PROJET DE RAPPORT DE LA CONFERENCE DE SUIVI DU SOMMET MONDIAL POUR LE DEVELOPPEMENT SOCIAL POUR LA SOUS-REGION DE L’AFRIQUE DU NORD

SORTI A LA FIN DE LA CONFERENCE, 25 MARS 1999


A. Introduction

La Conférence de suivi du Sommet mondial pour le développement social pour la sous-région de l’Afrique du Nord, s’est tenue à Marrakech, Maroc, du 23 au 25 mars 1999 pour suivre les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Copenhague. Etant donné que la période écoulée depuis mars 1995 était trop courte pour une évaluation complète des mesures mises en place par les Etats membres, la conférence avait pour objet de suivre les mesures mise en œuvre plutôt que de procéder à une évaluation globale. Cela permettrait de faire ressortir les progrès réalisés dans la mise en œuvre des engagements de Copenhague et de fournir l’information nécessaire aux décideurs et aux acteurs du développement pour qu’ils puissent concevoir des interventions et stratégies permettant d’atteindre les objectifs plus rapidement. Plus précisément, la Conférence a mis l’accent sur le suivi des progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté, la création d’emplois, la réalisation des objectifs du secteur social et la gouvernance. Une séance spéciale a été consacrée à la question de l’intégration des jeunes au développement.

Les conclusions de la Conférence et celles des conférences organisées pour les autres sous-régions d’Afrique, constitueront un rapport de situation sur la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action du Sommet mondial pour le développement social, en prélude à la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies devant se tenir en l’an 2000 pour suivre les progrès réalisés au niveau mondial dans la mise en œuvre des engagements du Sommet mondial.

B. Participation

Ont participé à la Conférence les représentants des pays ci-après membres de la sous-région de l’Afrique du Nord : Algérie, Egypte, Jamahiriya arabe libyenne, Maroc, Mauritanie, Soudan et Tunisie. Djibouti a assisté à la réunion en tant que membre à part entière, faisant partie des Etats arabes desservis par le Bureau régional du PNUD. Les organizations suivantes étaient représentées à la Conférence : Banque africaine de développement (BAD), Bureau international du Travail (BIT), organization des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Union du Maghreb arabe (UMA), Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Centre africain de recherche appliquée et de formation en matière de développement social (ACARTSOD), Association des organizations commerciales africaines (AOCA), Association internationale des femmes francophones (AIFF), l’UNICEF.

C. Election du Bureau (point 2 de l'ordre du jour)

La réunion a, par acclamation, élu le bureau suivant :

Président : Maroc

Vice-président : Tunisie

Rapporteur général pour la plénière : Soudan

Groupe A : (Pauvreté) Rapporteur : Algérie

Groupe B (Emploi) Rapporteur : Egypte

Groupe C (Secteur Social) Rapporteur: Libye

Groupe D (Gouvernance) Rapporteur : Mauritanie

Séance sur les jeunes, Rapporteur : Djibouti

  1. Adoption de l’Agenda et du Programme de travail

La Conférence a adopté l’ordre du jour suivant :

  1. Ouverture
  2. Election du Bureau
  3. Adoption de l’ordre du jour et organization des travaux
  4. Sessions plénières sur :

4.1. Réduction de la pauvreté : Quatre ans après Copenhague ;

4.2. Promotion de l’emploi dans la sous-région de l’Afrique du Nord : expériences, défis et opportunités dans ''l’ère'' post-Copenhague ;

4.3. Progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du secteur social ;

4.4. Gouvernance et développement social dans la sous-région de l’Afrique du Nord.

Groupes de travail sur les questions thématiques :

Groupe A : Réduction de la pauvreté : Quatre années après Copenhague (Facilitateur : PNUD)

Groupe B : Promotion de l’emploi dans la sous-région de l’Afrique du Nord : expériences, défis et opportunités dans ‘’l’ère’’ post-Copenhague (Facilitateur : BIT)

Groupe C : Progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du secteur social (Facilitateur : UNICEF)

Groupe D : Gouvernance et développement social dans la sous-région de l’Afrique du Nord (Facilitateur : CEA)

Communications des pays et débats

Session spéciale sur l’intégration de la jeunesse au développement dans la sous-région de l’Afrique du Nord

Adoption du rapport

Clôture de la réunion.

E. Ouverture de la réunion

M. K.Y. Amoako, Secrétaire général adjoint de l’organization des Nations Unies (ONU) et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) a souhaité la bienvenue aux participants. Il a exprimé sa profonde gratitude à Sa Majesté le Roi Hassan II et à son gouvernement ainsi qu’au Wali de la ville historique de Marrakech pour la générosité et l’hospitalité qui ont été réservées à tout ceux qui ont fait le déplacement à Marrakech en vue de participer à la Conférence sous-régionale de suivi du Sommet social. Le Maroc, a t-il souligné, abrite le siège du Centre de développement sous-régional pour l’Afrique du Nord, et n’a jamais ménagé son appui aux activités de la CEA. Le Secrétaire exécutif a également exprimé sa profonde reconnaissance au Programme des Nations Unies pour le développement, co-organisateur de la conférence, dont le soutien généreux a permis une large participation des acteurs du développement de la sous-région. Cela, a t-il indiqué, constitue une preuve supplémentaire d'un partenariat de plus en plus étroit et souhaité entre le PNUD et la CEA au service de l'Afrique.

M. Amoako a rappelé que la Conférence sous-régionale se tient conformément à une résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies pour un suivi régional des mesures prises par les gouvernements pour remplir les engagements qu’ils avaient pris à Copenhague, pour la réduction et l’éradication de la pauvreté, la réalisation de l'objectif de plein emploi, la promotion de l'intégration sociale et l'avènement de sociétés stables et justes.

L’éradication de la pauvreté, qui touche 22% de la population en Afrique du Nord, requiert la réalisation d’une croissance économique soutenue qui améliore et élargit l’accès aux services sociaux et aux opportunités de revenu. M. Amoako a noté que la tendance est bonne pour la sous-région dans son ensemble, tant en ce qui concerne la croissance du PIB que les ressources à mobiliser pour atteindre l’objectif de réduction de la pauvreté de moitié d’ici 2015.

Sur la question de l’emploi, M. Amoako a souligné le danger pour la stabilité sociale que constituaient les pressions croissantes sur le marché du travail et le chômage des jeunes. Compte tenu du fait qu’une proportion croissance d’emplois continuera d’être créée par les micro-entreprises et le secteur informel, il est urgent, a t-il indiqué, de renforcer la micro-entreprise qui est mieux à même de gérer de manière durable les ressources en micro crédits. En parlant des jeunes et des femmes en relation avec la question de l’emploi, le Secrétaire exécutif s‘est félicité de deux heureuses initiatives : la création récemment à Marrakech, d’un Forum des femmes entrepreneurs pour la promotion de leurs activités dans les secteurs formel et informel et la Réunion mondiale des générations, tenue en janvier 1999, qui vise à encourager la concertation sur les politiques publiques de manière à intéresser les jeunes et assurer leur intégration. A ce propos, M. Amoako a souligné la nécessité de mieux cibler ceux qui ont besoin de trouver un emploi afin de savoir quelles sont exactement leurs aptitudes  et déterminer comment concevoir des programmes spéciaux pour les atteindre.

Le Secrétaire exécutif a ajouté que le développement économique n’est pas envisageable sans intégration sociale. Beaucoup de conflits en Afrique trouvent leur source dans l’exclusion ou la discrimination. Cela exige, a précisé M. Amoako, d’améliorer la gouvernance de manière à impliquer tous les éléments de la société et les intéresser à l’unité sociale et politique. C’est pourquoi la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes, et la Convention internationale sur les droits de l’enfant, ainsi que bien d’autres accords internationaux visant à assurer la dignité de tous, sont de la plus extrême urgence en Afrique. C’est aussi la raison pour laquelle il est si important d’introduire dans le système éducatif et dans les médias un nouvel esprit empreint d’une culture de la paix. M. Amoako a fait remarquer qu’une croissance soutenue exigeait que toutes les composantes de la société soient pourvues de moyens de mener une vie saine et productive. En conséquence, il a souhaité que les débats se déroulent avec une grande ouverture d’esprit sur la meilleure façon d’utiliser les ressources existantes en vue du développement social.

Dans son intervention lors de la séance d’ouverture, Monsieur Fawaz Fokeladeh, Sous-secrétaire général et Directeur du Bureau régional du PNUD pour les Etats arabes, a commencé par souhaiter la bienvenue aux participants, décideurs et représentants tant des gouvernements que des organizations non gouvernementales dans cette région arabe de l’Afrique. Il a ensuite insisté sur le caractère spécial de cette réunion qui représente la première initiative conjointe entre le PNUD et la CEA, dans le cadre d’un partenariat visant à accélérer le rythme de développement dans cette région, et à établir de nouvelles passerelles de coopération entre le monde arabe et l’Afrique.

Le PNUD attache la plus haute importance au Sommet de Copenhague, et est fier que sa mission de développement humain durable ait considérablement contribué à la formulation du Plan d’action mondial de Copenhague. De même que le PNUD est fier, dans le cadre de son mandat axé sur l’élimination de la pauvreté, de concentrer ses efforts sur la mise en œuvre du Plan d’action, tant au niveau national qu’au niveau régional. L’intérêt de la réunion pour le PNUD réside en ce qu’elle s’attachera, à la lumière des rapports qui y seront présentés, à mesurer les progrès accomplis en termes de réduction de la pauvreté, de création d’emplois, de bonne gouvernance et d’autres questions d’ordre social.

Concernant la mondialisation, Monsieur Fokeladeh a souligné les grandes perspectives qu’elle ouvre pour la réalisation d’un développement humain durable. Il a en outre indiqué que l’effondrement de certaines économies, notamment en Asie, en raison des bouleversements qui ont marqué les marchés financiers, risquent de s’étendre à d’autres régions du monde. Les changements intervenus en matière de technologie, de communication, d’environnement, ainsi que la concurrence économique entre les pays, sont des caractéristiques inhérentes à la mondialisation, e il convient de les traiter en tant que telles, eu égard à leur impact sur l’accroissement de la pauvreté et l’exclusion sociale. D’où la nécessité de concentrer les efforts, face aux défis de la mondialisation, sur le renforcement de la sécurité humaine, un concept introduit, a-t-il rappelé, dans l’édition 1994 du Rapport du PNUD sur le développement humain, et un cadre approprié pour l’analyse des dangers de la mondialisation, et la formulation de politiques visant à mettre fin à l’exclusion des pauvres, à encourager l’emploi et à renforcer les filets de sécurité et les institutions à caractère social.

Parlant ensuite de la gouvernance, Monsieur Fokeladeh a indiqué que le PNUD la définit comme l’exercice de l’autorité économique, politique et administrative, fondé sur la participation, la transparence et la redevabilité. La bonne gouvernance, a-t-il ajouté, veille à ce que la définition des priorités politiques, économiques et sociales repose sur un large consensus au sein de la société, et à ce que la voix des couches les plus pauvres soit entendue lors du processus de prise de décision. Ce qui s’applique au niveau national s’applique bien entendu au niveau international, dans les relations entre nations riches et nations pauvres. Monsieur Fokeladeh a enfin souligné la nécessité d’établir un système de bonne gouvernance qui instaure le dialogue et la concertation entre les administrations publiques, le secteur privé et la société civile, une bonne distribution des responsabilités, et la notion de redevabilité, si l’on veut gérer la mondialisation dans le but de réaliser un développement humain durable.

Dans son allocution d’ouverture, S.E.M Khalid Alioua, Ministre du Développement Social, de la solidarité, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle a tout d’abord souhaité la bienvenue aux participants à la Conférence au nom de Sa Majesté le Roi Hassan II et a exprimé son espoir de voir cette réunion contribuer à la réalisation des attentes des peuples de la sous-région. Il a ensuite indiqué que le gouvernement du Maroc a entrepris d’examiner la question sociale dans sa globalité, ce qu’il a fait tout au long de l’année dernière. Il a souligné l’importance du problème majeur consistant à identifier les ressources disponibles pour servir la question sociale, ajoutant que la déclaration de Copenhague manifeste l’engagement du monde à mettre en place des politiques nationales et de programmes spéciaux visant la réduction de la pauvreté et l’élimination de la marginalisation sociale. Il a fait remarquer que tous les pays avaient commencé à mettre en œuvre des politiques allant dans le sens de la réalisation de ces objectifs, rappelant que cette conférence constituait l’occasion de suivre les progrès réalisés à cet égard.

M. Alioua a rappelé qu’entre 1996 et l’année 2000, année de la prochaine réunion, quatre années cruciales se seront déroulées puisqu’elles auront été marquées par le phénomène grandissant de la mondialisation. La question de la mondialisation ne se posera plus de la même manière qu’avant 1996. Il a affirmé que les pays membres sont aujourd’hui pleinement conscients des problèmes qui accompagnent cette mondialisation et des conséquences qu’elle engendre au niveau du développement social des pays du tiers-monde.

M. Alioua a ensuite posé la question de savoir comment les pays de la sous-région d’Afrique du Nord pourraient atteindre les objectifs contenus dans la déclaration de Copenhague, alors que le taux de croissance moyen du PIB ne dépasse pas 2,8%, et que pouvait-il être demandé à la sous-région si le développement économique nécessaire au développement humain ne se réalisait pas, et si le problème de l’exclusion de certaines catégories et communautés sociales n’était pas résolu. Comment accélérer le rythme du développement alors que la sous-région draine moins de 1% des flux d’investissements dans le monde ? Comment parvenir à remplir nos engagements et à en répondre devant nos peuples et face à la communauté internationale si les responsabilités ne sont pas clairement définies ?

Il ne suffit pas de définir les responsabilités des gouvernements seulement , il convient également de fixer les responsabilités des bailleurs de fonds, puisque la décision n’est pas entièrement entre les mains des Etats. Elle est aussi du ressort de ceux qui gouvernent les marchés financiers à l’échelle mondiale. M. Alioua a ensuite exprimé son souhait que la prochaine conférence de Genève soit l’occasion de manifester une volonté commune, notamment en ce qui concerne les difficultés rencontrées par l’ensemble des pays de la sous-région quant à la réalisation des objectifs.

Il est certain, a-t-il ajouté, que des réformes pourraient être mises en place sur le plan économique, social, juridique et législatif. Toutefois le problème majeur auquel nous demeurons confrontés est celui de l’insuffisance des ressources et de la marginalisation des pays en développement au sein de l’économie mondiale puisque ceux-ci ne font l’objet d’aucune priorité dans le cadre des mesures urgentes à prendre en ce domaine par la communauté internationale. Il a estimé que les institutions financières internationales, c’est-à-dire la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International doivent assumer leur responsabilité, sans attendre la détérioration des économies, en procédant au financement nécessaire au développement des pays du tiers-monde. La Banque Mondiale pourrait procéder à la création d’un fonds spécial d’investissement pour les pays du tiers monde, a-t-il ajouté. Si le même montant de 18 milliards de dollars qui a été accordé pour sauver la monnaie d’une région déterminée devait être alloué à notre sous-région, il aurait constitué une sorte de fonds de garantie des investissements dont les effets auraient peut-être permis d’accroître le taux de croissance de 2,8% à plus de 5 ou 6%.

Il convient, a-t-il ajouté, de faire preuve de fermeté à cet égard et de mettre les acteurs internationaux qui gouvernent une grande partie de nos capacités au développement, face à leur responsabilité afin de parvenir à mettre en place de nouveaux mécanismes visant à promouvoir les flux financiers et les investissements dans notre région en vue de créer des conditions plus favorables à la réalisation d’une croissance soutenue et durable ; conditions nécessaires à un développement social accéléré.

M. Alioua a déclaré que le gouvernement marocain souhaite la création d’un fonds de garantie des investissements extérieurs sous la responsabilité du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, l’investissement étranger privé serait alors plus rassuré, ces fonds étant placés sous garantie internationale et non pas uniquement soumis aux seules réglementations locales bien que celles-ci soient déjà fort avantageuses et encourageantes.

M. Alioua a conclu son allocution en réitérant sa conviction que ces paroles auront un écho favorable auprès des participants dont les délibérations conduiront à l’élaboration d’un document au nom de la sous-région en plus de l’évaluation des progrès réalisés en rapport avec les engagements pris conformément à la Déclaration de Copenhague. Il leur incombe d’élaborer un cadre général de référence qui aiderait à faire de la prochaine Conférence sur le développement social une étape qualitative nouvelle en matière de relations internationales, politiques et sociales relatives aux pays de la sous-région.

F. Compte rendu des travaux

a. Séance plénière sur les quatre thèmes (point 4 de l’ordre du jour)

Les représentants du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) , du Bureau international du Travail (BIT) , de l’UNICEF et de la CEA ont présenté les rapports suivants :

  1. Réduction de la pauvreté : quatre années après Copenhague ;
  2. Promotion de l’emploi dans la sous-région de l’Afrique du Nord : expériences, défis et opportunités dans « l’ère » post-Copenhague ;
  3. Progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du secteur social dans la sous-région de l’Afrique du Nord et
  4. Gouvernance et développement social dans la sous-région de l’Afrique du Nord .

 

 

Réduction de la pauvreté : quatre années après Copenhague (point 4.1 de l’ordre du jour)

En présentant le rapport sur la pauvreté intitulé ; "Elimination de la pauvreté quatre années après Copenhague", le représentant du PNUD s'est surtout intéressé à quatre grandes questions particulièrement importantes si l'on veut réaliser des progrès dans la mise en œuvre des engagements pris à Copenhague en 1995.

En premier lieu, il était nécessaire de revoir fondamentalement les postulats en ce qui concerne les moyens d’assurer le développement social. A l'heure actuelle et ce sera de plus en plus le cas à l'avenir, la richesse sera créée par l'intermédiaire du marché mondial interconnecté et sur une base qui ne sera plus nationale. Il importait donc de ne plus considérer l'élimination de la pauvreté comme une responsabilité incombant aux seuls pays dans un cadre international mais plutôt comme une responsabilité mondiale avec des dimensions nationales. Une telle évolution a des implications profondes sur la façon de comprendre les questions liées à la redistribution de la richesse ainsi qu'au partage de cette richesse redistribuée d'une manière telle que la lutte contre la pauvreté soit solidement établie dans toutes les sociétés du monde.

En deuxième lieu, il était nécessaire que parallèlement à cette évolution, les opérateurs du secteur non gouvernemental jouent un plus grand rôle dans le financement et la fourniture des services sociaux, la raison en étant que les budgets nationaux diminuent et que de plus en plus c'est le secteur privé qui détient les ressources financières. La transition s'impose donc vers une situation où le gouvernement, la communauté des affaires, les collectivités, la société civile agissent en synergie et assument collectivement la responsabilité d'éliminer la pauvreté.

En troisième lieu, il a souligné qu’il était nécessaire d'avoir un Etat fort, prévoyant, engagé dans des activités recentrées de façon très spécifique. A cet égard, il était essentiel de ne plus faire des ressources humaines un "élément accessoire" mais bien le "facteur clé" dans le processus du développement économique. On ne créerait la richesse dans le monde moderne qu'en opérant des ajustements politiques et sociaux de grande envergure.

En quatrième lieu, il a indiqué que de plus en plus on reconnaissait qu'il y avait un déphasage entre, la réalité économique et sociale dans un monde en mutation rapide d'un côté et les nombreux plans nationaux de développement social, les indicateurs de réalisation généralement acceptés pour l’évaluation des progrès accomplis dans la mise en œuvre de ces plans, de l'autre. La raison en est qu’un organisme national ou international responsable ne bâtirait son avenir sur l'inconnu. Il fallait, par conséquent, une nouvelle approche politique, une nouvelle philosophie de développement et une nouvelle distribution des responsabilités nationales et internationales. Dans ce contexte, le développement social et l'élimination de la pauvreté seraient les moyens pour une nation d'avoir un avantage comparatif sur les marchés mondiaux et détermineraient son taux de croissance économique.

Promotion de l’emploi dans la sous-région de l’Afrique du Nord : Expérience , défis et opportunités dans l’ère post-Copenhague (point 4.2 de l’ordre du jour)

Le représentant du BIT a passé en revue les progrès réalisés par les pays dans la création d’emplois depuis la Déclaration et le Plan d’action du Sommet de Copenhague tenu en 1995. Les principales initiatives , les expériences positives, les défis à relever et les opportunités se présentant dans la région pour s’attaquer au problème du chômage.

L’analyse faite de la création d’emplois et du progrès économique montrait qu’en dépit de la croissance économique enregistrée depuis le milieu des années 90 par la plupart des pays de la sous-région, les causes fondamentales du chômage n’avait pas été éliminées et le chômage s’était en fait aggravé. Il a également été souligné que l’accroissement démographique rapide , couplé à d’autres facteurs, était responsable des fortes pressions sur le marché du travail dans les pays d’Afrique du Nord. L’arbre au tableau était que les jeunes connaissaient de graves problèmes d’emploi , liés essentiellement à la structure inadéquate de l’éducation et de la fonction, s’agissant du secteur économique en particulier.

Comment les mesures prises par les pays face aux situations d’urgence sur le plan de l’emploi, l’accent avait été mis à l’issue du Sommet sur des réformes structurelles et institutionnelles et des stratégies d’emploi intégrées dans la sous-région. Il y avait dans la sous-région un engagement général à moderniser des institutions et processus en matière de marché du travail , particulièrement dans des domaines tels que l’information sur le marché du travail, l’éducation et la formation professionnelle , les services d’emploi et l’administration du travail.

Une analyse sur les voies à suivre pour favoriser l’emploi a été présentée. De nombreux enseignements avaient été retenus, parmi lesquels le fait que la stabilité macro-économique et la croissance économique sont importantes mais ne sont pas suffisantes pour promouvoir l’emploi. L’accent devrait être mis sur les secteurs et les méthodes de travail à forte intensité de main-d’oeuvre. Les solutions au problèmes de l’emploi devraient être cherchées dans le cadre de la mondialisation et du changement technologique. Les politiques et programmes doivent être efficaces et durables à long terme. Ils doivent aussi tenir compte de l’expérience et de la situation actuelle. Il est nécessaire,  à cette fin , de suivre et d’évaluer les politiques et programmes.

Le représentant du BIT a conclu en soulignant un certain nombre de taches d’importance vitale pour la promotion de l’emploi, parmi lesquelles assurer le développement au niveau local et la décentralisation, promouvoir l’utilisation de techniques à forte intensité de main-d’oeuvre et améliorer les cadres institutionnels. Il faut aussi renforcer l’approche participative , le dialogue social et la démocratie  et chercher à établir une mentalité de partenariat. Il importe aussi de mettre l’accent sur le soutien au secteur informel afin de l’aider à sortir de l’informalité. Il convient également de fournir un appui aux femmes, de reconnaître et de promouvoir leur rôle économique.

Le représentant de l’UNICEF a fait remarquer que les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du secteur social ont été évalués en tenant compte de ceux accomplis depuis le Sommet pour le développement de Copenhague en 1995 et aussi de ceux réalisés depuis le Sommet mondial pour l’enfance en 1990.

La stagnation des budgets sectoriels de chacun des pays considérés a été un facteur limitant pour réaliser des progrès dans les secteurs sociaux. Toutefois, la Tunisie a dépassé les 5% prévus par l’OMS avec une allocation de 7% de son budget.

Parmi tous les indicateurs, la mortalité infantile et infanto-juvénile (des enfants de moins de 5ans) est le plus intéressant dans la mesure où la réduction de la mortalité est une résultante des progrès dans les différents secteurs sociaux. Tous les pays de la sous-région sauf la Mauritanie et le Soudan atteindront l’objectif établi par le Sommet mondial pour l’enfance qui est de réaliser un taux de 70/1000 pour l’an 2000.

Concernant la mortalité maternelle , les taux sont élevés dans toute la sous-région mais la situation peut être améliorée grâce, entre autres, à l’amélioration du statut de la femme, de l’éducation de la femme et des facilités médicales pour les urgences. Toutefois, il semble évident qu’aucun pays de la sous-région n’atteindra l’objectif qui était de réduire la mortalité maternelle de 50% en l’an 2000 et de 50% encore en l’an 2015.

Dans le domaine du planning familial, des progrès notables ont été enregistrés notamment en Algérie, en Egypte, au Maroc et en Tunisie. Toutefois , le taux de fécondité et de croissance de la population reste relativement élevé dans l’ensemble de la sous-région , avec les diminutions les plus notables en Algérie , en Egypte, au Maroc et en Tunisie.

Les tendances en ce qui concerne l’espérance de vie à la naissance dans la sous-région sont plutôt positives depuis le début de la décennie. Sauf pour la Mauritanie et le Soudan , elle se situe au-delà de 60ans, l’objectif fixé pour l’an 2000. Et même, l’espérance de vie atteindra les 70ans en Algérie et en Tunisie.

S’agissant du SIDA, le fait que les pays de la sous-région sont frontaliers des pays d’Afrique, tous lourdement affectés, ne pourrait qu’inciter les gouvernements à prendre les mesures préventives nécessaires.

La malnutrition reste malheureusement un défi important dans la sous-région. Les données disponibles font état d’une stagnation de la situation en Algérie, au Maroc, en Tunisie et d’une dégradation en Egypte. L’analyse comparative des tendances montre que la sous-région de l’Afrique du Nord possède la prévalence la plus basse relativement d’enfants ayant un poids un poids insuffisant mais avec toutefois une tendance à la hausse depuis 1990. Malgré les progrès enregistrés dans la réduction de la malnutrition, grâce notamment aux réalisations dans le domaine social ; la stagnation et même une augmentation d’enfants au poids inférieur aux normes, sont observées. Cette situation peut résulter de l’interaction de nombreux éléments, dont les habitudes alimentaires, le statut de la femme et les facteurs macro-économiques.

Cependant, des actions peuvent et doivent être prises dans l’immédiat en vue de résoudre le problème de la malnutrition, par exemple promouvoir l’allaitement, les aliments de sevrage, la supplémentation en vitamine A et en fer, l’iodation du sel, etc. Il est intéressant de noter que maintenant l’Algérie , la Libye et la Tunisie iodent plus de 90% de leur sel comestible. Des progrès réalisés sont encore limités. Des progrès ont été enregistrés pour l’élimination de la carence en vitamine A grâce, entre autres, à l’apport en vitamine A pendant les Journées Nationales de Vaccination (JNV). L’anémie reste un problème majeur et à cet égard, plusieurs pays explorent la possibilité de fortification de la farine par le fer et autres micro-nutriments.

L’accès aux services de santé de base est presque généralisé pour les populations en Algérie, en Egypte, en Libye et en Tunisie et des progrès significatifs ont été enregistrés au Maroc avec toutefois une persistance des disparités entre les zones urbaines. Considérant la nature du pays , l’accès aux services de santé en Mauritanie est plutôt appréciable.

Dans le domaine de l’immunisation des enfants contre les principales maladies, des pays comme l’Egypte, le Maroc , la Libye et la Tunisie dépassent les 90% et les maintiennent tandis que l’Algérie rencontre des difficultés pour maintenir ces niveaux en raison de la situation actuelle. Le Soudan et la Mauritanie peuvent rattraper le retard grâce aux stratégies mises en place actuellement.

L’objectif de l’éradication de la polio avant l’an 2000 , peut être atteint dans la sous-région , où des efforts considérables ont été réalisés avec les Journées Nationales de Vaccination.

L’objectif du Sommet mondial pour l’enfance, qui est de réaliser l’accès à l’école primaire pour au moins 80% des enfants en l’an 2000, semble pouvoir être atteint dans la plupart des pays. Il en est de même pour l’accès universel à l’éducation avant l’an 2015. Toutefois, des disparités existent entre les garçons et les filles dans certains pays, entre zones rurales et zones urbaines dans d’autres.

Les taux de passage du primaire au secondaire sont toutefois inférieurs à la moyenne dans la plupart des pays de la sous-région et surtout pour les jeunes filles en Tunisie, en Algérie, au Maroc et en Mauritanie. L’amélioration de la qualité de l’enseignement est un autre objectif auquel se sont astreints l’Algérie, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie où des réformes de l’enseignement sont entreprises. Quant à la lutte contre l’analphabétisme, elle reste un problème majeur et beaucoup reste encore à faire avant que l’analphabétisme soit éradiqué.

Des progrès considérables ont été enregistrés dans le domaine de l’accès à l’eau salubre et à une hygiène appropriée. Les progrès les plus significatifs ont été réalisés en Algérie, en Egypte et au Soudan alors que la Tunisie et la Libye ont atteint l’objectif d’accès universel à l’eau potable.

 

 

 

 

Gouvernance et développement social dans la sous-région de l’Afrique du Nord (point 4 .4 de l’ordre du jour)

En présentant un document sur la gouvernance, le représentant de la CEA a noté qu’il avait été élaboré par un consultant et qu’en tant que tel, il ne reflétait pas nécessairement les points de vue de la CEA ou d’une autre institution des Nations Unies. Il a indiqué que la gouvernance était généralement définie comme étant l’utilisation de l’autorité politique, économique et administrative et des ressources pour la gestion des affaires d’une nation. S’il en est ainsi, la bonne gouvernance serait la gestion efficace des ressources publiques dans le but de répondre aux besoins essentiels de la société. La bonne gouvernance et la gestion rationnelle du secteur public sont les mécanismes les plus importants de transformation sociale et les piliers des économies performantes. Le secteur privé et la société civile interviennent dans des aspects importants de la gouvernance, ce sont, néanmoins, les institutions de l’Etat qui définissent les règles, sur le plan des politiques, pour la gestion globale d’un pays et de ses affaires. Le rôle que joue la gouvernance dans la création d’un environnement favorable aux citoyens du pays, dans l’instauration de la loi et de l’ordre, dans la gestion de la stabilité macro- économique, dans la mise en place de l’infrastructure physique et financière, dans la fourniture des services essentiels et dans la protection des groupes vulnérables, revêt une importance cruciale pour la paix, la stabilité et la prospérité économique. En fait, le monde actuel, caractérisé par une libéralisation économique accrue et un environnement économique complexe et concurrentiel, a besoin plus que jamais d’un système de gouvernance appliqué de façon compétente et efficace.

Au cours de l’examen des diverses expériences de l’Afrique du Nord depuis le Sommet de Copenhague, les indicateurs suivants ont été identifiés comme pouvant servir de repères et de cadre pour les analyses :

  1. Les mesures prises par l’Etat pour endiguer les troubles civils et la violence dans les communautés, en atténuer les effets et mettre en place les mécanismes pour promouvoir la paix, la stabilité politique et la sécurité ;
  2. La mise en place et le renforcement des fondements juridiques et institutionnels de l’Etat de droit et de la légalité constitutionnelle. La mesure dans laquelle le système de gestion est considéré efficace, responsable, transparent et intègre ;
  3. L’efficacité, l’équité et la mesure dans laquelle les organismes publics répondent aux besoins de l’ensemble des citoyens. Cet indicateur permet d’évaluer dans quelle mesure le système de gestion public est considéré comme efficace, responsable, transparent et intègre ;
  4. La participation populaire dans les processus politique, économique et social de la société. Il s’agit ici de la liberté d’association, d’expression et de l’existence d’un environnement favorable aux initiatives et activités des citoyens et des mesures et actions visant à encourager le développement d’organizations de la société civile viables.

Hormis quelques exceptions notables, la sous-région a connu une période soutenue de paix, du fait que contrairement au reste du continent, elle n’a pas été en proie à la violence extrême et à l’instabilité. C’est là une nouvelle très réjouissante. Car sans la paix et la sécurité, aucun effort, quel qu’il soit, ne peut déboucher sur une bonne gouvernance. Les pays ravagés par les conflits doivent se rendre compte qu’il leur faut transcender cet héritage tragique, instaurer la paix et rétablir une situation normale s’ils veulent que leurs efforts visant à assurer la bonne gouvernance soient couronnés de succès.

Il n’existe ni système de contrôle, ni contrepoids au sein des institutions clés chargées de la gouvernance. L’exécutif a la prépondérance sur le législatif et sur le judiciaire. L’armée et l’appareil de sécurité exercent une influence démesurée dans le processus politique.

D’après le rapport du consultant, la participation populaire dans le processus politique, demeure faible dans la sous-région. Comparée au reste du continent, la communauté de la société civile en est toujours à l’état embryonnaire. Il est, par conséquent, nécessaire de supprimer les entraves d’ordre juridique et administratif à l’établissement d’institutions de la société civile.

De nombreux gouvernements de la sous-région ont reconnu les insuffisances sur le plan opérationnel des organismes du secteur public et la nécessité de prendre les mesures qui s’imposent pour qu’ils répondent mieux aux besoins du pays en matière de développement. Les interventions dans la gestion du secteur public, notamment la réduction de la bureaucratie, la diminution des coûts , le renforcement des systèmes de contrôle financier, l’amélioration des compétences en gestion et l’adoption de réformes en matière d’organization, sont les mesures appliquées dans un bon nombre de pays. Les exercices de rationalisation auxquels beaucoup de pays ont procédé à la fin des années 80 et au début des années 90, ont débouché sur la suppression de nombreux organismes publics, la consolidation des fonctions et le dégraissage de la fonction publique. Pour s’attaquer à la corruption et inculquer un sens plus aigu de l’éthique professionnelle au sein du secteur public, les gouvernements ont introduit des mesures telles que la révision et l’ajustement des indemnités aux travailleurs, le recrutement et l’avancement selon le mérite, l’établissement de services d’assistance publique et de doléances , et la formation continue du personnel dans les domaines de la technique et de la gestion. Des campagnes vigoureuses étaient menées par les gouvernements, les organismes donateurs et les groupes de la société civile pour promouvoir les valeurs d’intégrité, de transparence et d’obligation redditionnelle dans les affaires publiques et lutter contre la corruption, la bureaucratie paralysante et d’autres pratiques préjudiciables au bien public. De plus , ces gouvernements s’employaient à mettre en place des capacités pour l’analyse et la révision des politiques, l’évaluation et le suivi des résultats, la planification et la gestion stratégiques et établir un système moderne de gestion de l’information.

Conclusion des

Groupe A : Réduction de la pauvreté

Rapporteur : Algérie

Facilitateur : PNUD

La séance a débuté ses travaux par la présentation des initiatives prises par le Maroc dans le domaine du développement humain durable et de la lutte contre la pauvreté tant en milieu rural qu’urbain et péri-urbain.

Le Maroc a élaboré depuis 1993 une stratégie de développement social ciblée sur les populations défavorisées, notamment en milieu rural, dans les domaines de l’emploi et de l’accès aux services sociaux de base dont la première phase de mise en oeuvre couvre les quatorze provinces les plus pauvres du pays. Les objectifs de ce programme sont entre autres, l’élaboration d’un Rapport national annuel sur le développement humain, l’identification des causes et la typologie de la pauvreté en milieu rural pour l’élaboration de plans d’action intégrés et le renforcement de la mobilisation sociale dans un cadre de partenariat avec la société civile pour atténuer la pauvreté.

Les débats ont été axés sur les points suivants :

Il faut pouvoir mesurer l’impact des projets en termes de réduction de la pauvreté afin de donner aux décideurs la possibilité de choisir les projets nécessitant un financement. Quoiqu’il n’existe pas d’indicateur idéal de mesure de la pauvreté, la fixation d’objectifs chiffrés aux programmes de lutte contre la pauvreté, constitue le moyen le plus approprié disponible pour mesurer leur impact.

Les participants ont relevé des retards dans le monde arabe en ce qui concerne les technologies de l’information qui offrent d’immenses opportunités pour la diffusion du savoir et de la connaissance. D’une manière générale, toutefois, le principal défi sous-jacent demeure la mobilisation de ressources pour financer le développement. La suggestion a été faite que les pays arabes prennent position sur la proposition d’instaurer la « taxe Tobin » sur les opérations financières spéculatives, déjà faite dans un des rapports du PNUD sur le développement humain, et d’affecter le produit de cette taxe à la lutte contre la pauvreté.

La suite des débats a conduit aux conclusions suivantes :

Conclusions des séances en groupe (point 5 de l’ordre du jour)

Groupe B: Promotion de l’Emploi dans la sous-région de l’Afrique du Nord: expériences, défis et opportunités dans « l’ère » post-Copenhague

Le Groupe B "Promotion de l’Emploi dans la sous-région de l’Afrique du Nord: expériences, défis et opportunités dans « l’ère » post-Copenhague " a tenu ses travaux en présence de ses16 membres, le représentant de l’Egypte étant rapporteur et celui du BIT étant modérateur.

Le Groupe a concentré ses discussions sur les leçons à tirer de l’expérience accumulée en matière d’emploi, les goulots d’étranglement rencontrés et les efforts prioritaires à mener en regardant vers l’avenir. Faute de temps, il a été convenu que les membres du groupe ne présenteraient pas leurs éventuelles remarques sur le document présenté en séance plénière (ECA/UNDP/WSSD/2, "Promotion de l’Emploi dans la sous-région de l’Afrique du Nord: expériences, défis et opportunités dans « l’ère » Post Copenhague" . Les débats du groupe ont été approfondis et ont permis de mettre en lumière: les difficultés rencontrées par les politiques de l’emploi; les rôles respectifs de l’Etat et de la société civile; les liens entre éducation, formation et besoins de l’économie; l’apport déterminant de la création d’entreprises; la question de l’emploi des femmes; l’information sur le marché du travail.

Les rôles respectifs de l’Etat et de la société civile

Le problème de l’emploi est fondamental, et renvoie à la structure et à la mentalité de la société.. Dans la sous-région, le chômage est croissant et beaucoup de politiques passées ont échoué. Il faut faire face a la forte croissance de la population active, à l’évolution et la diversification de la demande en raison des évolutions du monde moderne (mondialisation, technologie, évolution du travail salarié, expansion du travail indépendant, micro-entreprise...). Des dysfonctionnements graves sont constatés (offre-demande de travail, adéquation emploi-formation). Seule une mobilisation nationale de tous les efforts peut permettre de faire face à ces contraintes et déficiences et de résoudre les problèmes de l’emploi.

Le constat a été que les pays avaient mis fin a des politiques passées de recrutement massif par l’Etat et le secteur public, politiques qui n’étaient pas liées aux besoins réels d’emploi mais répondaient a des pressions sociales et politiques et consistaient en la garantie de l’emploi aux nouveaux diplômés et en la prise en charge de l’essentiel des nouvelles demandes d’emploi. Dorénavant, les nouveaux emplois doivent être offerts aussi bien par l’administration, le secteur public et le secteur privé et ce, en fonction des besoins économiques et sociaux réels. La création d’emplois doit être une préoccupation commune de l’Etat, de la société civile, des entreprises des secteurs public et privé, chacun d’entre eux devant assumer la responsabilité qui est la sienne.

Il est nécessaire de voir comment utiliser au mieux les forces vives de la nation, les ressources humaines, celles qui ont un emploi aussi bien que les chômeurs et les nouveaux entrants sur le marché du travail. Il est important d’améliorer la qualification, l’efficacité et l’adaptabilité des travailleurs en poste, car ceci est la meilleure garantie de leur employabilité.

L’Etat doit créer les conditions de croissance a court, moyen et long termes, faciliter la réalisation des conditions internes et externes pour une croissance porteuse d’emplois, créer les conditions pour les initiatives et la participation de la société civile, en particulier celles des entreprises privées, et les soutenir. Il doit se préoccuper des contraintes extérieures, promouvoir la coopération sous-régionale, promouvoir des partenariats entre les entreprises des différents secteurs, y compris avec les entreprises étrangères. Par une programmation et une planification adéquate, il doit impulser le développement local pour limiter l’exode rural. La question de l’émigration vers l’étranger doit recevoir toute l’attention indispensable, en particulier pour éviter la fuite des cerveaux.

L’Etat doit identifier et élaborer des politiques alternatives et différenciées d’emploi en fonction des problèmes a résoudre et des couches de la population active (chômeurs, jeunes, diplômés, femmes...). Il doit mettre en place des politiques adaptées de financement (petits et moyens projets, micro-projets, projets ruraux, artisanat, pêche…). Des expériences réussies existent déjà dans les pays à travers: des Fonds de développement social, le budget d’équipement de l’Etat, des sociétés de crédits….

La société civile dans ses différentes composantes doit se mobiliser pour l’emploi, en particulier le secteur privé, les ONG, les associations. Les entreprises privées peuvent aider à créer des emplois justifiés économiquement. Les ONG peuvent aider a mettre en valeur des gisements d’emploi, créer des emplois de proximité et réduire le chômage.

Les liens entre éducation, formation et besoins de l’économie

La formation professionnelle contribue a la création d’emplois (les participants ont souligné que les personnes ayant une formation professionnelle trouvent du travail plus facilement que celles ayant une formation générale, ne connaissant que la théorie mais n’ayant pas de savoir faire. La collaboration des associations d’entrepreneurs avec les centres de formation est une expérience qui a montre son efficacité.

En Afrique du Nord, en général, les systèmes actuels d’éducation et de formation ne répondent pas dans la majorité des pays aux besoins de la société (certaines institutions de formation génèrent des chômeurs). Ils doivent s’adapter a l’évolution constante qualitative et quantitative de la demande d’emploi, par une adaptation continuelle à l’évolution de la technologie et de la demande (exemples: informatique, information, droit international…). Pour cela, les difficultés de communication entre monde du travail et système d’éducation doivent être surmontées.

Les sortants du système de formation doivent être considérés comme des produits devant trouver preneurs sur le marché, et répondant à des besoins sociaux et économiques. La formation dans tous ses aspects et a tous les niveaux (ouvrier, ingénieur, entrepreneur, paysan, mentalité…) doit commencer dans la famille et à l’école… Il faut que les jeunes comprennent très tôt qu’ils iront vers le secteur privé et l’auto-emploi plutôt que vers le secteur public. Changer l’image de la formation professionnelle. (ce qui se constate dans certains pays) permet d’orienter davantage les jeunes vers les formations professionnelles adaptées. La formation doit prendre en compte la nécessité de développer et d’utiliser des expertises, des bureaux d’études et la recherche scientifique et technique.

Il faut encourager les initiatives privées dans la formation. Il existe une expérience positive d’intéressement des enseignants professionnels à la commercialisation des produits réalisés dans leurs institutions.

L’apport déterminant de la création d’entreprises dans la création d’emplois

Il a été mentionné avec force que l’apport des entreprises privées, en place ou a créer, est déterminant pour l’emploi. Il s’agit d’impulser la création d’un secteur prive efficace. A cet effet, l’appui de l’Etat et le changement de mentalité de la société sont essentiels. Il s’agit de veiller à la création et au développement de l’esprit d’entreprise, à l’existence d’un bon environnement économique, politique, social, juridique, fiscal, financier….

L’efficacité de la mise en place par plusieurs pays de systèmes d’aide a la création d’entreprises par de jeunes diplômés (prêts à taux faible) a été mentionné, ainsi que l’importance des soutiens financiers et fiscaux…Des politiques qui méritent toute l’attention sont celles du micro-crédit, de la création de sociétés de crédit (par exemple, des sociétés mutuelles de jeunes entrepreneurs, qui connaissent de bons taux de remboursement) car elles offrent de bonnes perpectives pour l’emploi. Elle doit bénéficier aux jeunes et aux femmes. Certains pays ont mentionné la reconversion d’anciens fonctionnaires dans la création d’entreprises (ex: BTP) et leur réussite meilleure que pour ceux qui n’ont jamais travaillé. En général, la création d’entreprises réussit mieux a ceux qui ont une formation professionnelle (plomberie, électricité etc) qu’a ceux qui ont une formation générale.

Il faut assurer l’encadrement des petites et micro-entreprises pour les appuyer. L’association entre entreprises et jeunes entrepreneurs est vue comme une action capable de promouvoir plus d’emplois. De même, la participation des entreprises à la formation professionnelle (conventions avec les universités et centres de formation peut donner des bons résultats). Les entreprises doivent participer à la préparation des plans et programmes nationaux et locaux..

La question de l’emploi pour les femmes

Cette question a été soulevée par les participants. L’emploi de la femme a un impact majeur du fait des retombées positives, plus importantes que celles des hommes, au sein de la famille et de la société. Les femmes sont prêtes a jouer un plus grand rôle économique et sont plus facilement mobilisables. Pour améliorer l’accès de la femme au marché du travail, il faut stimuler son esprit d’entrepreneur, l’aider a surmonter des difficultés de type culturel, social, économique et traditionnel. Il faut développer de nouvelles idées, identifier les créneaux porteurs et l’appuyer par le micro-crédit. Il faut développer la formation professionnelle des femmes et faciliter leur mise en liaison avec le marché (produits artisanaux, élevage, activités de proximité, etc…) .

Information et suivi

L’information sur le marché du travail demeure insuffisante. Il faut favoriser la mise en place de systèmes d’information et d’observatoires de l’emploi à la disposition des utilisateurs, en particulier des entreprises et des jeunes. L’accent devrait également être mis sur l’évaluation et le suivi des programmes de création d’emplois pour en évaluer l’impact.

Groupe de Travail C : Secteur Social

 

Les travaux du groupe ont débuté par un bref rappel des questions abordées dans le document sur les Progrès accomplis dans la réalisation du secteur social par le représentant de l'UNICEF. Le bref tour d'horizon sur les performances mais aussi des difficultés rencontrées dans l'accomplissement des objectifs sociaux a appelé certaines remarques de la part des participants notamment sur les statistiques données dans le rapport sur lesquelles certaines réserves ont été émises. A cet égard, l'accent devrait être mis sur les tendances, les expériences des pays plutôt que sur les chiffres eux-mêmes lesquels seront, de toute évidence, réajustés à partir des données fournies dans les rapports nationaux.

.

L'ensemble des participants ont également fait remarquer que le rapport ne couvre pas tous les secteurs sociaux et que l'inclusion de tous les domaines de concentration identifiés par le Sommet de Copenhague améliorerait sa qualité.

Considérant l’importance du rôle de la femme dans le processus du développement l’amélioration de son statut a été reconnue par l'ensemble des participants comme étant primordiale malgré des progrès louables réalisés dans ce sens.

Certains participants ont également fait part des expériences dans leurs pays dans les domaines abordés dans le rapport et notamment des programmes déjà mis en place.

Au terme de débats très animés et discussions qui ont suivi les échanges d'expériences entre les participants, le groupe a dégagé des conclusions et formulé quelques recommandations dont les principales sont énumérées ci-dessous.

  1. Réitérer les engagements des Etats dans les domaines prioritaires identifiés par le Sommet de Copenhague et également dans la mise en œuvre du Plan d'action.
  2. Améliorer le statut des femmes par, entre autres, la création d'activités génératrices de revenus, leur accès à l'éducation, la lutte contre l'analphabétisme, un changement des mentalités et notamment l'implication des hommes, une maîtrise de la croissance démographique.
  3. Faire évoluer les mentalités et les concepts notamment par la responsabilisation et une plus grande participation des populations.
  4. .

    4.Développer le partenariat entre les acteurs à différents niveaux: entre le gouvernement et les ONG, entre le gouvernement et la société civile. Le rôle des organizations internationales dans le cadre du partenariat avec les pays et celui de la CEA dans le suivi du Sommet de Copenhague devraient également être clairement définis.

  5. Promouvoir le travail en réseau ( exemple du Conseil Supérieur de la Jeunesse Africaine, Fédération internationale des personnes handicapées…).
  6. Concernant les ONGs et la société civile en général:

7. Développer les infrastructures de base dans les zones urbaines et rurales (eau, électricité, routes ) et faciliter leur accès à tous.

8. Accorder davantage de soutien et d’appui à la société civile, aux associations pour leur permettre d’accomplir leur mission avec plus d’efficacité.

9. Revoir les niveaux de salaires du personnel travaillant dans le secteur social dans la mesure où ils sont généralement plus bas.

10. Demander à l’ensemble des Etats et des gouvernements d’accorder une attention particulière aux groupes les plus défavorisés de la population et plus particulièrement les personnes handicapées pour qu’elles puissent avoir plein accès à leurs droits dans le respect de leur différence (droit à l’enseignement, à l’éducation, aux soins de santé, de prise en charge).

 SÉANCE DU GROUPE « D » SUR LA GOUVERNANCE ET LE DEVELOPPEMENT SOCIAL EN AFRIQUE DU NORD

1 . La discussion a consisté essentiellement en une évaluation des progrès réalisés dans le domaine de la gouvernance depuis 1995 et en un examen des conditions nécessaires pour assurer la bonne gouvernance et une définition des divers indicateurs pour mesurer les progrès, en une définition des rôles de l’Etat, du secteur privé et de la société civile et des moyens d’assurer leur cohérence et leur complémentarité en appui à la bonne gouvernance.

  1. Dans l’évolution des progrès accomplis, réaction contre de contraintes à la bonne gouvernance ; internes et externes dans les pays de l’Afrique du Nord , ont été relevées. La mondialisation et le nouvel ordre économique mondial ainsi que ses effets sur l’élimination de la pauvreté et la réalisation de la bonne gouvernance ont aussi été examinés en détail. Les membres du groupe ont également examiné les dimensions techniques de la bonne gouvernance. Un certain nombre de suggestions et recommandations se sont dégagées de la discussion. Les participants ont noté les réalisations accomplies au cours des cinq dernières années mais ont souligné la nécessité d’intensifier les efforts durant les années à venir.
  2. Discussion

Il a été fait observer que les pays de l’Afrique du Nord avaient fait des progrès en matière de bonne gouvernance dans les domaines suivants : paix et sécurité, élections , participation, démocratie et droits humains. A l’exception de l’Algérie et du Soudan , la région connaissait une période soutenue de paix et de stabilité. Les progrès avaient cependant, dans un nombre de cas , été en dessous des attentes, sur les plans de la couverture ; de l’intensité et de la qualité. Mais la démocratie, la primauté du droit et la nécessité d’établir des institutions appropriées pour la bonne gouvernance étaient de plus en plus reconnues comme des éléments essentiels.

L’Etat, le secteur privé et la société civile doivent oeuvrer comme de vrais partenaires résolus à assurer la bonne gouvernance. Ce qui fait ressortir l’importance de la coopération et de la coordination entre eux pour assurer l’harmonie et la cohérence de l’environnement politique. Ce partenariat devrait avoir une base juridique et opérationnelle solide, sans préjudice ni discrimination. Les rôles spécifiques de chacun des acteurs devraient être soigneusement définis.

Le rôle des organizations de la société civile devrait être transformé et actualisé au lieu de demeurer, comme dans certains cas ; essentiellement nominal , de façon à assurer leur participation effective à la vie publique. Il a également été noté que les organizations de la société civile ne se sont pas développées au même rythme que le reste du continent. Il était nécessaire de favoriser le développement d’organizations de la société civile , viables, se faisant entendre et bien informées.

La gouvernance ne constituait pas un défi sur le plan interne seulement , elle avait une dimension internationale , qui , sous la forme de la mondialisation , pose de sérieuses contraintes qu’on doit chercher à résoudre dans le cadre de la solidarité arabe et par un renforcement des arrangements de coopération dans la sous-région.

La bonne gouvernance devrait être perçue comme comportant des volets politiques et économiques complémentaires. La gouvernance politique définit les règles du jeu pour un espace démocratique plus large et plus d’opportunités afin de permettre à la société civile et à d’autres opérateurs d’avoir un rôle dans la prise de décisions. La gouvernance économique elle , a trait à l’instauration d’un environnement économique favorable et à la transformation associée des systèmes économiques et à la définition du rôle de l’Etat et du secteur privé. La question ici est comment établir un environnement macro-économique favorable compte tenu des réalités des pays concernés.

Il a été reconnu qu’une information détaillée, régulière et de grande qualité, provenant aussi bien de sources internes qu’externes, pourrait contribuer considérablement à la bonne gouvernance. Les gouvernements manifestent souvent une certaine réticence à fournir l’information , ce qui à son tour fait que la population est totalement ignorante des réalités économiques et politiques des pays en question.

Pour un bon fonctionnement des institutions chargées de la gouvernance , il est essentiel de sensibiliser la société civile , d’accorder plus de libertés et d’élargir le sphère de participation en renforçant les administrations locales et là où c’est souhaitable, en décentralisant.

Les principales conclusions et recommandations qui se sont dégagées de la discussion sont les suivantes :

  1. Un bon gouvernement, propre et efficace est essentiel pour la bonne gouvernance. La bonne gouvernance elle-même est un préalable pour atténuer la pauvreté et assurer l’égalité des chances économiques et politiques ;
  2. La bonne gouvernance devrait viser à créer un environnement politique, social, culturel et juridique qui permette au peuple d’assurer son développement socio-économique.
  3. La démocratie est un élément constitutif majeur de la bonne gouvernance ; elle devrait être encouragée et ses institutions renforcées et élargies pour une participation maximale. Il est nécessaire d’opérer une transformation radicale des relations entre l’Etat , les citoyens et la société civile ;
  4. Tout en reconnaissant que la structure politique devrait rester la responsabilité du pays concerné, selon l’histoire et la culture du pays , le système politique devrait en fait assurer l’Etat de droits des institutions efficaces et un gouvernement propre ;
  5. Il devrait y avoir un partenariat effectif pour la bonne gouvernance entre un Etat efficace et propre, un secteur privé efficace et une société civile dynamique mais responsable qui devraient opérer de manière cohérente et harmonieuse pour la prise de décisions. Les rôles spécifiques de ces opérateurs devraient être clairement définis.
  6. La mondialisation, bien qu’offrant des opportunités économiques, présente aussi de sérieuses contraintes. Elle a gravement limité la capacité des pays de lutter contre la pauvreté. Une bonne approche pour relever ce défi est d’améliorer les capacités internes, de renforcer la coopération – bilatérale et régionale – et de consolider la bonne gouvernance ;
  7. Les progrès en matière de bonne gouvernance devraient pouvoir être suivis. Les indicateurs suivants pourraient servir à mesurer la gouvernance sur le plan qualitatif :
    1. Paix, stabilité et équité ;
    2. Renforcement des fondements de la gouvernance, comme les cadres juridiques et institutionnels ;
    3. Efficacité des institutions gouvernementales;
    4. Participation de la société civile dans le domaine politique et degré d’indépendance des décisions prises par les ONG et les organizations de la société civile dans l’élaboration et la mise en oeuvre des options en matière de développement ;
    5. Flux , cadence et qualité de l’information relative aux paramètres de gouvernance ;
    6. Capacité de l’environnement socio-économique à élargir la participation économique et politique ;
    7. Etablissement de mécanismes crédibles d’auto-évaluation sur les progrès réalisés, les contraintes rencontrées et les défis à relever.

 COMMUNICATIONS DES PAYS ET DEBATS

 

ALGERIE

La présentation du représentant du Gouvernement algérien a été centrée sur l’évolution du contexte macro-économique depuis Copenhague, les dispositifs mis en oeuvre en vue d’atténuer les effets négatifs de l’ajustement structurel, les contraintes rencontrées dans la réalisation des objectifs de développement social du Gouvernement, les perspectives et les politiques mises en oeuvre, et l’engagement pris en matière de réalisation des objectifs définis pour chacun des thèmes du développement social.

Concernant le contexte macro-économique, il a été marqué par une aggravation des déséquilibres financiers, ce qui a amené le Gouvernement à mettre en place, en 1994, un programme de stabilisation macro-économique, soutenu par un accord de confirmation, puis un accord de facilité de financement élargie. Les résultats ont été encourageants sur le plan macro-économique, amenant le PIB (qui avait regressé de 2 % et 1 % en 1993 et 1994) à enregistrer un taux moyen de croissance de l’ordre de 3,4 % par an entre 1994 et 1998. L’inflation est passée de 29% en 1994 à 5% en 1998 en moyenne annuelle. En outre, il y a eu un retour à l’équilibre budgétaire dès 1996 (-4,4% en 1994 et +2,4% en 1997). Néanmoins, dans le domaine social, les résultats ne sont pas aussi positifs, et des tensions se sont produites dans le domaine de l’emploi et de la protection des couches de la population les plus favorisées.

Pour atténuer ces effets négatifs de l’ajustement structurel, de nouveaux dispositifs ont été mis en place, notamment un programme de protection sociale dénommé "Filet social" (en 1992), des dispositifs de promotion de l’emploi et de formation professionnelle en direction des jeunes en particulier, substituant au dispositif de subventions généralisées  en même temps qu’étaient institués des organismes chargés de la gestion de ces dispositifs. En outre , des changements institutionnels ont été introduits. Le filet social a introduit une nouvelle démarche dans la protection des populations les plus vulnérables. Il est géré par l’Agence de développement social créée à cet effet. Les dispositifs de promotion de l’emploi et de formation professionnelle des jeunes comprennent un Programme d’emplois salariés d’initiative locale (ESIL), un Programme des travaux d’utilité publique à haute intensité de main d’oeuvre (TUP-HIMO), un Programme Contrat-pré-emploi (CPE), un Programme d’aide à la création de micro-entreprises, « le Micro-crédit ». Par ailleurs, les changements institutionnels qui ont été introduits ont, notamment, porté sur le pluralisme politique, la libéralisation du droit des associations, l’ouverture du champ de la presse écrite à l’initiative privée, et la ratification des Conventions internationales relatives aux droits de la personne humaine, les droits de l’enfant, et la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Le présentateur a fait état d’un certain nombre de contraintes dans la réalisation des objectifs de développement social et qui sont liés aux rapides mutations que traverse l’économie nationale et la pression de la contrainte extérieure. L’emploi s’est détérioré davantage sous l’impact des restructurations économiques des entreprises publiques qui ont entraîné des compressions d’effectifs. En outre, la dette extérieure continue de peser très lourd sur les équilibres financiers externes.

Néanmoins, il a été indiqué qu’un certain nombre d’objectifs définis pour l’an 2000 sont d’ores et déjà atteints. L’espérance de vie est actuellement supérieure à 67 ans, soit un niveau largement supérieur à l’objectif fixé pour l’an 2000 (60 ans); la mortalité des enfants de moins de cinq ans est également inférieure à son niveau de 1990. Elle était évaluée à 230 pour 100 000 naissances vivantes en 1989, 215 pour 100 000 en 1992 et 146 en 1997. L’accès aux soins de santé primaire était acquis pour 98% de la population en 1995, et l’accès universel serait atteint si les programmes actuels étaient menés à bien. Dans le domaine de la santé reproductive et de la planification familiale, le taux de connaissance de la contraception a été estimé à 99 % en 1995, et le taux de prévalence de la pratique contraceptive à 56,9%. Les méthodes modernes étaient utilisées dans 86,3% des cas. L’objectif d’assurer un accès universel à l’éducation de base à tous les enfants en l’an 2000 et celui de la fréquentation du cycle primaire par au moins 80% des enfants d’âge pertinent est déjà atteint en ce qui concerne le second car les taux de scolarisation étaient supérieurs à 80%, y compris pour les filles et ce, dès 1996.

Les deux domaines qui présentent des difficultés sont la réduction du taux d’analphabétisme des adultes et l’emploi des jeunes.

Au cours du débat qui a suivi, un certain nombre de questions ont suscité l’intérêt des participants, notamment:

Réagissant aux questions sus-mentionnées, le représentant du Gouvernement algérien a indiqué que les initiatives en matière de formation au niveau du mouvement associatif étaient prises par les associations elles-mêmes et l’Etat leur apportait une assistance multiforme. Concernant le mode de gestion de l’ADS, il a été précisé qu’elle a été créée sur les modes des fonds sociaux de développement (profil Banque mondiale). Le gros des allocations est réalisé sous forme d’allocation forfaitaire de solidarité (donnée à des personnes âgées sans revenu, âgées de plus de 60 ans; aux femmes seules qui ont une charge de famille et qui sont sans revenus; les handicapés qui ne peuvent pas travailler), ou d’activités d’intérêt général allant à des familles sans revenus. Cependant, le ciblage des bénéficiaires pose problème; ce qui en fait une programmation budgétaire non-évolutive. Par ailleurs, les restrictions budgétaires ont également entraîné une baisse du nombre de bénéficiaires.

En guise de conclusion, il a été souligné que l’on ne saurait trop insister sur le fait que c’est dans le progrès dans la croissance économique soutenue que les réponses les plus significatives aux besoins sociaux seront apportées, à condition que cette croissance soit porteuse en termes d’emplois, et qu’elle bénéficie aux plus démunis. Une répartition équitable des fruits de la croissance suppose, également, une bonne gouvernance et, probablement, le défi le plus important, le plus décisif, se situe à ce niveau car la bonne gouvernance signifie une participation pleine des citoyens, une transparence dans la gestion de l’économie, et une mobilisation de tous les acteurs. Cette même exigence de bonne gouvernance est requise au niveau international.

EGYPTE

Depuis le début des années 90 l’Egypte a lancé un programme global de réforme structurelle de l’économie : c’est un programme global en ce sens que la réforme économique est opérée non de façon isolée mais s’inscrit étroitement dans le contexte social. La protection de la portion la plus vulnérable de la population entrait dans le cadre de la politique d’ajustement structurel.

Pour bien faire saisir comment l’Egypte a donné suite aux recommandations du Sommet mondial pour le développement social tenu à Copenhague en 1995 ? il importe de connaître quelques faits.

La population de l’Egypte qui était un peu plus de 20 millions au début des années 50 , a maintenant plus que triplé et a dépassé le chiffre de 60 millions.

La densité démographique en Egypte est la plus élevée du monde , plus de 60 millions de personnes vivant sur seulement 5% du territoire.

Avant la restructuration économique, l’Egypte était une sorte d ‘Etat paternaliste où le gouvernement était le principal pourvoyeur de biens et de services.

Ce qui suit donne un bref aperçu de ce qu’était l’Egypte.

La stratégie adoptée par l’Egypte a quelquefois été qualifiée, sur le plan international, d’ambitieuse et d’exemplaire et, parfois on a dit qu’elle ne donne pas de résultats rapides. Quels que soient les qualificatifs , les résultats obtenus sont les suivants :

Le programme de développement social accorde la priorité à l’éducation et à la santé et vise à réduire les disparités entre les hommes et les femmes dans la société traditionnelle et à arrêter la dégradation de l’environnement.

Pour réaliser un ambitieux programme de développement social, il était essentiel de renforcer les institutions existantes telles que les ministères des affaires sociales, de la sécurité, de l’éducation et de la santé ; il était aussi nécessaire de renforcer le rôle des ONG dont le rôle est crucial dans le développement actuel.

Il était également nécessaire de créer de nouvelles institutions telles que le Fonds social de développement, de renforcer le rôle du secteur privé et d’instituer de nouveaux mécanismes pour attirer l’investissement extérieur.

Tournée vers le futur, la stratégie de l’Egypte est centrée sur « l’Egyptien » en tant que principal instrument de ce futur.

 

LIBYE

La délégation libyenne a informé la réunion que les progrès dans la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des conditions sociales sont conditionnés par l’exploitation du pétrole, qui a débuté dans les années 60. Depuis ce jour, des améliorations considérables sont intervenues en ce qui concerne le niveau de vie des citoyens, les droits humains et l’égalité des chances pour les hommes et les femmes. Il a ainsi été possible d’améliorer le cadre général de développement. Concernant les ressources humaines, le rôle de la famille en tant que noyau de la société, est encouragé et respecté. La participation à la vie publique est une approche politique et sociale élargie.

En termes économiques, la répartition de la richesse et des ressources constitue un objectif politique. D’autres objectifs du gouvernement libyen sont : relever le niveau de vie des habitants, assurer l’indépendance économique et promouvoir la mise en valeur des ressources humaines. Le pays s’est fixé l’objectif d’investir 37,4 milliards de Dinars libyens au cours de la période 1972/79, 90% de ce montant allant au secteur non pétrolier. Il a toutefois été indiqué que l’économie globale avait subi le contrecoup de la baisse des prix du pétrole.

Afin d’améliorer la sécurité alimentaire et réduire la dépendance extérieure, une attention accrue est accordée à l’industrie et à l’agriculture. Concernant la pauvreté, il a été indiqué que le problème, dans son sens traditionnel, n’existait pas.

Le présentateur a passé en revue les progrès accomplis dans le secteur social depuis les années 70. Depuis lors, il y a eu une augmentation considérable des services et centres médicaux, qui s’est accompagnée d’une baisse notamment de la mortalité infantile, de la malnutrition et de la mortalité maternelle.

Les participants ont été informés des progrès réalisés sur le plan de l’éducation. L’éducation de base, la formation professionnelle et technique dans le pays, sont gratuites. Le nombre total d’étudiants est de 1.8 million. L’enseignement supérieur est aussi développé (plus de 150 000 étudiants). Le taux d’analphabétisme pour l’ensemble de la nation est tombé à 15%. Des progrès ont été également accomplis en ce qui concerne l’autosuffisance alimentaire, le pays étant aujourd’hui autosuffisant en fruits et légumes. Les investissements pour revitaliser le secteur agricole se sont élevés à 5 milliards de dinars au cours de la période 1970/95. Les eaux provenant du projet de la Grande Rivière artificielle permettront d’augmenter la zone totale irriguée grâce au transport de 6.5 millions de m3  d’eau, constituée essentiellement d’eau fossile. La deuxième phase du projet sera bientôt achevée.

Le pays a également accompli de grands progrès en matière de sécurité sociale. Aujourd’hui, le système de sécurité sociale couvre un million de travailleurs, 56 000 familles recevant des subventions. Le système couvre aussi les personnes handicapées et les personnes âgées. Le filet de sécurité sociale s’étend jusqu’aux villages les plus reculés.

Des discussions ont été tenues, portant essentiellement sur les conséquences de la baisse des recettes pétrolières sur l’économie, sur la participation populaire et les questions d’immigration. Pour la première question, les incidences étaient évidentes. S’agissant de la participation populaire, tous les citoyens sont libres d’adhérer à l’association de leur choix. De plus, la politique de participation est largement appliquée dans le pays. Concernant les mesures prises à l’égard des immigrants et les facilités qui leur sont accordées, le représentant du Gouvernement libyen a clairement indiqué qu’il n’y avait aucune discrimination et que les immigrants jouissaient des mêmes droits que les nationaux et citoyens du pays.

MAROC

Les initiatives prises par le Maroc depuis Copenhague ont pour axes : l’amélioration des conditions de vie des populations rurales et urbaines ; l’emploi et la protection sociale ; l’éducation et la santé de base  et l’intégration sociale.

Le taux de « pauvreté humaine » était estimé en 1995 à 40,2% de la population. Pour juguler se phénomène, une Stratégie de Développement Sociale est mise en oeuvre.depuis le début de cette décennie. Elle s’articule autour des principales orientations suivantes (i) l’élargissement de l’accès des populations défavorisées aux services sociaux de base ; (ii) l’accroissement des opportunités d’emploi ; (iii) le renforcement de l’assistance aux catégories vulnérables et une gestion efficace et ciblée des filets de sécurité. La SDS est aujourd’hui exécutée sous forme de programmes prioritaires successifs dont le premier, «Barnamaj Al Aoulaouiyat ali Jtimaiya » (BAJ1) est composé de trois volets : éducation de base, santé de base et promotion nationale. Prévu sur 5 à 6 ans, il cible 14 provinces, à forte dominante rurale.

Le volet éducation de base vise à améliorer l’accès à l’éducation de base notamment par : (i) la construction de l’équipement d’écoles de proximité ; (ii) l’encouragement de la scolarisation des filles dans les zones rurales ; (iii) la promotion d’actions destinées à faciliter la vie scolaire et à intégrer l’école à la communauté. Le volet santé de base vise à améliorer l’accès au service de soins essentiels, notamment par : (i) le développement de l’infrastructure sanitaire locale ; (ii) la fourniture d’équipement médical et non médical ; (iii) le renforcement du programme de maternité sans risque et des programmes prioritaires de santé publique. Le volet promotion nationale, commprend notamment : (i) le renforcement des travaux de nature à favoriser les interventions en matière d’éducation et de santé de base ; (ii) la participation aux campagnes d’alphabétisation par des chantiers importants et de longue durée. La première phase du programme comporte trois volets: éducation de base, santé de base et promotion nationale pour une enveloppe financière de globale de 266 millions de dollars. Des programmes d’appui sectoriels accompagnent cette stratégie, dans les domaines de l’électrification rurale (1,5 millions de foyers ruraux sont concernés, soit 80% de l’ensemble contre 10% en 1994), de construction de routes pour le désenclavement des zones rurales (six millions d’habitants concernés) et d’approvisionnement en eau potable des populations rurales, avec l’objectif de généralisation à l’horizon 2005 contre 14% seulement en 1991. Des mesures institutionnelles ont également été prises, dont la création de l’Agence de Développement Social (ADS), et d’autres mesures spécifiques comme la refonte du système de subventions aux produits alimentaires de base en faveur des populations démunies, et ce pour un meilleur ciblage.

Le taux de chômage urbain est de l’ordre de 17-18%, touchant essentiellement les jeunes (surtout les diplômés) et les femmes. Les pouvoirs publics ont organisé en décembre 1998 des Assises Nationales pour l’emploi afin de dégager un consensus sur la politique de l’emploi et de lutte contre le chômage. Faisant de l’emploi la pierre angulaire de sa politique sociale, le gouvernement a élaboré une stratégie tendant à encourager la création d’emploi par la dynamisation de la croissance et la définition de mesures actives et adéquates de promotion de l’emploi. Ces Assises Nationales ont ont permis de (i) susciter au sein des acteurs sociaux un sentiment d’urgence à l’égard de l’emploi ; (ii) dégager un consensus sur des actions en faveur de l’emploi ; (iii) faire converger les participants vers des solutions structurelles ; (iv) obtenir l’engagement des partenaires d’agir avec le gouvernement à la mise en oeuvre des mesures préconisées.

Les mesures et recommandations arrêtées lors de ces Assises répondent aux engagements relatifs à l’emploi du Sommet de Copenhague notamment : (1) l’élaboration d’une politique de formation facilitant l’accès à l’emploi dans un environnement en mutation, (2) l’amélioration des possibilités d’emploi pour les groupes et les espaces ayant des besoins particuliers.

Depuis 1995, date de la tenue du Sommet Social, les dépenses publiques affectées au développement social sont passées de 38,6 % du budget de l’Etat à près de 44% en en 1998, soit 7% du PIB. La part des services sociaux de base représente 17,2% en moyenne. L’éducation de base est le secteur qui en a le plus bénéficié (85%) suivi de loin par la santé de base (10%) et l’alphabétisation des adultes (0,08%). Le secteur de l’éducation de base absorbe 15% du budget de l’Etat. Pour accroître l’efficacité de cette dépense, le gouvernement à prévu la construction de 4500 salles supplémentaires dans les trois ans à venir et la restructuration de l’Administration de l’éducation nationale dans le sens d’une déconcentration et d’une responsabilisation. Les soins de santé de base ne représentent que 1,8 % du budget public. Les résultats de l’action publique sont probants en matière de vaccination. Ils le sont moins en ce qui concerne le suivi de la grossesse et l’accouchement, surtout en milieu rural. Les pouvoirs publics ambitionnent de réduire le taux de mortalité infantile de 37 à 27 pour mille d’ici 2003 et de la mortalité maternelle en milieu rural de 307 à 274 pour 100 .000 notamment en améliorant les mécanismes de financement et l’efficacité de la gestion.

En matière d’intégration sociale, une série de mesures sont prises en faveur des catégories les plus vulnérables à travers des programmes sectoriels.

Une volonté politique s’est dessinée pour répondre aux besoins des personnes handicapées dans un cadre organisé : promulgation de textes législatifs et réglementaires, création de structures administratives spécialisées, appui aux ONG concernées. En outre, des efforts ont été déployés pour intégrer l’insertion des personnes handicapées dans les programmes des differents ministères, notamment en matière d’éducation, de formation et d’emploi.

Un certain nombre d’actions ont été entreprises au cours de ces dernières années en faveur des personnes âgées (I) révision de la situation juridique et financière de la Caisse Marocaine de retraite (CMR) ; (ii) en couragement de certains corporations à adhérer aux régimes de retraites ; (iii) relèvement et amélioration des conditions de paiement de la pension minimale. Toutefois ces actions demeurent insuffisantes. Pour répondre aux besoins de cette frange de la population, des objectifs précis et des stratégies opérationnelles doivent être mis au point progressivement pour anticiper le veillessement l’effet de veillissement et pour une meilleure prise en charge de cette catégorie sociale.

En matière de protection de l’enfance, la législateur a institué des dispositions spécifiques en faveur de l’enfant. Ces dispositions rencontrent des difficultés dans leur mise en application. En adhérent à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant et en arrêtant un Plan d’Action National en la matière, qui définit une stratégie globale d’amélioration des conditions de l’Enfant, le Maroc place, désormais, le bien-être des enfants au premier plan des priorités sociales du pays.

Elaborée à la suite de la 4ème conférence de Beijing la stratégie de promotion de la condition féminine, ne s’est pas encore traduite dans les programmes d’actions des différents ministères. Toutefois d’importants efforts ont été accomplis depuis cette conférence. Et envisagée dans le cadre du futur plan qui se déploie sur différents niveaux dont : (i) la réforme du code du statut personnel ; (ii) la prise en compte de la dimension féminine dans les programmes de développement ; (iii) les es actions spécifiques dans les domaines de l’alphabétisation, de la scolarisation et de la santé. Une Commission nationale pour la promotion de la condition féminine vient d’être instituée auprès du Premier Ministre à l’effet de mettre en oeuvre la stratégie gouvernementale en faveur de la femme.

Les ONG marocaines, deviennent de plus en plus impliquées dans la réalisation des programmes de développement social fondé sur les principes de participation effective des populations concernées.

Le gouvernement marocain dans un souci de renforcement, de soutien et d’encouragement des ONG, associe tous les acteurs de la société civile à la préparation du plan quinquennal de développement socio-économique 1999-2003 et à l’élaboration d’une stratégie nationale de l’économie sociale.

Ceci permet la participation effective des ONG et des populations cibles, à l’élaboration des projets et à leur réalisation dans un cadre de coopération et de partenariat avec les pouvoirs publics, les établissements publics et les collectivités locales, les organizations internationales, régionales, sous-régionales et étrangères

 

MAURITANIE

En 1995, le contexte économique et social de la Mauritanie se caractérisait entre autres par :

Devant une telle situation et conformément aux recommandations de Copenhague, le pays a mis sur pieds des stratégies sectorielles pour relever le niveau de vie des couches défavorisées. Certes, elles ont comporté un volet économique, pour la création d’un cadre macroéconomique adéquat, mais également un axe social, dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté. L’Etat consacre en moyenne 37% de l’ensemble des dépenses publiques au secteur de la promotion sociale, soit un niveau supérieur aux 20 % recommandés par le Sommet Social.

La stratégie mise en place a donné des résultats encourageants. L’assainissement des conditions économiques se traduit par une tendance à l’accroissement du revenu par habitant qui, si elle se poursuit, laisse espérer des perspectives favorables pour la réduction de la pauvreté. En effet, celle-ci a régressé de 6% par an au cours de la période 1995-1998. En matière de santé, des services de premiers soins sont accessibles à 90% de la population dans un rayon de 10 km. Dans le domaine de l’éducation, le taux de scolarisation atteint 89%, dont une nette amélioration de la scolarisation des filles. En milieu rural, près de 86% de la population est approvisionné en eau potable.

Les pouvoirs publics se donnent pour objectifs pour la période 1998-2001 de :

  1. réduire la pauvreté de 18% par rapport aux 6% de baisse enregistrés ces dernières années, notamment par la réalisation de séquence d’investissements fondés sur les micro réalisations et les micro projets ; l’accès des populations pauvres et vulnérables aux services sociaux de base et la création d’emplois générateurs de revenus ainsi que la mise en place d’un mécanisme de financement approprié.
  2. renforcer la couverture sanitaire ; la stratégie envisagée est d’établir des normes de couverture permettant de mieux organiser le réseau sanitaire primaire par l’extension de la couverture sanitaire aux zones et populations non encore couvertes sur la base de la carte de santé actuelle ;
  3. généraliser l’enseignement fondamental et améliorer la qualité de l’enseignement secondaire et supérieur afin qu’il réponde aux besoins des entreprises ;
  4. promouvoir l’emploi, à travers une amélioration de la relation formation-emploi ; la mise en place d’un système d’incitation ; l’encouragement à l’économie rurale ; la création d’un observatoire de l’emploi.
  5. Susciter et développer un mouvement associatif en direction de la population en situation difficile (enfants, handicapés, jeunes non qualifiés…)
  6. Intégrer la dimension environnement dans tous les projets de développement.

Dans ce cadre, le Gouvernement a créé en 1998 un Commissariat aux Droits de l’Homme, à la lutte contre la Pauvreté et à l’Insertion. Les programmes mis en place par cette institution permettent d’améliorer le pilotage et la coordination stratégique des actions de lutte contre la pauvreté, et de développement social en général, en renforçant le ciblage et les analyses d’impact.

Conscient que la lutte contre la pauvreté nécessite un niveau substantiel de ressources permettant d’atteindre une taille critique d’intervention ciblée, le Gouvernement compte mettre en place, dans les meilleurs délais, des instruments spécifiques de financement. Par ailleurs, l’ensemble des intervenants (ONG, société civile, etc …) seront impliqués au stade de formulation et de mise en œuvre.

SOUDAN

 

TUNISIE

Quelques indicateurs sociaux permettent d’apprécier les progrès réalisés par la Tunisie pour l’accomplissement des engagements convenus au Sommet social de Copenhague en 1995. Ainsi, le taux de mortalité infantile est passé de 30,5 pour mille en 95 à 28,9 pour mille en 97 ; le taux de scolarisation a atteint 99,1% en 98 contre 98% en 95. Le taux d’électrification est passé de 88,6% en 95 à 91,7% en 97 et le taux de desserte en eau potable de 86,6% en 95 à 89,1% en 97.

Ces résultats ont pu être atteints grâce à la mise en œuvre d’une stratégie de développement en faveur de l’homme axée d’une part sur la réalisation d’un taux de croissance élevé, qui a évolué entre 5 et 7% au cours de la période 96-98, et d’autre part sur une répartition équitable des fruits de la croissance qui s’est traduite par une amélioration des revenus suite à trois augmentations successives de salaires dans les secteurs public et privé, couvrant la période 1990-1998. Dans le même temps, le revenu par habitant s’est accru de 4% à la faveur entre autres d’une baisse du taux d’accroissement démographique obtenue grâce à diverses politiques sociales : planning familial ; généralisation de la couverture médicale ; scolarisation des filles à égalité avec les hommes ; accès de la femme à chances égales avec l’homme au marché du travail.

La croissance économique a pleinement intégré la variable emploi grâce à des mesures d’incitation par le biais du code d’investissement, et d’autres mesures d’accompagnement, notamment les instruments de financement de moyens et petits projets par des fonds spéciaux, dont : le FOPRODI (Fonds de promotion et de développement industriel) et le FONAPRA  (Fonds National de promotion de l’Artisanat et des petits métiers).

Ces mesures ont été couronnées par la création en 1998 de la Banque tunisienne de solidarité, qui accorde des crédits à de jeunes promoteurs pour le financement de leurs projets sans exiger les garanties usuelles et à des conditions avantageuses. En une année de fonctionnement, la Banque de solidarité a déjà financé environ 10000 projets.

La création de l’Observatoire national de l’emploi et de la formation est venue compléter le dispositif d’information sur le marché de l’emploi, ses caractéristiques et ses tendances, dans le cadre du programme MANFORME (Mise à niveau de la formation professionnelle et de l’emploi) lancé en 1996, qui vise une réorientation du système de formation pour répondre aux besoins de l’économie en qualifications.

Parallèlement fut adoptée une politique de redistribution en affectant 19,2% du PIB en 1998 aux transferts sociaux (santé, éducation, formation, compensation, aide directe) ce qui a permis d’atteindre de nouveaux paliers, par référence à 1995 dans les principaux indicateurs sociaux :

Espérance de vie (ans) : 67, 1 en 84 ; 71,4 en 95, 72 en 97

Taux de mortalité infantile (pour mille) : 30,5 en 95 --> 28,9 en 97

Taux brut de mortalité (pour mille) : 5,7 en 95 --> 5,6 en 97

Taux de scolarisation (6 ans)  : 98% en 95 --> 99,1% en 98

Taux d’analphabétisme  : 46,2% en 84 --> 31,7% en 94

Taux d’électrification  : 88,6% en 94 --> 91,7% en 97

Taux de desserte en eau potable : 86,6% en 95 --> 89% en 97

Taux de logements rudimentaires : 8,8% en 84 --> 2,7% en 94

Taux de propriété de logement :environ 80% des tunisiens sont propriétaires de leur logement

Croissance démographique  : 1,5 % en 95 --> 1,3% en 97

Taux de pauvreté : 6,7 % en 90 --> 6,2 % en 95 --> 6% en 98

Les efforts accomplis en matière de réduction de la pauvreté comme le fait ressortir l’indicateur précité, ont permis de faciliter l’action de ciblage en faveur des groupes les plus défavorisés grâce à des programmes spécifiques dont :

  1. Le programme national d’aide aux familles nécessiteuses (PNAFN)
  2. Le programme d’aide aux handicapés incapables de travailler, et aux personnes âgées sans soutien familial
  3. Ces programmes touchent plus de 120 000 familles dont l’identification et le suivi sont devenus rigoureux grâce à la mise en place du fichier national de la pauvreté, établi sur la base de critères multiples (revenu inférieur à un certain seuil, absence de soutien, inaptitude au travail par suite d’handicap, ou d’âge avancé …). Ce ficher permet de mieux cibler les prestations en leur faveur (allocations financières directes, bénéfice de la gratuité totale des soins, aides et bourses scolaires et universitaires …)

    Le Fonds de solidarité national, mieux connu sous le vocable 26/26, crée en décembre 1992, est intervenu sur la base d’une stratégie s’étalant sur la période 1993-2000 dans près de 980 "zones d’ombre" sur un programme total de 1144 zones identifiées, en intervenant d’une manière intégrée en matière d’infrastructure routière, équipements collectifs (écoles, centres de santé de base) ; logements, électrification et desserte en eau potable et surtout par la création ou la consolidation de sources de revenu.

     

     

     

     

     

     

    Djibouti

    Introduction :

    Pratiquement quatre ans se sont écoulés depuis la tenue du Sommet de Copenhague. Certes on conviendra aisément que la période est assez courte pour mettre en œuvre toutes les réformes et mesures recommandées. Mais nous pouvons d’ores et déjà souligner la prise de conscience face à l’ampleur du défi que constitue la réduction de la pauvreté, et examiner ensemble les progrès réalisés.

    Selon les dernières études effectuées, plus de 50% des ménages ne disposent pas du minimum nécessaire pour vivre. De façon générale la pauvreté touche une grande majorité de la population (prés de 60% si l’on exclut les nomades, les ruraux et les SDF qui n’ont pas fait l’objet d’études quantitatives). Pour réduire la pauvreté le gouvernement a mis en place parallèlement au PAS, un important volet social qui est composé notamment de plusieurs projets de lutte contre la pauvreté

  4. Fond social de Développement
  5. Fond Social de Développement et de Travaux d’Intérêts Publics.
  6. Programme de réhabilitation des zones touchées par les conflits interne
  7. Projet de réinsertion des Démobilisés
  8. Programme de gestion des catastrophes naturelles
  9. Programme d’urgence alimentaires.

Les quatre premiers ont déjà démarré ou sont en phase de démarrage. Les deux derniers sont programmés pour les mois à venir.

Le taux de chômage est de près de 60% et la situation est encore plus dramatique pour les jeunes (surtout les femmes) où l’en compte 58% de chômeur entre 21 et 25 ans. En terme d’activité réelle, ce sont moins de 26% des hommes et pire moins de 17% des femmes qui travaillent. Pour éviter d’aggraver la situation, le Gouvernement incite les entreprises publics et parapublics de suspendre les licenciements. Il a recours également à la solidarité des travailleurs en leur prélevant 10% de leur salaire. Cette dernière mesure est provisoire et ne constitue point une solution durable. Il faut plutôt tendre vers les activités HIMO (haute intensité de main d’œuvre) qui vont créer-espérons-le- beaucoup d’emplois. c’est l’objectif principal du Fonds social et de travaux d’intérêts publics.

Les obstacles au bien être individuel, familial et collectif ne se militent pas aux problèmes de l'emploi. La demande en services sociaux de base est aussi aiguë. La République de Djibouti connaît un retard important en dépit des investissements substantiels consentis aux secteurs sociaux de base. En 1992, 86% de personnes vivant en milieu urbain accédaient à l’eau .En 1996, ce chiffre est passé à 79%. En 1996, le taux net de scolarisation primaire est de 68% dont 73% d'hommes et 63% de femmes, tandis que le taux brut de scolarisation en 92 était de 38% dont 43% d'hommes et 33% de femmes mais avec un taux de déperdition-il faut le souligner- de près de 60% . l'accès aux soins reste toujours aussi difficile. A travers les projets tels que les Fonds Social de Développement, le Gouvernement souhaite améliorer l'accès aux services sociaux de base.

Les réformes économiques et sociales mises en place depuis 1995 sont accompagnées d'un certain nombre de réformes politiques et institutionnelles. Le Gouvernement est conscient que le développement de la participation et donc du dialogue -en impliquant tous les acteurs- doit plus que jamais être un exercice quotidien. C'est pourquoi , nous avons développé et renforcé le rôle des ONG locales et invité de manières générales la société civile à s'impliquer davantage dans la vie économique et sociale mais également dans la vie politique. Le gouvernent conforté par le chemin parcouru et par la stabilité qui fait de Djibouti un havre de paix , entend consolider la démocratie et les liens de partenariat avec les différents acteurs de la société (société civile, secteur privé, partenaires au développement, etc….)

En dépit de nombreuses contraintes économiques, sociales et politiques, la République de Djibouti, fidèle comme à l'accoutumée aux respects des recommandations des Nations Unies, réaffirme son engagement à mettre tout en œuvre pour réaliser les objectifs de lutte contre la pauvreté et du développement humain durable, condition de l’avènement de sociétés justes et prospères

 

Intégration de la jeunesse au développement dans la sous-région de l’Afrique du Nord ;

Le présentateur du document intitulé « Intégration de la jeunesse au développement dans la sous-région de l’Afrique du Nord » (ECA/UNDP/WSSD/NA/5) a d’abord donné un bref aperçu des problèmes qui se posent à la jeunesse en matière de développement et qui constituent un défi majeur pour ce qui est de l’avenir, de la stabilité et du développement de la sous-région d’Afrique du Nord.

Des caractéristiques communes à l’ensemble des pays de la sous-région se dégagent, parmi lesquelles le fort taux d’analphabétisme et de chômage des jeunes diplômés, et l’insuffisance des structures associatives propres à promouvoir le leadership des jeunes. Ces problèmes toutefois, n’ont pas la même ampleur d’un pays à l’autre. Il existe des disparités à l’intérieur des pays à un double niveau : entre les zones urbaines et les zones rurales (où le problème est plus aigu), et entre les jeunes garçons et les jeunes filles. Quant à la disparité entre les sexes, c’est la jeune fille qui est encore la plus touchée par les problèmes soulevés, l’exception étant la Tunisie où le gouvernement fait des efforts en vue d’assurer la promotion de la femme.

Dans le domaine de l’éducation, il a été noté dans le rapport qu’à la fin des années 80, 50% des enfants en Mauritanie étaient scolarisés, et qu’au Soudan plus de 50% ne savaient ni lire, ni écrire. Au Maroc, les statistiques disponibles font ressortir des résultats en deçà des objectifs fixés par les gouvernements successifs, dont principalement l’enseignement primaire universel. Le présentateur a par ailleurs fait remarquer qu’en 1995, plus de 40% de la population égyptienne étaient analphabètes. En Algérie, près de 60% des enfants âgés de 2 à 17 ans étaient scolarisés en 1975. En Tunisie, une évolution positive a été constatée, malgré un taux de scolarisation resté faible.

 

 

 

 

 

Comme pour la formation et l’éducation, les résultats dans l’ensemble de la sous-région en ce qui concerne l’emploi des jeunes, sont loin de répondre aux espoirs mis dans la politique de libéralisation économique, caractérisée essentiellement par le fait que le problème de l’emploi était transféré de l’Etat vers le privé. Ainsi, le taux de chômage en milieu urbain pour la plupart des pays de la sous-région se situe entre 20 et 30% alors que le taux de sous-emploi varie de 25 à 40%. En Algérie, le chômage total a progressé de près de 40 % entre 1989 et 1992. En Egypte, ce taux est de 28% pour les 15-19 ans, et de 18% pour les jeunes de 20 à 24 ans. En Tunisie, la situation est moins dramatique avec un taux de 15,7%, avec toutefois une progression du chômage des jeunes diplômés. Au Maroc, le taux de chômage est d’environ 24% en moyenne, avec près de 22% pour les garçons et de près de 30% pour les filles.

Concernant le leadership des jeunes, le présentateur a souligné la nécessité de le favoriser comme un moyen d’assurer l’intégration des jeunes dans la société et a mis l’accent sur l’importance du mouvement associatif dans le développement de ce leadership.

Au terme de cette analyse, les recommandations suivantes ont été formulées :

Au cours du débat qui a suivi, certains participants ont émis des réserves sur les données statistiques et la nature des informations fournies dans le rapport du consultant (Egypte et Algérie). Ils ont souligné la nécessité de se référer aux statistiques et sources officielles des pays concernés pour éviter tout conflit à ce sujet. En outre, il a été fait observer que les statistiques ne cadraient pas avec l’analyse qui en a été faite ; ce qui explique en quelque sorte les réserves de l’Egypte.

Par ailleurs, quelques participants ont relevé qu’un certain nombre de points importants étaient omis dans le rapport, tels que le développement considérable d'associations dans divers domaines dans la sous-région d’Afrique du Nord d’une part, et la question des mouvements estudiantins d’autre part (Libye, Tunisie et Soudan).

Les participants ont également souligné l’importance d’une approche horizontale des questions touchant à la jeunesse, qui viendrait compléter l’approche verticale adoptée dans le rapport. Il a été suggéré de mettre l’accent sur l’aspect qualitatif en matière d’éducation en vue de mieux répondre aux exigences du marché. Les participants ont également insisté sur le rôle des organizations internationales dans la définition des concepts d’employabilité et d’emploi afin d’assurer une certaine homogénéité au niveau des concepts utilisés. Ils ont en outre insisté sur la nécessité de ne pas se limiter au diagnostic mais de penser aussi à la thérapie. Le secrétariat a pris bonne note des observations des participants et des compléments d’information, qui seront utilisés pour enrichir le document.