FRANCAIS
Original : ANGLAIS
NATIONS UNIES CONSEIL ECONOMIQUE ET
SOCIAL
COMMISSION ECONOMIQUE POUR L'AFRIQUE
Neuvième session de la Conférence des planificateurs, statisticiens et
spécialistes de la population et de l'information africains
Addis-Abeba (Ethiopie) 11- 16 mars 1996
RAPPORT DE LA NEUVIEME SESSION DE LA CONFERENCE DES
PLANIFICATEURS, STATISTICIENS ET SPECIALISTES DE LA POPULATION ET DE L'INFORMATION
AFRICAINS
E/ECA/PSPI.9/24
A. Participation et organization des travaux
1. La neuvième session de la Conférence des planificateurs, statisticiens et
spécialistes de la population et de l'information africains s'est tenue au siège de la
CEA, à Addis-Abeba, du 11 au 16 mars 1996. La Conférence a été ouverte par Mme Nancy
Hafkin, Fonctionnaire chargée du Système panafricain d'information pour le
développement (PADIS) au nom de M. K.Y. Amaoko, Secrétaire exécutif de la Commission
économique pour l'Afrique.
2. Ont participé à la réunion les représentants des Etats membres suivants de la
Commission : Algérie, Angola, Botswana, Burundi, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte
d'Ivoire, Djibouti, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée
équatoriale, Kenya, Lesotho, Libéria, Madagascar, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda,
République-Unie de Tanzanie, Rwanda, Swaziland, Togo, Tunisie, Zaïre, Zambie et
Zimbabwe.
3. Les Etats membres ci-après des Nations Unies étaient représentés par des
observateurs : Etats-Unis d'Amérique, France, Inde et Royaume-Uni.
4. Les organismes ci-après de l'organization des Nations Unies étaient représentés
: Division de la statistique de l'ONU (New York), Fonds des Nations Unies pour la
population (FNUAP), Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Fonds des
Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Banque mondiale, organization des Nations Unies
pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), organization internationale du
Travail (OIT), organization des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
5. Les organismes intergouvernementaux ci-après étaiènt présents : Communauté
économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO et EDEAC).
6. L'organization de l'unité africaine était représentée à la session.
7. Etaient présents des observateurs des instituts ci- après: Overseas Development
Administration (ODA), Bureau du recensement des Etats-Unis, Institut de formation et de
recherche démographiques (IFORD), AFRISTAT, Regional Institute for Population Studies
(RIPS), Institut de gestion pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe (ESAMI),
Institut sous-régional de statistique et d'économie appliquée (ISSEA), Centre africain
de recherche appliquée et de formation en matière de développement social (ACARTSOD),
Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF), Institut national de
la statistique et des études économiques (INSEE), Centre international sur la
physiologie et l'écologie des insectes (ICIPE), Eastern African Statistical Training
Centre, Comité permanent inter- Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel
(CILSS), Institut africain de développement économique et de planification (IDEP),
Institute of Statistics and Applied Economics (ISAE), Institut international pour la
recherche sur l'élevage (ILRI), Centre régional africain de technologie (CRAT), Enquête
démographique et de santé (EDS), CODESRIA, Office statistique des Communautés
européennes (EUROSTAT), Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), Carnegie Corporation et
CEPED.
Allocution d'ouverture (point 1 de l'ordre du jour)
8. Dans son discours d'ouverture, lu en son nom par une fonctionnaire du secrétariat,
M. K.Y. Amoako, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique et
Secrétaire général adjoint de l'organization des Nations Unies a souligné les
objectifs de la réunion au nombre desquels figuraient l'examen de la situation
économique et sociale de la région, l'étude des moyens par lesquels les spécialistes
présents à la réunion pouvaient oeuvrer de concert pour améliorer la planification et
donner à la CEA des avis sur l'assistance stratégique qu'elle pouvait fournir aux Etats
membres.
9. Le Secrétaire exécutif a souligné que les résultats économiques de l'Afrique ne
s'étaient améliorés que légèrement au cours des deux dernières années. Le secteur
minier avait enregistré une croissance tandis que la production agricole et industrielle
avait baissé. Alors que les flux de ressources extérieures s'étaient réduits, la dette
extérieure avait, elle, augmenté. La situation sociale s'était détériorée. Face à
ce tableau plutôt sombre, le Secrétaire exécutif a souligné la nécessité de
renforcer la compétitivité des économies africaines en poursuivant de façon résolue
l'intégration économique régionale.
10. Il a ensuite présenté les principales questions à l'ordre du jour de la
Conférence, à savoir le développement du secteur de l'énergie, le cadre analytique des
réformes, le problème de l'accroissement toujours élevé de la population, la mise en
oeuvre des programmes d'action, régional et mondial, sur la population et les défis que
pose l'environnement urbain. Les participants auraient également à examiner, dans le
sens d'une plus grande efficacité, les modifications à apporter au mandat du Comité sur
l'évaluation des besoins et l'élaboration de stratégies (EBES), l'étude régionale sur
l'organization et la formation dans le domaine de la statistique et la poursuite de la
mise en oeuvre du Plan d'action d'Addis-Abeba pour le développement de la statistique
dans les années 90. S'agissant du thème de la session, les participants ont examiné les
moyens par lesquels la technologie de l'information pouvait être utilisée pour
accélérer le développement socio- économique dans la région ainsi que les travaux de
la CEA en vue de promouvoir le développement des systèmes d'information en Afrique et
l'importance des normes dans ce domaine. Parmi les événements marquants de cette
session, figurait la tenue d'un atelier sur la diffusion de données, animé par un
représentant du Bureau du recensement des Etats-Unis.
Election du bureau (point 2 de l'ordre du jour)
11. La Conférence a élu la Zambie comme Président, le Sénégal Premier Vice-
Président, l'Egypte Second Vice-Président et le Cameroun Rapporteur.
Adoption de l'ordre du jour (point 3 de l'ordre du jour)
12. La Conférence a adopté l'ordre du jour suivant :
SEANCES PLENIÈRES
1. Allocution d'ouverture.
2. Election du bureau.
3. Adoption de l'ordre du jour.
4. Etude des besoins en statistique et élaboration de stratégies pour le
développement de la statistique : l'expérience africaine.
5. Mise en place de l'Autoroute de l'information en Afrique.
6. Rapport intérimaire sur la mise en oeuvre de la Déclaration de Dakar/Ngor et du
Programme d'action issu de la CIPD du Caire de 1994.
7. Application des systèmes de prévision à court terme pour la conception de
politiques et la gestion économique dans différents pays africains.
Comité de la population
8. Election du bureau.
9. Evaluation des problèmes et politiques associés à l'environnement urbain dans les
pays membres de la CEA.
10. La planification familiale telle que perçue dans le contexte des valeurs
socio-économiques et culturelles dans les pays membres de la CEA.
11. Activités en matière de population en 1994-1995, examen du programme de travail
approuvé pour 1996-1997 et programme de travail provisoire pour 1998-1999.
Comité de la planification
12. Election du bureau.
13. Planification stratégique et gestion macro- économique.
14. Rationalisation et utilisation des ressources énergétiques en Afrique.
15. Rapport de l'Institut africain de développement économique et de planification.
16. Examen du programme de travail.
Comité de la statistique
17. Election du bureau.
18. Mise en oeuvre du Système de comptabilité nationale de 1993 dans la région
africaine.
19. Le Comité de coordination pour le développement de la statistique en Afrique
(CASD) et ses sous-comités : principales activités menées et problèmes divers.
20. Enquête régionale sur l'organization de la formation dans le domaine des
statistiques: résultats de l'analyse pilote.
21. Activités statistiques de la CEA en 1994-1995, programme de travail approuvé pour
1996-1997 et tendances pour 1998-1999.
Comité de l'information
22. Election du bureau.
23. Développement des capacités en technologie de l'information en Afrique.
24. Promotion des normes pour l'échange d'informations pour le développement en
Afrique.
25. Amélioration de l'accès à l'information pour le développement en Afrique.
26. Progrès réalisés dans l'exécution du programme de travail de la CEA relatif aux
systèmes d'information pour le développement et programme de travail pour 1996-1997.
Reprise de la séance plénière
27. Adoption du rapport.
28. Questions diverses.
29. Clôture de la réunion.
Compte rendu des travaux
Evaluation des besoins en statistique et élaboration de stratégies pour le
développement de la statistique : l'expérience africaine (point 4 de l'ordre du
jour)
13. Le secrétariat a présenté ce point de l'ordre du jour sur la base du document
E/ECA/PSPI.9/2, intitulé "Evaluation des besoins en statistique et élaboration de
stratégies pour le développement de la statistique: l'expérience africaine".
14. Le représentant de la Banque mondiale a complété l'exposé du secrétariat en
présentant un document intitulé "Statistical Needs Assessment and Planning: A
Review of Approaches and Current Practices" (évaluation et planification des besoins
en matière de statistique - étude des approches adoptées et des méthodes en vigueur),
qui constituait une suite et un développement du cadre directif de l'évaluation des
besoins établi par le Comité de coordination pour le développement de la statistique en
Afrique (CASD). Il a déclaré que ce document était le fruit d'une étroite
collaboration regroupant divers organismes et plusieurs pays africains, avec des
orientations données par le CASD, et que son élaboration avait été coordonnée par la
Banque mondiale. Le document devait être un instrument pour les décideurs, les
planificateurs et les statisticiens et un guide pour les bailleurs de fonds susceptibles
d'être sollicités pour le financement du développement de la statistique dans les pays
africains. Il avait pour objet de décrire le cadre conceptuel, l'évaluation des besoins
des pays en matière statistique, l'élaboration de plans statistiques et les questions
relatives à la restructuration des institutions; il comportait en outre une présentation
succincte de l'expérience vécue par certains pays dans l'application de programmes
relatifs aux besoins en matière statistique.
15. Plusieurs participants ont remercié le secrétariat d'avoir inclus cette question
dans les travaux en séance plénière de la Conférence. En faisant part de l'expérience
de leurs pays dans la conduite de l'opération évaluation des besoins et élaboration de
stratégies, de nombreux participants ont fait ressortir un certain nombre de problèmes:
manque de communication avec les utilisateurs; lenteur de la communication des résultats;
manque d'organization des données dans beaucoup de services gouvernementaux et, par
conséquent, nécessité de les organiser; nécessité d'organiser des ateliers pour les
utilisateurs. Il a été souligné qu'une opération évaluation des besoins et
élaboration de stratégies était une opération utilisateurs- producteurs et que
l'équipe choisie ou nommée pour l'effectuer devait autant que possible comprendre des
planificateurs, des statisticiens, des chercheurs et des experts du secteur privé. Dans
l'un des pays, la Direction nationale de la statistique, en entreprenant l'opération,
avait été amenée à étudier les exigences en matière de données sectorielles pour le
suivi des programmes financés par le PNUD au titre du chiffre indicatif de planification
(CIP) du pays.
16. Certains participants ont estimé que les opérations d'évaluation des besoins et
d'élaboration de stratégies devraient être correctement coordonnées et spécifiquement
adaptées à chaque pays; elles ne devaient pas être imposées par des partenaires
extérieurs non plus. Par ailleurs, les utilisateurs et les producteurs étaient associés
à ces opérations et les décideurs devraient l'être aussi. S'agissant de l'assistance
qui devrait éventuellement venir en soutien à ces opérations, il a été demandé à la
CEA de contribuer à la mobilisation des ressources dont les pays pourraient avoir besoin.
17. Des participants ont demandé à être informés du type de problème rencontré
par les pays au cours des opérations. Le secrétariat a expliqué que, dans le cadre de
l'étude relative à l'évaluation des besoins statistiques et à l'élaboration de
stratégies en matière statistique qu'il avait réalisée en novembre 1995, il n'avait
pas demandé spécifiquement des données relatives aux problèmes que les pays avaient
rencontrés. Il était cependant prévu de demander aux pays qui s'étaient engagés dans
ces opérations d'envoyer des exemplaires de leurs rapports au secrétariat, pour
permettre de constituer une documentation et d'étudier divers aspects de ces opérations,
y compris les problèmes rencontrés.
18. Des participants ont également demandé pourquoi certains pays n'avaient pas
entrepris ces opérations. Le secrétariat a expliqué que de nombreux facteurs entraient
en jeu, tels que les ressources à la disposition du pays, l'ordre de priorité par
rapport à d'autres activités statistiques, etc. Le secrétariat espérait que la
situation relative à la participation des pays à ces opérations s'améliorerait au
cours des deux prochaines années.
19. Des explications ont été données quant à la situation particulière du Rwanda,
surtout en ce qui concernait le centre de formation de Kigali, sur lequel le pays comptait
pour former le personnel chargé de faire fonctionner le système statistique.
20. Le représentant de l'Office statistique des Communautés européennes (EUROSTAT) a
indiqué les modalités prévues pour les demandes d'aide financière à l'Union
européenne. Le représentant de l'organization internationale du Travail a donné des
précisions concernant les relations entre son organization et l'Equipe multidisciplinaire
pour l'Afrique de l'est (EMAE) en vue de la participation de l'EMAE à l'opération
Evaluation des besoins et élaboration de stratégies prévue en Ouganda.
Mise en place de l'Autoroute de l'information en Afrique (point 5 de
l'ordre du jour)
21. Le secrétariat a ensuite, au titre du point 4 de l'ordre du jour, présenté le
document E/ECA/PSPI.9/4 intitulé "Mise en place de l'autoroute de l'information en
Afrique". Conformément à la résolution 795 (XXX) de la CEA portant le même
intitulé que ce point de l'ordre du jour, le document a présenté une proposition pour
une "Initiative africaine pour l'information et la communication" qui constitue
un plan d'action destiné à accélérer le développement socio- économique de l'Afrique
par l'utilisation de la technologie de l'information dans l'ensemble des secteurs sociaux
et économiques. Ce plan avait été élaboré par un groupe de travail de haut niveau
d'experts africains sur les technologies de l'information et des communications, nommé
par le Secrétaire exécutif. La présente Conférence devait examiner ce plan avant sa
présentation à la trente et unième session de la Commission devant se tenir à
Addis-Abeba en avril/mai 1996.
22. Lors du débat sur ce point de l'ordre du jour, les participants ont demandé des
informations sur les possibilités d'assistance technique que pourrait fournir la CEA dans
les domaines de l'exploitation de l'information pour le développement. La nouvelle
structure du programme de la CEA, devant prendre effet en juillet 1996, a été
présentée. Elle permettra d'ériger le thème de la présente Conférence en un domaine
d'intérêt stratégique. En outre, la CEA coprésidait l'Equipe spéciale chargée de
cette question dans le cadre de l'Initiative spéciale à l'échelle du système des
Nations Unies pour l'Afrique lancée au cours de la Conférence. Les participants ont
insisté pour que l'Afrique participe au projet d'Autoroute de l'information en tant que
producteur et consommateur d'informations. Il a également été souligné que la
production de logiciels constituait une industrie à laquelle les pays africains pouvaient
participer. L'accent a également été mis sur la nécessité de sensibiliser les
responsables politiques à l'importance de ce nouveau phénomène socio-économique de
portée mondiale de manière à créer l'environnement favorable afin que les pays
africains y jouent pleinement leur rôle. Certains représentants ont exprimé leur
inquiétude quant aux aspects négatifs éventuels de l'infrastructure de l'information
mondiale. Si les mécanismes permettant de faire face à ces inconvénients étaient
identifiés, il convenait cependant de ne pas se détourner de cette technologie en raison
des petits inconvénients qu'elle impliquait. L'Afrique n'avait d'ailleurs d'autre choix
que d'entrer dans l'ère de l'information mondiale.
Rapport intérimaire sur la mise en oeuvre de la Déclaration de Dakar/Ngor et du
Programme d'action issu de la CIPD du Caire de 1994 (point 6 de l'ordre du jour)
23 Présentant le document E/ECA/PSPI.9/5 intitulé "Rapport intérimaire sur la
mise en oeuvre de la Déclaration de Dakar/Ngor et du Programme d'action issu de la CIPD
du Caire de 1994", le secrétariat a expliqué que les examens périodiques de
l'application des diverses déclarations sur la population et la planification du
développement avaient pour objet d'appeler l'attention des décideurs et de ceux qui
étaient responsables de la mise en oeuvre des programmes en la matière, sur l'état
d'avancement, les tendances, les résultats, les stratégies et les faiblesses desdits
programmes en cours d'exécution pour qu'ils y consacrent davantage de ressources et
d'efforts.
24. Peu de temps s'était écoulé depuis l'adoption de ces deux cadres de
développement, toutefois la Conférence a, entre autres, constaté que les Etats membres,
connaissant des taux élevés de fécondité et ayant adopté une attitude plus favorable
et plus engagée à l'égard des questions de population, s'efforçaient de mettre en
oeuvre les recommandations de ces deux instruments. Ce faisant, ils se sont toutefois
heurtés à la crise socio- économique, à la diminution des ressources budgétaires
résultant des programmes d'ajustement structurel ainsi qu'aux attitudes et aux pratiques
socioculturelles dominantes.
25. La Conférence a ensuite été informée qu'un atelier d'experts/ONG organisé en
l995 par le secrétariat commun CEA/OUA/BAD, en liaison avec le FNUAP, avait mis au point
un mécanisme et formulé des directives pour aider les Etats membres à suivre et à
évaluer la mise en oeuvre de leurs programmes nationaux établis sur la base des
recommandations de ces deux cadres de développement.
26. Lors du débat qui a suivi, certains représentants i) ont rendu compte de l'action
de leurs gouvernements respectifs en vue d'appliquer les recommandations de ces deux
cadres de développement; ii) ont reproché au secrétariat de ne pas avoir entrepris des
études d'impact; et iii) ont déploré qu'il n'ait pas tenu compte de la nouvelle
transition démographique dans certains pays ainsi que des difficultés posées par la
pauvreté généralisée et les taux elevés de mortalité. Après avoir pris note des
efforts déployés par les Etats membres ainsi que de la référence faite à la
Commission africaine de la population servie par le secrétariat commun CEA/OUA/BAD, le
secrétariat a fait savoir que les études d'impact étaient une possibilité à long
terme. Le secrétariat a ajouté que les transitions démographiques étaient des
phénomènes historiques et
que des interventions telles que la DND et le PA.CIPD ne faisaient qu'accélérer le
ralentissement de la croissance démographique.
27. La Conférence a ensuite instamment prié les Etats membres de créer des centres
de liaison avec le secrétariat (s'ils ne l'avaient pas encore fait) et de bien vouloir
utiliser les directives susmentionnées dans le suivi de leur action nationale en vue
d'appliquer les recommandations figurant dans ces deux cadres de développement.
Application des systèmes de prévision à court terme pour la conception de
politiques et la gestion économique dans différents pays africains (point 7 de
l'ordre du jour)
28. Un fonctionnaire du secrétariat a présenté le document E/ECA/PSPI.9/17 intitulé
"Rapport intérimaire sur l'application des systèmes de prévision à court terme
pour la conception des politiques et la gestion économique dans différents pays
africains". Le secrétariat a fait un compte rendu détaillé des utilisations de la
matrice de comptabilité sociale (MACS) et de son cadre d'analyse au bénéfice des pays
qui souhaitaient mettre en place des systèmes de prévision à court terme basés sur la
MACS, et a énoncé les problèmes rencontrés dans l'application du système dans les
pays.
29. Au cours des discussions qui ont suivi, il a été mentionné que le volume actuel
de données dans certains pays n'était peut-être pas suffisant pour l'établissement de
systèmes très exigeants sur le plan statistique. Il a été proposé que les pays
continuent de travailler avec des modèles simples tels que ceux des institutions
multilatérales jusqu'à ce que la base de données statistiques soit correctement
développée. Il a également été indiqué qu'il était important que les pays
commencent à rechercher les moyens de renforcer leur base de données au lieu d'attendre.
On a trouvé plus opportun que cette réunion plénière organise une rencontre entre les
producteurs et les utilisateurs de données pour examiner cette importante question. Si
satisfaire à ces exigences était un défi pour les producteurs de données, il fallait
reconnaître que beaucoup de données étaient produites sans être utilisées. Le manque
de données ne devrait pas empêcher les pays de construire des modèles économiques qui
aideraient à orienter leur processus de planification, quitte à utiliser des données
produites à l'extérieur, étant donné que la construction de modèles était un
processus continu devant s'améliorer au fil du temps pour donner des résultats
cohérents et fiables. Ce processus devrait être conduit par des experts nationaux qui
acquerraient les connaissances requises pour le mettre au point, l'entretenir et le
maintenir.
30. En guise de réponse, le représentant du secrétariat a indiqué qu'il n'existait
pas de dichotomie à continuer d'utiliser les modèles simples tout en mettant au point
d'autres modèles adaptés aux impératifs de la planification. A cet égard, il a
évoqué le modèle de référence de la CEA relatif aux systèmes de prévision à court
terme basés sur la matrice de comptabilité sociale qui intégrait la totalité du
système économique englobant les questions sociales, comme outil plus utile pour la
planification que les modèles dont l'objectif était limité. Il a été spécifiquement
indiqué que de tels modèles aidaient à réaliser une analyse et une évaluation
annuelles des plans à court et à moyen terme et de les ajuster en cas de divergences
entre les objectifs réels et ceux prévus. S'agissant de la disponibilité de données,
en particulier l'accumulation de données non utilisées, le représentant du secrétariat
a précisé que le cadre de la matrice de comptabilité sociale présentait l'avantage
d'organiser les données économiques et sociales de manière à fournir des informations
importantes et utiles pour la planification socio- économique en vue de la prise de
décisions.
COMITE DE LA POPULATION
Election du bureau (point 8 de l'ordre du jour)
31. Le Comité de la population a élu M. Martin Balepa (Cameroun) Président, M.
Ibrahim A. K. Magdy (Egypte) Premier Vice-Président, M. Diouf Papa Demba (Sénégal)
Second Vice-Président et M. Bruce Andrew Hibbert (Afrique du Sud) Rapporteur.
Etude de la planification familiale dans le contexte des valeurs
socio-économiques et culturelles des pays membres de la CEA (point 9 de l'ordre
du jour)
32. Le document à examiner au titre de ce point de l'ordre du jour était intitulé
"La planification familiale telle que perçue dans le contexte des valeurs socio-
économiques et culturelles dans les Etats membres de la CEA" (E/ECA/PSPI.9/7). On y
analysait divers facteurs qui avaient contribué à la résistance généralisée à la
planification familiale moderne dans les années 60 et 70, puis l'évolution des
conceptions survenue par la suite. Il traitait ensuite de certains obstacles à
l'application des programmes de planification familiale et des modalités permettant de
les surmonter.
33. Le secrétariat a souligné qu'en matière de planification familiale, les
attitudes pronatalistes étaient dictées par des valeurs socio- économiques, culturelles
et religieuses. Ces valeurs encourageaient les mariages précoces ainsi que les
maternités précoces et devant durer jusqu'à la fin de la période où une femme pouvait
concevoir. Avec la modernisation, les méthodes traditionnelles d'espacement des
naissances étaient moins suivies, d'où des niveaux élevés de fécondité avec des
conséquences négatives sur la santé des femmes et des enfants, faute d'une adoption
généralisée des méthodes modernes de planification familiale.
34. Par suite des pressions socio-économiques et d'une meilleure compréhension des
liens d'interdépendance entre la population et le développement, la façon dont les
gouvernements percevaient les familles nombreuses avait commencé à changer au milieu des
années 80 et dans les années 90. Malheureusement, ces changements de conception
n'étaient pas parvenus jusqu'aux masses rurales, ce qui constituait un obstacle à
l'application de programmes de planification familiale. Les autres obstacles étaient
notamment le fait que des politiques n'étaient pas traduites en programmes d'action
réalisables, la faiblesse de l'infrastructure de l'administration et de la gestion ainsi
que des institutions et l'insuffisance des ressources financières et matérielles mises
au service des programmes.
35. Les recommandations proposées par le secrétariat concernant les programmes de
planification familiale mettaient l'accent sur les aspects suivants: a) renforcement des
activités d'information, d'éducation et de communication (IEC) pour transmettre des
conceptions favorables à la planification familiale, surtout au niveau des masses; b)
concrétisation des politiques de population et de planification familiale sous forme de
programmes d'action réalisables dans le cadre de la Déclaration de Dakar/Ngor et du
Programme d'action issu de la Conférence internationale sur la population et le
développement (CIPD) du Caire; c) amélioration de l'infrastructure administrative, de
l'infrastructure de la gestion et des institutions au service des programmes: d)
augmentation des ressources financières et matérielles réservées aux programmes et
utilisation judicieuse de ces ressources; e) amélioration de l'éducation des jeunes
filles et des femmes et de leur condition; f) responsabilisation des femmes et des hommes
dans les programmes de planification familiale; g) mise à contribution des
collectivités, du secteur privé et des organizations non gouvernementales (ONG) dans
divers aspects de la planification, de l'élaboration, de l'application et de
l'évaluation des programmes; h) intégration des programmes de population et de
planification familiale dans les activités socio- économiques de divers ministères, du
secteur privé et des ONG; i) amélioration de la qualité des services et facilitation de
leur accès pour tous ceux qui en ont besoin, notamment pour les adolescents; j) suivi et
évaluation des programmes pour en améliorer la mise en oeuvre.
36. Au cours du débat qui a suivi, le Comité s'est déclaré satisfait du document
présenté et sensible à son importance. Il a insisté sur la nécessité d'inscrire la
mise en oeuvre des programmes de planification familiale dans le cadre général d'une
amélioration des conditions socio-économiques de la population. En conséquence, il
était indispensable de fournir le soutien matériel, les services et les moyens
nécessaires à la production, surtout dans les zones rurales.
37. Le Comité a fait une observation, entre autres, selon laquelle les données
présentées dans les tableaux du document examiné auraient dû porter sur les indices
synthétiques de fécondité et qu'il aurait fallu fournir des données détaillées sur
l'utilisation de contraceptifs. Toutefois, on pouvait trouver dans le document intitulé
"Statistical Compendium on Contraceptive Use in ECA member States" des données
détaillées sur le taux d'utilisation des contraceptifs, qui ont été fournies par la
suite aux participants. Une autre remarque a été faite, à savoir qu'il ne fallait pas
perdre de vue les conséquences du vieillissement, bien que cette question ne constitue
pas actuellement une préoccupation immédiate pour la plupart des pays.
38. Le Comité a fait observer que la faiblesse de l'information, de l'éducation et de
la communication et les problèmes de la concrétisation des engagements pris par les
gouvernements sous forme d'actions pratiques comptaient parmi les freins aux programmes de
planification familiale. Il s'est déclaré préoccupé devant la réduction du nombre de
donateurs de ressources pour la formation et la recherche, domaines d'une importance
extrême pour les programmes de planification familiale. Le personnel chargé de la
prestation de services de santé et de planification familiale avait besoin d'une
formation adéquate. Il fallait relever les salaires de cette catégorie de personnel là
où ils étaient inférieurs à ceux d'autres catégories et prévoir des mesures
d'encouragement. Il faudrait considérer par exemple le personnel chargé des services de
distribution au niveau des collectivités.
39. Certains participants ont donné un aperçu des activités dans lesquelles leurs
pays étaient engagés. En Ouganda, des projets pilotes étaient mis en oeuvre avec le
concours de l'Eglise catholique, préconisant l'utilisation de la planification familiale
naturelle comme l'une des méthodes de contraception. Ces programmes visaient à donner
une option pour les cas où d'autres méthodes de contraception n'étaient pas acceptables
sur le plan social. Au Nigéria, une conférence réunissant des responsables du
gouvernement, du secteur privé et des ONG avait été organisée en janvier 1995
concernant les résultats du Programme d'action de la CIPD. Le gouvernement élaborait
actuellement un schéma directif de la mise en oeuvre des recommandations du Programme
d'action de la CIPD, du Sommet mondial pour le développement social et de la Conférence
de Beijing sur les femmes.
40. Le Comité a fait ressortir l'importance de la réduction de la mortalité
infantile, juvénile et maternelle en tant que partie intégrante des objectifs des
programmes de planification familiale. Ainsi, il a recommandé que les centres de santé
soient accessibles à la majorité de la population. Il a également souligné qu'il
fallait considérer les programmes de planification familiale dans le contexte de la
santé en matière de procréation telle que reflétée dans la Déclaration de Dakar/Ngor
et le Programme d'action de la CIPD. Il a demandé qu'il soit tenu compte des aspects à
la fois qualitatifs et quantitatifs des programmes de planification familiale.
41. S'agissant des études futures sur la population et la planification familiale, le
Comité a recommandé d'élaborer des études de cas mettant en relief la façon dont ces
questions avaient été traduites en programmes effectifs. De plus, des études devaient
être élaborées dans le contexte de la démocratisation de façon à révéler la façon
dont ce processus tenait compte de la diversité régionale en matière de problèmes
démographiques.
42. Le Comité a souligné la nécessité d'amener les autorités religieuses à
appuyer les programmes de planification familiale et les organizations non
gouvernementales à contribuer à la mise en oeuvre de ces programmes ainsi que de ceux
concernant le développement socio-économique général et les activités génératrices
de revenus. L'Indonésie a été citée comme exemple de pays où la religion et
l'amélioration des conditions socio-économiques avaient contribué à une exécution
probante des programmes de planification familiale. Le Comité a encouragé l'organization
de voyages d'études dans les pays ayant exécuté ces programmes avec succès pour que
les pays africains puissent en tirer avantage.
43. Le Comité a pris note des recommandations figurant dans le document.
Evaluation des problèmes et politiques liés à l'environnement urbain dans les
pays membres de la CEA (point 10 de l'ordre du jour)
44. En introduisant ce point de l'ordre du jour, le représentant du secrétariat s'est
référé au document de base intitulé : "Evaluation des problèmes et politiques
associés à l'environnement urbain dans les pays membres de la CEA" (document
E/ECA/PSPI.9/6). Il a souligné que l'urbanisation croissante dans les pays africains
avait eu des conséquences profondes sur l'économie de ces pays et sur la vie des
citadins. Il a fait observer que les problèmes liés à l'environnement au niveau des
ménages, au lieu de travail et dans le quartier concernaient la pollution, l'insuffisance
de l'accès à l'eau potable ainsi que des services d'hygiène et de l'évacuation des
déchets solides et liquides, et celle des services de santé, d'éducation et des
services sociaux et le coût prohibitif de ces derniers. Les politiques discutées par le
secrétariat portaient sur les institutions, la gestion et la démographie.
45. Au cours du débat sur le point, un participant a attiré l'attention sur le rôle
que les organizations non gouvernementales (ONG) avaient joué et continuaient de jouer
pour faire face à divers problèmes de dégradation de l'environnement. Des approches
novatrices de la résolution de ces problèmes dans d'autres régions en développement
ont été également citées.
46. Des arguments ont été avancés pour sensibiliser la population, en général, et
les étudiants, en particulier, à l'importance des problèmes liés à la dégradation de
l'environnement. Il était, à cet égard, important de promouvoir les activités de
recyclage.
47. La pauvreté en milieu urbain ainsi que les faibles performances économiques
enregistrées par les pays africains au cours des dernières années étaient également
des facteurs qui avaient concouru à l'aggravation de la dégradation de l'environnement.
48. Dans le cadre de la recommandation invitant instamment les autorités municipales
africaines à diffuser davantage d'informations sur l'environnement des villes africaines,
il a été proposé que les financements destinés à la recherche - aux niveaux local et
international - soient de plus en plus consacrés à des projets sur la répartition et le
redéploiement des populations et sur la mortalité, en plus des domaines d'intérêt
habituel tels que la fécondité et la planification familiale. Ces modifications
affectant le financement de la recherche contribueraient à mieux appréhender les
problèmes de l'environnement urbain.
49. Il a été noté que même si les niveaux d'urbanisation en Afrique étaient en
régle générale relativement bas, autour de 34% en 1995, les situations étaient
cependant différenciées puisque les sous-régions de l'Afrique australe et de l'Afrique
du Nord se situaient respectivement autour de 47 et 45%. De plus, il a été souligné
qu'en dépit de la faiblesse des niveaux d'urbanisation par rapport à ceux enregistrés
dans les pays développés, les zones urbaines revêtaient une importance réelle en tant
que foyers de développement durable puisque de plus en plus elles abritaient la majorité
des populations des pays africains et la plus grande part des activités économiques. Par
ailleurs la croissance urbaine rapide observée en Afrique posait plus de problèmes en
matière d'environnement que le niveau d'urbanisation.
50. Il a également été souligné qu'il ne fallait pas considérer le rôle des
migrations dans le développement urbain et l'environnement sous le seul aspect de ses
effets négatifs puisque les migrants jouaient également un rôle positif. A cet égard,
l'importance de la contribution des migrations d'une ville vers une autre ville, ainsi que
des migrations du milieu rural vers le milieu urbain pour la croissance dans certaines
villes africaines a été mise en relief.
51. Les stratégies visant à améliorer la gestion des villes en Afrique, la formation
et la rémunération des employés municipaux ainsi que la sensibilisation des étudiants
aux avantages et inconvénients de l'urbanisation, ont été soulignées.
52. Il a également été fait mention des autres stratégies novatrices mises en
oeuvre pour faire face aux problèmes liés à l'environnement urbain dans différents
pays, par exemple, le choix de pôles de croissance, la mise en oeuvre de la théorie des
pôles centraux, le recyclage et la valorisation des déchets.
53. Le secrétariat a précisé que lors d'une prochaine révision du document, il y
intégrerait les stratégies novatrices, une relation des succès enregistrés dans la
gestion de l'environnement ainsi que d'autres questions soulevées lors du débat.
Activités en matière de population en l994-l995 et examen du programme de
travail pour l996-l997 ainsi que du projet de programme de travail pour l998-l999
(point 9 de l'ordre du jour)
54. En présentant ce point de l'ordre du jour, le représentant du secrétariat a fait
référence au document d'information intitulé "Activités en matière de population
en l994-l995, examen du programme de travail approuvé pour l996-l997 ainsi que du projet
de programme de travail pour l998-l999" publié sous la cote E/ECA/PSPI.9/8. Il a
brièvement rendu compte des activités de la CEA en matière de population - résultats
obtenus, difficultés rencontrées et perspectives -. Il a annoncé la réunion prévue
entre le Comité de suivi de la Déclaration de Dakar/Ngor et la Commission africaine de
la population. Il a ensuite expliqué que les changements en cours dans la structure de la
CEA visaient à tenir compte de l'importance de la question de la population et en
particulier de l'impact considérable de la croissance démographique sur l'environnement,
la sécurité alimentaire et les établissements humains.
55. Au cours du débat qui a suivi, les participants se sont déclarés profondément
satisfaits des résultats remarquables de la Division de la population. Le FNUAP etes
participants ont a demandé s'il était prévu, dans le contexte de la restructuration de
la CEA, de créer, comme par le passé, un service séparé chargé des questions de
population afin d'en souligner l'importance et/ou d'en confier la responsabilité à
plusieurs services.
56. Dans sa réponse, le représentant du secrétariat a décrit les changements en
cours qui permettraient un regroupement substantiel des activités dans le cadre de cinq
sous-programmes. Les travaux de la présente Division de la population s'inscriraient dans
le contexte du sous- programme intitulé "Renforcement de la sécurité alimentaire
et du développement durable". Ce sous-programme devrait permettre d'améliorer les
politiques des pays africains dans les domaines de la productivité agricole, de la
population et de la gestion de l'environnement. Le représentant a précisé que le
Secrétaire exécutif avait engagé d'importantes consultations au sujet des orientations
stratégiques de la CEA, consultations qui devaient se poursuivre sous peu avec les
partenaires et les donateurs, avant qu'un projet ne soit présenté à la prochaine
session de la Conférence des ministres de la CEA. Ensuite, à partir du mois de juillet
l996, une nouvelle structure composée de nouveaux services organiques serait finalement
mise en place.
57. Pour conclure la séance, le Président a félicité la CEA pour toutes les
initiatives qu'elle avait prises dans le domaine de la population, avant et après la
conférence du Caire et pour l'excellence de ses travaux. Le Comité a recommandé que la
formulation du programme de travail pour l998-l999 intervienne après l'adoption des
changements structurels à la CEA.
RIPS
58. Le document E/ECA/PSPI.9/3 présenté par le Regional Institute for Population
Studies (RIPS) rendait brièvement compte de l'historique de cet institut, de sa
contribution au processus de renforcement des capacités humaines en Afrique et de ses
plans futurs.
59. Depuis sa création, le RIPS intervenait dans le cadre universitaire en ce qui
concerne les cours d'enseignement supérieur, le contenu et le niveau des programmes, le
niveau des examens et d'autres questions liées à l'attribution de diplômes.
60. Le rapport présentait les activités principales du RIPS qui comprenaient la
formation classique des spécialistes et de formations de courte durée, la recherche et
les services consultatifs. Il a été signalé que le RIPS avait remplacé son programme
d'enseignement supérieur de 12 mois en matière d'études démographiques par une
maîtrise de 12 mois pour l'année universitaire 1985/86. Depuis cette année
universitaire l'Institut avait également entrepris une formation de niveau M. Phil et Ph.
D. D'octobre 1985 à septembre 1993, 300 étudiants s'étaient inscrits en MA. (maîtrise)
et 272, soit 91%, avaient obtenu le diplôme. Des 40 étudiants admis en M. Phil, 32
avaient terminé l'année avec succès. Grâce au RIPS, 5 étudiants avaient obtenu leur
Ph.D tandis que deux autres espéraient en faire autant en 1997.
61. La recherche avait toujours joué un rôle important dans les activités de
formation du RIPS, tant pour le personnel que pour les étudiants. Ceux-ci devaient
satisfaire à toutes les conditions du MA et en particulier soumettre un mémoire de 20
000 mots, tandis que le personnel effectuait des recherches correspondant à ses propres
domaines d'intérêt et à ses propres compétences.
62. En raison de l'importance du financement, il était enjoint aux Etats membres de
verser leurs 15 000 dollars de contribution annuelle pour la bonne marche du RIPS. Il a
été constaté que depuis sa création, le RIPS avait bénéficié d'une importante
assistance financière de la part du FNUAP, mais jusqu'ici, les Etats membres s'étaient
montrés très décevants dans le respect de leurs obligations financières, à
l'exception du Ghana et du Nigéria qui avaient régulièrement versé leurs
contributions, de la Zambie, de l'Ouganda et de l'Afrique du Sud qui l'avaient fait
récemment.
63. L'exposé a fait également ressortir certains principes directeurs concernant les
futures activités du RIPS, dont :
a) La formation de statisticiens, démographes et spécialistes de la population et du
développement en vue d'adapter leurs compétence professionnelle à l'évolution des
besoins des Etats membres, la formation au niveau du M.A. des candidats des nouveaux
membres comme l'Erythrée, la Namibie et l'Afrique du Sud;
b) La poursuite de la collaboration entre le RIPS et les programmes nationaux de
formation.
64. Trois recommandations spécifiques de la seizième réunion du Conseil
d'administration, tenue les 22 et 23 août 1995, d'un intérêt direct pour les Etats
membres ont été signalées, à savoir:
a) Encourager les Etats membres à verser leurs contributions régulièrement;
b) Faire payer la totalité des frais de scolarité aux étudiants des Etats membres
défaillants, au moment des inscriptions;
c) Inviter les instituts de formation nationaux à prévoir un poste budgétaire pour
le
RIPS et à lui transférer les fonds.
65. Le programme de travail du RIPS pour la période 1996-1999 comprendrait une
formation au niveau du M.A., du M. Phil et du Ph.D, même si la plupart des bourses
seraient consacrées à la formation au niveau du M.A. Les activités de recherche
seraient renforcées et au moins deux enquêtes de grande envergure seraient menées sur
le "Rôle de la femme en matière de fécondité, de survie de l'enfant et de prise
de décision concernant les questions de santé au Ghana" et sur le "logement
urbain et les conditions de vie dans Accra et sa banlieue". Il était aussi prévu
que le RIPS continue à fournir des services consultatifs aux Etats membres qui le
demanderaient.
66. Le débat qui a suivi l'exposé a porté principalement sur deux questions, à
savoir, le maintien du RIPS et la collaboration entre les instituts/centres régionaux.
Etant donné les ressources financières décroissantes du FNUAP, il a été recommandé
au RIPS de trouver une stratégie de maintien qui devrait comprendre la rétribution des
services consultatifs en matière de population.
67. Afin d'obtenir des revenus supplémentaires, le RIPS devrait mettre sur pied des
programmes de formation de courte durée, facilement commercialisables, par exemple un
stage sur la gestion de l'information sur la population.
68. Afin de diversifier ses sources de financement, il a été recommandé au RIPS
d'étudier la possibilité d'approcher d'autres organizations ou donateurs comme la
Fondation Rockfeller, le Conseil de la population, la Fondation Ford et l'USAID. Le RIPS
devrait également solliciter le concours financier de l'OUA par le biais de la Commission
africaine de la population.
69. Pour ce qui est de la collaboration, il a été recommandé au RIPS de trouver des
modalités de coopération en matière de recherche, d'enseignement et d'échanges des
résultats des travaux de recherche.
IFORD
70. Le Directeur de l'IFORD a rendu compte des activités de l'Institut dont la
restructuration, a-t-il précisé, avait pris fin en octobre l994.
71. A la suite des changements déjà intervenus dans le domaine de la formation et
pour tenir compte de la Déclaration de Dakar/Ngor et du Programme d'Action du Caire,
l'IFORD avait élaboré un nouveau programme qui était entré en vigueur en octobre l995.
Ce programme était sanctionné par les diplômes suivants : maîtrise, diplôme d'études
spécialisées, diplôme d'études supérieures approfondies et doctorat. Un nombre
croissant de bourses étaient financées par le biais des programmes nationaux en matière
de population. Les deux dernières promotions comptaient respectivement 23 et 29
étudiants en provenance de l5 et ll pays.
72. Les travaux de recherche s'inscrivaient dans un cycle de programme quinquennal. Le
programme l990-l994, en dépit de quelques difficultés, arrivait à terme. Le nouveau
programme serait soumis à l'approbation de la prochaine session du Conseil
d'administration. Au nombre des activités entreprises, le Directeur a mentionné le
Programme de petites subventions pour la recherche sur les aspects socio- économiques et
culturels des maladies tropicales ainsi que la récente organization à Yaoundé d'un
séminaire international sur le thème : Femmes et gestion des ressources.
73. L'IFORD avait continué de fournir des services consultatifs dont les pays
ci-après avaient bénéficié: Cameroun, Comores, Guinée, Guinée équatoriale,
Madagascar et Tchad. En outre, l'IFORD était resté l'agent d'exécution responsable de
certaines études en matière de population du FNUAP, de l'UNICEF, de l'Agency for
International Development des Etats-Unis (USAID), etc. L'Institut avait poursuivi aussi
ses activités de publication.
74. Le Directeur a souligné que la gestion de l'Institut était rendu
particulièrement difficile par l'insuffisance et l'irrégularité des versements de
contributions par les Etats membres. Seuls la Côte d'Ivoire, Madagascar et le Sénégal
avaient versé leurs contributions depuis la dernière session de la Conférence.
75. Le Comité a félicité le Directeur de l'IFORD pour son rapport et pour la
qualité des services rendus. Il l'a encouragé à continuer dans cette voie. On a en
particulier examiné la question des services consultatifs et demandé des précisions à
ce sujet. Le Directeur a été invité à intensifier les efforts pour la diffusion des
résultats des travaux de recherche auprès des Etats membres.
76. Le secrétariat, au nom du Président du Conseil, a rendu hommage à M. Patrick O.
Ohadike et à M. Daniel M. Sala-Diakanda, directeurs sortants du RIPS et de l'IFORD
respectivement, pour leur gestion et pour le rayonnement scientifique de ces deux
Instituts. Il a lancé un appel aux Etats Membres pour qu'ils appuient avec une meilleure
volonté l'IFORD et le RIPS, qui étaient des centres d'excellence dont l'Afrique
s'enorgueillissait, en versant régulièrement leurs contributions financières. Le
secrétariat a enfin signalé que le poste de directeur du RIPS, qui était vacant, avait
été récemment publié.
77. Le Comité a suggéré la liste suivante de sujets à considérer lors de la
prochaine session de la Conférence et/ou à prendre en considération dans le programme
1998/99 en fonction des ressources disponibles. Le Comité a également mandaté le
secrétariat pour préparer le programme de travail conformément aux changements
envisagés au secrétariat:
1. Population et sécurité alimentaire en Afrique;
2. Santé de la reproduction des adolescentes en Afrique;
3. Relations réciproques entre population et développement: questions émergentes et
implications politiques;
4. Transition démographique en Afrique: une évaluation;
5. Population, environnement et développement durable: tendances et problèmes;
6. Genre et développement durable - contraintes et perspectives;
7. Dimensions démographiques et socioculturelles de la santé de la reproduction en
Afrique;
8. Mise en oeuvre de la DDN et du PA-CIPD pour un développement durable - défis à
relever;
9. Rapport d'activité de la Commission africaine de la population (Secrétariat
conjoint);
10. Mortalité infantile et maternelle;
11. Défis socio-économiques des MST et du VIH/sida en Afrique.
COMITE DE LA PLANIFICATION
Election du bureau et adoption de l'ordre du jour (point 12 de l'ordre du
jour)
78. M. Ouaqouaq Abdelilah (Maroc) a été élu Président du Comité de la
planification, M. Dioussy Santos (Sénégal) Vice-Président et M. George M.K. Beekunda
(Ouganda) Rapporteur.
79. Le Comité de la planification a suivi l'ordre du jour (points 13 à 16) tel
qu'adopté à la séance plénière de la neuvième session de la Conférence des
planificateurs, statisticiens et spécialistes de la population et de l'information
africains.
Planification stratégique et gestion macroécomique (point 13 de l'ordre
du jour)
80. Le Comité de la planification a examiné le document E/ECA/PSPI.9/18 portant sur
le thème " Planification stratégique et gestion macroénomique". Il a pris
note de l'état actuel de la planification en Afrique et des conditions de mise en oeuvre
d'une planification stratégique en Afrique exposés dans le document.
81. Les programmes d'investissement public qui avaient remplacé les plans nationaux de
développement dans la plupart des pays comportaient de nombreuses faiblesses dont les
plus importantes étaient le manque de vision à long terme et la difficulté d' assurer
la cohérence des investissements programmés. De plus, des mécanismes efficaces
d'harmonisation faisaient très souvent défaut et des critères rationnels formels de
sélection des projets n'étaient toujours pas appliqués. Par ailleurs, la relève des
financements extérieurs n'était pas bien assurée si bien que de nombreuses
immobilisations couraient le risque de manque d'entretien.
82. Des progrès notables avaient été réalisés en matière de modélisation.
Toutefois, le modèle le plus opérationnel actuellement était un modèle standard où le
nombre des relations économétriques était volontairement réduit au minimum exigible.
L'outil statistique accusait un retard considérable sur les prévisions, ce qui mettait
en cause la crédibilité et la fiabilité de celles-ci.
83. En Afrique, les expériences nationales de planification stratégique étaient
récentes. Elles visaient la réalisation d'études nationales de prospective à long
terme et l'instauration d'un processus continu de réflexion et de gestion du
développement pour faire de la planification un instrument d'éclairage et de cohérence
des choix politiques. La mise en oeuvre de cette approche devrait permettre la
réalisation d'objectifs à long terme pouvant servir de cadre à la gestion à court
terme et à la planification à moyen terme.
84. Au cours du débat qui a suivi, le Comité a reconnu la pertinence et la qualité
de l'étude. Plusieurs représentants ont présenté les experiences en cours dans leurs
pays où il faudrait tenir compte des programmes d'ajustement structurel. Ces expériences
dont certaines dataient de 1987 rejoignaient l'approche proposée. Toutefois, la mise en
oeuvre de la planification stratégique soulevait encore de nombreux problèmes.
85. De façon générale, il y avait, entre autres, les contraintes extérieures
notamment celles liées aux programmes d'ajustement structurel, aux fluctuations des prix
mondiaux dont dépendaient les recettes d'exportation des Etats, les mutations
accélérées de l'économie mondiale et les enjeux de l'intégration sou-régionale et
régionale. Il y avait également les contraintes naturelles, notamment les aléas
climatiques et des contraintes internes dont le problème de la prise en compte des prix,
l'importance des dépenses de fonctionnement dans les budgets en conflit permanent avec
les priorités du moyen terme, la conséquence en étant l'insuffisance de ressources
locales disponibles pour le financement des investissements du plan.
86. Il a été également relevé que le coût des études prospectives était
extrêmement élevé pour des pays pauvres. Les données statistiques actuellement
disponibles comportaient de nombreuses lacunes, les moyens matériels et humains adéquats
faisaient défaut aux services statitiques et de planification qui, de surcroît,
n'étaient pas suffisamment motivés et ne jouissaient pas toujours de la confiance
nécessaire. Au niveau de ces services, les changements de personnel étaient fréquents.
En outre, le manque de volonté politique faisait que les prévisions budgétaires et de
la planification n'étaient pas toujours respectées. Toutes ces questions entravaient la
mise en oeuvre de la planification stratégique en Afrique.
87. En réponse aux questions soulevées, il a été souligné que la planification
stratégique dans ses différentes étapes notamment l'étude diagnostique, l'élaboration
des scénarios et des stratégies qui en découlaient, devait aborder les problèmes
fondamentaux de développement avant l'adoption de la vision à long terme qui serait mise
en oeuvre. La stratégie du plan devait en premier lieu viser l'instauration d'un
environnement extérieur propice contre l'engagement d' un remboursement de la dette
étalé sur le long terme. A cet effet, il serait nécessaire de lancer un appel aux
partenaires de développement.
88. Dans la mise en oeuvre du plan stratégique, les prévisions à court terme
devaient être inscrites dans un cadre macroéconomique cohérent et volontariste. Elles
devaient être basées sur une concertation interadministrative renforcée à échéances
régulières visant le respect de la vision à long terme. Les organizations
internationales, notamment la CEA, la BAD, le PNUD, devaient accorder leur assistance pour
l'élaboration des études de propective à long terme, leur traduction en plans à moyen
terme et en programmes à court terme. La coordination aux niveaux sous- régional et
régional de ses études était également nécessaire dans le souci de l'intégration
économique.
89. La mise à jour de l'outil statistique pour l'analyse et la planification était
reconnue comme besoin impératif sur lequel les pays devaient se pencher d'urgence pour le
renouveau et la relance de la planification. Il en était de même pour l' adoption et
l'application des critères rigoureux de sélection des projets pour refléter la vision
à long terme dans les programmes à moyen terme.
Utilisation rationnelle des ressources énergétiques en Afrique (point
14 de l'ordre du jour)
90. Le Comité de la planification a examiné le document intitulé "Problèmes
liés à une mise en valeur durable de l'énergie et à une utilisation rationnelle des
ressources en Afrique" (E/ECA/PSPI.9/20/Add.1) qui traitait des questions liées aux
économies d'énergie, à la mise en valeur et à l'exploitation de celle-ci en Afrique,
notamment celles liées à la production d'énergie ou à l'approvisionnement, à la
demande ou à la consommation d'énergie et au bilan énergétique.
91. Le Comité a noté que les principaux problèmes inhérents aux politiques
orientées vers l'offre qui existaient en Afrique pendant les deux ou trois dernières
décennies et la baisse d'exploitation et d'utilisation de l'énergie qu'ils avaient
entraînées alors qu'il existait un potentiel considérable de ressources diverses.
Malgré l'existence de ressources énergétiques abondantes, l'offre énergétique était
dominée par l'énergie traditionnelle de la biomasse et le pétrole, avec des
conséquences défavorables pour l'environnement de la région et l'éventualité d'un
changement climatique. Le paradoxe que constituait l'abondance des ressources
énergétiques et la faiblesse du niveau de consommation énergétique était
généralement attribué à l'absence de capitaux d'investissement, à la mauvaise gestion
du secteur de l'énergie et à l'absence de personnel qualifié et compétent pour la
formulation et la mise en oeuvre de programmes énergétiques au niveau national.
92. Le Comité a en outre noté certains des problèmes graves liés aux réformes en
cours dans le secteur de l'énergie, du fait de l'application de politiques et de
stratégies axées sur la demande. Les pays africains, dans l'ensemble, se félicitaient
des changements structurels ainsi intervenus, toutefois, l'application systématique de
telles réformes pouvait prendre du temps, en ce qui concerne en particulier
l'approvisionnement énergétique rural en tant que raison essentielle des réformes.
Etant donné la nature cruciale des problèmes énergétiques ruraux en Afrique et de la
réduction du financement public pour l'investissement dans le secteur de l'énergie, les
modalités d'exécution telles que la mise en place de systèmes d'approvisionnement
énergétique décentralisés et de capacités à une échelle plus petite, ainsi que
l'application plus énergique des technologies liées à l'énergie renouvelable, ont
été mises en relief.
93. Il a été fait observer que la question délicate de la privatisation et de la
déréglementation du secteur de l'énergie avait été examinée de façon sommaire au
niveau de l'Afrique et qu'il était nécessaire de procéder à une privatisation et une
déreglementation graduelles des secteurs de l'énergie dans un premier temps, jusqu'à ce
que les moyens des gouvernements en matière de gestion soient suffisamment développés
pour achever le processus de privatisation. La commercialisation ou la privatisation
partielle des entreprises publiques, dans les cas où une privatisation totale serait
impossible, devraient être encouragées.
94. Avant d'examiner le point 20, le Comité s'était demandé si ce débat devrait
porter sur le document principal, auquel cas la version française devrait être
disponible, ou alors sur le résumé. Le représentant du secrétariat a souligné qu'un
résumé était disponible en anglais et en français pour examen et que l'exposé du
secrétariat était basé sur ce résumé. Le document principal qui n'était disponible
qu'en anglais servait de document d'information. Il devrait être traduit en français et
distribué à l'ensemble des pays francophones.
95. Au cours du débat qui a suivi, les participants ont échangé des vues sur leurs
expériences nationales concernant les politiques et stratégies majeures adoptées pour
l'approvisionnement et la consommation énergétiques. Plusieurs pays ont exprimé leur
préoccupation quant au faible niveau de la consommation énergétique et ont souligné la
nécessité de mobiliser et d'utiliser les ressources énergétiques abondantes de
l'Afrique afin de réaliser le développement durable. Certains pays estimaient que la
diversification des sources d'énergie, à savoir utiliser également l'énergie marchande
et d'autres sources d'énergie renouvelables, en plus des sources d'énergie
traditionnelles, favoriserait la mise en valeur de toutes les sources d'énergie, sur la
base de leur viabilité et des besoins spécifiques à satisfaire.
96. Le Comité estimait en outre que la décentralisation du secteur de l'énergie
était le moyen rentable d'améliorer l'accès à l'approvisionnement énergétique dans
les zones rurales, de promouvoir le rendement énergétique et la conservation de
l'énergie et de minimiser les dommages causés à l'environnement et provoqués par
l'exploitation et l'utilisation abusives de l'énergie de la biomasse. Il faudrait pour
cela fixer les prix et fournir des incitations d'ordre fiscal et autres pour encourager
l'exploration et la mise en valeur de ressources énergétiques locales dans les zones
rurales, en particulier les ressources énergétiques solaires et hydro-électriques
abondantes. L'électrification rurale présentait un intérêt particulier en ce sens
qu'elle permettait d'accroître la production agricole, de promouvoir les industries
rurales et d'obtenir des améliorations dans les domaines de la santé, de l'éducation et
de la formation et d'offrir des possibilités d'emploi. L'exploitation énergétique à
petite échelle améliorerait également le rendement au niveau de la production et
permettrait de fixer des prix compétitifs pour les produits énergétiques, en dehors des
monopoles détenus par l'Etat ou les entreprises.
97. Le Comité a examiné de façon exhaustive la question de la privatisation du
secteur de l'énergie et des questions ont été soulevées concernant le type de
privatisation qui convenait le mieux à ce secteur. Les expériences acquises par le
passé dans plusieurs pays africains indiquaient qu'une privatisation totale n'était pas
une tâche aisée, étant donné la pénurie de capital aussi bien humain que financier.
Il a été convenu qu'une privatisation partielle ou graduelle était la solution pour la
majorité des pays africains qui connaissaient une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée
ainsi que des insuffisances au niveau de la gestion d'entreprise.
98. Le Comité a souligné la nécessité d'une plus grande coopération dans le
domaine énergétique aux niveaux bilatéral et multilatéral et a noté avec satisfaction
que plusieurs pays et institutions sous-régionales (telles que la CEDEAO, la CEEAC, le
COMESA et l'UMA) avaient établi des protocoles d'accord pour promouvoir la coopération
dans le secteur de l'énergie. Au niveau régional, le Comité a réaffirmé la
recommandation des ministres africains responsables de la mise en valeur et de
l'utilisation des ressources minérales et de l'énergie et tendant à ce que la
Commission africaine de l'énergie soit, dans un premier temps et provisoirement, créée
en tant qu'organe à structure très souple dont le secrétariat serait assuré
conjointement avec les moyens institutionnels existants de la CEA, de l'OUA et de la BAD
ainsi que des groupements économiques sous-régionaux jusqu'à ce qu'il soit opportun de
la créer effectivement.
Rapport de l'Institut africain de développement économique et de planification
(point 15 de l'ordre du jour)
99. Le représentant de l'Institut africain de développement économique et de
planification (IDEP) a présenté le rapport de son établissement (document
E/ECA/PSPI.9/19). Le rapport couvrait les activités entreprises au cours des deux
dernières années, 1993/94 et 1994/95, de même que les activités prévues dans le cadre
de son plan stratégique à moyen terme (1996-2000). Il comportait également un examen de
certaines décisions d'importance cruciale prises par le Conseil d'administration à ses
trente-sixième et trente-septième réunions, suivi d'un compte rendu de la composition
du Conseil d'administration. Il présentait en détail les activités entreprises dans les
domaines de la formation, de la recherche et des services consultatifs.
100. Les difficultés de l'IDEP en matière de ressources avaient été soulignées
avec force au cours des trente-sixième et trente-septième réunions du Conseil
d'administration, qui avait établi un comité spécial chargé de la mobilisation des
ressources. Celui-ci avait proposé des modalités permettant d'obtenir des ressources
suffisantes pour assurer le fonctionnement de l'Institut et planifier de manière efficace
l'évolution future. Par ailleurs, le Conseil d'administration avait examiné le projet
d'accord de siège.
101. Dans le cadre du projet d'assistance préparatoire (RAF/92/011) financé par le
PNUD, un plan stratégique à moyen terme (1996-2000) avait été mis au point, qui
prévoyait une série de programmes opérationnels, à savoir 6 ateliers de formation de
courte durée en gestion économique, 5 cours de spécialisation sectorielle, 1 programme
de recherche et 1 programme de services consultatifs. Ces programmes avaient été soumis
à une conférence de donateurs de l'IDEP qui s'était tenue à Dakar les 4 et 5 décembre
1995. Certains donateurs de fonds s'étaient déclarés en faveur d'un soutien financier
au budget et à certaines missions précises et d'autres s'étaient engagés à apporter
des contributions en nature.
102. Au cours du débat qui a suivi, les délégations ont fait les observations
suivantes: le nombre des gens réellement inscrits au programme de formation de base
était infime par rapport au nombre des admis. Le plan à moyen terme devrait comporter un
cours spécialisé sur la lutte contre la pauvreté. Les résultats des études de
recherche sur la CEDEAO et l'UEMOA devraient être distribuées aux Etats membres.
S'agissant des principales sources de financement de l'IDEP, compte tenu de la situation
qui prévalait, il a été recommandé de s'employer à augmenter la part des ressources
extrabudgétaires provenant des services consultatifs afin de réduire la part provenant
des contributions des Etats membres à la lumière des realités nationales. Pour ce qui
est de la composition du Conseil d'administration, il a été question de la
représentation de la sous-région combinant l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe et
du déséquilibre résultant du fait qu'il n'y avait que trois postes pour cette
sous-région de 21 Etats membres, par rapport à la sous-région de l'Afrique du Nord par
exemple qui ne comptait que six Etats membres. Les délégations ont demandé que les
statuts de l'IDEP soient modifiés de manière à séparer la sous-région de l'Afrique de
l'Est et celle de l'Afrique australe. D'autres ont également demandé que ces statuts
soient modifiés de façon à prévoir une présidence par roulement des Etats membres,
plutôt qu'une présidence revenant de droit au Secrétaire exécutif.
103. D'autres délégations ont demandé également la révision des statuts de l'IDEP
de façon à instaurer la présidence du Conseil d'administration par roulement entre les
Etats membres plutôt que de continuer à considérer cette présidence comme revenant de
droit au Secrétaire exécutif de la CEA. Ces délégations ont relevé que les raisons
qui prévalaient au moment où les Etats membres confiaient dans les statuts de l'IDEP la
présidence du Conseil au Secrétaire exécutif de la CEA, ont changé de nos jours. Elles
ont soutenu qu'il n'est pas adéquat dans le cadre d'une gestion claire et rationnelle de
continuer de faire assurer la présidence du Conseil d'administration de l'IDEP par une
institution qui est en même temps agence d'exécution des projets et programmes de
l'IDEP, tel est le cas de la CEA dans le fonctionnement et la gestion de l'IDEP. Ces
mêmes délégations ont en outre rappelé qu'une telle décision serait conforme à celle
déja prise l'année dernière par la Conférence des Ministres de la CEA dans le cas de
l'UNAFRI qui est, tout comme l'IDEP, une des institutions parrainées par la CEA. Elles
ont déclaré aussi que cette décision, si elle est adoptée, contribuerait à prendre en
considération la préoccupation des bailleurs de fonds qui ont déjà exprimé leur
malaise vis- à-vis du statut accordé à la CEA par les Etats membres dans la gestion et
le fonctionnement des institutions que celle-ci parraine.
104. En ce qui concerne la présidence par roulement du Conseil d'administration de
l'IDEP entre les Etats membres, le Comité, à défaut d'un consensus à l'issue des
débats, a recommandé que cette question soit soumise à l'examen de la Conférence des
ministres de la CEA à sa prochaine session, en vue d'une décision. Toutefois d'autres
délégations ont demandé que le statut soit maintenu.
105. Le représentant de l'IDEP a informé les délégations que la faiblesse du nombre
des inscriptions s'expliquait par le fait qu'il était demandé aux Etats membres de
trouver des bourses, qui se révélaient insuffisantes, mais que dans le cas des
programmes spécifiques entièrement financés (y compris les bourses), les nombres des
inscrits et des admis étaient les mêmes. Concernant la demande de cours spécialisé sur
la lutte contre la pauvreté, il a été expliqué que ce domaine était indirectement
traité dans les modules relatifs, entre autres, à l'agriculture, aux ressources humaines
et aux besoins et préoccupations des femmes. S'agissant de la diffusion des études de
recherche, les études réalisées sur demande ne pouvaient être diffusées qu'avec
l'autorisation de l'organisme concerné. Quant au fait que les sous-régions de l'Afrique
de l'Est et de l'Afrique australe aient été combinées, ce problème serait résolu si
la CEA adoptait le principe de cinq sous-régions, comme l'avait fait le Traité d'Abuja.
106. Pour ce qui est de pourvoir les postes vacants du Conseil d'administration de
l'IDEP et de remplacer les membres qui se retiraient, les délégations ont fait les
recommandations suivantes, qui devaient être approuvées par la Conférence des
ministres: La nouvelle composition du Conseil d'administration devient effective le 1er
janvier 1997.
107. Pour la sous-région de l'Afrique du Nord, la Tunisie est réélue et le Maroc
remplace le Soudan. Les trois membres du Conseil au titre de la sous-région seront donc
la Libye, le Maroc et la Tunisie.
108. Pour la sous-région de l'Afrique de l'Ouest, les consultations se poursuivent,
puisque des délégations d'autres Etats membres qui ne sont pas présents dans le Comité
de la planification doivent être consultées avant qu'une décision finale puisse être
prise, ce qui serait chose faite lors de la prochaine réunion du Comité technique
préparatoire plénier.
109. Pour la sous-région de l'Afrique centrale, le Rwanda et la République
centrafricaine remplacent le Burundi et le Cameroun, tandis que le Congo est réélu. Les
trois membres du Conseil au titre de la sous-région seront donc le Congo, la République
centrafricaine et le Rwanda.
110. Pour la sous-région de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe, le Malawi
remplace la Namibie. Les trois membres de la sous-région combinant l'Afrique de l'Est et
l'Afrique australe seront donc l'Ethiopie, le Malawi et le Swaziland.
Examen du programme de travail (point 16 de l'ordre du jour)
111. Un représentant du secrétariat a présenté le document E/ECA/PSPI.9/21
intitulé "Rapport sur les activités de planification du développement pour la
période 1994-1995 et examen du programme de travail 1996-1997 et de la stratégie pour la
période 1998-1999". Le représentant a informé les participants que ce document se
subdivisait en trois parties : le chapitre premier passait en revue les activités menées
au cours de la période biennale 1994-1995; le chapitre II examinait le programme de
travail approuvé pour 1996-1997, alors que le chapitre III était une présentation
d'ensemble du projet de programme de travail pour la période 1998-1999 établi sur la
base du plan à moyen terme 1998-2001. Le secrétariat a invité les participants à faire
des propositions et observations pour l'élaboration du programme de travail 1998-1999.
112. Au cours du débat qui s'est ensuivi, les participants ont noté que les Etats
membres auraient dû être saisis à l'avance pour leur contribution à l'élaboration des
grandes lignes du programme de travail de la CEA pour la période 1998-1999. Les
participants ont également souligné que la CEA devait jouer un rôle dirigeant dans
l'aide à fournir aux pays pour leur permettre de trouver des solutions à certains des
problèmes pressants et mis en relief la nécessité pour la Commission de mener des
recherches sur les questions liées à la faiblesse de la participation de l'Afrique au
commerce mondial. Il était important que l'Afrique mette en place des capacités
concurrentielles, en particulier dans le secteur manufacturier de façon à éviter
d'être marginalisée sur les marchés internationaux. L'accent a également été mis sur
l'importance de la planification dans le secteur social, en particulier face à la crise
que connaissaient les secteurs de l'éducation et de l'information. Il a été proposé de
faire des efforts dans le sens de l'élaboration de modalités et stratégies de
développement du secteur social, en particulier sur le plan financier. Les
préoccupations des femmes ont également été mises en relief. Il a été recommandé
d'élaborer une étude reflétant les préoccupations des femmes dans la planification
économique et de ne pas traiter ces préoccupations dans un cadre uniquement social. Il a
également été noté qu'en dépit des efforts accomplis sur le plan macro-économique,
la pauvreté s'accroissait à un rythme inquiétant. Les participants ont estimé
nécessaire d'accorder davantage d'attention à la mise en oeuvre d'actions concrètes de
lutte contre la pauvreté plutôt que de mettre l'accent sur le suivi et l'analyse de la
pauvreté. Le problème de la dette a également reçu l'attention qu'il méritait. La
dette constituait toujours un problème essentiel dans le développement de l'Afrique et
il était nécessaire de mettre en place une série de mesures permettant de traiter le
problème de sa gestion.
113. Dans sa réponse, le représentant du secrétariat s'est félicité des
observations des participants et a souligné que leurs contributions seraient prises en
compte dans l'élaboration du programme de travail pour 1998-1999.
COMITE DE LA STATISTIQUE
Election du bureau (point 17 de l'ordre du jour)
114. Le Comité de la statistique a élu M. Lukhele D.M. (Swaziland) Président, M.
Dera Lassane (Burkina Faso) Premier Vice-Président, M. Gaafar Mostafa M.S. (Egypte)
Second Vice-Président et M. Kaba-Mbouala (Congo) Rapporteur.
115. Le Comité a aussi ajouté à son ordre du jour, comme suite à la proposition du
Nigéria, les points supplémentaires suivants: i) développement et renforcement du
Programme africain concernant la mise en place de dispositifs nationaux d'enquête sur les
ménages (PADEM): financement par les donateurs et les gouvernements pour développer les
enquêtes intégrées auprès des ménages en Afrique, afin de suivre les objectifs
sociaux; ii) renforcement des centres participant au Programme de formation statistique
pour l'Afrique (PFSA) et formation statistique en Afrique en général; et iii) archivage
de l'information statistique aux niveaux régional et national : stratégies et approches.
Mise en oeuvre du Système de comptabilité nationale (SCN) de 1993 dans la
région africaine (point 18 de l'ordre du jour)
116. Pour l'examen de ce point de l'ordre du jour, le Comité était saisi du document
E/ECA/PSPI.9/13 dont l'objet était d'analyser les plans et stratégies nationaux de mise
en oeuvre du nouveau SCN dans la région en mettant en exergue les besoins d'assistance
des pays africains et le rôle que pourraient jouer la CEA et les institutions
internationales dans ce domaine.
117. Au cours du débat qui a suivi, plusieurs membres du Comité ont souligné la
difficulté de rassembler des données de base fiables et d'assurer une bonne gestion des
répertoires nationaux des entreprises et établissements en raison du faible taux de
réponse enregistré lors des enquêtes et du rythme effréné des créations et
disparitions d'unités de production dans certains secteurs, le manque de continuité dans
les travaux de comptabilité nationale dû au taux de mobilité élevé du personnel et la
production tardive des comptes nationaux par suite de contraintes d'ordre technique et
matériel.
118. Le Comité a vivement déploré le fait que la grande majorité des pays africains
n'ait pas été en mesure jusqu'ici d'établir l'ensemble des comptes et tableaux du SCN
de 1968 d'une manière générale et les comptes des secteurs institutionnels en
particulier. Certains participants ont souligné la nécessité de mettre à la
disposition des gouvernements des données actuelles et recommandé que la CEA et les
organismes de coopération bilatérale et multilatérale apportent leur assistance aux
pays de la région dans le domaine de la collecte des données de base et examinent les
meilleurs moyens de les aider à mettre en place des comptes rapides et provisoires
simplifiés.
119. L'accent a été également mis sur l'utilité des comptes régionaux et
trimestriels, ainsi que sur la nécessité d'élaborer des indicateurs de conjoncture
susceptibles de permettre le suivi à court terme de la situation économique. Certains
membres du Comité on demandé des précisions sur les types d'appui offerts ou envisagés
par la CEA en ce qui concerne l'établissement de comptes satellites pour les secteurs
jugés prioritaires par le pays et notamment celui de l'environnement. La CEA a été
également invitée à entreprendre un recensement des logiciels actuellement disponibles
et susceptibles d'être utilisés dans le cadre des travaux de comptabilité nationale.
Par ailleurs, le Comité a fait sien le point de vue du secrétariat selon lequel la mise
en oeuvre rapide et efficace du nouveau SCN dans la région était conditionnée, dans une
large mesure, par l'octroi aux pays africains d'une assistance multiforme axée
prioritairement sur la formation, le financement des opérations de collecte de données
de base et la coopération technique directe.
120. Le représentant de la CEDEAO a indiqué que cette institution avait organisé un
séminaire en 1989 avec le concours technique de la CEA, dans le cadre des efforts qu'elle
déployait pour améliorer les travaux de comptabilité nationale dans ses Etats membres.
Par la suite, un programme de développement des comptes nationaux avait été mis au
point en 1995 par une réunion d'experts de la CEDEAO et il était prévu la convocation,
en juin 1996, d'un groupe de travail chargé d'élaborer un programme d'harmonisation des
méthodes utilisées par les Etats membres dans ce domaine. En outre, la CEDEAO
envisageait d'organiser dans les mois à venir, avec le concours de la CEA, un séminaire
sous- régional sur la mise en oeuvre du nouveau SCN.
121. Le représentant de la France a informé le Comité que la France et l'Union
européenne avaient lancé un projet qui visait à améliorer la comptabilité nationale
des pays "Afrique-Caraïbes- Pacifique" en mettant en oeuvre un module
informatique dénommé ERE/TES (Equilibre Ressources/Emplois et Tableaux
Entrées/Sorties). Ce module informatique proposait une démarche d'élaboration des
comptes nationaux prenant appui sur la constitution d'une base de données, qui permettait
aussi bien la construction annuelle de tableaux entrées-sorties que le traitement de tous
les aspects d'un système complet de comptes suivant les règles du nouveau SCN. Il avait
été expérimenté et installé en République centrafricaine et au Cameroun. En Côte
d'Ivoire, il était dans la phase d'installation. Sa traduction en anglais et en espagnol
était à l'étude.
122. Le représentant d'EUROSTAT a indiqué que les pays africains pouvaient avoir un
accès gratuit au module informatique ERE/TES mis au point conjointement par cette
institution et la France et qu'une demande d'assistance de ces pays pour la mise en oeuvre
de ce logiciel pourrait être formulée sur la base de leurs chiffres indicatifs de
planification nationaux ou régionaux. Le module ERE/TES intégrait, selon lui, l'action
et la formation.
123. Le représentant de la FAO a informé les participants de l'existence d'un
document préparé par la FAO et intitulé "Manuel sur les comptes économiques de
l'agriculture". Il a déclaré que pour de plus amples informations on pouvait
prendre contact avec la Division de la statistique de la FAO.
124. Le représentant de la Division de statistique de l'organization des Nations Unies
(UNSD) a confirmé que l'UNSD coopérait étroitement avec la CEA dans le cadre de la mise
en oeuvre du nouveau SCN. Il a informé le Comité qu'un poste de conseiller
interrégional en comptabilité nationale avait été crée récemment au sein de l'UNSD
afin de permettre à la Division d'apporter une assistance technique directe aux pays qui
en feraient la demande.
125. Le représentant de l'ISAE (Institute of Statistics and Applied Economics,
University of Makerere) a informé le Comité que cet Institut avait mis en place, depuis
cinq ans environ, deux programmes de formation de spécialistes en comptabilité
nationale. Le premier était un programme d'études universitaires supérieures d'une
durée de neuf mois et le second un programme de 18 mois qui préparait à la maîtrise en
comptabilité nationale. Selon l'intervenant, des programmes de formation de courte durée
étaient nécessaires pour la mise en oeuvre immédiate du SCN, mais ils ne permettaient
pas aux stagiaires d'acquérir des connaissances approfondies en comptabilité nationale.
126. En réponse aux nombreuses observations et suggestions des participants, le
représentant du secrétariat a rappelé brièvement les types d'appui offerts ou
envisagés par la CEA dans le cadre de la mise en oeuvre du nouveau SCN. Il a informé le
Comité qu'une mission de deux experts de la CEA séjournaient depuis une semaine environ
au Mali, en vue d'aider à la mise en place d'une méthodologie d'élaboration des comptes
régionaux dans ce pays. En ce qui concerne les comptes satellites de l'environnement, il
a rappelé que la Division de la statistique de la CEA avait entamé en 1995, avec le
concours financier du Gouvernement néerlandais, la mise en oeuvre d'un programme
régional visant à améliorer et à développer les statistiques de l'environnement dans
les Etats membres. Enfin, le représentant du secrétariat a indiqué qu'il partageait le
point de vue des membres du Comité, selon lequel il convenait de réduire les délais de
production des comptes nationaux et d'étudier les moyens de mettre en place des comptes
trimestriels ainsi que des indicateurs de conjoncture susceptibles de permettre le suivi
à court terme de la situation économique.
Le Comité de coordination pour le développement de la statistique en Afrique
(CASD) et ses sous-comités : principales activités menées et problèmes divers
(point 19 de l'ordre du jour)
127. Pour l'examen de ce point, le Comité était saisi du document suivant : Le
Comité de coordination pour le développement de la statistique en Afrique (CASD) et ses
sous-comités : principales activités menées et problèmes divers (E/ECA/PSPI.9/14).
128. En introduisant le document, le représentant du secrétariat a rappelé les
circonstances qui avaient entraîné l'adoption du Plan d'action d'Addis-Abeba pour le
développement de la statistique en Afrique dans les années 90 et de la Stratégie pour
la mise en oeuvre du Plan d'action, cela constituant le contexte dans lequel le CASD avait
été créé.
129. S'agissant des activités menées par le CASD, le Comité a pris note des
suivantes : création de sous- comités du CASD chargés des domaines ci-après :
formation; recherche, méthodes et normes; traitement des données; et organization et
gestion des systèmes nationaux de statistique.
130. Au nombre des problèmes divers figuraient la nécessité de faire participer
davantage les pays africains aux activités du CASD, le renforcement du secrétariat du
CASD; la mobilisation de ressources pour les activités du CASD et pour le développement
de la statistique en Afrique en général, ainsi que l'avenir du CASD et de ses
sous-comités.
131. Le Comité a pris acte des diverses mesures prises pour accélérer la mise en
oeuvre du Plan d'action, ainsi que des publications à l'actif du CASD. Il a également
pris acte de la reconstitution du CASD intervenue durant la sixième réunion de ce
dernier tenue du 8 au 11 mars 1996 afin de permettre une plus grande participation des
pays africains aux activités, ainsi que de la dissolution des sous-comités du CASD
après que ceux-ci avaient, dans le cas des trois premiers sous-comités, rempli leur
mandat et, dans le cas du quatrième sous-comité, une bonne partie du mandat. Il était
envisagé de mettre sur pied des groupes de travail pour accomplir des tâches
spécifiques dans des délais précis.
132. Le Comité a fait observer que ce point de l'ordre du jour avait été longuement
discuté au cours de la sixième réunion du CASD et qu'il était donc inutile de revenir,
au sein du présent Comité de la statistique, sur les travaux qui s'étaient déroulés
ainsi que les conclusions dégagées et les recommandations formulées, étant donné que
la plupart des directeurs des bureaux nationaux de statistique présents dans le Comité
de la statistique avaient également participé à ladite réunion.
133. Néanmoins, le Comité a réaffirmé la nécessité de veiller à une large
diffusion et à l'utilisation de la publication du CASD intitulée Cadre pour le suivi
du développement de la statistique en Afrique, ce pour suivre comme il se devait le
développement de la statistique.
134. Il était vivement recommandé que le secrétariat du CASD, sis au sein de la
Division de la statistique de la CEA, soit renforcé pour qu'elle puisse s'acquitter
efficacement de sa mission.
Enquête régionale sur l'organization de la formation dans le domaine des
statistiques : résultats de l'analyse pilote (point 20 de l'ordre du jour)
135. Le secrétariat a présenté ce point en s'inspirant du document E/ECA/PSPI.9/15
"Enquête régionale sur l'organization de la formation dans le domaine des
statistiques : résultats de l'analyse pilote" et du document E/ECA/PSPI.9/15/Add.1
"Enquête régionale sur l'organization de la formation dans le domaine des
statistiques : résultats de l'analyse pilote, bilan récapitulatif de l'effectif et de la
formation".
136. Au cours du débat qui a suivi, les participants ont remercié le secrétariat
pour avoir mené à bien cette activité. Ils ont cependant souligné qu'ils
s'attendaient, à la suite de l'enquête à des recommandations, qui ne figuraient
malheureusement pas dans les documents qui leur avaient été présentés. Le secrétariat
a expliqué que les conclusions et recommandations seraient incorporées dans le rapport
final qui serait publié sous peu. Il préferait recevoir des commentaires et des
observations sur les résultats de l'enquête régionale avant de tirer les conclusions et
de formuler les recommandations nécessaires.
Activités statistiques de la CEA en l994-l995, examen du programme de travail
approuvé pour l996-l997 et tendances pour l998-l999 (point 2l de l'ordre du jour)
137. Présentant le document E/ECA/PSPI.9/l6 à l'examen, le secrétariat a indiqué
qu'au cours de l'exercice biennal l994-l995, on disposait en moyenne de 95.1% de la
capacité totale en mois-homme initialement prévue dans le budget programme, par rapport
à 90.5% au cours de l'exercice biennal l992-l993. Le taux d'exécution des activités
quantifiables programmées était de 98.5%. Le secrétariat a en outre précisé qu'au
nombre des activités non programmées mais entreprises pour diverses raisons figurait
l'appui fourni à la première Conférence commune de l'Association internationale de la
statistique officielle (IAOS) et de l'Association africaine de statistique (AFSA),
organisée en mai l995 au siège de la CEA.
138. A propos du programme de travail pour l996-l997, le secrétariat a signalé que,
par suite de la réduction des coûts, on avait omis un certain nombre d'activités qui
figuraient dans les projets initiaux du budget-programme. Le programme de travail pour
l998-l999 qui devrait être plus thématique serait établi en fonction de la nouvelle
structure issue de la réorganization de la CEA.
139. Au cours du débat qui a suivi, le Comité a, entre autres, fait les observations,
commentaires et recommandations suivants: Il s'est déclaré profondément satisfait des
travaux de la Commission dans le domaine du développement de la statistique; il s'est
félicité de l'appui donné à la première Conférence commune de l'Association
internationale de la statistique officielle (IAOS) et de l'Association africaine de
statistique (AFSA), et a recommandé que l'on fasse figurer dans les actes de la
Conférence des résumés des deux ateliers organisés à cette occasion, le premier sur
la surveillance des conditions de vie et de la pauvreté et le second sur les principes de
l'interprétation et de la présentation des données; il a aussi recommandé que les
indicateurs concernant le suivi du developpement social, la participation des femmes au
développement, la lutte contre la pauvreté, etc. soient affinés dans le programme de
travail pour l998-l999. Ce programme devrait aussi comprendre un rapport de situation sur
les enquêtes sur les ménages dans les pays africains effectuées depuis l980 ainsi que
certains travaux de recherche sur l'archivage des données. On a constaté qu'à part le
dernier séminaire annuel organisé à leur intention par le Centre de perfectionnement
statistique de Munich, les directeurs de bureaux nationaux africains de statistique
n'avaient guère eu l'occasion de se rencontrer pour examiner les nouveaux problèmes
posés par les stratégies de développement et de conception de la statistique. Aussi le
Comité s'est-il demandé pourquoi ces directeurs étaient de moins en moins nombreux à
participer à la Conférence des planificateurs, statisticiens et spécialistes de la
population et de l'information africains. Il a demandé que les raisons de ce phénomène
fassent l'objet d'une enquête dont les résultats seraient présentés sous forme de
rapport à sa dixième session.
140. Pour conclure, le Comité a formé le voeu que la restructuration de la CEA
aboutisse rapidement et offre les ressources financières, humaines et matérielles qui
permettraient aux travaux statistiques de la CEA d'avoir un plus grand impact sur les
Etats membres africains et au secrétariat du Comité de coordination pour le
développement de la statistique en Afrique de fonctionner plus efficacement.
141. Le représentant de la Division de statistique de l'ONU a informé le Comité que
l'Atelier sur les statistiques des services dans le secteur non structuré des pays en
développement, remis à plus tard en l995 en raison de l'application des dispositions
spéciales adoptées pour faire face à la crise financière de l'ONU, devrait avoir lieu
du l7 au 2l juin l996, à Addis Abeba.
POINTS AJOUTES A L'ORDRE DU JOUR
Etablissement et renforcement du Programme africain concernant la mise en place
de dispositifs nationaux d'enquête sur les ménages (PADEM) [point 21 a) de
l'ordre du jour]
142. A cause de la cessation de l'assistance financière du PNUD pour la promotion du
PADEM en 1993, la huitième session de la Conférence commune des planificateurs,
statisticiens et démographes africains s'est penchée sur l'avenir du Programme et a, en
conséquence, adopté une résolution pour la reprise de l'assistance financière en
faveur du PADEM et l'a transmise à la Conférence des ministres de la CEA. En raison de
l'absence de progrès dans ce domaine depuis 1994 et du rôle stratégique que les
programmes intégrés d'enquêtes sur les ménages au niveau national jouent dans le
développement statistique du continent, la question a été présentée à la neuvième
session de la Conférence commune pour un nouvel examen.
143. Il convenait de rappeler qu'avant l'élaboration du Plan d'action d'Addis-Abeba
pour le développement de la statistique en Afrique, une étude de l'état de la
statistique en Afrique avait identifié les problèmes ci-après qui entravaient le
développement de la statistique :
. Mauvaise gestion des bureaux de statistique;
. Insuffisance du financement pour la production statistique;
. Qualité peu satisfaisante des données produites;
. Incapacité à répondre rapidement aux nouveaux besoins en données.
144. On avait estimé que l'établissement des programmes intégrés d'enquêtes sur
les ménages dans les systèmes statistiques nationaux était indiqué pour résoudre ces
problèmes; l'exploitation des échantillons principaux permettant ainsi d'économiser des
fonds dans de fréquents plans d'échantillonnage pour des enquêtes particulières, la
possibilité d'une classification croisée des données collectées permettant également
des recoupements internes des données, l'intégration des activités de collectes de
données et la mise en place d'infrastructures d'enquêtes comme la création d'une
équipe permanente de personnel et de bureaux locaux, et la compétence pour ce qui est
des méthodes d'enquêtes et du traitement des données. Un programme intégré
d'enquêtes renforçait la capacité à répondre aux besoins en données pour le suivi et
l'évaluation des programmes/projets.
145. Deux exemples confirmaient la souplesse d'un programme intégré d'enquêtes. Le
Nigerian national Integrated Survey of Households (NISH) avec son principal General
Household Survey (GHS) et ses nombreux modules qu'étaient l'enquête nationale sur la
consommation, l'enquête sur la démographie et la santé, l'enquête sur la main-d'oeuvre
et l'enquête sur la planification familiale avait produit un volume acceptable de
données pour soutenir les programmes gouvernementaux. L'autre avait trait à l'initiative
de l'UNICEF dans la mise au point du Multiple Indicator Cluster Survey (MICS) afin de
fournir des données pour le suivi du National Plan of Action on Children Goals and Mid-
decade and Decade Goals adopté par le Sommet mondial pour les enfants.
146. Insistant à nouveau sur la nécessité de renforcer le PADEM, le secrétariat de
la CEA avait cependant reconnu que les pays africains n'étaient pas aujourd'hui aussi
homogènes qu'il y avait 20 ou 30 ans, et avait identifié trois groupes distincts de
pays, à savoir :
- Les pays qui avaient besoin d'une assistance technique et d'un soutien financier;
- Les pays qui disposaient d'une capacité technique mais n'avaient pas de ressources
pour effectuer les enquêtes sur les ménages;
- Les pays qui disposaient de capacités mais ces dernières n'étaient pas installées
dans les bureaux centraux de statistique.
147. Différentes stratégies auraient dû être adoptées pour les divers groupes. Il
a été souligné que la mise en place du PADEM aurait dû reposer sur quatre critères -
la propriété par le pays des programmes, la simplicité des enquêtes conçues dans le
pays même et les initiatives relatives aux enquêtes au niveau national devant s'appuyer
sur des programmes de recherche méthodologique. Le secrétariat a annoncé son soutien à
une telle initiative qui faciliterait l'élaboration de programmes dans les pays. Les
participants ont été informés d'une réunion interinstitutions sur l'échantillonnage
prévue vers la fin de l'année et financée par la CEA, le FNUAP et l'UNICEF avec la
participation de toutes les institutions intéressées.
148. Au cours des discussions, plusieurs participants ont soutenu la solidité des
programmes nationaux concernant la mise en place d'enquêtes sur les ménages en
fournissant des données et ont approuvé toute action visant à réorganiser le Programme
en Afrique. Certaines des suggestions et requêtes faites par les participants étaient
les suivantes :
. L'assistance pour la mise au point d'échantillons et la cartographie;
. Le renforcement de la capacité d'analyse;
. L'évaluation des données produites jusqu'à présent;
. Le renforcement de la capacité de diffusion;
. L'élaboration de programmes d'enquêtes sur les ménages en tant qu'instrument pour
répondre aux impératifs des ministères à titre remboursable;
. La nécessité de programmes d'enquêtes soutenus par les donateurs plutôt que
réalisés par eux;
. L'importance des modules d'enquêtes réguliers dans le cadre des programmes;
. La possibilité d'introduire dans les programmes des enquêtes spéciales qui
seraient payées, par les utilisateurs;
. L'importance d'effectuer une évaluation des besoins étant donné que cela
conduisait à la propriété du programme de production statistique;
. L'évaluation de l'utilisation du personnel local permanent.
149. Recommandations
i) Dans le cadre de la stratégie pour améliorer les statistiques africaines, les
Etats membres de la CEA devraient être encouragés à mettre au point un système
intégré d'enquêtes sur les ménages dans leurs pays grâce au soutien des gouvernements
africains;
ii) La CEA devrait envisager la relance du PADEM à titre prioritaire pour le
développement de la statistique et devrait donc y affecter des fonds provenant de son
budget pour le soutien technique et la formation;
iii) Pour le renouvellement du PADEM l'accent devrait être mis sur le suivi des
activités d'enquête dans les pays, la fourniture d'un appui technique, la promotion du
développement méthodologique et conceptuel et la formation;
iv) Le CASD devrait se pencher davantage sur cette question afin de voir la meilleure
stratégie à adopter à cet égard;
v) La CEA devrait établir un rapport sur l'état des programmes intégrés d'enquêtes
sur les ménages en Afrique depuis les années 80.
Renforcement du Programme de formation statistique pour l'Afrique (PFSA) et de la
formation statistique d'une manière générale en Afrique [point 21 b) de l'ordre
du jour]
150. Le représentant du Nigéria a présenté ce point de l'ordre du jour. Il a
souligné que ce point avait été examiné par la Conférence commune des planificateurs,
statisticiens et démographes africains à sa huitième session et qu'une résolution
préconisant le renforcement du PFSA avait été adoptée par la Conférence pour
soumission à la Conférence des ministres responsables du développement économique et
de la planification de la CEA. Il a indiqué que depuis que le financement du PNUD pour le
PFSA avait pris fin en 1993, il n'y avait pas de réunions des directeurs de centres PFSA,
la CEA ne participait pas régulièrement aux réunions de Conseil d'administration des
centres de formation statistique et personne ne savait ce qui se passait dans les écoles
de formation statistique. Cette situation méritait toute l'attention nécessaire pour que
des solutions puissent être trouvées.
151. Le représentant de l'Institute of Statistics and Applied Economics (ISAE) a
donné des informations détaillées sur le PFSA qui avait été lancé en 1978. Les
objectifs du PFSA, les arrangements institutionnels et les aspects concernant sa mise en
oeuvre ont été décrits. Une étude visant à évaluer les réalisations du PFSA avait
été entreprise par la CEA en 1993 et avait débouché sur des conclusions et des
recommandations préconisant une revitalisation du Programme. Ces problèmes étaient
notamment l'absence de matériel, la rareté des ressources financières, le sous-paiement
du personnel, l'absence de bourses en vue de la formation des formateurs et des
étudiants, l'insuffisance d'infrastructures dans les centres anglophones, la faible
proportion de femmes admises et formées, l'absence de cours de gestion et l'insuffisance
de la recherche appliquée et de fonds destinés à la recherche. Selon le représentant
de l'ISAE, les mesures suivantes étaient nécessaires pour renforcer les centres, à
savoir que les Etats africains devaient prendre davantage de responsabilité pour financer
les centres: les centres devaient être restructurés afin d'améliorer le rapport
coût-efficacité et de pouvoir générer des revenus; les donateurs devaient être
appelés à apporter un complément aux revenus des centres et aux subventions accordés
par les Etats. De plus, une étude des besoins en matière de statistique de l'Afrique de
l'Est et de l'Afrique Australe menée en 1993-1995 et financée par l'Union européenne
avait révélé qu'il était nécessaire de former des cadres moyens et supérieurs.
152. Le représentant de la FAO a indiqué que dans la plupart des pays africains, la
formation de statisticiens visait à satisfaire les besoins en effectifs de la fonction
publique. Avec l'ajustement structurel en cours dans plusieurs pays africains et le gel du
recrutement, de nombreux statisticiens se trouvaient sans emploi, ce qui était une source
de frustration. Il s'est demandé pour qui les stasticiens étaient formés.
153. Le représentant d'AFRISTAT a exprimé sa déception de ne pas voir ce point
inscrit à l'ordre du jour de la Conférence. Il a proposé alors que le point soit
inscrit à l'ordre du jour de la prochaine session. Il a en outre souligné que le PFSA
avait été adopté par la Conférence des ministres et que de ce fait son abolition
devrait également être entérinée par cette même Conférence. Il a indiqué que
l'absence d'un appui financier pour le PFSA n'impliquait pas que la Conférence ne devrait
pas poursuivre l'examen de cette importante question. Il a prôné un examen des critères
de sélection des centres PFSA à l'avenir et recommandé qu'une évaluation approfondie
des 20 années du PFSA soit entreprise et qu'un groupe de travail composé de pays
africains et de centres PFSA soit mis sur pied pour débattre de la revitalisation du
Programme.
154. Le représentant de l'International Programs Centre a déclaré que son
organization tentait d'appuyer la formation en Afrique en fournissant un inventaire du
matériel didactique, en offrant conjointement des cours, etc. Il a proposé que les
centres de formation communiquent entre eux plus fréquemment pour diffuser l'information
sur les cours de formation disponibles.
155. Le représentant du Centre de formation statistique pour l'Afrique de l'Est
(EASTC) a déclaré que l'excédent de main-d'oeuvre statistique avait été engendré par
la concentration régionale de l'assistance en faveur de la mise en place de
l'infrastructure pour la formation statistique. Malheureusement, le PFSA avait pris fin
avant de résoudre ce problème. Le représentant de l'ASTC a déclaré que certains
centres PFSA pourraient nécessiter une restructuration et que le Comité de coordination
pour le développement de la statistique en Afrique (CASD) devrait se pencher sur la
question.
156. Le représentant de l'Institut sous-régional de statistique et d'économie
appliquée (ISSEA) a fait un exposé sur cette école. Créé par les 6 Etats membres de
l'UDEAC (Union douanière et économique de l'Afrique centrale), l'ISSEA avait pour
mission la formation des cadres statisticiens, le recyclage et le perfectionnement des
anciens cadres, et la recherche. Faute de moyens, seul le volet formation avait été
développé et fonctionnait normalement; la partie "recherche" était dans sa
phase d'expérimentation avec une cellule de réflexion. L'ISSEA procédait en ce moment
à la révision de ses programmes d'enseignement dans le but de créer des conditions pour
une ouverture vers le secteur privé qui, à l'avenir, constituerait un débouché pour
les cadres formés. L'ISSEA lançait un appel aux partenaires et organismes spécialisés,
notamment à la CEA, pour un soutien matériel et didactique, en particulier pour l'aider
à atteindre son objectif de créer un département de la recherche sur les problèmes
liés à l'intégration économique des pays de la sous-région de l'UDEAC.
157. Le représentant de l'Office statistique des Communautés européennes (EUROSTAT)
a fait sienne l'opinion que les centres de formation devraient réduire leur dépendance
vis-à-vis des donateurs. Concernant la formation de statisticiens, il a suggéré que
cette dernière pourrait être liée à la demande.
158. En conclusion, les participants ont estimé que ce sujet devait être réexaminé
et que des mesures appropriées devraient être prises. Les participants ont recommandé
que le CASD examine la question et établisse si possible des groupes de travail en vue de
rechercher des solutions au problème.
Archivage de l'information statistique aux niveaux régional et national -
stratégies et approches [point 21c) de l'ordre du jour]
159. En introduisant ce sujet, les membres de la réunion disposaient d'un document
intitulé "Proposition pour le renforcement des capacités d'archivage, de
maintenance et de diffusion des données sur les ménages en Afrique".
160. On a constaté qu'il existait une grande masse de données d'enquêtes -
provenant, en majorité, d'enquêtes socio-économiques sur les ménages en Afrique et des
recensements de la population - en général non disponibles car très peu connues ou
insuffisamment traitées. Etant donné les énormes investissements financiers et humains
nécessaires pour recueillir et produire ces masses de données, il était impératif de
trouver un moyen de mieux les utiliser.
161. Comme solution, il a été proposé, dans le document, d'une part de renforcer les
capacités de stockage et de diffusion des données au niveau national et, d'autre part,
de créer un Fichier central de données au niveau soit régional soit sous-régional. Un
tel service devrait établir un inventaire complet des données et méta-données
d'intérêt socio-économique pour l'Afrique, fournir une assistance technique pour la
constitution d'archives, le stockage et la diffusion, se charger de la collecte de
données et prévoir un service des usagers permettant, par exemple, de négocier la
diffusion de données à l'intention de différentes catégories d'utilisateurs.
162. La Commission économique pour l'Afrique a été proposée comme site logique pour
un tel centre, étant donné que ces activités seraient le prolongement naturel du
programme actuel de la CEA.
163. Ce centre permettrait d'améliorer la disponibilité des statistiques pour
l'Afrique et les Etats membres ainsi que pour les institutions internationales et sous-
régionales, y compris les donateurs bilatéraux et multilatéraux; ce qui améliorerait
également la circulation des données dans les pays africains et entre eux, d'une part,
et entre l'Afrique et le reste du monde, d'autre part. Il a été objecté que le Centre
ne pourrait remplir son rôle avec succès sans la participation totale des Etats membres.
164. Lors du débat qui a suivi, les opinions ci-après ont été exprimées :
i) Vu qu'il incombait au système des Nations Unies de recueillir et de rendre
comparables les données socio- économiques, la Commission régionale était l'endroit
idéal pour les recueillir et les diffuser. Il fallait également que ces données soient
bien définies et cataloguées, et qu'il y ait un contrôle de qualité strict. A cet
égard, on pourrait prévoir une méta-information détaillée sur les données. Par
ailleurs, celles-ci devraient être harmonisées et homogénéisées aux niveaux national
et international;
ii) Il faudrait indiquer clairement pour quoi, où et pour qui les données étaient
établies, ce qui donnerait des renseignements indispensables sur la structure du Fichier
central ou des archives;
iii) La CEA pourrait jouer un rôle déterminant en assurant aux utilisateurs un accès
convivial à ce service;
iv) Au début, les archives pourraient être conçues de façon que les Etats membres
conservent les données, qui seraient parallèlement stockées dans le Fichier central.
Ainsi, ils pourraient déterminer eux-mêmes à qui et quand communiquer telle ou telle
donnée;
v) Dans les années 80, le Programme des Nations Unies concernant la mise en place de
dispositifs d'enquête sur les ménages avait recueilli de nombreuses données qui
pourraient être utilement exploitées pour l'analyse des politiques et pour des
recherches approfondies si elles étaient transformées correctement en archive de
données.
vi) Les utilisateurs potentiels des données stockées dans le Fichier central
pourraient avoir besoin d'une formation pour exploiter au mieux le service offert. A cet
égard, des ateliers adaptés et l'assistance technique contribueraient grandement à
aider les Etats membres;
vii) Il fallait rationaliser, coordonner et harmoniser les nombreux centres d'archives
existant dans les pays;
viii) Il faudrait étudier la question de la confidentialité et de l'interférence
politique dans la décision et le moment de communiquer des données jugées sensibles.
165. En conclusion, il a été noté qu'en ce qui concerne la recherche de solutions en
matière de statistiques internationales, les grandes questions à régler étaient
passées, grâce aux progrès technologiques, de la collecte des données primaires à la
priorité du traitement et de l'analyse des données et à l'objectif actuel tendant à
faciliter et améliorer la diffusion, la constitution d'archives et
le stockage de données ainsi que la ventilation postérieure en vue d'analyses plus
détaillées.
COMITE DE L'INFORMATION
166. Le Comité de l'information de la Conférence des planificateurs, statisticiens et
spécialistes de la population et de l'information africains s'est réuni au siège de la
CEA du 11 au 16 mars 1996. Les participants étaient au nombre de 52.
Election du bureau
167. Le bureau suivant a été élu (point 22 de l'ordre du jour) :
Président : Afrique du Sud : M. Thozi Nomvete
Vice-Président : Egypte : Dr. Ashraf A. Ismail
Rapporteurs : Gabon : Mme Véronique Paraiso
Gambie : M. Ibrahim Jobe
168. L'ordre du jour suivant a été adopté :
6) Election du bureau;
7) Perspectives de la technologie de l'information en Afrique;
8) Promotion de normes pour l'échange d'informations pour le développement en
Afrique;
9) Amélioration de l'accès à l'information pour le développement en Afrique;
10) Etat d'avancement de la mise en oeuvre du programme de travail de la CEA relatif
aux systèmes d'information pour le développement et programme de travail 1996-1997.
Perspectives de la technologie de l'information en Afrique (point 23 de
l'ordre du jour)
169. Au titre du point 7 de l'ordre du jour, le secrétariat a présenté le document
E/ECA/PSPI.9/9 qui passait en revue les quatre principales technologies permettant
d'améliorer l'accès à l'information en Afrique, c'est-à-dire: la publication assistée
par ordinateur (PAO), la technologie du CD-ROM, la recherche en ligne et les connexions au
réseau Internet. L'état des connexions électroniques en Afrique a été examiné. Pour
promouvoir l'accès aux réseaux, le document a mis en relief la nécessité pour les
gouvernements d'adopter des politiques en matière de technologie de l'information.
L'importance que revêtait la mise en place de réseaux nationaux d'information a
également été soulignée, les gouvernements devant y occuper une place prépondérante.
170. Lors du débat sur ce point de l'ordre du jour, l'accent a été mis sur la
nécessité de sensibiliser les décideurs à l'importance du potentiel de la technologie
de l'information pour le développement de l'Afrique. Les participants ont demandé
instamment l'association de l'ensemble de tous les partenaires possibles pour mettre en
place une politique nationale d'information, en particulier les responsables des
télécommunications. L'importance de l'harmonisation et de la coordination au niveau
national a été soulignée, de même que la nécessité d'établir des connexions
intrarégionales. Considérant les différences de niveau de développement et la baisse
rapide des prix de la technologie de l'information, les pays qui avaient recours à cette
technologie pour la première fois peuvaient, dès le départ, opter pour les techniques
les plus récentes. S'agissant des domaines de priorité, il a été souligné que pour
garantir une efficacité maximale, il était nécessaire de procéder simultanément : à
la connexion à l'infrastructure d'information mondiale ; au développement de
l'infrastructure et de l'infostructure (contenu de l'information). Le développement du
contenu de l'information nationale a été particulièrement souligné car il permettait
aux utilisateurs africains de devenir à la fois producteurs et consommateurs
d'informations. A cet égard, il était indispensable de former les utilisateurs pour
tirer le meilleur parti de la technologie disponible.
171. Pour financer les connexions au réseau Internet des Etats africains, des
informations ont été données sur les nombreuses ressources disponibles au niveau
bilatéral et multilatéral. Ces financements étaient cependant, pour la plupart,
subordonnés à l'existence d'un environnement favorable marqué notamment par la
libéralisation des services de télécommunication et la participation du secteur privé
aux activités de prestation de services d'information. Par ailleurs, on s'est demandé si
la promotion d'une technologie avancée constituait une priorité pour les pays africains
dont les populations se préoccupaient surtout de la satisfaction de leurs besoins
essentiels. Les nouvelles technologies ne devaient pas être utilisées pour donner
naissance à une élite de l'information, il fallait plutôt s'efforcer de décentraliser
les services d'information et de communication et les mettre à la portée des populations
rurales et au service des pauvres. Nombre de participants ont estimé que l'utilisation
des nouvelles technologies permettait de mieux planifier la satisfaction des besoins
essentiels des populations.
Promotion de normes pour l'échange d'informations pour le développement en
Afrique (point 24 de l'ordre du jour)
172. Au titre du point 24 de l'ordre du jour, le secrétariat a présenté le document
E/ECA/PSPI.9/10 intitulé "Promotion de normes pour l'échange d'informations pour le
développement en Afrique". Cette étude traitait des besoins des pays africains en
matière de promotion de normes, en particulier dans le domaine du traitement de
l'information et passait en revue les normes de travail de la CEA dans le traitement de
l'information, ceci, depuis 1987 grâce aux travaux du Comité permanent sur
l'harmonisation et la normalisation des systèmes d'information en Afrique. C'est ainsi
que des normes avaient été établies pour l'analyse documentaire, les fichiers
d'autorité pour la saisie de données, les formats communs pour la mise au point d'un CD-
ROM sur l'information africaine pour le développement, et les recherches par courrier
électronique dans des bases de données.
173. Il a été souligné que la technologie de l'information et de la communication
évoluait très rapidement et que par conséquent, les normes devaient être
régulièrement révisées, mises à jour ou annulées afin de pouvoir suivre les
changements de technologie. Le processus permettant de passer de la mise au point à la
diffusion et à l'acceptation des normes a été exposé en détail. Le PADIS a été
encouragé à intensifier ses efforts visant à propager les normes qui avaient été
élaborées et à diffuser l'information pour le développement en général, aux pays
membres et aux institutions participant à son réseau ainsi qu'à tous ceux qui étaient
concernés par l'information sociale, économique, scientifique et technique dans la
région. Selon le Comité le défi qui se posait actuellement aux professionnels de
l'information était de passer de la gestion à la diffusion de l'information. Grâce aux
nouvelles technologies et à la baisse des prix, cela était possible et faisable pour les
pays africains. La nécessité pour le secteur privé de participer au développement des
services d'information à valeur ajoutée a été soulignée.
Amélioration de l'accès à l'information pour le développement en Afrique
(point 25 de l'ordre du jour)
174. En présentant le document E/ECA/PSPI.9/11, intitulé "Amélioration de
l'accès à l'information pour le développement en Afrique", le secrétariat a
souligné l'importance qu'il y avait à utiliser l'information dans les activités de
développement socio-économique. Au cours du débat sur ce point, les participants ont
noté que le problème de l'accès à l'information pour le développement en Afrique
était lié à la disponibilité des ressources. Par conséquent la CEA devrait coopérer
avec les Etats membres africains afin de lancer des programmes de mobilisation des
ressources pour le renforcement du secteur de l'information. Le Comité a exhorté le
PADIS à organiser des séminaires de sensibilisation pour les hauts responsables de
gouvernements en vue de leur faire comprendre l'importance qu'il y avait à investir dans
le secteur de l'information. Compte tenu de la disponibilité de plus en plus grande de
l'information sur les questions de développement, le Comité a également demandé que la
CEA/PADIS déploie des efforts pour décentraliser l'information pour qu'elle atteigne les
utilisateurs. D'autre part, des produits d'information, facilement disponibles pour
l'utilisateur, tant sur le plan de l'accessibilité que sur celui des formats, devraient
être mis au point.
175. Par ailleurs, le Comité a souligné l'importance pour les pays membres d'adopter
des politiques nationales en matière d'information et a demandé au PADIS de distribuer
des directives qui pourraient les aider dans ce sens. En soulignant la nécessité de
systèmes nationaux pour l'échange de l'information, le Comité suggère que cela prenne
pour les décideurs, la forme d'un système d'aide aux décisions. Toujours dans le but
d'accroître la disponibilité de l'information, l'accent a été mis sur la nécessité
de promouvoir chez les utilisateurs en Afrique, le réflexe de rechercher l'information,
qui pourrait débuter avec l'introduction de l'informatique dans les programmes scolaires.
Pour renforcer les capacités aux niveaux national et sous- régional, dans la gestion du
développement de l'information, le Comité a demandé au PADIS de multiplier ses
programmes de formation. Le PADIS devrait également déployer des efforts pour associer
à ses activités de formation les universités, les institutions de haut niveau et les
associations professionnelles en Afrique.
Progrès réalisés dans l'exécution du programme de travail de la CEA relatif
aux systèmes d'information pour le développement et programme de travail pour 1996-1997
(point 26 de l'ordre du jour)
176. S'agissant du point 26 de l'ordre du jour, le secrétariat a présenté le
document E/ECA/PSPI.9/12 intitulé "Rapport intérimaire sur les activités de la CEA
en matière d'information pour le développement pour 1994-1995, le programme de travail
pour 1996-1997 et le programme de travail provisoire pour 1998-1999, qui donnait aux Etats
membres, aux institutions sous-régionales et régionales ainsi qu'aux systèmes
d'information et de développement, un aperçu détaillé sur les activités du PADIS en
matière de formation et sur les services de consultation, l'accent étant mis sur le
développement de la connexion électronique, l'amélioration de la diffusion de
l'information et l'établissement de réseaux. Le Comité a demandé plus de détail sur
le programme de travail 1998-1999. Le secrétariat se charge de s'en occuper dès que la
nouvelle structure organizationnelle de la CEA sera effective. Le Comité a souligné
l'utilité d'une évaluation des produits et des services avant la préparation des
futures activités. Il a également recommandé que la CEA consolide les efforts visant à
recueillir l'information sur les experts africains sur le terrain par le biais de son
programme sur l'exploitation de l'information pour le développement, afin qu'elle puisse
engager autant que possible des experts africains. Le Comité a aussi examiné
l'utilisation des experts disponibles à la CEA en vue d'automatiser la bibliothèque de
la CEA et d'améliorer ses services pour qu'elle devienne un modèle de bibliothèque
automatique pour les Etats membres.
177. Reconnaissant la faiblesse des infrastructures d'information en Afrique, le
Comité a décidé de porter la question relative à "l'information pour tous en
Afrique à l'an 2010" à l'attention de la Conférence des ministres prévue en 1998.
A cet égard, un sous- comité a été mis en place et chargé d'élaborer des directives
sur ce point. Le sous- comité se composait d |