Historique

1. La richesse des nations a été multipliée par sept au cours des 50 dernières années. La mobilité humaine plus grande, l'amélioration des communications, la forte augmentation des échanges commerciaux et des mouvements de capitaux ainsi que le progrès technique ouvrent de nouvelles possibilités pour une croissance économique soutenue et le développement de l'économie mondiale, en particulier dans les pays en développement. Cette évolution permet également aux pays de partager l'expérience acquise et de tirer des enseignements des succès et des difficultés rencontrés par les autres, favorisant un enrichissement mutuel grâce aux contacts entre valeurs culturelles, aspirations et idéaux différents. Parallèlement, la transformation globale de l'économie mondiale modifie profondément les paramètres du développement social dans tous les pays. Il est encourageant de noter que le continent a pu montrer des signes de redressement, comme en témoigne la croissance durant la période qui a suivi le Sommet social. En 1997, 53 pays régulièrement suivis par la CEA ont, à l'exception de trois, enregistré une croissance économique positive; alors que six pays avaient enregistré une croissance négative en 1995, l'année du Sommet social et que 12 pays n'avaient connu aucune croissance en 1994. En 1997 également, 31 pays sur 53 avaient enregistré des taux de croissance supérieurs à leur taux de croissance démographique, ce qui s'est traduit par un accroissement du revenu par habitant. Treize de ces 31 pays ont réalisé une croissance du PIB d'au moins 5%, le seuil requis pour assurer une réduction durable de la pauvreté en Afrique.

2. Malheureusement, ces résultats se sont accompagnés d'une augmentation de la pauvreté pour d’autres. Les données les plus récentes sur l'Afrique montrent que la pauvreté a augmenté dans un passé récent. L'accroissement de la pauvreté, du chômage et de la désintégration sociale a accompagné les phénomènes rapides du changement et de l'ajustement. Les menaces sur le bien-être telles que les risques environnementaux se sont également mondialisées. Cette contradiction évidente est inacceptable et doit être corrigée grâce à des mesures urgentes. Beaucoup trop de personnes sont vulnérables aux aggressions du milieu et aux privations. La pauvreté, le chômage et la désintégration sociale entraînent trop souvent l'isolement, la marginalisation et la violence. La crainte de l'avenir que beaucoup de groupes vulnérables éprouvent s'intensifie. Dans de nombreuses sociétés, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement, le fossé entre riches et pauvres s'est creusé. En outre, bien que certains pays en développement connaissent une croissance rapide, l'écart entre les pays développés et nombre de pays en développement, en particulier les pays les moins avancés, a augmenté. Plus d'un milliard d'êtres humains dans le monde vivent dans une pauvreté extrême, la plupart souffrant chaque jour de la faim. Un grand nombre d'entre eux, en majorité des femmes, ont un accès très limité aux revenus, aux ressources, à l'éducation, aux soins de santé ou à une alimentation correcte, en particulier en Afrique et dans les pays les moins avancés.

3. Il est impératif de gérer ces phénomènes et menaces afin d'en accroître les avantages et d'en atténuer les effets néfastes sur les populations. La réalisation des buts et objectifs du développement social requiert des efforts continus pour réduire et éliminer les principales sources de misère sociale et d'instabilité dans les familles et la société. Les dirigeants s’engagent à accorder une attention prioritaire à la lutte contre les situations qui, à travers le monde, compromettent gravement la santé, la sécurité, la paix et le bien-être des populations. Ces situations sont notamment la famine chronique, la malnutrition, les problèmes de la drogue, la criminalité organisée, la corruption, l'occupation étrangère, les conflits armés, le trafic illicite d'armes, le terrorisme, l'intolérance et l'incitation à la haine pour des raisons raciales, ethniques, religieuses et autres; la xénophobie; il convient d’ajouter les maladies endémiques, transmissibles et chroniques.

4. A cette fin, il importe de renforcer la coordination et la coopération au niveau national et, plus particulièrement, aux niveaux régional et international. Il est essentiel, à cet égard, de se préoccuper de l'impact négatif qu'ont sur le développement, des dépenses militaires excessives, le commerce des armes et les investissements pour la production d'armements. Egalement importants sont la prévention, le traitement et le contrôle des maladies qui vont de la tuberculose, et du paludisme au VIH/SIDA qui devront être considérés comme une priorité absolue. La pauvreté, l'absence d'emplois productifs et la désintégration sociale sont autant d'atteintes à la dignité humaine. Nous devrions définir un cadre de développement social axé sur la personne humaine, qui serve de guide dès à présent et demain, et développer un nouvel esprit de coopération et de partenariat et répondre aux besoins immédiats de ceux qui sont plongés dans la détresse.

5. Ces préoccupations et l'importance reconnue de la dimension sociale dans le développement durable ont amené l'Assemblée générale des Nations Unies à adopter la résolution 47/92 du 16 décembre 1992 qui invitait à convoquer un Sommet mondial pour le développement social, au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, pour examiner les problèmes cruciaux de la pauvreté, du chômage et de la désintégration sociale.

Programme d’action, recommandations et principes et buts du

Sommet mondial pour le développement social

6. La Déclaration et le Programme d'action du Sommet mondial sont un nouveau consensus sur la nécessité de placer l'homme au centre du développement, l'objectif du plein emploi et la promotion de sociétés stables, sûres et justes. Pour que cette vision grandiose se concrétise, il importe de chercher à réaliser les objectifs de développement ci-après:

7. La responsabilité principale de la mise en oeuvre des décisions du Sommet incombera aux pays, avec l'appui de l'ONU et de ses institutions de développement. Au niveau international, le Sommet a fermement appuyé le rôle prépondérant de l'ONU dans le développement social, en attribuant une responsabilité spécifique aux diverses institutions des Nations Unies. Le Sommet a également préconisé l'établissement de liens plus étroits entre les institutions financières internationales de Bretton Woods et le système des Nations Unies.

8. La Déclaration sur le développement social reconnaît l'importance du développement social et de l'amélioration du bien-être de tous et la nécessité d'accorder à la réalisation de ces objectifs la priorité absolue dès à présent et pour le XXIe siècle. Elle traite également de leurs causes profondes et structurelles et de leurs conséquences déplorables afin de réduire l'incertitude et l'insécurité dans la vie des individus. La Déclaration reconnaît en outre que les sociétés doivent mieux répondre à leurs besoins matériels et spirituels, que le démocratie et la bonne gouvernance dans tous les secteurs de la société sont les bases indispensables à la réalisation d'un développement social durable et centré sur la personne. Elle affirme que le développement social et la justice sociale sont indispensables à l'établissement et au maintien de la paix et de la sécurité entre les nations et en leur sein même.

9. La Déclaration fait ressortir la vérité indéniable que le développement économique, le développement social et la protection de l'environnement sont des éléments interdépendants qui se renforcent mutuellement dans le processus de développement durable, qui est le cadre dans lequel il faut assurer à tous une vie meilleure, parce que les politiques et les investissements les plus productifs sont ceux qui permettent aux gens de tirer le meilleur parti de leurs capacités, de leurs ressources et des possibilités qui leur sont offertes. Lors du Sommet mondial, les Etats se sont engagés à oeuvrer au développement social de telle sorte que tous, hommes et femmes, puissent exercer les droits, utiliser les ressources et partager les responsabilités qui leur permettent de vivre une vie satisfaisante et de contribuer au bien-être de leur famille, de leur communauté et de l'humanité.

10. La Déclaration et le Programme d'action du Sommet mondial engagent les Etats à souscrire à une conception politique, économique, éthique et spirituelle du développement social. Ils soutiennent que le développement doit être fondé sur la dignité humaine, les droits de l'homme, l'égalité, le respect d'autrui, la paix, la démocratie, la responsabilité mutuelle et la coopération, ainsi que sur le plein respect des diverses valeurs éthiques et religieuses et des milieux culturels des populations. La priorité absolue est accordée aux politiques et actions menées aux niveaux national, régional et international, à la promotion du progrès social et de la justice et à l'amélioration de la condition humaine, sur la base de la pleine participation de tous. A cette fin, les Etats :

11. Reconnaissant que la question de la pauvreté est liée à l'absence d'emplois productifs, le Sommet social a mis l'accent sur la mise en oeuvre de politiques et de stratégies pour le développement de l'emploi productif et la réduction du chômage. L'un des défis les plus redoutables que les pays africains ont à relever aujourd'hui est la création d'emplois suffisants pour la main-d'oeuvre croissante et la réduction du chômage et du sous-emploi. Même si les données sur l'emploi sont généralement incomplètes et peu fiables dans la plupart des pays africains, tout semble indiquer que l'emploi productif n'a pas progressé au même rythme que l'offre de main-d'oeuvre. La population active ne croît en moyenne que de 3% par an et on assiste à une baisse ou une stagnation de l'emploi salarié, une baisse du salaire réel et une détérioration des conditions de vie et de travail. Les données récentes pour la plupart des pays situent les taux du chômage urbain entre 20 et 30%, du sous-emploi entre 25 et 40% et ceux du chômage des jeunes entre 25 et 40% tandis que le chômage des femmes représente deux fois la moyenne nationale.

Objectifs de la Conférence

12. Trois années se sont écoulées depuis la tenue du Sommet, délai suffisant pour examiner les progrès réalisés par les Etats Membres de la CEA. L’objectif premier que se donne la Conférence de suivi est de faire le bilan de ce qui a été réalisé depuis le Sommet de Copenhague dans les domaines les plus importants du développement social identifiés par le Sommet. Il y a lieu de noter qu’en raison du temps écoulé depuis mars 1995, les différents Etats Membres ne seront pas en mesure de présenter une évaluation complète des résultats obtenus. Il est donc entendu que l’objectif principal des Conférences sous-régionales portera sur le suivi des activités plutôt que sur leur évaluation. Les objectifs spécifiques des Conférences de suivi sont les suivants:

Indicateurs pour le suivi

13. Bien que l’ONU ait identifié pas moins de 127 indicateurs de mesure du progrès socio-économique, il est proposé, à l’occasion de la tenue des conférences sous-régionales, d’utiliser les objectifs quantitatifs et échéances ayant servi de référence lors des sommets de l’ONU tenus dans les années 90. Il y a lieu de noter à cet égard que le soin a été laissé aux pays de fixer l’échéance pour l’élimination de la pauvreté alors que pour les autres objectifs, les échéances fixées courent à partir de l’an 2000. Les principaux objectifs, et donc les indicateurs pour le suivi, sont les suivants:

14. Il importe de noter, sans préjudice des conventions et des chartes des Etats Membres ou à caractère international, que pour faire le point des progrès réalisés dans la mise en place d’un environnement socio-politique favorable, il est possible de recourir à un certain nombre d’indicateurs de gouvernance. Au nombre de ceux-ci, on pourrait citer l’existence et la fréquence d’élections locales et nationales, l’état de la transition dans les cas de pays sortant de situations de conflit, la législation adoptée pour renforcer l’Etat de droit et l’inviolabilité des contrats ainsi que l’existence et l’indépendance de commissions des droits de l’homme. On estime cependant que pour cette conférence, le Rapport thématique sur la gouvernance s’appuiera sur les résultats présentés à l’occasion des différents forums sur la gouvernance, qui se sont tenus au cours des deux années précédentes dans le cadre des activités liées à l’Initiative spéciale des Nations Unies pour l’Afrique évoquées au paragraphe 8 ci-dessus.

Thème de la Conférence

15. La Conférence sous-régionale de suivi du Sommet social pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale devrait être le fruit de la collaboration entre les diverses institutions des Nations Unies de sorte que les agences compétentes seront chargées de la préparation et de la présentation des documents de travail portant sur les principaux thèmes de la Conférence. Les thèmes choisis pour les conférences sous-régionales africaines sont les suivants:

16. La Conférence se déroulera sous forme de séances plénières et de groupes de travail thématiques. Les documents de base et les exposés des pays seront présentés en plénière tandis que les animateurs présenteront les thèmes de discussion aux groupes thématiques.

17. Les Etats membres et les représentants de la société civile présenteront des études de cas sur les progrès enregistrés depuis 1995 dans le cadre des groupes régionaux en donnant les perspectives, plans et aspirations au niveau national. Les exposés des pays ne devraient pas dépasser 15 pages et seront présentés selon le plan ci-après:

Programme de travail de la Conférence

28 septembre 1999: Progrès accomplis depuis Copenhague

09.00 - 10h30 Séance 1 : ouverture

- Allocutions de bienvenue du Secrétaire exécutif de la CEA, du Représentant du PNUD et du Gouvernement du Burkina Faso

10h30 - 11 heures - Pause café

11 heures - 13 heures - Séance 2 : Rapports de travail

13 heures - 14h30 Déjeuner

14h30 - 16 heures Réunions des groupes sur les questions thématiques

Groupe A: Réduction de la pauvreté (Animateur:PNUD)

Groupe B: Création d'emplois (Animateur: BIT)

Groupe C: Secteurs sociaux (Animateurs: UNICEF, UNESCO, OMS et Banque mondiale)

Groupe D: Bonne gouvernance (Animateurs: CEA et OUA)

16 heures - 16h30 Pause café

16h30 - 18 heures Réunions des groupes sur les questions thématiques (suite)

29 septembre 1999: Perspectives nationales sur les progrès accomplis depuis Copenhague (Animateurs à identifier)

9 heures - 10h30 Exposés des pays

10h30 - 11 heures Pause café

11 heures - 13 heures Exposés des pays

13 heures - 14h30 Déjeuner

14h30 - 16h30 Exposés des pays

16h30 - 17 heures Pause café

17 heures - 18h30 Exposés des pays

30 septembre 1999: Réunions de clôture

9 heures - 10h30 Forum des ONG : Réunion-débat (intervenants à choisir)

10h30 - 11 heures Pause café

11 heures - 12h30 Forum libre : Réunion-débat sur le résumé des travaux (Burkina Faso, CEA, PNUD, Représentant des ONG, Représentant des bailleurs de fonds)

12h30 - 15h30 Pause déjeuner prolongée

15h30 - 17 heures Rapport de la Conférence

Présentation + discussions

17 heures - 17h30 Pause café

17h30 - 18h30 Adoption du rapport de la Conférence et clôture