Document distributed by: The African Centre for Gender and Development [ACGD]
A Division of : The United Nations Economic Commission for Africa [UNECA]



RAPPORT DE LA SIXIEME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE SUR LES FEMMES SUR L'EXAMEN A MI-PARCOURS DES PLATEFORMES D'ACTION DE DAKAR ET DE BEIJING, 22-26 NOVEMBRE 1999, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE


ANNEXE V

MODALITES DE PARTICIPATION DE L'AFRIQUE A L'EXAMEN
MONDIAL A MI-PARCOURS DE LA MISE EN OEUVRE DU PROGRAMME
D'ACTION DE BEIJING ET DE LA PLATE-FORME D'ACTION DE DAKAR

 

Un groupe de rédaction composé de représentants de gouvernements, d'ONG régionales et sous-régionales et d'organismes des Nations Unies a examiné un projet de document préparé par le secrétariat de la CEA. Ce groupe était présidé par Mme Janat B. Mukwaya, ministre ougandaise de la femme, du travail et du développement social, les facilitatrices étant Mme Angela King et Mme Rose Odera, présidant le processus préparatoire de la session spéciale de Beijing+5.

Mandat du comité de rédaction

Examiner les modalités de la participation de l'Afrique à la session extraordinaire sur Beijing+5.

Recommandations du groupe

1. Participation des ONG aux séances plénières de la session extraordinaire de Beijing+5

Le groupe a recommandé que les ONG dotées du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations Unies choisissent un représentant qui sera leur porte-parole lors des sessions plénières, en tenant compte de la nature des questions examinées, du critère de répartition géographique et des délais de parole. Au cas où la Réunion mondiale recommanderait de donner la parole à moins de cinq ONG, il faudra tout faire pour que l'Afrique soit représentée.

2. Rôle du Comité "femmes et développement"

Dans le souci d'assurer la coordination et l'harmonisation des activités préparatoires, le Comité "femmes et développement" est appelé à travailler en collaboration avec le secrétariat de l'OUA à Addis-Abeba et la mission permanente de l'OUA à New York en vue :

(i) De coordonner et d'harmoniser la position des Etats africains ;
(ii) D'assurer une participation active la plus large possible des Etats africains à la session du Comité préparatoire qui se tiendra en mars et à la session extraordinaire de juin 2000.

Le secrétariat du Comité "femmes et développement", c'est-à-dire le Centre africain pour la femme et l'OUA, est appelé à collaborer étroitement pour assurer une bonne organisation des deux réunions, à savoir celle du Comité et celle du Groupe africain.

Le représentant de la CEA auprès des Nations Unies à New York sera le point focal qui collaborera avec la mission permanente de l'OUA auprès des Nations Unies au cours des activités préparatoires.

3. Rôle de la CEA

· La CEA veillera à envoyer à New York, dans les délais fixés, les documents suivants:

(a) La synthèse des rapports nationaux sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du Programme d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action de Dakar;
(b) Le Plan d'action africain pour accélérer la mise en oeuvre du Programme d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action de Dakar;
(c) La Déclaration de la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes;
(d) Les décisions concernant les modalités de participation de l'Afrique à la session extraordinaire sur Beijing+5.

· La CEA est invitée à diffuser à l'ensemble des organes chargés de la promotion de la femme dans les Etats membres de la CEA et à tous les autres acteurs concernés, toutes les informations et tous les documents se rapportant à la réunion du Comité préparatoire de mars 2000.

· La CEA facilitera autant que possible les efforts visant à faire participer les Africaines à la Session extraordinaire de l'Assemblée générale, qui doit se tenir en juin 2000.

· La CEA et l'OUA faciliteront les consultations du Groupe africain au cours de la session du Comité préparatoire de mars 2000 et de la Session extraordinaire de juin 2000 et veilleront à ce que soient prises en compte les conclusions de la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes.

4. Recommandation aux Etats membres

Les Etats membres doivent s'efforcer d'élargir la composition de leur délégation pour y inclure les ministres chargés des finances et de la planification, les jeunes et les personnes handicapées.

 


ANNEXE VI

ACTIVITES PARALLELES


Des activités parallèles ont été organisées le 24 novembre 1999 de 17 h 30 à 19 heures et le 25 novembre de 9 heures à 13 heures. Plusieurs ONG ainsi que des institutions spécialisées, des Programmes et des Fonds de l'ONU ont tenu des ateliers, fait des exposés, réuni des groupes de discussion et organisé des projections vidéo sur des sujets tels que les campagnes de lutte contre la violence à l'égard des femmes, la plateforme à fonctions multiples utilisée au Mali et la mortalité maternelle.

Atelier sur les droits à la terre et à la propriété

Un atelier sur la terre et les droits de propriété à été organisé par le Centre des Nations Unies pour les établissements humains (Habitat), le PNUD, UNIFEM et la CEA. Les exposés présentés à cette occasion, dont celui d'un consultant, ont donné un aperçu général de la situation des femmes pour ce qui est de l'accès à la propriété foncière. Les participants ont examiné la question de la réforme foncière et ses implications sur les femmes, y compris celles vivant en milieu urbain. Cette question est devenue de plus en plus préoccupante en raison du taux d'urbanisation du continent. Un exposé a été fait sur les efforts qu'une organisation communautaire de femmes a déployés pour que les femmes ne soient pas exclues d'un programme de redistribution de terres. Les discussions ont porté sur les expériences des différents pays et ont mis en lumière l'importance de cette question et ses rapports avec les droits fondamentaux de la personne, la pauvreté et la sécurité alimentaire. Des propositions concrètes ont été faites à cette occasion en vue d'initiatives futures.

Il a été souligné que la question des droits à la terre et à la propriété foncière, était aussi une question politique et de gouvernance. Le manque de transparence et l'absence d'un système de contrôle, s'ajoutant au faible nombre de femmes participant à la prise de décision aux niveaux communautaire, local et national fait qui est difficile de faire participer les femmes à la prise de décision et de sensibiliser les organes chargés de l'application des lois tels que les tribunaux, les bureaux chargés de l'administration des terres etc.

Les participants ont préconisé d'entreprendre des travaux de recherche appropriés afin de mieux déterminer la situation réelle des femmes en matière d'accès à la terre et à la propriété, les effets des réformes foncières et des programmes de redistribution de la terre pour les femmes et les grands moments de la lutte menée par les femmes pour bénéficier des mêmes droits que les hommes à la terre et à la propriété. Cette recherche devrait se faire aux niveaux local et national, mais c'est au niveau sous-régional qu'on devrait échanger l'information et entreprendre les initiatives futures afin de tirer profit des expériences mutuelles et d'intensifier les activités entreprises dans le cadre des initiatives locales et nationales. Le Groupe a également demandé que les institutions sous-régionales, régionales et internationales dont les activités portent sur la promotion de la femme, la pauvreté, la gouvernance et des questions similaires relatives à l'accès à la terre et à la propriété foncière (telles que la BAD, le COMESA, la CEA, la CEDEAO, le CNUEH, le PNUD, l'UNIFEM et la SADC) collaborent à la mise en place d'un mécanisme d'appui aux initiatives régionales. Une autre proposition a été faite par l'Initiative d'appui sous-régional de l'Afrique de l'Est pour la promotion de la femme (EAASI). Il s'agit de mettre en place une initiative ou un groupe technique régional interinstitutions en vue d'établir un lien entre les organisations et institutions spécialisées de l'ONU précitées et les réseaux de femmes.

Pauvreté et émancipation économique

Le Conseil pour l'égalité économique des femmes en Afrique (CEEWA) et l'Institut de la Banque mondiale ont conjointement organisé un forum. A cette occasion, l'Institut de la Banque mondiale a mis l'accent sur le rapport qu'il a récemment publié sous le titre "Femmes, croissance et réduction de la pauvreté" alors que le CEEWA a lui, mis l'accent sur l'importance de politiques économiques nationales égalisatrices en Afrique. Ce serait un moyen d'échanger des données d'expérience sur les initiatives visant à favoriser la participation des femmes à l'élaboration de la politique économique et à leur faciliter l'accès aux ressources naturelles.

Ateliers sur l'entreprise/les femmes rurales/le leadership

La Fédération africaine des femmes chefs d'entreprise (AFWE) a organisé un atelier au cours duquel un film vidéo a été présenté sur le "Rôle des femmes africaines chefs d'entreprise dans le renforcement du pouvoir économique des femmes et des jeunes au XXIe siècle".

De même, un atelier sur "l'élaboration d'un cadre de référence à l'intention des femmes africaines occupant des postes de direction" a été organisé par Akina Mama Wa Afrika. La FAO a, pour sa part, organisé un atelier intitulé "Beijing+5: que prévoient les plans d'action nationaux pour les femmes rurales ?". Ce forum a été l'occasion de lancer un réseau de femmes rurales.

Les femmes et leur participation au développement

Le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) a tenu une séance d'information sur "Les femmes et les médias: démarches entreprises au sein du Comité préparatoire en vue de l'examen 5 ans après". FEMNET a organisé un atelier sur des politiques soucieuses d'équité entre les sexes et saisi l'occasion pour inviter un groupe d'une cinquantaine de personnes à préparer la participation de femmes africaines à EXPO 2000 qui doit se tenir à Hanovre (Allemagne) en l'an 2000.

Un atelier sur des budgets nationaux prenant en compte les spécificités et besoins des femmes a été organisé par le PNUD et UNIFEM. Il a été souligné que ce type de budgétisation permet d'assurer l'équité et l'égalité entre les sexes et de répartir équitablement les ressources parmi tous les membres de la société. Les travaux menés dans ce domaine dans certains pays africains ont été présentés et les participants ont en particulier souligné la nécessité de bien informer sur cette question et de mettre en place les capacités requises.

Réformes constitutionnelles

Des parlementaires africaines se sont réunies le 25 novembre 1999 à l'occasion d'un atelier organisé par le Kenya Women's Political Caucus et financé par le PNUD et UNIFEM pour discuter du rôle des femmes dans l'élaboration et la réforme constitutionnelles. Cet atelier a regroupé les délégués à la Conférence qui avaient grandement contribué, dans leurs pays respectifs, à l'élaboration des constitutions nationales. Les expériences de six pays africains ont été présentées, à savoir l'Afrique du Sud, le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et la Zambie. Un exposé a également été fait sur les implications de l'élaboration de la constitution pour les femmes handicapées. Les participantes ont fait observer que la plupart des textes constitutionnels élaborés après l'indépendance des pays africains étaient influencés par les puissances coloniales et donc porteurs d'abus à l'égard des femmes. Elles ont, en outre, noté que nombre de ces constitutions n'interdisaient pas explicitement la discrimination sexuelle, ce qui constituait une entrave à la promotion de la femme. La réforme constitutionnelle dans des pays comme l'Afrique du Sud et l'Ouganda, avait débouché sur la promulgation de textes constitutionnels figurant parmi les plus progressistes du monde. Exprimant leur détermination à garantir l'égalité constitutionnelle pour toutes les femmes africaines, les participantes ont fait plusieurs recommandations portant sur différents aspects de cette question.

Technologies d'information et de communication (TIC)

Les représentantes de "African Information Society Gender Working Group" (AISGWG), de l'Association for Progressive Communication (APC), de Africa-Women's Programme, de FEMNET, de l'Union internationale des télécommunications (UIT), de l'Equipe spéciale pour la parité entre les sexes, de WorldSpace Corporation et de Wommed-Femmed (un réseau appuyé par l'UNESCO) ont présenté leurs travaux et discuté de différentes questions se rapportant aux technologies d'information et de communication (TIC) et de leurs effets sur les femmes. Au nombre de ces questions figuraient l'utilisation des TIC en tant qu'instruments de plaidoyer et les avantages que les femmes peuvent tirer des développements sur le plan technologique.

VIH/SIDA

Une matinée a été consacrée à la question du VIH/SIDA. Les représentants de ONUSIDA, du FNUAP, de l'UNICEF et d'UNIFEM ont traité de différents aspects de la question, en particulier, le VIH/SIDA et la santé en matière de reproduction des jeunes africains, l'impact du VIH/SIDA sur les enfants et le VIH/SIDA en relation avec la promotion des droits de la femme. Les participants ont été informés de l'état actuel de propagation de la maladie en Afrique. Le taux d'infection touche plus de femmes que d'hommes et le nombre d'orphelins augmente de manière vertigineuse. Cette tendance devrait se poursuivre dans un avenir prévisible. Les participants ont fait part de leurs préoccupations au sujet de certains pays où les chefs religieux nient l'existence du VIH/SIDA dans leurs prêches aux fidèles.

Les femmes dans l'industrie minière

La SADC Women in Mining Trust (Femmes de la SADC dans les compagnies minières) a organisé, avec l'aide de la CEA et d'UNIFEM, un forum sur les femmes et l'activité minière à l'effet de recueillir des informations sur la situation des femmes dans des activités traditionnellement dominées par les hommes et a fait des recommandations en vue d'ouvrir de nouvelles perspectives aux femmes employées dans le secteur de l'extraction minière et de réussir les initiatives déjà lancées. Les expériences de certains pays et les problèmes généraux des mineures ont été également discutés.

Renforcement des capacités des ONG

L'ONG Abantu a lancé "l'Alliance GAP" (Alliance for Gender and Policy Advocacy) dont l'objet principal est de renforcer les capacités des ONG d'influer sur les politiques des gouvernements afin de les amener à prendre plus activement en compte les préoccupations des femmes. L'Alliance se donne pour objectifs de diffuser l'information, de promouvoir les bonnes pratiques et de développer les capacités des associations et organisations de femmes travaillant avec les femmes africaines.

Violence contre les femmes

Le Comité interafricain (IAC) sur les pratiques traditionnelles néfastes pour la santé des femmes et des enfants a, lui également, organisé un forum, le 22 novembre 1999 à la suite de la séance plénière sur "Les formes de violence traditionnellement tolérées: comment changer les attitudes?" au cours duquel une conférence a été donnée par Mme Chantal Compaore, Première dame du Burkina Faso et ambassadrice de bonne volonté de l'IAC. Des communications ont été présentées devant un nombreux public.

Statistiques sur les femmes

Au dernier jour de la Conférence, les représentants des médias ont été invités à la cérémonie de lancement d'un CD-ROM qui sera très prochainement diffusé par le CAF. Intitulé "La condition de la femme en Afrique", il contient des données désagrégées par sexe sur un grand nombre d'indicateurs de développement social, économique et politique concernant spécialement les femmes.

Les femmes et les médias

Une soixantaine d'hommes et de femmes représentant la presse écrite nationale et internationale ainsi que des chaînes de radio et de télévision ont assisté à un colloque sur les médias le 21 novembre 1999. Toutes les sous-régions y étaient représentées par des organes de presse publics et privés. M. Peter da Costa, Conseiller principal en communication de la CEA et Mme Joséphine Ouédraogo, Directrice du Centre africain pour la femme (CAF) de la CEA ont souhaité la bienvenue aux participants.

Mme Ouédraogo a souligné les objectifs de la sixième Conférence régionale sur les femmes et expliqué le processus d'examen de la mise en oeuvre du Programme d'action de Beijing et de la Plate-forme d'action de Dakar. Elle a donné en exemple certains domaines dans lesquels davantage d'efforts devaient être faits pour améliorer la situation des femmes et souligné que la mise en oeuvre du Programme et de la Plateforme ne devait pas être laissée aux seuls gouvernements, ceux-ci ne faisant pas toujours preuve de la volonté politique nécessaire et n'allouant pas des ressources financières et humaines suffisantes. Elle a également souligné que la Plateforme d'action africaine ne met pas l'accent qu'il faut sur les mécanismes institutionnels de mise en oeuvre.

Elle a, en outre, souligné la nécessité de la participation des journalistes et d'autres professionnels des médias aux travaux de la Conférence et a sollicité leur appui en vue de sensibiliser les décideurs et le public aux questions concernant les femmes car ces journalistes et professionnels jouaient un rôle de premier plan dans les actions de suivi des politiques et des stratégies et les a invités à contribuer à l'évaluation des progrès accomplis en matière de développement et de promotion de la femme en Afrique. Elle a également invité les médias à :

· Examiner les besoins et les revendications des femmes et à les comparer avec les réponses apportées et les mesures prises à cet égard;

· Examiner les outils d'information et les mécanismes institutionnels mis en place pour la mise en oeuvre des recommandations se rapportant aux 12 domaines critiques arrêtés à Beijing;

· Etudier les textes des engagements pris et voir dans quelle mesure les paroles se sont traduites en ressources et en actes;

· Evaluer le degré de participation des femmes à la prise des décisions politiques et économiques et leur présence dans les structures économiques et politiques;

· Donner une meilleure image que celle que certains médias donnent de la femme, toujours dépeinte comme victime et la présenter comme un agent de changement ;

· Oeuvrer pour faire accéder aux données statistiques pour l'analyse des situations et la planification nationale, en particulier pour la production et la diffusion de données désagrégées par sexe;

· Examiner l'évolution et les changements en ce qui concerne les préoccupations et les actions depuis les conférences de Dakar de 1994 et de Beijing de 1995;

· Mettre l'accent sur les programmes en faveur des femmes et pour l'égalité entre les sexes mis en oeuvre aux niveaux national et régional;

· Evaluer les actions des députés, des institutions publiques, des ONG, de la société civile, du système des Nations Unies etc. et déterminer dans quelle mesure ils sont tenus de rendre des comptes ;

· Evaluer le niveau de prise de conscience des problèmes des femmes dans chaque pays;

· Evaluer le niveau d'importance accordé au rôle et aux préoccupations des femmes dans chaque secteur et celui des ressources allouées ;

· Analyser les causes de l'insuffisance des progrès accomplis;

· Participer au suivi des actions arrêtées par la Conférence et qui figurent dans le Plan d'action régional et dans la Déclaration.

Dans son intervention, M. da Costa a souligné la nécessité pour les médias de se considérer non pas seulement comme des organes de diffusion de l'information, mais également comme des acteurs du développement ayant collectivement la responsabilité du développement de l'Afrique, celui-ci n'étant pas du seul ressort des gouvernements, car les médias ont, par leur poids, la faculté de peser sur le programme de développement. Il a ensuite déploré l'image négative et stéréotypée de la femme africaine telle que véhiculée par la presse internationale: femmes réfugiées et victimes de la famine, des maladies et de la guerre. Nombre de journaux nationaux n'étaient pas non plus exempts de reproches puisqu'ils traitaient des questions féminines seulement dans les rubriques de la mode et des pages culinaires, passant sous silence l'importance de leur apport à la communauté et à l'économie. Il a ensuite invité les journalistes à faire des reportages objectifs, présentant la situation réelle des femmes et a annoncé que la sortie prochaine d'un CD-ROM réalisé par le CAF et contenant des données statistiques nationales sur les femmes et les filles dans divers secteurs, remédierait dans une certaine mesure, à l'absence de données désagrégées par sexe.

Il a, en outre, soulevé un certain nombre de questions se rapportant aux politiques et aux pratiques des organes d'information professionnels:

· Peut-on dire de la cause des femmes qu'elle avance grâce au travail des médias ou qu'elle en fait les frais?

· Est-ce-que l'analyse en fonction du sexe permet de changer les stéréotypes, d'ouvrir le champ à l'expression des femmes et d'admettre l'importance de leur apport?

· La politique éditoriale facilite-t-elle ou entrave-t-elle la couverture médiatique des activités visant la promotion de la femme?

· Est-ce que cette politique vise la généralisation de la couverture ou sa banalisation dans une rubrique?

· Est-ce que la couverture médiatique dépasse le simple reportage sur les projets et événements se rapportant aux femmes pour les analyser en profondeur et mettre l'accent sur la notion d'obligation redditionnelle?

· A-t-on fait des efforts pour engager davantage de femmes dans les équipes de rédaction?

Les interventions des participants ont été franches et très utiles:

· On note que la question de l'égalité entre les sexes et l'analyse en fonction du sexe n'est pas bien comprise. Certains journalistes estiment que les questions se rapportant à la promotion de la femme ne sont pas traitées comme il se devrait ;

· Les hommes ne sont pas suffisamment impliqués dans les questions ayant trait à la promotion de la femme, qui souvent sont considérées comme ne concernant que les femmes. Si l'on veut améliorer la situation, on devrait chercher à assurer une pleine participation des hommes.

· Les rédacteurs et les producteurs, qui en majorité, sont des hommes, doivent être sensibilisés davantage aux questions concernant les femmes. Ils sont en mesure d'influer sur la politique et les pratiques éditoriales ainsi que sur l'opinion publique, mais très peu ont adopté l'analyse différentielle en fonction du sexe. Il y a donc lieu de trouver les voies et moyens de sensibiliser les rédacteurs et les producteurs aux questions concernant les femmes.

· Il est nécessaire d'avoir davantage de femmes comme productrices, rédactrices en chef et journalistes et d'augmenter le nombre des publications consacrées aux femmes. Les rubriques et les publications féminines ne doivent pas se limiter à des informations sur la mode, la beauté et des conseils pratiques pour les ménagères mais aussi traiter de questions conceptuelles et de fond et des moyens de faire participer les femmes davantage aux activités dans les domaines intellectuel, juridique, politique et économique.

· La société en général doit être bien informée sur la question des disparités entre les sexes. On constate cependant que les attitudes à l'égard des femmes et de leurs activités ne sont pas ce qu'elles devraient être, lorsqu'on compare avec le reste du monde.

· Les professionnels des médias devraient s'efforcer d'évaluer les capacités en matière de promotion de la femme dans chaque pays ainsi que l'efficacité des mécanismes institutionnels mis en place et participer aux actions menées pour combler les déficiences constatées en ce qui concerne l'information, les moyens de contrôle et les structures.

Certains participants ont signalé les difficultés qu'on rencontre lorsqu'on veut promouvoir les femmes, dans les médias publics de certains pays et ont attiré l'attention sur des pratiques traditionnelles néfastes telles que les mutilations génitales dont sont victimes plus de 90% des femmes et des filles dans les pays de la Corne de l'Afrique. En raison de traditions pesantes et de croyances profondément enracinées, on se heurte souvent à une levée de boucliers lorsqu'on évoque certaines questions. Les médias devraient, par conséquent mener une action résolue visant à faire changer cette situation. Il a été recommandé de se préoccuper davantage du cadre juridique et de l'égalité des droits et des chances entre les sexes, car la loi s'impose comme norme pour la société dans son ensemble. L'application des conventions de l'ONU établissant des normes mondiales en ce qui concerne la condition de la femme, doit être suivie et les dispositions de ces conventions doivent être intégrées dans les législations nationales. Les médias devraient toujours, dant la couverture des événements concernant les femmes, se soucier d'équité et d'égalité entre les sexes. Inter Press Service (IPS) a été donnée comme l'exemple à suivre, du fait qu'elle laisse les femmes s'exprimer sur les questions qui les concernent. La nécessité d'une formation à l'analyse différentielle en fonction du sexe et de son application systématique, a été soulignée.

Un moyen pour les organes d'information d'amener un changement d'attitude, était de présenter dans les articles et reportages, des femmes entreprenant des actions positives et progressistes dans la société. On a cité des cas dans la presse de réactions négatives à l'égard des activités en faveur des femmes, réactions suscitées par la crainte que les femmes évincent les hommes. La vérité, c'est que les hommes comme les femmes se sentent menacés par le changement. Les hommes sont accusés de souvent bloquer délibérément l'accès des femmes à l'information. Ici, les professionnels des médias ont devant eux un défi redoutable, à savoir comment couvrir les activités concernant les femmes avec objectivité et de façon positive sans susciter de réaction négative à la promotion de la femme.

Le HCR et l'OIM étaient profondément préoccupés par l'image peu digne et dégradante donnée des femmes réfugiées et migrantes africaines, dépeintes comme des malheureuses, affamées, atteintes du SIDA et d'autres maladies, prostituées, sans ressources et incapables de s'occuper d'elles-mêmes. Cette image est loin de correspondre à la réalité. Elle méconnaît ou occulte les efforts et les trésors de créativité que ces femmes déploient pour améliorer leur condition. L'OIM a d'ailleurs loué le travail des médias éthiopiens pour la récente série de reportages sur les abus que subissent des travailleuses migrantes et pour sa dénonciation du trafic dont les femmes et les filles africaines sont l'objet.

On a fait observer que souvent après les conflits, les femmes participaient en plus grand nombre aux activités des organes de presse et d'information, dans le cadre des activités de reconstruction. Ainsi, au Rwanda, après le génocide, il y a eu une mobilisation massive des femmes au sein des organes de presse, de radio et de télévision dans des activités pour la paix, la reconstruction et le développement. Ayant relevé la différence de traitement des réfugiées au Kosovo et des réfugiées en Afrique, les participants se sont indignés de ce traitement inique et discriminatoire des Africaines.

Les ressources humaines permettent d'assurer une meilleure couverture des événements, mais ce qui manque surtout aux médias africains, ce sont les ressources financières qui permettent de se rendre dans certaines régions ou qui aideraient les journalistes et professionnels indépendants à s'acquitter de leurs missions. Il est donc nécessaire d'allouer davantage des ressources aux activités menées par les femmes, notamment celles qui travaillent dans les médias. Le financement public des médias réduit la liberté de manoeuvre de ces derniers. Aussi a-t-il été recommandé que les organismes et les ONG apportent un appui financier aux journalistes - en prenant en charge leurs frais de voyage par exemple- pour leur permettre d'enquêter eux-mêmes. Ce serait là une façon de les encourager à couvrir autant d'événements que possible.

Si l'on veut que dans le nouveau millénaire, les médias, couvrent mieux les questions et événements concernant les femmes et donnent de celles-ci une image positive, il est nécessaire de sensibiliser les professionnels des médias, hommes comme femmes sur ces questions et de leur donner une formation qui leur permette de traiter celles-ci comme il se doit. C'est depuis la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, tenue en 1995 à Beijing que les technologies d'information et de communication (TIC) sont devenues un instrument efficace d'accélérer les changements. Elles ont à peine été mentionnées à Beijing et les femmes devraient aujourd'hui leur accorder l'attention nécessaire dans leurs stratégies et programmes. Le réseau Internet a révolutionné la vie des hommes et des femmes, il leur donne accès à l'information, leur permet de créer des ressources d'information et de diffuser des informations. L'interconnexion avec les ressources d'information disponibles sur le réseau permet aux chaînes de radio et de télévision nationales et communautaires de couvrir plus d'événements.

Si l'on veut vraiment qu'il y ait un changement, il ne faut pas s'intéresser seulement à l'accès à l'information et à sa diffusion mais aussi considérer la communication comme un processus s'effectuant dans les deux sens. La langue demeure cependant un obstacle pour de nombreuses femmes, notamment celles vivant en milieu rural, qui ne parlent pas et ne comprennent pas les langues européennes. A cela s'ajoute la diversité des langues et dialectes parlés dans un même pays.

Les participants ont estimé qu'il fallait avoir plus de stations de radio et de télévision pour les femmes, qui produiraient des programmes à caractère national et local dans les langues vernaculaires. Le secteur privé et les ONG ont également été invités à contribuer davantage aux programmes radiophoniques et télévisés sur les femmes et leurs préoccupations ainsi que sur leurs rapports avec les hommes et les institutions sociales.

La réunion a pris fin après une récapitulation des principaux points discutés et les participants ont été instamment priés d'élaborer des stratégies plus collectives et d'examiner les moyens pratiques de mieux présenter l'information sur les femmes et leurs activités dans un environnement où les activités de promotion de la femme suscitent l'indifférence et parfois même l'hostilité.


ANNEXE VII

PREOCCUPATIONS DES FEMMES
AFRICAINES DANS LE DOMAINE DE LA PAIX

Rappel des faits

Les préoccupations des femmes africaines dans le domaine de la paix sont l'aboutissement d'un processus entamé avec le Plan d'action de Kampala sur les femmes et la paix (1993), la Plate-forme d'action africaine de Dakar (1994), la quatrième Conférence mondiale sur les femmes de Beijing (1995) et le Forum du leadership sur la paix a Johannesbourg (1996). C'est dans ce cadre que l'OUA et la CEA ont conjointement formé et lancé en novembre 1998, le Comité des femmes africaines pour la paix et le développement (CFAPD) qui, depuis Beijing, est le moyen fondamental dans la région de faire participer les femmes aux processus de paix et de les faire accéder aux postes de responsabilité.

Depuis, plusieurs réunions régionales et débats ont eu lieu en vue de l'adoption d'une Plate-forme commune sur le sujet des femmes et la paix. La Conférence panafricaine des femmes sur une culture de paix organisée conjointement par l'UNESCO, l'OUA et le CFAPD à Zanzibar en mai 1999 s'est conclue par l'adoption, à l'unanimité, de la Déclaration et du Programme de Zanzibar pour la Paix. Le Forum de l'Organisation panafricaine des femmes sur la paix tenu à Alger, a conclu ses délibérations en lançant l'Appel d'Alger. Le Forum spécial sur la Paix de la sixième Conférence régionale a suscité un vif intérêt et abouti à l'approbation officielle des Déclarations et Résolutions adoptées par la réunion des Associations de femmes et des ONG qui s'est déroulée sous la Tente de la Paix.

Ainsi donc, la sixième Conférence sur les femmes a conclu ses travaux sur la paix en réaffirmant son attachement à la Déclaration et au Programme de Zanzibar pour la Paix et en faisant siens l'Appel d'Alger et les Déclarations sur la Paix adoptées lors des réunions sous la Tente de la Paix lors de la sixième Conférence régionale sur les femmes.

On trouvera, ci-après, une récapitulation des préoccupations essentielles des femmes africaines telles qu'elles ressortent des différentes réunions et discussions tenues dans la région sur la question de la paix :

1. Promouvoir le rôle des femmes dans la prévention des conflits, leur résolution et l'édification de la paix en Afrique

· Faire des pressions dans les instances appropriées pour une participation accrue des femmes au processus de réconciliation, de négociation et de médiation de conflits et s'employer à renforcer les capacités des organisations de femmes dans ces domaines ;

· Effectuer des missions de paix dirigées par des femmes dans les sociétés en proie à la guerre ;

· Mener des campagnes pour que des femmes réfugiées et des personnes déplacées prennent part aux négociations de paix et à la résolution des conflits.

2. Intégrer les femmes dans les prises de décision et changer la perspective générale en matière de sécurité en y introduisant la notion de genre

· Analyser les mécanismes de défense et de sécurité de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) d'un point de vue de genre afin d'évaluer l'importance de l'appui apporté aux femmes dans leurs cadres politiques et institutionnels, ainsi que leur impact sur les réseaux pour la paix ;

· Militer en faveur d'une politique d'action positive qui garantisse une représentation d'au moins 30% de femmes dans les mécanismes de prise de décisions à tous les niveaux ;

· Mettre en place un observatoire pour la paix et la gouvernance démocratique.


3. Démilitarisation et désarmement en Afrique

· Préconiser aux gouvernements africains et exercer les pressions nécessaires afin de mettre en place des mécanismes en vue de la réduction et du contrôle des armes qui alimentent les conflits et les guerres et compromettent le développement de l'Afrique ;

· Appuyer les initiatives sous-régionales relatives à la démilitarisation, au désarmement et à la lutte contre la drogue telles que le moratoire de la CEDEAO sur l'importation, l'exportation et la fabrication d'armes légères, ainsi que son programme de coordination et d'assistance pour la sécurité et le développement (PCASED) ;et

· Exercer des pressions sur les gouvernements africains pour qu'ils mettent en eouvre des mesures similaires dans d'autres sous-régions, réduisent les dépenses militaires et affectent ces ressources aux besoins fondamentaux de leurs populations en matière de développement.


4. Interdiction de l'utilisation des enfants comme soldats

· Faire campagne pour l'interdiction d'utiliser les enfants comme soldats dans les conflits ;

· Aider à libérer, démobiliser, socialiser à nouveau et intégrer activement les enfants africains utilisés comme soldats dans des activités constructives de développement. Faire campagne pour l'interdiction d'utiliser des enfants comme soldats lors des conflits ;

· Exhorter vigoureusement les gouvernements à mettre en œuvre les lois nationales, régionales et internationales contre toutes les formes de violence contre les femmes et les enfants, notamment la Charte africaine sur les droits et le bien-être de l'enfant et renforcer les systèmes judiciaires pour traduire en justice les auteurs de ces actes de violence ;

· Militer pour l'adoption du projet de Protocole de la Charte africaine des droits humains et des peuples et des droits des femmes.


5. Mettre en œuvre des stratégies et initiatives qui facilitent les changements d'attitude et les stéréotypes sexistes, particulièrement dans les médias

· Mettre en place une radio panafricaine des femmes afin de fournir des informations objectives, de susciter une plus grande prise de conscience, de mobiliser un appui à grande échelle en faveur de la paix et de lancer des programmes spéciaux sur les femmes et la culture de la paix ;

· Mettre en évidence et faire connaître les expériences réussies de femmes dans la recherche de la paix, dans le développement et un leadership responsable, notamment en décernant des prix aux femmes ou aux groupements de femmes qui se sont distingués ;

· Etablir un "Bottin" et une histoire des femmes africaines dirigeantes dont s'inspireraient les générations futures.


6. Instituer une culture de paix en Afrique

· Définir, de manière consensuelle, des valeurs morales et culturelles à transmettre aux générations futures ;

· Intégrer, dans les programmes d'éducation civique, les valeurs et principes de démocratie et la citoyenneté responsable ;

· Mener des actions pour faire inclure l'éducation sur la paix dans les programmes scolaires et au niveau de toutes les institutions d'apprentissage.

7. Accroître les capacités des femmes africaines à soutenir davantage la paix en Afrique

· Renforcer les réseaux de femmes sur la paix, en général et, en particulier, le Comité des femmes africaines sur la Paix et le Développement en tant qu'organisation chef de file ;

· Etablir des sous-comités régionaux des Mouvements des femmes africaines pour la paix qui se réuniront régulièrement au niveau régional également ;

· Créer des comités nationaux des Mouvements des femmes africaines pour la paix là où ils n'existent pas.

· Faire le nécessaire pour que des femmes africaines qualifiées soient nommées à des postes de responsabilité aux niveaux régional et international, y compris à l'OUA.

 

DECLARATION SUR L'INITIATIVE OUEST-AFRICAINE
RELATIVE A UN MORATOIRE SUR LES ARMES LEGERES EN AFRIQUE


Nous, associations des femmes et organisations non gouvernementales participant à la réunion consultative des organisations non gouvernementales, tenue à Addis-Abeba dans le cadre de la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes:

· Considérant les résolutions, les décisions et les déclarations adoptées par l'Organisation des Nations Unies, l'Organisation de l'unité africaine, l'Union européenne, l'Organisation internationale de la francophonie, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest et les organisations non gouvernementales qui militent pour la paix;

· Considérant les conséquences de la circulation incontrôlée des armes légères de faible calibre sur les populations civiles en général et sur les femmes et les enfants en particulier;

· Saluons l'annonce d'une initiative prise par la République du Mali en vue d'un moratoire ouest-africain sur la fabrication, l'exportation et l'importation des armes légères;

· Exhortons les gouvernements des autres pays africains à en faire autant;

· Appuyons la convocation d'une conférence internationale sur toutes les formes de commerce illégal des armes;

· Souscrivons sans réserve à l'initiative visant à faire élaborer et adopter une convention des Nations Unies relative à la lutte contre la fabrication, l'exportation et l'importation illégales d'armes, dans le cadre de la lutte contre le crime transnational organisé;

· Exhortons les chefs d'Etat et de gouvernement, les présidents, les secrétaires généraux et les secrétaires exécutifs des organisations internationales, régionales et sous-régionales à poursuivre les efforts qu'ils déploient dans la lutte contre la prolifération des armes légères et des mines personnelles en collaborant avec les associations de femmes et les organisations non gouvernementales qui militent pour la paix.

Addis-Abeba (Ethiopie), 21 novembre 1999

 

DECLARATION SUR LES CONFLITS ET LA VIOLENCE EN AFRIQUE


Nous, Associations de femmes et organisations non gouvernementales, réunies sous la Tente africaine de la Paix à l'occasion de la réunion consultative des ONG tenue les 19 et 20 novembre 1999, en prélude à la sixième Conférence régionale sur les femmes :

· Considérant la nature violente des conflits internes et inter-Etats qui touchent certains pays africains et leurs conséquences sur les populations civiles en général et sur les femmes et les enfants en particulier ;

· Prenant en considération les Conventions de Genève, les efforts des Nations Unies et des organisations locales, régionales et sous-régionales, ainsi que les initiatives des organisations non gouvernementales pour la prévention et la résolution des conflits et le maintien de la paix ;

· Exprimons notre vive préoccupation devant la multiplication et l'escalade des conflits et les risques pour la sécurité des populations civiles ;

· Exprimons notre solidarité avec les populations civiles victimes des conflits, particulièrement les femmes et les enfants ;

· Exigeons des parties en conflit qu'elles cessent immédiatement les hostilités et protègent effectivement les populations civiles ;

· Exigeons d'urgence la mise en œuvre des stratégies fondées sur la réconciliation, l'adoption de mesures pour la consolidation des relations de coexistence pacifique, le respect des conventions internationales et l'élaboration de nouvelles normes garantissant la sécurité des populations civiles, la promotion d'une culture démocratique et l'éducation à la paix, qui prenne en compte nos valeurs sociales positives ;

· Exhortons les parties en conflit et la communauté internationale à impliquer les femmes dans les processus de négociation, de résolution des conflits et de consolidation de la paix à tous les niveaux ;

· Nous félicitons de la restauration de la paix en Algérie grâce à la mise en œuvre d'un Accord civil dans lequel les associations de femmes et les ONG ont été les principaux promoteurs ;

· Lançons un appel à toutes les parties en conflit pour qu'elles s'engagent dans un processus de paix et de réconciliation, qui est un prélude à un développement durable et assurent la protection et la défense des populations civiles déplacées et leur permettent de retourner dans leur lieu d'origine ;

· Exigeons la constitution d'une délégation de femmes de haut rang compétentes et agissantes dans le domaine de la paix et représentant des associations de femmes et des ONG régionales et sous-régionales pour qu'elle entreprenne une mission de paix et de solidarité auprès de la Présidence de l'Organisation de l'unité africaine.

Addis-Ababa (Ethiopie), le 21 novembre 1999.



DECLARATION SUR LES ENFANTS SOLDATS EN AFRIQUE


Nous, associations des femmes et organisations non gouvernementales participant à la réunion consultative des organisations non gouvernementales, tenue à Addis-Abeba (Ethiopie) dans le cadre de la sixième Conférence régionale africaine sur les femmes, évoquons la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, les décisions et les déclarations de l'Organisation de l'unité africaine et de l'Organisation internationale de la francophonie concernant le recrutement et l'implication d'enfants dans les conflits armés:

· Appelons au respect des conventions internationales relatives aux droits de l'enfant;

· Exigeons que les gouvernements ratifient la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant africain;

· Réaffirmons notre appui à toutes les initiatives nationales, régionales et internationales visant à mettre fin au recrutement et à l'implication d'enfants dans les conflits armés;

· Exigeons que les associations de femmes et les organisations non gouvernementales qui militent pour la paix participent davantage à la prévention et à la résolution des conflits ainsi qu'à la reconstruction et au maintien de la paix dans les situations d'après-conflit, en ce qui concerne particulièrement le phénomène des enfants enrôlés dans les armées combattantes;

· Exhortons les gouvernements et les organisations internationales à appuyer les initiatives des femmes visant à combattre ce phénomène, qui est lié à la pauvreté et à l'exclusion des femmes.

Addis-Abeba (Ethiopie), 21 novembre 1999

[sommaire du rapport]

FIN DU RAPPORT

Document distributed by: The African Centre for Gender and Development [ACGD]
A Division of : The United Nations Economic Commission for Africa [UNECA]