutritionnel des jeunes filles ou des mères allaitantes.

L'évaluation a également montré que la santé de la femme est le plus souvent assimilée à la santé maternelle, ce qui exclut les femmes qui ne sont plus en âge de procréer. Le concept de la sexualité des femmes en particulier ne bénéficie toujours pas d'une attention suffisante.

Plusieurs initiatives ont été prises pour combattre la violence contre les femmes, mais de nombreuses femmes risquent toujours leur vie du fait que ces initiatives ne sont pas encore institutionnalisées dans le secteur de la santé. De même, les initiatives pour éliminer les MGF et d'autres pratiques néfastes sont toujours le fait des ONG essentiellement, bien que certains gouvernements aient pris des mesures contre la pratique des MGF qui continuent à avoir de graves conséquences sur la santé des femmes.

L'évaluation a également fait ressortir le danger que constitue l'industrie du tabac, qui ayant perdu des marchés à l'étranger, se concentre maintenant sur l'Afrique et, notamment, sur les jeunes et les femmes.

Finalement, il a été noté, dans l'évaluation, que l'infection par le VIH/sida demeure l'une des pandémies les plus dévastatrices et, en conséquence, un problème de santé majeur pour l'Afrique et pour les femmes, en particulier, qui, non seulement sont exposées à la maladie mais fournissent presque la quasi-totalité des soins, de longue durée à long terme aux malades du sida dans leurs familles et dans leurs communautés.


- Contraintes -

Au cours de l'atelier, les principales contraintes relevées sont les suivantes :

a) manque de compétences des fournisseurs de services, en particulier dans les centres de santé ruraux ;

b) exode du personnel de santé qualifié vers les pays développés où leurs compétences sont bien utilisées et où ils sont bien payés;

c) accent sur le traitement médical plutôt que sur les services de prévention et

d) partenariat limité dans certains pays entre les pouvoirs publics, les ONG, le secteur privé et la société civile ;
e) la plupart des pays n'ont pas mis en œuvre la recommandation de l'OMS tendant à allouer 10% du budget national au secteur de la santé ;

f) choix limité des contraceptifs dans plusieurs pays;

g) les guerres et les conflits internes ont détruit les systèmes et structures sanitaires.

h) La volonté politique d'appuyer la santé et les services en matière de reproduction des adolescents fait toujours défaut.

i) Absence de données fiables sur des aspects importants de la santé de la femme, notamment la morbidité et la mortalité maternelle.

j) Insuffisance des indicateurs de réalisation des programmes, rendant difficile de mentionner des programmes qui ont été couronnés de succès.

k) Absence de systèmes d'assurance-maladie pour les femmes travaillant dans le secteur informel et le prix élevé des médicaments sont également des questions importantes.

l) La stérilité, en tant que préoccupation des femmes, ne fait pas toujours l'objet d'une attention suffisante.

m) La santé des femmes handicapées - mal voyantes et mal entendantes etc est complètement passée sous silence dans les programmes de santé. Leur tragédie est ainsi double : discriminés et négligées pour invalidité par leur nature de femmes.

n) La mondialisation, la privatisation des systèmes sanitaires et le service de la dette ont sérieusement réduit les ressources disponibles même au niveau des femmes en tant que consommatrices de services de santé.


- Recommandations -

VIH/SIDA

1. Adopter des politiques non discriminatoires envers les personnes infectées par le VIH/sida ;

2. Fournir un soutien et des moyens d'existence aux personnes vivant avec le sida ;

3. Adopter une approche multisectorielle en ce qui concerne les programmes de lutte contre le VIH/sida et les ressources qui leur sont allouées.

Santé en matière de reproduction et planification familiale

1. Mieux informer les hommes sur l'importance de la santé en matière de reproduction et de la planification familiale ;

2. Renforcer les programmes dans les zones urbaines et rurales pour trouver des solutions aux problèmes liés à la sexualité, à la planification familiale, aux maladies sexuellement transmissibles et à l'infection par le VIH/sida ;

3. Concevoir des programmes qui portent sur les besoins de groupes spéciaux tels que les mal-voyantes, les sourdes, les réfugiées et exécuter leur programme.

Mortalité maternelle

1. Elaborer une stratégie spécifique africaine pour lutter contre l'accroissement des taux de mortalité maternelle et créer des mécanismes aux niveaux sous-régional et national pour recenser le nombre de décès par rapport au taux de mortalité maternelle.

Divers

1. Adopter des approches globales et intégrées des questions de santé ;

2. Normaliser la collecte et la disponibilité de données -veiller à rassembler des données pour et sur les femmes ;

3. Adopter des politiques qui contrecarrent les dessins des compagnies de tabac ;

4. Améliorer l'accès aux programmes de sécurité sociale et étendre la couverture de ces derniers ;

5. Mettre fin aux pratiques traditionnelles néfastes pour la santé de la femme ;

6. Encourager la collaboration entre les ONG, les gouvernements et les organisations internationales ;

7. Appliquer la législation contre la violence au sein du ménage;

8. Les gouvernements devraient s'engager davantage à réaliser les objectifs du Programme d'action en matière de santé de la femme en augmentant les ressources allouées pour freiner l'exode des professionnels de la santé et assurer l'expansion des programmes actuels ;

9. Des mécanismes devraient être mis en place pour réduire le fardeau de la dette des pays africains afin de relever le niveau des ressources allant au secteur de la santé et atténuer les effets de la mondialisation ;

10. Les gouvernements devraient ratifier et mettre en œuvre les engagements pris en ce qui concerne la santé des femmes et s'en servir comme repères pour répondre aux besoins des femmes en matière de santé.

- Conclusions -

En dépit des nombreuses réalisations constatées dans les pays en ce qui concerne les femmes et la santé, il reste encore beaucoup à faire pour mettre intégralement en œuvre le Programme d'action de Beijing. Il faudra identifier et relever de nombreux défis. Les déficiences constatées en ce qui concerne les politiques, les programmes de santé, les ressources et les arrangements institutionnels sont préoccupantes aussi bien aux niveaux régional, national qu'au niveau des programmes. Il faut mettre davantage l'accent sur les politiques et pratiques non discriminatoires, les programmes multisectoriels pour promouvoir la santé, les droits et l'égalité des femmes ainsi que la participation des hommes et sur les stratégies communautaires en matière de soins de santé.

Il importe cependant de reconnaître que cinq ans après la Conférence de Beijing, l'Afrique a particulièrement besoin de stratégies en matière de santé spécifiques aux femmes. Ces besoins sont d'autant plus pressants que le taux de mortalité maternelle s'accroît et que la pandémie que constitue l'infection par le VIH/sida se propage. Tant que les femmes africaines continueront de courir le risque de tomber malades ou de mourir des suites d'une grossesse ou de l'infection par le VIH/sida, leur condition ne s'améliorera pas. Ces différents problèmes qui sont à l'origine de la mauvaise santé des femmes en Afrique doivent être la question prioritaire dans le programme de développement de l'Afrique.

[sommaire annexe III ]
[sommaire du rapport]

ATELIER 8 : FEMMES ET PAIX

Facilitateurs : Inonge Mbikusita Lewanika, Khadidja Ladjel Aloui
Présentatrice : Jean Kamau


L'intervenante a tout d'abord rappelé les engagements pris par les gouvernements et figurant dans la Plateforme d'action africaine adoptée à Dakar en 1994. Celle-ci appelle au renforcement de la représentation des femmes dans les mécanismes existants de négociation pour la paix et à soutenir la création de réseaux de femmes pour la paix accrédités auprès de l'OUA, de l'ONU et des autres instances au niveau national, sous-régional et international. Le Programme d'action de Beijing s'est appuyé sur la Plateforme d'action africaine dans son appel aux gouvernements, à la communauté internationale et à la société civile en vue de promouvoir les formes non violentes de résolution des conflits et de réduire l'incidence des atteintes aux droits de l'homme dans les situations de conflit.

Les gouvernements sont également invités à effectuer des recherches poussées sur tous les cas de violence à l'égard des femmes commis pendant la guerre, y compris les cas de viol, de prostitution forcée et d'autres formes d'agression contraires à la décence et d'esclavage sexuel et d'intenter des poursuites contre les auteurs de tout acte de violence, en particulier les viols.

Plusieurs gouvernements se sont engagés dans le cadre de la mise en oeuvre de leur plan d'action à entreprendre des activités destinées à faciliter la participation des femmes aux processus de paix. Ces initiatives portent sur la participation des femmes aux pourparlers de paix, l'organisation de cycles éducatif pour la paix et l'appui aux initiatives de paix. Il ressort de l'examen des rapports nationaux que certains pays ont tenu les engagements pris dans la Plateforme d'action africaine et dans le Programme d'action de Beijing. Pour la première fois, certains gouvernements ont même appuyé la destruction d'armes en public en signe d'engagement en faveur de la paix.

La Fédération des réseaux de femmes pour la paix a mené à bien, grâce à ses membres agissant dans nombre de pays, des activités visant à promouvoir des solutions politiques alternatives dans les situations de conflit et de guerre. Les stratégies mises en place par les femmes pour la résolution des conflits en Afrique ont, malgré leur diversité, prouvé leur utilité et leur efficacité.

Les mécanismes de suivi du renforcement de la participation des femmes aux processus de paix sont soulignés dans la Plateforme d'action. Au niveau national, ce sont les gouvernements qui en ont la charge alors qu'au niveau sous-régional, la responsabilité en incombe aux structures intergouvernementales telles que la SADC, la CEDEAO ou l'IGAD. Au niveau régional, le principal mécanisme relève de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) qui a entrepris des initiatives de première importance pour faciliter la participation des femmes aux processus de paix. A cet égard, la création du Comité africain pour la paix et le développement constitue un succès probant pour l'OUA et la Commission économique pour l'Afrique. De grands espoirs sont placés sur ce comité qui devrait donner plus de place à la participation des femmes aux processus de paix an Afrique. Au niveau international, il a été souligné que la communauté internationale s'attachaît à protéger les droits des femmes dans les situations de conflit. La création récente de la cour pénale internationale et du tribunal international pour le Rwanda en sont l'expression concrète.

En conclusion, l'intervenant a appelé les gouvernements à faire preuve de plus d'engagement et à agir davantage pour renforcer la place des femmes dans les actions de paix. Les gouvernements sont également invités à appuyer les initiatives prises dans le domaine de l'éducation pour la paix et de promouvoir la participation des femmes aux instances de prise de décision. De même, le statut juridique des femmes mérite d'être revu afin que tous ceux qui commettent des actes de violence à l'égard des femmes, quelle qu'en soit la forme, fassent l'objet de poursuites judiciaires.

Après avoir rappelé d'une part, les consignes de brièveté dans les interventions afin que les travaux de l'atelier se terminent dans les délais impartis et d'autre part, celles de concision dans la formulation des recommandations, la facilitatrice a proposé aux participants d'axer leurs interventions sur les questions clefs suivantes :

La paix n'étant pas seulement l'absence de guerre mais également une situation dans laquelle les gens sont censés bénéficier d'une justice économique et sociale sur une base égalitaire et compte tenu de l'étroite interdépendance entre la paix et l'égalité entre les femmes et les hommes d'une part, entre paix et développement d'autre part, quelles sont les recommandations à formuler afin que les gouvernements africains continuent d'œuvrer dans les sens d'une égalité entre les femmes et les hommes dans le cadre du développement;

a) Eu égard aux lourdes conséquences des conflits et des guerres sur les femmes et les enfants, comme par exemple les responsabilités des femmes chefs de famille et la violation des droits fondamentaux des femmes et des filles, les problèmes que connaissent les femmes et les enfants dans les situations de conflits soulèvent les questions suivantes :

· Comment les droits et les rôles des femmes et des enfants peuvent être protégés pendant les situations de conflit;

· Existe-t-il des expériences positives en la matière que les Etats africains peuvent partager entre eux ;

· Comment tirer profit de ces expériences de manière à les étendre à d'autres pays ;

b) Les femmes ne participant guère dans les mécanismes de prise de décisions pour la prévention et la résolution des conflits, ni à la mise en oeuvre des initiatives de paix, comment pourrait-on renforcer le rôle des femmes dans la prise des décisions et la résolution des conflits ;

c) Eu égard aux engagements pris par les gouvernements dans la Plate-forme d'action de Dakar, à prendre des mesures concrètes pour assurer aux femmes et aux hommes la formation voulue dans les domaines tels que la négociation de la paix ainsi que la résolution et la prévention des conflits, les interventions ont surtout porté sur les questions suivantes :

· Comment accélérer la mise en œuvre des mesures prises ;

· Quels exemples de formes traditionnelles de prévention de conflit peuvent être cités ; et

· Comment ceux-ci peuvent-ils être intégrés dans les mécanismes de prise de décision et de prévention de conflits dans la région.

Les interventions des participants ont fait ressortir que les préoccupations majeures sont les suivantes :

- Violence contre les femmes durant les situations de conflits ;
- Violence contre les réfugiés et les personnes déplacées ;
- Accès inégal aux organes et sphères de décisions, aux ressources matérielles et à l'éducation ;
- Absence d'une culture de la paix, de capacités de négociation et non-maintien d'une paix viable ;
- Pratiques traditionnelles et rituelles occultes néfastes;
- Génocide et la question de son impunité ;
- Existence d'enfants et de femmes soldats ;
- Pauvreté et aggravation de l'insécurité alimentaire ;
- Prolifération des armes légères dans les régions en conflits et les pays voisins ;
- Méconnaissance par les femmes de leurs droits humains, politiques et légaux ;
- Manque d'intérêt des femmes pour la politique ;
- Rôle des médias dans les activités de sensibilisation des femmes ;
- Nécessité de mettre en application et de diffuser largement les dispositions des conventions internationales ;
- Traitement léger par les gouvernements des questions de discriminations à l'égard des femmes ;
- Usage des enfants et des femmes comme boucliers humains, ce qui les exposent à de graves dangers ;
- Méconnaissance des dangers posés par les mines et des blessures causées par les armes de guerre ;
- Absence de solidarité entre les femmes elles-mêmes et entre ces dernières et la société civile ;
- Faible degré de priorité accordé à la formation des soldats aux règles relatives à la guerre;
- Effets négatifs des sanctions sur les femmes et les enfants ;
- Violence domestique et attitudes dangereuses ;
- Réhabilitation et réinsertion des ex-combattants ;
- Agression contre de vielles femmes ou femmes handicapées pour cause de sorcellerie ;
- Nécessité d'exercer des pressions sur les fabricants et vendeurs d'armes ainsi que sur les acheteurs ;
- Sensibilisation des femmes des autres régions du monde et création d'une chaîne de solidarité avec elles pour enrayer la vente d'armes ;
- Accès inégal des femmes et des enfants à l'éducation et la formation;
- Traitement inéquitable des conflits par la communauté internationale ;
- Législation protégeant les femmes et les enfants ;

- Recommandations -

L'atelier, sur la base des préoccupations énumérées ci-dessus et des questions clefs figurant plus haut a formulé les recommandations suivantes :

Mesures à prendre par les gouvernements pour plus d'équité et d'égalité entre les hommes et les femmes

Assurer l'accès des femmes aux organes de décision, à l'éducation, à la formation et la propriété

a) Assurer une plus grande participation des femmes à la prise de décisions en nommant un plus grand nombre de femmes dans toutes les instances de décisions aux niveaux national, sous-régional et international (gouvernement, parlement, organisations sous-régionales et régionales, organisations internationales). A cet égard, la formule des quotas doit être privilégiée quand elle est à l'avantage des femmes, sans que soit abandonné le principe de la compétition entre hommes et femmes ;

b) Assurer une représentation effective des femmes dans les institutions militaires en veillant à l'augmentation du nombre des femmes officiers et sous-officiers ;

c) Promulguer des lois concrétisant la volonté réelle des gouvernements d'impliquer les femmes dans la prise de décision et surtout veiller à leur stricte application ;

d) Modifier les programmes d'enseignement scolaire pour y inclure un module sur la culture de la paix à l'intention des enfants (respect des biens, tolérance, acceptation de la différence). Ce module doit être basé sur les réalités culturelles de chaque pays;

e) Promouvoir dans les écoles, les milieux ruraux et les camps de réfugiés l'enseignement des notions de droits de l'homme ainsi que des dispositions des conventions internationales sur la paix afin d'éviter aux jeunes surtout d'être endoctrinés ;

f) Augmenter de manière importante les ressources allouées à l'éducation et à la formation et assurer l'accès égal des hommes et des femmes à l'éducation ;

g) Promouvoir les programmes d'alphabétisation à l'intention des femmes pour leur permettre de mieux appréhender leur rôle dans le développement ;

h) Favoriser l'enseignement de la géographie africaine dans les écoles primaires et l'élaboration de programmes d'IEC sur la solidarité des pays africains ;

Les gouvernements doivent prendre des mesures pratiques afin de favoriser la distribution équitable des richesses nationales en garantissant l'accès des femmes à celles-ci. A cet égard des lois et règlements doivent être adoptés pour favoriser l'accès des femmes à la propriété foncière, aux ressources financières et à des activités génératrices de revenus.

Mesures propres à encourager et à favoriser la participation des femmes aux dialogues et aux concertations organisés en faveur de la paix. A cet égard, toutes les lois discriminatoires et les pratiques traditionnelles constituant des obstacles à l'implication des femmes dans tout processus de concertation et de dialogue doivent être bannies ;

Mise en place de programmes de sensibilisation des femmes sur leurs droits, tels que garantis par les lois et règlements de chaque pays.

Protection des droits et rôles des femmes et des enfants pendant les situations de conflit

m) Promulguer des lois visant à protéger les femmes, les enfants, les réfugiés ainsi que les personnes déplacées contre :

· Toutes les formes de violence durant les conflits (viol, enrôlement forcé dans les groupes armés, destructions des biens, mutilations physiques etc.) ;
· Les pratiques traditionnelles qui tiennent les femmes à l'écart des processus de paix ;
· Les dangers liés à l'usage des mines ;

n) Renforcement du rôle des femmes dans la prise des décisions et dans la
résolution des conflits

o) Accélération de la mise en oeuvre des engagements pris par les gouvernement dans la Plate-forme d'action de Dakar, à prendre des mesures concrètes pour assurer aux femmes et aux hommes la formation voulue dans les domaines tels que la négociation de la paix ainsi que la résolution et la prévention des conflits.

 

[sommaire annexe III]
[sommaire du rapport]


 

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A Division of : The United Nations Economic Commission for Africa [UNECA]