Monsieur
le Président,
Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil des Ministres de l'Organisation de l'unité africaine,
Monsieur le Secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine,
Messieurs et Mesdames les Membres du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs,
Je
voudrais exprimer mes vifs remerciements à mon cher frère, le Dr Salim Ahmed Salim, qui
a invité la Commission économique pour l'Afrique à participer à la soixante-dixième
session ordinaire du Conseil des Ministres de l'Organisation de l'unité africaine et qui
m'invite de nouveau à prendre la parole devant cette assemblée d'importance unique. Je
voudrais aussi remercier le Gouvernement de la République algérienne démocratique et
Populaire pour la magnifique hospitalité et les excellentes infrastructures mises à la
disposition de la réunion.
Le
moment de me présenter devant vous, Mesdames et Messieurs les Ministres, domine à
intervalles réguliers mon calendrier personnel et je l'attends toujours avec plaisir.
Depuis
quelques années, j'ai insisté sur
l'importance du redressement économique de l'Afrique, mais j'ai aussi averti que notre
croissance devait être plus robuste. L'examen de l'an passé auquel a procédé la CEA
confirme les conclusions tirées lors de ma dernière rencontre avec vous, à savoir que
les pays africains ont continué de progresser sensiblement dans le sens de la
libéralisation économique et politique. A son tour, cette évolution a soutenu le très
encourageant bilan de croissance, surtout durant les quatre dernières années. Nous avons
constaté que sur les 50 pays pour lesquels nous disposons de données, 32 ont marqué une
certaine amélioration en 1998, tandis que
17 seulement étaient en moins bonne position au début de 1999 qu'un an plus tôt.
Cependant,
presque sans exception, dans la majorité des pays de la région, le taux de croissance a
été inférieur à 7 % par an, taux nécessaire pour que l'Afrique atteigne l'objectif
fixé de réduire la pauvreté de moitié d'ici 2015. Qui plus est, le bilan de croissance
de l'Afrique diffère sensiblement selon ses sous-régions. La majorité des Africains
vivent dans des pays dontla performance a été médiocre ou en baisse l'an dernier.
Beaucoup de ces pays ont été touchés par la guerre civile ou des troubles internes.
Des
cinq sous-régions, deux seulement, qui ne représentent qu'environ 25 % de la population
du continent, ont enregistré un bilan de croissance encourageant. La croissance s'est
ralentie dans les trois autres sous-régions, où résident non moins de 75 % de la
population du continent.
Les
données montrent clairement que les effets de la guerre et des troubles civils ont été
un facteur clé de ces différences entre sous-régions sur le plan économique.
Cela,
Monsieur le Président, me ramène au sujet dont nous avons traité voici deux ans quand,
à Harare, je vous ai fait part de mes réflexions sur les rapports entre diplomatie et
politique économique. En particulier, j'ai insisté pour que nous cherchions à établir
des synergies entre la prévention et la gestion des conflits, d'une part, et la
reconstruction, le redressement et le développement économiques, de l'autre.
Depuis
lors, l'instabilité politique s'est aggravée en Afrique : 20 % de la population de
l'Afrique sub-saharienne subissent aujourd'hui les atteintes de la guerre civile. Et, bien
entendu, nous souffrons maintenant de conflits entre Etats. Il est évident que les
conflits causent de plus en plus de dommage.
C'est
sur cette toile de fond que je voudrais poursuivre le dialogue commencé avec vous à
Harare, en examinant brièvement les causes de conflit, en particulier les liens entre
conflit et pauvreté; les conséquences économiques de la guerre; et les impératifs
d'une action globale et coordonnée pour la rénovation et la reconstruction
d'après-conflit.
Il
continue a avoir des divergences quant aux causes fondamentales des conflits qui ont
entrave le développement national dans plusieurs pays africains. Nous devons examiner de
très prêt ses causes -- ainsi que les facteurs déterminants de la paix. Plusieurs
experts en science politique, anthropologues et autres ont examine les causes de tous nos
conflits, et maintenant il serait bon que nous les économistes fassions de même, en
utilisant nos propres éléments.
Au
moins quatre hypothèses ont été avancées pour expliquer la cause des guerres civiles :
¨ La première est une haine ethnique et religieuse
innée, qui est exploite par les dirigeants ambitieux ;
¨ La deuxième est une rancur nationale ou la
performance d'un gouvernement s'avère contre l'intérêt nationale ;
¨ La troisième est une rancur du a la répartition
inégale ou la performance d'un gouvernement est considérée comme discriminatoire contre
un ou des groupes donnés dans la société ;
¨ La quatrième est l'emploi ou la rébellion est un choix
motive par le désir de s'accaparer des ressources de l'état.
Chacune de ses hypothèses a fait l'objet d'un
examen économique rigoureux en utilisant quelques paramètres appropries pour étudier la
cause des guerres. Les paramètres les plus appropriés étants socio-économiques,
permettez-moi de vous énumérez brièvement certains de ces paramètres qui méritent
votre attention :
Premièrement, conflit est indissolublement lié à la
pauvreté, en particulier au manque de capital humain, qui rend plus probable une guerre
civile. Aux yeux de quiconque pourrait s'enrôler dans les forces rebelles, le coût
d'opportunité d'une guerre civile est relativement faible dans les pays pauvres où les
revenus sont bas. Etant pauvres, les jeunes hommes n'ont aucun intérêt à rester là où
ils sont, ce qui les rend beaucoup plus disposés à rejoindre les armées rebelles. En
d'autres termes, une rébellion devient une possibilité d'emploi viable là où le
marché du travail ne fait pas place aux jeunes.
Deuxièmement,
le conflit est lié à la présence de ressources naturelles. Un certain nombre de
conflits sont nés et beaucoup d'autres sont devenus plus violents parce que les
bénéfices de l'exploitation des ressources naturelles n'était pas partagée. Et,
partout où des milices vivant de maraude s'emparent de territoires riches en ressources
naturelles, ces ressources sont le plus souvent pillées, ce qui fournit les fonds voulus
pour poursuivre le conflit.
Troisièmement,
partout où il y a des gouvernements dysfonctionnels - qui se caractérisent par des institutions économiques et politiques faibles et
non démocratiques -, les conflits ont plus de chance d'éclater. On connaît de nombreux
cas où l'incapacité du gouvernement de répondre aux doléances publiques a débouché
sur un conflit. Un conflit civil a évidemment moins de chance de se déclarer en régime
pleinement démocratique. Plus une société est démocratique, plus la frustration peut
s'exprimer et plus il y a de moyens de trouver des solutions. Plus les gouvernements
écoutent la population, moindre est le risque de guerre civile.
Quatrièmement,
les sociétés polarisées risquent de se fragmenter. En dépit des propos de nombreux
analystes selon lesquels l'Afrique ne pourra jamais être stable avec tant d'ethnies, il
est clair que la diversité ethnique et religieuse est un facteur de stabilité. Le risque
de guerre civile est plus élevé dans des sociétés polarisées (même si elles sont
plus homogènes sur le plan ethnique) que dans des sociétés diversifiées. La diversité
met les sociétés mieux à l'abri en limitant la probabilité de conflits ethniques, car
il est plus coûteux et difficile de fomenter des troubles dans une société
diversifiée. Si des conflits éclatent, ils sont généralement plus brefs dans une
société diversifiée, car il est plus difficile aux rebelles de maintenir leur
cohésion.
Monsieur
le Président,
Nous
savons quels résultats s'ensuivent quand la pauvreté est profonde, les dotations en
ressources naturelles non gérées équitablement, les gouvernements non démocratiques et
les sociétés polarisées. Des conflits
prennent naissance et les coûts en sont terribles.
C'est
incontestablement la guerre qui anéantit le développement économique sur notre
continent. Comme nous l'avons vu de manière si tragique au Rwanda, au Liberia et en
Sierra Leone, la guerre civile ne se borne pas à ruiner la vie des civils : elle porte
atteinte à l'environnement ; elle désorganise totalement les services sociaux,
éducatifs et sanitaires ; elle traumatise des générations de jeunes ; et elle force la
population à abandonner ses foyers et les terres de culture, perdant des groupes
familiaux jadis stables dans un océan de réfugiés.
En
fait, il y a maintenant de surabondantes preuves concrètes que le conflit armé :
¨ détruit le capital, laissant dans son sillage une
infrastructure en ruine;
¨ diminue l'épargne même là où le niveau d'épargne
est le plus modeste, car il influe négativement sur les systèmes économiques ·
détourne les fonds privés d'investir dans le pays même et détermine une fuite massive
du capital - qui, notons-le en passant est plus considérable en Afrique que dans toute
autre région du monde ;
¨ détourne de son cours naturel l'aide étrangère, qui
est de plus en plus consacrée aux interventions d'urgence ;
¨ et, avant toute chose, conduit
les gouvernements à affecter une part accrue de leur budget aux dépenses militaires,
cela au détriment des services économiques. Dans l'un des pires cas, un conflit en cours
absorbe selon les évaluations 50 % du PIB national ;
Je
sais aussi que selon une autre théorie les guerres peuvent rapporter un riche butin, que
ce soit sous forme d'or, de diamant ou de pétrole. Mais je voudrais rappeler que presque
tous les économistes parviennent à une conclusion différente quand il s'agit de mesurer
le coût pour les populations concernées face aux bénéfices de semblables pillages. De
toute manière, le bénéfice matériel des guerres est généralement détourné de
manière illégale, de sorte qu'il faut y voir une perte pour le public. Une perte sur toute la ligne, et aucun bénéfice.
Monsieur
le Président,
Quand
nous suivions des cours d'économie, nos professeurs nous parlaient du choix entre ''les
canons et le beurre''. Et bien, nous affrontons ce choix tous les jours à travers notre
continent. Et, le plus souvent, ce sont les canons destinés aux conflits civils ou
internationaux qui l'emportent.
Ces
réflexions sur les causes et les effets économiques des luttes civiles et des
opérations militaires doivent nous conduire à considérer dans une optique plus large
les liens réciproques entre développement et paix. C'est armé de ces données nouvelles
que je voudrais revenir sur les recommandations que je vous ai présentées voici deux
ans.
J'avais
alors souligné que la lutte contre la pauvreté était une bataille pour la paix, et
recommandé ce qui suit :
¨ les donateurs et les gestionnaires des ressources
nationales doivent investir davantage dans le processus de paix ;
¨ les activités de renforcement de la paix et de
prévention des conflits doivent être sous-tendues par un développement plus équitable
;
¨ la coopération entre les trois principales
organisations régionales de l'Afrique doit être renforcée pour promouvoir le
redressement économique au niveau national ;
¨ il faut reconnaître l'importance du processus d'Abuja
pour en fonder su le plan politique la recherche de la paix, de même que pour la
croissance et le développement ;
¨ il faut rendre vigueur à l'Organisation des Nations
Unies pour qu'elle joue un rôle encore plus efficace dans l'édification de la paix en
Afrique.
Etant
donné les nouvelles données dont nous disposons quant aux facteurs qui augmentent les
chances de conflit et à ceux qui renforcent les chances de la paix, sans oublier
l'histoire du continent en 1998, j'ai la certitude que vous conviendrez avec moi que ces
recommandations s'imposent encore plus maintenant que ce n'était le cas à Harare, voici
deux ans.
Monsieur
le Président,
La
conclusion centrale de notre plus récente étude économique du continent nous informe
que, avec exceptions, et malgrè de récents résultants positifs, la plupart des pays
africains n'ont pas encore atteint les conditions de croissance continue nécessaires pour
arriver au but d'éliminer la pauvreté de moitié en 2015. Aussi, nous savons que la
croissance seule ne suffira pas.
La
croissance doit être accompagnée de politiques d'attaque à la pauvreté et de promotion
de l'éducation, de la santé, et sociale ou du "safety net". Ceci demande un
juste équilibre entre les mesures d'ajustement et de stabilisation à court terme d'une
part, et des considérations à long terme d'autre part, telles que le renforcement des
capacités, la réforme des institutions, le développement des ressources humaines, et le
bon cheminement du volet environnement. Voilà les sujets développés dans notre plus récent rapport économique sur
l'Afrique, sur lequel je porte votre attention.
Le
succès de l'amélioration de l'indice de la pauvreté et de la croissance économique
dépend d'une série de défis à court terme. Il nous faut mettre fin aux conflits
présents, en éviter d'ultérieurs, construire une paix durable et reconstruire les pays
qui en ont souffert.
La
communauté internationale n'a pas été particulièrement bien préparée à ces tâches
et, franchement, ici en Afrique, nous non plus. La communauté internationale a été
prise par surprise par des conflits. Les
organizations portant l'aide humanitaire telles que le HCR, le Comité international de la
Croix Rouge et le Programme Alimentaire Mondial ont dû ajouter au travail prescrit par
leur mandat la construction de routes et de systèmes de ravitaillement en eau. Ceci
résulte en un double-emploi au-delà des
services de base et de maintien de la paix dans des situations de conflit et de
post-conflit.
Les
banques de développement et autres bailleurs de fonds à long terme se sont vus frustrés
car ils dépendent souvent du rétablissement
des services de base avec une relance du système financier avant que leur travail puisse
commencer. De plus, une interruption dans les paiements des dettes pose des problèmes de candidature aux bailleurs de fonds.
Tout
ceci demande une coordination étroite ainsi qu'une application novatrice des pratiques et
des mandats traditionnels. De l'agonie de l'expérience et de la perspective que de
nombreux pays sortiront bientôt de conditions précaires d'urgence s'élève un consensus
sur la façon de mieux gérer la transition de crise au développement. Trois principes
fondamentaux sont maintenant bien compris:
Premièrement:
le continuum depuis le pré-conflit, avec un développement normal, le conflit, nécessitant de l'aide
humanitaire, et le post-conflit, où la
reconstruction physique et institutionnelle a lieu dans la transition d'une économie de
guerre à une économie en développement. Tout ceci comporte des dimensions économiques,
sociales et politiques.
Deuxièmement:
bien que, en théorie séparées, ces trois phases se superposent, exigeant de nous une
coordination bien meilleure. Ceci est crucial
et souligne l'importance d'une approche d'ensemble à l'aide aux pays qui sortent de
conflits. Ces tâches sont clairement si multidimensionnelles, multidisciplinaires et
reliées qu'elles dépassent les capabilités d'une seule organisation.
Troisièmement:
étant donné que la plupart des conflits dépassent les frontières existantes malgrè le
fait qu'ils aient semblé avoir commencé comme des conflits internes, tout effort
d'assistance aux pays concernés doit tenir compte des facteurs régionaux et
sous-régionaux et cette dimension du problème. A présent, la plupart des organisations
vouées à porter aide ne disposent que de mécanismes fonctionnant dans les systèmes
légaux et operationnels nationnaux.
Ces
problèmes ont été étudiés et l'expérience s'y rapportant a été réunie afin de
concevoir un cadre approprié à l'aide de plusieurs institutions aux pays et régions en
conflit ou à l'issue d'un conflit. On peut en trouver un écho dans le rapport présenté
en avril 1998 par le Secrétaire général de l'ONU sur ''Causes des conflits et promotion
d'une paix et d'un développement durable en Afrique'' et dans les directives publiées
ultérieurement afin de donner à ce cadre des contours concrets.
Dans
cette stratégie, et compte tenu des dimensions sous-régionales et régionales dont j'ai
fait état plus haut, les organisations régionales ont été explicitement invitées à
jouer un rôle directeur dans la coopération entre Etats et dans l'acheminement du
soutien de la communauté internationale. Cela est en harmonie avec la position que mes
chers collègues Salim Ahmed Salim et Omar Kabbaj, ainsi que moi-même, avons pris à
notre consultation annuelle de 1998, tenue à Abidjan en février.
Vu
le consensus qui se forme quant au rôle important des institutions régionales dans ce
domaine, le problème est aujourd'hui de voir quels sont pour nous les meilleurs moyens
d'aider les pays africains sortant d'un conflit à trouver le chemin d'une paix durable et
soutenue. Un bon point de départ consiste à s'inspirer des travaux et de l'expérience
de nos communautés économiques régionales dans ce domaine.
Durant
les quelques dernières années, nous avons vu que nos pays et groupements sous-régionaux
étaient plus disposés à consacrer des ressources humaines et matérielles à éteindre
les incendies survenues dans les zones relevant de leur contrôle afin de servir la paix
et le développement économique. Les dirigeants africains se montrent de plus en plus
sensibles aux dimensions sous-régionales et régionales du conflit et comprennent que ce
dont souffrent aujourd'hui nos voisins peut causer notre perte demain.
L'expérience
de ces groupements montre aussi clairement qu'il importe d'amplifier et de coordonner les
activités diplomatiques. C'est dans ce contexte, Monsieur le Président, que l'OUA doit
être soutenue et consolidée afin de mieux affirmer son rôle irremplaçable dans les
efforts pour la paix déployés sur notre continent.
Permettez-moi
d'en venir maintenant au rôle que la CEA peut jouer et entend jouer dans ce domaine.
Compte tenu de notre mandat régional et de nos avantages relatifs, les objectifs globaux
des activités de la CEA dans ce domaine sont d'aider les pays qui sortent de situations
de conflit à entreprendre leur redressement et reconstruction économique, aussi bien que
l'intégration sociale.
Dans
cette perspective, Monsieur le Président, nous envisageons de mener des activités
centrées sur les préoccupations suivantes:
¨ aider les pays à rénover et renforcer leurs capacités
et leurs institutions nationales de prise de décisions économiques et de gestion
économique, y compris le recyclage de nouvelles équipes de dirigeants concernant les
principes essentiels de la gouvernance et les relations avec les institutions financières
internationales;
¨ faciliter la mise en commun d'expériences dans la
consolidation de la paix à l'issue de conflits, l'accent étant mis en particulier sur le
redressement, la reconstruction et le développement économiques;
¨ identifier les experts dans chaque pays et à travers
l'ensemble du continent, de même que dans le monde entier, qui pourraient participer aux
activités de consolidation de la paix et de
développement à l'issue de conflits dans un pays ou une sous-région;
¨ tenir compte des dimensions régionales et
sous-régionales du redressement, de la reconstruction et du développement
d'après-conflit - activités qui offriront aussi un point d'accès à nos partenaires
bilatéraux et multilatéraux, dont les programmes sont généralement centrés sur un
seul pays, pour leur permettre de contribuer aux programmes sous-régionaux de
¨ redressement et de reconstruction.
La
CEA organise à l'automne un atelier préparatoire. Cet atelier réunira diverses parties
intéressées, à savoir des représentants de gouvernements, d'institutions des Nations
Unies, d'organisations bilatérales et multilatérales et de la société civile. Le but
de cet atelier est de dégager un consensus, développer une stratégie, et de prendre des
mesures relatives à un programme de redressement économique et d'intégration sociale
d'après-conflit, en face des perspectives de paix qui se font jour sur le
continent.
Nous sommes extrêmement encouragés par le résultat des consultations approfondies que
nous avons eues jusqu'ici à cet égard.
Monsieur
le Président,
Mesdames
et Messieurs les Membres du Conseil des Ministres de l'Organisation de l'unité africaine,
Monsieur
le Secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine,
Mesdames
et Messieurs les Membres du Corps diplomatique,
Mesdames
et Messieurs,
Le
monde a désormais compris que le rétablissement de la paix en Afrique doit être mené
à bien par les dirigeants et les institutions de l'Afrique. Je crois que nous sommes à
la veille de comprendre que le redressement et la reconstruction économiques de l'Afrique
doivent être définis et conduits en Afrique même. C'est là un point clef à l'heure
où nous prenons l'avenir en mains.
C'est
avec ces importantes questions en tête que je me suis présenté devant vous aujourd'hui
: je vous suis reconnaissant de l'honneur de vous parler, je vous souhaite un complet
succès dans vos délibérations et j'espère que nous-mêmes, économistes et
spécialistes du développement, pouvons vous aider à faire ce qui est à la fois
nécessaire et suffisant pour l'Afrique pacifique et progressiste à laquelle nous
consacrons tous notre vie.
Je
vous remercie.