RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES
SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING,
22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE
ANNEXE IV
DECLARATIONS/APPELS
ADOPTES PAR LA SIXIEME CONFERENCE
REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES
1. Déclaration des organisations non gouvernementales
2. Déclaration des femmes handicapées
3. Appel d'Alger
4. Déclaration des femmes parlementaires
africaines
5. Déclaration adressée au PNUD
par les délégués à la Conférence
6. Lettre ouverte des femmes des pays lusophones
d'Afrique
7. Déclaration de la délégation
des jeunes
8. Motion des Iles de l'océan Indien
9. Message spécial de la délegation
de la République démocratique du Congo (RDC) sur la
paix
10. Déclaration des Organisations Syndicales
Régionales Africaines
11. Déclaration des femmes rurales déleguées
africaines
12. Message des Organisations Féminines
de la République Démocratique du Congo
[sommaire
annexe IV]
[sommaire
du rapport]
1. DÉCLARATION DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES
Nous, les organisations non gouvernementales africaines réunies
à Addis-Abeba à l'occasion de la sixième Conférence
régionale africaine sur les femmes,
Considérant les progrès accomplis depuis la cinquième
Conférence régionale africaine sur les femmes, tenue à
Dakar en 1994,
Reconnaissant que le patriarcat institutionnalisé, les
inégalités structurelles, les préjugés et
la misogynie profondément enracinés ne cessent de se renforcer
dans toutes les sociétés africaines,
Notant avec une vive préoccupation qu'en dépit
des efforts déployés par la société civile,
les gouvernements et les autres acteurs, la situation des femmes continue
de se dégrader dans tous les secteurs du développement,
Déçues par le manque de volonté politique
de certains Etats africains d'honorer les engagements pris dans le Programme
d'action mondial et dans la Plate-forme d'action africaine,
Soulignant que certains facteurs externes et internes, en particulier
la mondialisation qui prône le marché compétitif
et la fin de l'Etat-providence, ont entravé la mise en oeuvre
des recommandations relatives aux douze domaines critiques et ont créé
les conditions de la marginalisation continue des femmes et des filles
dans les échanges locaux et mondiaux, amenuisant ainsi maints
efforts qu'elles ont fournis en vue de leur émancipation économique,
Convaincues que la participation des femmes comme partenaires
à part entière dans le processus de prise de décision
à tous les niveaux est indispensable à l'instauration
d'une paix durable, au développement et au respect des droits
de la femme,
Inquiètes de ce que la détérioration accélérée
de la situation du secteur social, en particulier dans les domaines
de la santé, de l'éducation, de l'emploi et de l'environnement,
continue d'avoir des effets négatifs sur les femmes, les filles
et les personnes handicapées,
Choquées par les manifestations croissantes de toutes
les formes de violence à l'égard des femmes dans les secteurs
privé et public,
Alarmées par le fait que la pandémie du VIH/SIDA
annihile jusqu'aux moindres acquis obtenus par les femmes et les filles
au cours de la décennie écoulée et détruise
le tissu social du continent africain,
Conscientes du nombre élevé de ratifications
des instruments internationaux qui, malheureusement, n'ont pas été
intégrés dans les législations internes afin de
les conformer aux normes d'universalité, d'inaliénabilité
et d'indivisibilité des droits de la femme,
Encouragées par le fait que quelques pays africains
ont reconnu le dynamisme des femmes et ont fait des efforts pour intégrer
les femmes dans la sphère politique,
Notant que l'absence d'un environnement propice constitue un
obstacle majeur à l'accession des femmes aux postes de responsabilité
et empêche les Etats africains de bénéficier de
l'impulsion potentiellement transformatrice de femmes africaines à
des postes de responsabilité,
Reconnaissant que les objectifs d'égalité, de
développement et de paix, fixés il y a vingt cinq ans,
ne sont toujours pas atteints à l'aube du nouveau millénaire,
Exigeons, par conséquent :
a) Que tous les gouvernements démontrent leur intégrité
en respectant les normes et les engagements régionaux et internationaux,
à travers l'harmonisation et la "naturalisation"
de la législation interne et de la constitution, conformément
à toutes ces obligations ;
b) Que les gouvernements instituent des mesures juridiques et constitutionnelles
relatives à la participation, qui proscrivent et éliminent
toutes les formes d'oppression patriarcale et de discrimination à
l'égard des femmes ;
c) Que les gouvernements reconnaissent la contribution exceptionnelle
de femmes africaines dans leurs pays et leur force politique dans
la mise en place de nos gouvernements, en énonçant l'engagement
politique nécessaire à l'émancipation de la femme
;
d) Qu'un moratoire soit fixé pour l'application des traités
mondiaux qui ont appauvri les femmes et que soit instauré un
respect qui garantisse la participation égale et en toute connaissance
de cause des femmes et la prise en compte des femmes dans l'application
de ces traités ;
e) Que les pays créanciers et les pays débiteurs partagent
la responsabilité morale des politiques malheureuses qui ont
abouti à la détérioration du secteur social et
à l'appauvrissement des femmes ;
f) Que l'allégement de la dette soit traité comme
un instrument de lutte contre la pauvreté visant à instaurer
la justice sociale et l'égalité entre les sexes, en
apportant une réponse multisectorielle particulière
à la pandémie du VIH/SIDA ;
g) Que les gouvernements africains reconnaissent la Déclaration
de Zanzibar pour une culture de la paix et en appliquent les recommandations.
Nous appelons tous les gouvernements et les partenaires de développement
à honorer les engagements qu'ils ont pris et à renforcer
leur collaboration avec les organisations non gouvernementales locales,
nationales, régionales et internationales de femmes africaines,
afin de promouvoir un programme de développement transformateur
pour l'Afrique.
[sommaire
annexe
IV ]
[sommaire
du rapport]
2. DECLARATION DES FEMMES HANDICAPEES
Nous, déléguées des femmes handicapées à
la sixième Conférence régionale africaine sur les
femmes tenue du 22 au 26 novembre 1999 à Addis-Abeba,
Ayant observé que :
L'enchaînement de ces réunions vise à aborder
les besoins de développement des personnes marginalisées,
à savoir notamment les femmes, les jeunes, les personnes handicapées
et les femmes handicapées en particulier,
Et ayant constaté que :
Les femmes handicapées restent marginalisées dans cette
catégorie de personnes marginalisées,
Et sont particulièrement exclues de l'élaboration et,
dans une large mesure, de la mise en oeuvre des recommandations du Programme
d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action de Dakar, dans la
plupart des pays africains,
Egalement préoccupées par :
La représentation insuffisante des femmes handicapées
à la sixième Conférence régionale africaine
sur les femmes,
Le fait que certains gouvernements n'aient pas ratifié la Convention
pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes et que même ceux qui l'ont ratifiée
n'aient toujours pas suffisamment abordé les préoccupations
des femmes handicapées,
Le fait que certains gouvernements n'aient pas ratifié les
Règles des Nations Unies pour l'égalisation des chances
pour les handicapés et,
Partant, qu'il n'existe aucune politique, législation ou forme
de représentation des femmes et des filles handicapées
aux niveaux de décision et que celles-ci ne sont donc pas bien
ciblées par les programmes de développement,
Conscientes que :
Rien ne peut être fait pour nous sans notre participation,
Et considérant que :
Les femmes et les filles handicapées ont un rôle central
à jouer dans l'élaboration, la mise en oeuvre, le suivi,
l'évaluation et l'examen de la Plate-forme d'action de Dakar
et du Programme d'action de Beijing.
Recommandons par conséquent, ce qui suit, pour chaque domaine
:
Pauvreté et émancipation économique des femmes
:
Les femmes handicapées devraient participer activement et
par leurs conseils à la formulation des politiques économiques
et à la mise en oeuvre des programmes d'émancipation
économique, afin que toutes les préoccupations qui touchent
aux femmes handicapées soient abordées.
Education, formation et accès à la science et à
la technologie :
Tous les gouvernements devraient se pencher de toute urgence sur
les politiques, les législations et les ressources tant humaines
que financières requises pour que l'éducation et la
formation portent sur toutes les disciplines, sur la technologie ainsi
que sur les compétences des filles et des femmes handicapées.
Tous les gouvernements africains devraient mettre en place des instituts
d'éducation spéciale qui seront particulièrement
chargés des besoins des personnes handicapées dans les
domaines de l'éducation, de la technologie et de la formation,
en particulier du langage par signes pour les malentendantes et du
braille pour les femmes mal-voyantes.
Culture, famille et socialisation :
Les gouvernements africains, les organisations non gouvernementales,
le Centre africain pour la femme de la Commission économique
pour l'Afrique, le système des Nations Unies et les partenaires
de développement devraient appuyer les programmes de sensibilisation
au sort des femmes et des filles handicapées.
Droits au regard de la loi et droits fondamentaux :
Le système des Nations Unies, les gouvernements et les organisations
non gouvernementales devraient intégrer les questions des droits
fondamentaux des femmes et des filles handicapées dans leurs
politiques, plans et programmes.
Les organisations de femmes handicapées qui mènent
des activités de sensibilisation aux droits fondamentaux, devraient
être soutenues.
Données désagrégées par sexe :
Les gouvernements doivent associer les personnes handicapées,
en particulier les femmes handicapées, à la conception
et à l'exécution des opérations de recensement.
Il faudrait, en même temps, que les données soient correctement
désagrégées par sexe.
Emancipation politique des femmes :
Les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les
partenaires devraient chercher à renforcer les capacités
des femmes handicapées engagées dans la politique et
celles des organisations de femmes handicapées qui militent
pour la promotion des femmes handicapées.
Ils devraient aussi prendre des mesures pour que les femmes handicapées
soient représentées au sein des organes législatifs
et à tous les niveaux et que cette disposition s'appuie sur
la loi.
Santé, reproduction, planification familiale et population
:
Un appui financier et humain devrait être fourni aux organisations
de femmes handicapées qui oeuvrent pour l'éducation
et la sensibilisation dans le domaine de la santé en matière
de reproduction et dans celui des droits des femmes handicapées.
Les besoins en matière de santé des femmes handicapées
devraient être pris en compte dans la politique générale
de développement.
Femmes et paix :
Les femmes handicapées devraient être associées
aux programmes relatifs à la paix.
Femmes et environnement :
Les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les
organismes de développement doivent collaborer avec les organisations
de femmes handicapées afin de répondre efficacement
aux préoccupations et aux besoins des femmes handicapées.
Mécanismes institutionnels :
Les organisations de femmes handicapées devraient bénéficier
d'un appui pour renforcer leur capacité de mettre en oeuvre
des programmes visant à améliorer les conditions de
vie des femmes et des filles handicapées.
Les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les
partenaires de développement devraient aider les femmes handicapées
à s'organiser officiellement à tous les niveaux afin
de pouvoir jouir d'un statut consultatif.
Femmes, communication, information et arts :
Le personnel des médias devrait être éduqué
et formé aux questions concernant les femmes handicapées.
La petite fille :
L'éducation des parents, des soignants, des communautés
et des décideurs, en matière de droits des filles handicapées
devrait être intensifiée.
Les préoccupations et besoins de la petite fille handicapée
devraient être pris en compte dans les programmes destinés
aux communautés.
Les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les
partenaires de développement devraient affecter des ressources
destinées spécialement à la petite fille handicapée.
Recommandation générale :
Tous les gouvernements africains devraient appuyer la Déclaration
de la décennie africaine des personnes handicapées,
adoptée par l'OUA, qui couvre la période allant de 2000
à 2009, en montrant ainsi l'accent mis sur le sort des femmes
handicapées, qui souffrent doublement du fait qu'elles sont
femmes d'abord et, ensuite, qu'elles sont handicapées.
Qu'il soit demandé au Centre africain pour la femme d'inclure
"la promotion des femmes handicapées" dans la mise
en oeuvre du Programme d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action
de Dakar.
[sommaire
annexe
IV ]
[sommaire
du rapport]
3. APPEL D'ALGER
Suite aux délibérations de l'Organisation panafricaine
des femmes et du Forum de la paix, tenues les 6 et 7 novembre 1999 à
Alger sous le haut patronage de Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika,
Président de la République algérienne démocratique
et populaire et Président en exercice de l'Organisation de l'unité
africaine (OUA).
Nous les participants à ces deux rencontres avons décidé
de lancer, unanimement, depuis Alger, un appel à la promotion
de la culture, de la paix et de la tolérance, afin de sensibiliser
l'ensemble de la communauté internationale pour qu'elle fasse
preuve d'une plus grande solidarité avec le continent.
En dépit des efforts louables déployés par les
pays africains eux-mêmes, le continent est toujours aux prises
avec de nombreuses difficultés qui l'empêchent de se consacrer
résolument au développement économique et social,
seule garantie d'une paix durable, et de répondre aux aspirations
légitimes de paix, de progrès et de prospérité
des populations.
Réitérant la détermination des femmes africaines
à jouer pleinement le rôle qui leur revient de droit dans
la société et à contribuer au développement
économique, social et culturel du continent, les participants
ont d'abord salué les décisions importantes qui ont été
prises lors de la trente-cinquième Conférence des chefs
d'Etat et de gouvernement de l'Organisation de l'unité africaine,
tenue du 12 au 14 juillet 1999 à Alger.
Ces décisions soulignent tant l'engagement des dirigeants africains
à oeuvrer dans un esprit de collaboration pour édifier
une Afrique unie, forte et prospère que leur désir de
ne ménager aucun effort pour que l'Afrique devienne une terre
de paix, de démocratie, de sécurité et de concorde
et soit ouverte au monde extérieur. La décision qui a
été adoptée à ce Sommet, faisant de l'an
2000 l'année de la paix en l'Afrique, est instructive à
cet égard.
En conséquence, la Déclaration d'Alger, adoptée
à la fin de la trente-cinquième Conférence de l'Organisation
de l'unité africaine est une source d'inspiration et un exemple
d'action commune permettant à l'Afrique de relever les nombreux
défis qui se présentent à elle à l'aube
du prochain millénaire et d'occuper la place qui lui revient
de droit sur la scène internationale.
Par conséquent, nous, délégués à
la Conférence de l'Organisation panafricaine des femmes et au
Comité des femmes africaines pour la paix et la tolérance
en Afrique, réunies à Alger :
Convaincus qu'en tant que citoyennes, les femmes africaines
ont un rôle central à jouer dans la promotion de la culture
et de la tolérance en Afrique,
Conscients que sans le rétablissement d'une paix juste
et durable, tout effort de développement serait vain et voué
à l'échec,
Déplorons la persistance des conflits en Afrique,
qui ternissent l'image d'un continent héritier d'une culture
ancestrale de tolérance, de convivialité et de concorde
et causent un drame profond entre hommes et femmes dans toutes les
communautés, les femmes et les enfants en étant les
principales victimes. Ces conflits sont à l'origine de l'exode
de millions de personnes qui ne bénéficient d'aucune
forme d'assistance, sans parler du fait que l'Afrique détient
le triste record mondial du plus grand nombre de réfugiés
et de personnes déplacées,
Recommandons que soit reconnue la nécessité
de respecter sans réserve la validité du principe d'inviolabilité
des frontières héritées à l'indépendance
et du droit à l'autodétermination de tous les peuples,
Exhortons toutes les parties concernées par les nombreux
conflits qui sévissent encore sur le continent à faire
preuve de sens des responsabilités et de retenue et à
résoudre leurs différends par des voies pacifiques,
conformément à la Charte de l'Organisation de l'unité
africaine,
Rappelons la responsabilité première du Conseil
de sécurité des Nations Unies dans le maintien et la
préservation de la paix et de la sécurité dans
le monde,
Encourageons en particulier les efforts actuels de Son Excellence
M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République
algérienne démocratique et populaire et Président
en exercice de l'Organisation de l'unité africaine, en particulier
en vue d'un règlement juste et durable des nombreux conflits
qui sévissent sur le continent,
Considérons que le Mécanisme de l'Organisation
de l'unité africaine pour la prévention, la gestion
et le règlement des conflits est un moyen adapté qu'il
faudrait renforcer afin de l'ériger en instrument efficace
de la paix en Afrique, à travers lequel pourraient être
coordonnés les efforts déployés par les pays
africains pour trouver des solutions immédiates aux situations
critiques qui peuvent survenir de temps à autre sur le continent,
Condamnons énergiquement le recrutement des enfants
dans les groupes armés, et nous engageons à soutenir
la campagne lancée par le Mouvement panafricain de la jeunesse
pour éradiquer cette pratique,
Lançons par conséquent un appel aux gouvernements
pour qu'ils renforcent la législation nationale relative à
la protection de l'enfant, afin de se protéger contre cette
pratique condamnable et garantir les droits fondamentaux de l'enfant,
Recommandons que l'éducation civique, englobant l'enseignement
de la culture de la paix, fasse partie des programmes nationaux d'éducation
afin que soient inculqués aux enfants les principes de tolérance
et de respect de l'autre,
Recommandons également que les programmes de la Décennie
de l'éducation lancée par l'Organisation de l'unité
africaine en 1997, en collaboration avec l'Organisation des Nations
Unies pour l'éducation, la science et la culture, mettent davantage
l'accent sur l'enseignement de la culture de la paix,
Saluons le combat des femmes africaines qui, après
avoir contribué héroïquement à la lutte
de libération, continuent de payer chèrement pour que
les idéaux de paix et de concorde ne soient pas de simples
slogans mais une réalité palpable aujourd'hui,
Appelons à l'élimination de toutes les formes
de discrimination à l'égard des femmes et à leur
participation à la vie politique, économique et sociale
de leurs pays respectifs, et à leur représentation,
sur le même pied d'égalité que les hommes, aux
organes de décision, afin qu'elles puissent mettre leur savoir
et leur expérience au service de la paix et du développement,
conformément à la Convention sur l'élimination
de toutes les formes de discrimination à l'égard des
femmes et conformément aux recommandations des conférences
africaines et mondiales sur les femmes,
Exhortons les gouvernements africains à renforcer
la législation nationale en matière de protection et
de promotion des droits de la femme et à appliquer les décisions
prises à cet égard aux niveaux continental et mondial,
Encourageons la mise en oeuvre accélérée
du Traité d'Abuja instituant la Communauté économique
africaine, car nous sommes convaincus que l'Afrique doit d'abord compter
sur ses propres forces et son propre potentiel si elle entend s'imposer
en tant que partenaire crédible dans le cadre de l'économie
mondiale,
Appelons à l'instauration d'un monde plus juste et
plus humain s'agissant de la souveraineté des Etats et du principe
de réciprocité et à un partage plus équitable
des ressources mondiales et à leur utilisation plus rationnelle
au profit de tous,
Demandons en outre la réduction des dépenses
militaires et la réallocation des économies ainsi réalisées
à des projets socio-économiques qui peuvent améliorer
les conditions de vie des populations,
Condamnons sans réserve aucune les manifestations
de terrorisme, lequel constitue aujourd'hui une menace grave pour
la paix et la sécurité internationales et nécessite
par conséquent la mobilisation de la communauté internationale,
Saluons l'adoption de la Convention africaine sur la prévention
et le contrôle du terrorisme et appelons à la conclusion
rapide d'une convention internationale sur la lutte contre ce fléau,
Invitons les organisations et les associations africaines
de femmes à unir leurs efforts et à coordonner leurs
activités afin d'être plus efficaces et de mieux aborder
les nombreux problèmes auxquels l'Afrique est en butte,
Rendons hommage à l'Organisation de l'unité
africaine pour le travail qu'elle accomplit au quotidien afin de donner
une bonne image de l'Afrique et défendre ses intérêts,
Appelons également à la mobilisation de toutes
les forces vives afin qu'elles contribuent à la résolution
pacifique des conflits et à la promotion d'une culture de la
paix,
Décidons de soumettre cet appel du peuple, lancé
à Alger, à la sixième Conférence régionale
africaine sur les femmes comme document de travail de la rencontre
organisée du 22 au 26 novembre 1999 à Addis-Abeba.
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annexe
IV ]
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du rapport]
4. DECLARATION DES FEMMES PARLEMENTAIRES AFRICAINES
1. Les femmes parlementaires africaines se sont réunies lors
de la conférence que la CEA a organisée aux Seychelles
en février 1999.
2. A cette rencontre est née l'idée de créer
un Forum des femmes parlementaires africaines, dont les objectifs sont
les suivants :
· Renforcer la voix des femmes parlementaires africaines ;
· Regrouper les efforts et les ressources des femmes parlementaires;
· Participer activement à l'évaluation de la
Plate-forme d'action de Dakar et du Programme d'action de Beijing
;
· Formuler, amender et codifier les propositions de lois appropriées
afin qu'elles contribuent au bien-être des femmes et l'améliorent.
3. A la sixième Conférence régionale africaine
sur les femmes, les femmes parlementaires africaines se sont réunies
le 24 novembre 1999 et ont approuvé avec beaucoup d'enthousiasme
l'idée de créer le Forum des femmes parlementaires africaines.
4. Par conséquent, nous nous réjouissons à l'idée
d'y adhérer et de travailler ensemble en tant que femmes africaines.
Nous croyons que les femmes parlementaires ont un rôle crucial
à jouer.
5. Nous vous remercions.
[sommaire
annexe
IV ]
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du rapport]
5. DÉCLARATION ADRESSÉE AU PROGRAMME DES NATIONS UNIES
POUR LE DÉVELOPPEMENT PAR LES DÉLÉGUÉS À
LA SIXIÈME CONFÉRENCE RÉGIONALE AFRICAINE SUR LES
FEMMES
Nous, délégués réunis à Addis-Abeba
à la sixième Conférence régionale africaine
sur les femmes, tenue du 22 au 26 novembre 1999 pour examiner la mise
en oeuvre du Programme d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action
de Dakar et pour élaborer les stratégies de Beijing+5,
reconnaissons et admettons que l'éradication de la pauvreté
est au coeur du développement de l'Afrique. Nous avons appris
avec inquiétude que le Programme des Nations Unies pour le développement
s'est engagé dans un programme de restructuration de sa mission
et, partant, de son orientation. Par la présente, nous exprimons
nos vives préoccupations quant aux changements institués
actuellement au Programme des Nations Unies pour le développement.
Nous croyons que l'accent mis sur la lutte contre la pauvreté
devrait être maintenu comme priorité absolue. Il s'agit
là d'une question intersectorielle qui touche à tous les
aspects de l'existence des populations en Afrique - des femmes et des
filles en particulier. Accorder la priorité à la lutte
contre la pauvreté aurait un impact positif sur la santé,
l'éducation, les droits fondamentaux et tous les autres domaines
qui participent du bien-être du continent. Par ailleurs, ces domaines
critiques ont été approuvés par les gouvernements
et les organismes multilatéraux lors de la quatrième Conférence
mondiale sur les femmes. La Conférence d'Addis-Abeba a validé
ces domaines critiques et les a examinés de manière exhaustive
au cours des 12 ateliers thématiques qu'elle comportait.
Le Programme des Nations Unies pour le développement a montré
par le passé un engagement exemplaire en faveur de la promotion
d'un développement à visage humain. Pour ce faire, il
a engagé un débat de fond qui a abouti à une définition
nouvelle du paradigme du développement, en ce qui concerne l'Afrique.
De plus, il joue un rôle de premier plan au sein des institutions
multilatérales puisqu'il approuve et institutionnalise la prise
en compte des questions relatives aux femmes dans l'ensemble des politiques
et des programmes qu'il applique dans la région africaine.
Nous sommes particulièrement préoccupés par les
deux conséquences immédiates de ce changement : l'affaiblissement
du statut du Bureau régional pour l'Afrique et la dévalorisation
de l'organe du Programme des Nations Unies pour le développement
chargé des questions relatives aux femmes et des moyens d'intégration
de ces questions. S'il venait à voir le jour, ce changement risquerait
de miner l'aptitude du Programme des Nations Unies pour le développement
à résoudre efficacement les préoccupations fondamentales
de l'Afrique. En effet, il compromettrait ses aptitudes institutionnelles
à concevoir, formuler et concrétiser des politiques et
des programmes destinés à la région.
L'idée de ne plus axer la mission du Programme des Nations
Unies pour le développement sur la lutte contre la pauvreté
et le développement humain a été émise et
ultérieurement confirmée par le contenu du discours que
l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement,
Mark Malloch Brown, a prononcé à Harvard le 30 septembre
1999.
Il convient de noter que les gouvernements ont pris des engagements
et effectué des investissements dans le domaine des programmes
de lutte contre la pauvreté. De nombreux pays ont élaboré
des plans de développement à un horizon de 25 ans autour
de cette question sous les auspices et sur les conseils du Programme
des Nations Unies pour le développement. Partout en Afrique,
le mouvement des femmes a relevé le défi et s'est fortement
impliqué dans les activités visant à éradiquer
la pauvreté. La réorientation imminente de la mission
du Programme des Nations Unies pour le développement fait potentiellement
échouer leurs initiatives et la mise en oeuvre d'efforts nationaux
vitaux.
Nous recommandons en conséquence que cette réorientation
soit revue et débattue de toute urgence pour donner aux gouvernements
africains, et aux femmes en particulier, la possibilité de poursuivre
les programmes déjà lancés en partenariat avec
le Programme des Nations Unies pour le développement.
Personne ne sait vraiment comment l'accent mis sur la gouvernance
entraînera l'amélioration des conditions de vie des ménages
et aura un impact sur les femmes, qui demeurent les plus pauvres des
pauvres. Aussi, nous faudrait-il, sur la gouvernance, de plus amples
éclaircissements et une définition opérationnelle
montrant qu'elle ne freine pas les efforts que nous déployons
pour éradiquer la pauvreté, principale entrave à
la promotion de la femme africaine.
Nous exhortons également le Programme des Nations Unies pour
le développement à entamer un dialogue avec les gouvernements
et la société civile sur cette réorientation en
faveur de la gouvernance au détriment de la lutte contre la pauvreté.
L'esprit de partenariat qui existe entre les gouvernements africains,
les mouvements de femmes et les autres secteurs de la société
civile en sera renforcé.
Nous sommes par ailleurs préoccupés par les implications
de la restructuration pour l'équilibre entre hommes et femmes
et la représentation des femmes aux plus hauts niveaux de la
prise de décisions au sein du système des Nations Unies.
Nous tenons à faire observer que les postes de haut rang qu'occupent
des femmes africaines dans les organismes des Nations Unies semblent
particulièrement exposés en cas de restructuration et
de réorientation. Nous avons appris, dans le cadre de cette rencontre,
que le poste du chef titulaire du Bureau régional pour l'Afrique
a été supprimé. Nous avons également appris
récemment qu'une femme cadre supérieur au Fonds des Nations
Unies pour la population a dû quitter son poste.
Par ces actions, le Programme des Nations Unies pour le développement
:
· réduit la visibilité de l'Afrique dans ses
prises de décision et ses opérations;
· limite la capacité de l'Organisation des Nations
Unies, en général, et du Programme des Nations Unies
pour le développement, en particulier, à exprimer les
préoccupations de l'Afrique ;
· dévalorise le rôle de premier plan des femmes
africaines qui occupent des postes clés au sein des organismes
de l'ONU ;
· compromet l'objectif déclaré de l'ONU de réaliser
d'ici à l'an 2000 la parité entre hommes et femmes au
sein du système des Nations Unies ;
· n'encourage ni les gouvernements, ni les institutions, ni
les femmes à proposer des candidates de premier plan comme
modèles de femmes dans la prise de décision au sein
des Nations Unies ;
· transmet le message selon lequel le Bureau des Nations Unies
pour le développement accorde une faible priorité à
la recherche du consensus sur les thèmes essentiels de prise
en compte des questions relatives aux femmes et d'équilibre
entre hommes et femmes au sein des organismes ;
· amène les femmes africaines à penser qu'il
existe toujours un "plafond de verre" aux Nations Unies.
Dans l'esprit de partenariat que l'Afrique a partagé avec le
Programme des Nations Unies pour le développement, nous demandons
que des décisions aussi importantes soient prises en consultation
avec de nombreux partenaires en Afrique, notamment les gouvernements,
les organes intergouvernementaux régionaux et sous-régionaux
ainsi que les organisations de la société civile qui militent
pour l'égalité entre hommes et femmes et pour l'émancipation
économique de la femme.
Nous nous réjouissons d'avance de tenir d'autres discussions
avec le Programme des Nations Unies pour le développement sur
les questions soulevées ci-dessus.
Addis-Abeba (Ethiopie)
26 novembre 1999
[sommaire
annexe
IV]
[sommaire
du rapport]
6. LETTRE OUVERTE DES FEMMES DES PAYS LUSOPHONES D'AFRIQUE
Nous, femmes des pays lusophones d'Afrique, participant à la
sixième Conférence régionale africaine sur les
femmes, tenue à Addis-Abeba (Ethiopie), du 22 au 26 novembre
1999 ;
Compte tenu du fait que nous représentons un groupe
linguistique et de population vaste et très important sur le
continent ;
Préoccupées par la discrimination et la marginalisation
grossières et systématiques à laquelle les pays
africains ayant pour langue officielle le portugais sont soumis pendant
les conférences régionales, sous-régionales, internationales
et mondiales ; cette marginalisation et cette discrimination se manifestant
par l'abstraction du portugais s'agissant de services comme l'interprétation,
la traduction des documents, etc., au cours de ces rencontres;
Préoccupées par les restrictions qui nous sont
imposées, du fait que nous ne pouvons transmettre de message
dans la langue officielle de nos pays respectifs ;
Conscientes du rôle que nous jouons en tant que femmes
dans nos pays respectifs et sur le continent ;
Déterminées à participer effectivement aux discussions
et à partager nos expériences dans les rencontres ci-dessus
mentionnées, nous exigeons :
1. Que le portugais soit reconnu comme langue officielle des conférences
organisées aux niveaux régional, sous-régional,
international et mondial ;
2. Que des services d'interprétation soient fournis en portugais
;
3. Que les documents de ces conférences soient traduits en
portugais pour distribution ;
4. Que les organisations concernées et les gouvernements des
pays lusophones s'efforcent de rechercher et de mettre en place, dans
les meilleurs délais possibles, des mécanismes efficaces
de mise en application de notre appel.
[sommaire
annexe
IV
]
[sommaire
du rapport]
7. DÉCLARATION DE LA DÉLÉGATION DES JEUNES
Nous, délégués des jeunes Africains,
Réunis à la sixième Conférence régionale
africaine sur les femmes, tenue du 22 au 26 novembre 1999 à Addis-Abeba,
Notons avec satisfaction l'inclusion de délégations
des jeunes par la Commission économique pour l'Afrique, les gouvernements,
les organisations non gouvernementales et les organisations internationales.
Profondément préoccupés par la représentation
et la participation insuffisantes des jeunes à la sixième
Conférence régionale africaine sur les femmes ;
Pleinement conscients de la situation difficile des jeunes
femmes et des filles dans nos pays ;
Préoccupés par l'exclusion des jeunes de la formulation,
de la mise en oeuvre et de l'évaluation de la Plate-forme de
Dakar et du Programme d'action de Beijing, alors qu'ils constituent
la majorité de la population africaine ;
Fermement convaincus que les jeunes et les organisations des
jeunes ont un rôle central à jouer dans la mutation concernant
les questions relatives aux femmes ;
Pleinement conscients du fait que les jeunes sont non seulement
les dirigeants de demain mais également les partenaires d'aujourd'hui
;
Fermement convaincus que l'avenir ne peut être planifié
sans la participation des jeunes ;
Pour ces motifs, nous :
1. Invitons la Commission économique pour l'Afrique à
travailler avec les jeunes et les organisations de jeunes sur un mode
participatif dans toutes les activités relatives à la
mise en oeuvre de la Plate-forme de Dakar et du Programme d'action
de Beijing ;
2. Invitons tous les gouvernements, toutes les organisations intergouvernementales,
toutes les organisations non gouvernementales, toutes les institutions
spécialisées et les autres parties prenantes à
travailler en partenariat avec les jeunes ;
3. Demandons aux gouvernements de tenir compte de la participation
et de la contribution des jeunes dans tous les domaines critiques
;
4. Exhortons les gouvernements qui ne l'ont pas fait à retenir
la "petite fille" comme domaine critique ;
5. Demandons à tous les gouvernements, à tous les donateurs
multilatéraux et à tous les autres de fournir le financement
de la mise en oeuvre de la Plate-forme de Dakar et du Programme d'action
de Beijing, par les jeunes.
6. Invitons le Centre africain pour la femme à soumettre un
rapport sur les jeunes et sur les activités relatives aux jeunes
à la prochaine session de la Conférence régionale
africaine sur les femmes et aux autres réunions pertinentes.
7. Demandons en outre d'inclure le point "la place, le rôle
et la contribution des jeunes" à l'ordre du jour de la
septième Conférence régionale africaine sur les
femmes, du comité préparatoire de Beijing+5 et de la
session extraordinaire sur l'examen du Programme d'action de Beijing.
8. Saluons toute autre recommandation de nature à favoriser
la promotion des jeunes dans la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action
de Dakar et du Programme d'action de Beijing.
Fait à Addis-Abeba,
le 25 novembre 1999
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annexe
IV
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du rapport]
8. MOTION DES ILES DE L'OCEAN INDIEN
Adressée à l'Assemblée plénière
de la sixième Conférence régionale africaine sur
les femmes à Addis-Abeba :
Par souci d'une plus grande efficacité dans les actions et les
résultats en vue de l'accélération impérative
de la mise en uvre :
Du Programme d'action de Beijing
Des recommandations de la sixième Conférence régionale
africaine sur les femmes dans les différentes sous-régions
de l'Afrique
Les îles de l'Océan Indien signataires de la présente
motion, à savoir :
· Les Comores,
· L'Ile Maurice
· Les Seychelles et
· Madagascar
Demandent qu'elles soient :
1. ou bien regroupées ensemble dans un groupement sous régional
spécifique (les Iles de l'océan Indien) au lieu d'être
éparpillées dans deux groupements sous-régionaux,
à savoir :
Les Comores et les Seychelles en Afrique de l'Est
L'Ile Maurice et Madagascar en Afrique australe
2. ou bien regroupées ensemble dans l'un des regroupements sus-mentionnés
Addis-Abeba le 26 novembre 1999
Les Chefs de délégation :
COMORES : Le Ministre de l'éducation
ILE MAURICE : L'Ambassadeur de Maurice accrédité en Ethiopie
MADAGASCAR : Le Ministre de la Population, de la Condition Féminine
et de l'Enfance
SEYCHELLES : La représentante du Ministre des Affaires Sociales
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annexe
IV
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du rapport]
9. MESSAGE SPÉCIAL DE LA DÉLEGATION DE LA RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE
DU CONGO (RDC) SUR LA PAIX
Et à travers nos déclarations, il me semble que nous avons
également tous compris, que les conflits armés constituent
l'une des principales causes de cet enlisement dans l'appauvrissement
et le sous-développement continu de notre continent ; et que
ce sont les femmes et les enfants qui en sont les plus grandes victimes.
A Zanzibar, la Conférence sur la culture de la paix et la non
violence qui s'est tenue en mai dernier avait recommandé aux
participants de fixer des mécanismes opérationnels adéquats
pour permettre aux femmes africaines et aux organisations féminines
de renforcer leur rôle dans la construction d'une culture de paix
en Afrique.
Le 7 novembre dernier, à Alger, toutes les femmes ont réaffirmé
leur engagement dans la lutte pour l'instauration de la paix sur le
continent.
Cet engagement s'est traduit dans le refus de continuer à faire
des discours qui sont d'ailleurs déjà très nombreux
sur la paix.
Et c'est ainsi que nous avions proposé, entre autre action,
que toutes les femmes de l'Afrique, se fixent un jour au cours duquel
elles vont manifester, à la face du monde, leur refus des guerres,
par un signe à convenir à l'occasion de cette Conférence.
Et en ce qui concerne la guerre que connaït notre pays, la République
Démocratique du Congo, nous avions invité nos soeurs du
Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda à se joindre à notre
démarche pour que notre dynamique de la recherche de la paix
devienne une réalité.
C'est pourquoi, la délégation de la République
Démocratique du Congo profite de l'opportunité lui offerte
par ces assises pour interpeller Madame Kazibwe, Vice-Présidente
de l'Ouganda, en sa qualité de femme, de mère et de Présidente
du Comité des femmes africaines pour la paix et le développement,
afin qu'elle puisse concrétiser son engagement pris au Forum
spécial sur la Paix, en maintenant allumé le Flambeau
de la Paix de la VI ème Conférence régionale africaine
sur les Femmes, tenue à Addis Abéba, du 22 au 26 novembre
1999.
En clair, les femmes de la RDC lui demandent :
· De conduire personnellement une mission de paix en faveur
de la RDC.
· De peser de tout son poids sur le Gouvernement de son pays
pour le retrait immédiat et sans condition, des troupes armées
ougandaises du territoire national de la RDC, occupé depuis
bientôt quinze mois.
Nous sollicitons également l'implication des autres femmes
africaines pour la défense de la cause des femmes et des enfants
de notre sous-région de l'Afrique Centrale, tant oubliés
par la communauté internationale.
Nous pensons, pour notre part, Madame la Présidente, que c'est
de cette manière, que la solidarité entre les femmes africaines
deviendra réellement effective.
Nous vous remercions
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annexe
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du rapport]
10. DECLARATION DES ORGANISATIONS SYNDICALES REGIONALES AFRICAINES
Nous, les Organisations syndicales régionales africaines ORAF/CISL,
OUSA et le Secrétariat professionnel ISP réunis à
Addis Abéba à la 6ème Conférence Régionale
Africaine des femmes du 22 au 26 novembre 1999, voulons en tant que
syndicalistes donner notre position sur la recommandation générale
No.2 qui est axée sur :
a) La santé de la femme et de l'enfant
b) L'éducation, la formation et l'information
Le syndicat répond au voeu de solidarité internationale
entre travailleurs et travailleuses. Elle cherche à établir
la justice sociale dans le monde entier et surtout en Afrique en particulier.
Elle prépare et dirige des campagnes sur des questions telles
que : le respect des droits syndicaux et des droits des travailleuses
(violence - harcellement sexuel), le Sida, la formation et l'Information
et l'Education par des séminaires, conférences et ateliers
de CE.
Pour toutes ces raisons nous demandons à la sixième
Conférence de prendre en compte les préoccupations ci-dessous
:
a) Santé
Au moment ou nous nous réunissons le constat fait sur le SIDA
par rapport au corps enseignant à Abidjan confirme notre contribution
fait lors de l'atelier du 7 au 24 novembre 1999 dans ce domaine.
i) Aux gouvernements
· Nous insistons sur la nécessité de ratifier
la " Convention 103 " sur la maternité et de veiller
à son application stricte, surtout dans les zones franches.
· Nous demandons de revoir en hausse les budgets votés
pour la santé.
· De revoir le système de participation à la santé.
La pauvreté s'étant installée en Afrique et surtout
féminisée il serait illusoire d'espérer avoir une
population féminine saine (enfants en plus)
ii) Aux gouvernements et aux syndicats
· De veiller à l'application des conventions ratifiées,
à la mise en place des comités d'hygiène, de santé
et de sécurité dans les entreprises, à la sécurisation
des travailleurs de santé contre d'éventuelles contaminations
du SIDA (manque de temps et à l'accès des médicaments
contre le VIH pour les travailleuses).
· De tout mettre en oeuvre pour l'autonomie et le renforcement
des caisses de sécurité sociale en Afrique pour une meilleure
prise en charge des travailleurs et travailleuses.
b) L'éducation, la formation et l'information
Les programmes d'ajustement et la mondialisation de l'économie
ne sont pas pour améliorer ce domaine de l'éducation et
de la formation.
Il est souhaitable que tous les programmes nationaux se discutent et
s'exécutent en rapport avec les professionnels de l'éducation
et de leurs représentants.
A l'Organisation internationale du Travail
Nous demandons de tout coordonner avec la CEA et le BIT pour nous permettre
d'assister à tous les forums en tant que syndicat.
D'aider les syndicats à mieux se former par rapport aux nouveaux
outils sur la technologie de l'information.
Pour conclure, nous félicitons la CEA et toutes les organisations
de femmes présentes à cette conférence.
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annexe
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du rapport]
11. DECLARATION DES FEMMES RURALES DELEGUEES AFRICAINES A LA SIXIEME
CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES
Nous, femmes rurales déléguées africaines,
Réunies en marge des travaux de la sixième Conférence
africaine sur les femmes qui s'est tenue du 22 au 26 novembre 1999 à
Addis Abeba.
Apprécions positivement la présence des femmes rurales
à ces assises.
Considérant que plus de la moitié de la population
rurale africaine active est constituée de femmes;
Considérant qu'elles assurent 60 à 80% de la production
vivrière;
Considérant qu'elles consacrent 12 à 19 heures
par jour pour les tâches domestiques et champêtres sans
rémunérations, assistant les enfants et les personnes
âgées (activités de production, reproduction et
communautaires);
Vu l'importance des rôles économiques sociaux et culturels
des femmes rurales africaines, agents incontournables de développement.
Annonçons la création du réseau FRA (Femmes
Rurales Africaines) ce vendredi 26 novembre 1999 à Addis Abeba
avec les pays suivants:
· L'Algérie
· La Côte d'Ivoire
· Le Mali
· Le Maroc
· La Mauritanie
· Le Sénégal
Lançons un appel aux femmes rurales de tous les autres
pays africains à adhérer à ce réseau.
Recommandons qu'une attention particulière soit accordée
aux besoins spécifiques des femmes rurales africaines par une
approche intégrée (politique, programme et projet etc.
)
Recommandons une meilleure valorisation des produits des activités
des femmes rurales par :
· L'accès à la formation et aux technologies
appropriées
· L'accès aux facteurs de production (terres, crédits,
équipements etc
)
Recommandons la création d'une banque de données
pour l'établissement de la situation sur les femmes rurales africaines,
la capitalisation des expériences et la promotion des échanges
aux niveau national, régional et international
Invitons les gouvernements et les partenaires de développement
à tout mettre en uvre afin que la femme rurale puisse jouer
pleinement son rôle et saisir toutes les opportunités offertes
par la mondialisation
Lançons un appel à la BAD et à la CEA et
à tous les partenaires financiers internationaux pour soutenir
la création d'un Fonds d'Appui à la Femme Rurale.
Invitons toutes les femmes rurales africaines à participer
au Sommet mondial des femmes rurales qui se tiendra à Dakar,
Sénégal en novembre 2000 sous l'égide du Comité
Directeur International (CDI) pour la promotion économique des
Femmes Rurales;
Fait à Addis Abeba le 26 novembre 1999.
Le Réseau FRA est constitué comme suit :
Présidente: N'Dèye Sarr Diop, Sénégal
Vice-Présidente: Lassel Djaouida, Algérie
Secrétaire générale: Ben Mahi Malika,
Maroc
Secrétaire générale adjointe: Assienan
Cho Juliette, Côte d'Ivoire
Trésorière: Fatma Khoubah, Mauritanie
Trésorière adjointe: Koné Sira Sissoko,
Mali
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du rapport]
12. MESSAGE DES ORGANISATIONS FEMININES DE LA REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE DU CONGO
Madame la Présidente,
Nous avons l'honneur de venir auprès de votre haute autorité
introduire notre motion d'interpellation dans notre souci de recherche
d'une paix durable dans notre pays la République Démocratique
du Congo et d'une manière générale dans la région
des Grands Lacs.
En effet, le peuple congolais, comme beaucoup d'autres peuples dans
le monde, aspire à la paix, au développement, à
la coopération internationale et à la coexistence pacifique
entre les nations. Ces idéaux sont contenus dans la Charte des
Nations Unies et sont censés régler les relations entre
tous les peuples des nations.
Ce droit n'est plus appliqué depuis le début de la guerre
d'agression dont la République Démocratique du Congo fait
l'objet de la part du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi.
Cette agression constitue une menace à l'intégrité
et à la souveraineté nationale du Congo. Depuis le 2 août
1998, le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda ont violé l'intégrité
territoriale de la République Démocratique du Congo. Depuis
lors, le conflit a pris des dimensions inquiétantes en ce sens
que les zones de conflit se sont étendues à six provinces
(Nord - Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Province Orientale, katanga, Equateur)
et que tous les droits fondamentaux des populations et surtout des femmes
et des enfants sont bafouées. Les agresseurs se livrent également
à des actes de pillage des biens et des ressources du sol et
du sous-sol, des ressources de la faune, à des viols de femmes
et d'enfants, à des déportations de familles entières
etc.
Dans cette partie du pays, il prévaut une situation de quasi-colonisation.
Les troupes étrangères rwandaises, burundaises et ougandaises
dominent sur le territoire congolais, elles s'y affrontent des fois
comme cela a été le cas récemment à Kisangani
en provoquant morts d'hommes et destructions matérielles. Des
autorités étrangères se permettent de créer
de nouvelles provinces (Kibali - Ituri, Beni - Lubero) et d'organiser
une administration publique à leur guise, elles suppriment la
frontière entre Goma au Congo et Gisenyi au Rwanda. Elles installent
les populations rwandaises et ougandaises sur le territoire congolais.
Du fait de la guerre d'occupation, les Congolais assistent impuissants
à la destruction méchante de l'eco-système congolais,
notamment les parcs nationaux de Virunga, de Kahuzi, de Garamba, d'Epulu
ainsi que des forêts. Les richesses nationales telles que l'or,
le cuivre, le diamant, le café, le cobalt et le bois sont systématiquement
pillés. Une destruction accélérée de la
voirie urbaine par la circulation des chars de guerre à Kisangani
et les autres provinces occupées, est aussi constatée.
Une insécurité généralisée s'est
installée dans la population civile, on note la présence
massive des troupes armées et l'utilisation abusive des enfants
dans les factions armées. En plus, des trente deux ans de règne
d'une dictature atroce, ce même peuple victime de l'exploitation
dictatoriale est à nouveau confronté à cette hécatombe.
Les associations des femmes congolaises participant à la sixième
Conférence africaine sur les femmes, à Addis Abéba
du 19 au 20 novembre 1999 vous expriment leurs préoccupation
à savoir la nécessité :
1. du retrait sans condition des forces armées étrangères
d'agression (armée rwandaise, burundaise et ougandaise)
2. du soutien total à l'accord de Lusaka
3. la mobilisation tous azimuts des africains pour le retour de la
paix en République Démocratique du Congo
4. de la nécessité de déployer d'urgence les
troupes de maintien de la paix des Nations Unies dans les pays
5. de la nécessité d'une assistance humanitaire en
faveur de la population congolaise victime de la guerre
6. de la nécessité d'une mission d'enquête sur
l'ampleur des crimes humanitaires commis
7. de la nécessité de convoquer une conférence
régionale des femmes des pays impliqués dans le conflit
et qui luttent en faveur d'une paix durable pour le continent africain.
Madame la Présidente,
Nous voulons relever, Mme la Présidente que lors de l'animation
du forum pour la paix, la Présidente du Comité africain
pour la Paix et le Développement et Vice Présidente de
la République de l'Ouganda, a démontré avec force
que la moitié du continent est perturbée par les guerres
qui entraînent d'une part la famine, l'insécurité,
la maladie, les déséquilibrés familiaux, les violations
immenses des droits humains, et d'autres part, la survie de l'Afrique
et donc du Congo, notre pays, repose sur la survie de la femme.
Y aurait-il Mme la Présidente la politique de deux poids deux
mesures ? Car Mme la Présidente, la présence de plusieurs
factions armées sur notre territoire, appauvrit les femmes en
pillant les produits du sol et du sous-sol, les militaires infectés
du VIH/SIDA sont lancés aux trousses des femmes et des jeunes
filles pour les violer et exterminer ainsi notre population, peut on
imaginer, Mme la Présidente pire forme de crime humanitaire ?
Etant donné qu'elle a parlé avec autant de conviction,
nous voulons, Mme la Présidente demander à la Présidente
du Comité des Femmes Africaines pour la Paix et le Développement,
de s'impliquer en tant que mère, femme et Vice Présidente
de l'Ouganda qui est l'un des trois pays qui occupent la République
Démocratique du Congo, notre pays dans la résolution des
conflits dans la Région des Grands Lacs et principalement en
République Démocratique du Congo.
Nous allons paraphraser la première dame du Nigeria qui, lors
de son discours au forum pour la paix a dit que ceux qui font la guerre
sont nos fils, nos maris, nos neveux
et pensons que Mme la Présidente
du Comité pour la Paix et le Développement et Vice Présidente
de l'Ouganda pourra user de son influence et de toutes les opportunités
qui s'offrent à elle du fait de ses fonctions pour maintenir
allumée la flamme du flambeau que nous avons allumée ensemble
au forum pour la paix de la sixième Conférence régionale
africaine sur la femme.
Veuillez agréer, Madame la Présidente, l'expression de
notre profonde gratitude et de notre grand respect.
Pour les Femmes congolaises,
La délégation des organisations féminines de la
République Démocratique du Congo
1. MUHIMUZI Elise
Comité National Femme et Développement
Fax: 00243-12-20252
E-mail: conafed@ic.cd
Telecel: 880121440
2. TAYAYE MUYALA
Réseau des ONG programme d'Appui aux Actions Féminines
"P.A.A. F."
Avenue Mfumu Nsaka 26, quartier Gombele
Lemba - Fax: 00243-12-21604
B.P. 393 Kinshasa, Limete
3. TSITUKA Albertine
Eveil de la femme ASBL,
B.P. 5467 Kin Gombe
E-mail: eveildelafemme@hotmail.com
Fax: 00243-12-20165
4. BAPU Marie PROFER,
Av. Shabunda, 131
Kananga, Kasai occidental
B.P. 16363 KIN 1
Fax: 00243-12-20165
E-mail: marie_bapu@hotmail.com
5. MWIKA Berthe ANES
C/O CNONGD
Av. Shaba, 2
Kinshasa Gombe
6. NYEMBO FEZA
Association des journalistes de la presse féminine
"A.J.P.F" C/O CONAFED
7. BUKA Astrid
FOLECO
8. Germaine COPEMECO