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RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING, 22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE



ANNEXE IV

DECLARATIONS/APPELS
ADOPTES PAR LA SIXIEME CONFERENCE
REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES


1. Déclaration des organisations non gouvernementales
2. Déclaration des femmes handicapées
3. Appel d'Alger
4. Déclaration des femmes parlementaires africaines
5. Déclaration adressée au PNUD par les délégués à la Conférence
6. Lettre ouverte des femmes des pays lusophones d'Afrique
7. Déclaration de la délégation des jeunes
8. Motion des Iles de l'océan Indien
9. Message spécial de la délegation de la République démocratique du Congo (RDC) sur la paix
10. Déclaration des Organisations Syndicales Régionales Africaines
11. Déclaration des femmes rurales déleguées africaines
12. Message des Organisations Féminines de la République Démocratique du Congo

 

 

[sommaire annexe IV]
[sommaire du rapport]

 

1. DÉCLARATION DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES

Nous, les organisations non gouvernementales africaines réunies à Addis-Abeba à l'occasion de la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes,

Considérant les progrès accomplis depuis la cinquième Conférence régionale africaine sur les femmes, tenue à Dakar en 1994,

Reconnaissant que le patriarcat institutionnalisé, les inégalités structurelles, les préjugés et la misogynie profondément enracinés ne cessent de se renforcer dans toutes les sociétés africaines,

Notant avec une vive préoccupation qu'en dépit des efforts déployés par la société civile, les gouvernements et les autres acteurs, la situation des femmes continue de se dégrader dans tous les secteurs du développement,

Déçues par le manque de volonté politique de certains Etats africains d'honorer les engagements pris dans le Programme d'action mondial et dans la Plate-forme d'action africaine,

Soulignant que certains facteurs externes et internes, en particulier la mondialisation qui prône le marché compétitif et la fin de l'Etat-providence, ont entravé la mise en oeuvre des recommandations relatives aux douze domaines critiques et ont créé les conditions de la marginalisation continue des femmes et des filles dans les échanges locaux et mondiaux, amenuisant ainsi maints efforts qu'elles ont fournis en vue de leur émancipation économique,

Convaincues que la participation des femmes comme partenaires à part entière dans le processus de prise de décision à tous les niveaux est indispensable à l'instauration d'une paix durable, au développement et au respect des droits de la femme,

Inquiètes de ce que la détérioration accélérée de la situation du secteur social, en particulier dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'emploi et de l'environnement, continue d'avoir des effets négatifs sur les femmes, les filles et les personnes handicapées,

Choquées par les manifestations croissantes de toutes les formes de violence à l'égard des femmes dans les secteurs privé et public,

Alarmées par le fait que la pandémie du VIH/SIDA annihile jusqu'aux moindres acquis obtenus par les femmes et les filles au cours de la décennie écoulée et détruise le tissu social du continent africain,

Conscientes du nombre élevé de ratifications des instruments internationaux qui, malheureusement, n'ont pas été intégrés dans les législations internes afin de les conformer aux normes d'universalité, d'inaliénabilité et d'indivisibilité des droits de la femme,

Encouragées par le fait que quelques pays africains ont reconnu le dynamisme des femmes et ont fait des efforts pour intégrer les femmes dans la sphère politique,

Notant que l'absence d'un environnement propice constitue un obstacle majeur à l'accession des femmes aux postes de responsabilité et empêche les Etats africains de bénéficier de l'impulsion potentiellement transformatrice de femmes africaines à des postes de responsabilité,

Reconnaissant que les objectifs d'égalité, de développement et de paix, fixés il y a vingt cinq ans, ne sont toujours pas atteints à l'aube du nouveau millénaire,

Exigeons, par conséquent :

a) Que tous les gouvernements démontrent leur intégrité en respectant les normes et les engagements régionaux et internationaux, à travers l'harmonisation et la "naturalisation" de la législation interne et de la constitution, conformément à toutes ces obligations ;

b) Que les gouvernements instituent des mesures juridiques et constitutionnelles relatives à la participation, qui proscrivent et éliminent toutes les formes d'oppression patriarcale et de discrimination à l'égard des femmes ;

c) Que les gouvernements reconnaissent la contribution exceptionnelle de femmes africaines dans leurs pays et leur force politique dans la mise en place de nos gouvernements, en énonçant l'engagement politique nécessaire à l'émancipation de la femme ;

d) Qu'un moratoire soit fixé pour l'application des traités mondiaux qui ont appauvri les femmes et que soit instauré un respect qui garantisse la participation égale et en toute connaissance de cause des femmes et la prise en compte des femmes dans l'application de ces traités ;

e) Que les pays créanciers et les pays débiteurs partagent la responsabilité morale des politiques malheureuses qui ont abouti à la détérioration du secteur social et à l'appauvrissement des femmes ;

f) Que l'allégement de la dette soit traité comme un instrument de lutte contre la pauvreté visant à instaurer la justice sociale et l'égalité entre les sexes, en apportant une réponse multisectorielle particulière à la pandémie du VIH/SIDA ;

g) Que les gouvernements africains reconnaissent la Déclaration de Zanzibar pour une culture de la paix et en appliquent les recommandations.

Nous appelons tous les gouvernements et les partenaires de développement à honorer les engagements qu'ils ont pris et à renforcer leur collaboration avec les organisations non gouvernementales locales, nationales, régionales et internationales de femmes africaines, afin de promouvoir un programme de développement transformateur pour l'Afrique.

 

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[sommaire du rapport]

2. DECLARATION DES FEMMES HANDICAPEES


Nous, déléguées des femmes handicapées à la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes tenue du 22 au 26 novembre 1999 à Addis-Abeba,

Ayant observé que :

L'enchaînement de ces réunions vise à aborder les besoins de développement des personnes marginalisées, à savoir notamment les femmes, les jeunes, les personnes handicapées et les femmes handicapées en particulier,

Et ayant constaté que :

Les femmes handicapées restent marginalisées dans cette catégorie de personnes marginalisées,

Et sont particulièrement exclues de l'élaboration et, dans une large mesure, de la mise en oeuvre des recommandations du Programme d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action de Dakar, dans la plupart des pays africains,

Egalement préoccupées par :

La représentation insuffisante des femmes handicapées à la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes,

Le fait que certains gouvernements n'aient pas ratifié la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et que même ceux qui l'ont ratifiée n'aient toujours pas suffisamment abordé les préoccupations des femmes handicapées,

Le fait que certains gouvernements n'aient pas ratifié les Règles des Nations Unies pour l'égalisation des chances pour les handicapés et,

Partant, qu'il n'existe aucune politique, législation ou forme de représentation des femmes et des filles handicapées aux niveaux de décision et que celles-ci ne sont donc pas bien ciblées par les programmes de développement,

Conscientes que :

Rien ne peut être fait pour nous sans notre participation,

Et considérant que :

Les femmes et les filles handicapées ont un rôle central à jouer dans l'élaboration, la mise en oeuvre, le suivi, l'évaluation et l'examen de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing.

Recommandons par conséquent, ce qui suit, pour chaque domaine :


Pauvreté et émancipation économique des femmes :

Les femmes handicapées devraient participer activement et par leurs conseils à la formulation des politiques économiques et à la mise en oeuvre des programmes d'émancipation économique, afin que toutes les préoccupations qui touchent aux femmes handicapées soient abordées.

Education, formation et accès à la science et à la technologie :

Tous les gouvernements devraient se pencher de toute urgence sur les politiques, les législations et les ressources tant humaines que financières requises pour que l'éducation et la formation portent sur toutes les disciplines, sur la technologie ainsi que sur les compétences des filles et des femmes handicapées.

Tous les gouvernements africains devraient mettre en place des instituts d'éducation spéciale qui seront particulièrement chargés des besoins des personnes handicapées dans les domaines de l'éducation, de la technologie et de la formation, en particulier du langage par signes pour les malentendantes et du braille pour les femmes mal-voyantes.

Culture, famille et socialisation :

Les gouvernements africains, les organisations non gouvernementales, le Centre africain pour la femme de la Commission économique pour l'Afrique, le système des Nations Unies et les partenaires de développement devraient appuyer les programmes de sensibilisation au sort des femmes et des filles handicapées.

Droits au regard de la loi et droits fondamentaux :

Le système des Nations Unies, les gouvernements et les organisations non gouvernementales devraient intégrer les questions des droits fondamentaux des femmes et des filles handicapées dans leurs politiques, plans et programmes.

Les organisations de femmes handicapées qui mènent des activités de sensibilisation aux droits fondamentaux, devraient être soutenues.

Données désagrégées par sexe :

Les gouvernements doivent associer les personnes handicapées, en particulier les femmes handicapées, à la conception et à l'exécution des opérations de recensement. Il faudrait, en même temps, que les données soient correctement désagrégées par sexe.

Emancipation politique des femmes :

Les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les partenaires devraient chercher à renforcer les capacités des femmes handicapées engagées dans la politique et celles des organisations de femmes handicapées qui militent pour la promotion des femmes handicapées.

Ils devraient aussi prendre des mesures pour que les femmes handicapées soient représentées au sein des organes législatifs et à tous les niveaux et que cette disposition s'appuie sur la loi.

Santé, reproduction, planification familiale et population :

Un appui financier et humain devrait être fourni aux organisations de femmes handicapées qui oeuvrent pour l'éducation et la sensibilisation dans le domaine de la santé en matière de reproduction et dans celui des droits des femmes handicapées.

Les besoins en matière de santé des femmes handicapées devraient être pris en compte dans la politique générale de développement.

Femmes et paix :

Les femmes handicapées devraient être associées aux programmes relatifs à la paix.

Femmes et environnement :

Les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les organismes de développement doivent collaborer avec les organisations de femmes handicapées afin de répondre efficacement aux préoccupations et aux besoins des femmes handicapées.

Mécanismes institutionnels :

Les organisations de femmes handicapées devraient bénéficier d'un appui pour renforcer leur capacité de mettre en oeuvre des programmes visant à améliorer les conditions de vie des femmes et des filles handicapées.

Les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les partenaires de développement devraient aider les femmes handicapées à s'organiser officiellement à tous les niveaux afin de pouvoir jouir d'un statut consultatif.

Femmes, communication, information et arts :

Le personnel des médias devrait être éduqué et formé aux questions concernant les femmes handicapées.

La petite fille :

L'éducation des parents, des soignants, des communautés et des décideurs, en matière de droits des filles handicapées devrait être intensifiée.

Les préoccupations et besoins de la petite fille handicapée devraient être pris en compte dans les programmes destinés aux communautés.

Les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les partenaires de développement devraient affecter des ressources destinées spécialement à la petite fille handicapée.

Recommandation générale :

Tous les gouvernements africains devraient appuyer la Déclaration de la décennie africaine des personnes handicapées, adoptée par l'OUA, qui couvre la période allant de 2000 à 2009, en montrant ainsi l'accent mis sur le sort des femmes handicapées, qui souffrent doublement du fait qu'elles sont femmes d'abord et, ensuite, qu'elles sont handicapées.

Qu'il soit demandé au Centre africain pour la femme d'inclure "la promotion des femmes handicapées" dans la mise en oeuvre du Programme d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action de Dakar.

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3. APPEL D'ALGER

Suite aux délibérations de l'Organisation panafricaine des femmes et du Forum de la paix, tenues les 6 et 7 novembre 1999 à Alger sous le haut patronage de Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République algérienne démocratique et populaire et Président en exercice de l'Organisation de l'unité africaine (OUA).

Nous les participants à ces deux rencontres avons décidé de lancer, unanimement, depuis Alger, un appel à la promotion de la culture, de la paix et de la tolérance, afin de sensibiliser l'ensemble de la communauté internationale pour qu'elle fasse preuve d'une plus grande solidarité avec le continent.

En dépit des efforts louables déployés par les pays africains eux-mêmes, le continent est toujours aux prises avec de nombreuses difficultés qui l'empêchent de se consacrer résolument au développement économique et social, seule garantie d'une paix durable, et de répondre aux aspirations légitimes de paix, de progrès et de prospérité des populations.

Réitérant la détermination des femmes africaines à jouer pleinement le rôle qui leur revient de droit dans la société et à contribuer au développement économique, social et culturel du continent, les participants ont d'abord salué les décisions importantes qui ont été prises lors de la trente-cinquième Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Organisation de l'unité africaine, tenue du 12 au 14 juillet 1999 à Alger.

Ces décisions soulignent tant l'engagement des dirigeants africains à oeuvrer dans un esprit de collaboration pour édifier une Afrique unie, forte et prospère que leur désir de ne ménager aucun effort pour que l'Afrique devienne une terre de paix, de démocratie, de sécurité et de concorde et soit ouverte au monde extérieur. La décision qui a été adoptée à ce Sommet, faisant de l'an 2000 l'année de la paix en l'Afrique, est instructive à cet égard.

En conséquence, la Déclaration d'Alger, adoptée à la fin de la trente-cinquième Conférence de l'Organisation de l'unité africaine est une source d'inspiration et un exemple d'action commune permettant à l'Afrique de relever les nombreux défis qui se présentent à elle à l'aube du prochain millénaire et d'occuper la place qui lui revient de droit sur la scène internationale.

Par conséquent, nous, délégués à la Conférence de l'Organisation panafricaine des femmes et au Comité des femmes africaines pour la paix et la tolérance en Afrique, réunies à Alger :

Convaincus qu'en tant que citoyennes, les femmes africaines ont un rôle central à jouer dans la promotion de la culture et de la tolérance en Afrique,

Conscients que sans le rétablissement d'une paix juste et durable, tout effort de développement serait vain et voué à l'échec,

Déplorons la persistance des conflits en Afrique, qui ternissent l'image d'un continent héritier d'une culture ancestrale de tolérance, de convivialité et de concorde et causent un drame profond entre hommes et femmes dans toutes les communautés, les femmes et les enfants en étant les principales victimes. Ces conflits sont à l'origine de l'exode de millions de personnes qui ne bénéficient d'aucune forme d'assistance, sans parler du fait que l'Afrique détient le triste record mondial du plus grand nombre de réfugiés et de personnes déplacées,

Recommandons que soit reconnue la nécessité de respecter sans réserve la validité du principe d'inviolabilité des frontières héritées à l'indépendance et du droit à l'autodétermination de tous les peuples,

Exhortons toutes les parties concernées par les nombreux conflits qui sévissent encore sur le continent à faire preuve de sens des responsabilités et de retenue et à résoudre leurs différends par des voies pacifiques, conformément à la Charte de l'Organisation de l'unité africaine,

Rappelons la responsabilité première du Conseil de sécurité des Nations Unies dans le maintien et la préservation de la paix et de la sécurité dans le monde,

Encourageons en particulier les efforts actuels de Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République algérienne démocratique et populaire et Président en exercice de l'Organisation de l'unité africaine, en particulier en vue d'un règlement juste et durable des nombreux conflits qui sévissent sur le continent,

Considérons que le Mécanisme de l'Organisation de l'unité africaine pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits est un moyen adapté qu'il faudrait renforcer afin de l'ériger en instrument efficace de la paix en Afrique, à travers lequel pourraient être coordonnés les efforts déployés par les pays africains pour trouver des solutions immédiates aux situations critiques qui peuvent survenir de temps à autre sur le continent,

Condamnons énergiquement le recrutement des enfants dans les groupes armés, et nous engageons à soutenir la campagne lancée par le Mouvement panafricain de la jeunesse pour éradiquer cette pratique,

Lançons par conséquent un appel aux gouvernements pour qu'ils renforcent la législation nationale relative à la protection de l'enfant, afin de se protéger contre cette pratique condamnable et garantir les droits fondamentaux de l'enfant,

Recommandons que l'éducation civique, englobant l'enseignement de la culture de la paix, fasse partie des programmes nationaux d'éducation afin que soient inculqués aux enfants les principes de tolérance et de respect de l'autre,

Recommandons également que les programmes de la Décennie de l'éducation lancée par l'Organisation de l'unité africaine en 1997, en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, mettent davantage l'accent sur l'enseignement de la culture de la paix,

Saluons le combat des femmes africaines qui, après avoir contribué héroïquement à la lutte de libération, continuent de payer chèrement pour que les idéaux de paix et de concorde ne soient pas de simples slogans mais une réalité palpable aujourd'hui,

Appelons à l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et à leur participation à la vie politique, économique et sociale de leurs pays respectifs, et à leur représentation, sur le même pied d'égalité que les hommes, aux organes de décision, afin qu'elles puissent mettre leur savoir et leur expérience au service de la paix et du développement, conformément à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et conformément aux recommandations des conférences africaines et mondiales sur les femmes,

Exhortons les gouvernements africains à renforcer la législation nationale en matière de protection et de promotion des droits de la femme et à appliquer les décisions prises à cet égard aux niveaux continental et mondial,

Encourageons la mise en oeuvre accélérée du Traité d'Abuja instituant la Communauté économique africaine, car nous sommes convaincus que l'Afrique doit d'abord compter sur ses propres forces et son propre potentiel si elle entend s'imposer en tant que partenaire crédible dans le cadre de l'économie mondiale,

Appelons à l'instauration d'un monde plus juste et plus humain s'agissant de la souveraineté des Etats et du principe de réciprocité et à un partage plus équitable des ressources mondiales et à leur utilisation plus rationnelle au profit de tous,

Demandons en outre la réduction des dépenses militaires et la réallocation des économies ainsi réalisées à des projets socio-économiques qui peuvent améliorer les conditions de vie des populations,

Condamnons sans réserve aucune les manifestations de terrorisme, lequel constitue aujourd'hui une menace grave pour la paix et la sécurité internationales et nécessite par conséquent la mobilisation de la communauté internationale,

Saluons l'adoption de la Convention africaine sur la prévention et le contrôle du terrorisme et appelons à la conclusion rapide d'une convention internationale sur la lutte contre ce fléau,

Invitons les organisations et les associations africaines de femmes à unir leurs efforts et à coordonner leurs activités afin d'être plus efficaces et de mieux aborder les nombreux problèmes auxquels l'Afrique est en butte,

Rendons hommage à l'Organisation de l'unité africaine pour le travail qu'elle accomplit au quotidien afin de donner une bonne image de l'Afrique et défendre ses intérêts,

Appelons également à la mobilisation de toutes les forces vives afin qu'elles contribuent à la résolution pacifique des conflits et à la promotion d'une culture de la paix,

Décidons de soumettre cet appel du peuple, lancé à Alger, à la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes comme document de travail de la rencontre organisée du 22 au 26 novembre 1999 à Addis-Abeba.

 

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4. DECLARATION DES FEMMES PARLEMENTAIRES AFRICAINES

1. Les femmes parlementaires africaines se sont réunies lors de la conférence que la CEA a organisée aux Seychelles en février 1999.

2. A cette rencontre est née l'idée de créer un Forum des femmes parlementaires africaines, dont les objectifs sont les suivants :

· Renforcer la voix des femmes parlementaires africaines ;

· Regrouper les efforts et les ressources des femmes parlementaires;

· Participer activement à l'évaluation de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing ;

· Formuler, amender et codifier les propositions de lois appropriées afin qu'elles contribuent au bien-être des femmes et l'améliorent.

3. A la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes, les femmes parlementaires africaines se sont réunies le 24 novembre 1999 et ont approuvé avec beaucoup d'enthousiasme l'idée de créer le Forum des femmes parlementaires africaines.

4. Par conséquent, nous nous réjouissons à l'idée d'y adhérer et de travailler ensemble en tant que femmes africaines. Nous croyons que les femmes parlementaires ont un rôle crucial à jouer.

5. Nous vous remercions.

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5. DÉCLARATION ADRESSÉE AU PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DÉVELOPPEMENT PAR LES DÉLÉGUÉS À LA SIXIÈME CONFÉRENCE RÉGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES

Nous, délégués réunis à Addis-Abeba à la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes, tenue du 22 au 26 novembre 1999 pour examiner la mise en oeuvre du Programme d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action de Dakar et pour élaborer les stratégies de Beijing+5, reconnaissons et admettons que l'éradication de la pauvreté est au coeur du développement de l'Afrique. Nous avons appris avec inquiétude que le Programme des Nations Unies pour le développement s'est engagé dans un programme de restructuration de sa mission et, partant, de son orientation. Par la présente, nous exprimons nos vives préoccupations quant aux changements institués actuellement au Programme des Nations Unies pour le développement.

Nous croyons que l'accent mis sur la lutte contre la pauvreté devrait être maintenu comme priorité absolue. Il s'agit là d'une question intersectorielle qui touche à tous les aspects de l'existence des populations en Afrique - des femmes et des filles en particulier. Accorder la priorité à la lutte contre la pauvreté aurait un impact positif sur la santé, l'éducation, les droits fondamentaux et tous les autres domaines qui participent du bien-être du continent. Par ailleurs, ces domaines critiques ont été approuvés par les gouvernements et les organismes multilatéraux lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes. La Conférence d'Addis-Abeba a validé ces domaines critiques et les a examinés de manière exhaustive au cours des 12 ateliers thématiques qu'elle comportait.

Le Programme des Nations Unies pour le développement a montré par le passé un engagement exemplaire en faveur de la promotion d'un développement à visage humain. Pour ce faire, il a engagé un débat de fond qui a abouti à une définition nouvelle du paradigme du développement, en ce qui concerne l'Afrique. De plus, il joue un rôle de premier plan au sein des institutions multilatérales puisqu'il approuve et institutionnalise la prise en compte des questions relatives aux femmes dans l'ensemble des politiques et des programmes qu'il applique dans la région africaine.

Nous sommes particulièrement préoccupés par les deux conséquences immédiates de ce changement : l'affaiblissement du statut du Bureau régional pour l'Afrique et la dévalorisation de l'organe du Programme des Nations Unies pour le développement chargé des questions relatives aux femmes et des moyens d'intégration de ces questions. S'il venait à voir le jour, ce changement risquerait de miner l'aptitude du Programme des Nations Unies pour le développement à résoudre efficacement les préoccupations fondamentales de l'Afrique. En effet, il compromettrait ses aptitudes institutionnelles à concevoir, formuler et concrétiser des politiques et des programmes destinés à la région.

L'idée de ne plus axer la mission du Programme des Nations Unies pour le développement sur la lutte contre la pauvreté et le développement humain a été émise et ultérieurement confirmée par le contenu du discours que l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement, Mark Malloch Brown, a prononcé à Harvard le 30 septembre 1999.

Il convient de noter que les gouvernements ont pris des engagements et effectué des investissements dans le domaine des programmes de lutte contre la pauvreté. De nombreux pays ont élaboré des plans de développement à un horizon de 25 ans autour de cette question sous les auspices et sur les conseils du Programme des Nations Unies pour le développement. Partout en Afrique, le mouvement des femmes a relevé le défi et s'est fortement impliqué dans les activités visant à éradiquer la pauvreté. La réorientation imminente de la mission du Programme des Nations Unies pour le développement fait potentiellement échouer leurs initiatives et la mise en oeuvre d'efforts nationaux vitaux.

Nous recommandons en conséquence que cette réorientation soit revue et débattue de toute urgence pour donner aux gouvernements africains, et aux femmes en particulier, la possibilité de poursuivre les programmes déjà lancés en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement.

Personne ne sait vraiment comment l'accent mis sur la gouvernance entraînera l'amélioration des conditions de vie des ménages et aura un impact sur les femmes, qui demeurent les plus pauvres des pauvres. Aussi, nous faudrait-il, sur la gouvernance, de plus amples éclaircissements et une définition opérationnelle montrant qu'elle ne freine pas les efforts que nous déployons pour éradiquer la pauvreté, principale entrave à la promotion de la femme africaine.

Nous exhortons également le Programme des Nations Unies pour le développement à entamer un dialogue avec les gouvernements et la société civile sur cette réorientation en faveur de la gouvernance au détriment de la lutte contre la pauvreté. L'esprit de partenariat qui existe entre les gouvernements africains, les mouvements de femmes et les autres secteurs de la société civile en sera renforcé.

Nous sommes par ailleurs préoccupés par les implications de la restructuration pour l'équilibre entre hommes et femmes et la représentation des femmes aux plus hauts niveaux de la prise de décisions au sein du système des Nations Unies. Nous tenons à faire observer que les postes de haut rang qu'occupent des femmes africaines dans les organismes des Nations Unies semblent particulièrement exposés en cas de restructuration et de réorientation. Nous avons appris, dans le cadre de cette rencontre, que le poste du chef titulaire du Bureau régional pour l'Afrique a été supprimé. Nous avons également appris récemment qu'une femme cadre supérieur au Fonds des Nations Unies pour la population a dû quitter son poste.

Par ces actions, le Programme des Nations Unies pour le développement :

· réduit la visibilité de l'Afrique dans ses prises de décision et ses opérations;

· limite la capacité de l'Organisation des Nations Unies, en général, et du Programme des Nations Unies pour le développement, en particulier, à exprimer les préoccupations de l'Afrique ;

· dévalorise le rôle de premier plan des femmes africaines qui occupent des postes clés au sein des organismes de l'ONU ;

· compromet l'objectif déclaré de l'ONU de réaliser d'ici à l'an 2000 la parité entre hommes et femmes au sein du système des Nations Unies ;

· n'encourage ni les gouvernements, ni les institutions, ni les femmes à proposer des candidates de premier plan comme modèles de femmes dans la prise de décision au sein des Nations Unies ;

· transmet le message selon lequel le Bureau des Nations Unies pour le développement accorde une faible priorité à la recherche du consensus sur les thèmes essentiels de prise en compte des questions relatives aux femmes et d'équilibre entre hommes et femmes au sein des organismes ;

· amène les femmes africaines à penser qu'il existe toujours un "plafond de verre" aux Nations Unies.

Dans l'esprit de partenariat que l'Afrique a partagé avec le Programme des Nations Unies pour le développement, nous demandons que des décisions aussi importantes soient prises en consultation avec de nombreux partenaires en Afrique, notamment les gouvernements, les organes intergouvernementaux régionaux et sous-régionaux ainsi que les organisations de la société civile qui militent pour l'égalité entre hommes et femmes et pour l'émancipation économique de la femme.

Nous nous réjouissons d'avance de tenir d'autres discussions avec le Programme des Nations Unies pour le développement sur les questions soulevées ci-dessus.

Addis-Abeba (Ethiopie)
26 novembre 1999

 

 

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6. LETTRE OUVERTE DES FEMMES DES PAYS LUSOPHONES D'AFRIQUE

Nous, femmes des pays lusophones d'Afrique, participant à la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes, tenue à Addis-Abeba (Ethiopie), du 22 au 26 novembre 1999 ;

Compte tenu du fait que nous représentons un groupe linguistique et de population vaste et très important sur le continent ;

Préoccupées par la discrimination et la marginalisation grossières et systématiques à laquelle les pays africains ayant pour langue officielle le portugais sont soumis pendant les conférences régionales, sous-régionales, internationales et mondiales ; cette marginalisation et cette discrimination se manifestant par l'abstraction du portugais s'agissant de services comme l'interprétation, la traduction des documents, etc., au cours de ces rencontres;

Préoccupées par les restrictions qui nous sont imposées, du fait que nous ne pouvons transmettre de message dans la langue officielle de nos pays respectifs ;

Conscientes du rôle que nous jouons en tant que femmes dans nos pays respectifs et sur le continent ;

Déterminées à participer effectivement aux discussions et à partager nos expériences dans les rencontres ci-dessus mentionnées, nous exigeons :

1. Que le portugais soit reconnu comme langue officielle des conférences organisées aux niveaux régional, sous-régional, international et mondial ;

2. Que des services d'interprétation soient fournis en portugais ;

3. Que les documents de ces conférences soient traduits en portugais pour distribution ;

4. Que les organisations concernées et les gouvernements des pays lusophones s'efforcent de rechercher et de mettre en place, dans les meilleurs délais possibles, des mécanismes efficaces de mise en application de notre appel.

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7. DÉCLARATION DE LA DÉLÉGATION DES JEUNES

Nous, délégués des jeunes Africains,

Réunis à la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes, tenue du 22 au 26 novembre 1999 à Addis-Abeba,

Notons avec satisfaction l'inclusion de délégations des jeunes par la Commission économique pour l'Afrique, les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les organisations internationales.

Profondément préoccupés par la représentation et la participation insuffisantes des jeunes à la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes ;

Pleinement conscients de la situation difficile des jeunes femmes et des filles dans nos pays ;

Préoccupés par l'exclusion des jeunes de la formulation, de la mise en oeuvre et de l'évaluation de la Plate-forme de Dakar et du Programme d'action de Beijing, alors qu'ils constituent la majorité de la population africaine ;

Fermement convaincus que les jeunes et les organisations des jeunes ont un rôle central à jouer dans la mutation concernant les questions relatives aux femmes ;

Pleinement conscients du fait que les jeunes sont non seulement les dirigeants de demain mais également les partenaires d'aujourd'hui ;

Fermement convaincus que l'avenir ne peut être planifié sans la participation des jeunes ;

Pour ces motifs, nous :

1. Invitons la Commission économique pour l'Afrique à travailler avec les jeunes et les organisations de jeunes sur un mode participatif dans toutes les activités relatives à la mise en oeuvre de la Plate-forme de Dakar et du Programme d'action de Beijing ;

2. Invitons tous les gouvernements, toutes les organisations intergouvernementales, toutes les organisations non gouvernementales, toutes les institutions spécialisées et les autres parties prenantes à travailler en partenariat avec les jeunes ;

3. Demandons aux gouvernements de tenir compte de la participation et de la contribution des jeunes dans tous les domaines critiques ;

4. Exhortons les gouvernements qui ne l'ont pas fait à retenir la "petite fille" comme domaine critique ;

5. Demandons à tous les gouvernements, à tous les donateurs multilatéraux et à tous les autres de fournir le financement de la mise en oeuvre de la Plate-forme de Dakar et du Programme d'action de Beijing, par les jeunes.

6. Invitons le Centre africain pour la femme à soumettre un rapport sur les jeunes et sur les activités relatives aux jeunes à la prochaine session de la Conférence régionale africaine sur les femmes et aux autres réunions pertinentes.

7. Demandons en outre d'inclure le point "la place, le rôle et la contribution des jeunes" à l'ordre du jour de la septième Conférence régionale africaine sur les femmes, du comité préparatoire de Beijing+5 et de la session extraordinaire sur l'examen du Programme d'action de Beijing.

8. Saluons toute autre recommandation de nature à favoriser la promotion des jeunes dans la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing.

Fait à Addis-Abeba,
le 25 novembre 1999

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8. MOTION DES ILES DE L'OCEAN INDIEN

Adressée à l'Assemblée plénière de la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes à Addis-Abeba :

Par souci d'une plus grande efficacité dans les actions et les résultats en vue de l'accélération impérative de la mise en œuvre :

Du Programme d'action de Beijing

Des recommandations de la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes dans les différentes sous-régions de l'Afrique

Les îles de l'Océan Indien signataires de la présente motion, à savoir :

· Les Comores,
· L'Ile Maurice
· Les Seychelles et
· Madagascar

Demandent qu'elles soient :

1. ou bien regroupées ensemble dans un groupement sous régional spécifique (les Iles de l'océan Indien) au lieu d'être éparpillées dans deux groupements sous-régionaux, à savoir :

Les Comores et les Seychelles en Afrique de l'Est
L'Ile Maurice et Madagascar en Afrique australe

2. ou bien regroupées ensemble dans l'un des regroupements sus-mentionnés


Addis-Abeba le 26 novembre 1999

Les Chefs de délégation :

COMORES : Le Ministre de l'éducation
ILE MAURICE : L'Ambassadeur de Maurice accrédité en Ethiopie
MADAGASCAR : Le Ministre de la Population, de la Condition Féminine et de l'Enfance
SEYCHELLES : La représentante du Ministre des Affaires Sociales

 

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9. MESSAGE SPÉCIAL DE LA DÉLEGATION DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
DU CONGO (RDC) SUR LA PAIX


Et à travers nos déclarations, il me semble que nous avons également tous compris, que les conflits armés constituent l'une des principales causes de cet enlisement dans l'appauvrissement et le sous-développement continu de notre continent ; et que ce sont les femmes et les enfants qui en sont les plus grandes victimes.

A Zanzibar, la Conférence sur la culture de la paix et la non violence qui s'est tenue en mai dernier avait recommandé aux participants de fixer des mécanismes opérationnels adéquats pour permettre aux femmes africaines et aux organisations féminines de renforcer leur rôle dans la construction d'une culture de paix en Afrique.

Le 7 novembre dernier, à Alger, toutes les femmes ont réaffirmé leur engagement dans la lutte pour l'instauration de la paix sur le continent.

Cet engagement s'est traduit dans le refus de continuer à faire des discours qui sont d'ailleurs déjà très nombreux sur la paix.

Et c'est ainsi que nous avions proposé, entre autre action, que toutes les femmes de l'Afrique, se fixent un jour au cours duquel elles vont manifester, à la face du monde, leur refus des guerres, par un signe à convenir à l'occasion de cette Conférence.

Et en ce qui concerne la guerre que connaït notre pays, la République Démocratique du Congo, nous avions invité nos soeurs du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda à se joindre à notre démarche pour que notre dynamique de la recherche de la paix devienne une réalité.

C'est pourquoi, la délégation de la République Démocratique du Congo profite de l'opportunité lui offerte par ces assises pour interpeller Madame Kazibwe, Vice-Présidente de l'Ouganda, en sa qualité de femme, de mère et de Présidente du Comité des femmes africaines pour la paix et le développement, afin qu'elle puisse concrétiser son engagement pris au Forum spécial sur la Paix, en maintenant allumé le Flambeau de la Paix de la VI ème Conférence régionale africaine sur les Femmes, tenue à Addis Abéba, du 22 au 26 novembre 1999.

En clair, les femmes de la RDC lui demandent :

· De conduire personnellement une mission de paix en faveur de la RDC.

· De peser de tout son poids sur le Gouvernement de son pays pour le retrait immédiat et sans condition, des troupes armées ougandaises du territoire national de la RDC, occupé depuis bientôt quinze mois.

Nous sollicitons également l'implication des autres femmes africaines pour la défense de la cause des femmes et des enfants de notre sous-région de l'Afrique Centrale, tant oubliés par la communauté internationale.

Nous pensons, pour notre part, Madame la Présidente, que c'est de cette manière, que la solidarité entre les femmes africaines deviendra réellement effective.

Nous vous remercions

 

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10. DECLARATION DES ORGANISATIONS SYNDICALES REGIONALES AFRICAINES

Nous, les Organisations syndicales régionales africaines ORAF/CISL, OUSA et le Secrétariat professionnel ISP réunis à Addis Abéba à la 6ème Conférence Régionale Africaine des femmes du 22 au 26 novembre 1999, voulons en tant que syndicalistes donner notre position sur la recommandation générale No.2 qui est axée sur :

a) La santé de la femme et de l'enfant
b) L'éducation, la formation et l'information

Le syndicat répond au voeu de solidarité internationale entre travailleurs et travailleuses. Elle cherche à établir la justice sociale dans le monde entier et surtout en Afrique en particulier. Elle prépare et dirige des campagnes sur des questions telles que : le respect des droits syndicaux et des droits des travailleuses (violence - harcellement sexuel), le Sida, la formation et l'Information et l'Education par des séminaires, conférences et ateliers de CE.

Pour toutes ces raisons nous demandons à la sixième Conférence de prendre en compte les préoccupations ci-dessous :

a) Santé

Au moment ou nous nous réunissons le constat fait sur le SIDA par rapport au corps enseignant à Abidjan confirme notre contribution fait lors de l'atelier du 7 au 24 novembre 1999 dans ce domaine.

i) Aux gouvernements

· Nous insistons sur la nécessité de ratifier la " Convention 103 " sur la maternité et de veiller à son application stricte, surtout dans les zones franches.

· Nous demandons de revoir en hausse les budgets votés pour la santé.

· De revoir le système de participation à la santé. La pauvreté s'étant installée en Afrique et surtout féminisée il serait illusoire d'espérer avoir une population féminine saine (enfants en plus)

ii) Aux gouvernements et aux syndicats

· De veiller à l'application des conventions ratifiées, à la mise en place des comités d'hygiène, de santé et de sécurité dans les entreprises, à la sécurisation des travailleurs de santé contre d'éventuelles contaminations du SIDA (manque de temps et à l'accès des médicaments contre le VIH pour les travailleuses).

· De tout mettre en oeuvre pour l'autonomie et le renforcement des caisses de sécurité sociale en Afrique pour une meilleure prise en charge des travailleurs et travailleuses.

b) L'éducation, la formation et l'information

Les programmes d'ajustement et la mondialisation de l'économie ne sont pas pour améliorer ce domaine de l'éducation et de la formation.

Il est souhaitable que tous les programmes nationaux se discutent et s'exécutent en rapport avec les professionnels de l'éducation et de leurs représentants.

A l'Organisation internationale du Travail

Nous demandons de tout coordonner avec la CEA et le BIT pour nous permettre d'assister à tous les forums en tant que syndicat.

D'aider les syndicats à mieux se former par rapport aux nouveaux outils sur la technologie de l'information.

Pour conclure, nous félicitons la CEA et toutes les organisations de femmes présentes à cette conférence.

 

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11. DECLARATION DES FEMMES RURALES DELEGUEES AFRICAINES A LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES

Nous, femmes rurales déléguées africaines,

Réunies en marge des travaux de la sixième Conférence africaine sur les femmes qui s'est tenue du 22 au 26 novembre 1999 à Addis Abeba.

Apprécions positivement la présence des femmes rurales à ces assises.

Considérant que plus de la moitié de la population rurale africaine active est constituée de femmes;

Considérant qu'elles assurent 60 à 80% de la production vivrière;

Considérant qu'elles consacrent 12 à 19 heures par jour pour les tâches domestiques et champêtres sans rémunérations, assistant les enfants et les personnes âgées (activités de production, reproduction et communautaires);

Vu l'importance des rôles économiques sociaux et culturels des femmes rurales africaines, agents incontournables de développement.

Annonçons la création du réseau FRA (Femmes Rurales Africaines) ce vendredi 26 novembre 1999 à Addis Abeba avec les pays suivants:

· L'Algérie
· La Côte d'Ivoire
· Le Mali
· Le Maroc
· La Mauritanie
· Le Sénégal

Lançons un appel aux femmes rurales de tous les autres pays africains à adhérer à ce réseau.

Recommandons qu'une attention particulière soit accordée aux besoins spécifiques des femmes rurales africaines par une approche intégrée (politique, programme et projet etc.…)

Recommandons une meilleure valorisation des produits des activités des femmes rurales par :

· L'accès à la formation et aux technologies appropriées
· L'accès aux facteurs de production (terres, crédits, équipements etc…)

Recommandons la création d'une banque de données pour l'établissement de la situation sur les femmes rurales africaines, la capitalisation des expériences et la promotion des échanges aux niveau national, régional et international

Invitons les gouvernements et les partenaires de développement à tout mettre en œuvre afin que la femme rurale puisse jouer pleinement son rôle et saisir toutes les opportunités offertes par la mondialisation

Lançons un appel à la BAD et à la CEA et à tous les partenaires financiers internationaux pour soutenir la création d'un Fonds d'Appui à la Femme Rurale.

Invitons toutes les femmes rurales africaines à participer au Sommet mondial des femmes rurales qui se tiendra à Dakar, Sénégal en novembre 2000 sous l'égide du Comité Directeur International (CDI) pour la promotion économique des Femmes Rurales;

Fait à Addis Abeba le 26 novembre 1999.


Le Réseau FRA est constitué comme suit :

Présidente: N'Dèye Sarr Diop, Sénégal

Vice-Présidente: Lassel Djaouida, Algérie

Secrétaire générale: Ben Mahi Malika, Maroc

Secrétaire générale adjointe: Assienan Cho Juliette, Côte d'Ivoire

Trésorière: Fatma Khoubah, Mauritanie

Trésorière adjointe: Koné Sira Sissoko, Mali

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12. MESSAGE DES ORGANISATIONS FEMININES DE LA REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE DU CONGO

Madame la Présidente,

Nous avons l'honneur de venir auprès de votre haute autorité introduire notre motion d'interpellation dans notre souci de recherche d'une paix durable dans notre pays la République Démocratique du Congo et d'une manière générale dans la région des Grands Lacs.

En effet, le peuple congolais, comme beaucoup d'autres peuples dans le monde, aspire à la paix, au développement, à la coopération internationale et à la coexistence pacifique entre les nations. Ces idéaux sont contenus dans la Charte des Nations Unies et sont censés régler les relations entre tous les peuples des nations.

Ce droit n'est plus appliqué depuis le début de la guerre d'agression dont la République Démocratique du Congo fait l'objet de la part du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi.

Cette agression constitue une menace à l'intégrité et à la souveraineté nationale du Congo. Depuis le 2 août 1998, le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda ont violé l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo. Depuis lors, le conflit a pris des dimensions inquiétantes en ce sens que les zones de conflit se sont étendues à six provinces (Nord - Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Province Orientale, katanga, Equateur) et que tous les droits fondamentaux des populations et surtout des femmes et des enfants sont bafouées. Les agresseurs se livrent également à des actes de pillage des biens et des ressources du sol et du sous-sol, des ressources de la faune, à des viols de femmes et d'enfants, à des déportations de familles entières etc.…

Dans cette partie du pays, il prévaut une situation de quasi-colonisation. Les troupes étrangères rwandaises, burundaises et ougandaises dominent sur le territoire congolais, elles s'y affrontent des fois comme cela a été le cas récemment à Kisangani en provoquant morts d'hommes et destructions matérielles. Des autorités étrangères se permettent de créer de nouvelles provinces (Kibali - Ituri, Beni - Lubero) et d'organiser une administration publique à leur guise, elles suppriment la frontière entre Goma au Congo et Gisenyi au Rwanda. Elles installent les populations rwandaises et ougandaises sur le territoire congolais.

Du fait de la guerre d'occupation, les Congolais assistent impuissants à la destruction méchante de l'eco-système congolais, notamment les parcs nationaux de Virunga, de Kahuzi, de Garamba, d'Epulu ainsi que des forêts. Les richesses nationales telles que l'or, le cuivre, le diamant, le café, le cobalt et le bois sont systématiquement pillés. Une destruction accélérée de la voirie urbaine par la circulation des chars de guerre à Kisangani et les autres provinces occupées, est aussi constatée.

Une insécurité généralisée s'est installée dans la population civile, on note la présence massive des troupes armées et l'utilisation abusive des enfants dans les factions armées. En plus, des trente deux ans de règne d'une dictature atroce, ce même peuple victime de l'exploitation dictatoriale est à nouveau confronté à cette hécatombe.

Les associations des femmes congolaises participant à la sixième Conférence africaine sur les femmes, à Addis Abéba du 19 au 20 novembre 1999 vous expriment leurs préoccupation à savoir la nécessité :

1. du retrait sans condition des forces armées étrangères d'agression (armée rwandaise, burundaise et ougandaise)

2. du soutien total à l'accord de Lusaka

3. la mobilisation tous azimuts des africains pour le retour de la paix en République Démocratique du Congo

4. de la nécessité de déployer d'urgence les troupes de maintien de la paix des Nations Unies dans les pays

5. de la nécessité d'une assistance humanitaire en faveur de la population congolaise victime de la guerre

6. de la nécessité d'une mission d'enquête sur l'ampleur des crimes humanitaires commis

7. de la nécessité de convoquer une conférence régionale des femmes des pays impliqués dans le conflit et qui luttent en faveur d'une paix durable pour le continent africain.

Madame la Présidente,

Nous voulons relever, Mme la Présidente que lors de l'animation du forum pour la paix, la Présidente du Comité africain pour la Paix et le Développement et Vice Présidente de la République de l'Ouganda, a démontré avec force que la moitié du continent est perturbée par les guerres qui entraînent d'une part la famine, l'insécurité, la maladie, les déséquilibrés familiaux, les violations immenses des droits humains, et d'autres part, la survie de l'Afrique et donc du Congo, notre pays, repose sur la survie de la femme.

Y aurait-il Mme la Présidente la politique de deux poids deux mesures ? Car Mme la Présidente, la présence de plusieurs factions armées sur notre territoire, appauvrit les femmes en pillant les produits du sol et du sous-sol, les militaires infectés du VIH/SIDA sont lancés aux trousses des femmes et des jeunes filles pour les violer et exterminer ainsi notre population, peut on imaginer, Mme la Présidente pire forme de crime humanitaire ?

Etant donné qu'elle a parlé avec autant de conviction, nous voulons, Mme la Présidente demander à la Présidente du Comité des Femmes Africaines pour la Paix et le Développement, de s'impliquer en tant que mère, femme et Vice Présidente de l'Ouganda qui est l'un des trois pays qui occupent la République Démocratique du Congo, notre pays dans la résolution des conflits dans la Région des Grands Lacs et principalement en République Démocratique du Congo.

Nous allons paraphraser la première dame du Nigeria qui, lors de son discours au forum pour la paix a dit que ceux qui font la guerre sont nos fils, nos maris, nos neveux … et pensons que Mme la Présidente du Comité pour la Paix et le Développement et Vice Présidente de l'Ouganda pourra user de son influence et de toutes les opportunités qui s'offrent à elle du fait de ses fonctions pour maintenir allumée la flamme du flambeau que nous avons allumée ensemble au forum pour la paix de la sixième Conférence régionale africaine sur la femme.

Veuillez agréer, Madame la Présidente, l'expression de notre profonde gratitude et de notre grand respect.

Pour les Femmes congolaises,

La délégation des organisations féminines de la République Démocratique du Congo


1. MUHIMUZI Elise
Comité National Femme et Développement
Fax: 00243-12-20252
E-mail: conafed@ic.cd
Telecel: 880121440

2. TAYAYE MUYALA
Réseau des ONG programme d'Appui aux Actions Féminines "P.A.A. F."
Avenue Mfumu Nsaka 26, quartier Gombele
Lemba - Fax: 00243-12-21604
B.P. 393 Kinshasa, Limete

3. TSITUKA Albertine
Eveil de la femme ASBL,
B.P. 5467 Kin Gombe
E-mail: eveildelafemme@hotmail.com
Fax: 00243-12-20165

4. BAPU Marie PROFER,
Av. Shabunda, 131
Kananga, Kasai occidental
B.P. 16363 KIN 1
Fax: 00243-12-20165
E-mail: marie_bapu@hotmail.com

5. MWIKA Berthe ANES
C/O CNONGD
Av. Shaba, 2
Kinshasa Gombe

6. NYEMBO FEZA
Association des journalistes de la presse féminine
"A.J.P.F" C/O CONAFED

7. BUKA Astrid
FOLECO

8. Germaine COPEMECO

 


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Annexe VI
. Activités parallèles
Annexe VII
. Préoccupation des femmes africaines dans le domaine de la paix

Document distributed by: The African Centre for Gender and Development [ACGD]
A Division of : The United Nations Economic Commission for Africa [UNECA]