PROJET DE RAPPORT DE LA CONFERENCE DE SUIVI DU SOMMET MONDIAL POUR LE DEVELOPPEMENT SOCIAL POUR LA SOUS-REGION DE LAFRIQUE DU NORD
SORTI A LA FIN DE LA CONFERENCE, 25 MARS 1999
A. Introduction
La Conférence de suivi du Sommet mondial pour le développement social pour la sous-région de lAfrique du Nord, sest tenue à Marrakech, Maroc, du 23 au 25 mars 1999 pour suivre les progrès réalisés dans la mise en uvre de la Déclaration et du Programme daction de Copenhague. Etant donné que la période écoulée depuis mars 1995 était trop courte pour une évaluation complète des mesures mises en place par les Etats membres, la conférence avait pour objet de suivre les mesures mise en uvre plutôt que de procéder à une évaluation globale. Cela permettrait de faire ressortir les progrès réalisés dans la mise en uvre des engagements de Copenhague et de fournir linformation nécessaire aux décideurs et aux acteurs du développement pour quils puissent concevoir des interventions et stratégies permettant datteindre les objectifs plus rapidement. Plus précisément, la Conférence a mis laccent sur le suivi des progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté, la création demplois, la réalisation des objectifs du secteur social et la gouvernance. Une séance spéciale a été consacrée à la question de lintégration des jeunes au développement.
Les conclusions de la Conférence et celles des conférences organisées pour les autres sous-régions dAfrique, constitueront un rapport de situation sur la mise en uvre de la Déclaration et du Programme daction du Sommet mondial pour le développement social, en prélude à la session spéciale de lAssemblée générale des Nations Unies devant se tenir en lan 2000 pour suivre les progrès réalisés au niveau mondial dans la mise en uvre des engagements du Sommet mondial.
B. Participation
Ont participé à la Conférence les représentants des pays ci-après membres de la sous-région de lAfrique du Nord : Algérie, Egypte, Jamahiriya arabe libyenne, Maroc, Mauritanie, Soudan et Tunisie. Djibouti a assisté à la réunion en tant que membre à part entière, faisant partie des Etats arabes desservis par le Bureau régional du PNUD. Les organizations suivantes étaient représentées à la Conférence : Banque africaine de développement (BAD), Bureau international du Travail (BIT), organization des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Union du Maghreb arabe (UMA), Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Centre africain de recherche appliquée et de formation en matière de développement social (ACARTSOD), Association des organizations commerciales africaines (AOCA), Association internationale des femmes francophones (AIFF), lUNICEF.
C. Election du Bureau (point 2 de l'ordre du jour)
La réunion a, par acclamation, élu le bureau suivant :
Président : Maroc
Vice-président : Tunisie
Rapporteur général pour la plénière : Soudan
Groupe A : (Pauvreté) Rapporteur : Algérie
Groupe B (Emploi) Rapporteur : Egypte
Groupe C (Secteur Social) Rapporteur: Libye
Groupe D (Gouvernance) Rapporteur : Mauritanie
Séance sur les jeunes, Rapporteur : Djibouti
La Conférence a adopté lordre du jour suivant :
4.1. Réduction de la pauvreté : Quatre ans après Copenhague ;
4.2. Promotion de lemploi dans la sous-région de lAfrique du Nord : expériences, défis et opportunités dans ''lère'' post-Copenhague ;
4.3. Progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du secteur social ;
4.4. Gouvernance et développement social dans la sous-région de lAfrique du Nord.
Groupes de travail sur les questions thématiques :
Groupe A : Réduction de la pauvreté : Quatre années après Copenhague (Facilitateur : PNUD)
Groupe B : Promotion de lemploi dans la sous-région de lAfrique du Nord : expériences, défis et opportunités dans lère post-Copenhague (Facilitateur : BIT)
Groupe C : Progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du secteur social (Facilitateur : UNICEF)
Groupe D : Gouvernance et développement social dans la sous-région de lAfrique du Nord (Facilitateur : CEA)
Communications des pays et débats
Session spéciale sur lintégration de la jeunesse au développement dans la sous-région de lAfrique du Nord
Adoption du rapport
Clôture de la réunion.
E. Ouverture de la réunion
M. K.Y. Amoako, Secrétaire général adjoint de lorganization des Nations Unies (ONU) et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour lAfrique (CEA) a souhaité la bienvenue aux participants. Il a exprimé sa profonde gratitude à Sa Majesté le Roi Hassan II et à son gouvernement ainsi quau Wali de la ville historique de Marrakech pour la générosité et lhospitalité qui ont été réservées à tout ceux qui ont fait le déplacement à Marrakech en vue de participer à la Conférence sous-régionale de suivi du Sommet social. Le Maroc, a t-il souligné, abrite le siège du Centre de développement sous-régional pour lAfrique du Nord, et na jamais ménagé son appui aux activités de la CEA. Le Secrétaire exécutif a également exprimé sa profonde reconnaissance au Programme des Nations Unies pour le développement, co-organisateur de la conférence, dont le soutien généreux a permis une large participation des acteurs du développement de la sous-région. Cela, a t-il indiqué, constitue une preuve supplémentaire d'un partenariat de plus en plus étroit et souhaité entre le PNUD et la CEA au service de l'Afrique.
M. Amoako a rappelé que la Conférence sous-régionale se tient conformément à une résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies pour un suivi régional des mesures prises par les gouvernements pour remplir les engagements quils avaient pris à Copenhague, pour la réduction et léradication de la pauvreté, la réalisation de l'objectif de plein emploi, la promotion de l'intégration sociale et l'avènement de sociétés stables et justes.
Léradication de la pauvreté, qui touche 22% de la population en Afrique du Nord, requiert la réalisation dune croissance économique soutenue qui améliore et élargit laccès aux services sociaux et aux opportunités de revenu. M. Amoako a noté que la tendance est bonne pour la sous-région dans son ensemble, tant en ce qui concerne la croissance du PIB que les ressources à mobiliser pour atteindre lobjectif de réduction de la pauvreté de moitié dici 2015.
Sur la question de lemploi, M. Amoako a souligné le danger pour la stabilité sociale que constituaient les pressions croissantes sur le marché du travail et le chômage des jeunes. Compte tenu du fait quune proportion croissance demplois continuera dêtre créée par les micro-entreprises et le secteur informel, il est urgent, a t-il indiqué, de renforcer la micro-entreprise qui est mieux à même de gérer de manière durable les ressources en micro crédits. En parlant des jeunes et des femmes en relation avec la question de lemploi, le Secrétaire exécutif sest félicité de deux heureuses initiatives : la création récemment à Marrakech, dun Forum des femmes entrepreneurs pour la promotion de leurs activités dans les secteurs formel et informel et la Réunion mondiale des générations, tenue en janvier 1999, qui vise à encourager la concertation sur les politiques publiques de manière à intéresser les jeunes et assurer leur intégration. A ce propos, M. Amoako a souligné la nécessité de mieux cibler ceux qui ont besoin de trouver un emploi afin de savoir quelles sont exactement leurs aptitudes et déterminer comment concevoir des programmes spéciaux pour les atteindre.
Le Secrétaire exécutif a ajouté que le développement économique nest pas envisageable sans intégration sociale. Beaucoup de conflits en Afrique trouvent leur source dans lexclusion ou la discrimination. Cela exige, a précisé M. Amoako, daméliorer la gouvernance de manière à impliquer tous les éléments de la société et les intéresser à lunité sociale et politique. Cest pourquoi la Convention sur lélimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes, et la Convention internationale sur les droits de lenfant, ainsi que bien dautres accords internationaux visant à assurer la dignité de tous, sont de la plus extrême urgence en Afrique. Cest aussi la raison pour laquelle il est si important dintroduire dans le système éducatif et dans les médias un nouvel esprit empreint dune culture de la paix. M. Amoako a fait remarquer quune croissance soutenue exigeait que toutes les composantes de la société soient pourvues de moyens de mener une vie saine et productive. En conséquence, il a souhaité que les débats se déroulent avec une grande ouverture desprit sur la meilleure façon dutiliser les ressources existantes en vue du développement social.
Dans son intervention lors de la séance douverture, Monsieur Fawaz Fokeladeh, Sous-secrétaire général et Directeur du Bureau régional du PNUD pour les Etats arabes, a commencé par souhaiter la bienvenue aux participants, décideurs et représentants tant des gouvernements que des organizations non gouvernementales dans cette région arabe de lAfrique. Il a ensuite insisté sur le caractère spécial de cette réunion qui représente la première initiative conjointe entre le PNUD et la CEA, dans le cadre dun partenariat visant à accélérer le rythme de développement dans cette région, et à établir de nouvelles passerelles de coopération entre le monde arabe et lAfrique.
Le PNUD attache la plus haute importance au Sommet de Copenhague, et est fier que sa mission de développement humain durable ait considérablement contribué à la formulation du Plan daction mondial de Copenhague. De même que le PNUD est fier, dans le cadre de son mandat axé sur lélimination de la pauvreté, de concentrer ses efforts sur la mise en uvre du Plan daction, tant au niveau national quau niveau régional. Lintérêt de la réunion pour le PNUD réside en ce quelle sattachera, à la lumière des rapports qui y seront présentés, à mesurer les progrès accomplis en termes de réduction de la pauvreté, de création demplois, de bonne gouvernance et dautres questions dordre social.
Concernant la mondialisation, Monsieur Fokeladeh a souligné les grandes perspectives quelle ouvre pour la réalisation dun développement humain durable. Il a en outre indiqué que leffondrement de certaines économies, notamment en Asie, en raison des bouleversements qui ont marqué les marchés financiers, risquent de sétendre à dautres régions du monde. Les changements intervenus en matière de technologie, de communication, denvironnement, ainsi que la concurrence économique entre les pays, sont des caractéristiques inhérentes à la mondialisation, e il convient de les traiter en tant que telles, eu égard à leur impact sur laccroissement de la pauvreté et lexclusion sociale. Doù la nécessité de concentrer les efforts, face aux défis de la mondialisation, sur le renforcement de la sécurité humaine, un concept introduit, a-t-il rappelé, dans lédition 1994 du Rapport du PNUD sur le développement humain, et un cadre approprié pour lanalyse des dangers de la mondialisation, et la formulation de politiques visant à mettre fin à lexclusion des pauvres, à encourager lemploi et à renforcer les filets de sécurité et les institutions à caractère social.
Parlant ensuite de la gouvernance, Monsieur Fokeladeh a indiqué que le PNUD la définit comme lexercice de lautorité économique, politique et administrative, fondé sur la participation, la transparence et la redevabilité. La bonne gouvernance, a-t-il ajouté, veille à ce que la définition des priorités politiques, économiques et sociales repose sur un large consensus au sein de la société, et à ce que la voix des couches les plus pauvres soit entendue lors du processus de prise de décision. Ce qui sapplique au niveau national sapplique bien entendu au niveau international, dans les relations entre nations riches et nations pauvres. Monsieur Fokeladeh a enfin souligné la nécessité détablir un système de bonne gouvernance qui instaure le dialogue et la concertation entre les administrations publiques, le secteur privé et la société civile, une bonne distribution des responsabilités, et la notion de redevabilité, si lon veut gérer la mondialisation dans le but de réaliser un développement humain durable.
Dans son allocution douverture, S.E.M Khalid Alioua, Ministre du Développement Social, de la solidarité, de lEmploi et de la Formation Professionnelle a tout dabord souhaité la bienvenue aux participants à la Conférence au nom de Sa Majesté le Roi Hassan II et a exprimé son espoir de voir cette réunion contribuer à la réalisation des attentes des peuples de la sous-région. Il a ensuite indiqué que le gouvernement du Maroc a entrepris dexaminer la question sociale dans sa globalité, ce quil a fait tout au long de lannée dernière. Il a souligné limportance du problème majeur consistant à identifier les ressources disponibles pour servir la question sociale, ajoutant que la déclaration de Copenhague manifeste lengagement du monde à mettre en place des politiques nationales et de programmes spéciaux visant la réduction de la pauvreté et lélimination de la marginalisation sociale. Il a fait remarquer que tous les pays avaient commencé à mettre en uvre des politiques allant dans le sens de la réalisation de ces objectifs, rappelant que cette conférence constituait loccasion de suivre les progrès réalisés à cet égard.
M. Alioua a rappelé quentre 1996 et lannée 2000, année de la prochaine réunion, quatre années cruciales se seront déroulées puisquelles auront été marquées par le phénomène grandissant de la mondialisation. La question de la mondialisation ne se posera plus de la même manière quavant 1996. Il a affirmé que les pays membres sont aujourdhui pleinement conscients des problèmes qui accompagnent cette mondialisation et des conséquences quelle engendre au niveau du développement social des pays du tiers-monde.
M. Alioua a ensuite posé la question de savoir comment les pays de la sous-région dAfrique du Nord pourraient atteindre les objectifs contenus dans la déclaration de Copenhague, alors que le taux de croissance moyen du PIB ne dépasse pas 2,8%, et que pouvait-il être demandé à la sous-région si le développement économique nécessaire au développement humain ne se réalisait pas, et si le problème de lexclusion de certaines catégories et communautés sociales nétait pas résolu. Comment accélérer le rythme du développement alors que la sous-région draine moins de 1% des flux dinvestissements dans le monde ? Comment parvenir à remplir nos engagements et à en répondre devant nos peuples et face à la communauté internationale si les responsabilités ne sont pas clairement définies ?
Il ne suffit pas de définir les responsabilités des gouvernements seulement , il convient également de fixer les responsabilités des bailleurs de fonds, puisque la décision nest pas entièrement entre les mains des Etats. Elle est aussi du ressort de ceux qui gouvernent les marchés financiers à léchelle mondiale. M. Alioua a ensuite exprimé son souhait que la prochaine conférence de Genève soit loccasion de manifester une volonté commune, notamment en ce qui concerne les difficultés rencontrées par lensemble des pays de la sous-région quant à la réalisation des objectifs.
Il est certain, a-t-il ajouté, que des réformes pourraient être mises en place sur le plan économique, social, juridique et législatif. Toutefois le problème majeur auquel nous demeurons confrontés est celui de linsuffisance des ressources et de la marginalisation des pays en développement au sein de léconomie mondiale puisque ceux-ci ne font lobjet daucune priorité dans le cadre des mesures urgentes à prendre en ce domaine par la communauté internationale. Il a estimé que les institutions financières internationales, cest-à-dire la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International doivent assumer leur responsabilité, sans attendre la détérioration des économies, en procédant au financement nécessaire au développement des pays du tiers-monde. La Banque Mondiale pourrait procéder à la création dun fonds spécial dinvestissement pour les pays du tiers monde, a-t-il ajouté. Si le même montant de 18 milliards de dollars qui a été accordé pour sauver la monnaie dune région déterminée devait être alloué à notre sous-région, il aurait constitué une sorte de fonds de garantie des investissements dont les effets auraient peut-être permis daccroître le taux de croissance de 2,8% à plus de 5 ou 6%.
Il convient, a-t-il ajouté, de faire preuve de fermeté à cet égard et de mettre les acteurs internationaux qui gouvernent une grande partie de nos capacités au développement, face à leur responsabilité afin de parvenir à mettre en place de nouveaux mécanismes visant à promouvoir les flux financiers et les investissements dans notre région en vue de créer des conditions plus favorables à la réalisation dune croissance soutenue et durable ; conditions nécessaires à un développement social accéléré.
M. Alioua a déclaré que le gouvernement marocain souhaite la création dun fonds de garantie des investissements extérieurs sous la responsabilité du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, linvestissement étranger privé serait alors plus rassuré, ces fonds étant placés sous garantie internationale et non pas uniquement soumis aux seules réglementations locales bien que celles-ci soient déjà fort avantageuses et encourageantes.
M. Alioua a conclu son allocution en réitérant sa conviction que ces paroles auront un écho favorable auprès des participants dont les délibérations conduiront à lélaboration dun document au nom de la sous-région en plus de lévaluation des progrès réalisés en rapport avec les engagements pris conformément à la Déclaration de Copenhague. Il leur incombe délaborer un cadre général de référence qui aiderait à faire de la prochaine Conférence sur le développement social une étape qualitative nouvelle en matière de relations internationales, politiques et sociales relatives aux pays de la sous-région.
F. Compte rendu des travaux
a. Séance plénière sur les quatre thèmes (point 4 de lordre du jour)
Les représentants du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) , du Bureau international du Travail (BIT) , de lUNICEF et de la CEA ont présenté les rapports suivants :
Réduction de la pauvreté : quatre années après Copenhague (point 4.1 de lordre du jour)
En présentant le rapport sur la pauvreté intitulé ; "Elimination de la pauvreté quatre années après Copenhague", le représentant du PNUD s'est surtout intéressé à quatre grandes questions particulièrement importantes si l'on veut réaliser des progrès dans la mise en uvre des engagements pris à Copenhague en 1995.
En premier lieu, il était nécessaire de revoir fondamentalement les postulats en ce qui concerne les moyens dassurer le développement social. A l'heure actuelle et ce sera de plus en plus le cas à l'avenir, la richesse sera créée par l'intermédiaire du marché mondial interconnecté et sur une base qui ne sera plus nationale. Il importait donc de ne plus considérer l'élimination de la pauvreté comme une responsabilité incombant aux seuls pays dans un cadre international mais plutôt comme une responsabilité mondiale avec des dimensions nationales. Une telle évolution a des implications profondes sur la façon de comprendre les questions liées à la redistribution de la richesse ainsi qu'au partage de cette richesse redistribuée d'une manière telle que la lutte contre la pauvreté soit solidement établie dans toutes les sociétés du monde.
En deuxième lieu, il était nécessaire que parallèlement à cette évolution, les opérateurs du secteur non gouvernemental jouent un plus grand rôle dans le financement et la fourniture des services sociaux, la raison en étant que les budgets nationaux diminuent et que de plus en plus c'est le secteur privé qui détient les ressources financières. La transition s'impose donc vers une situation où le gouvernement, la communauté des affaires, les collectivités, la société civile agissent en synergie et assument collectivement la responsabilité d'éliminer la pauvreté.
En troisième lieu, il a souligné quil était nécessaire d'avoir un Etat fort, prévoyant, engagé dans des activités recentrées de façon très spécifique. A cet égard, il était essentiel de ne plus faire des ressources humaines un "élément accessoire" mais bien le "facteur clé" dans le processus du développement économique. On ne créerait la richesse dans le monde moderne qu'en opérant des ajustements politiques et sociaux de grande envergure.
En quatrième lieu, il a indiqué que de plus en plus on reconnaissait qu'il y avait un déphasage entre, la réalité économique et sociale dans un monde en mutation rapide d'un côté et les nombreux plans nationaux de développement social, les indicateurs de réalisation généralement acceptés pour lévaluation des progrès accomplis dans la mise en uvre de ces plans, de l'autre. La raison en est quun organisme national ou international responsable ne bâtirait son avenir sur l'inconnu. Il fallait, par conséquent, une nouvelle approche politique, une nouvelle philosophie de développement et une nouvelle distribution des responsabilités nationales et internationales. Dans ce contexte, le développement social et l'élimination de la pauvreté seraient les moyens pour une nation d'avoir un avantage comparatif sur les marchés mondiaux et détermineraient son taux de croissance économique.
Promotion de lemploi dans la sous-région de lAfrique du Nord : Expérience , défis et opportunités dans lère post-Copenhague (point 4.2 de lordre du jour)
Le représentant du BIT a passé en revue les progrès réalisés par les pays dans la création demplois depuis la Déclaration et le Plan daction du Sommet de Copenhague tenu en 1995. Les principales initiatives , les expériences positives, les défis à relever et les opportunités se présentant dans la région pour sattaquer au problème du chômage.
Lanalyse faite de la création demplois et du progrès économique montrait quen dépit de la croissance économique enregistrée depuis le milieu des années 90 par la plupart des pays de la sous-région, les causes fondamentales du chômage navait pas été éliminées et le chômage sétait en fait aggravé. Il a également été souligné que laccroissement démographique rapide , couplé à dautres facteurs, était responsable des fortes pressions sur le marché du travail dans les pays dAfrique du Nord. Larbre au tableau était que les jeunes connaissaient de graves problèmes demploi , liés essentiellement à la structure inadéquate de léducation et de la fonction, sagissant du secteur économique en particulier.
Comment les mesures prises par les pays face aux situations durgence sur le plan de lemploi, laccent avait été mis à lissue du Sommet sur des réformes structurelles et institutionnelles et des stratégies demploi intégrées dans la sous-région. Il y avait dans la sous-région un engagement général à moderniser des institutions et processus en matière de marché du travail , particulièrement dans des domaines tels que linformation sur le marché du travail, léducation et la formation professionnelle , les services demploi et ladministration du travail.
Une analyse sur les voies à suivre pour favoriser lemploi a été présentée. De nombreux enseignements avaient été retenus, parmi lesquels le fait que la stabilité macro-économique et la croissance économique sont importantes mais ne sont pas suffisantes pour promouvoir lemploi. Laccent devrait être mis sur les secteurs et les méthodes de travail à forte intensité de main-doeuvre. Les solutions au problèmes de lemploi devraient être cherchées dans le cadre de la mondialisation et du changement technologique. Les politiques et programmes doivent être efficaces et durables à long terme. Ils doivent aussi tenir compte de lexpérience et de la situation actuelle. Il est nécessaire, à cette fin , de suivre et dévaluer les politiques et programmes.
Le représentant du BIT a conclu en soulignant un certain nombre de taches dimportance vitale pour la promotion de lemploi, parmi lesquelles assurer le développement au niveau local et la décentralisation, promouvoir lutilisation de techniques à forte intensité de main-doeuvre et améliorer les cadres institutionnels. Il faut aussi renforcer lapproche participative , le dialogue social et la démocratie et chercher à établir une mentalité de partenariat. Il importe aussi de mettre laccent sur le soutien au secteur informel afin de laider à sortir de linformalité. Il convient également de fournir un appui aux femmes, de reconnaître et de promouvoir leur rôle économique.
Le représentant de lUNICEF a fait remarquer que les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du secteur social ont été évalués en tenant compte de ceux accomplis depuis le Sommet pour le développement de Copenhague en 1995 et aussi de ceux réalisés depuis le Sommet mondial pour lenfance en 1990.
La stagnation des budgets sectoriels de chacun des pays considérés a été un facteur limitant pour réaliser des progrès dans les secteurs sociaux. Toutefois, la Tunisie a dépassé les 5% prévus par lOMS avec une allocation de 7% de son budget.
Parmi tous les indicateurs, la mortalité infantile et infanto-juvénile (des enfants de moins de 5ans) est le plus intéressant dans la mesure où la réduction de la mortalité est une résultante des progrès dans les différents secteurs sociaux. Tous les pays de la sous-région sauf la Mauritanie et le Soudan atteindront lobjectif établi par le Sommet mondial pour lenfance qui est de réaliser un taux de 70/1000 pour lan 2000.
Concernant la mortalité maternelle , les taux sont élevés dans toute la sous-région mais la situation peut être améliorée grâce, entre autres, à lamélioration du statut de la femme, de léducation de la femme et des facilités médicales pour les urgences. Toutefois, il semble évident quaucun pays de la sous-région natteindra lobjectif qui était de réduire la mortalité maternelle de 50% en lan 2000 et de 50% encore en lan 2015.
Dans le domaine du planning familial, des progrès notables ont été enregistrés notamment en Algérie, en Egypte, au Maroc et en Tunisie. Toutefois , le taux de fécondité et de croissance de la population reste relativement élevé dans lensemble de la sous-région , avec les diminutions les plus notables en Algérie , en Egypte, au Maroc et en Tunisie.
Les tendances en ce qui concerne lespérance de vie à la naissance dans la sous-région sont plutôt positives depuis le début de la décennie. Sauf pour la Mauritanie et le Soudan , elle se situe au-delà de 60ans, lobjectif fixé pour lan 2000. Et même, lespérance de vie atteindra les 70ans en Algérie et en Tunisie.
Sagissant du SIDA, le fait que les pays de la sous-région sont frontaliers des pays dAfrique, tous lourdement affectés, ne pourrait quinciter les gouvernements à prendre les mesures préventives nécessaires.
La malnutrition reste malheureusement un défi important dans la sous-région. Les données disponibles font état dune stagnation de la situation en Algérie, au Maroc, en Tunisie et dune dégradation en Egypte. Lanalyse comparative des tendances montre que la sous-région de lAfrique du Nord possède la prévalence la plus basse relativement denfants ayant un poids un poids insuffisant mais avec toutefois une tendance à la hausse depuis 1990. Malgré les progrès enregistrés dans la réduction de la malnutrition, grâce notamment aux réalisations dans le domaine social ; la stagnation et même une augmentation denfants au poids inférieur aux normes, sont observées. Cette situation peut résulter de linteraction de nombreux éléments, dont les habitudes alimentaires, le statut de la femme et les facteurs macro-économiques.
Cependant, des actions peuvent et doivent être prises dans limmédiat en vue de résoudre le problème de la malnutrition, par exemple promouvoir lallaitement, les aliments de sevrage, la supplémentation en vitamine A et en fer, liodation du sel, etc. Il est intéressant de noter que maintenant lAlgérie , la Libye et la Tunisie iodent plus de 90% de leur sel comestible. Des progrès réalisés sont encore limités. Des progrès ont été enregistrés pour lélimination de la carence en vitamine A grâce, entre autres, à lapport en vitamine A pendant les Journées Nationales de Vaccination (JNV). Lanémie reste un problème majeur et à cet égard, plusieurs pays explorent la possibilité de fortification de la farine par le fer et autres micro-nutriments.
Laccès aux services de santé de base est presque généralisé pour les populations en Algérie, en Egypte, en Libye et en Tunisie et des progrès significatifs ont été enregistrés au Maroc avec toutefois une persistance des disparités entre les zones urbaines. Considérant la nature du pays , laccès aux services de santé en Mauritanie est plutôt appréciable.
Dans le domaine de limmunisation des enfants contre les principales maladies, des pays comme lEgypte, le Maroc , la Libye et la Tunisie dépassent les 90% et les maintiennent tandis que lAlgérie rencontre des difficultés pour maintenir ces niveaux en raison de la situation actuelle. Le Soudan et la Mauritanie peuvent rattraper le retard grâce aux stratégies mises en place actuellement.
Lobjectif de léradication de la polio avant lan 2000 , peut être atteint dans la sous-région , où des efforts considérables ont été réalisés avec les Journées Nationales de Vaccination.
Lobjectif du Sommet mondial pour lenfance, qui est de réaliser laccès à lécole primaire pour au moins 80% des enfants en lan 2000, semble pouvoir être atteint dans la plupart des pays. Il en est de même pour laccès universel à léducation avant lan 2015. Toutefois, des disparités existent entre les garçons et les filles dans certains pays, entre zones rurales et zones urbaines dans dautres.
Les taux de passage du primaire au secondaire sont toutefois inférieurs à la moyenne dans la plupart des pays de la sous-région et surtout pour les jeunes filles en Tunisie, en Algérie, au Maroc et en Mauritanie. Lamélioration de la qualité de lenseignement est un autre objectif auquel se sont astreints lAlgérie, lEgypte, le Maroc et la Tunisie où des réformes de lenseignement sont entreprises. Quant à la lutte contre lanalphabétisme, elle reste un problème majeur et beaucoup reste encore à faire avant que lanalphabétisme soit éradiqué.
Des progrès considérables ont été enregistrés dans le domaine de laccès à leau salubre et à une hygiène appropriée. Les progrès les plus significatifs ont été réalisés en Algérie, en Egypte et au Soudan alors que la Tunisie et la Libye ont atteint lobjectif daccès universel à leau potable.
Gouvernance et développement social dans la sous-région de lAfrique du Nord (point 4 .4 de lordre du jour)
En présentant un document sur la gouvernance, le représentant de la CEA a noté quil avait été élaboré par un consultant et quen tant que tel, il ne reflétait pas nécessairement les points de vue de la CEA ou dune autre institution des Nations Unies. Il a indiqué que la gouvernance était généralement définie comme étant lutilisation de lautorité politique, économique et administrative et des ressources pour la gestion des affaires dune nation. Sil en est ainsi, la bonne gouvernance serait la gestion efficace des ressources publiques dans le but de répondre aux besoins essentiels de la société. La bonne gouvernance et la gestion rationnelle du secteur public sont les mécanismes les plus importants de transformation sociale et les piliers des économies performantes. Le secteur privé et la société civile interviennent dans des aspects importants de la gouvernance, ce sont, néanmoins, les institutions de lEtat qui définissent les règles, sur le plan des politiques, pour la gestion globale dun pays et de ses affaires. Le rôle que joue la gouvernance dans la création dun environnement favorable aux citoyens du pays, dans linstauration de la loi et de lordre, dans la gestion de la stabilité macro- économique, dans la mise en place de linfrastructure physique et financière, dans la fourniture des services essentiels et dans la protection des groupes vulnérables, revêt une importance cruciale pour la paix, la stabilité et la prospérité économique. En fait, le monde actuel, caractérisé par une libéralisation économique accrue et un environnement économique complexe et concurrentiel, a besoin plus que jamais dun système de gouvernance appliqué de façon compétente et efficace.
Au cours de lexamen des diverses expériences de lAfrique du Nord depuis le Sommet de Copenhague, les indicateurs suivants ont été identifiés comme pouvant servir de repères et de cadre pour les analyses :
Hormis quelques exceptions notables, la sous-région a connu une période soutenue de paix, du fait que contrairement au reste du continent, elle na pas été en proie à la violence extrême et à linstabilité. Cest là une nouvelle très réjouissante. Car sans la paix et la sécurité, aucun effort, quel quil soit, ne peut déboucher sur une bonne gouvernance. Les pays ravagés par les conflits doivent se rendre compte quil leur faut transcender cet héritage tragique, instaurer la paix et rétablir une situation normale sils veulent que leurs efforts visant à assurer la bonne gouvernance soient couronnés de succès.
Il nexiste ni système de contrôle, ni contrepoids au sein des institutions clés chargées de la gouvernance. Lexécutif a la prépondérance sur le législatif et sur le judiciaire. Larmée et lappareil de sécurité exercent une influence démesurée dans le processus politique.
Daprès le rapport du consultant, la participation populaire dans le processus politique, demeure faible dans la sous-région. Comparée au reste du continent, la communauté de la société civile en est toujours à létat embryonnaire. Il est, par conséquent, nécessaire de supprimer les entraves dordre juridique et administratif à létablissement dinstitutions de la société civile.
De nombreux gouvernements de la sous-région ont reconnu les insuffisances sur le plan opérationnel des organismes du secteur public et la nécessité de prendre les mesures qui simposent pour quils répondent mieux aux besoins du pays en matière de développement. Les interventions dans la gestion du secteur public, notamment la réduction de la bureaucratie, la diminution des coûts , le renforcement des systèmes de contrôle financier, lamélioration des compétences en gestion et ladoption de réformes en matière dorganization, sont les mesures appliquées dans un bon nombre de pays. Les exercices de rationalisation auxquels beaucoup de pays ont procédé à la fin des années 80 et au début des années 90, ont débouché sur la suppression de nombreux organismes publics, la consolidation des fonctions et le dégraissage de la fonction publique. Pour sattaquer à la corruption et inculquer un sens plus aigu de léthique professionnelle au sein du secteur public, les gouvernements ont introduit des mesures telles que la révision et lajustement des indemnités aux travailleurs, le recrutement et lavancement selon le mérite, létablissement de services dassistance publique et de doléances , et la formation continue du personnel dans les domaines de la technique et de la gestion. Des campagnes vigoureuses étaient menées par les gouvernements, les organismes donateurs et les groupes de la société civile pour promouvoir les valeurs dintégrité, de transparence et dobligation redditionnelle dans les affaires publiques et lutter contre la corruption, la bureaucratie paralysante et dautres pratiques préjudiciables au bien public. De plus , ces gouvernements semployaient à mettre en place des capacités pour lanalyse et la révision des politiques, lévaluation et le suivi des résultats, la planification et la gestion stratégiques et établir un système moderne de gestion de linformation.
Conclusion des
Groupe A : Réduction de la pauvreté
Rapporteur : Algérie
Facilitateur : PNUD
La séance a débuté ses travaux par la présentation des initiatives prises par le Maroc dans le domaine du développement humain durable et de la lutte contre la pauvreté tant en milieu rural quurbain et péri-urbain.
Le Maroc a élaboré depuis 1993 une stratégie de développement social ciblée sur les populations défavorisées, notamment en milieu rural, dans les domaines de lemploi et de laccès aux services sociaux de base dont la première phase de mise en oeuvre couvre les quatorze provinces les plus pauvres du pays. Les objectifs de ce programme sont entre autres, lélaboration dun Rapport national annuel sur le développement humain, lidentification des causes et la typologie de la pauvreté en milieu rural pour lélaboration de plans daction intégrés et le renforcement de la mobilisation sociale dans un cadre de partenariat avec la société civile pour atténuer la pauvreté.
Les débats ont été axés sur les points suivants :
Il faut pouvoir mesurer limpact des projets en termes de réduction de la pauvreté afin de donner aux décideurs la possibilité de choisir les projets nécessitant un financement. Quoiquil nexiste pas dindicateur idéal de mesure de la pauvreté, la fixation dobjectifs chiffrés aux programmes de lutte contre la pauvreté, constitue le moyen le plus approprié disponible pour mesurer leur impact.
Les participants ont relevé des retards dans le monde arabe en ce qui concerne les technologies de linformation qui offrent dimmenses opportunités pour la diffusion du savoir et de la connaissance. Dune manière générale, toutefois, le principal défi sous-jacent demeure la mobilisation de ressources pour financer le développement. La suggestion a été faite que les pays arabes prennent position sur la proposition dinstaurer la « taxe Tobin » sur les opérations financières spéculatives, déjà faite dans un des rapports du PNUD sur le développement humain, et daffecter le produit de cette taxe à la lutte contre la pauvreté.
La suite des débats a conduit aux conclusions suivantes :
Conclusions des séances en groupe (point 5 de lordre du jour)
Groupe B: Promotion de lEmploi dans la sous-région de lAfrique du Nord: expériences, défis et opportunités dans « lère » post-Copenhague
Le Groupe B "Promotion de lEmploi dans la sous-région de lAfrique du Nord: expériences, défis et opportunités dans « lère » post-Copenhague " a tenu ses travaux en présence de ses16 membres, le représentant de lEgypte étant rapporteur et celui du BIT étant modérateur.
Le Groupe a concentré ses discussions sur les leçons à tirer de lexpérience accumulée en matière demploi, les goulots détranglement rencontrés et les efforts prioritaires à mener en regardant vers lavenir. Faute de temps, il a été convenu que les membres du groupe ne présenteraient pas leurs éventuelles remarques sur le document présenté en séance plénière (ECA/UNDP/WSSD/2, "Promotion de lEmploi dans la sous-région de lAfrique du Nord: expériences, défis et opportunités dans « lère » Post Copenhague" . Les débats du groupe ont été approfondis et ont permis de mettre en lumière: les difficultés rencontrées par les politiques de lemploi; les rôles respectifs de lEtat et de la société civile; les liens entre éducation, formation et besoins de léconomie; lapport déterminant de la création dentreprises; la question de lemploi des femmes; linformation sur le marché du travail.
Les rôles respectifs de lEtat et de la société civile
Le problème de lemploi est fondamental, et renvoie à la structure et à la mentalité de la société.. Dans la sous-région, le chômage est croissant et beaucoup de politiques passées ont échoué. Il faut faire face a la forte croissance de la population active, à lévolution et la diversification de la demande en raison des évolutions du monde moderne (mondialisation, technologie, évolution du travail salarié, expansion du travail indépendant, micro-entreprise...). Des dysfonctionnements graves sont constatés (offre-demande de travail, adéquation emploi-formation). Seule une mobilisation nationale de tous les efforts peut permettre de faire face à ces contraintes et déficiences et de résoudre les problèmes de lemploi.
Le constat a été que les pays avaient mis fin a des politiques passées de recrutement massif par lEtat et le secteur public, politiques qui nétaient pas liées aux besoins réels demploi mais répondaient a des pressions sociales et politiques et consistaient en la garantie de lemploi aux nouveaux diplômés et en la prise en charge de lessentiel des nouvelles demandes demploi. Dorénavant, les nouveaux emplois doivent être offerts aussi bien par ladministration, le secteur public et le secteur privé et ce, en fonction des besoins économiques et sociaux réels. La création demplois doit être une préoccupation commune de lEtat, de la société civile, des entreprises des secteurs public et privé, chacun dentre eux devant assumer la responsabilité qui est la sienne.
Il est nécessaire de voir comment utiliser au mieux les forces vives de la nation, les ressources humaines, celles qui ont un emploi aussi bien que les chômeurs et les nouveaux entrants sur le marché du travail. Il est important daméliorer la qualification, lefficacité et ladaptabilité des travailleurs en poste, car ceci est la meilleure garantie de leur employabilité.
LEtat doit créer les conditions de croissance a court, moyen et long termes, faciliter la réalisation des conditions internes et externes pour une croissance porteuse demplois, créer les conditions pour les initiatives et la participation de la société civile, en particulier celles des entreprises privées, et les soutenir. Il doit se préoccuper des contraintes extérieures, promouvoir la coopération sous-régionale, promouvoir des partenariats entre les entreprises des différents secteurs, y compris avec les entreprises étrangères. Par une programmation et une planification adéquate, il doit impulser le développement local pour limiter lexode rural. La question de lémigration vers létranger doit recevoir toute lattention indispensable, en particulier pour éviter la fuite des cerveaux.
LEtat doit identifier et élaborer des politiques alternatives et différenciées demploi en fonction des problèmes a résoudre et des couches de la population active (chômeurs, jeunes, diplômés, femmes...). Il doit mettre en place des politiques adaptées de financement (petits et moyens projets, micro-projets, projets ruraux, artisanat, pêche ). Des expériences réussies existent déjà dans les pays à travers: des Fonds de développement social, le budget déquipement de lEtat, des sociétés de crédits .
La société civile dans ses différentes composantes doit se mobiliser pour lemploi, en particulier le secteur privé, les ONG, les associations. Les entreprises privées peuvent aider à créer des emplois justifiés économiquement. Les ONG peuvent aider a mettre en valeur des gisements demploi, créer des emplois de proximité et réduire le chômage.
Les liens entre éducation, formation et besoins de léconomie
La formation professionnelle contribue a la création demplois (les participants ont souligné que les personnes ayant une formation professionnelle trouvent du travail plus facilement que celles ayant une formation générale, ne connaissant que la théorie mais nayant pas de savoir faire. La collaboration des associations dentrepreneurs avec les centres de formation est une expérience qui a montre son efficacité.
En Afrique du Nord, en général, les systèmes actuels déducation et de formation ne répondent pas dans la majorité des pays aux besoins de la société (certaines institutions de formation génèrent des chômeurs). Ils doivent sadapter a lévolution constante qualitative et quantitative de la demande demploi, par une adaptation continuelle à lévolution de la technologie et de la demande (exemples: informatique, information, droit international ). Pour cela, les difficultés de communication entre monde du travail et système déducation doivent être surmontées.
Les sortants du système de formation doivent être considérés comme des produits devant trouver preneurs sur le marché, et répondant à des besoins sociaux et économiques. La formation dans tous ses aspects et a tous les niveaux (ouvrier, ingénieur, entrepreneur, paysan, mentalité ) doit commencer dans la famille et à lécole Il faut que les jeunes comprennent très tôt quils iront vers le secteur privé et lauto-emploi plutôt que vers le secteur public. Changer limage de la formation professionnelle. (ce qui se constate dans certains pays) permet dorienter davantage les jeunes vers les formations professionnelles adaptées. La formation doit prendre en compte la nécessité de développer et dutiliser des expertises, des bureaux détudes et la recherche scientifique et technique.
Il faut encourager les initiatives privées dans la formation. Il existe une expérience positive dintéressement des enseignants professionnels à la commercialisation des produits réalisés dans leurs institutions.
Lapport déterminant de la création dentreprises dans la création demplois
Il a été mentionné avec force que lapport des entreprises privées, en place ou a créer, est déterminant pour lemploi. Il sagit dimpulser la création dun secteur prive efficace. A cet effet, lappui de lEtat et le changement de mentalité de la société sont essentiels. Il sagit de veiller à la création et au développement de lesprit dentreprise, à lexistence dun bon environnement économique, politique, social, juridique, fiscal, financier .
Lefficacité de la mise en place par plusieurs pays de systèmes daide a la création dentreprises par de jeunes diplômés (prêts à taux faible) a été mentionné, ainsi que limportance des soutiens financiers et fiscaux Des politiques qui méritent toute lattention sont celles du micro-crédit, de la création de sociétés de crédit (par exemple, des sociétés mutuelles de jeunes entrepreneurs, qui connaissent de bons taux de remboursement) car elles offrent de bonnes perpectives pour lemploi. Elle doit bénéficier aux jeunes et aux femmes. Certains pays ont mentionné la reconversion danciens fonctionnaires dans la création dentreprises (ex: BTP) et leur réussite meilleure que pour ceux qui nont jamais travaillé. En général, la création dentreprises réussit mieux a ceux qui ont une formation professionnelle (plomberie, électricité etc) qua ceux qui ont une formation générale.
Il faut assurer lencadrement des petites et micro-entreprises pour les appuyer. Lassociation entre entreprises et jeunes entrepreneurs est vue comme une action capable de promouvoir plus demplois. De même, la participation des entreprises à la formation professionnelle (conventions avec les universités et centres de formation peut donner des bons résultats). Les entreprises doivent participer à la préparation des plans et programmes nationaux et locaux..
La question de lemploi pour les femmes
Cette question a été soulevée par les participants. Lemploi de la femme a un impact majeur du fait des retombées positives, plus importantes que celles des hommes, au sein de la famille et de la société. Les femmes sont prêtes a jouer un plus grand rôle économique et sont plus facilement mobilisables. Pour améliorer laccès de la femme au marché du travail, il faut stimuler son esprit dentrepreneur, laider a surmonter des difficultés de type culturel, social, économique et traditionnel. Il faut développer de nouvelles idées, identifier les créneaux porteurs et lappuyer par le micro-crédit. Il faut développer la formation professionnelle des femmes et faciliter leur mise en liaison avec le marché (produits artisanaux, élevage, activités de proximité, etc ) .
Information et suivi
Linformation sur le marché du travail demeure insuffisante. Il faut favoriser la mise en place de systèmes dinformation et dobservatoires de lemploi à la disposition des utilisateurs, en particulier des entreprises et des jeunes. Laccent devrait également être mis sur lévaluation et le suivi des programmes de création demplois pour en évaluer limpact.
Groupe de Travail C : Secteur Social
Les travaux du groupe ont débuté par un bref rappel des questions abordées dans le document sur les Progrès accomplis dans la réalisation du secteur social par le représentant de l'UNICEF. Le bref tour d'horizon sur les performances mais aussi des difficultés rencontrées dans l'accomplissement des objectifs sociaux a appelé certaines remarques de la part des participants notamment sur les statistiques données dans le rapport sur lesquelles certaines réserves ont été émises. A cet égard, l'accent devrait être mis sur les tendances, les expériences des pays plutôt que sur les chiffres eux-mêmes lesquels seront, de toute évidence, réajustés à partir des données fournies dans les rapports nationaux.
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L'ensemble des participants ont également fait remarquer que le rapport ne couvre pas tous les secteurs sociaux et que l'inclusion de tous les domaines de concentration identifiés par le Sommet de Copenhague améliorerait sa qualité.
Considérant limportance du rôle de la femme dans le processus du développement lamélioration de son statut a été reconnue par l'ensemble des participants comme étant primordiale malgré des progrès louables réalisés dans ce sens.
Certains participants ont également fait part des expériences dans leurs pays dans les domaines abordés dans le rapport et notamment des programmes déjà mis en place.
Au terme de débats très animés et discussions qui ont suivi les échanges d'expériences entre les participants, le groupe a dégagé des conclusions et formulé quelques recommandations dont les principales sont énumérées ci-dessous.
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4.Développer le partenariat entre les acteurs à différents niveaux: entre le gouvernement et les ONG, entre le gouvernement et la société civile. Le rôle des organizations internationales dans le cadre du partenariat avec les pays et celui de la CEA dans le suivi du Sommet de Copenhague devraient également être clairement définis.
7. Développer les infrastructures de base dans les zones urbaines et rurales (eau, électricité, routes ) et faciliter leur accès à tous.
8. Accorder davantage de soutien et dappui à la société civile, aux associations pour leur permettre daccomplir leur mission avec plus defficacité.
9. Revoir les niveaux de salaires du personnel travaillant dans le secteur social dans la mesure où ils sont généralement plus bas.
10. Demander à lensemble des Etats et des gouvernements daccorder une attention particulière aux groupes les plus défavorisés de la population et plus particulièrement les personnes handicapées pour quelles puissent avoir plein accès à leurs droits dans le respect de leur différence (droit à lenseignement, à léducation, aux soins de santé, de prise en charge).
SÉANCE DU GROUPE « D » SUR LA GOUVERNANCE ET LE DEVELOPPEMENT SOCIAL EN AFRIQUE DU NORD
1 . La discussion a consisté essentiellement en une évaluation des progrès réalisés dans le domaine de la gouvernance depuis 1995 et en un examen des conditions nécessaires pour assurer la bonne gouvernance et une définition des divers indicateurs pour mesurer les progrès, en une définition des rôles de lEtat, du secteur privé et de la société civile et des moyens dassurer leur cohérence et leur complémentarité en appui à la bonne gouvernance.
Il a été fait observer que les pays de lAfrique du Nord avaient fait des progrès en matière de bonne gouvernance dans les domaines suivants : paix et sécurité, élections , participation, démocratie et droits humains. A lexception de lAlgérie et du Soudan , la région connaissait une période soutenue de paix et de stabilité. Les progrès avaient cependant, dans un nombre de cas , été en dessous des attentes, sur les plans de la couverture ; de lintensité et de la qualité. Mais la démocratie, la primauté du droit et la nécessité détablir des institutions appropriées pour la bonne gouvernance étaient de plus en plus reconnues comme des éléments essentiels.
LEtat, le secteur privé et la société civile doivent oeuvrer comme de vrais partenaires résolus à assurer la bonne gouvernance. Ce qui fait ressortir limportance de la coopération et de la coordination entre eux pour assurer lharmonie et la cohérence de lenvironnement politique. Ce partenariat devrait avoir une base juridique et opérationnelle solide, sans préjudice ni discrimination. Les rôles spécifiques de chacun des acteurs devraient être soigneusement définis.
Le rôle des organizations de la société civile devrait être transformé et actualisé au lieu de demeurer, comme dans certains cas ; essentiellement nominal , de façon à assurer leur participation effective à la vie publique. Il a également été noté que les organizations de la société civile ne se sont pas développées au même rythme que le reste du continent. Il était nécessaire de favoriser le développement dorganizations de la société civile , viables, se faisant entendre et bien informées.
La gouvernance ne constituait pas un défi sur le plan interne seulement , elle avait une dimension internationale , qui , sous la forme de la mondialisation , pose de sérieuses contraintes quon doit chercher à résoudre dans le cadre de la solidarité arabe et par un renforcement des arrangements de coopération dans la sous-région.
La bonne gouvernance devrait être perçue comme comportant des volets politiques et économiques complémentaires. La gouvernance politique définit les règles du jeu pour un espace démocratique plus large et plus dopportunités afin de permettre à la société civile et à dautres opérateurs davoir un rôle dans la prise de décisions. La gouvernance économique elle , a trait à linstauration dun environnement économique favorable et à la transformation associée des systèmes économiques et à la définition du rôle de lEtat et du secteur privé. La question ici est comment établir un environnement macro-économique favorable compte tenu des réalités des pays concernés.
Il a été reconnu quune information détaillée, régulière et de grande qualité, provenant aussi bien de sources internes quexternes, pourrait contribuer considérablement à la bonne gouvernance. Les gouvernements manifestent souvent une certaine réticence à fournir linformation , ce qui à son tour fait que la population est totalement ignorante des réalités économiques et politiques des pays en question.
Pour un bon fonctionnement des institutions chargées de la gouvernance , il est essentiel de sensibiliser la société civile , daccorder plus de libertés et délargir le sphère de participation en renforçant les administrations locales et là où cest souhaitable, en décentralisant.
Les principales conclusions et recommandations qui se sont dégagées de la discussion sont les suivantes :
COMMUNICATIONS DES PAYS ET DEBATS
ALGERIE
La présentation du représentant du Gouvernement algérien a été centrée sur lévolution du contexte macro-économique depuis Copenhague, les dispositifs mis en oeuvre en vue datténuer les effets négatifs de lajustement structurel, les contraintes rencontrées dans la réalisation des objectifs de développement social du Gouvernement, les perspectives et les politiques mises en oeuvre, et lengagement pris en matière de réalisation des objectifs définis pour chacun des thèmes du développement social.
Concernant le contexte macro-économique, il a été marqué par une aggravation des déséquilibres financiers, ce qui a amené le Gouvernement à mettre en place, en 1994, un programme de stabilisation macro-économique, soutenu par un accord de confirmation, puis un accord de facilité de financement élargie. Les résultats ont été encourageants sur le plan macro-économique, amenant le PIB (qui avait regressé de 2 % et 1 % en 1993 et 1994) à enregistrer un taux moyen de croissance de lordre de 3,4 % par an entre 1994 et 1998. Linflation est passée de 29% en 1994 à 5% en 1998 en moyenne annuelle. En outre, il y a eu un retour à léquilibre budgétaire dès 1996 (-4,4% en 1994 et +2,4% en 1997). Néanmoins, dans le domaine social, les résultats ne sont pas aussi positifs, et des tensions se sont produites dans le domaine de lemploi et de la protection des couches de la population les plus favorisées.
Pour atténuer ces effets négatifs de lajustement structurel, de nouveaux dispositifs ont été mis en place, notamment un programme de protection sociale dénommé "Filet social" (en 1992), des dispositifs de promotion de lemploi et de formation professionnelle en direction des jeunes en particulier, substituant au dispositif de subventions généralisées en même temps quétaient institués des organismes chargés de la gestion de ces dispositifs. En outre , des changements institutionnels ont été introduits. Le filet social a introduit une nouvelle démarche dans la protection des populations les plus vulnérables. Il est géré par lAgence de développement social créée à cet effet. Les dispositifs de promotion de lemploi et de formation professionnelle des jeunes comprennent un Programme demplois salariés dinitiative locale (ESIL), un Programme des travaux dutilité publique à haute intensité de main doeuvre (TUP-HIMO), un Programme Contrat-pré-emploi (CPE), un Programme daide à la création de micro-entreprises, « le Micro-crédit ». Par ailleurs, les changements institutionnels qui ont été introduits ont, notamment, porté sur le pluralisme politique, la libéralisation du droit des associations, louverture du champ de la presse écrite à linitiative privée, et la ratification des Conventions internationales relatives aux droits de la personne humaine, les droits de lenfant, et la Convention internationale sur lélimination de toutes les formes de discrimination à légard des femmes.
Le présentateur a fait état dun certain nombre de contraintes dans la réalisation des objectifs de développement social et qui sont liés aux rapides mutations que traverse léconomie nationale et la pression de la contrainte extérieure. Lemploi sest détérioré davantage sous limpact des restructurations économiques des entreprises publiques qui ont entraîné des compressions deffectifs. En outre, la dette extérieure continue de peser très lourd sur les équilibres financiers externes.
Néanmoins, il a été indiqué quun certain nombre dobjectifs définis pour lan 2000 sont dores et déjà atteints. Lespérance de vie est actuellement supérieure à 67 ans, soit un niveau largement supérieur à lobjectif fixé pour lan 2000 (60 ans); la mortalité des enfants de moins de cinq ans est également inférieure à son niveau de 1990. Elle était évaluée à 230 pour 100 000 naissances vivantes en 1989, 215 pour 100 000 en 1992 et 146 en 1997. Laccès aux soins de santé primaire était acquis pour 98% de la population en 1995, et laccès universel serait atteint si les programmes actuels étaient menés à bien. Dans le domaine de la santé reproductive et de la planification familiale, le taux de connaissance de la contraception a été estimé à 99 % en 1995, et le taux de prévalence de la pratique contraceptive à 56,9%. Les méthodes modernes étaient utilisées dans 86,3% des cas. Lobjectif dassurer un accès universel à léducation de base à tous les enfants en lan 2000 et celui de la fréquentation du cycle primaire par au moins 80% des enfants dâge pertinent est déjà atteint en ce qui concerne le second car les taux de scolarisation étaient supérieurs à 80%, y compris pour les filles et ce, dès 1996.
Les deux domaines qui présentent des difficultés sont la réduction du taux danalphabétisme des adultes et lemploi des jeunes.
Au cours du débat qui a suivi, un certain nombre de questions ont suscité lintérêt des participants, notamment:
Réagissant aux questions sus-mentionnées, le représentant du Gouvernement algérien a indiqué que les initiatives en matière de formation au niveau du mouvement associatif étaient prises par les associations elles-mêmes et lEtat leur apportait une assistance multiforme. Concernant le mode de gestion de lADS, il a été précisé quelle a été créée sur les modes des fonds sociaux de développement (profil Banque mondiale). Le gros des allocations est réalisé sous forme dallocation forfaitaire de solidarité (donnée à des personnes âgées sans revenu, âgées de plus de 60 ans; aux femmes seules qui ont une charge de famille et qui sont sans revenus; les handicapés qui ne peuvent pas travailler), ou dactivités dintérêt général allant à des familles sans revenus. Cependant, le ciblage des bénéficiaires pose problème; ce qui en fait une programmation budgétaire non-évolutive. Par ailleurs, les restrictions budgétaires ont également entraîné une baisse du nombre de bénéficiaires.
En guise de conclusion, il a été souligné que lon ne saurait trop insister sur le fait que cest dans le progrès dans la croissance économique soutenue que les réponses les plus significatives aux besoins sociaux seront apportées, à condition que cette croissance soit porteuse en termes demplois, et quelle bénéficie aux plus démunis. Une répartition équitable des fruits de la croissance suppose, également, une bonne gouvernance et, probablement, le défi le plus important, le plus décisif, se situe à ce niveau car la bonne gouvernance signifie une participation pleine des citoyens, une transparence dans la gestion de léconomie, et une mobilisation de tous les acteurs. Cette même exigence de bonne gouvernance est requise au niveau international.
EGYPTE
Depuis le début des années 90 lEgypte a lancé un programme global de réforme structurelle de léconomie : cest un programme global en ce sens que la réforme économique est opérée non de façon isolée mais sinscrit étroitement dans le contexte social. La protection de la portion la plus vulnérable de la population entrait dans le cadre de la politique dajustement structurel.
Pour bien faire saisir comment lEgypte a donné suite aux recommandations du Sommet mondial pour le développement social tenu à Copenhague en 1995 ? il importe de connaître quelques faits.
La population de lEgypte qui était un peu plus de 20 millions au début des années 50 , a maintenant plus que triplé et a dépassé le chiffre de 60 millions.
La densité démographique en Egypte est la plus élevée du monde , plus de 60 millions de personnes vivant sur seulement 5% du territoire.
Avant la restructuration économique, lEgypte était une sorte d Etat paternaliste où le gouvernement était le principal pourvoyeur de biens et de services.
Ce qui suit donne un bref aperçu de ce quétait lEgypte.
La stratégie adoptée par lEgypte a quelquefois été qualifiée, sur le plan international, dambitieuse et dexemplaire et, parfois on a dit quelle ne donne pas de résultats rapides. Quels que soient les qualificatifs , les résultats obtenus sont les suivants :
Le programme de développement social accorde la priorité à léducation et à la santé et vise à réduire les disparités entre les hommes et les femmes dans la société traditionnelle et à arrêter la dégradation de lenvironnement.
Pour réaliser un ambitieux programme de développement social, il était essentiel de renforcer les institutions existantes telles que les ministères des affaires sociales, de la sécurité, de léducation et de la santé ; il était aussi nécessaire de renforcer le rôle des ONG dont le rôle est crucial dans le développement actuel.
Il était également nécessaire de créer de nouvelles institutions telles que le Fonds social de développement, de renforcer le rôle du secteur privé et dinstituer de nouveaux mécanismes pour attirer linvestissement extérieur.
Tournée vers le futur, la stratégie de lEgypte est centrée sur « lEgyptien » en tant que principal instrument de ce futur.
LIBYE
La délégation libyenne a informé la réunion que les progrès dans la lutte contre la pauvreté et lamélioration des conditions sociales sont conditionnés par lexploitation du pétrole, qui a débuté dans les années 60. Depuis ce jour, des améliorations considérables sont intervenues en ce qui concerne le niveau de vie des citoyens, les droits humains et légalité des chances pour les hommes et les femmes. Il a ainsi été possible daméliorer le cadre général de développement. Concernant les ressources humaines, le rôle de la famille en tant que noyau de la société, est encouragé et respecté. La participation à la vie publique est une approche politique et sociale élargie.
En termes économiques, la répartition de la richesse et des ressources constitue un objectif politique. Dautres objectifs du gouvernement libyen sont : relever le niveau de vie des habitants, assurer lindépendance économique et promouvoir la mise en valeur des ressources humaines. Le pays sest fixé lobjectif dinvestir 37,4 milliards de Dinars libyens au cours de la période 1972/79, 90% de ce montant allant au secteur non pétrolier. Il a toutefois été indiqué que léconomie globale avait subi le contrecoup de la baisse des prix du pétrole.
Afin daméliorer la sécurité alimentaire et réduire la dépendance extérieure, une attention accrue est accordée à lindustrie et à lagriculture. Concernant la pauvreté, il a été indiqué que le problème, dans son sens traditionnel, nexistait pas.
Le présentateur a passé en revue les progrès accomplis dans le secteur social depuis les années 70. Depuis lors, il y a eu une augmentation considérable des services et centres médicaux, qui sest accompagnée dune baisse notamment de la mortalité infantile, de la malnutrition et de la mortalité maternelle.
Les participants ont été informés des progrès réalisés sur le plan de léducation. Léducation de base, la formation professionnelle et technique dans le pays, sont gratuites. Le nombre total détudiants est de 1.8 million. Lenseignement supérieur est aussi développé (plus de 150 000 étudiants). Le taux danalphabétisme pour lensemble de la nation est tombé à 15%. Des progrès ont été également accomplis en ce qui concerne lautosuffisance alimentaire, le pays étant aujourdhui autosuffisant en fruits et légumes. Les investissements pour revitaliser le secteur agricole se sont élevés à 5 milliards de dinars au cours de la période 1970/95. Les eaux provenant du projet de la Grande Rivière artificielle permettront daugmenter la zone totale irriguée grâce au transport de 6.5 millions de m3 deau, constituée essentiellement deau fossile. La deuxième phase du projet sera bientôt achevée.
Le pays a également accompli de grands progrès en matière de sécurité sociale. Aujourdhui, le système de sécurité sociale couvre un million de travailleurs, 56 000 familles recevant des subventions. Le système couvre aussi les personnes handicapées et les personnes âgées. Le filet de sécurité sociale sétend jusquaux villages les plus reculés.
Des discussions ont été tenues, portant essentiellement sur les conséquences de la baisse des recettes pétrolières sur léconomie, sur la participation populaire et les questions dimmigration. Pour la première question, les incidences étaient évidentes. Sagissant de la participation populaire, tous les citoyens sont libres dadhérer à lassociation de leur choix. De plus, la politique de participation est largement appliquée dans le pays. Concernant les mesures prises à légard des immigrants et les facilités qui leur sont accordées, le représentant du Gouvernement libyen a clairement indiqué quil ny avait aucune discrimination et que les immigrants jouissaient des mêmes droits que les nationaux et citoyens du pays.
MAROC
Les initiatives prises par le Maroc depuis Copenhague ont pour axes : lamélioration des conditions de vie des populations rurales et urbaines ; lemploi et la protection sociale ; léducation et la santé de base et lintégration sociale.
Le taux de « pauvreté humaine » était estimé en 1995 à 40,2% de la population. Pour juguler se phénomène, une Stratégie de Développement Sociale est mise en oeuvre.depuis le début de cette décennie. Elle sarticule autour des principales orientations suivantes (i) lélargissement de laccès des populations défavorisées aux services sociaux de base ; (ii) laccroissement des opportunités demploi ; (iii) le renforcement de lassistance aux catégories vulnérables et une gestion efficace et ciblée des filets de sécurité. La SDS est aujourdhui exécutée sous forme de programmes prioritaires successifs dont le premier, «Barnamaj Al Aoulaouiyat ali Jtimaiya » (BAJ1) est composé de trois volets : éducation de base, santé de base et promotion nationale. Prévu sur 5 à 6 ans, il cible 14 provinces, à forte dominante rurale.
Le volet éducation de base vise à améliorer laccès à léducation de base notamment par : (i) la construction de léquipement décoles de proximité ; (ii) lencouragement de la scolarisation des filles dans les zones rurales ; (iii) la promotion dactions destinées à faciliter la vie scolaire et à intégrer lécole à la communauté. Le volet santé de base vise à améliorer laccès au service de soins essentiels, notamment par : (i) le développement de linfrastructure sanitaire locale ; (ii) la fourniture déquipement médical et non médical ; (iii) le renforcement du programme de maternité sans risque et des programmes prioritaires de santé publique. Le volet promotion nationale, commprend notamment : (i) le renforcement des travaux de nature à favoriser les interventions en matière déducation et de santé de base ; (ii) la participation aux campagnes dalphabétisation par des chantiers importants et de longue durée. La première phase du programme comporte trois volets: éducation de base, santé de base et promotion nationale pour une enveloppe financière de globale de 266 millions de dollars. Des programmes dappui sectoriels accompagnent cette stratégie, dans les domaines de lélectrification rurale (1,5 millions de foyers ruraux sont concernés, soit 80% de lensemble contre 10% en 1994), de construction de routes pour le désenclavement des zones rurales (six millions dhabitants concernés) et dapprovisionnement en eau potable des populations rurales, avec lobjectif de généralisation à lhorizon 2005 contre 14% seulement en 1991. Des mesures institutionnelles ont également été prises, dont la création de lAgence de Développement Social (ADS), et dautres mesures spécifiques comme la refonte du système de subventions aux produits alimentaires de base en faveur des populations démunies, et ce pour un meilleur ciblage.
Le taux de chômage urbain est de lordre de 17-18%, touchant essentiellement les jeunes (surtout les diplômés) et les femmes. Les pouvoirs publics ont organisé en décembre 1998 des Assises Nationales pour lemploi afin de dégager un consensus sur la politique de lemploi et de lutte contre le chômage. Faisant de lemploi la pierre angulaire de sa politique sociale, le gouvernement a élaboré une stratégie tendant à encourager la création demploi par la dynamisation de la croissance et la définition de mesures actives et adéquates de promotion de lemploi. Ces Assises Nationales ont ont permis de (i) susciter au sein des acteurs sociaux un sentiment durgence à légard de lemploi ; (ii) dégager un consensus sur des actions en faveur de lemploi ; (iii) faire converger les participants vers des solutions structurelles ; (iv) obtenir lengagement des partenaires dagir avec le gouvernement à la mise en oeuvre des mesures préconisées.
Les mesures et recommandations arrêtées lors de ces Assises répondent aux engagements relatifs à lemploi du Sommet de Copenhague notamment : (1) lélaboration dune politique de formation facilitant laccès à lemploi dans un environnement en mutation, (2) lamélioration des possibilités demploi pour les groupes et les espaces ayant des besoins particuliers.
Depuis 1995, date de la tenue du Sommet Social, les dépenses publiques affectées au développement social sont passées de 38,6 % du budget de lEtat à près de 44% en en 1998, soit 7% du PIB. La part des services sociaux de base représente 17,2% en moyenne. Léducation de base est le secteur qui en a le plus bénéficié (85%) suivi de loin par la santé de base (10%) et lalphabétisation des adultes (0,08%). Le secteur de léducation de base absorbe 15% du budget de lEtat. Pour accroître lefficacité de cette dépense, le gouvernement à prévu la construction de 4500 salles supplémentaires dans les trois ans à venir et la restructuration de lAdministration de léducation nationale dans le sens dune déconcentration et dune responsabilisation. Les soins de santé de base ne représentent que 1,8 % du budget public. Les résultats de laction publique sont probants en matière de vaccination. Ils le sont moins en ce qui concerne le suivi de la grossesse et laccouchement, surtout en milieu rural. Les pouvoirs publics ambitionnent de réduire le taux de mortalité infantile de 37 à 27 pour mille dici 2003 et de la mortalité maternelle en milieu rural de 307 à 274 pour 100 .000 notamment en améliorant les mécanismes de financement et lefficacité de la gestion.
En matière dintégration sociale, une série de mesures sont prises en faveur des catégories les plus vulnérables à travers des programmes sectoriels.
Une volonté politique sest dessinée pour répondre aux besoins des personnes handicapées dans un cadre organisé : promulgation de textes législatifs et réglementaires, création de structures administratives spécialisées, appui aux ONG concernées. En outre, des efforts ont été déployés pour intégrer linsertion des personnes handicapées dans les programmes des differents ministères, notamment en matière déducation, de formation et demploi.
Un certain nombre dactions ont été entreprises au cours de ces dernières années en faveur des personnes âgées (I) révision de la situation juridique et financière de la Caisse Marocaine de retraite (CMR) ; (ii) en couragement de certains corporations à adhérer aux régimes de retraites ; (iii) relèvement et amélioration des conditions de paiement de la pension minimale. Toutefois ces actions demeurent insuffisantes. Pour répondre aux besoins de cette frange de la population, des objectifs précis et des stratégies opérationnelles doivent être mis au point progressivement pour anticiper le veillessement leffet de veillissement et pour une meilleure prise en charge de cette catégorie sociale.
En matière de protection de lenfance, la législateur a institué des dispositions spécifiques en faveur de lenfant. Ces dispositions rencontrent des difficultés dans leur mise en application. En adhérent à la Convention Internationale des Droits de lEnfant et en arrêtant un Plan dAction National en la matière, qui définit une stratégie globale damélioration des conditions de lEnfant, le Maroc place, désormais, le bien-être des enfants au premier plan des priorités sociales du pays.
Elaborée à la suite de la 4ème conférence de Beijing la stratégie de promotion de la condition féminine, ne sest pas encore traduite dans les programmes dactions des différents ministères. Toutefois dimportants efforts ont été accomplis depuis cette conférence. Et envisagée dans le cadre du futur plan qui se déploie sur différents niveaux dont : (i) la réforme du code du statut personnel ; (ii) la prise en compte de la dimension féminine dans les programmes de développement ; (iii) les es actions spécifiques dans les domaines de lalphabétisation, de la scolarisation et de la santé. Une Commission nationale pour la promotion de la condition féminine vient dêtre instituée auprès du Premier Ministre à leffet de mettre en oeuvre la stratégie gouvernementale en faveur de la femme.
Les ONG marocaines, deviennent de plus en plus impliquées dans la réalisation des programmes de développement social fondé sur les principes de participation effective des populations concernées.
Le gouvernement marocain dans un souci de renforcement, de soutien et dencouragement des ONG, associe tous les acteurs de la société civile à la préparation du plan quinquennal de développement socio-économique 1999-2003 et à lélaboration dune stratégie nationale de léconomie sociale.
Ceci permet la participation effective des ONG et des populations cibles, à lélaboration des projets et à leur réalisation dans un cadre de coopération et de partenariat avec les pouvoirs publics, les établissements publics et les collectivités locales, les organizations internationales, régionales, sous-régionales et étrangères
MAURITANIE
En 1995, le contexte économique et social de la Mauritanie se caractérisait entre autres par :
Devant une telle situation et conformément aux recommandations de Copenhague, le pays a mis sur pieds des stratégies sectorielles pour relever le niveau de vie des couches défavorisées. Certes, elles ont comporté un volet économique, pour la création dun cadre macroéconomique adéquat, mais également un axe social, dans les domaines de la santé, de léducation, de lemploi et de la lutte contre la pauvreté. LEtat consacre en moyenne 37% de lensemble des dépenses publiques au secteur de la promotion sociale, soit un niveau supérieur aux 20 % recommandés par le Sommet Social.
La stratégie mise en place a donné des résultats encourageants. Lassainissement des conditions économiques se traduit par une tendance à laccroissement du revenu par habitant qui, si elle se poursuit, laisse espérer des perspectives favorables pour la réduction de la pauvreté. En effet, celle-ci a régressé de 6% par an au cours de la période 1995-1998. En matière de santé, des services de premiers soins sont accessibles à 90% de la population dans un rayon de 10 km. Dans le domaine de léducation, le taux de scolarisation atteint 89%, dont une nette amélioration de la scolarisation des filles. En milieu rural, près de 86% de la population est approvisionné en eau potable.
Les pouvoirs publics se donnent pour objectifs pour la période 1998-2001 de :
Dans ce cadre, le Gouvernement a créé en 1998 un Commissariat aux Droits de lHomme, à la lutte contre la Pauvreté et à lInsertion. Les programmes mis en place par cette institution permettent daméliorer le pilotage et la coordination stratégique des actions de lutte contre la pauvreté, et de développement social en général, en renforçant le ciblage et les analyses dimpact.
Conscient que la lutte contre la pauvreté nécessite un niveau substantiel de ressources permettant datteindre une taille critique dintervention ciblée, le Gouvernement compte mettre en place, dans les meilleurs délais, des instruments spécifiques de financement. Par ailleurs, lensemble des intervenants (ONG, société civile, etc ) seront impliqués au stade de formulation et de mise en uvre.
SOUDAN
TUNISIE
Quelques indicateurs sociaux permettent dapprécier les progrès réalisés par la Tunisie pour laccomplissement des engagements convenus au Sommet social de Copenhague en 1995. Ainsi, le taux de mortalité infantile est passé de 30,5 pour mille en 95 à 28,9 pour mille en 97 ; le taux de scolarisation a atteint 99,1% en 98 contre 98% en 95. Le taux délectrification est passé de 88,6% en 95 à 91,7% en 97 et le taux de desserte en eau potable de 86,6% en 95 à 89,1% en 97.
Ces résultats ont pu être atteints grâce à la mise en uvre dune stratégie de développement en faveur de lhomme axée dune part sur la réalisation dun taux de croissance élevé, qui a évolué entre 5 et 7% au cours de la période 96-98, et dautre part sur une répartition équitable des fruits de la croissance qui sest traduite par une amélioration des revenus suite à trois augmentations successives de salaires dans les secteurs public et privé, couvrant la période 1990-1998. Dans le même temps, le revenu par habitant sest accru de 4% à la faveur entre autres dune baisse du taux daccroissement démographique obtenue grâce à diverses politiques sociales : planning familial ; généralisation de la couverture médicale ; scolarisation des filles à égalité avec les hommes ; accès de la femme à chances égales avec lhomme au marché du travail.
La croissance économique a pleinement intégré la variable emploi grâce à des mesures dincitation par le biais du code dinvestissement, et dautres mesures daccompagnement, notamment les instruments de financement de moyens et petits projets par des fonds spéciaux, dont : le FOPRODI (Fonds de promotion et de développement industriel) et le FONAPRA (Fonds National de promotion de lArtisanat et des petits métiers).
Ces mesures ont été couronnées par la création en 1998 de la Banque tunisienne de solidarité, qui accorde des crédits à de jeunes promoteurs pour le financement de leurs projets sans exiger les garanties usuelles et à des conditions avantageuses. En une année de fonctionnement, la Banque de solidarité a déjà financé environ 10000 projets.
La création de lObservatoire national de lemploi et de la formation est venue compléter le dispositif dinformation sur le marché de lemploi, ses caractéristiques et ses tendances, dans le cadre du programme MANFORME (Mise à niveau de la formation professionnelle et de lemploi) lancé en 1996, qui vise une réorientation du système de formation pour répondre aux besoins de léconomie en qualifications.
Parallèlement fut adoptée une politique de redistribution en affectant 19,2% du PIB en 1998 aux transferts sociaux (santé, éducation, formation, compensation, aide directe) ce qui a permis datteindre de nouveaux paliers, par référence à 1995 dans les principaux indicateurs sociaux :
Espérance de vie (ans) : 67, 1 en 84 ; 71,4 en 95, 72 en 97
Taux de mortalité infantile (pour mille) : 30,5 en 95 --> 28,9 en 97
Taux brut de mortalité (pour mille) : 5,7 en 95 --> 5,6 en 97
Taux de scolarisation (6 ans) : 98% en 95 --> 99,1% en 98
Taux danalphabétisme : 46,2% en 84 --> 31,7% en 94
Taux délectrification : 88,6% en 94 --> 91,7% en 97
Taux de desserte en eau potable : 86,6% en 95 --> 89% en 97
Taux de logements rudimentaires : 8,8% en 84 --> 2,7% en 94
Taux de propriété de logement :environ 80% des tunisiens sont propriétaires de leur logement
Croissance démographique : 1,5 % en 95 --> 1,3% en 97
Taux de pauvreté : 6,7 % en 90 --> 6,2 % en 95 --> 6% en 98
Les efforts accomplis en matière de réduction de la pauvreté comme le fait ressortir lindicateur précité, ont permis de faciliter laction de ciblage en faveur des groupes les plus défavorisés grâce à des programmes spécifiques dont :
Ces programmes touchent plus de 120 000 familles dont lidentification et le suivi sont devenus rigoureux grâce à la mise en place du fichier national de la pauvreté, établi sur la base de critères multiples (revenu inférieur à un certain seuil, absence de soutien, inaptitude au travail par suite dhandicap, ou dâge avancé ). Ce ficher permet de mieux cibler les prestations en leur faveur (allocations financières directes, bénéfice de la gratuité totale des soins, aides et bourses scolaires et universitaires )
Le Fonds de solidarité national, mieux connu sous le vocable 26/26, crée en décembre 1992, est intervenu sur la base dune stratégie sétalant sur la période 1993-2000 dans près de 980 "zones dombre" sur un programme total de 1144 zones identifiées, en intervenant dune manière intégrée en matière dinfrastructure routière, équipements collectifs (écoles, centres de santé de base) ; logements, électrification et desserte en eau potable et surtout par la création ou la consolidation de sources de revenu.
Djibouti
Introduction :
Pratiquement quatre ans se sont écoulés depuis la tenue du Sommet de Copenhague. Certes on conviendra aisément que la période est assez courte pour mettre en uvre toutes les réformes et mesures recommandées. Mais nous pouvons dores et déjà souligner la prise de conscience face à lampleur du défi que constitue la réduction de la pauvreté, et examiner ensemble les progrès réalisés.
Selon les dernières études effectuées, plus de 50% des ménages ne disposent pas du minimum nécessaire pour vivre. De façon générale la pauvreté touche une grande majorité de la population (prés de 60% si lon exclut les nomades, les ruraux et les SDF qui nont pas fait lobjet détudes quantitatives). Pour réduire la pauvreté le gouvernement a mis en place parallèlement au PAS, un important volet social qui est composé notamment de plusieurs projets de lutte contre la pauvreté
Les quatre premiers ont déjà démarré ou sont en phase de démarrage. Les deux derniers sont programmés pour les mois à venir.
Le taux de chômage est de près de 60% et la situation est encore plus dramatique pour les jeunes (surtout les femmes) où len compte 58% de chômeur entre 21 et 25 ans. En terme dactivité réelle, ce sont moins de 26% des hommes et pire moins de 17% des femmes qui travaillent. Pour éviter daggraver la situation, le Gouvernement incite les entreprises publics et parapublics de suspendre les licenciements. Il a recours également à la solidarité des travailleurs en leur prélevant 10% de leur salaire. Cette dernière mesure est provisoire et ne constitue point une solution durable. Il faut plutôt tendre vers les activités HIMO (haute intensité de main duvre) qui vont créer-espérons-le- beaucoup demplois. cest lobjectif principal du Fonds social et de travaux dintérêts publics.
Les obstacles au bien être individuel, familial et collectif ne se militent pas aux problèmes de l'emploi. La demande en services sociaux de base est aussi aiguë. La République de Djibouti connaît un retard important en dépit des investissements substantiels consentis aux secteurs sociaux de base. En 1992, 86% de personnes vivant en milieu urbain accédaient à leau .En 1996, ce chiffre est passé à 79%. En 1996, le taux net de scolarisation primaire est de 68% dont 73% d'hommes et 63% de femmes, tandis que le taux brut de scolarisation en 92 était de 38% dont 43% d'hommes et 33% de femmes mais avec un taux de déperdition-il faut le souligner- de près de 60% . l'accès aux soins reste toujours aussi difficile. A travers les projets tels que les Fonds Social de Développement, le Gouvernement souhaite améliorer l'accès aux services sociaux de base.
Les réformes économiques et sociales mises en place depuis 1995 sont accompagnées d'un certain nombre de réformes politiques et institutionnelles. Le Gouvernement est conscient que le développement de la participation et donc du dialogue -en impliquant tous les acteurs- doit plus que jamais être un exercice quotidien. C'est pourquoi , nous avons développé et renforcé le rôle des ONG locales et invité de manières générales la société civile à s'impliquer davantage dans la vie économique et sociale mais également dans la vie politique. Le gouvernent conforté par le chemin parcouru et par la stabilité qui fait de Djibouti un havre de paix , entend consolider la démocratie et les liens de partenariat avec les différents acteurs de la société (société civile, secteur privé, partenaires au développement, etc .)
En dépit de nombreuses contraintes économiques, sociales et politiques, la République de Djibouti, fidèle comme à l'accoutumée aux respects des recommandations des Nations Unies, réaffirme son engagement à mettre tout en uvre pour réaliser les objectifs de lutte contre la pauvreté et du développement humain durable, condition de lavènement de sociétés justes et prospères
Intégration de la jeunesse au développement dans la sous-région de lAfrique du Nord ;
Le présentateur du document intitulé « Intégration de la jeunesse au développement dans la sous-région de lAfrique du Nord » (ECA/UNDP/WSSD/NA/5) a dabord donné un bref aperçu des problèmes qui se posent à la jeunesse en matière de développement et qui constituent un défi majeur pour ce qui est de lavenir, de la stabilité et du développement de la sous-région dAfrique du Nord.
Des caractéristiques communes à lensemble des pays de la sous-région se dégagent, parmi lesquelles le fort taux danalphabétisme et de chômage des jeunes diplômés, et linsuffisance des structures associatives propres à promouvoir le leadership des jeunes. Ces problèmes toutefois, nont pas la même ampleur dun pays à lautre. Il existe des disparités à lintérieur des pays à un double niveau : entre les zones urbaines et les zones rurales (où le problème est plus aigu), et entre les jeunes garçons et les jeunes filles. Quant à la disparité entre les sexes, cest la jeune fille qui est encore la plus touchée par les problèmes soulevés, lexception étant la Tunisie où le gouvernement fait des efforts en vue dassurer la promotion de la femme.
Dans le domaine de léducation, il a été noté dans le rapport quà la fin des années 80, 50% des enfants en Mauritanie étaient scolarisés, et quau Soudan plus de 50% ne savaient ni lire, ni écrire. Au Maroc, les statistiques disponibles font ressortir des résultats en deçà des objectifs fixés par les gouvernements successifs, dont principalement lenseignement primaire universel. Le présentateur a par ailleurs fait remarquer quen 1995, plus de 40% de la population égyptienne étaient analphabètes. En Algérie, près de 60% des enfants âgés de 2 à 17 ans étaient scolarisés en 1975. En Tunisie, une évolution positive a été constatée, malgré un taux de scolarisation resté faible.
Comme pour la formation et léducation, les résultats dans lensemble de la sous-région en ce qui concerne lemploi des jeunes, sont loin de répondre aux espoirs mis dans la politique de libéralisation économique, caractérisée essentiellement par le fait que le problème de lemploi était transféré de lEtat vers le privé. Ainsi, le taux de chômage en milieu urbain pour la plupart des pays de la sous-région se situe entre 20 et 30% alors que le taux de sous-emploi varie de 25 à 40%. En Algérie, le chômage total a progressé de près de 40 % entre 1989 et 1992. En Egypte, ce taux est de 28% pour les 15-19 ans, et de 18% pour les jeunes de 20 à 24 ans. En Tunisie, la situation est moins dramatique avec un taux de 15,7%, avec toutefois une progression du chômage des jeunes diplômés. Au Maroc, le taux de chômage est denviron 24% en moyenne, avec près de 22% pour les garçons et de près de 30% pour les filles.
Concernant le leadership des jeunes, le présentateur a souligné la nécessité de le favoriser comme un moyen dassurer lintégration des jeunes dans la société et a mis