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Communiqué de presse de la CEA
La Conférence de Ouagadougou fait le point

Ouagadougou, 30 septembre 1999 (CEA) : La Conférence de suivi du Sommet mondial pour les sous-régions d’Afrique de l’ouest et de l’Afrique centrale, tenue à Ouagadougou du 28 au 30 septembre 1999, a pris fin avec l’adoption de la Déclaration de Ouagadougou.

Organisée sous l’égide de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Gouvernement du Burkina Faso, la Conférence a regroupé des représentants des deux sous-régions, d’organisations non gouvernementales et intergouvernementales, et de diverses agences de l’ONU pour examiner les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations contenues dans la Déclaration et Programme d’action de Copenhague, et de permettre aux décideurs nationaux et à leurs partenaires de développement de s’engager à nouveau à poursuivre les stratégies et actions qui permettent d’atteindre, le plus rapidement, les objectifs du Sommet social.

Plus précisément, la Conférence a évalué les progrès accomplis dans les domaines prioritaires que sont la lutte contre la pauvreté, la création d’emplois, la réalisation des objectifs du développement social et la promotion de la bonne gouvernance. Une séance spéciale a été consacrée à la question de la participation de tous les acteurs ainsi qu’au dialogue entre le Gouvernement et les autres acteurs.

Dans leur Déclaration, les participants ont formulé en autres les recommandations suivantes en vue d’intensifier les efforts, de renforcer les capacités humaines, financières et institutionnelles aux niveaux national, sous-régional et régional afin de mettre en œuvre et de suivre au mieux les programmes et projets de développement social :

  • entreprendre les réformes économiques structurelles qui soutiennent la croissance et tiennent compte l’objectif central de lutte contre la pauvreté, stimulent l’épargne locale et les investissements du secteur privé en vue d’appuyer la diversification des secteurs productifs des économies nationales, en accordant la priorité au développement du secteur dans lequel est engagée la majorité des populations ;

  • renforcer le dialogue et la collaboration entre tous les acteurs œuvrant pour la réduction de la pauvreté aussi bien en milieu rural qu’urbain afin de créer les synergies nécessaires à la réalisation de l’objectif de réduction de la pauvreté de moitié à l’horizon 2015 ;

  • traduire en actes concrets et mettre en œuvre, de façon prioritaire, des politiques volontaristes qui induisent la création d’emplois, promouvoir et stimuler la création d’entreprises et appuyer celles qui existent par des mesures institutionnelles d’incitation à l’embauche et accompagner ces politiques et actions par le développement et la réhabilitation des structures de formation, de l’information et de la sensibilisation sur la création d’entreprises en ayant à l’objectif de création d’emplois ;

  • mettre en œuvre l’Initiative 20/20 et instituer un système d’évaluation des taux de réalisation des crédits alloués. Dans ce cadre, les pays donateurs sont invités à s’engager à consacrer 0,7 pour cent de leur produit national brut (PNB) à l’aide publique au développement (APD) ;

  • renforcer les dispositions et mécanismes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA et orchestrer pour la mobilisation accrue de ressources, intérieures et extérieures.

  • créer, dans les pays où cela n’a pas été fait, des comités nationaux de suivi de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Copenhague.

  • œuvrer au renforcement des capacités d’internalisation des principes et pratiques démocratiques de la bonne gouvernance, en mettant un accent particulier sur le maintien d’un climat de paix sociale, l’éducation, la formation et la sensibilisation de toutes les couches de la société, l’amélioration significative de l’efficacité et de la neutralité des administrations publiques, la promotion de la participation de la société civile et plus particulièrement des femmes et le renforcement des capacités institutionnelles de gestion et du contrôle de gestion de la vie économique et sociale.

  • créer des mécanismes nationaux indépendants de suivi et d’évaluation des pratiques en matière de gouvernance et coopérer avec la CEA et le PNUD pour l’établissement, au sein du centre de la société civile africaine, d’un observatoire de bonne gouvernance.

S’exprimant à la clôture de cette conférence, Mme Lalla Ben Barka, Secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), a note que la Conférence était parvenue à des conclusions et recommandations qui permettront les corrections et réajustements nécessaires en cette fin de siècle et de millénaire.  « Il ne s’agit pas bien entendu de partir d’ici avec de bonnes recommandations » a précisé Mme Ben Barka, «mais aussi avec la ferme volonté de les mettre en œuvre, en les prenant en compte dans nos politiques nationales, en les traduisant en stratégies cohérentes et globales, en actions qui portent et durent ».

Deux conférences sous régionales se sont déjà tenues en mars 1999 à Nairobi pour l’Afrique de l’Est et australe et à Marrakech pour l’Afrique du Nord.

(Fin)