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ALLOCUTION PRONONCEE
PAR MME DIENE KEITA-DJERMAKOYE,
REPRESENTANT RESIDENT
a.i. DU PNUD,

A L'OCCASION DE L'OUVERTURE DE LA CONFERENCE SOUS-REGIONALE DE SUIVI DU SOMMET SOCIAL

OUAGADOUGOU, 28 JUIN 1999

Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre d'Etat Ministre des Affaires Etrangères,
Excellence Mesdames, Messieurs les Ministres et Chefs de Délégation,
Madame le Secrétaire Exécutif de la CEA,
Excellence Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales et Interafricaines,
Autorités religieuses et coutumières,
Distingués Délégués,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais vous dire combien je suis honorée de prendre la parole au nom du Programme des Nations Unies pour le Développement à l'occasion de la session d'ouverture de cette Conférence sous-régionale consacrée au suivi du Sommet Social.

Permettez-moi tout d'abord Excellences, Mesdames, Messieurs, de vous remercier chaleureusement d'avoir fait le déplacement de Ouagadougou, en dépit de vos programmes d'activités fort chargés. Votre présence ici témoigne si besoin est, de l'engagement des Gouvernements et institutions que vous représentez en faveur de la lutte contre la pauvreté et du développement économique et social de l'Afrique.

Permettez-moi également de saluer tout particulièrement, et de remercier chaleureusement les Autorités nationales et le Gouvernement burkinabè qui ont accepté, confirmant une tradition et une réputation d'hospitalité bien établies, d'abriter cette rencontre. C'est là le témoignage renouvelé de l'adhésion du Burkina Faso aux idéaux de développement de l'Afrique.

Excellence Monsieur le Premier Ministre, honorables invités,

L'instauration par l'Assemblée Générale des Nations Unies de la décennie 1997-2006 pour l'élimination de la pauvreté, repose sur le constat à la fois irrécusable et intolérable qu'à l'orée du troisième millénaire, quelque 20% de la population mondiale reste confronté au quotidien, au fléau dégradant de la pauvreté, nonobstant les progrès remarquables accomplis sur le chemin du développement.

En effet, au cours des trois dernières décennies, les pays en développement ont vu augmenter les revenus moyens de leurs populations, la mortalité infantile reculer, l'espérance de vie s'accroître, l'éducation des enfants et l'alphabétisation des adultes s'accélérer et s'amplifier.

L'évolution des indicateurs sociaux témoigne sans conteste d'améliorations remarquables. Il y a trente ans, près des trois quarts de l'humanité vivaient dans des conditions de pauvreté scandaleuse ; aujourd'hui même si l'ampleur de la pauvreté reste inacceptable, cette proportion est tombée à un cinquième environ.

En dépit de réels motifs de satisfaction, nous allons aborder le XXIe siècle sans avoir atteint notre objectif de développement fondamental, à savoir un développement humain durable qui garantisse à chacun une vie active, lui permettant de réaliser ses aspirations matérielles, sociales, intellectuelles et spirituelles.

La difficulté à réduire la pauvreté est devenue une menace pour tous les pays, riches comme pauvres, et un défi majeur pour les gouvernements. Le plus souvent, les pauvres sont mal nourris et mal logés ; ils ont un faible accès aux services sociaux de base ; ne jouissent pas d'une bonne santé, et leur instruction est médiocre. Privés au surplus d'un accès équitable aux institutions et aux opportunités d'emplois et de marchés, les pauvres sont frappés par la marginalisation et l'exclusion politique et sociale.

Aujourd'hui, trois phénomènes supplémentaires suscitent ou ressuscitent la pauvreté avec une ampleur nouvelle à l'échelle mondiale - le déchaînement des conflits, l'épidémie du VIH/SIDA et la dégradation de l'environnement. Ces trois phénomènes, ou du moins leur conjugaison, ont fait replonger des millions d'individus dans la pauvreté au cours des 15 dernières années, en s'attaquant à leurs ressources et en détruisant leur environnement.

Dans ce contexte, l'élimination de la pauvreté s'impose de plus en plus nettement, comme un défi majeur pour les années à venir, spécialement dans les régions les plus affectées et plus particulièrement en Afrique sub-saharienne.

La pauvreté y constitue en effet l'un des tous premiers défis, tant par son ampleur et sa progression relative que par la menace sérieuse qu'elle fait peser sur la stabilité socio-politique et économique.

Aujourd'hui 32 des 48 pays les moins avancés et 34 des 45 pays considérés comme ayant un faible niveau de développement humain se trouvent en Afrique.

L'Afrique au sud du Sahara compte selon les plus récentes estimations environ 250 millions de pauvres, soit environ 45% de la population. Plus alarmant encore, la pauvreté est en sensible progression, en raison notamment d'une quasi-stagnation de la croissance des revenus par habitant (2,1% sur la période 1991-1997), et de perspectives modestes d'expansion économique pour l'ensemble du continent (3,1% sur la période 1999-2005).

Au plan du développement humain, les défis de l'Afrique au sud du Sahara apparaissent considérables malgré un certain nombre de progrès manifestes. Les indicateurs sanitaires et éducatifs expriment des déficits importants. Les taux de morbidité et de mortalité sont aujourd'hui plus élevés en Afrique que dans le reste du monde. Les normes de santé et de nutrition se sont détériorées, et l'Afrique est le continent le plus durement touché par le Sida.

En outre, le réveil des conflits armés y fait des ravages terribles, justifiant les quelque sept millions de réfugiés soit plus de la moitié du total des réfugiés dans le monde. Par ailleurs, l'on compte actuellement environ 20 millions de personnes déplacées à l'intérieur des espaces nationaux.

Bien que la situation puisse varier selon les pays, il est reconnu que la pauvreté est un phénomène multidimensionnel sur lequel influe un large éventail de facteurs. On peut citer entre autres, le manque d'accès des pauvres, aux ressources productives, et aux services sociaux essentiels (santé, éducation et eau salubre). De même, leur faible niveau de participation aux processus politiques et leur manque d'influence sur la vie politique de leur pays constituent des entraves bien réelles. A cela s'ajoutent les conséquences directes et indirectes de facteurs financiers et économiques extérieurs sur lesquels il est vrai, les gouvernements africains n'ont que peu d'emprise.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Distingués Délégués,

Au regard de ce constat, on peut dire que les défis auxquels l'Afrique sera confrontée au cours des quinze prochaines années attestent à quel point il est urgent pour ce continent d'instaurer la paix et bonne gouvernance, de renforcer ses capacités de gestion du développement, de retrouver ou de renforcer ses avantages comparatifs, et de forger une nouvelle compétitivité internationale tout en revendiquant son propre programme d'action pour le développement et tout particulièrement en matière de lutte contre la pauvreté.

L'élimination sinon la réduction de la pauvreté s'impose en effet comme l'un des objectifs centraux des politiques contemporaines de développement. La volonté de la communauté internationale de faire face efficacement à ce problème a été mise en relief dans la proclamation de la Décennie pour l'élimination de la pauvreté, et par la place qui a été faite à l'élimination de ce fléau dans la stratégie globale de développement que le Programme d'action du Sommet mondial sur le Développement Social, a adopté à Copenhague en 1995.

L'initiative 20/20 qui s'en est suivie, et l'initiative spéciale du Système des Nations Unies en faveur de l'Afrique, lancée en mars 1996, constituent d'autres exemples d'actions internationales concertées pour réduire la pauvreté.

Le PNUD, pour sa part, a fait de l'éradication de la pauvreté sa priorité essentielle dans la poursuite du "développement humain durable". C'est ainsi que notre organisation s'est fixée parmi ses principales missions d'aider les pays à formuler et à mettre en œuvre des stratégies et programmes affinés de lutte contre la pauvreté.

En ce qui concerne plus particulièrement le continent africain, le Programme des Nations Unies pour le Développement met l'accent sur les activités opérationnelles de lutte contre la pauvreté à travers le dialogue des politiques de développement humain durable, la coordination des aides et, surtout, la mise en œuvre de programmes et projets de lutte contre la pauvreté dans ses multiples dimensions, économique, sociale, environnementale et institutionnelle.

Par ailleurs, le PNUD développe une réflexion approfondie sur les enjeux et défis de la lutte contre la pauvreté, sur les pratiques et l'impact des actions engagées par les gouvernements et leurs partenaires extérieurs, ainsi que sur les stratégies et programmes en cours sur le continent africain au sud du Sahara. Sur cette base, il a élaboré et publié cette année à travers son Bureau de Ouagadougou, un ouvrage sur la lutte contre la pauvreté en Afrique sub-saharienne qui capitalise les expériences acquises et les résultats d'initiatives pilotes engagées au plan national et régional, et présente des démarches méthodologiques et opérationnelles de formulation et de suivi-évaluation des stratégies de lutte contre la pauvreté.

A travers cette analyse à vocation régionale, le PNUD souhaite déterminer au mieux ses axes d'appuis et d'interventions, recommander des améliorations et pratiques novatrices afin d'assurer des progrès substantiels sur le front de la lutte contre la pauvreté il s'agit aussi d'assister les gouvernements et les partenaires de développement au sens large, en vue de la conception et la mise en œuvre de stratégies solides, coordonnées et opérationnelles de lutte contre la pauvreté.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames Messieurs les Ministres et Chefs de Délégation,

Distingués invités et Délégués,

Mesdames, Messieurs,

Cette conférence doit permettre sinon l'évaluation, du moins l'examen des activités et des progrès accomplis depuis Copenhague aux plan national et sous-régional dans les domaines les plus importants du développement social.

Les conclusions de la Conférence dont tout laisse augurer qu'elles seront substantielles, consolidées avec celles des conférences sous régionales de Marachech et de Nairobi, contribueront à forger j'en suis sûre, des approches et des positions africaines consensuelles en vue de la Conférence Mondiale (Copenhage + 5) qui se tiendra en 2000.

Je souhaite pour finir que nos travaux offrent aux Etats, à la société civile et au secteur privé ici représentés, un cadre de dialogue et d'échanges fructueux.

Je vous remercie.

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