RAPPORT DU GROUPE C SUR LES SECTEURS
SOCIAUX
Introduction
90. Durant la séance consacrée aux
secteurs sociaux, la représentante de lUNICEF a mentionné à nouveau les questions
quelle avait déjà soulevées dans sa présentation en plénière. Elle a notamment
relevé lInitiative 20/20 issue du Sommet mondial sur le développement, qui
préconise dallouer 20% de laide publique au développement et 20% du budget
national des pays en développement aux services sociaux essentiels. Elle a fait remarquer
que des contraintes budgétaires avaient empêché la quasi-totalité des pays des deux
sous-régions à mettre en uvre lInititiative20/20. En conséquence, les
niveaux de pauvreté demeurent très élevés et augmentent sans cesse, réduisant ainsi
les chances de réaliser avant lan 2000, les objectifs de linitiative 20/20.
Parmi les principales contraintes, on note que :
- La dette extérieure a une incidence particulièrement
négative sur les secteurs sociaux.
- Linsuffisance notoire des données et le déficit
dinformation, rendent quasi-impossible toute analyse comparative entre les pays sur
les progrès réalisés en rapport avec les objectifs du Sommet Social.
91. Au cours des débats qui ont suivi, de
nombreux représentants ont exprimé leur vive préoccupation face à leffet
négatif de la dette extérieure sur les secteurs sociaux. Ils ont souligné avec force
que le service de la dette et les remboursements au titre de celle-ci obèrent les
ressources que les pays africains devraient affecter aux services sociaux essentiels. Au
regard de la fragilisation des économies africaines, les délégués réunis à
Ouagadougou du 28 au 30 septembre 1999 recommandent que les partenaires au développement
annulent la dette du continent en vue de la mise en uvre linitiative 20/20.
92. Parmi les autres points importants
soulevés figurent :
- Les moyens de lutte contre le fléau du VIH/SIDA qui,
annihilent dans certains cas les progrès réalisés en matière despérance de vie,
avec de graves répercussions sur la situation sanitaire.
- Les programmes dajustement structurel nont pas
favorisé le processus du développement pour navoir pas pris en compte la
«dimension sociale » de lajustement ;
- La dévaluation du F CFA a considérablement exacerbé les
problèmes socio-économiques de certains pays de ces sous-régions ;
- Les nombreuses guerres prolongées ont gravement compromis le
développement de certains autres et entraîné des déplacements massifs de
populations ;
- Les ressources allouées aux achats darme affectent
gravement les maigres budgets des Etats.
- La question de la bonne gouvernance, considérée comme
préalable au développement social durable, doit faire lobjet dune très
grande attention ;
- La relation fondamentale entre la fourniture dune
éducation de base et de qualité et la lutte contre la pauvreté, doit être la grande
priorité du programme du développement des Etats membres sils veulent réduire la
pauvreté de façon significative dans les dix à quinze prochaines années.
93. A la fin de la session, la commission
Secteurs Sociaux a fait les recommandations suivantes.
A Concernant le suivi du Sommet de
Copenhague
94. Le Groupe recommande que les pays qui
ne lont pas encore fait, créent des Comités Nationaux de Suivi (CNS) du Sommet
mondial pour le développement social ; leur soutien par la CEA, le PNUD et
lUNICEF.
95. Ces Comités Nationaux de Suivi (CNS)
devraient fonctionner dans un cadre stratégique national, sous-régional et régional de
planification et de coordination, pour lévaluation des politiques, programmes et
projets dans le domaine social.
96. Le Groupe relève en outre, la
nécessité de mettre un accent particulier sur la formation des spécialistes des
services sociaux et de renforcer les capacités des institutions, des élus locaux, des
populations et des ONG, pour la collecte, lanalyse et la diffusion des données
socio-économiques.
97. Le Groupe recommande à cet égard
lélaboration des thématiques à partir des tables rondes sectorielles en vue de
parvenir à une gestion plus rationnelle des ressources et à une synergie entre les
différents acteurs : secteur public, secteur privé, société civile.
98. Il insiste sur la dimension
préjudicielle du développement : limplication des populations dans la
conception et lélaboration des stratégies de développement.
B Sagissant de
lInitiative 20/20
99. Le Groupe recommande que sa mise en
uvre saccompagne dun système dévaluation des taux de
réalisation des crédits alloués. Le Groupe invite la communauté internationale à
assouplir les procédures de passation des marchés en vue de minimiser les déperditions
de crédits budgétaires inscrits, mais non mobilisés dans les délais requis. Aussi les
niveaux dinscription budgétaire restent-ils supérieurs aux niveaux des
exécutions.
100. Le Groupe insiste sur limportance
des investissements en faveur de la personne. Il note malheureusement que 80% des
ressources allouées au secteur social sont souvent détournés au profit dautres
secteurs.
101. Le Groupe recommande également que les
ressources allouées à lachat darmement soient réorientées vers les
SSE ; que les marchands de canons fassent lobjet dinterpellations de la
part des ONG, de la société civile en Afrique, de même que les Etats qui favorisent ce
commerce de la mort.
C A propos de la dette
102. En dépit des efforts consentis par les
pays membres, les participants déplorent que les résultats obtenus soient en deçà des
objectifs fixés, car le service de la dette absorbe près de 40% des ressources
disponibles des pays africains. Aussi, le Groupe recommande-t-il lélaboration
dun plaidoyer en vue de lallègement, voire de lannulation de la dette
aux fins daffectation dans les Services Sociaux Essentiels (SSE).
103. Sans établir une relation de causalité
directe entre dune part la traite et la colonisation, reconnues désormais comme
crimes contre lhumanité, et dautre part la dette, les participants
soutiennent le projet dun plan Marshall pour lAfrique. Le passif de la traite
justifie un tel projet daide publique au développement.
D Sagissant de laide
publique
104. Les participants estiment, que dans
lintervalle, et par rapport au programme 2015, les pays donateurs devraient définir
un échéancier plus précis en vue de consacrer dici à 2010, 0,7% du PNB à
laide publique au développement. Avant cette date, soit dici 2005, la moitié
de leur APD pourrait être débloquée au profit des pays africains avec lesquels
lentente 20/20 a été conclue. Les membres du Groupe soulignent lurgence
détablir un «code de responsabilité limitée » pour redéfinir la
responsabilité des gouvernements dans les dettes contractées après lentrée en
vigueur dudit code, et la nécessité de stopper la tendance à la baisse de lAPD.
E Traitant des objectifs
prioritaires du secteur social
105. Le Groupe rappelle les cinq
objectifs prioritaires du secteur social :
- La réduction de la pauvreté absolue laccès
universel à léducation et aux services de santé de base, ainsi que la
réalisation des objectifs en matière de nutrition, deau, et dinstallations
sanitaires.
106. Il recommande que ces objectifs soient
financés, pour partie, par des contributions financières générées par des taxes sur
certaines opérations internationales.
F A propos des catégories sociales
défavorisées
107. Le Groupe insiste sur la prise en
compte et lévaluation des conditions sociales des populations nécessiteuses :
les pauvres, les handicapés, les personnes du 3è âge, les enfants et les femmes. Il
rappelle que laccessibilité géographique des SSE ne signifie pas ipso facto pour
ces catégories sociales laccessibilité financière aux dits services.
108. Il recommande que soient mis en place
des mécanismes de revalorisation de leurs conditions sociales. Il souligne que le
développement dune société appelle lintégration de toutes les catégories
de personnes ; que la qualité de la santé et de léducation est déterminante
dans la réduction de la pauvreté ? Que les organismes internationaux qui uvrent
dans ces secteurs semploient aussi à améliorer les conditions de vie de ces
populations fragiles ; que la situation de la femme rurale soit réévaluée, pour un
meilleur épanouissement social ; que la communauté sengage résolument à
faire baisser la mortalité maternelle et infantile.
109. Plus spécifiquement, le Groupe
recommande que la recherche de la sécurité alimentaire durable soit un objectif
fondamental dans les politiques économiques des Etats.
G - Sagissant des phénomènes
sociaux émergents
110. Les membres du Groupe
recommandent que la lutte contre le VIH/SIDA soit renforcée et fasse lobjet
dune mobilisation accrue. Le Groupe attire par ailleurs lattention sur
lurgence dune prise en compte dautres phénomènes sociaux liés à
lurbanisation de nos sociétés, il sagit de la marginalisation accrue des
jeunes désuvrés, qui représentent un danger pour le futur, parce que délinquants
en puissance.
H - Sur le plan de la bonne gouvernance
111. Enfin les membres du Groupe,
sans préjuger des conclusions de latelier sur la bonne gouvernance, soulignent la
nécessité dun changement de mentalité de la société. Ils recommandent que la
bonne gouvernance soit un critère déterminant dans la gestion des ressources publiques
et privées, pour une meilleure redistribution des fruits de la croissance et pour une
plus grande équité sociale. Le Groupe recommande également que le processus de la
décentralisation soit poursuivi, en vue de permettre une plus grande responsabilisation
des populations dans la prise en charge de leur destin collectif.
112. Le Groupe sur les secteurs sociaux
était ainsi composé comme suit :
Président : Niger
Rapporteur : Gabon
Facilitateur : UNICEF/CEA
D. GROUPE THEMATIQUE SUR LA GOUVERNANCE
113. Le Groupe
thématique sur la gouvernance a pris bonne note des éléments danalyse et des
recommandations de la CEA. Le groupe a unanimement reconnu que les administrations
publiques africaines ont longtemps souffert de lenteur, inefficacité, malversation et
corruption. Il sest réjoui de lengagement de tous les Etats de la
sous-région dAfrique centrale et de lOuest à sattaquer résolument
depuis le début de la décennie en cours à ces maux qui ont entravé le processus de
développement économique et social. Cependant, le Groupe a relevé que pour un grand
nombre de pays, lexigence de démocratisation est venue des partenaires de
lAfrique, dune part suite à la Conférence France-Afrique de la Baule (1988)
et dune part dans le cadre de la mise en uvre de programmes dajustement
structurel. Le Groupe a par ailleurs noté que le processus sest souvent opéré
dans la précipitation et sans tenir compte ni des spécificités des contextes ni des
valeurs socio-culturelles nationales.
114. Le Groupe a
par conséquent émis avec force lopinion que latteinte des objectifs de
Copenhague pourrait difficilement être atteints à terme si les gouvernants qui décident
et ont la charge de la gestion de la vie économique et sociale nadhèrent pas avec
plus de conviction et ne maîtrisent pas les principes de la bonne gouvernance Il a
par ailleurs noté que les analyses disponibles sur la question de la Gouvernance sont
pauvres en statistiques du genre malgré le constat évident que les pays dans lesquels un
grand nombre de femmes ont accédé aux instances de décision ont mieux réussi leur
transition démocratique. Il a aussi indiqué la nécessité de mettre un accent
particulier sur léducation et la communication afin déviter la déformation
au niveau des populations des principes de démocratie et de bonne gouvernance par
certains décideurs politiques et/ou groupes dinfluence dont les objectifs non
avoués se résument à accaparer ou se maintenir au pouvoir. Le Groupe a par conséquent
indiqué la nécessité du renforcement des capacités de la société civile afin
quelle joue pleinement son rôle de contre-pouvoir éclairé et participe pleinement
et de façon efficace au développement économique et social, attire lattention des
pouvoirs publics sur déventuels abus des administrations et simplique
davantage comme partenaire des Etats et des institutions internationales à la
prévention, la gestion et le règlement des conflits.
115. Le Groupe a
soulevé un certain nombre de questions essentielles sur la question de gouvernance et
notamment sur comment internaliser les principes directeurs de la bonne gouvernance sa
bonne compréhension par toutes les couches de la population et la maîtrise par les
décideurs politiques des exigences de leur application ? Comment mettre en
uvre des actions et programmes visant à améliorer la gouvernance dans des
situations où continuent de régner des tensions sociales, lexclusion et
linsécurité ? Comment ignorer le fait que les populations des sous-régions
dAfrique centrale et de lOuest attendent toujours les dividendes de la
démocratisation et continuent de subir les effets paupérisants de lendettement
extérieur ?
116. Le Groupe
thématique sur la gouvernance a jugé nécessaire daller au-delà du constat des
progrès mitigées et déchecs pour apprécier les diverses expériences nationales
sur la question afin dappréhender leur rationalité, les contraintes vécues et les
perspectives de consolidation dans le futur.
117. Le Groupe a
conclu que la notion de bonne gouvernance englobe des dimensions politiques, économiques
et sociales et que linternalisation de principes cardinaux est un processus de
longue haleine qui nécessite un échelonnement et un suivi permanent des actions visant
lobjectif à long terme. Dans ce contexte et sur la base des expériences
nationales, le Groupe a formulé les recommandations suivantes :
Education,
formation et sensibilisation
Afin de faciliter
linternalisation des principes démocratiques et mettre en uvre les programmes
nationaux visant la bonne gouvernance, les Gouvernements des sous-régions dAfrique
centrale et de lOuest sont invités à accorder une plus grande priorité aux
programmes déducation et de formation des citoyens dans toutes les couches de la
société. Pour mener à bien les actions appropriées, ils sont invités à collaborer
avec les autres acteurs de développement dont les organisations non gouvernementales et
les institutions de formation du secteur privé ;
Un accent particulier devra
être mis sur léducation civique et morale, la formation et la sensibilisation des
jeunes gens et jeunes filles afin que le processus soit durable et irréversible ;
Les organisations
internationales et les partenaires au développement sont invités à apporter un
complément aux ressources allouées par les Etats aux programmes visant la bonne
gouvernance tout en axant leurs efforts de financement et dassistance technique sur
les secteurs sociaux de base.
Renforcement des
capacités des organisations de la société civile
Compte tenu du fait que seule
une société civile forte est en mesure de garantir le suivi de la bonne conduite des
programmes nationaux de gouvernance et la transformation radicale des systèmes
dadministration et de gestion opaques, il est recommandé aux Etats de lever toutes
les contraintes et entraves administratives et juridiques au plein épanouissement de ces
organisations ;
Les organisations
internationales et les partenaires de développement sont invités à accroître leur
soutien au renforcement des capacités de la société civile, en accordant une attention
particulière aux organisations féminines, et à renforcer le partenariat avec les
organisations non gouvernementales (ONG) uvrant pour la défense des droits de
lhomme, la lutte contre la corruption et la prévention, la gestion et le règlement
des conflits ;
La CEA est invitée à
considérer très favorablement la requête des ONG portant sur un partenariat dans le
cadre de la mise en uvre des programmes du Centre de la société civile africaine.
Participation et
décentralisation de la prise de décisions
Il est vivement recommandé que
lengagement des Gouvernements à la promotion de la participation de la société
civile et plus particulièrement des femmes dans le processus du développement
économique et social dépasse la rhétorique pour être traduit en un programme social
cohérent appuyé par des ressources publiques adéquates. La participation consciente des
femmes exige leur représentation au sein de toutes les instances de prise de décisions ;
La décentralisation
administrative devra aller au-delà dune simple déconcentration des services
publics pour viser la responsabilisation des communautés locales dans la prise de
décision, la planification et la gestion des programmes de développement économique et
social.
Renforcement des
capacités institutionnelles
Tout en prenant bonne note des
nombreuses initiatives visant la bonne gouvernance par le biais de réformes des services
publics, il est recommandé que les Etats poursuivent, de façon beaucoup plus marquée et
dans la plus grande transparence, le renforcement des institutions locales, nationales et
sous-régionales dappui à lamélioration de lefficacité et la
neutralité des administrations publiques ;
Malgré limportance des
élections pluralistes organisées de façon systématique depuis le début des années
90, il est recommandé que ces consultations sopèrent dans la plus grande
transparence afin de valider la légitimité des partis au pouvoir et des gouvernants.
Coopération
régionale et internationale
Tout en renouvelant
linitiative de la CEA et du PNUD pour lorganisation de la Conférence de suivi
du Sommet pour le développement social et, la publication de rapports analytiques sur les
conditions économiques et sociales dans les Etats Africains, ces organisations et les
autres agences du système des Nations unies sont invitées à promouvoir et à appuyer
les actions favorisant léchange dexpériences entre les Etats et au-delà des
constats de progrès ou déchecs, à mettre un accent particulier sur les meilleures
pratiques et les facteurs déterminants de ces cas de réussite ;
Dans le cadre du suivi et de
lévaluation des pratiques en matière de gouvernance, il est vivement recommandé
que les statistiques du genre soient améliorées et le nombre de femmes participant aux
instances de décisions soit pris en compte dans létablissement des critères.
Dans le cadre de la mise en
uvre de leurs programmes nationaux de gouvernance, les gouvernements sont invités
à créer des structures de suivi et dévaluation. De même, il est suggéré que la
CEA, dans le cadre des activités du centre de la société civile africaine établisse un
observatoire de la bonne gouvernance en Afrique.
Afin que lendettement
extérieur ne continue pas dêtre une des causes de la paupérisation des
populations africaines et ne limite pas outre mesure les capacités financières des Etats
à mener à bien les actions et programmes de développement en général et de bonne
gouvernance en particulier, la communauté internationale et les partenaires de
développement sont invités à poursuivre le dialogue et à aboutir, dans les meilleurs
délais, à lallègement de la dette des Etats africains. Les partenaires au
développement de lAfrique sont invités à sengager à annuler la dette des
pays les plus pauvres.
118. Les
présentations nationales sur la mise en uvre de la Déclaration et du Plan
dAction de Copenhague ont montré que la question de la gouvernance était placée
au centre des initiatives et actions menées par les Etats des sous-régions
dAfrique centrale et de lOuest. Bien que la majorité les Etats aient
procédé à lélaboration de plans daction visant à améliorer la
gouvernance, quelques-uns ont mené des actions volontaristes visant à rectifier les
mauvaises pratiques perpétuées par des gouvernements antérieurs, généralement issus
de conflits intérieurs ou de coups dEtat militaires.
119. Un nombre de
pays dont le Cameroun, le Ghana, le Mali, le Sénégal et le Togo ont entrepris
délaborer des plans nationaux daction qui ont englobé les aspects
politiques, économiques et sociaux de la gouvernance, y compris :
lamélioration de lefficacité de ladministration publique et
lallègement de sa charge budgétaire ; la consolidation du processus
démocratique par le renforcement des institutions de contrôle visant
léquilibre des pouvoirs et un contrôle accru de lexécutif ; la
décentralisation et lapprofondissement de la gouvernance locale ;
ladaptation des lois fondamentales et le renforcement des capacités du système
judiciaire. Un nombre plus restreint de pays ont abordé la question de la gouvernance par
le biais dobjectifs plus limités, visant comme point dentrée la réforme de
ladministration perçue comme préalable indispensable à la bonne conduite des
actions et programmes visant le but à long terme (Burkina Faso, Gabon, Guinée
équatoriale, Niger et Tchad). Les pays émergeant de conflits internes ou qui ont connu
des mutineries répétées dont le Congo, le Libéria, la Guinée-Bissau et la République
centrafricaine ont pris des initiatives qui ont visé en priorité la restauration de
lautorité de lEtat, la réhabilitation des institutions avec pour objectifs
la réconciliation nationale, la restructuration des forces armées et le rétablissement
de la sécurité générale.
120. Pour les
pays qui ont joui dun climat de paix sociale et de stabilité des institutions, les
consultations nationales et le dialogue entre les pouvoirs publics et les
organisations de la société civile ont ponctué le processus de consolidation
démocratique. Même si pour ce groupe de pays les progrès en matière de gouvernance ont
varié tant sur lintensité de lengagement que lampleur des acquis,
lamélioration sest traduite dans les faits ne serait-ce que dans les secteurs
ciblés. Dans les pays qui ont connu des crises prolongées, les acquis antérieurs ont
été simplement annulés et les capacités nécessaires à la reconduite du processus ont
été elles aussi affaiblies. Les seuls acquis ont été le rétablissement de la paix, le
renforcement des pouvoirs de lexécutif et lexclusion des vaincus et de leurs
partisans ou des partis dopposition dans les cas où des consultations électorales
ont été organisées.
121. A
lexception du Burkina Faso, du Cameroun, du Ghana, de la Guinée équatoriale, du
Mali et du Sénégal, les dividendes du processus de consolidation de la démocratie et de
lamélioration de la gouvernance pour les populations nont pas été jugés
significatifs. La faible progression des conditions sociales a été généralement
attribuée au maintien de pratiques de gestion peu orthodoxes et de corruption malgré le
fait que la majorité des pays ont signalé avoir instauré des mécanismes de contrôle
de gestion plus rigoureux et de lutte contre la corruption.
122.
Sagissant du renforcement du dialogue et de la participation, les mécanismes mis en
place ont plus visé la prévention des conflits internes que le renforcement conscient du
pouvoir de la société civile dont lémergence dans tous les pays est due à
lappui des partenaires de développement. De même, la participation des femmes et
leur accès aux instances de décision na généralement pas progressé de façon
significative du fait de la conduite des actions visant à assurer la bonne gouvernance.
123. Des
expériences nationales des pays qui ont pris part aux travaux de la Conférence, il est
ressorti certaines initiatives spécifiques dont la rationalisation de lexploitation
et de lutilisation des ressources naturelles dans le souci dune plus grande
équité économique (Guinée équatoriale), linstitution dune personnalité
nationale comme médiateur entre les pouvoirs publics et les citoyens (Burkina Faso,
Cameroun), la mise en place dun Conseil pour la démocratie (Gabon) ou dun
Conseil national anti-corruption (Nigéria) ou de Police secrète de surveillance (Guinée
équatoriale)
124. Les
présentations nationales ont par ailleurs attiré lattention de certains
participants sur le fait quaucune expérience nationale na appréhendé les
effets induits de lamélioration de la gouvernance sur la création demplois.
Il a été remarqué que léradication de la pauvreté étant lobjectif
central de la Déclaration et du Plan dAction de Copenhague, les Etats africains
devaient inclure la création demplois dans les objectifs de leur actions et
programmes visant à assurer la bonne gouvernance.
Rapports
nationaux sur les progrès accomplis en matière de lutte contre la pauvreté
Etat des lieux
125. Les
rapports nationaux présentés ont fait ressortir un certain nombre de problèmes
économiques et sociaux communs à tous les pays des deux sous-régions. La majorité de
ces pays fait face à une crise économique ayant des implications sociales douloureuses
et contraignantes sur le bien-être des populations. En dautres termes, la crise
économique a engendré la pauvreté qui a frappé surtout les couches les plus
vulnérables de la société, en particulier les centres péri-urbains et le monde rural.
Toutefois, lacuité de cette crise traduite en termes de pauvreté, diffère
dun pays à lautre.
126. LEtat
sétant désengagé des activités productives de léconomie du fait des
programmes dajustement structurel, le secteur privé national étant encore
embryonnaire ou faible pour prendre la place du premier, les activités économiques ont
réduit les capacités des Etats à mobiliser des ressources internes pour faire face au
financement du développement économique et des services sociaux. La privatisation des
entreprises du secteur public, la réduction des salaires des fonctionnaires et le gel du
recrutement dans la fonction publique et la compression des fonctionnaires ont accentué
la pauvreté en privant cette bonne partie des agents de lEtat de leurs moyens
dexistence matériels et financiers. Lautre partie de la population quant à
elle subit les effets pervers des programmes dajustement structurel.
127.
Laggravation de la pauvreté sest traduite par le grand écart qui existe
entre la croissance démographique et la croissance économique, cest le cas de la
République du Congo où la croissance
démographique a
été de 3,7% par an contre une croissance économique de 0,15%, le Cameroun où la
croissance économique a été négative de 3 à 4% pour la période 1986/87 à 1993/94,
la République centrafricaine a connu un recul de la croissance économique de 2,2%.
Dans la plupart des autres pays, lécart entre la croissance économique et la
croissance démographique na pas été de nature à générer des ressources qui
auraient pu être investies dans le secteur social.
128. Le service
de la dette publique a été un autre facteur majeur qui a privé les Etats africains
dune part importante de ressources pour le financement du développement et partant,
des secteurs sociaux. Dans beaucoup de cas, le ratio service de la dette/recettes
budgétaires a dépassé de loin le taux de 100%. Cette situation a conduit à la
compression des investissements publics en direction des secteur sociaux, affectant ainsi
très sérieusement les couches les plus défavorisées de la population des pays. Par
voie de conséquence, la diminution des budgets dinvestissement dans ces pays a eu
un effet des plus négatifs sur la répartition équitable et redistributive des
ressources publiques. Naturellement, cette situation a eu des effets pervers dans le
domaine de la santé, sur léducation, la sécurité sociale et dautres
secteurs sociaux de base. Les présentations nationales ont fait ressortir des
statistiques qui révèlent une détérioration sérieuse des indicateurs sociaux.
Politiques
nationales de lutte contre la pauvreté
129. Pour
faire face à une situation de crise sociale aiguë, en particulier la détérioration des
infrastructures sociales, les pays ont mis en place des politiques et des stratégies de
croissance économique soutenue pour générer plus de ressources internes pour financer
le développement économique national, dont les services sociaux. Cest ainsi que
pratiquement tous les pays ont mis en place des Programmes Nationaux de Lutte Contre la
Pauvreté (PNLP) dont les objectifs majeurs sont daccroître les revenus des
populations cibles, la création demplois productifs, lamélioration de
laccès aux services sociaux et une croissance économique respectueuse de
lenvironnement pour lutter contre la pauvreté. Dans le cadre de la
décentralisation administrative et économique axée sur la prise en charge, par les
populations locales elles-mêmes de leur propre destin, des Programmes Nationaux de
Renforcement des Capacités de Gestion du Développement (PNRCGD) ont été également mis
en place. Ces programmes visent à améliorer la capacité de gestion des économies
nationales par les structures administratives à travers tout le pays. Dautres
programmes à plus petite échelle tels que les micro-réalisations et les
micro-financements et de soutien aux groupements de base (Grass roots) ont été
élaborés et mis en uvre pour lutter également contre la pauvreté et asseoir des
structures durables dautonomie locale.
130. Toutes ces
structures dintervention ont pour objectif majeur de mettre en uvre des
politiques nationales de développement, accordant un rang de priorité élevé à la
lutte contre la pauvreté. Ce rang de priorité sest traduit par la mise en place
dans pratiquement tous les pays dun Observateur du Suivi de la Pauvreté dont le
rôle principal est dinformer les décideurs et les acteurs de développement sur
lévolution des indicateurs de la pauvreté aux fins de décisions appropriées.
Perspectives de la lutte
contre la pauvreté
131. La
réussite des politiques de lutte contre la pauvreté et les solutions à long terme pour
léradication de cette dernière passent par lengagement ferme et la volonté
politique des responsables africains de promouvoir une politique durable de lutte contre
la pauvreté. Cette politique durable doit se traduire par une politique de croissance
économique soutenue, une affectation accrue de ressources dinvestissement vers les
secteurs productifs de léconomie nationale, une répartition équitable et
redistributive en direction des secteurs sociaux. Ces politiques à long terme doivent
également faire une place de choix à la formation des ressources humaines et à
lemploi productif de ces dernières dans tous les secteurs économiques. Les
politiques à long terme doivent également conduire, dans le cadre bien pensé de la
décentralisation administrative et économique, les populations locales à se prendre en
charge et à développer une attitude dindépendance économique vis-à-vis du
pouvoir central.
132. Le Comité a
examiné les expériences des pays dans le domaine de la création demplois et a
fait ressortir les domaines dexpérience commune et ceux qui offraient de nouvelles
approches pouvant être bénéfiques. Les questions communes à pratiquement tous les pays
étaient les suivantes : laccroissement du nombre de personnes, notamment les
diplômés en chômage qui venaient gonfler les rangs de ceux qui navaient pas un
emploi salarié à la suite des suppressions demploi découlant de lexécution
de programmes dajustement structurel, particulièrement dans les régions urbaines.
Il y avait aussi le fait que le secteur public demeurait le principal créateur
demploi à la suite du développement peu adéquat du secteur privé. Le secteur
informel se révélait le principal domaine pour la création demplois mais
cétait le moins développé et le moins encouragé. Les politiques gouvernementales
qui portaient sur la création demplois nétaient pas mises en place ou les
politiques qui existaient ne favorisaient pas la création demplois.
133. Pour
sattaquer à ces problèmes, tous les pays ont élaboré un cadre directeur
contenant les activités pour honorer tous les engagements du Sommet social. Tous les pays
définissaient aussi des domaines prioritaires daction sur la base de leurs
problèmes spécifiques. Les actions communes étaient linstauration dun cadre
institutionnel, législatif et régulateur favorable ainsi que lexécution de
programmes de création demplois.
Instauration dun cadre
institutionnel, législatif et régulateur favorable à la création demplois
Institutions
134. Pour mieux
coordonner les interventions qui favoriseraient lemploi, certains gouvernements
avaient créé des ministères spécifiques et élaboré des codes du travail et de
sécurité sociale. Ils avaient également élaboré des cadres juridiques pour la
formation destinés à promouvoir lemploi (Burkina Faso) ; établi des
mécanismes inter-ministériels (Niger, Sénégal) ainsi que des institutions chargées du
relèvement (Libéria) et de lexécution de programmes pour résorber le chômage
endémique (Nigéria). Dautres pays renforçaient les structures existantes
établies pour tenir compte des dimensions sociales dans lexécution des programmes
dajustement structurel, tels que des fonds nationaux de lemploi (Cameroun,
Congo, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Tchad, Togo).
Cadres directeur et législatif
135. En plus des
cadres institutionnels, tous les pays révisaient leurs politiques et codes du travail et
de sécurité sociale afin de prendre en compte la jeunesse et les femmes, sagissant
de la création demplois.
Exécution des programmes de
création demplois
Promotion de la production et
du secteur privé
136. Tous les
pays avaient élaboré des programmes encourageant la production et créant des emplois ou
assurant la réinsertion de ceux qui avaient perdu leur emploi, en facilitant dans
certains cas leur accès au crédit. Concernant les mesures dincitation à la
production, de nombreux pays avaient des programmes pour promouvoir les petites et
moyennes entreprises et faciliter laccès au crédit à cet effet (Burkina Faso,
Cameroun, Ghana, République centrafricaine, Tchad). La création de zones franches
offrant des incitations généreuses aux investisseurs (Cameroun, Ghana) a été reconnue
comme moyen de promouvoir la création demplois. Tous les pays avaient des
programmes pour la promotion de lemploi dans les secteurs public et privé et
éventuellement dans le secteur informel. Certains pays tels que le Sénégal avaient des
programmes de promotion de lemploi dans des secteurs spécifiques tels que
léconomie et la finance, le secteur moderne, ainsi que des programmes de promotion
de lemploi local, y compris lauto-emploi et le renforcement des capacités.
Promouvoir le secteur informel
137. Tous les
pays ont reconnu limportance du secteur informel émergent et sa contribution accrue
à lemploi et tous ont des programmes pour la promotion de ce secteur.
Adapter les programmes
denseignement et de formation
138. Tous les
pays de la sous-région reconnaissent que les programmes denseignement et de
formation sont essentiels aussi bien pour lemploi salarié que pour
lauto-emploi. Tous ont renforcé les programmes denseignement et de formation
visant à promouvoir lauto-emploi de façon à réduire la pression exercée sur le
secteur public en tant que principale source demplois. Certains pays ont intensifié
linvestissement dans la formation professionnelle (Ghana, Nigéria, Sénégal) pour
créer plus demplois.
Attitude
envers le travail et lemploi
139. Le Comité a
souligné la nécessité dinstaurer chez lindividu une culture de
lemploi afin que le sens de la valeur et des coûts du temps et de lemploi
rémunéré, devienne partie intégrante de la pensée africaine. Il a souligné que
cétait là un élément particulièrement important pour lauto-emploi et la
création demplois dans les secteurs privé et informel.
140. Les
présentations nationales sur la mise en uvre de la Déclaration et du Plan
dAction de Copenhague ont montré que la question de la gouvernance était au centre
des initiatives et actions menées par les Etats des sous-régions d Afrique
centrale et de l Ouest. Bien que la majorité les Etats aient procédé à l
élaboration de plans daction visant à améliorer la gouvernance, quelques-uns ont
mené des actions volontaristes visant à rectifier les mauvaises pratiques perpétuées
par des gouvernements antérieurs, généralement issus de conflits intérieurs ou de
coups d Etat militaires.
141. Un nombre de
pays dont le Cameroun, le Ghana, le Mali, le Sénégal et le Togo ont entrepris d
élaborer des plans nationaux daction qui ont englobé les aspects politiques,
économiques et sociaux de la gouvernance, y compris : lamélioration de
lefficacité de l administration publique et lallègement de sa charge
budgétaire ; la consolidation du processus démocratique par le renforcement des
institutions de contrôle visant l équilibre des pouvoirs et un contrôle accru de
l exécutif; la décentralisation et lapprofondissement de la gouvernance
locale ; l adaptation des lois fondamentales et le renforcement des capacités
du système judiciaire. Un nombre plus restreint de pays ont abordé la question de la
gouvernance par le biais dobjectifs plus limités, visant comme point d
entrée la réforme de ladministration perçue comme préalable indispensable à la
bonne conduite des actions et programmes visant le but à long terme (Burkina Faso, Gabon,
Guinée équatoriale, Niger et Tchad). Les pays émergeant de conflits internes ou qui ont
connu des mutineries répétées dont le Congo, le Libéria, la Guinée-Bissau et la
République centrafricaine ont pris des initiatives qui ont visé en priorité la
restauration de l autorité de l Etat, la réhabilitation des institutions
avec pour objectifs la réconciliation nationale, la restructuration des forces armées et
le rétablissement de la sécurité générale.
142. Pour les
pays qui ont joui d un climat de paix sociale et de stabilité des institutions, les
consultations nationales et le dialogue entre les pouvoirs publics et les
organisations de la société civile ont ponctué le processus de consolidation
démocratique. Même si pour ce groupe de pays les progrès en matière de gouvernance ont
varié tant sur lintensité de l engagement que lampleur des acquis,
lamélioration sest traduite dans les faits ne serait-ce que dans les secteurs
ciblés. Dans les pays qui ont connu des crises prolongées, les acquis antérieurs ont
été simplement annulés et les capacités nécessaires à la reconduite du processus ont
été elles aussi affaiblies. Les seuls acquis ont été le rétablissement de la paix, le
renforcement des pouvoirs de lexécutif et l exclusion des vaincus et de leurs
partisans ou des partis d opposition dans les cas où des consultations électorales
ont été organisées.
143. A l
exception du Burkina Faso, du Cameroun, du Ghana, de la Guinée équatoriale, du Mali et
du Sénégal, les dividendes du processus de consolidation de la démocratie et de l
amélioration de la gouvernance pour les populations n ont pas été jugés
significatifs. La faible amélioration des conditions sociales a été généralement
attribuée au maintien de pratiques de gestion peu orthodoxes et de corruption malgré le
fait que la majorité des pays ont signalé avoir instauré des mécanismes de contrôle
de gestion plus rigoureux et de lutte contre la corruption.
144.
Sagissant du renforcement du dialogue et de la participation, les mécanismes mis en
place ont plus visé la prévention des conflits internes que le renforcement conscient du
pouvoir de la société civile dont l émergence dans tous les pays est due à
l appui des partenaires de développement. De même, la participation des femmes et
leur accès aux instances de décision n a généralement pas progressé de façon
significative du fait de la conduite des actions visant à assurer la bonne gouvernance.
145. Des
expériences nationales des pays qui ont pris part aux travaux de la Conférence, il est
ressorti certaines initiatives spécifiques dont la rationalisation de l
exploitation et de l utilisation des ressources naturelles dans le souci d une
plus grande équité économique (Guinée équatoriale), l institution d une
personnalité nationale comme médiateur entre les pouvoirs publics et les citoyens
(Burkina Faso, Cameroun), la mise en place d un Conseil pour la démocratie (Gabon),
ou d un Conseil national anti-corruption (Nigéria) ou de Police secrète de
surveillance (Guinée équatoriale)
146. Les
présentations nationales ont par ailleurs attiré l attention de certains
participants sur le fait qu aucune expérience nationale n a appréhendé les
effets induits de l amélioration de la gouvernance sur la création demplois.
Il a été remarqué que l éradication de la pauvreté étant l objectif
central de la Déclaration et du Plan d Action de Copenhague, les Etats africains
devaient inclure la création d emplois dans les objectifs de leur actions et
programmes visant à assurer la bonne gouvernance.
Rapport du Forum
des ONG organisé le 30 septembre 1999 à Ouaga 2000.
147 . Le
Forum a été organisé par le secrétariat de la CEA afin de donner aux ONG
loccasion dexprimer leurs points de vue sur les questions de développement
social. Les organisations de la société civile se félicitent de loccasion que la
CEA leur a donnée de donner leurs points de vue sur les questions débouchant sur le
suivi et lexamen des engagements de Copenhague. Il est maintenant largement accepté
et reconnu que les décisions de principes resteront lettre morte sans la participation
active des organisations de la société civile. Il est bon de noter que la CEA reconnaît
ce fait.
148. Les ONG
reconnaissent que lAfrique reste un continent essentiellement rural avec plus de 70%
de la population habitant dans les régions rurales. De plus, lagriculture reste
lépine dorsale de la plupart des économies africaines et occupe la plus grande
partie de la main-duvre active rurale. Il est par conséquent nécessaire de
promouvoir lagriculture, non seulement comme moyen de création demplois mais
en fait comme moyen dassurer la sécurité alimentaire. Les ONG aimeraient
préconiser des stratégies qui permettent de promouvoir lagriculture rurale grâce
à la recherche sur la mise au point de technologies appropriées, la transformation
alimentaire, la commercialisation et la diffusion de linformation agricole. On
devrait veiller en particulier à partager les expériences pertinentes dans
lensemble de la sous-région. Les ONG reconnaissent aussi quun nombre accru de
personnes et en particulier de femmes, travaillent dans les entreprises du secteur
informel et dans les petites entreprises. Ces entreprises devraient être encouragées. Un
investissement peu important dans ces secteurs pourrait jouer un plus grand rôle dans la
réduction de la pauvreté.
149. Les ONG
reconnaissent aussi que les indicateurs de la pauvreté nont pas été bien
compris : labsence daccès aux nécessités de base est simplement un
symptôme de systèmes et structures plus larges et plus complexes qui perpétuent la
pauvreté. Les ONG aimeraient préconiser un mécanisme qui permettent aux populations de
remettre en question ces systèmes et structures. Les stratégies déradication de
la pauvreté devraient prendre en considération la participation des couches les plus
importantes des populations. Les ONG estiment quil y a une corrélation entre la
participation populaire au processus de prises de décisions et la réduction de la
pauvreté. Ce nest que par la participation active et populaire que les populations
auront loccasion dinfluer sur la répartition des ressources et sur des
politiques telles que la privatisation, lajustement structurel, la promotion de
linvestissement et la libéralisation du commerce, pour améliorer leur situation.
La décentralisation si elle est effectivement appliquée, pourrait être un moyen
darriver à ce but.
150. Les femmes
en Afrique constituent toujours la majorité de la population et contribuent
considérablement à la production, cependant elles ont un accès à des ressources telles
que la terre, léducation, la santé et lemploi. Elles sont généralement
exclues des processus de prises de décisions socio-politiques et économiques. Les ONG se
félicitent des actions positives entreprises pour réexaminer les inégalités entre
lhomme et la femme et promouvoir les droits de la femme sur le continent, ces
actions sont encore très insuffisantes. Les ONG demandent à ce quon redouble
defforts pour réduire les inégalités.
151. Les ONG
reconnaissent que la bonne gouvernance est le fondement du développement
socio-économique et politique. La démocratie, la protection des droits humains et des
libertés fondamentales, la réforme juridique et la décentralisation, qui créent un
environnement favorable à la participation à la société civile et lélaboration
de politiques visant à promouvoir un environnement économique favorable sont autant
déléments importants de la bonne gouvernance.
152. Tout en se
félicitant de lémergence de la démocratie sur le continent dans le passé
récent, les ONG reconnaissent toutefois que lespace accordé aux populations pour
quelles participent aux processus de prise de décisions, est insuffisant, sauf
lorsquil sagit de participer aux processus électoraux. La suppression de la
liberté dexpression a entravé une participation populaire effective et
significative.
153. Les ONG
notent avec tristesse le nombre élevé de conflits inter-Etats et de guerres civiles sur
le continent. La guerre entraîne invariablement la destruction de linfrastructure,
des déplacements à lintérieur des frontières et empêche de fournir des services
sociaux dont on a grandement besoin. Elle décourage linvestissement étranger et
empêche de mobiliser efficacement des ressources en vue du développement, ce qui réduit
à néant la vision que nos populations ont du développement. En outre, le nombre
croissant des réfugiés ne favorise pas le développement. Les ONG dans la sous-région
sont impliquées activement dans les activités visant à promouvoir la gestion et la
résolution pacifique des conflits et souhaiteraient avoir un plus grand espace dans ce
domaine.
Recommandations :
Emploi
Les ONG invitent les Etats de
la sous-région à promouvoir les droits des citoyens à un emploi productif et
rémunéré en concevant des programmes et mécanismes pour la promotion du secteur rural,
agricole, informel et des micro-entreprises.
Les gouvernements devraient
fournir un appui institutionnel et financier aux ONG et agir pour quil y ait un
appui similaire de la part des institutions intergouvernementales et monétaires
internationales telles que la Banque mondiale et le FMI.
Les gouvernements devraient
prendre des mesures pour améliorer laccès et le contrôle des femmes à la terre
et au crédit en vue dune plus grande productivité. Des mécanismes spécifiques
permettant de définir les moyens de réaliser cet objectif devraient être mis en place
en lan 2002.
Les gouvernements devraient
adopter les politiques demploi qui protègent les groupes vulnérables, notamment
les femmes et les jeunes contre le chômage.
Pauvreté
Davantage despace devrait
être fourni aux pauvres pour quils participent aux décisions relatives à la
répartition des ressources et au processus de lutte contre la pauvreté.
Les avantages comparatifs des
ONG, sagissant de travailler avec les communautés rurales et de développer la
participation populaire, devraient être reconnus et encouragés.
Des Forums appropriés
devraient être créés pour fournir une occasion déchanger des vues et de partager
des expériences entre les organisations de la société civile, les Etats et les
organismes donateurs sur des questions relatives à la réduction de la pauvreté.
Les gouvernements, les
organisations de la société civile et les institutions internationales devraient faire
des efforts concertés pour recommander lannulation de la dette et utiliser les
ressources ainsi économisées pour léradication de la pauvreté et la création
demplois, pour les femmes en particulier.
Intégration sociale avec un
accent spéciale sur les femmes
Les Etats et les autres acteurs
du développement devraient faire un effort conscient pour rassembler des données sur la
situation socio-économique et politique réelle des femmes et proposer des mécanismes
efficaces pour laméliorer.
Des efforts supplémentaires
devraient être faits pour réduire les disparités entre lhomme et la femme,
concernant laccès des femmes aux ressources et aux services sociaux.
Il faudrait promouvoir la
capacité dentreprise des femmes grâce à la formation et au transfert de
technologies dans les petites entreprises.
Les Etats devraient réaffirmer
leurs engagements à légard des conventions internationales et assurer la
participation des femmes à la politique.
Gouvernance
Les gouvernements devraient
mettre en place un environnement social, politique et économique de façon à réaliser
un meilleur développement social et éradiquer la pauvreté.
Les gouvernements devraient
adopter des mesures pour assurer le respect intégral de la législation visant à
combattre la corruption dans tous les secteurs de la société en fournissant le cadre
juridique et politique permettant de demander des comptes et dassurer la
transparence.
Les gouvernements devraient
reconnaître que la paix est un préalable essentiel au développement et encourager la
participation des organisations de la société civile à la prévention et à la
résolution des conflits.
Les gouvernements devraient
prendre les mesures nécessaires pour assurer lindépendance du judiciaire,
améliorer qualitativement leur travail et le rendre plus accessible aux pauvres.
Les organisations de la
société civile devraient avoir plus despace pour jouer des rôles politiques comme
le contrôle des élections et léducation civique qui permettraient aux personnes
de faire des choix politiques judicieux.
Les gouvernements devraient
sassurer de la réussite du processus de décentralisation en veillant à ce que les
élites politiques ne confisquent pas le pouvoir et que les capacités des autorités
locales soient renforcées.
Les programmes de privatisation
et dajustement structurel devraient être complétés par des politiques de
sécurité sociale afin datténuer leurs effets pervers sur les pauvres.
154. En
conclusion, les organisations de la société civile présentes à cette réunion se
félicitent de loccasion quelles ont eue de participer aux discussions et de
disposer à temps de la documentation, des projets et des ressources qui leur ont permis
de participer effectivement. Elles espèrent que cette politique de la porte ouverte se
confirme.
Annexe 1: DECLARATION
DE OUAGADOUGOU
DECLARATION DE OUAGADOUGOU
PROJET
Nous, les
représentants des Etats membres de lAfrique centrale et de lOuest, réunis à
Ouagadougou du 28 au 30 septembre 1999 dans le cadre de la Conférence sous-régionale de
suivi du Sommet mondial pour le développement social, avons passé en revue les progrès
accomplis dans le secteur social en général et en vue de la réduction de la pauvreté
plus particulièrement, en application de la Déclaration et du Plan daction de
Copenhague, adoptés en mars 1995.
Les travaux de la
Conférence ont porté plus particulièrement sur les progrès réalisés dans les
domaines de la réduction de la pauvreté, la création demplois, la réalisation
des objectifs nationaux en matière de développement social et la gouvernance.
Nous réitérons
lengagement des Etats dAfrique centrale et de lOuest à prendre les
mesures nécessaires en vue de réaliser les objectifs et les buts fixés par le Sommet
mondial.
Nous confirmons
que les questions ci-après sont dune importance vitale pour la stabilité et le
développement durable de nos pays :
le renforcement des capacités
en vue de la consolidation du capital social à travers une collaboration très étroite
entre lensemble des institutions soccupant de développement, y compris les
gouvernements et les institutions publiques, le secteur privé et la société civile, la
définition claire de leurs rôles respectifs ainsi que létablissement dun
cadre de concertation pour la prise de décisions ;
Linstauration dun
partenariat efficace entre tous les acteurs engagés dans le processus de développement
en général et dans les activités pour la réduction de la pauvreté en particulier ;
la prise en compte des
intérêts des populations démunies et létablissement ou le renforcement des
mécanismes leur permettant dexprimer leurs opinions, la déconcentration des
institutions administratives et la décentralisation qui permet le renforcement, dans la
pratique des institutions juridiques et financières locales ;
lanalyse des
conséquences sociales des politiques macroéconomiques, en particulier limpact des
réformes économiques sur le secteur social, notamment en termes de réduction des
dépenses publiques dans ce secteur, qui entraînent la contraction de lemploi et
hypothèquent la sécurité alimentaire ;
la prise en compte du rôle
déterminant des femmes et des jeunes dans le processus du développement économique et
social ainsi que lenvironnement favorable qui serait créé grâce à des mesures de
promotion et dappui au développement des associations féminines et de jeunes.
Nous réaffirmons
notre détermination à poursuivre et à intensifier les efforts visant à renforcer les
capacités humaines, financières et institutionnelles aux niveaux national,
sous-régional et régional en vue de mettre en uvre et de suivre au mieux nos
programmes et projets de développement social. A cet effet, nous formulons les
recommandations suivantes :
Nous invitons les
gouvernements des Etats dAfrique centrale et de lOuest, les organisations non
gouvernementales et les partenaires au développement de :
entreprendre les réformes
économiques structurelles qui soutiennent la croissance et tiennent compte
lobjectif central de lutte contre la pauvreté, stimulent lépargne locale et
les investissements du secteur privé en vue dappuyer la diversification des
secteurs productifs des économies nationales, en accordant la priorité au développement
du secteur dans lequel est engagée la majorité des populations ;
renforcer le dialogue et la
collaboration entre tous les acteurs uvrant pour la réduction de la pauvreté aussi
bien en milieu rural quurbain afin de créer les synergies nécessaires à la
réalisation de lobjectif de réduction de la pauvreté de moitié à lhorizon
2015 ;
Sattaquer aux
inégalités économiques criardes et consolider les mesures destinées à donner aux
individus, aux ménages et aux communautés un accès équitable aux ressources et
promouvoir et encourager les communautés de base à se prendre en charge et organiser les
initiatives locales de lutte contre la pauvreté.
traduire en actes concrets et
mettre en uvre, de façon prioritaire, des politiques volontaristes qui induisent la
création demplois, promouvoir et stimuler la création dentreprises et
appuyer celles qui existent par des mesures institutionnelles dincitation à
lembauche et accompagner ces politiques et actions par le développement et la
réhabilitation des structures de formation, de linformation et de la
sensibilisation sur la création dentreprises en ayant à lobjectif de
création demplois ;
mettre en uvre
lInitiative 20/20 et instituer un système dévaluation des taux de
réalisation des crédits alloués. Dans ce cadre, les pays donateurs sont invités à
sengager à consacrer 0,7 pour cent de leur produit national brut (PNB) à
laide publique au développement (APD) ;
renforcer les dispositions et
mécanismes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA et orchestrer pour la mobilisation
accrue de ressources, intérieures et extérieures.
créer, dans les pays où cela
na pas été fait, des comités nationaux de suivi de la mise en uvre de la
Déclaration et du Programme dAction de Copenhague.
uvrer au renforcement des
capacités dinternalisation des principes et pratiques démocratiques de la bonne
gouvernance, en mettant un accent particulier sur le maintien dun climat de paix
sociale, léducation, la formation et la sensibilisation de toutes les couches de la
société, lamélioration significative de lefficacité et de la neutralité
des administrations publiques, la promotion de la participation de la société civile et
plus particulièrement des femmes et le renforcement des capacités institutionnelles de
gestion et du contrôle de gestion de la vie économique et sociale.
créer des mécanismes
nationaux indépendants de suivi et dévaluation des pratiques en matière de
gouvernance et coopérer avec la CEA et le PNUD pour létablissement, au sein du
centre de la société civile africaine, dun observatoire de bonne gouvernance.
prendre en considération les
conclusions du forum des ONG et reconnaître que la pauvreté a été comprise dans une
large mesure en terme dindicateurs, par exemple, non accès aux nécessités de
base, qui ne sont que les symptômes de structures et de systèmes plus importants et plus
complexes qui perpétuent la pauvreté. Il est par conséquent préconisé la mise en
place dun mécanisme qui permettrait aux populations de remettre en question ces
systèmes et structures, compte tenu du fait quil existe une relation étroite entre
la participation à la formulation des politiques et la réduction de la pauvreté. Une
décentralisation judicieusement mise en uvre permettrait datteindre cet
objectif.
Nous invitons nos
partenaires au développement à appuyer nos efforts, en particulier ceux visant à
réduire la pauvreté de moitié dici 2015, dinstituer et renforcer les fonds
dinvestissement destinés à la création et à la réhabilitation des entreprises
de tous les niveaux, à renforcer les capacités des administrations publiques et des
organisations de la société civile à sengager à poursuivre le dialogue et
aboutir, dans les meilleurs délais, à lannulation de la totalité de la dette des
pays pauvres afin que dimportantes ressources additionnelles puissent être
affectées au développement des secteurs sociaux de base.
Fait à
Ouagadougou, le 30 septembre 1999
Annexe II
MOTION DE
REMERCIEMENTS
Les
délégations des pays dAfrique centrale et de l Ouest, à la clôture des
travaux de la Conférence sous-régionale de suivi du Sommet mondial pour le
développement social, tenue à Ouagadougou du 28 au 30 septembre 1999, expriment à Son
Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Faso, Chef de lEtat, au
Gouvernement et au peuple burkinabè, leur profonde gratitude pour l accueil très
chaleureux et fraternel qui leur a été réservé ainsi que pour les installations et
services mis à leur disposition et qui ont contribué au succès de la Conférence.
Les délégations
saisissent cette occasion pour renouveler à Son Excellence le Président du Faso, Chef de
l Etat, au Gouvernement et au peuple burkinabé leurs vux de prospérité et
les encouragent à intensifier leurs efforts visant à réaliser les objectifs de
construction nationale et à assurer un développement économique et social durable et
équitable.
Fait à
Ouagadougou, le 30 septembre 1999
Annexe III
Ordre du jour
Lordre du
jour qui figure en annexe a été adopté sans amendement
Ouverture officielle
Election du Bureau
Adoption de l ordre du
jour et organisation des travaux
Séance plénière
Réduction de la pauvreté
quatre ans après Copenhague
Promotion de l emploi:
expériences, défis et opportunités après la Conférence de Copenhague
Progrès accomplis dans la
réalisation des objectifs en matière de développement dans le secteur social
Gouvernance et développement
social
Réunions des groupes de
travail sur les questions thématiques
Communications des pays
Forum des ONG
Adoption du rapport
Clôture de la Conférence
Annexe 3: Liste des participants
CONFERENCE DE SUIVI DU SOMMET MONDIAL POUR
LE DEVELOPPEMENT SOCIAL
SOUS-REGIONS DE L AFRIQUE CENTRALE
ET DE LOUEST
Etats membres
BENIN
BURKINA FASO
CAMEROUN
COTE D IVOIRE
GABON
GHANA
GUINEE-BISSAU
GUINEE EQUATORIALE
LIBERIA
MALI
NIGER
NIGERIA
REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
REPUBLIQUE DU CONGO
SENEGAL
TOGO
Organisations et institutions spécialisées
du système des Nations Unies
Bureau international du Travail (BIT)
Fonds des Nations Unies pour lenfance
(UNICEF)
Fonds des Nations Unies pour les activités
de population (FNUAP)
Organisation des Nations Unies pour l
éducation, la science et la culture (UNESCO)
Programme des Nations Unies pour le
développement
Observateurs
Secrétariat (Commission économique pour
l Afrique)
Annexe 4: Liste des documents
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