Message du Président Abdoulaye Wade
à la conférence régionale africaine préparatoire au sommet mondial sur la société de l’information

Accra 2-3 Février 2005

Mesdames messieurs les représentants des Etats, de la société civile et du secteur privé,

N’eut été un calendrier particulièrement chargé au moment ou se tient votre conférence régionale, je me serais une fois de plus joint à vous pour discuter de la question cruciale de l’implication de notre continent à la société de l’information.

A Bamako en 2002, à l’occasion de la conférence régionale préparatoire au sommet de Genève, nous avons ensemble su créer les conditions pour bien faire entendre la voix de l’Afrique et poser les bases d’une vision globale pour lutter efficacement contre la fracture numérique.

En votre nom, j’ai porté ce message à la PREPCOM 2 de Genève où j’ai lancé, au nom du NEPAD, le concept de solidarité numérique.

Les résultats tangibles obtenus et le soutien précieux apporté par de nombreux pays et surtout par les pouvoirs locaux ont permis de donner une grande impulsion à cette initiative de notre continent.

Au moment où vous tenez cette réunion régionale et à quelques jours de la PREPCOM 1 du sommet de Tunis, je suis heureux de constater que le continent tout entier s’est mobilisé pour que la solidarité numérique ne soit plus seulement une idée, mais une réalité.

Le Président Obassanjo, Président de l’Union Africaine a retenu la date du 14 Mars 2005 pour le lancement officiel du Fonds de Solidarité numérique à Genève.

Ce sera l’occasion pour nous de concrétiser un projet qui j’en suis sûr, aura un impact certain dans la lutte contre la marginalisation intolérable de plus de 70 % de la population du globe relativement à ces autoroutes de l’information qui structurent notre avenir à tous.

A présent que le groupe de travail sur les mécanismes de financement a publié son rapport et que la preuve est faite de l’inadéquation des mécanismes existants pour prendre en charge les besoins extrêmement importants requis pour faire face à la demande non solvable, venant en particulier des populations des zones rurales, des femmes et des handicapés, je suis confiant sur le fait que les réticences et les craintes formulées par les bailleurs de fonds s’estomperont et que le fonds de solidarité numérique sera mieux perçu comme un mécanisme innovant qui ne cherche pas à se substituer aux autres mécanismes de financement existant, mais constitue une réponse appropriée et diligente aux énormes besoins d’infrastructure, de formation et d’équipement pour les zones déshéritées.

Je voudrais pour conclure souhaiter plein succès à vos travaux et que la mobilisation dont vous avez fait preuve jusqu’ici se renforce dans cette phase de mise en oeuvre importante, afin qu’à Tunis nous puissions donner la preuve de notre engagement total dans la mise en oeuvre du plan d’actions issu de la première phase du Sommet de Genève.

Le Président de la République du SENEGAL
Abdoulaye Wade