RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES
SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING,
22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE
ANNEXE III : RESULTAT DES TRAVAUX EN ATELIER
(suite)
ATELIER 5 : ELABORATION ET UTILISATION GENERALISEES DES DONNEES DESAGREGEES
PAR SEXE (DDS)
Facilitateurs : Yassine Fall, M. Ousembe
Présentatrice : Solange Goma
Après la présentation sur l'état d'avancement de
la mise en uvre des engagements relatifs à l'élaboration
et à l'utilisation des DDS, la discussion a porté sur
quatre questions principales.
Elaboration des indicateurs
La première question à trois composantes concerne
l'élaboration des indicateurs et les directives en direction
des décideurs, planificateurs et acteurs socio-économiques,
culturels et politiques.
a). Situation des pays en ce qui concerne l'adoption de l'approche
DDS et formulation des directives
La plupart des participants reconnaissent l'existence des données
désagrégées par sexe dans les secteurs socio-économiques,
notamment les statistiques scolaires et l'emploi ; le monde rural reste
cependant plus déficitaire en ce qui concerne les statistiques
différenciées selon le sexe. Néanmoins, il existe
des mécanismes de collaboration entre les Ministères chargés
de la femme et les services de statistique centraux ou d'autres services
sectoriels. Ces collaborations se sont surtout concrétisées
lors des opérations de collecte/ou de traitement de type recensement
général de la population et des habitations ou de l'enquête
agricole.
Les participants ont souligné que la compréhension du
concept genre et son intégration en tant qu'outil statistique
demandait des efforts supplémentaires avant que des indicateurs
puissent être développés et servir de repères
dans le suivi et l'évaluation des programmes. Les utilisateurs
devraient être en amont de l'élaboration des indicateurs
grâce à la formulation correcte des types de données
dont ils ont besoin.
S'agissant des directives et des lois, peu d'intervenants ont partagé
leur expérience en ce qui concerne la mise en place des lois
statistiques ou une loi cadre intégrant l'approche "genre"
dans les opérations de collecte.
b). Meilleures pratiques
Une expérience qui mérite d'être partagée
avec les autres pays est l'élaboration des listes de référence
à soumettre aux planificateurs et macro-économistes pour
les guider dans l'allocation des ressources destinées à
la promotion des femmes. Cette expérience de répartition
des dépenses publiques en tenant compte du sexe sera reprise
plus tard dans les discussions. L'Afrique du Sud est déjà
engagée dans cette voie et les autres pays de la SADC sont en
train de suivre cette expérience.
Les sessions de formation et campagnes de sensibilisation en direction
des statisticiens ont été utiles en ce qu'elles ont permis
de comprendre et d'intégrer l'analyse "genre".
c). Elaboration d'indicateurs communs aux pays africains
A ce stade, il a été reconnu qu'une liste d'indicateurs
communs aux pays serait nécessaire afin de disposer d'un cadre
conceptuel et d'un outil de comparaison régionale. Toutefois,
cet outil de référence devrait être assez flexible
pour pouvoir se conformer aux réalités et besoins des
pays.
Evaluation des dépenses publiques
La deuxième question a porté sur l'évaluation
des dépenses publiques consacrées aux femmes.
Il convient de signaler l'expérience en cours dans des pays
d'Afrique australe. Les étapes devraient inclure, à l'instar
de ce qui se fait en Zambie être les suivantes : l'élaboration
des listes de référence sur les questions de parité
destinés aux planificateurs et économistes, leur utilisation
pour le plaidoyer et la formation des macro-économistes et des
planificateurs à l'utilisation des listes de référence.
Les indicateurs désagrégés selon le sexe n'ont
d'utilité que dans la mesure où ils peuvent servir à
souligner les inégalités dans l'allocation des ressources
entre les deux sexes. Les tableaux de bord ainsi produits serviront
pour le plaidoyer auprès des décideurs afin que des correctifs
soient apportés dans l'allocation des ressources budgétaires.
Il a été relevé aussi qu'au Botswana, l'analyse
différentielle des dépenses publiques a identifié
certaines sources de marginalisation dans l'application des taux d'intérêt.
Ces résultats ont abouti à des correctifs visant à
diminuer les taux d'intérêt en faveur des femmes.
Toutefois, la démarche n'est pas facile surtout dans un contexte
d'ajustement structurel et de stabilisation. En effet, les intervenants
ont souligné la difficulté des pays à dégager
de nouvelles lignes budgétaires en direction de la recherche
et de l'élaboration de nouvelles données statistiques.
Une autre difficulté se situe au niveau de l'expertise limitée
en économie et en comptabilité nationale. Les personnes
qui travaillent sur les DDS et l'approche genre rencontrent souvent
des difficultés pour correctement exprimer leurs besoins aux
statisticiens et macro-économistes.
Problèmes méthodologiques
La troisième question se réfère aux problèmes
méthodologiques dans l'élaboration des données
quantitatives et qualitatives pour évaluer le travail des femmes
La définition de concepts homogènes est considérée
comme un préalable à l'élaboration de méthodologies
destinées à évaluer le travail des femmes. Ainsi
par exemple, l'activité devrait être définie de
telle manière qu'elle prenne en compte le travail non monétaire.
Le type de données à collecter nécessite l'adoption
de nouveaux instruments, surtout qualitatifs :
i) approche participative intégrant les femmes dans les principales
phases de la collecte, du traitement et de l'analyse des données,
ii) recherche opérationnelle,
iii) discussions de groupe etc.
Evaluer le travail des femmes exige la révision des unités
de collecte de l'information. Dans le secteur agricole par exemple,
la révision du concept de ménage et la prise en compte
de l'espace où se tient l'activité agricole sont autant
d'options méthodologiques susceptibles de bien refléter
la contribution des femmes.
Les nouvelles technologies de l'information ainsi que la décentralisation
dans la collecte des données représentent aussi d'autres
voies d'innovation méthodologique . Il va de soi que la stratégie
DDS ne pourra être effective que si les femmes en général
et les ministères en charge des problèmes des femmes en
particulier, sont correctement formés et participent aux différentes
étapes.
Renforcement des capacités
La dernière question portait sur le renforcement des
capacités des femmes, les secteurs prioritaires d'intervention
pour les prochaines années ainsi que les partenaires clés.
Le renforcement des capacités des femmes passe par la formation
aux techniques de plaidoyer, la mise en place de réseaux de femmes
et organisations féminines, la création et la diffusion
des bases de données.
Parmi les secteurs prioritaires identifiés, il a été
retenu : l'économie reproductive, le secteur informel, l'économie
générale et la comptabilité nationale, pour pouvoir
disposer des informations désagrégées permettant
de cerner la valeur ajoutée.
En ce qui concerne les partenaires principaux, le rôle de l'Etat
reste prépondérant au travers de ces organes de collecte,
traitement et diffusion des données (Institut national de la
statistique). A cela s'ajoutent les ONG, les organisations de femmes
et les partenaires au développement (Agences multi et bilatérales).
Recommandations
La CEA (la Commission économique pour l'Afrique) et le CAF
(le Centre africain des femmes) devraient :
· Elaborer un cadre conceptuel de base permettant de développer
des données désagrégées par sexe ;
· Mettre au point une stratégie de plaidoyer destinée
aux décideurs tant au niveau national que régional pour
la prise en compte des DDS dans la collecte, le traitement et l'analyse
;
· Produire des indicateurs homogènes qui pourraient
être utilisés dans les différents pays ;
· Produire et généraliser des profils quantitatifs
et qualitatifs sur les femmes ;
· Former les enquêteurs impliqués dans la collecte
des données pour qu'ils appliquent l'approche genre ;
· Etablir un cadre de suivi et d'évaluation de la mise
en uvre des engagements relatifs aux DDS
· Assister les pays dans l'utilisation des nouvelles technologies
pour la dissémination des DDS ;
· Développer les connaissances des statisticiens sur
les questions de parité, et les former à l'utilisation
des DDS ;
· Identifier les priorités nationales de manière
concertée avec les experts nationaux ;
· Utiliser les matrices de comptabilité sociale sectorielle
dans le cadre de l'approche " genre " pour valoriser le
travail et la contribution des femmes;
· Créer un espace pour le partage d'expériences
et des réussites par les pays ;
· Encourager et faciliter le dialogue entre les institutions
et réseaux des femmes utilisant les DDS et les organes de production
des statistiques.
[sommaire
annexe
III
]
[sommaire
du rapport]
ATELIER 6 : L'ACCESSION DES FEMMES AUX RESPONSABILITES POLITIQUES
Facilitateurs : Sylvia Tamale, Linda Vilakazi - Tselane
Présentateur : Anthony Mawaya
Le présentateur a indiqué qu'il a été difficile
de préparer le rapport. Première raison, les rapports
nationaux n'étaient pas tous disponibles; deuxième raison,
ce sont surtout les rapports rédigés en anglais qui ont
été examinés. Les pays non mentionnés dans
le rapport ont fourni des compléments d'informations au cours
de l'atelier.
Après l'adoption de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme
d'action de Beijing, des engagements ont été pris par
:
· Les pays africains qui ont ratifié la Convention
pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes, élaboré des plans d'action
nationaux, pris des mesures en faveur des femmes et adopté
des systèmes de quotas ;
· Le système des Nations Unies qui a adopté le
système des quotas;
· Des organisations sous-régionales telles que la SADC
qui a adopté une déclaration sur les femmes dans le
développement par laquelle elle a entériné sa
décision, d'établir, entre autres le système
des quotas.
Bien que plusieurs activités aient été entreprises
pour donner effet à ces décisions, les progrès
ont été lents et il a parfois été difficile
d'évaluer leur impact. Les stratégies n'ont pu être
mises en uvre en raison de problèmes de capacités
et de gestion, faute de données désagrégées
par sexe et de méthodologies appropriées et d'indicateurs
pour mesurer les progrès. Les ressources étaient insuffisantes
et il n'était pas facile de déterminer les sources de
financement et de décider de leur emploi pour assurer l'accession
des femmes aux responsabilités politiques. La pénurie
de ressources et l'absence d'indicateurs ont influé sur les mécanismes
de suivi et d'évaluation.
Défis :
Les problèmes à résoudre étaient, entre
autres, les barrières traditionnelles culturelles et la division
du travail au sein du ménage.
Recommandations
Pour faire accéder davantage les femmes aux responsabilités
politiques, le concept d'accession aux responsabilités politiques
devrait être clairement défini et une vision globale avec
des stratégies et des repères définis adoptés.
Le déroulement de l'atelier
Il y a eu des discussions très approfondies sur la prise de décisions,
dans son sens large, notamment dans le secteur public, le secteur entrepreneurial
et le secteur social, et la nécessité d'accroître
la participation des femmes et leur permettre d'accéder aux postes
de direction dans ces secteurs, a été soulignée.
Notes d'orientation
Les raisons de la lenteur des progrès :
D'ordre politique
- Le manque de volonté politique des dirigeants et des partis
politiques
- L'absence de mesures volontaristes en faveur des femmes
- Le manque de formation pour occuper des postes politiques et de
direction
- L'éducation civique et sur le processus électoral
des masses n'est pas adéquate
- L'insuffisance des ressources allouées aux structures pour
les femmes
- L'absence de femmes compétentes dans les organes de décisions
- Les lois et pratiques discriminatoires à l'égard des
femmes
D'ordre structurel
- Le sexisme dans les institutions
- Le système patriarcal qui fait que les femmes se dévalorisent
et dévalorisent les autres femmes
- Le faible niveau d'instruction des femmes
D'ordre culturel
- Les barrières traditionnelles et culturelles
D'ordre social
- Les femmes capables évitent les risques et les postes politiques
où elles peuvent être exposées à des risques
- La socialisation
- Les attitudes et perceptions sexistes à l'égard des
femmes
Les raisons contextuelles
- L'absence de mécanismes effectifs de suivi aux niveaux national,
régional et à celui des Nations Unies.
- Le manque de ressources
- La nécessité de parrainer les femmes pour qu'elles
se présentent à des postes politiques
- L'absence de modèles féminins pouvant servir de référence
aux femmes
- Le manque de solidarité des femmes.
Parmi les leçons dont on doit s'inspirer :
1. Les systèmes de quotas et les mesures volontaristes en
faveur des femmes sont le plus efficaces lorsqu'ils sont assortis
d'actions pour le renforcement des capacités et de mesures
que les gouvernements et tous les partis politiques (à l'exemple
de l'ANC en Afrique du Sud) sont tenus d'appliquer.
2. Une volonté politique et une détermination sans
faille sont nécessaires.
3. Les pays dont l'histoire est fortement marquée de luttes
politiques semblent avoir fait plus de progrès que ceux restés
assez "stables".
4. Des délais et des objectifs doivent être fixés
pour la réalisation de la parité entre hommes et femmes
en ce qui concerne la représentation et la participation à
tous les niveaux du processus de prise de décisions.
5. Les programmes de décentralisation ont permis à
un plus grand nombre de femmes dans les communautés de base
de participer au processus de décision.
Indicateurs de l'accession des femmes aux responsabilités
politiques et aux postes de décision :
Le cadre de référence ci-après comportant des
indicateurs quantitatifs et qualitatifs, élaboré par la
SADC, a été adopté dans le but d'établir
des indicateurs, de déterminer les enjeux et faire des recommandations.
Les questions qui y sont examinées sont les suivantes :
· L'accès qui est une notion quantitative
· La participation qui est qualitative
· La transformation qui est aussi une notion qualitative
· Le suivi aux niveaux national, sous-régional et régional.
Les indicateurs
|
Les questions
|
Les problèmes
|
Les recommandations
|
L'accès
(Quantitatif) |
· Les quotas
·L'appui aux candidatures féminines
· L'électorat
· L'appui et la sensibilisation
du public
|
· Les mesures volontaristes en faveur des femmes
· Les réseaux d'appui
· Les politiques de sélection
et de recrutement
· La sensibilisation et l'appui
du public
|
| La participation |
· La représentation des femmes dans les structures
parlementaires de décisions (Président, Présidents
de commissions)
· Quelles sont les commissions dans lesquelles les femmes
sont représentées ?
· Dans quelle mesure les femmes s'informent, discutent et
exercent des pressions ?
· La formation
· Le taux de maintien en fonction des femmes
· Connaissance et contrôle des opérations
|
· A quels niveaux dans les secteurs public/privé (directeurs,
directeurs généraux, secrétaires généraux,
etc.) ?
· Dans quels ministères; dans quels domaines du secteur
privé (finances, ressources humaines, etc.) ?
· Degré d'influence
· Politiques de formation et
de promotion |
| La transformation interne |
· Les horaires des réunions
· Les soins aux enfants
· Un langage respectueux des femmes
· Un environnement tenant compte des femmes
· Des changements d'attitudes
|
· Les horaires de travail souples
· Les soins aux enfants
· Un langage respectueux des femmes
· Un environnement tenant compte des femmes
|
| La transformation externe |
· Prise en compte des besoins des femmes dans la législation
|
· Prise en compte des besoins des femmes dans les politiques
et programmes
|
Les défis et les recommandations
|
Les questions
|
Les problèmes
|
Les recommandations
|
|
L'accès
(Quantitatif)
L'accès
(Quantitatif)
|
· Les attitudes traditionnelles, culturelles et les stéréotypes
· Les barrières sociales pour les femmes mariées
et les femmes célibataires
· La brutalité, le sentiment de solitude et les machinations
qui caractérisent le milieu politique
· L'absence de mesures volontaristes en faveur des femmes
· Les insuffisances du système des quotas
· L'absence d'engagements de la part des gouvernements
· La non-application des lois
· Le manque de formation préparant à l'accès
aux postes de décisions
· Les situations conflictuelles
· Le peu d'intérêt accordé par les femmes
dirigeantes aux femmes handicapées. |
· Sensibiliser les différents groupes de population
· Accroître la participation des femmes aux élections
locales
· Abroger toutes les lois discriminatoires et introduire
des dispositions d'égalité entre les hommes et les
femmes dans les constitutions
· Approuver et introduire un système/mécanisme
de quotas dans les constitutions nationales et dans les textes
fondateurs des partis
· Revoir les systèmes électoraux et adopter
ceux qui favorisent la participation des femmes (par exemple,
la représentation proportionnelle)
· Les partis politiques devraient adopter le principe d'égalité
entre hommes et femmes
· Accroître le nombre des femmes dans les partis
politiques
· Favoriser l'accès des jeunes aux postes de direction
· Identifier les femmes ayant les capacités pour
accéder à des postes de responsabilité, y
compris dans les pays en conflit et les femmes handicapées,
et accroître leur présence dans les forums régionaux
et sous-régionaux
· Créer un fonds aux niveaux international,
régional et national en vue de permettre aux femmes d'accéder
aux ressources nécessaires pour l'accès aux postes
politiques
· Etablir des réseaux aux niveaux
national, sous-régional et régional.
|
|
La participation
La participation
|
·Les valeurs traditionnelles et culturelles
· Les attitudes et comportements ·
L'absence d'actions volontaristes en faveur des femmes
· La multiplicité des rôles
sociaux de la femme
· Les situations de conflits et de guerres
· L'embargo international
· Les femmes ne sont pas conscientes des
risques que comporte l'activité politique
· Connaissance et contrôle limité
des activités parlementaires
· Les donateurs n'accordent pas de financement
aux femmes
· Le manque de confiance en soi des femmes
· Manque de formation et capacités
d'analyse pour les postes de direction et de décision
· Le faible taux de rétention des
femmes parlementaires
· La nécessité d'entreprendre
davantage de recherches
|
· Créer dans la sphère publique un environnement
soucieux de la spécificité féminine (langage
approprié, horaires adaptés pour les réunions,
structures de prise en charge des enfants)
· Etablir des réseaux/liens aux
niveaux national, sous-régional et régional
· Créer des centres de formation
pour les femmes occupant des postes de direction
· Organiser des cours de formation dans
le domaine de l'analyse, y compris pour les praticiens des médias
et de la communication
· Les processus électoraux devraient
être conduits dans le souci d'éviter les conflits
avant et après la tenue des élections
· Promouvoir la tenue de rencontres/l'établissement
de réseaux entre les partis auxquels participent les femmes
parlementaires
· Développer la recherche
|
|
Transformation
(Qualitatif)
Transformation
(Qualitatif)
|
· Les attitudes et comportements traditionnelles
et culturels
· Non-intégration de la problématique
hommes/femmes
· Les femmes occupant des postes de responsabilité
sont encouragées et subissent des pressions pour agir comme
des hommes
· Les femmes n'ont pas l'habitude d'être
dans les structures de pouvoir
· Les femmes dirigeantes n'ont pas de partisans
derrières elles
· L'absence de solidarité entre
les femmes
|
· Création de réseaux efficaces de communication
et d'appui aux niveaux national, sous-régional et régional
· Etablir un dialogue entre les hommes
et les femmes occupant des postes de direction
· Le rôle des structures féminines
devrait être réexaminé
· Promouvoir la notion de parité
et d'équité entre les sexes dans les médias
· Encourager la mise en place de mécanismes
d'auto-régulation au sein des médias afin de donner
un image positive des femmes occupant des postes de décision
· Etablir des liens entre les femmes politiciennes
et les groupes de femmes à la base
· Effectuer des recherches sur le patriarcat,
la politique sexuelle et sur le pouvoir dans l'Afrique contemporaine
· Modifier la culture institutionnelle
par une formation de type nouveau pour les personnes occupant
des postes de direction
· Etablir des programmes d'échanges
entre les pays en vue d'échanger des données d'expérience
et les meilleures pratiques
· Elaborer des programmes pour sensibiliser
les politiciens hommes aux questions de parité
· Les femmes parlementaires devraient tirer
avantage du Plan d'action de l'Union interparlementaire
· Impliquer davantage les femmes dans l'activité
parlementaire, notamment dans l'élaboration des ordres
du jour
|
|
Suivi- National- Sous-régional- Régional
Suivi- National- Sous-régional- Régional
|
· Le manque de ressources
· L'absence d'indicateurs
· L'absence d'un mécanisme régional
|
· Les institutions régionales et sous-régionales
devraient assurer le suivi par l'établissement de mécanismes
aux niveaux de l'OUA et des institutions sous-régionales
pour le suivi de la mise en uvre des engagements nationaux
· Suivre le processus électoral,
notamment l'inscription sur le registre électoral
· Surveiller l'utilisation de l'argent,
élément de poids dans la politique électorale
· Organiser un examen annuel au niveau
des pays ainsi que des ateliers et des cours de formation sur
les techniques d'examen
· Surveiller l'utilisation des budgets
nationaux
· Organiser un examen semestriel à
l'échelle sous-régionale
· Organiser des examens réguliers
à l'échelle régionale
· Surveiller l'utilisation des fonds alloués
par les donateurs aux niveaux international et régional
· Permettre aux médias d'assurer
la couverture continue des débats parlementaires et de
dénoncer ceux qui s'opposent aux femmes sur des questions
telles que l'accès à la terre
· Etablir une base de données sur
les femmes occupant des postes de direction par le biais du site
web d'UNIFEM.
|
[sommaire
annexe
III
]
[sommaire
du rapport]
ATELIER 7 : SANTE DE LA FEMME, PLANIFICATION FAMILIALE ET POPULATION
Facilitateurs : Jane Kwawu et Pap Syr Diagne
Présentateur : Daraba Saran Kaba
Le résumé du rapport sur la santé, la planification
familiale et la population présente les objectifs du Programme
d'action africain dans ce domaine ainsi que les principales conclusions
des vingt rapports nationaux que les Etats membres de la CEA ont envoyés
en juillet 1999 au Centre africain pour la femme. Ce dernier ayant reçu
d'autres rapports depuis lors, le rapport sera modifié en conséquence.
En mettant en uvre les Programmes d'action de Dakar et de Beijing,
nombre de pays ont révisé leurs politiques et réorienté
leurs programmes/activités pour relever les défis de la
Plateforme d'action et du Programme d'action. Toutefois, ils se sont
heurtés ces cinq dernières années, à de
nombreuses contraintes. Il s'agit principalement de contraintes liées
aux ressources financières, humaines et matérielles, et
au fort taux d'analphabétisme. Toutes ces contraintes sont liées
à la généralisation de la pauvreté à
tous les niveaux : gouvernemental comme individuel. Dans les plans nationaux
d'action, différents objectifs ont été fixés,
notamment, réduire la mortalité maternelle et infantile,
améliorer les services de santé, réduire l'infection
par le VIH/sida, réduire la propagation des maladies sexuellement
transmissibles, et améliorer l'accès des populations aux
services de planification familiale et améliorer la sécurité
sociale.
Bien que les gouvernements aient pris des engagements lors de plusieurs
réunions, notamment lors de celle de la Commission de la condition
de la femme, du Comité de la Convention pour l'élimination
de la discrimination à l'égard des femmes, des réunions
annuelles de l'OMS, les femmes ont toujours difficilement accès
aux services de santé dans la majorité des pays africains.
Dans certains cas, en ce qui concerne la santé des femmes, la
situation a même empiré. Les gouvernements et les ONG sont
invités à prendre des mesures plus énergiques pour
lever ces contraintes. A cet effet, les problèmes de santé
doivent entre considérés comme des questions relevant
de divers domaines.
- Résumé des débats -
Lors de l'élaboration du rapport d'évaluation, les participants
à l'atelier ont tiré des leçons de différentes
sources telles que la CIPD+5, ainsi que leurs propres expériences
nationales. Ainsi, a-t-il été noté, d'importants
résultats dans certains secteurs de la santé ont été
notés. Les participants à l'atelier ont fait observer
que le rapport d'évaluation sur l'"amélioration de
la santé de la femme, y compris la planification familiale et
les programmes relatifs à la population" n'était
pas exhaustif.
Dans le domaine de la santé de la reproduction et des droits
en matière de procréation, trente-neuf pays ont pris des
mesures pour améliorer la qualité des soins, ce qui suppose
une formation approfondie des fournisseurs de services de santé,
notamment les accoucheuses traditionnelles ; l'extension et l'amélioration
des infrastructures, la révision des protocoles et des procédures
des services de soins de santé ; l'évaluation et le suivi
du fonctionnement des services de soins de santé. Le préservatif
féminin, qui fait l'objet de campagnes vigoureuses dans plusieurs
pays, est bien accueilli, car il répond aux besoins des femmes.
La plupart des pays ont indiqué qu'il fallait d'urgence se
pencher sur la question de la santé en matière de reproduction
des adolescents. Trente-quatre pays ont pris des mesures à cet
égard en adoptant des politiques nationales de jeunes et en élaborant
des stratégies et des plans d'action pour les jeunes. D'autres
ont lancé de nouvelles initiatives associant les jeunes, telles
que les campagnes d'information, d'éducation, de communication
et de sensibilisation, les services à l'intention des jeunes,
notamment la transmission de l'information entre camarades, les services
de conseils et les programmes de santé en matière de sexualité
qui répondent aux besoins des jeunes, mais il reste beaucoup
à faire, compte tenu du poids démographique de ce groupe.
Vingt-six pays ont noté que la société civile,
y compris les ONG, continuaient de jouer un rôle important dans
la prestation de services de soins de santé en matière
de reproduction aux membres de la communauté, notamment aux adolescents.
Plusieurs pays ont également lancé ou élargi les
programmes visant à inciter les hommes à assumer une plus
grande responsabilité en matière de santé de la
reproduction, par le biais de campagnes de sensibilisation et de services
spéciaux pour les hommes. Certains pays mènent des travaux
de recherche socio-culturelle pour mieux comprendre comment répondre
aux besoins des hommes en matière de reproduction. Dans quelques
pays, des coalitions pour combattre la violence contre les femmes ont
été constituées afin d'examiner le problème.
Les initiatives actuelles sur la promotion de l'égalité
entre les sexes ne suffisent pas.
L'Afrique est le seul continent où les taux de mortalité
maternelle sont en augmentation. Les causes en sont connues mais la
volonté politique nécessaire pour assurer les soins obstétricaux
d'urgence fait toujours défaut. C'est là d'un domaine
où l'Afrique doit définir de nouvelles stratégies
pour réduire la mortalité maternelle et infantile.
Bien que la majorité des pays africains aient fait de la santé
une question prioritaire, la santé de la femme en tant que telle
ne bénéficie pas d'une attention suffisante, tant en ce
qui concerne l'élaboration des programmes de sensibilisation
que l'allocation des ressources.
En particulier, l'approche adoptée en ce qui concerne la santé
de la femme tout au long de sa vie n'est pas bien comprise et n'est
pas appliquée comme il convient. C'est la raison pour laquelle,
par exemple, la santé des femmes âgées ne bénéficie
d'aucune attention, il en est de même de l'état nutritionnel
des jeunes filles ou des mères allaitantes.
L'évaluation a également montré que la santé
de la femme est le plus souvent assimilée à la santé
maternelle, ce qui exclut les femmes qui ne sont plus en âge de
procréer. Le concept de la sexualité des femmes en particulier
ne bénéficie toujours pas d'une attention suffisante.
Plusieurs initiatives ont été prises pour combattre la
violence contre les femmes, mais de nombreuses femmes risquent toujours
leur vie du fait que ces initiatives ne sont pas encore institutionnalisées
dans le secteur de la santé. De même, les initiatives pour
éliminer les MGF et d'autres pratiques néfastes sont toujours
le fait des ONG essentiellement, bien que certains gouvernements aient
pris des mesures contre la pratique des MGF qui continuent à
avoir de graves conséquences sur la santé des femmes.
L'évaluation a également fait ressortir le danger que
constitue l'industrie du tabac, qui ayant perdu des marchés à
l'étranger, se concentre maintenant sur l'Afrique et, notamment,
sur les jeunes et les femmes.
Finalement, il a été noté, dans l'évaluation,
que l'infection par le VIH/sida demeure l'une des pandémies les
plus dévastatrices et, en conséquence, un problème
de santé majeur pour l'Afrique et pour les femmes, en particulier,
qui, non seulement sont exposées à la maladie mais fournissent
presque la quasi-totalité des soins, de longue durée à
long terme aux malades du sida dans leurs familles et dans leurs communautés.
- Contraintes -
Au cours de l'atelier, les principales contraintes relevées
sont les suivantes :
a) manque de compétences des fournisseurs de services, en
particulier dans les centres de santé ruraux ;
b) exode du personnel de santé qualifié vers les pays
développés où leurs compétences sont bien
utilisées et où ils sont bien payés;
c) accent sur le traitement médical plutôt que sur les
services de prévention et
d) partenariat limité dans certains pays entre les pouvoirs
publics, les ONG, le secteur privé et la société
civile ;
e) la plupart des pays n'ont pas mis en uvre la recommandation
de l'OMS tendant à allouer 10% du budget national au secteur
de la santé ;
f) choix limité des contraceptifs dans plusieurs pays;
g) les guerres et les conflits internes ont détruit les systèmes
et structures sanitaires.
h) La volonté politique d'appuyer la santé et les services
en matière de reproduction des adolescents fait toujours défaut.
i) Absence de données fiables sur des aspects importants de
la santé de la femme, notamment la morbidité et la mortalité
maternelle.
j) Insuffisance des indicateurs de réalisation des programmes,
rendant difficile de mentionner des programmes qui ont été
couronnés de succès.
k) Absence de systèmes d'assurance-maladie pour les femmes
travaillant dans le secteur informel et le prix élevé
des médicaments sont également des questions importantes.
l) La stérilité, en tant que préoccupation des
femmes, ne fait pas toujours l'objet d'une attention suffisante.
m) La santé des femmes handicapées - mal voyantes et
mal entendantes etc est complètement passée sous silence
dans les programmes de santé. Leur tragédie est ainsi
double : discriminés et négligées pour invalidité
par leur nature de femmes.
n) La mondialisation, la privatisation des systèmes sanitaires
et le service de la dette ont sérieusement réduit les
ressources disponibles même au niveau des femmes en tant que
consommatrices de services de santé.
- Recommandations -
VIH/SIDA
1. Adopter des politiques non discriminatoires envers les personnes
infectées par le VIH/sida ;
2. Fournir un soutien et des moyens d'existence aux personnes vivant
avec le sida ;
3. Adopter une approche multisectorielle en ce qui concerne les programmes
de lutte contre le VIH/sida et les ressources qui leur sont allouées.
Santé en matière de reproduction et planification
familiale
1. Mieux informer les hommes sur l'importance de la santé
en matière de reproduction et de la planification familiale
;
2. Renforcer les programmes dans les zones urbaines et rurales pour
trouver des solutions aux problèmes liés à la
sexualité, à la planification familiale, aux maladies
sexuellement transmissibles et à l'infection par le VIH/sida
;
3. Concevoir des programmes qui portent sur les besoins de groupes
spéciaux tels que les mal-voyantes, les sourdes, les réfugiées
et exécuter leur programme.
Mortalité maternelle
1. Elaborer une stratégie spécifique africaine pour
lutter contre l'accroissement des taux de mortalité maternelle
et créer des mécanismes aux niveaux sous-régional
et national pour recenser le nombre de décès par rapport
au taux de mortalité maternelle.
Divers
1. Adopter des approches globales et intégrées des
questions de santé ;
2. Normaliser la collecte et la disponibilité de données
-veiller à rassembler des données pour et sur les femmes
;
3. Adopter des politiques qui contrecarrent les dessins des compagnies
de tabac ;
4. Améliorer l'accès aux programmes de sécurité
sociale et étendre la couverture de ces derniers ;
5. Mettre fin aux pratiques traditionnelles néfastes pour la
santé de la femme ;
6. Encourager la collaboration entre les ONG, les gouvernements et
les organisations internationales ;
7. Appliquer la législation contre la violence au sein du ménage;
8. Les gouvernements devraient s'engager davantage à réaliser
les objectifs du Programme d'action en matière de santé
de la femme en augmentant les ressources allouées pour freiner
l'exode des professionnels de la santé et assurer l'expansion
des programmes actuels ;
9. Des mécanismes devraient être mis en place pour réduire
le fardeau de la dette des pays africains afin de relever le niveau
des ressources allant au secteur de la santé et atténuer
les effets de la mondialisation ;
10. Les gouvernements devraient ratifier et mettre en uvre les
engagements pris en ce qui concerne la santé des femmes et
s'en servir comme repères pour répondre aux besoins
des femmes en matière de santé.
- Conclusions -
En dépit des nombreuses réalisations constatées
dans les pays en ce qui concerne les femmes et la santé, il reste
encore beaucoup à faire pour mettre intégralement en uvre
le Programme d'action de Beijing. Il faudra identifier et relever de
nombreux défis. Les déficiences constatées en ce
qui concerne les politiques, les programmes de santé, les ressources
et les arrangements institutionnels sont préoccupantes aussi
bien aux niveaux régional, national qu'au niveau des programmes.
Il faut mettre davantage l'accent sur les politiques et pratiques non
discriminatoires, les programmes multisectoriels pour promouvoir la
santé, les droits et l'égalité des femmes ainsi
que la participation des hommes et sur les stratégies communautaires
en matière de soins de santé.
Il importe cependant de reconnaître que cinq ans après
la Conférence de Beijing, l'Afrique a particulièrement
besoin de stratégies en matière de santé spécifiques
aux femmes. Ces besoins sont d'autant plus pressants que le taux de
mortalité maternelle s'accroît et que la pandémie
que constitue l'infection par le VIH/sida se propage. Tant que les femmes
africaines continueront de courir le risque de tomber malades ou de
mourir des suites d'une grossesse ou de l'infection par le VIH/sida,
leur condition ne s'améliorera pas. Ces différents problèmes
qui sont à l'origine de la mauvaise santé des femmes en
Afrique doivent être la question prioritaire dans le programme
de développement de l'Afrique.
[sommaire
annexe
III
]
[sommaire
du rapport]
ATELIER 8 : FEMMES ET PAIX
Facilitateurs : Inonge Mbikusita Lewanika, Khadidja Ladjel Aloui
Présentatrice : Jean Kamau
L'intervenante a tout d'abord rappelé les engagements pris par
les gouvernements et figurant dans la Plateforme d'action africaine
adoptée à Dakar en 1994. Celle-ci appelle au renforcement
de la représentation des femmes dans les mécanismes existants
de négociation pour la paix et à soutenir la création
de réseaux de femmes pour la paix accrédités auprès
de l'OUA, de l'ONU et des autres instances au niveau national, sous-régional
et international. Le Programme d'action de Beijing s'est appuyé
sur la Plateforme d'action africaine dans son appel aux gouvernements,
à la communauté internationale et à la société
civile en vue de promouvoir les formes non violentes de résolution
des conflits et de réduire l'incidence des atteintes aux droits
de l'homme dans les situations de conflit.
Les gouvernements sont également invités à effectuer
des recherches poussées sur tous les cas de violence à
l'égard des femmes commis pendant la guerre, y compris les cas
de viol, de prostitution forcée et d'autres formes d'agression
contraires à la décence et d'esclavage sexuel et d'intenter
des poursuites contre les auteurs de tout acte de violence, en particulier
les viols.
Plusieurs gouvernements se sont engagés dans le cadre de la
mise en oeuvre de leur plan d'action à entreprendre des activités
destinées à faciliter la participation des femmes aux
processus de paix. Ces initiatives portent sur la participation des
femmes aux pourparlers de paix, l'organisation de cycles éducatif
pour la paix et l'appui aux initiatives de paix. Il ressort de l'examen
des rapports nationaux que certains pays ont tenu les engagements pris
dans la Plateforme d'action africaine et dans le Programme d'action
de Beijing. Pour la première fois, certains gouvernements ont
même appuyé la destruction d'armes en public en signe d'engagement
en faveur de la paix.
La Fédération des réseaux de femmes pour la paix
a mené à bien, grâce à ses membres agissant
dans nombre de pays, des activités visant à promouvoir
des solutions politiques alternatives dans les situations de conflit
et de guerre. Les stratégies mises en place par les femmes pour
la résolution des conflits en Afrique ont, malgré leur
diversité, prouvé leur utilité et leur efficacité.
Les mécanismes de suivi du renforcement de la participation
des femmes aux processus de paix sont soulignés dans la Plateforme
d'action. Au niveau national, ce sont les gouvernements qui en ont la
charge alors qu'au niveau sous-régional, la responsabilité
en incombe aux structures intergouvernementales telles que la SADC,
la CEDEAO ou l'IGAD. Au niveau régional, le principal mécanisme
relève de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) qui
a entrepris des initiatives de première importance pour faciliter
la participation des femmes aux processus de paix. A cet égard,
la création du Comité africain pour la paix et le développement
constitue un succès probant pour l'OUA et la Commission économique
pour l'Afrique. De grands espoirs sont placés sur ce comité
qui devrait donner plus de place à la participation des femmes
aux processus de paix an Afrique. Au niveau international, il a été
souligné que la communauté internationale s'attachaît
à protéger les droits des femmes dans les situations de
conflit. La création récente de la cour pénale
internationale et du tribunal international pour le Rwanda en sont l'expression
concrète.
En conclusion, l'intervenant a appelé les gouvernements à
faire preuve de plus d'engagement et à agir davantage pour renforcer
la place des femmes dans les actions de paix. Les gouvernements sont
également invités à appuyer les initiatives prises
dans le domaine de l'éducation pour la paix et de promouvoir
la participation des femmes aux instances de prise de décision.
De même, le statut juridique des femmes mérite d'être
revu afin que tous ceux qui commettent des actes de violence à
l'égard des femmes, quelle qu'en soit la forme, fassent l'objet
de poursuites judiciaires.
Après avoir rappelé d'une part, les consignes de brièveté
dans les interventions afin que les travaux de l'atelier se terminent
dans les délais impartis et d'autre part, celles de concision
dans la formulation des recommandations, la facilitatrice a proposé
aux participants d'axer leurs interventions sur les questions clefs
suivantes :
La paix n'étant pas seulement l'absence de guerre mais également
une situation dans laquelle les gens sont censés bénéficier
d'une justice économique et sociale sur une base égalitaire
et compte tenu de l'étroite interdépendance entre la paix
et l'égalité entre les femmes et les hommes d'une part,
entre paix et développement d'autre part, quelles sont les recommandations
à formuler afin que les gouvernements africains continuent d'uvrer
dans les sens d'une égalité entre les femmes et les hommes
dans le cadre du développement;
a) Eu égard aux lourdes conséquences des conflits et
des guerres sur les femmes et les enfants, comme par exemple les responsabilités
des femmes chefs de famille et la violation des droits fondamentaux
des femmes et des filles, les problèmes que connaissent les femmes
et les enfants dans les situations de conflits soulèvent les
questions suivantes :
· Comment les droits et les rôles des femmes et des
enfants peuvent être protégés pendant les situations
de conflit;
· Existe-t-il des expériences positives en la matière
que les Etats africains peuvent partager entre eux ;
· Comment tirer profit de ces expériences de manière
à les étendre à d'autres pays ;
b) Les femmes ne participant guère dans les mécanismes
de prise de décisions pour la prévention et la résolution
des conflits, ni à la mise en oeuvre des initiatives de paix,
comment pourrait-on renforcer le rôle des femmes dans la prise
des décisions et la résolution des conflits ;
c) Eu égard aux engagements pris par les gouvernements dans
la Plate-forme d'action de Dakar, à prendre des mesures concrètes
pour assurer aux femmes et aux hommes la formation voulue dans les domaines
tels que la négociation de la paix ainsi que la résolution
et la prévention des conflits, les interventions ont surtout
porté sur les questions suivantes :
· Comment accélérer la mise en uvre des
mesures prises ;
· Quels exemples de formes traditionnelles de prévention
de conflit peuvent être cités ; et
· Comment ceux-ci peuvent-ils être intégrés
dans les mécanismes de prise de décision et de prévention
de conflits dans la région.
Les interventions des participants ont fait ressortir que les préoccupations
majeures sont les suivantes :
- Violence contre les femmes durant les situations de conflits ;
- Violence contre les réfugiés et les personnes déplacées
;
- Accès inégal aux organes et sphères de décisions,
aux ressources matérielles et à l'éducation ;
- Absence d'une culture de la paix, de capacités de négociation
et non-maintien d'une paix viable ;
- Pratiques traditionnelles et rituelles occultes néfastes;
- Génocide et la question de son impunité ;
- Existence d'enfants et de femmes soldats ;
- Pauvreté et aggravation de l'insécurité alimentaire
;
- Prolifération des armes légères dans les régions
en conflits et les pays voisins ;
- Méconnaissance par les femmes de leurs droits humains, politiques
et légaux ;
- Manque d'intérêt des femmes pour la politique ;
- Rôle des médias dans les activités de sensibilisation
des femmes ;
- Nécessité de mettre en application et de diffuser
largement les dispositions des conventions internationales ;
- Traitement léger par les gouvernements des questions de discriminations
à l'égard des femmes ;
- Usage des enfants et des femmes comme boucliers humains, ce qui
les exposent à de graves dangers ;
- Méconnaissance des dangers posés par les mines et
des blessures causées par les armes de guerre ;
- Absence de solidarité entre les femmes elles-mêmes
et entre ces dernières et la société civile ;
- Faible degré de priorité accordé à la
formation des soldats aux règles relatives à la guerre;
- Effets négatifs des sanctions sur les femmes et les enfants
;
- Violence domestique et attitudes dangereuses ;
- Réhabilitation et réinsertion des ex-combattants ;
- Agression contre de vielles femmes ou femmes handicapées
pour cause de sorcellerie ;
- Nécessité d'exercer des pressions sur les fabricants
et vendeurs d'armes ainsi que sur les acheteurs ;
- Sensibilisation des femmes des autres régions du monde et
création d'une chaîne de solidarité avec elles
pour enrayer la vente d'armes ;
- Accès inégal des femmes et des enfants à l'éducation
et la formation;
- Traitement inéquitable des conflits par la communauté
internationale ;
- Législation protégeant les femmes et les enfants ;
- Recommandations -
L'atelier, sur la base des préoccupations énumérées
ci-dessus et des questions clefs figurant plus haut a formulé
les recommandations suivantes :
Mesures à prendre par les gouvernements pour plus d'équité
et d'égalité entre les hommes et les femmes
Assurer l'accès des femmes aux organes de décision,
à l'éducation, à la formation et la propriété
a) Assurer une plus grande participation des femmes à la prise
de décisions en nommant un plus grand nombre de femmes dans toutes
les instances de décisions aux niveaux national, sous-régional
et international (gouvernement, parlement, organisations sous-régionales
et régionales, organisations internationales). A cet égard,
la formule des quotas doit être privilégiée quand
elle est à l'avantage des femmes, sans que soit abandonné
le principe de la compétition entre hommes et femmes ;
b) Assurer une représentation effective des femmes dans les
institutions militaires en veillant à l'augmentation du nombre
des femmes officiers et sous-officiers ;
c) Promulguer des lois concrétisant la volonté réelle
des gouvernements d'impliquer les femmes dans la prise de décision
et surtout veiller à leur stricte application ;
d) Modifier les programmes d'enseignement scolaire pour y inclure un
module sur la culture de la paix à l'intention des enfants (respect
des biens, tolérance, acceptation de la différence). Ce
module doit être basé sur les réalités culturelles
de chaque pays;
e) Promouvoir dans les écoles, les milieux ruraux et les camps
de réfugiés l'enseignement des notions de droits de l'homme
ainsi que des dispositions des conventions internationales sur la paix
afin d'éviter aux jeunes surtout d'être endoctrinés
;
f) Augmenter de manière importante les ressources allouées
à l'éducation et à la formation et assurer l'accès
égal des hommes et des femmes à l'éducation ;
g) Promouvoir les programmes d'alphabétisation à l'intention
des femmes pour leur permettre de mieux appréhender leur rôle
dans le développement ;
h) Favoriser l'enseignement de la géographie africaine dans
les écoles primaires et l'élaboration de programmes d'IEC
sur la solidarité des pays africains ;
Les gouvernements doivent prendre des mesures pratiques afin de favoriser
la distribution équitable des richesses nationales en garantissant
l'accès des femmes à celles-ci. A cet égard des
lois et règlements doivent être adoptés pour favoriser
l'accès des femmes à la propriété foncière,
aux ressources financières et à des activités génératrices
de revenus.
Mesures propres à encourager et à favoriser la participation
des femmes aux dialogues et aux concertations organisés en faveur
de la paix. A cet égard, toutes les lois discriminatoires et
les pratiques traditionnelles constituant des obstacles à l'implication
des femmes dans tout processus de concertation et de dialogue doivent
être bannies ;
Mise en place de programmes de sensibilisation des femmes sur leurs
droits, tels que garantis par les lois et règlements de chaque
pays.
Protection des droits et rôles des femmes et des enfants pendant
les situations de conflit
m) Promulguer des lois visant à protéger les femmes,
les enfants, les réfugiés ainsi que les personnes déplacées
contre :
· Toutes les formes de violence durant les conflits (viol,
enrôlement forcé dans les groupes armés, destructions
des biens, mutilations physiques etc.) ;
· Les pratiques traditionnelles qui tiennent les femmes à
l'écart des processus de paix ;
· Les dangers liés à l'usage des mines ;
n) Renforcement du rôle des femmes dans la prise des décisions
et dans la
résolution des conflits
o) Accélération de la mise en oeuvre des engagements
pris par les gouvernement dans la Plate-forme d'action de Dakar, à
prendre des mesures concrètes pour assurer aux femmes et aux
hommes la formation voulue dans les domaines tels que la négociation
de la paix ainsi que la résolution et la prévention des
conflits.
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annexe
III]
[sommaire
du rapport]