DISCOUR D'OUVERTURE
Madame Joséphine Ouedraogo, Directeur
du Centre africain pour les Femmes, 5 Novembre 2001
Deuxième Réunion
du Comité Femmes et Développement
5-8 Novembre 2001, Addis
Ababa, Ethiopie
Excellences Mesdames et Messieurs les
Ministres,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants
du Corps diplomatique,
Madame la Présidente de la Réunion des Experts
du Comite Femmes et Développement,
Mesdames et Messieurs les Délègues,
Chers participants,
J'ai l'honneur et le plaisir de vous
souhaiter la bienvenue a Addis-Abeba, et au Centre de Conférence
des Nations-Unies, au nom de M. Amoako, Secrétaire Exécutif
de la Commission Economique pour l'Afrique.
Comme vous le savez sans doute, la réunion
précédente du Comite Femmes et Développement
s'est tenue en avril 1999 a Ouagadougou, au Burkina Faso, sur
l'invitation de Son Excellence le Président Blaise Compaore,
en sa qualité de Président en exercice de l'OUA.
L'ordre du jour de la réunion
de Ouagadougou était essentiellement centré sur
la préparation de la 6ème Conférence régional
africaine sur les femmes dont l'objectif était consacré
à l'évaluation à mi-parcours de la mise
en oeuvre des Plate formes d'Action de Dakar et de Beijing.
La 6ème conférence régionale
s'est ensuite tenue du 22 au 26 novembre 1999, ici-même,
à Addis-Abeba.
Lors de notre conférence africaine,
nous avons pu faire une synthèse des progrès réalisés
pour ce qui est de la situation des femmes africaines au regard
des 12 domaines prioritaires de la Plate forme d'Action de Beijing
et nous avons mis en exergue les contraintes et les difficultés
qui limitent la portée des actions engagées dans
ces divers domaines prioritaires, tant par les gouvernements,
que par les ONG et les agences de développement.
Nous avons également adopté
à la fin de cette Conférence un Plan d'Action
Africain dont le but est d'aider à lever les obstacles
majeurs que nous avons pu identifier.
L'Afrique était présente
à New-York en Juin 2000, lors de la Session Spéciale
de l'Assemblée Générale des Nations-Unies
pour l'évaluation à mi-parcours de la Plate forme
d'Action de Beijing (dite Beijing + 5). A l'occasion de cette
évaluation mondiale donc, nous avons essayé de
mettre en avant les résultats de notre 6ème conférence
régionale africaine sur les femmes, pour qu'ils soient
pris en considération par l'Assemblée générale.
Que s'est-il passe depuis?
Les états ont ramené chez
eux les directives qu'ils s'étaient fixées à
New-York; directives consignées dans le Rapport final
de la Session Speciale de l'Assemblée générale.
Ils devaient en outre les partager avec l'ensemble des acteurs
nationaux, et s'investir dans leur mise en oeuvre.
En ce qui concerne le continent africain,
le Plan d'Action formulé et adopté par la 6ème
conférence régionale a été en effet
approuvé par le Conseil des Ministres de l'OUA, et devenait
ainsi le cadre de référence pour les actions post-Beijing
+ 5, devant être entreprises à l'échelle
nationale, sous-regionale et continentale.
Permettez-moi ici, Madame la Présidente,
de rappeler les grandes lignes de ce plan d'action africain:
En préambule, les états
ont reconnu que les politiques macro-économiques et la
mondialisation ont eu, contre touteattente un certain nombre
de conséquences négatives, notamment, la destruction
du tissu social et l'accroissement du nombre de personnes vivant
en dessous du seuil de pauvreté".
Ils ont également reconnu que
"
l'urbanisation et le mode de vie qu'elle implique,
ainsi que la pauvreté résultant des mauvaises
performances de la plupart des économies africaines,
ont affaibli et rendu inefficace le système de protection
sociale traditionnel africain."
Il en résulte donc que dans beaucoup de pays africains,
ce sont les femmes qui subviennent aux besoins des familles
pauvres, prenant ainsi en charge les besoins de subsistance
quotidienne des personnes âgées, des orphelins
et des malades, dont le nombre s'accroît malheureusement
d'année en année à cause de la pandémie
du SIDA.
Le Plan d'Action Africain exhorte les
gouvernements à revoir leurs stratégies de lutte
contre la pauvreté en adoptant une approche multisectorielle.
Celle-ci devra se fonder - rappelons le- sur l'analyse des disparités
entre hommes et femmes dans chaque secteur, grâce à
l'utilisation systématique des données desagregées
par sexe.
Le Plan d'Action appelle également
les gouvernements à créer ou renforcer les mécanismes
nationaux visant à:
assurer la participation des femmes aux processus de prise de
décision;
organiser des débats publics sur l'action gouvernementale
au sein des parlements, avec les organisations de la société
civile, en l'occurrence les organisations de femmes;
garantir plus de transparence dans la mobilisation, la programmation
et la gestion des ressources nationales;
et enfin mettre en place des structures de coordination, de
suivi et d'évaluation des efforts réalisés
par les gouvernements, en vue de la mise en oeuvre des plate
formes d'action de Dakar et de Beijing.
Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs,
Il me semble utile de rappeler, notamment
à l'intention des nouveaux membres du Comité Femmes
et Développement, et tout particulièrement ceux
et celles qui participent pour la première fois à
une réunion de ce Comité, qu'il est un organe
subsidiaire de la Commission économique pour l'Afrique.
Le Comité existe depuis 1976 et
fait partie intégrante des mécanismes décisionnels
de la Commission.
Le Comite Femmes et Développement
se réunit une fois tous les 2 ans pour examiner les activités
menées par les institutions régionales (OUA,CEA,BAD)
et sous-regionales, dans le cadre de la mise en oeuvre des plate
formes et autres conventions relatives à la promotion
des femmes. D'autre part, il a aussi pour mission de dégager
les nouvelles orientations à suivre, à la lumière
des défis actuels que pose le contexte économique
et social du Continent.
Le Comite a également pour mandat
d'organiser les évaluations périodiques des progrès
réalisés dans des domaines tels que la réduction
des discriminations basées sur le sexe, et l'amélioration
du statut politique, économique et social des femmes
en Afrique.
Nous organisons ces évaluations
dans le cadre des conférences régionales africaines
sur les femmes, lesquelles conférences se tiennent en
coordination avec la préparation et le suivi des conférences
mondiales des Nations-Unies sur les femmes.
Par ailleurs, le Comite rend compte de
ses travaux à la Conférence des Ministres de la
CEA, et lui soumet ses recommandations pour décision.
Madame la Présidente,
L'ordre du jour de la présente
réunion du Comité s'articule autour de trois volets:
Le premier est consacre à l'examen des rapports d'activités
des institutions intergouvernementales, régionales et
sous-régionales,
Le deuxième volet sera consacré à l'examen
du Programme de suivi et d'évaluation de la mise en oeuvre
du Plan d'Action Africain, adopté lors de la 6eme conférence
régionale africaine sur les femmes, en novembre 1999,
Tandis que le troisième volet nous offrira l'opportunité
d'échanger nos points de vue sur un thème qui
est au centre des questions prioritaires relatives au développement
économique du continent.
Cette année, ce thème porte
sur l'approche genre dans les stratégies nationales de
réduction de la pauvreté. En inscrivant ce thème
parmi les points constituant l'ordre du jour de notre réunion,
le Centre africain pour les femmes, rebaptisé depuis
peu "Centre africain pour le Genre et le Développement",
a tenu à partager avec vous un document-cadre qui va
guider ses activités en la matière pour la période
2001-2005.
Nous souhaitons faire part aux planificateurs,
ainsi qu'aux décideurs en matière de politique
macroéconomique, des doutes que nous avons quant à
la réalisation de l'objectif général de
réduction de la pauvreté de 50%, sur la base de
stratégies visant à assurer un taux de croissance
économique constant de l'ordre de 7% d'ici l'an 2015.
Nous voudrions en effet mettre en exergue
certaines lacunes que présentent d'ores et déjà
les stratégies proposées dans bon nombre de pays
africain, et exhorter les planificateurs à les combler,
tant que faire se peut.
C'est la, nous semble-t-il une nécessite
dont on ne peut se détourner si nos états veulent
éviter de faire à terme le constat d'échec
que tout le monde s'accorde à reconnaître aujourd'hui
quant à l'inefficacité des programmes d'ajustement
structurels dans l'élimination des causes structurelles
de la pauvreté.
Les lacunes en question proviennent,
à mon avis, du refus persistant de faire une lecture
correcte et peut-être plus réaliste des facteurs
humains et sociaux aui sont à l'origine de la pauvreté;
et d'en tenir compte dans les instruments d'appréciation
de l'économie nationale.
Les méthodes et outils d'estimation
des ressources nationales et de leur potentiel de croissance
continuent d'exclure injustement la contribution des femmes,
et par voie de conséquence, de banaliser le potentiel
intellectuel, technique et social que ces femmes représentent.
L'analyse des thèmes inscrits
dans le deuxième et le troisième volets de l'ordre
du jour de nos travaux devrait déboucher sur des recommandations
visant à inciter les gouvernements et les institutions
intergouvernementales à opter pour une réelle
prise en compte des objectifs d'égalité des sexes.
Cette prise en compte doit intervenir
dans l'accès aux ressources et aux opportunités,
ainsi que dans la prise de décision concernant ces ressources,
et ce dans tous les programmes sectoriels de développement.
Afin d'alléger nos discussions
en plénière, mais aussi pour nous orienter vers
des recommandations pertinentes à soumettre aux ministres,
nous avons prévu dans le programme du Comité deux
ateliers de travail qui offriront à des personnes ressources
non membres du Comité, sélectionnées selon
leur profil et leur expérience, un cadre permettant de
faire l'examen technique des deux thèmes en question.
Nous espérons pouvoir vous soumettre
demain après-midi le fruit de leurs réflexions
et rendre le débat encore plus riche et fructueux.
Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs,
Sans vouloir prendre davantage de votre
temps, je terminerais mon propos en souhaitant plein succès
aux travaux de la Réunion des experts du Comité
Femmes et Développement,et en vous souhaitant à
vous tous ici présents, un très bonet fructueux
séjour en Ethiopie.
Je vous remercie de votre aimable attention
.
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