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Communiqué de presse de la CEA No. 87/1999

Ouagadougou, 28 septembre 1999 (CEA) : Plus de 150 participants représentant les pays des sous-régions de l’Afrique centrale et de l’ouest ont entame les travaux d’une conférence de trois jours pour faire le bilan des réalisations depuis le Sommet de Copenhague dans les domaines du développement social.

Organisée sous l’égide de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Gouvernement du Burkina Faso, la Conférence sous-régionale de suivi du sommet social a regroupe des représentants des deux sous-régions, d’organisations non-gouvernementales et intergouvernementales, et de diverses agences de l’ONU.

Dans son discours inaugural, Son Excellence M. Ouedraogo Kadre Désiré, Premier Ministre du Burkina Faso, a indique que malgré une tendance d’ensemble toujours négative, des signes encourageants ont été observes sur le continent africain depuis la tenue du Sommet de Copenhague. Cependant, a précise le Premier Ministre, beaucoup d’efforts doivent être déployés aussi bien par les pays africains que par la communauté internationale pour accroître et consolider les acquis.

« L’une des contraintes majeures sur laquelle l’Afrique interpelle la communauté internationale » a relevé le Premier Ministre, « demeure l’insuffisance des ressources financières. Dans ce domaine, beaucoup de pays en développement n’ont pas encore atteint l’objectif de 20/20 ; l’essentiel des ressources étant consacre au règlement du service de la dette extérieure qui va sans cesse croissant ». Il a indique que la levée de cette contrainte est une condition préalable car « garantir à tous, d’ici a l’an 2005, un accès aux services sociaux de base de bonne qualité exigera non seulement l’application intégrale de l’initiative 20/20 mais aussi, le respect total de l’engagement pris de longue date par les pays donateurs de porter l’aide publique au développement a 0,7% de leur Produit National Brut ».

S’exprimant à l’ouverture de cette conférence, Mme Lalla Ben Barka, Secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), a indique que les indicateurs macro-économiques des pays africains etaient positifs. Le PIB a progresse de manière régulière passant de 2,9 % en 1997 a 3,3% en 1999, et le Rapport économique de la CEA publie récemment indique que pour les deux sous-régions, la croissance économique a été de 3,6% pour l’Afrique de l’ouest et 4,9% pour l’Afrique centrale. « Cependant, cette croissance est souvent minée par les conflits dans notre continent » a souligne Mme Ben Barka, « où on compte des troubles civils dans 35 pays avec ce que cela comporte comme souffrances humaines, dégâts matériels et dégradation du tissu social  ». La croissance est aussi freinée par la pandémie du VIH/SIDA, qui est de plus en plus considérée comme une ‘question de développement’, plutôt qu’une simple question de santé.

« Si les indicateurs macro-économiques semblent positifs et optimistes » a précise Mme Ben Barka, « ils ne sont malheureusement pas traduits en termes réels au niveau de nos populations. Dans les deux sous-régions, la pauvreté s’est non seulement étendue mais semble également s’être intensifiée. Nos travaux de recherche révèlent que la pauvreté sur le continent touche désormais plus de 50% de la population, en particulier dans les pays du Sahel ».

Mme Ben BARKA a note qu’on ne pourrait pas continuer à parler de croissance économique avec seulement des indicateurs macro économiques mais s’assurer aussi que cette croissance profite à la majorité de nos populations. « Pour mettre en œuvre le Programme d’action de Copenhague, a l’aube du troisième millénaire, il est vital de concentrer les efforts sur la construction de la paix et le renforcement de capacités humaines et institutionnelles » a dit Mme Ben Barka.

Mme Diène Keita-Djermakoye, Représentant résident a. i. du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a pour sa part indique que 32 des 48 pays les moins avances et 34 des 45 pays considérés ayant un faible niveau de développement humain se trouvent en Afrique. « Au plan du développement humain » a dit Mme Djermakoye, « les défis de l’Afrique au sud du Sahara apparaissent considérables malgré un certain nombre de progrès manifestes ». Les indicateurs sanitaires et éducatifs expriment des déficits importants. Les taux de morbidité et de mortalité sont aujourd’hui plus élevés en Afrique que dans le reste du monde. Les normes de santé et de nutrition se sont détériorées, et l’Afrique est le continent le plus durement touche par le Sida. En outre, le réveil des conflits armés y fait des ravages terribles, justifiant les quelque sept millions de réfugiés soit plus de la moitie du total des réfugiés dans le monde.

« Au regard de ce constat » a précisé mme Djermakoye, « on peut dire que les défis auxquels l’Afrique sera confrontée au cours des quinze prochaines années attestent à quel point il est urgent pour ce continent d’instaurer la paix et la bonne gouvernance, de renforcer ses capacités de gestion du développement, de retrouver ou de renforcer ses avantages comparatifs ; et de forger une nouvelle compétitivité internationale tout en revendiquant son propre programme d’action pour le développement et tout particulièrement en matière de lutte contre la pauvreté ».

les thèmes de la Conférence sous-régionale de suivi du Sommet mondial pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui se tiendra du 28 au 30 septembre 1999 a Ouagadougou, au Burkina Faso, sont les suivants :

  • Progrès accomplis dans la réduction de la pauvreté ;

  • Progrès accomplis dans la création d’emplois ;

  • Progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du secteur social et

  • Progrès accomplis dans le domaine de la bonne gouvernance 

Des documents d’informations relatifs aux quatre thèmes ont été présentés en séance plénière par le PNUD, le BIT, l’UNICEF et la CEA respectivement et débattus en réunions de groupes thématiques.

Deux conférences sous régionales se sont déjà tenues en mars 1999 à Nairobi pour l’Afrique de l’Est et australe et à Marrakech pour l’Afrique du Nord.

(Fin)

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