Progrès de la Banque dans la mise en œuvre des activités de renforcement des capacités en Afrique, dans le contexte du Programme de comparaison internationale pour l'Afrique

Groupe de la Banque Africaine de Développement

Division statistique

Résumé. Le Groupe de la Banque Africaine de Développement a lancé un programme de grande envergure impliquant 52 pays africains dans le but de renforcer les capacités de ces pays afin de fournir des données actuelles et fiables pour l'élaboration, la mise en œuvre , l'évaluation et le suivi des progrès enregistrés dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ainsi que les Stratégies de Réduction de la Pauvreté (SRP). La fourniture de données actuelles et fiables sera également utile dans la mise en œuvre du NEPAD, les politiques basées sur des données fiables et validées et l'évaluation des politiques visant à mesurer l'impact du développement.

La Banque met en œuvre les activités précitées dans le cadre du PCI-Afrique dont l'objectif est de renforcer la synergie entre le PCI et les programmes nationaux de statistique en Afrique. Le PCI est une initiative statistique mondiale qui vise à générer des parités de pouvoir d'achat (PPA) qui facilitent des comparaisons internationales au niveau des prix, et des agrégats économiques en valeur réelle. Le PCI-Afrique se démarque du PCI des autres régions du monde dans le cadre de la mise en œuvre du programme en ce sens qu'il constitue un tremplin pour le renforcement des capacités statistiques en Afrique. Actuellement le soutien des activités dans les pays est fourni dans les 8 secteurs stratégiques suivants : (i) la mise en œuvre des activités principales du PCI, (ii) le développement du cadre stratégique pour le renforcement des capacités statistiques en Afrique en collaboration avec la CEA, Paris21 et la Banque mondiale, (iii) l'aide aux pays africains dans le développement de leurs stratégies nationales pour le développement des statistiques, (iv) la mise en œuvre de documents de recherche sur les la PPA basé sur la mesure de la pauvreté, (v)la mise en œuvre d'une initiative conjointe BAD/PNUD sur la culture statistique et les OMD (vi) l'assistance aux pays dans le cadre de la mise en œuvre du Système des Comptes Nationaux 1993, (vii) l'appui aux pays africains pour améliorer les statistiques des prix, et (viii) la formation des fonctionnaires et des étudiants des pays à travers les centres de formations statistique et les universités.

1. Apercu

1. La capacité des agences nationales de statistiques à fournir en dehors des pressions politiques, des informations socio-économiques objectives et fiables est essentielle pour assurer l'élaboration et la mise en œuvre de politiques de développement. Les données sures permettent de s'assurer que les mesures officielles sont prises sur une base solide. Malheureusement, dans beaucoup de pays africains, une grande partie des données principales requises pour fournir une vue d'ensemble générale satisfaisante des politiques sont indisponibles. Lorsqu'elles sont disponibles, dans beaucoup de cas, il y a également un besoin pressant d'améliorer la couverture, la qualité et l'opportunité des statistiques.

2. Les informations recueillies par la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International (FMI), les agences des Nations Unies comme d'autres établissements spécialisés indiquent que beaucoup de pays africains accusent des retards dans la fourniture de statistiques fiables pour la prise de décision des gouvernants et des décideurs. Celles-ci se traduisent par l'incapacité à satisfaire les demandes de données pour le suivi des progrès enregistrés dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ainsi que les Stratégies de Réduction de la Pauvreté (SRP).

3. Pour une compréhension plus profonde du problème, la BAD a conduit des évaluations statistiques dans 49 pays africains entre décembre 2002 et octobre 2003. L'objectif principal était de procéder à un examen détaillé des systèmes statistiques nationaux (SSN) et d'examiner les statistiques produites, en mettant un accent particulier sur les comptes nationaux et les statistiques des prix, et fournir ainsi une base pour concevoir un programme statistique approprié d'aide de la Banque aux pays.

4. L'analyse des rapports d'évaluation a prouvé que dans plusieurs pays, les conditions minimales requises en ce qui concerne la compilation des indicateurs socio-économiques disponibles à temps réels et fiables n'étaient pas remplies. Il a été généralement constaté que la recherche et le développement de méthodologies n'étaient pas considérés comme des priorités comme cela devrait être dans les Instituts Nationaux de statistique (INS) des Pays Membres Régionaux (PMR). Ceci est exacerbé par l'absence de la dimension recherche dans les méthodologies statistiques. En outre, les INS ont tendance à prendre des raccourcis pour résoudre des problèmes méthodologiques en utilisant des approximations ou des méthodes déjà appliquées ailleurs (qui peuvent ne pas être adaptées aux situations locales), ou à recourir aux solutions de conception extérieure.

5. Les INS de certains pays n'ont pas l'expertise nécessaire pour s'adapter aux nouveaux défis, tels que la production des statistiques de pauvreté et de genre nécessaires à la résolution de ces problèmes. Ceci peut être attribué en partie aux programmes d'études des centres de formation statistiques en Afrique qui n'incluent pas la formation continue des fonctionnaires des INS.

6. Les évaluations statistiques ont également indiqué que seulement quelques pays en Afrique accordent une priorité élevée à la production statistique. Dans ces pays, les planificateurs et les décideurs se sont rendus compte de l'importance de l'information statistique et utilisent intensivement les statistiques dans la gestion macro-économique basée sur des résultats effectifs ainsi que dans le cadre du suivi des programmes et des rapports d'activité. Les INS de ces pays bénéficient du soutien budgétaire minimum pour concevoir des outils statistiques dans les programmes nationaux importants et contribuant ainsi à accorder plus de crédit à la statistique. La gestion efficace des affaires publiques des PMR exigerait par conséquent la sensibilisation des politiciens, des planificateurs et décideurs au sujet de l'importance stratégique des données et de l'information statistique dans la formulation de politiques de développement et des mécanismes de suivi.

7. Beaucoup d'INS manquent de ressources humaines pour maintenir ne fût-ce que des activités de routine de base. Dans un certain nombre de pays, cela est dû au fait que le personnel qualifié ne peut pas être attiré et maintenu dans les services de statistique en raison des modalités et des conditions de service ou d'une interdiction provisoire de recrutement des fonctionnaires, y compris le personnel statistique.

8. Il y a également un manque général de qualifications dans des secteurs principaux des données tels que les comptes nationaux, les enquêtes, les statistiques agricoles, le produit intérieur brut (PIB ), les prix et l'analyse de données et dans de nouveaux secteurs comme les statistiques de l'énergie, les statistiques environnementales et les statistiques de genre. Ces manques de compétence sont dus en grande partie aux faibles opportunités de spécialisation en statistique offertes dans beaucoup de pays africains. En conséquence, beaucoup de INS n'ont pas la capacité de s'adapter aux nouveaux défis et de satisfaire les nouvelles demandes des données. D'ailleurs, dans beaucoup de pays visités, aucune stratégie n'a été mise en place pour évaluer systématiquement, de façon continue, les conditions dynamiques de demande de données.

9. La plupart des instituts nationaux de la statistique rencontrent des problèmes financiers à des degrés variables. Dans les pays où les statistiques ne constituent pas une priorité, de graves coupes budgétaires sont fréquentes. Dans plusieurs de ces pays, la contribution des bailleurs de fonds a joué un rôle principal en permettant de conserver certaines activités importantes. Il y a par exemple des pays où l'on a signalé que 70 à 90 pour cent des budgets des INS étaient fournis par les bailleurs de fonds.

10. Les évaluations ont également indiqué que certains INS n'ont pas de locaux qui leur appartiennent ; ces locaux s'avèrent inadéquats pour mener leurs activités. Presque tous les INS ont un problème de manque d'équipements tels que des ordinateurs, des photocopieurs, des imprimeurs et sont également confrontés à des problèmes de transport. Ces problèmes compromettent la productivité des INS.

11. Très peu de pays ont établi les bases de données complètes et à jour pour le stockage et la récupération facile des données statistiques. Le manque de bases de données est attribué au manque d'équipement, aux carences informatiques et à des problèmes connexes.

12. Dans beaucoup de pays, la qualité des séries chronologiques est en deçà des normes internationales.  La couverture des indicateurs importants comme le PIB et l'indice des prix à la consommation (IPC) demeure limitée ; l'exactitude de certaines séries de données est incertaine dans les domaines des comptes nationaux, des statistiques du travail et de l'emploi, des statistiques sur les récoltes et des effectifs des bétails ainsi que des statistiques du commerce extérieur ; les divergences entre les données de sources différentes sont courantes en particulier dans les pays avec peu ou pas de coordination statistique ; la désagrégation des données est la plupart du temps insatisfaisante ; les métadonnées relatives à des programmes statistiques principaux ne sont pas organisées par manque de formation sur les métadonnées ; beaucoup de séries produites ne répondent pas au besoin des utilisateurs ; la plupart des statistiques produites le sont en retard si bien que leur utilisation pose problème et elles sont peu utiles une fois publiées ; en raison du manque de banques de données et de stratégies inefficaces de diffusion, la majeure partie des séries statistiques produites ne sont pas faciles d'accès, ce qui contribue à décourager les utilisateurs statistiques.

13. En outre, dans beaucoup de pays, les lois régissant l'organisation et les activités statistiques, en particulier les dispositions prises concernant la coordination, sont souvent inadaptées et ne reflètent plus les nouvelles réalités des pays. Ceci a entre autres contribué à l'inefficacité des systèmes statistiques.

14. Les systèmes statistiques en Afrique sont essentiellement décentralisés avec comme acteurs les ministères qui produisent les données des secteurs et les Instituts nationaux de statistique qui agissent comme agences de coordination. Cependant, dans une majorité des pays, les INS n'ont pas exécuté leur fonction de coordonnateur du système statistique national, principalement pour cause de sous-effectifs et de manque de ressources. En l'absence de coordination, les systèmes statistiques nationaux ont continué à produire des données souvent ni conformes ni comparables, partant, non fiables pour la formulation de politiques de développement et le suivi des objectifs.

15. Suite à l'identification de ces problèmes statistiques en Afrique, la BAD a décidé de lancer un large programme de renforcement statistique des capacités couvrant 52 pays africains. Le programme est mis en œuvre dans le cadre du projet PCI-Afrique coordonné par la Banque. Dans le contexte du PCI, la Banque a le devoir d'organiser et superviser la collecte des statistiques des prix dans les pays africains pour faciliter le calcul des parités de pouvoir d'achat (PPA) nécessaires aux comparaisons internationales des niveaux des prix, et au calcul des agrégats économiques en valeur réelle. Le PCI-Afrique se démarque du PCI des autres régions du monde en ce sens qu'il constitue un tremplin pour le renforcement des capacités statistiques en Afrique en vue de fournir en temps opportun des données fiables pour l'élaboration, la mise en œuvre , l'évaluation et le suivi des progrès enregistrés dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ainsi que les stratégies de réduction de la pauvreté (SRP). La fourniture de données actuelles et fiables est également essentielle dans l'exécution du NEPAD, les politiques basées sur des données fiables et validées, et l'évaluation des politiques visant à mesurer l'impact du développement. Le programme est mis en œuvre en partenariat avec la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), le département pour le développement international (DFID), la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), PARIS21, la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE-France) et l'Office national des statistiques Britannique (ONS-R.U.) et plusieurs autres organisations sous régionales.

16. Les activités actuelles du renforcement des capacités statistiques sont fournies dans les 52 pays africains et dans les 8 secteurs stratégiques suivants :

  • la mise en œuvre des activités principales du PCI,

  • le développement du cadre stratégique pour le renforcement des capacités statistiques en Afrique.

  • l'aide aux pays africains dans le développement de leurs stratégies nationales pour le développement des statistiques,

  • la recherche sur les PPA relatives à la pauvreté,

  • la mise en œuvre d'une initiative conjointe BAD/PNUD sur la culture statistique et les OMD

  • l'assistance aux pays dans le cadre de la mise en œuvre du Système de Comptabilité Nationale 1993

  • l'appui aux pays africains pour améliorer leurs statistiques des prix, et

  • la formation des fonctionnaires et des étudiants des pays dans les centres de formations statistique et les universités.

17. En termes de ressources humaines et d'aide financière aux pays participants, et afin de faciliter la mise en œuvre du programme de renforcement des capacités statistiques, la Banque dispose d'une équipe comprenant 12 statisticiens professionnels, 9 associés de recherche et 4 assistants administratifs pour gérer les activités du PCI-Afrique. En outre, des consultants sont recrutés régulièrement pour aider l'équipe sur divers aspects du programme qui requièrent une expertise additionnelle.

18. Le budget de réalisation des activités du PCI-Afrique dans les 52 pays participants est de l'ordre de 37.605 millions de dollars EU pour la période 2004-2007. Le Groupe de la Banque couvre une importante partie (28.17 millions de dollars EU) du montant total. Les autres ressources proviennent de la Banque mondiale (3 millions de dollars EU sur 3 ans), DFID (1 million de dollar EU), la Norvège (0.19 million de dollars EU), le fonds Indien (0.1 million dollars EU), la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF - 1 million de dollar EU), les autorités japonaises (0.665 million de dollar EU) et les pays participants (3.48 millions de dollar des EU) par leurs budgets statistiques réguliers.

2. Les dispositions actuelles du Groupe de la Banque dans le domaine du renforcement des capacités statistiques en Afrique

2.1 Mise en œuvre des activités principales du PCI

Les objectifs généraux du programme

19. La Banque africaine de développement, en tant que Coordonnatrice régionale du PCI-Afrique, a reconnu le besoin urgent d'aller au-delà de la détermination des PPA de comparaison des agrégats économiques entre pays. Aussi, a-t-elle choisi d'inclure dans le programme, l'assistance aux pays en vue de satisfaire la demande des gouvernements et de la communauté internationale de disposer de données fiables et de bonne qualité sur le développement, qui doivent aussi être disponibles à temps, régulièrement. Avec le PCI-Afrique, les efforts de la Banque ne visent pas seulement à accroître l'étendue du PCI en Afrique mais également à fournir l'assistance technique et financière aux pays participants dans les activités principales ou connexes au PCI, et à renforcer les capacités, particulièrement dans les domaines des statistiques de prix et de la comptabilité nationale.

20. Dès lors, le programme vise à renforcer les capacités des pays africains afin de satisfaire la demande de données fiables et disponibles à temps pour appuyer le suivi des OMD, des stratégies de réduction de la pauvreté, du NEPAD et des initiatives de gestion axés sur les résultats, ainsi que des systèmes d'évaluation de l'efficacité du développement.

Les objectifs spécifiques du PCI

21. Le PCI vise à produire des données de prix, des valeurs des dépenses et des parités de pouvoir d'achat (PPA), qui permettent la comparaison internationale des niveaux de prix et des agrégats économiques en termes réels. En effet, il semble évident que la mesure des agrégats économiques basée sur les taux de change ne reflètent pas les différences de niveaux de prix entre les pays et ainsi, ces indicateurs semblent peu appropriés à la prise de décision qui, en principe, requiert des données de PPA basées exclusivement sur les volumes, indépendamment de toute distorsion de prix.

Les étapes de la détermination des PPA

22. Une PPA est définie comme le rapport entre d'une part le nombre d'unités monétaires d'un pays B requis pour y acheter un panier de biens et services et d'autre part le nombre d'unités monétaires d'un autre pays A requis pour le même achat dans cet autre pays. Dans une situation simplifiée où l'on considère un bien unique, la PPA d'un pays A par rapport à un pays B s'exprime comme le rapport du prix P(A) du bien en question dans le pays A au prix P(B) du produit identique dans le pays B.

23. Lorsque plusieurs produits entrent en ligne de compte, les rapports de prix devront être calculés et agrégés en deux étapes. En premier lieu, le calcul des parités élémentaires pour chaque groupe homogène et détaillé de produits et ensuite, l'agrégation de ces parités élémentaires du niveau de groupe détaillé à un niveau supérieur composite tel que la viande, l'habillement, les aliments, la consommation des ménages, la consommation des administrations publiques, les biens d'équipement, la construction et le génie civil etc. Si les prix moyens nationaux d'un échantillon de biens et services sont nécessaires au calcul des parités élémentaires, les estimations des pondérations relatives aux dépenses décomposées du PIB sont nécessaires pour agréger ces parités.

La stratégie du PCI

24. La BAD a formé un consortium de partenaires nationaux, régionaux et internationaux en vue d'identifier les synergies, coordonner les efforts et mobiliser les ressources. Ceci est essentiel pour une mise en œuvre opérationnelle d'un programme statistique régional durable. Dans ce contexte, le PCI-Afrique est utilisé comme une plate-forme régionale de partenariat efficace aux niveaux national, régional et international. Des efforts notables ont été entrepris pour établir des accords avec des organisations internationales et régionales impliquées dans le développement statistique en Afrique parmi lesquels DFID-GB, NORAD (Agence norvégienne pour le développement), le Japon, la Banque Mondiale, la CEA, le FMI, le PNUD, ACBF, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Organisation internationale du travail (OIT), la FAO, PARIS21, l'Observatoire économique et statistique de l'Afrique sub-saharienne (Afristat), la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), la Communauté de l'Afrique australe et de l'est (COMESA), l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Uemoa) et la Communauté économique des états de l'Afrique de l'ouest (Cedeao), tous membres du Conseil de gestion du PCI-Afrique.

25. Les efforts de tous les partenaires sont mobilisés dans le cadre de séminaires régionaux et l'assistance technique et financière nécessaires à la mise en œuvre du PCI-Afrique au niveau national. Les Instituts nationaux de statistique sont responsables de la collecte des données au niveau national et de la gestion du programme. Au niveau sous-régional, des organisations sous-régionales (OSR) données - Afristat, COMESA, Cedeao et SADC - sont responsables de la gestion des opérations dans les pays pour la phase de collecte des données. Leurs activités comprennent l'adaptation des méthodologies aux réalités des pays, la formation et le travail de terrain. Les OSR veillent à ce que les initiatives de renforcement des capacités soient compatibles avec les recommandations et programmes sous-régionaux de leurs pays membres respectifs. Elles utiliseront aussi le PCI-Afrique et le SCN-93 comme des outils intégrés d'évaluation de leurs systèmes de convergence économique. A travers leur participation au programme, les OSR bénéficieront d'une assistance dans le renforcement de leurs capacités internes en matière de planification, gestion et suivi des enquêtes dès lors que la production des données nationales nécessaires aux PPA doit faire l'objet d'une collecte régulière dans les pays.

26. Pour que cet exercice devienne permanent, les éléments spécifiques aux pays dans la stratégie du PCI-Afrique couvrent (a) l'établissement du maximum de synergie entre les efforts de collecte des données du PCI et les programmes statistiques nationaux habituels, (b) le renforcement des capacités institutionnelles à travers l'assistance et la formation aux questions techniques et administratives, (c) l'appui financier, technique et logistique tel que le matériel et les logiciels de collecte, la validation et le traitement des données, (d) la création et la maintenance de bases de données et l'amélioration de la qualité ainsi que la réduction des délais de mise à disposition des publications et la diffusion des données et enfin (e) la promotion de l'utilisation des statistiques à des fins de prises de décisions de politiques et d'évaluation des progrès réalisés.

Activités entreprises depuis le lancement du PCI en juin 2002

27. La Banque africaine de développement a commencé les activités préparatoires en juin 2002 à la suite du séminaire de lancement tenu du 2 au 4 décembre 2002 à Addis-Abeba en Ethiopie. La mise en œuvre du programme s'est effectuée à travers dix étapes : (a) la poursuite des activités préparatoires ; (b) l'évaluation statistique des systèmes nationaux de statistique dans les pays participants ; (c) l'élaboration des méthodologies spécifiques à des domaines précis ; (d) l'élaboration des Descriptions Structurées des Produits (DSP) et de la liste des produits qui en découle pour les biens et services de la consommation des ménages dont les prix devront être observés dans les pays ; (e) la préparation des instruments d'enquête et l'impression des catalogues des produits et des questionnaires d'enquête ; (f) la constitution des équipes des bureaux nationaux de coordination du PCI-Afrique ; (g) la formation de ces équipes et des cadres des Organisations sous-régionales aux procédures d'acquisition, de décaissement et d'audit ; (h) l'établissement d'une coopération statistique à l'échelle nationale, sous-régionale et internationale ; (i) l'organisation de réunions et séminaires régionaux et (j) la mise en œuvre des activités de terrain du PCI-Afrique. Les détails de ces points saillants du programme sont fournis ci-dessous.

(a) Les activités préparatoires comprenaient : (i) la constitution à la BAD de l'équipe PCI-Afrique chargée de la gestion quotidienne du programme, (ii) la préparation des guides pour la pré-évaluation statistique des pays participants ; (iii) l'assurance de la participation des 52 pays africains, (iv) la mobilisation des fonds au profit du programme.

(b) Les évaluations statistiques ont été conduites dans 49 pays africains pour appréhender les conditions qui prévalent dans les pays, les forces et les faiblesses des systèmes statistiques dans ces pays aux fins d'identifier les domaines à renforcer à travers le PCI-Afrique.

(c ) L'élaboration des méthodologies spécifiques à des domaines donnés comprend une étude pilote sur les PPA de pauvreté et le traitement des biens d'équipement et une étude pilote sur l'enquête sur la construction :

(i) L'étude pilote sur les PPA de pauvreté a démarré à la Banque en collaboration avec la Banque mondiale dans l'objectif de faciliter la mesure de la pauvreté au niveau régional et global. Les résultats préliminaires de l'étude ont été présentés lors du séminaire régional de mai 2003 et les travaux sur ce volet sont encore en cours.

(ii) Un document méthodologique qui pourrait être utilisé pour la collecte des prix des biens d'équipement, aussi bien que les services de logement (loyers) a été commandé et préparé par le bureau de coordination mondiale, en collaboration avec l'équipe de la BAD et les pays africains dans l'élaboration du questionnaire de base.

(iii) Une étude sur les prix et les coûts relatifs à la construction et le génie civil, qui s'appuie sur la notion de panier de composantes de la construction, a été ordonnée par la BAD et adoptée pour l'exercice PCI au niveau mondial.

(d) L'élaboration des Descriptions Structurées des Produits (DSP) pour les produits de la consommation des ménages a été conduite conjointement par la BAD et les pays participants pour faciliter l'établissement de la liste des produits et l'harmonisation de l'identification des produits à observer dans les pays. La DSP est une méthode systématique d'identification des déterminants des prix des produits à observer. La liste de 853 biens et services qui en a résulté a été finalisée et soumise aux pays dans le cadre de leur préparation à la collecte des données.

(e) La préparation des instruments d'enquête et l'élaboration du catalogue des produits et des formulaires de collecte - Un projet de manuel des superviseurs et des agents de collecte a été préparé par la Banque Mondiale et amendé pour tenir compte des instructions spécifiques relatives aux questionnaires préparés par la BAD. Un mécanisme de contrôle de qualité et des procédures régulières de transmission des rapports d'exécution depuis le niveau des agents de collecte aux superviseurs et à la coordination nationale ont été aussi mis en place. Le catalogue des produits et les formulaires de collecte ont été préparés, imprimés et mis à la disposition des pays au démarrage des opérations.

La Banque s'est aussi convaincu que la production de données du PCI fiables et pertinentes est la clé principale de la reconnaissance et du succès de ce programme. Ceci dépend fortement d'un cadre d'enquête correctement élaboré et des opérations de collecte et de validation dans chaque pays. Gardant à l'esprit cet élément important, la BAD a assisté tous les pays participants dans l'élaboration de cadres d'enquête spécifiques servant à (i) réaliser et suivre efficacement la mise en œuvre des opérations de collecte des données du PCI et (ii) rationaliser l'intégration du PCI et des activités de l'IPC ; spécifiquement parlant, assurer que les activités relatives à l'Indice des prix à la consommation (IPC) tirent profit de la mise en œuvre du PCI. A travers le processus d'élaboration du cadre d'enquête, les pays ont été à même de préparer leur plan de travail et le calendrier des activités, passer en revue des plans alternatifs, déterminer leur besoin en ressources humaines, y compris le nombre d'agents de collecte et de superviseurs à mobiliser parmi les membres du personnel contractuels et des besoins en terme de ressources humaines nouvelles, - agents à temps plein ou partiel- nécessaires à la mise en œuvre du programme. En plus, le cadre d'enquête a été une occasion pour discuter et s'accord sur le système de communication et d'interaction avec le personnel de terrain.

Les cadres d'enquête ont servi de guides pour l'échantillonnage des points de collecte des différents produits. Puisque les pays n'avaient pas de base d'échantillonnage pour la collecte des données, des procédures d'échantillonnage à choix raisonnés ont été recommandées. Tous les efforts ont été mis en œuvre pour maintenir tous les points de vente couverts par l'IPC et utiliser des agents de collecte et l'infrastructure de l'IPC dans les opérations du PCI.

(f) Des bureaux de coordination nationale ont été établis dans tous les pays. Ils se composent d'un coordonnateur national, d'un adjoint au coordonnateur et d'un assistant administratif. Etant donné que les statistiques de prix et la comptabilité nationale sont les parties essentielles du Programme, le coordonnateur national et son adjoint nommés par le pays doivent avoir des spécialités complémentaires afin de couvrir ces deux domaines.

(g) La formation des équipes nationales de coordination et des organisations sous-régionales dans les procédures d'acquisition, de décaissement et d'audit : L'assistance financière est une contribution majeure de la BAD aux pays participants. En recevant et en utilisant ces ressources, les pays s'engagent à respecter strictement les procédures d'acquisition, de décaissement et d'audit de la BAD. Les membres des équipes nationales de coordinations ont reçu des formations sur ces règles et procédures à travers quatre sessions de formation (Windhoek, Johannesburg, Yaoundé et Tunis). Chaque session a duré trois jours ; les formations se sont tenues entre octobre 2003 et septembre 2004. Y ont participé plus de 200 officiels venant de 51 pays, des Organisations sous-régionales et des Centres de formation statistique.

(h) Les activités de coopération statistique ont pour objectif de renforcer le partenariat dans le contexte du PCI et couvrent notamment la participation de la Banque dans les groupes de travail ou programmes dirigés par d'autres institutions telles que la CEA, PARIS21, la Cedeao, l'UEMOA, Afristat, SADC et COMESA. Pour le développement statistique dans la région africaine, la BAD est membre fondateur du Forum africain sur le développement de la statistique (FASDEV). La Banque a aussi forgé des partenariats avec les principales organisations internationales et régionales impliquées dans le développement statistique en Afrique en vue de poursuivre des programmes orientés vers le renforcement des capacités des systèmes statistiques nationaux.

(i) Les séminaires régionaux : Seize séminaires régionaux et sous-régionaux et un nombre appréciable de réunions ont été organisés pendant les deux dernières années (2003-2005). Le premier séminaire régional du PCI-Afrique s'est tenu à Addis-Abeba du 19 au 23 mai 2003 en vue de définir les objectifs et les stratégies du programme. Il a été suivi par la première réunion du comité de gestion du PCI-Afrique tenue toujours à Addis-Abeba le 25 juillet 2003. Suivant les décisions de cette réunion du comité gestion, deux séminaires supplémentaires du PCI-Afrique ont été organisés à Windhoek pour les pays de la SADC du 6 au 11 octobre 2003 et tous les coordonnateurs nationaux du programme du 13 au 15 octobre 2003. Le séminaire du 6 au 11 octobre 2003 pour les pays de la SADC visait à faciliter l'incorporation des méthodologies du PCI au programme de travail de la SADC tandis que celui du 13 au 15 octobre a couvert les procédures d'acquisition, de décaissement et d'audit de la Banque.

Le séminaire sur les DSP pour l'alimentation et l'habillement et la décomposition du PIB s'est tenu du 3 au 17 décembre 2003 à Johannesburg. Ce séminaire a rassemblé plus de 150 officiels représentant 50 pays africains et diverses organisations internationales et sous-régionales.

Une autre session parallèle rassemblant tous les Centres de formation statistique en Afrique a été organisée durant ce séminaire. Cette session a échangé sur le rôle des Centres de formation statistique dans le renforcement des capacités à travers des activités s'inscrivant dans le cadre de l'IPC. Les discussions se sont concentré sur les meilleurs moyens pour réaménager les programmes de formation de ces centres et introduire des aspects spécifiques au PCI dans leurs programmes de formation ainsi que la meilleure manière d'organiser de courts modules de formation spécifiques au PCI.

Un séminaire régional du PCI-Afrique a eu lieu du 26 avril au 4 mai 2004 à Yaoundé. Il a réuni plus de 200 fonctionnaires provenant de 51 pays africains, organisations sous-régionale et internationale. Le séminaire a été organisé en trois ateliers parallèles : premièrement pour les directeurs des Instituts nationaux de statistique (INS) afin de passer en revue les rapports de pré évaluation statistique effectuée par la BAD dans leur pays, de formuler une synthèse des problèmes qui se posent aux INS et de discuter également des aspects relatifs aux décaissements et aux passations de contrats dans le cadre de l'exécution des activités du PCI dans leur pays ; deuxièmement pour les coordonnateurs nationaux, leurs adjoints et les représentants des instituts statistique de formation en Afrique afin de discuter principalement du cadre général d'enquête des prix du PCI, de la liste des biens de consommation des ménages dont les prix devront être relevés, de la collecte des données (basée sur l'approche DSP) des machines et équipements, de la construction et des travaux de génie civil. Les discussions ont également porté sur les tableaux d'équilibre ressources-emplois et la revue de la nomenclature de base du PCI-Afrique ainsi que les différents tableaux de passage. Troisièmement, en parallèle, un cours sur l'indice des prix à la consommation (IPC) et les méthodologies du PCI, a été dispensé conjointement par le FMI et la BAD pour les statisticiens des prix des PMR. En outre, le Conseil de gestion du PCI-Afrique a tenu une réunion pour passer en revue l'état d'avancement des activités et pour approuver le programme de travail de l'année suivante.

A la fin de la conférence, les directeurs des INS des 51 PMR représentés ont lancé une déclaration, connue sous le nom de "Déclaration de Yaoundé sur le développement statistique en Afrique", dans laquelle ils ont adopté le PCI-Afrique comme cadre de renforcement des capacités statistiques en Afrique et invité la BAD, les PMR, les institutions multilatérales et bilatérales à œuvrer ensemble pour le développement des systèmes statistiques fiables en Afrique (voir Annexe).

En prévision des enquêtes des prix auprès des ménages devant être conduites dans les 51 pays participants dès janvier 2005, la Banque a organisé du 20 au 24 septembre 2004 un séminaire régional du PCI-Afrique à Tunis. Ce séminaire a réuni tous les coordonnateurs nationaux du PCI-Afrique, ainsi que les représentants des organisations sous-régionales et internationales. L'objectif principal du séminaire était de discuter des questions-clé relatives au développement des cadres nationaux d'enquête, les principales directives à mettre en œuvre dans l'organisation de la collecte des prix, ainsi que la validation de la liste des produits des ménages à observer dans les pays. En outre, un atelier de formation sur le logiciel Toolpack du PCI (un logiciel développé par la Banque Mondiale pour aider les pays dans le traitement des données du PCI) a été organisé en faveur des formateurs chargés d'assister l'équipe du PCI-Afrique lors des sessions de formation spéciale prévues au niveau sous-régional et dans les pays. Par ailleurs, cinq autres séminaires de formation sur le ToolPack ont été organisés en 2004 à l'attention des experts des pays.

En 2005, un atelier régional a été organisé pour traiter principalement des questions relatives : (i) aux aspects généraux du contrôle de qualité des données de prix ; (ii) aux aspects de qualité basés sur les expériences de terrain et à la formation du personnel de terrain ; (iii) à la qualité de l'intégration PCI-IPC ; (iv) au SCN-1993 comme cadre intégré de contrôle de qualité. Le séminaire a recommandé qu'une série de séminaires sous-régionaux soient tenus pour contrôler les données fournies par les pays en utilisant l'ensemble des procédures de validation. Cinq de ces séminaires se sont tenus avant septembre 2005.

La BAD s'est engagée à ce que les pays lui fournissent des données de bonne qualité. A cet effet, il a été demandé aux pays d'effectuer les contrôles de saisie et de validation de leurs données avant de les transmettre à la BAD. Une fois à la BAD, ces données subissent une série de contrôles de la vraisemblance des prix moyens par rapport aux prix rapportés par les autres pays. Les résultats des contrôles et de la validation faite par la BAD sont présentés à des séminaires sous-régionaux dont les objectifs principaux sont de présenter l'état d'avancement des activités d'enquête dans la sous-région, d'analyser les problèmes rencontrés et d'en tirer les leçons, d'évaluer la qualité des données, les rapports des pays sur le contrôle des données et le processus de validation de celles-ci, de créer une compréhension commune sur la qualité des données et de formuler des recommandations et des directives pour à l'attention des pays.

(j) Mise en œuvre des activités de terrain du PCI : Le personnel et les consultants de la BAD et de l'ONS-UK ont visité quarante et un (41) pays en Mai-Juin 2005 afin de les aider les pays à commencer ou améliorer le processus de collecte de données. Les visites ont porté essentiellement sur les activités de pré-enquête, la formation du personnel de terrain, l'amélioration des budgets des pays, le démarrage de la collecte et le transfert des données. Les enquêtes pilotes, la formation des enquêteurs/superviseurs ainsi que la collecte de données, ont commencé aussitôt que possible en décembre 2004 et janvier 2005 dans quelques pays. En date d'août 2005, l'état d'avancement des activités de terrain se présente comme suit :

Trente huit pays (38) ont commencé la collecte de données dans les capitales et dans d'autres centres de collecte de données avant juillet 2005 ;

On s'attendait à ce que sept (7) autres pays (Botswana, Burkina Faso, Congo-Brazzaville, Ethiopie, Guinée-Bissau, Cap Vert, Togo) commencent la collecte de données en juillet-août 2005, tandis que 5 pays (Burundi, Comores, Djibouti, Libye et Seychelles) participent au programme pour des objectifs de renforcement des capacités et pourraient ne pas collecter les données. Deux (2) autres pays (Algérie et Éritrée) sont susceptibles de se mettre à l'écart ; ils n'ont pas encore démarré les activités préparatoires de collecte de données.

Prochaines étapes de la mise en œuvre du PCI en Afrique

28. Les enquêtes de prix du PCI relatives aux biens et services des ménages sont menées sur une base mensuelle pendant 12 mois, jusqu'en mai 2006. Cela est conforme aux critères fixés par la Coordination mondiale pour qui un minimum de deux trimestres de collecte de données, précédés par des enquêtes pilotes substantielles, est exigé pour de telles enquêtes. Les exceptions concernent les biens et services dont les prix sont soumis aux fluctuations saisonnières. Les prix de tels produits devront être collectés pendant et hors saison.

29. Les enquêtes sur les produits représentatifs des autres composantes du PIB tels que le logement, les services d'administrations publiques, les biens d'équipement, la construction et le génie civil seront effectuées une fois, pendant le premier semestre de 2006, selon la méthodologie établie et convenue.

30. Les enquêtes du PCI donneront leurs premiers résultats en 2006, sous la forme de PPA et d'indices du niveau de prix et de volume du PIB pour environ 44 pays qui auront collecté les données pour toutes les principales composantes de dépenses du PIB.

2.2 Développement du cadre stratégique pour le développement statistique en Afrique

31. En 2004, la BAD, l'ECA, PARIS21 et la Banque Mondiale ont appuyé la formation du Forum sur le développement statistique africain (FASDEV) qui regroupe principalement des institutions bilatérales et multilatérales travaillant dans le domaine des statistiques en Afrique. Le Forum a été établi pour examiner les voies et moyens visant à faciliter le développement des statistiques sur le continent. A cet effet, une des principales décisions du Forum est la nécessité de développer un cadre stratégique régional de référence pour le développement des statistiques en Afrique afin de guider le processus.

32. Le cadre se concentrera en particulier sur les orientations stratégiques et les instruments de mise en œuvre appropriés pour améliorer la planification, le financement, la gestion et la coordination des activités de développement statistique en Afrique. On s'attend à ce que ce nouveau cadre, une fois adopté par toutes les parties prenantes, aide à créer des synergies tant nécessaires, réduire la duplication des efforts et promouvoir le renforcement des capacités statistiques durables dans la région africaine.

33. Le développement du cadre est financé par la BAD, Paris21 et la Banque Mondiale. Une équipe de 5 experts internationaux, sous la supervision des experts de la BAD, de la CEA et de la Banque Mondiale, a été mise en place pour exécuter les tâches suivantes :

  • Passer en revue les cadres stratégiques et de développement appropriés au renforcement des capacités statistiques dans la région Afrique telle que le plan d'actions de Marrakech sur les statistiques (MAPS), le NEPAD, les OMD, les Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), les cadres sous-régionaux d'intégration économique, le Forum de niveau supérieur de Paris sur l'efficacité de l'aide et la Commission sur le rapport de l'Afrique.

  • Identifier les initiatives et programmes pertinents du passé, d'aujourd'hui et du futur visant à développer la statistique en Afrique, en étroite consultation avec les principales parties prenantes comprenant : (a) les Instituts nationaux de statistique ; (b) les organisations sous-régionales telles que AFRISTAT, CEDEAO, COMESA et SADC ; (c) les organisations internationales telles que la BAD, le FMI, PARIS21, la CEA, l'UNESCO, l'UNFPA, l'UNICEF, l'UNSD, l'OMS, et la Banque Mondiale ; et (d) les organisations bilatérales.

  • Évaluer l'état actuel des systèmes statistiques dans les pays anglophones et francophones de même que les autres pays avec un accent particulier sur les questions incluant mais non limitées: à  la planification ; aux pratiques budgétaires et de financement ; au cadre de normalisation ; au cadre organisationnel ; aux ressources humaines ; aux infrastructures physiques et aux équipements IT ; à la pratique, au processus, et aux opérations statistiques ; à la diffusion et à la disponibilité de données ; ainsi qu'à la coordination des donneurs. Cette activité reposera autant que faire se peut, sur un travail analytique de l'existant.

  • Rédiger un projet de cadre stratégique régional de référence basé sur les résultats des exercices ci-dessus. Le document devrait comprendre : (a) une description de la situation actuelle des systèmes statistiques et les contraintes de développement statistique ; (b) les bonnes pratiques dans la région ; (c) les orientations stratégiques globales et les recommandations détaillées sur la façon de corriger les contraintes identifiées et de formuler le développement de la statistique d'une manière durable ; (d) un cadre pour la mise en œuvre des recommandations proposées, indiquant la responsabilité des administrations publiques et des partenaires au développement, un chronogramme indicatif, et des estimations de coût ; (e) un plan de suivi avec des indicateurs de performance ; et (f) un mécanisme pour faire approuver le cadre stratégique régional de référence par toutes les parties prenantes.

2.3 Développement des stratégies statistiques nationales dans les pays africains

34. La banque soutiendra les pays africains dans leurs efforts de développer ou de mettre à jour leurs stratégies nationales pour le développement des statistiques (SNDS) durant l'année 2006 en conformité avec le plan d'action de Marrakech sur la statistique (MAPS). Cet effort vise à s'assurer que les exigences statistiques dans les pays africains sont enracinées dans des stratégies de développement plus larges telles que les DSRP, et non traitées comme une question séparée. L'objectif principal du processus de la SNDS est de :

  • Fournir une évaluation détaillée de l'état actuel du système statistique national (SSN) (forces, faiblesses, opportunités et menaces actuelles) ;

  • Satisfaire les besoins sectoriels, nationaux, régionaux et internationaux de données ;

  • Être aligné sur le programme de développement du pays ainsi que la stratégie de réduction de la pauvreté ;

  • Incorporer les points de vue de toutes les parties prenantes - en particulier les principaux producteurs et utilisateurs de données ;

  • Capitaliser et accroître la valeur des processus existants de données ;

  • Favoriser l'amélioration de la qualité des données en conformité avec les normes internationales et les bonnes pratiques ; et

  • Servir de cadre coordonné pour la mobilisation et l'utilisation des ressources (nationales, bilatérales et internationales).

35. Afin d'atteindre ces principaux objectifs et de mieux coordonner le travail d'élaboration ou de mise à jour des SNDS dans 51 pays africains, un Consultant en chef de la BAD a été recruté pour conduire les aspects techniques du travail et coordonner le travail des autres consultants qui seront recrutés pour effectuer les travaux dans les pays.

2.4 Renforcement des capacités sur les PPA relatives à la pauvreté

36. La Banque a entrepris une étude de recherche sur les PPA de pauvreté avec les objectifs immédiats de : (i) construire les profils de pauvreté nationaux utilisant les données de prix collectées dans le cadre du PCI-Afrique et les pondérations des dépenses obtenues à partir des enquêtes de dépenses des ménages, avec l'objectif de soutenir les DSRP nationaux, et (ii) traiter les questions de développement liées aux analyses de pauvreté régionale et mondiale, et compiler un ensemble de PPA qui sont plus appropriées pour déterminer des lignes de pauvreté réelle de $1et de $2 par jour à la fois pour la mesure de la pauvreté régionale et mondiale et le suivi du travail dans le but de produire des données actuelles et fiables pour soutenir les OMD.

37. Les objectifs finaux sont : (i) renforcer les capacités dans les statistiques de pauvreté, et (ii) intégrer les PPA spécifiques de pauvreté dans le flot des principales activités du PCI-Afrique. Dans ce large contexte, les objectifs spécifiques sont :

  • Evaluer la qualité des données de pauvreté actuellement disponibles par pays et par sous-région ;

  • Estimer les PPA à partir des données de prix collectées dans le cadre du PCI-Afrique 2005 et d'autres données de pauvreté spécifiques : structures de dépenses et prix ;

  • Préparer une monographie contenant la vue d'ensemble de la méthodologie, les procédures de collecte des données et les PPA, à publier en 2006 ; et

  • Fournir une évaluation de la qualité des indices de prix nationaux et des PPA de pauvreté à la lumière de l'expérience acquise durant le présent exercice du PCI-Afrique, et formuler des recommandations pour des initiatives de renforcement des capacités statistiques à mettre en œuvre dans un futur proche.

2.5 Suivi des OMD et la culture statistique

38. La BAD collabore avec le PNUD sur le projet de renforcement des capacités et la culture statistique, en vue d'assurer le suivi des OMD et des plans de développement nationaux. Il s'agit d'améliorer l'utilisation des méthodologies pour la gestion des politiques de développement. Le projet a pour objectifs généraux d'améliorer l'accessibilité des OMD et des données utilisées dans la planification nationale ; de renforcer les capacités ; et d'accroître l'utilisation des données dans les politiques et les plaidoyers publics. En ce qui concerne la culture statistique, le but est de développer les capacités parmi les fonctionnaires de l'Administration publique, les organisations de la société civile et les institutions universitaires pour une meilleure compréhension et une large utilisation des données, pour le suivi du progrès et la formulation des politiques de développement. La BAD coordonnera les activités dans la région Afrique à travers l'organisation des séminaires de formation des formateurs (au moins 12 participants par pays). La formation inclut l'apprentissage technique de l'utilisation de logiciels et la promotion de l'utilisation et de l'analyse des données.

2.6 Amélioration des comptes nationaux

39. L'information relative aux conditions socioéconomiques réelles est capitale dans bon nombre de secteurs relatifs au bien-être des populations et des ménages. Par ailleurs, la réalisation des objectifs de développement, fixés au niveau national ou issus d'accords internationaux, nécessite l'existence des données sur la performance économique et sociale, produites à temps et fiables. Les méthodes d'identification des obstacles à l'accomplissement d'un tel progrès sont absolument indispensables. La contribution propre et directe du gouvernement à ce processus est aussi exigée. Mais, dans maints pays africains, les données économiques fiables sont indisponibles ou ne respectent pas les règles et normes internationales. C'est particulièrement le cas pour les données détaillées sur les dépenses du PIB et les prix d'achat des principales catégories des biens et services commercialisés au sein de l'économie nationale.

40. Ceci se traduit par la faiblesse des données exigées en vue de répondre au suivi efficace du progrès vers la réalisation des OMD mondialement reconnus et en particulier afin d'atteindre les objectifs escomptés de réduction de pauvreté.

41. En vue de remédier à cette situation, la Banque a initié un certain nombre d'activités de renforcement des capacités dans les pays africains visant à les aider à améliorer leur comptabilité nationale en produisant :

  • des comptes nationaux en temps opportun ;

  • des comptes nationaux conformes aux normes internationales du SCN-1993.

  • des estimations indépendantes des dépenses des principaux agrégats macro-économiques du PIB et de leurs sous-composantes primaires ;

  • des mesures détaillés des dépenses relatives au secteur des ménages, particulièrement applicables aux groupes socio-économiques spécifiques tels que les personnes vulnérables et pauvres;

  • des informations des prix implicites dans les estimations des dépenses.

42. Ces activités seront mises en œuvre dans le cadre du PCI-Afrique sous la forme d'assistance aux pays participants dans la détermination des données détaillées des dépenses du PIB dans le contexte des Tableaux d'équilibre Ressources-Emplois (TERE).

43. Le manque de décomposition suffisamment détaillée et de bonne qualité du PIB qui pourrait être utilisée comme pondérations constitue un obstacle majeur au calcul des PPA. Plusieurs pays africains n'élaborent pas souvent le PIB selon l'approche des dépenses. Et quand bien même les données sur les dépenses du PIB seraient élaborées, elles ne sont pas disponibles à un niveau suffisamment détaillé, même pour les pays où les données de base fiables pourraient être obtenues à moindre coût. Le problème est accentué par le fait que dans la plupart des pays, malgré la réalisation récente d'enquêtes sur les dépenses des ménages, peu de pays ont veillé à la conformité des résultats de ces enquêtes aux données des comptes nationaux utilisées dans la détermination du PIB.

44. Dans ce contexte, la BAD aide également les pays dans la compilation des données détaillées de la décomposition du PIB, à travers un programme d'assistance technique dont les objectifs principaux sont : (i) fournir une évaluation détaillée de l'état actuel des comptes nationaux particulièrement en ce qui concerne l'état d'avancement de la mise en œuvre du SCN 1993 ou des entraves à cette mise en œuvre; (ii) capitaliser et accroître les sources des données existantes; (iii) promouvoir l'amélioration de la qualité des données en conformité avec les normes et bonnes pratiques internationales; (iv) obtenir les mesures précises des prix moyens nationaux des produits du PCI et la décomposition détaillée des dépenses du PIB ; et (v) mettre en place une base de données de séries chronologiques selon les principales approches de calcul du PIB, c.-à-d. l'optique valeur ajoutée par branche, et l'optique dépenses des principales catégories du PIB. Le travail au plan des comptes nationaux inclura le développement des tableaux d'équilibre Ressources-Emplois (TERE) que le PCI-Afrique utilise comme principal cadre de référence.

45. La Banque mobilise également des fonds et aide des organisations sous-régionales (AFRISTAT, SADC, COMESA et CEDEAO) et leurs Etats membres respectifs dans la mise à niveau de leurs systèmes des comptes nationaux selon le SCN-1993.

2.7 Rationalisation et amélioration des statistiques des prix en Afrique : Intégration du PCI et de l'IPC

46. Dans la plupart des pays, les problèmes de statistiques des prix sont liés principalement à des contraintes de collecte des données : couverture géographique restreinte, portée limitée, contrôle des données, structures de pondération, calcul des prix moyens et a. La collecte des données est effectuée dans des conditions techniques qui altèrent la qualité et la fiabilité des indices des prix produits. L'échantillonnage et la description des articles ne garantissent pas de façon rigoureuse la pertinence, la représentativité et les caractéristiques des articles observés. La collecte des données couvre rarement toute l'étendue du pays; elle est plutôt limitée aux villes principales ou à la capitale uniquement. De plus, les points de vente ne sont pas bien identifiés. Les prix des articles ne sont relevés que pour la consommation des ménages; aucun indice des prix n'est calculé pour les autres principales composantes du PIB telles que les dépenses publiques, la formation brute de capital fixe et les exportations nettes. Dans la plupart des cas, le contrôle des données laisse à désirer dans la mesure où les fluctuations réelles des prix ne se reflètent pas correctement dans l'IPC : les prix relevés ne sont pas vérifiés régulièrement et les observations aberrantes ne sont pas examinées.

47. Les résultats des enquêtes budget-ménages n'étant pas exploités au mieux, et aucune enquête n'ayant été effectuée sur la formation brute de capital fixe, les structures de pondération détaillées ne peuvent être dérivées directement des comptes nationaux. Dans le souci de répondre à ces questions, la Banque fournit l'assistance technique aux pays africains tout au long de la phase de la mise en œuvre des activités de collecte des données du PCI en vue d'améliorer leur cadre d'enquête du PCI. La promotion et la mise à jour régulière des cadres vise à améliorer la qualité des données à collecter et à s'assurer que les cadres sont aisément traduits en cadres d'enquête IPC-PCI.

2.8 Formation des professionnels et des étudiants de pays dans les centres et universités de formation statistique.

48. Les instituts nationaux de la statistique font face à des difficultés de mobilisation des ressources humaines pour mener à bien leurs programmes statistiques. Le rôle des centres de formation statistique (CFS) est primordial dans la production des cadres à tous les niveaux (experts et techniciens). Ces centres devraient avoir accès aux ressources pouvant leur permettre d'atteindre les objectifs fixés dans leurs programmes et les résultats escomptés. La réalité est que ces institutions, tout en faisant face à cette contrainte, sont soumis à une forte pression de production et d'efficacité.

49. Les CFS ont dorénavant besoin d'une assistance pour le développement ou le renforcement de leurs programmes afin de répondre de manière adéquate aux besoins en données exprimés par le PCI, le DSRP, les OMD, le NEPAD et les autres programmes de développement. Les cours pratiques, conçus en vue de doter les intéressés des qualifications spécifiques permettant d'assumer des fonctions spécifiques, doivent être pris en compte dans les mesures de renforcement des capacités.

50. Compte tenu du fait que la plupart des programmes d'études actuels des centres de formation ont tendance à être théoriques et ne prennent pas nécessairement en compte les nouveaux défis tels que la réduction de pauvreté, la comparaison du pouvoir d'achat entre les régions et les pays, etc., la BAD travaille avec les centres de formation statistique et certaines universités en Afrique pour intégrer les bases de connaissance du PCI dans les programmes d'études des instituts de formation statistique en Afrique, ainsi que dans les facultés de sciences économiques des universités africaines afin de mieux les adapter aux contextes et besoins africains.

51. En sa qualité d'institution de supervision des activités du PCI-Afrique, la BAD fournit l'appui financier et technique aux CFS en ce qui concerne : (i) la coordination de la participation des pays aux activités régionales de formation comme décrit ci-dessus ; (ii) le développement des outils de formation, principalement relatifs à l'analyse des données ; et (iii) la dotation en outils pédagogiques, auxquels contribueraient principalement des institutions africaines.

52. Les CFS sont appelés à réaménager leurs programmes d'études en vue de prendre en compte le PCI et à utiliser leurs structures pour les formations sur le PCI-Afrique. Six CFS ont été sélectionnés pour mettre en œuvre la composante formation du PCI-Afrique : ENSEA (Abidjan), INSEA (Rabat), ISSEA (Yaoundé), DSD-ENEA (Dakar), ISAE (université de Makerere, Kampala), et EASTC (Dar-es-Salam).

3. Conclusion

53. La disponibilité d'une information statistique produite à temps, complète et précise est cruciale dans la prise de décision politique en vue d'un développement national efficace, et dans le processus de suivi et d'évaluation de la pauvreté. Cependant, la qualité d'information statistique dans la majorité des pays africains s'avère pauvre et nécessite d'être améliorée. Le manque de capacité statistique - qui se traduit par l'insuffisance des ressources humaines et financières dans l'organisation des enquêtes, la collecte, le traitement et l'analyse des données à temps - est une des contraintes clés auxquelles font face bon nombre de pays africains, actuellement.

54. Conscient de ce défi, la BAD a lancé un important programme de renforcement des capacités statistiques visant à répondre à ces problèmes à travers l'appui financier et technique dans le cadre du PCI-Afrique. En plus des activités principales de production des statistiques des PPA dans le cadre du PCI, la Banque a décidé de jouer le rôle de leader dans l'assistance aux pays africains dans l'amélioration de leur capacité de production des besoins d'information pour les OMD, les DSRP et le NEPAD. La mise en œuvre des activités de renforcement des capacités exigera certainement une injection des ressources financières et techniques adéquates des différentes parties prenantes, parmi lesquelles la Banque entend jouer un rôle important. En dépit du fait que l'actuel appui financier fourni par Banque couvre une période prenant fin en 2007, il est judicieux d'apporter un soutien aux pays au-delà de cette période du fait de l'importance des statistiques en tant guide incontestable dans l'élaboration, la mise en œuvre et le suivi des politiques de développement.

Annexe

DÉCLARATION DE YAOUNDÉ SUR LE DÉVELOPPEMENT STATISTIQUE EN AFRIQUE

Les Directeurs généraux des instituts nationaux des statistiques (BNS) de 51 pays africains, après avoir participé à la réunion du Conseil de gestion du programme de comparaison internationale pour l'Afrique (PCI-Afrique) le 26 avril 2004 à Yaoundé, et ayant délibéré sur la demande pressante et de plus en plus importante de données fiables, pertinentes, régulières et à jour, nécessaires à la formulation, à la gestion et au suivi des politiques, au cours de la réunion des Directeurs généraux des INS africains, du 26 au 30 avril 2004 ;

Considérant l'importance et le rôle de cheville ouvrière que doit jouer un système d'informations fiables dans le processus visant à éclairer les politiques de réduction de la pauvreté, dans le suivi de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), dans l'appui aux initiatives régionales telles que le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) ;

Considérant que la plupart des indicateurs proposés dans le cadre du PCI-Afrique, seront d'un grand apport pour soutenir l'élaboration et le suivi des Documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) ainsi que l'allocation optimale des ressources nationales, le suivi de la mise en œuvre des politiques et programmes nationaux visant l'atteinte des OMD ;

Considérant que les initiatives statistiques existantes ne disposent pas des mécanismes efficaces pour assurer la pérennité des programmes et de leur appropriation par les pays ;

Considérant qu'il est important d'avoir des partenariats solides et opérationnels, de développer des synergies, de coordonner les efforts et de rassembler les ressources permettant d'atteindre des objectifs communs ;

Considérant que les défis les plus critiques auxquels les systèmes statistiques en Afrique font face, appellent de la part des décideurs, une plus grande prise de conscience de l'importance des statistiques, en mettant l'accent sur la nécessité de pérenniser le financement des activités statistiques et de renforcer de façon durable l'engagement financier et politique des gouvernements,

Considérant qu'à court et moyen termes, le renforcement des capacités des instituts statistiques africains nécessite, un appui extérieur en complément des efforts des gouvernements ;

Considérant le bien-fondé de la résolution de la deuxième Table ronde sur la gestion axée sur les résultats, qui s'est tenue à Marrakech, qui invite les décideurs internationaux et nationaux à intensifier leur soutien au renforcement des capacités statistiques ;

Reconnaissant que des avancées significatives ont été réalisées ces deux dernières années sous l'initiative du PCI-Afrique, et que le PCI-Afrique constituera à la fois une source de données fiable et appropriée pour la formulation et le suivi des politiques socio-économiques et un cadre régional cohérent pour le renforcement de capacités statistiques ;

Se félicitent des recommandations de la deuxième réunion du Conseil de gestion du PCI-Afrique et soulignent la nécessité de préparer des documents de stratégie pour le partenariat et le plaidoyer ;

Adoptent le PCI-Afrique comme initiative de renforcement des capacités dans le domaine des statistiques économiques, plus particulièrement les statistiques de prix et les comptes nationaux ;

Recommandent

A. Aux Gouvernements africains de :

  • Mettre le PCI-Afrique au centre des programmes de renforcement des capacités statistiques des pays africains dans la mesure où il s'agit d'un programme qui couvre tout le Continent africain ;

  • Appuyer les activités statistiques en faisant de la statistique une priorité et en lui affectant des ressources adéquates ;

  • Poursuivre les efforts d'harmonisation statistique et d'intégration des activités effectuées par leurs INS, ainsi que par les organisations régionales et sous régionales ;

  • Assurer le renforcement des capacités pour l'élaboration des schémas directeurs de la statistique, pour la coordination des systèmes statistiques nationaux, pour la valorisation des ressources humaines (formation, mesures attractives et favorisant la rétention des cadres), pour l'analyse statistique, la rédaction et la diffusion des rapports ;

B. Aux agences bilatérales et aux institutions internationales de :

  • Continuer à œuvrer dans le domaine du renforcement des capacités statistiques en allouant davantage de ressources financières et matérielles aux activités statistiques ;

  • Améliorer leur collaboration en tant que partenaires, pour faciliter la synergie en vue d'assurer un appui effectif et coordonnée aux pays ;

  • Engager un plaidoyer afin de rehausser le statut de la statistique, lui assurer des financements sécurisés et lui garantir l'engagement politique des gouvernements africains ;

C. A la BAD en tant qu'Agence de coordination régionale du PCI-Afrique de :

  • Renforcer la priorité accordée aux statistiques et allouer des ressources optimales financières et techniques pour appuyer les activités statistiques dans les pays africains, eu égard à l'importance de la statistique pour la formulation, le suivi et l'évaluation des stratégies de réduction de la pauvreté, pour le suivi des OMD et pour la gestion axée sur les résultats.

Adoptée à Yaoundé le 30 avril 2004.