Le
Bureau sous régional pour l’Afrique
centrale de la Commission économique des Nations Unies
pour l’Afrique (CEA/BSR-AC), en partenariat avec l’Organisation
Internationale de la Francophonie (OIF) et l’association ‘Juristes
et Économistes Internationaux contre la Pauvreté’ (JEICP),
organise un Forum sur le thème :
« La
promotion des investissements dans le contexte de l’intégration
régionale en Afrique centrale : Enjeux et défis
de la mise en place de mécanismes sous-régionaux
de garantie des investissements et de mobilisation
de l’épargne »
Ce
Forum répond à la demande des organisations
patronales d’Afrique Centrale, et fait partie des
initiatives de divers partenaires au développement
pour faciliter les choix stratégiques et favoriser
des politiques d’investissement efficaces au niveau
des pays et des institutions communautaires. A ce titre,
la Communauté Économique des États
de l’Afrique Centrale (CEEAC), la Communauté Économique
et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC),
la Banque de Développement des États de
l’Afrique Centrale (BDEAC), la Conférence
des Nations Unies sur le Commerce et le Développement
(CNUCED) et PRO€INVEST coopèrent à l’organisation
du Forum. L’objectif final est l’amélioration
du climat des investissements en Afrique centrale à travers
la mise en place de mécanismes et instruments
de soutien aux investissements.
Les
investissements étrangers directs (IED) vers l’Afrique
en 2004 ne représentaient que 3% des flux mondiaux
d’IED (CNUCED, World Investment Report 2005), et
ont été orientés prioritairement
vers l’exploitation des ressources naturelles (l´industrie
pétrolière a cumulé à elle
seule plus de 60% des IED en direction de l’Angola,
la Guinée équatoriale, le Nigeria et l’Égypte).
Ce
faible niveau d’investissement est dû tant à l’environnement
des affaires, souvent inadéquat par rapport aux
attentes des investisseurs qu’à la perception
qu’ont ces derniers des pays de la sous-région.
En Afrique centrale, de nombreux pays ont entrepris, depuis le
début des années 1990, d’importantes réformes
en vue de promouvoir les investissements. Ils ont procédé,
entre autres, à un réaménagement de leur cadre
institutionnel et réglementaire de l’investissement
ainsi qu’à la restructuration de leurs systèmes
financiers, principalement les banques et les fonds d’assistance
aux PME/PMI.
Une étude
récente menée par l’Agence Intergouvernementale
de la Francophonie (AIF), en partenariat avec la CNUCED
sur les contraintes et perspectives de l’investissement
dans l’espace CEMAC révèle que malgré ces
efforts, plusieurs contraintes dont celles de nature
institutionnelle et financière, continuent à freiner
la dynamique des investissements étrangers dans
la région. L’étude révèle
par ailleurs des lenteurs dans le processus d’intégration
régionale et des lacunes dans l’application
des instruments juridiques communautaires.
En
réponse à cette situation, la Table Ronde
sur les Investissements entre l’OCDE et l’Afrique
tenue en novembre 2003 à Johannesburg en partenariat
avec le NEPAD, la BAD et le Gouvernement sud-africain
avait abouti au lancement d’une Initiative Africaine
afin d’améliorer le climat des investissements
en Afrique.
Si
les investissements étrangers sont déterminants
dans la croissance des économies africaines, les
investissements internes ne le sont pas moins. Cependant,
d'importants obstacles s'opposent à une augmentation
rapide des investissements intérieurs compte tenu
de la pauvreté généralisée.
Le
faible taux d'épargne brute de l’Afrique
subsaharienne (ASS), exprimé en pourcentage du
PIB, est l’un des plus bas au monde malgré une
tendance à la hausse enregistrée ces cinq
dernières années. Il représentait
19.8% du PIB en 2004 (données FMI 2005) contre
32% en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et 41% en
l’Asie de l’Est et le Pacifique (Banque mondiale
2005).
Les
faibles revenus de la population, le manque d’institutions
financières adéquates pour mobiliser l’épargne
nationale et la fuite massive de capitaux qui sont placés à l’étranger
expliquent la faiblesse de ce taux d’épargne
en ASS.
A
cet égard, les Etats devraient donc chercher à promouvoir
le rapatriement d'une partie au moins de cette épargne,
comme l’a préconisé le NEPAD, par
la mise en place de politiques nationales d'amélioration
de la gouvernance, de réduction des risques et
de lutte contre la corruption.
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