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African Centre for Women

I. ORGANISATION DES TRAVAUX

1.         La réunion de suivi  du voyage d’étude des femmes entrepreneurs d’Afrique  en  Asie s’est tenue à Bujumbura, Burundi, du 9 au 14  juin 1999 dans la salle de conférence de l’hôtel Source du Nil.  Elle était organisée par le Centre africain pour la Femme de la Commission économique pour l’Afrique en collaboration avec le Gouvernement du Burundi avec l’assistance du Gouvernement des Pays Bas et du  Bureau du PNUD de Bujumbura .

1.                  Participation

2.         Les participants à la réunion étaient des femmes entrepreneurs, qui ont pris part au voyage d’étude,  les leaders des associations de femmes entrepreneurs ainsi que les représentants d’institutions de technologie et d’appui à l’entrepreneuriat.  Etaient également présents à la réunion les représentants du partenaire asiatique « Asian Centre for Entrepreneurial Initiatives », le Programme des Nations Unies pour le développement, (PNUD), l’Organisation internationale du travail (OIT), l’Organisation de l’Unité africaine, (OUA) le Centre régional africain de technologie (CRAT) et Commun Market for Eastern and Southern  Africa (COMESA).  La liste des participants est reproduite en annexe I. 

2.         Programme de la réunion 

3.         Le programme de la réunion reproduit en annexe II avait les principaux points suivants : 

1.                  Cérémonie d’ouverture

2.                  Aperçu sur l’historique et les objectifs de la réunion et présentation du programme de travail

3.                  Synthèse des leçons tirées du voyage d’études : points de vue individuelle et points de vue des instituts de technologie

4.                  Cadre pour la création des centres d’affaires pour les femmes entrepreneurs

5.                  Cadre pour la création d’un fonds de garantie

6.                  Adoption du projet de rapport et des recommandations

7.                  Clôture de la réunion. 

II.        DEROULEMENT DES TRAVAUX 

1.         Cérémonie d’ouverture 

4.         La réunion a été ouverte officiellement par trois allocutions.  La cérémonie d’ouverture était rehaussée par la présence de Son Excellence Madame Sophie Buyoya, Epouse du Chef de l’Etat. Son Excellence Madame Romaine NDORIMANA, Ministre de l’Action Sociale et de la Promotion de la Femme a souhaité, au nom du Gouvernement du Burundi, la bienvenue à tous les participants et plus particulièrement à Madame Joséphine OUEDRAOGO, Directrice du Centre Africain pour la Femme (CAF) de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), qui s’est investie pour la tenue de cette réunion à Bujumbura.  Elle a ensuite remercié toutes les femmes d’affaires et les institutions  venues d’Afrique et d’Asie d’être venues pour partager leurs expériences avec leurs sœurs burundaises.  Elle a brièvement évoqué la situation qui prévaut dans le pays et a souhaité aux participants des délibérations fructueuses. 

5.         A son tour, Madame Kathleen Ann Cravero, Représentant du PNUD au Burundi a indiqué que le PNUD appuie l’acquisition et le renforcement du pouvoir économique des femmes en général, et des femmes paysannes en particulier.  C’est dans ce cadre que le PNUD a élaboré un programme régional qui visaient l’épanouissement économique de la femme. dans lequel s’inscrit cette réunion. 

6.         Madame Cravero a observé que cette réunion vient à point nommé pour les femmes burundaises qui, en plus de leur situation de démunies, sont affectées par la crise que traverse leur pays.  Elle a indiqué que la plupart d’entre elles croupissent jusqu’aujourd’hui dans les camps de sinistrés, voient leurs enfants mourir de faim sans qu’elles soient en mesure de leur assurer le minimum, et sont parfois obligées de mendier ou de vendre leurs corps pour avoir la ration journalière. 

7.         Elle a insisté tout particulièrement sur l’éradication de la pauvreté qui est un des piliers du développement humain durable.  Elle a terminé son allocution par le souhait que cette réunion contribue au renforcement du partenariat Sud-Sud. 

8.         Dans son allocution,  Madame Joséphine Ouédraogo, Directrice du CAF a en premier lieu remercié Son Excellence Madame Sophie Buyoya, épouse du Président de la République du Burundi, d’avoir honoré de sa présence l’ouverture des travaux de cette réunion.  Elle a ensuite exprimé ses remerciements pour la qualité et la chaleur de l’accueil qui a été réservé aux délégations. 

9.         Pour Madame Ouédraogo, la question du renforcement des rôles et des capacités des femmes devient une question brûlante en cette fin de millénaire lorsque l’on sait qu’en Afrique Sub-Saharienne : 

-         48 % de la population n’a accès ni à l’eau potable, ni aux services de santé ;

-         52,1 % des femmes sont analphabètes ;

-         32 % des femmes enceintes étaient séropositives à Harare en 1995. 

10.       Elle a  souligné qu’afin d’éradiquer tous ces fléaux, les femmes doivent se donner les moyens d’être informées, d’être formées et d’agir.   Aucun changement notoire et durable ne pourra être enregistré dans les cinq prochaines années en ce qui concerne l’éradication de la pauvreté domestique, intellectuelle et économique des populations africaines, a-t-elle poursuivi, si les femmes continuent de s’exclure ou d’être exclues des réseaux d’information et de formation, des réseaux de distribution des crédits et des investissements, des réseaux de recherche technologique et des mécanismes de prise de décisions politiques et économiques. 

11.       D’après Madame Joséphine Ouedraogo, les conséquences de ces phénomènes d’exclusion sont énormes.   Le travail indépendant ou informel concerne, selon les pays, 50 à 70 % de la population.  C’est pourquoi toute personne active est appelée à promouvoir quotidiennement non seulement son savoir-faire, mais aussi ses capacités d’organisation, de prévision, de gestion, d’encadrement et de transfert de savoir-faire, ainsi que des capacités de prise de décision. 

 12.       Elle a  ensuite fait remarquer que la Commission Economique pour l’Afrique s’est engagée, depuis cinq ans, à mettre en œuvre un programme de promotion des femmes entrepreneurs.  Ce programme a d’abord abouti à la naissance de la Fédération Africaine des Femmes Entrepreneurs en 1993 dont le parcours s’est enrichi de l’organisation périodique de Forums d’échanges accompagnés de foires d’exposition et de ventes à l’échelle internationale. 

13.       Madame Joséphine Ouédraogo a noté que le Centre a pris part au Forum Afro-asiatique organisé conjointement par le PNUD et le Bureau spécial des Nations - Unies pour les pays africains et les pays les moins avancés à Bangkok en juillet 1997.  C’est à partir des recommandations de ce forum que le Centre Africain pour la Femme, en collaboration avec le Bureau du PNUD pour l’Afrique, a organisé en juin 1998 un voyage d’études en Inde et au Sri Lanka au profit d’une vingtaine de femmes africaines et de représentants d’institutions spécialisées. 

14.       L’objectif de ce voyage était de stimuler la créativité des femmes entrepreneurs, d’enrichir leurs réseaux d’échanges et de jeter les bases pour une coopération triangulaire qui conjuguerait l’appui institutionnel, la recherche technologique et les échanges commerciaux. 

15.       Madame Joséphine Ouédraogo a saisi l’occasion pour témoigner sa reconnaissance à l’endroit du Bureau du PNUD pour l’Afrique, à ASCENT (Asian Centre for Entrepreneurial Initiatives) et à l’Etat de Karnataka. Elle a fait remarquer que les résultats de la Conférence internationale sur les femmes africaines organisée par la CEA pour commémorer son 40 ème anniversaire en Avril 1998, ont incité le Centre Africain pour la Femme à s’impliquer dans la mise en place de Centres d’affaires et de Fonds de garantie afin de renforcer les capacités entrepreneuriales des femmes. Par conséquent, a-t-elle rappelé, cette réunion devra aboutir à la formulation d’un programme de partenariat dont l’objectif immédiat consistera en la mise en place de Centres d’affaires et de Fonds de garantie.  Ce partenariat devra également viser à moyen terme la construction et l’animation de réseaux nationaux, régionaux et internationaux qui contribueront à accorder une visibilité croissante au travail et aux expériences des femmes. 

16.       Enfin, Son Excellence Madame Sophie Buyoya, Epouse du Chef de l’Etat a d’abord souhaité  la bienvenue à toutes les femmes entrepreneurs et institutions d’Afrique et d’Asie venue à Bujumbura en cette période particulièrement marquée par la reconstruction du Burundi.  Elle a insisté sur le fait que toute véritable libération de la personne humaine doit commencer par la libération économique.  C’est ainsi que la 4ème Conférence Mondiale sur les Femmes, tenue à Beijing en septembre 1995 en a fait le porte- flambeau du forum.   L’objectif d’émancipation économique des femmes était, a-t-elle précisé est de promouvoir des politiques macro-économiques et des stratégies de développement répondant aux besoins et aux efforts des femmes vivant dans la pauvreté. 

17.       Mme Buyoya a ajouté que le continent asiatique étant avancé dans les procédés de conservation des denrées alimentaires, peut constituer en cela un modèle à suivre car, le développement de l’industrie alimentaire doit être le point central du développement des pays africains, essentiellement basé sur l’agriculture.  

18.       Madame Sophie Buyoya a terminé son allocution par des remerciements à l’endroit du Centre Africain pour la Femme, de la CEA pour avoir choisi le Burundi comme pays hôte, et a déclaré ouverts, les travaux de la réunion. 

2.                  Aperçu  sur  l’historique , les  objectifs, et le programme de la réunion de suivi 

19.       Mme Françoise Wege du Centre Africain pour la Femme (CAF) de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) a expliqué que la réunion s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie de la CEA qui met l’accent sur l’appui au processus de développement économique des pays membres et la création de partenariats .  

20.       Elle a évoqué les cadres actuels de coopération entre l’Afrique et l’Asie tels que la Conférence internationale sur le développement de l’Afrique de Tokyo (TICAD).  Le cadre de coopération de Bandoeng (Indonésie) qui encouragent la création de réseaux pour le commerce et les investissements et l’exploitation des leçons des expériences asiatiques en matière d’organisation de la production, et l’utilisation créative des technologies dans le secteur agro-alimentaire et du textile.  Elle a indiqué que le Centre africain pour la Femme participait aux efforts visant à soutenir et à appuyer les femmes entrepreneurs en particulier dans les domaines du renforcement des compétences, des recherches d’opportunités d’investissements, de formation et de la circulation de l’information. 

21.       Elle a indiqué que depuis un certain temps les femmes d’Asie participaient aux activités des femmes entrepreneurs africaines telles que la Conférence sur l’accès des femmes entrepreneurs aux technologies de communication et de l’information tenue  en 1997 à Accra ainsi qu‘aux foires commerciales. 

22.       Mme Wege a ensuite indiqué que les principaux objectifs de la réunion étaient de renforcer le partenariat économique entre les femmes entrepreneurs et les institutions africaines et asiatiques et de définir le cadre institutionnel,  pour la mise en place des centres d’affaires et des fonds de garantie. 

23.       Mme Wege a fait remarquer que la rencontre regroupait trois catégories  de participants : 

                                   i.       Les participants au voyage d’étude;

                                  ii.       Les responsables des associations de femmes entrepreneurs et;

                                iii.       Les partenaires, y compris ceux d’Asie, le secteur privé (banques,  chambres de commerce etc.), les organisations intergouvernementales de même que les organisations du système des Nations Unies. 

24.           Elle a conclu en précisant que la réunion devrait déboucher sur : 

·        L’identification des filières économiques qui offrent des possibilités de partenariat économique entre les entreprises asiatiques et africaines et l’identification des actions nécessaires à  la concrétisation de ce partenariat;

·        La définition du cadre de mise en place des centres d’affaires et le choix des options préliminaires qui guideront la formulation du projet de création de ces Centre d’affaires;

·        La définition du cadre et des conditions institutionnelles et financières nécessaires pour la mise en place d’un Fonds de garantie pour les femmes entrepreneurs. 

3.                  LES  LEÇONS TIRÉES DU VOYAGE D’ÉTUDE 

3.1       La synthèse des leçons tirées du voyage d’étude en Inde et au Sri Lanka 

25.       Dans sa présentation, Madame Opportune Santos, consultante du CAF, est d’abord rappelé le contexte et les objectifs du voyage d’étude qui a amené des femmes entrepreneurs, des responsables des ONGs et des insitutions technologiques d’Afrique, en Inde et au Sri Lanka, du 4 au 25 juin 1998. 

26.       Ce voyage d’étude avait pour objectifs principaux : 

·        de renforcer les capacités des femmes entrepreneurs à travers les échanges, la formation, l’accès à des procédés des productions de transformation et d’emballage, l’acquisition des technologies bon marché et de bonne qualité ; 

·        d’établir un réseau d’échange au niveau régional et sous-régional ; 

·        de développer un centre d’information régionale et des antennes nationales. 

27.       Son exposé était basé sur les rapports envoyés au CAF par quelques participants  au

voyage. Les autres participants présents a la rencontre ont été invités à la fin de l’exposé a apporté leur contribution .

 28.       L’intervention a fait ressortir que les participants ont apprécié le voyage en Inde et au Sri Lanka, le programme dans son ensemble, ainsi que les pays visités . Les principales  leçons tirées du voyage ont été résumées en six points :

 ·        L’organisation sociale au sein des entreprises en Inde : le modèle indien favorable à l’organisation du travail permet de trouver des solutions à des problèmes difficiles à gérer individuellement; 

·        L’environnement  socio-politique et  économique favorable créé par l ’ Etat de Karnataka  à travers  la mise en place de structures d’accompagnement au niveau technique et économique, au niveau de la formation et  de la recherche; 

·        La technologie : il s’agit d’une technologie simple facile à fabriquer, d’un coût abordable, vulgarisable donc facile à adopter 

·        l’intégration systématique de la recherche au niveau de la production et de la transformation et cela en amont et en aval de la recherche. 

·        La récupération des sous-produits de la transformation des céréales et des fruits a inspiré beaucoup de femmes après le voyage. 

·        Au cours du voyage d’étude, les femmes entrepreneurs ont pu découvrir des femmes de références à l’instar de Madame Madhura Chataphathy et ses consœurs qui acceptent  généreusement de partager leurs expériences. 

29.       S’exprimant sur l’impact du voyage d’étude sur les activités des femmes entrepreneurs et sur leurs associations, Madame Santos a souligné que dans l’ensemble, ce voyage d’étude aura été enrichissant et instructif.  La documentation collectée était abondante, utile, et quelques participants ont déjà commencé à l ‘exploiter et à mettre en pratique les acquis du voyage en restructurant leurs organisations sur le modèle indien, en fabriquant des équipements adaptés à l’Afrique. 

30.       Un autre impact est que, de retour dans leur pays, les participants ont su profiter des différentes rencontres organisées au niveau national pour partager ces expériences avec les autres associations et les départements techniques des ministères . 

31.       Concernant les suggestions et recommandations pour le suivi de ce voyage d’étude, tous les  participants ont proposé:  

·        La poursuite de l’organisation des voyages d’étude entre l’Afrique et l’Asie mais également entre pays africains ; 

·        La mise en place d’un centre d’information et de transfert de technologie ;  

·        la création d’un réseau d’échange d’information ; 

·        la création d’un centre d’entrepreunariat féminin à  l’image d’ ASCENT.           

32.       Au cours du débat général, les recommandations suivantes ont été formulées par les participants : 

·        Transmettre la  documentation sur le voyage d’étude à tous les pays pour en faciliter la diffusion ; 

·        Privilégier les femmes entrepreneurs ayant des intérêts communs en technologie de transformation agro-alimentaire ainsi que les structures d’encadrement dans le choix des participants aux voyages d’étude.  

·        Promouvoir des voyages d’études inter-intra africains et mettre sur pied des mécanismes permanents d’échanges d’informations. 

·        Faciliter/établir des liens de coopération entre les entrepreneurs africains, et les structures qui existent sur le continent  en matière de recherche. 

·        Choisir des entreprises appropriées à visiter  c’est-à-dire celles dont les activités cadrent bien avec le domaine de travail des participants (banane, arachide, etc…)  

·        Faire prendre conscience à la société en général de l’interdépendance qu’il y a entre l’entrepreneuriat (secteur formel et informel) et le développement. En effet, sans l’intervention des femmes  dans les micro et petites entreprises où elles  sont nombreuses il n’y aura pas de développement économique véritable.  

·        Développer l’information et la communication pour le secteur de la technologie de transformation alimentaire, en créant des réseaux d’échange d’informations : des sites-web, des expositions permanentes (show-rooms) etc… et ainsi briser les obstacles liés à la communication qui handicapent les différentes initiatives au niveau du continent et pour qu’aucune sous- région ne soit exclue notamment au niveau de la mise sur pied des centres d’affaires et des fonds de garantie,  

·        Mettre sur pied un cadre d’appui institutionnel favorable à la promotion de l’entrepreunariat des femmes. 

3.2.      Leçons tirées du point de vue du transfert de technologie 

33.       Le thème a été présenté par trois conférenciers, Madame Sabina A. Mensah, Messieurs Ousmane Kane et Ousmane Kornio respectivement représentants des institutions suivantes GRATIS, CRAT et APICA.           

34.       Dans son exposé, Monsieur Ousmane Kane, Directeur Exécutif de CRAT, a évoqué le voyage d’étude en Inde et au Sri-Lanka en des termes positifs même s’il estimait qu’il y avait des améliorations à faire.

 35.       Il a ensuite présenté l’expérience du CRAT, qui s’articule autour des axes suivants : 

·        Etude et évaluation des besoins technologiques,

·        Information/documentation,

·        recherche, développement et démonstration,

·        conseils et consultations technologiques,

·        formation et développement des ressources humaines,

·        partenariat et coopération scientifique et technique,

·        incubation de techno- entreprises. 

36.       L’exposé a conclu que compte tenu de son expérience et de son mandat, le CRAT pourrait contribuer efficacement à la promotion de l’entrepreunariat féminin en Afrique et pourrait s’impliquer activement dans la facilitation des relations de coopération entre les femmes africaines chefs d’entreprises et les institutions intéressées en Asie.   Cette contribution devrait être située dans le cadre d’un partenariat CRAT – CAF/CEA avec le soutien financier des partenaires au développement comme le PNUD. 

37.       Monsieur Ousmane Kornio, Secrétaire Général de Association pour la Promotion des Initiatives Communautaires Africaines (APICA) a reconnu que le voyage d’étude a été d’un très grand intérêt.  Les visites d’entreprises et d’institutions technologiques ont fait découvrir des technologies intéressantes dans les domaines de la pâtisserie, des fruits ( fabrication de jus,  séchage et autres), de la noix de cajou au Sri Lanka,  du traitement, de la fibre de coco (techniques de traitement et de transformation), et du lait 0( techniques de transformation) etc… 

38.       En dehors des entreprises visitées, le voyage a offert des opportunités de contacts et d’échanges avec des institutions comme le Centre de technologie alimentaire (CFTRI) qui est une bonne référence.  Il s’agit d’un institut universitaire qui reçoit en formation des agents de développement artisanal et industriel sur les techniques et technologies de traitement et de transformation des produits alimentaires.  Il offre des formations de longue durée et des stages de courtes durées. 

39.       Le voyage a favorisé le développement d’une interface Afrique- Inde en ce sens que les autorités de l’ Etat de Karnataka ont montré des dispositions favorables  pour faciliter l’organisation et l’achat des équipements en faveur des  femmes  africaines. 

40.       Monsieur Ousmane Kornio n’a pas manqué de souligner les possibilités d’exploitation judicieuse des informations technologiques reçues en Inde, ainsi que le rôle que pourrait jouer l’APICA en tant qu’institution de recherche et de développement technologique. Il a proposé une série d’actions de suivi des résultats de ce voyage d’échange . 

41.       S’agissant du projet GRATIS, Madame Sabina Mensah, a retracé les objectifs, le groupe – cible ainsi que les activités développées par ce projet qui a été mis sur pied en 1987 par  le Ministère ghanéen de l’environnement et de la technologie. 

42.       L’ objectif  de ce projet est de promouvoir la petite l’industrialisation au Ghana en mettant  les services de consultation à la disposition des entrepreneurs qui désirent étendre leurs activités à travers l’introduction de nouveaux produits ou des procédés de fabrication. 

43.       GRATIS développe une gamme variée d’activités qui vont de la planification, la fabrication jusqu’à la distribution et la vente. Dans ce domaine du transfert des technologies, elle a insisté sur les problèmes liés à la transmission de l’information, à la gestion financière, et à l’insuffisance des moyens financiers. 

44.       Selon les domaines d’intervention, les techniques à utiliser peuvent être simples ou très compliquées et le choix des équipements en dépend. Ils seront importés ou trouvés localement  suivant le niveau de la technologie mise en œuvre. 

45.       Certains domaines comme la transformation de fruits en jus, le séchage, la transformation de graines oléagineuses depuis le décorticage jusqu’à l’emballage, la technique de conservation  du lait sont bien maîtrisés en Inde. GRATIS souhaiterait établir des contacts avec CTRI et compte sur la collaboration d’ ASCENT pour faciliter ces contacts. 

46.       La discussion générale sur la question a conclu ressortir que la visite en Inde et au Sri Lanka a offert des opportunités de contact et d’échange. Mais du point de plusieurs femmes entrepreneurs, ce qui importe le plus, ce n’est pas d’avoir vu les équipements utilisés dans les différentes entreprises, ce sont plutôt les idées suscitées, la stimulation de l’esprit de créativité. 

47.       L’un des intervenants a insisté sur la quantité d’énergie que les femmes dépensent dans la transformation des produits alimentaires d’où la nécessité de trouver des solutions pour soulager les femmes dans ce domaine. C’est dans ce cadre que l’expérience ghanéenne portant sur le programme de diffusion de fours améliorées pour réduire l’utilisation du bois de chauffe a été communiquée. 

48.       Les intervenants ont également relevé la nécessité d’ appuyer les personnes qui montent des entreprises dans le secteur alimentaire car elles se heurtent aux problèmes financiers pour voyager et participer aux rencontres et séminaires.   Ce manque de moyen les limite également au niveau technique et le cas des femmes qui s’investissent  dans la transformation du gari au Ghana a été cité en interpellant les gouvernements concernés pour que le secteur formel puisse entrainer le secteur non formel.  

49.       Les délégués du Sénégal et de la Côte d’Ivoire ont porté à la connaissance des participants leurs expériences respectives sur le lien à faire entre le développement en général et l’entrepreneuriat dans le domaine de la transformation et la conservation des produits agricoles. 

50.       Les femmes entrepreneurs ont également fait remarquer que les gouvernements en Afrique ne favorisent pas l’initiative privée, comme c’est le cas en Inde.  Malgré l’insuffisance des technologies dans leur milieu, elles ont souligné que les femmes n’attendent pas d’être servies, elles  se battent  pour accéder à l’information et aux techniques nécessaires. 

51.       Enfin, les participants ont fait remarquer qu’il était difficile d’être à la fois producteur et exportateur, et qu’il serait important d’ évoluer vers la spécialisation par secteur d’activité. 

52.       Comme recommandations issues du débat, les participants ont insisté sur la nécessité  de faire circuler l’information et suggéré dans un premier temps l’utilisation du courrier électronique   ainsi que  la participation aux rencontres et séminaires.  

53.       Ils ont par ailleurs invité les bailleurs de fonds à mettre beaucoup plus de moyens dans les entreprises de transformation de produits alimentaires en vue d’encourager et de soutenir  l’entrepreneuriat des femmes.            

3.3       Principales questions et principaux concepts développés pendant le voyage d’étude 

54.       Mme Joséphine Ouédraogo, Directeur du Centre Africain pour la Femme a introduit la séance en rappelant que la Réunion de Bujumbura fait partie du processus qui a commencé en juillet 1997 à Bangkok lors du Forum Afrique- Asie organisé avec l’aide des gouvernements de Thaïlande et du Japon. A cette occasion les femmes entrepreneurs présentes à Bangkok ont manifesté la volonté de mettre fin à toute sorte de promesses et de recommandations sans lendemain pour enfin passer à l’action. Le Directeur du CAF a saisi l’occasion pour remercier particulièrement, Madame Morgan du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour les ressources allouées qui ont permis d’organiser ce voyage d’étude qui est somme toute une expérience réussie. 

55.       Après cette brève introduction, elle a invité  Mme Viola Morgan , présidente de séance a prendre la parole.  

56.       Mme Viola Morgan a, à  son tour, donné des informations générales, en précisant que 35 pays africains étaient représentés à la réunion tenue à Bangkok en juillet 1997 sur le renforcement du pouvoir économique des femmes dans le cadre de la coopération Asie- Afrique. Elle a rappelé que lors de cette rencontre les participants africains s’étaient réunis pour convenir des domaines prioritaires dans lesquels ils cherchaient à promouvoir la coopération avec l’Asie, à savoir la transformation des produits alimentaires et les textiles, ce que la réunion avait approuvés.  En outre, le « modèle CESAP » a été présenté à cette occasion.  Il s’agit d’un projet de la Commission économique des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) qui comprenait la formation des femmes d’Asie travaillant dans l’industrie agro-alimentaire. Mme Madhura Chatraphathy  s’occupait de la formation dans ce projet. La CEA et le PNUD ont ensuite décidé d’appliquer le «  modèle CESAP » à  l’Afrique. 

57.       Il  a été décidé lors de cette rencontre que des points focaux devaient être mis en place partout en Afrique dont un point focal pour chaque sous-région.  En outre, la CEA, le PNUD et la CESAP ont été  désignés comme points focaux dans le cadre de cette coopération triangulaire.   

58.       Elle a ensuite invité les animatrices de cette session Mme Madhura  Chatrapathy de l’Inde et Gisèle Yitamben du Cameroun, respectivement organisatrice et coordinatrice du voyage d’étude à présenter les expériences vécues lors du voyage. 59.       Mme Madhura Chatrapathy  a salué l’esprit d’initiative des femmes africaines qui en dépit des nombreuses contraintes auxquelles  elles font  face continuent d’avancer.  Elle a félicité le personnel du CAF pour le travail accompli. Continuant son intervention elle a donné l’exemple de la Thaïlande où les femmes des collectivités locales jouent un rôle important dans l’économie et elle a expliqué comment les femmes d’Asie du sud ont besoin de connaître l’expérience des femmes d’Asie du Sud-Est. 

60.       Le programme qu’elle a initié, tout en étant propriétaire elle même d’une industrie de transformation alimentaire, consiste à encadrer les femmes de la base en leur donnant une formation sur le tas et en organisant des voyages d’étude. C’est le modèle de formation collective car le fait d’effectuer des visites dans d’autres pays favorise l’ouverture d’horizon des femmes entrepreneurs. 

61.       L’utilisation des incubateurs est un autre programme développé par Mme Madhura Chatrapathy. Elle a déclaré avoir découvert cette pratique aux Etats Unis d’Amérique. Il s’agit d’un centre de production et de mise à disposition de moyens.   Elle a confirmé que l’Etat indien pourrait  appuyer la formation des femmes entrepreneurs, en contribuant au financement des voyages, et en contribuant aux  frais de participation aux foires commerciales. Pour les femmes entrepreneurs qui le veulent elles pourront être accueillies en système de formation sur le tas. Elle a promis de rendre disponible les informations sur la formation et sur les foires commerciales en Inde.   

62.       Le  voyage d’étude en Asie a permis aux participants Africains de découvrir les technologies commercialisables, abordables, et de chercher  les fonds pour l’achat éventuel du matériel qui avait été présenté. Elle a terminé en insistant sur le concept de partage des enseignements et la nécessité de connaître les différentes approches et de les appliquer localement.  

63.       Madame Gisèle Yitamben a déclaré que l’Inde a toujours été une source d’inspiration pour elle et en tant que participante au voyage d’étude elle a su tirer profit de  cette expérience. Ensuite elle a indiqué que le groupe qu’elle a conduit en Inde et au Sri  Lanka comprenait trois catégories de personnes : des responsables d’ONG, des représentants d’instituts de technologies, et des entrepreneurs. 

64.       L’identification des participants avait été basée sur un questionnaire qu’elle avait envoyé à  la Fédération africaine des femmes entrepreneurs.  Le Cameroun, le Ghana et l’Ouganda ont été fortement représentés, en partie, en raison des projets du PNUD mis en oeuvre dans ces pays. Quant aux instituts technologiques ils ont été recommandés par des personnes sur le terrain.  Il s’agit de: GRATIS, APICA et le CRAT. 

65.       Mme Yitamben a rappelé que l’objectif de ce voyage d’étude était d’amener les femmes chefs d’entreprise, les leaders des ONG et les dirigeants d’instituts technologiques à visiter  les entreprises, échanger, apprendre des techniques, identifier des technologies, faciliter l’apprentissage et le développement des entreprises.  

66.       Des visites d’entreprises de différentes tailles ont été effectuées, une table ronde avec les autorités a été organisée. Au Sri Lanka, il y a eu une visite dans un village d’exportation sur le marché mondial à partir des zones rurales.  

67.       Au cours de ce voyage d’étude les participants ont acquis des notions sur l’entrepreneuriat et ont bénéficié de formations techniques. Les femmes indiennes rencontrées sur le terrain ont manifesté l’intérêt de venir en Afrique dans le même cadre d’échanges d’expériences.   

68.       M. Ramachandra a quant à lui, développé le concept de production pour l’exportation.  L’idée de village de production pour l’exportation consiste à partir du produit lui-même pour chercher à identifier un exportateur qui dispose d’un marché. Au Sri Lanka, le Gouvernement intervient pour jouer ce rôle d’intermédiaire alors qu’au Ghana ce rôle est joué par une ONG. 

69.       Un autre témoignage a été donné par M. Aubaud qui travaille pour les entreprises africaines qui veulent exporter en France et vice-versa.  Il a souligné que le marché européen attend beaucoup les produits africains mais il se pose le problème de normalisation pour que ces produits soient concurrentiels.   Néanmoins, deux possibilités d’exportation  s’offrent à l’Afrique dans le secteur de distribution traditionnelle et le secteur de la grande distribution (super-marché et hyper-marché). 

70.       La déléguée de la COMESA s’est engagée à multiplier la cassette vidéo sur le voyage d’étude pour que tous les pays membres de COMESA puissent en disposer et à diffuser les informations fournies par la délégation indienne.  Elle a enfin déploré l’absence de liens entre les femmes productrices et les instituts de technologie, les femmes entrepreneurs et le secteur privé, les femmes entrepreneurs et les organisations commerciales.  Elle a terminé en demandant l’appui de la CEA pour corriger cette situation. 

71.       Les échanges sur ce thème ce sont poursuivis en travaux de groupe.  Les conclusions des travaux en groupes sont reproduites en annexe III. 

4.      Présentation du cadre conceptuel pour la création des centres d’affaires sous-régionaux à l’intention des femmes.  

72.       La présentation  du cadre conceptuel pour la création de centres d’affaires a été faite par Melkrist Hailu, consultante du Centre Africain pour la Femme . Cette présentation a posé les questions clés suivantes : 

            Des centres d’affaires pour qui?

            Des centres d’affaires pour quoi?

Et enfin comment créer des centres d’affaires? 

73.       La première question a permis de préciser le groupe cible c’est à dire les bénéficiaires des prestations de services du Centre d’affaires.  Il s’agit des femmes entrepreneurs du secteur formel et informel dans le domaine de l’agro- alimentaire et des textiles. 

74.       Aux deuxième et troisième questions :  Pourquoi et comment créer des centres d’affaires, l’exposé a permis d’identifier les problèmes, les besoins du groupe cible, et de proposer les services possibles que le centre d’affaires pourraient offrir à ces clients.  

 75.      Il s’agit de : 

·        l’information; capitalisation et dissémination des informations appropriées;

·        la formation; renforcement des capacités managériales des femmes ;

·        l’appui  conseil à la demande ;

·        la création de différents réseaux. 

76.       L’exposé a proposé des scénarios de mise en œuvre des programmes de partenariats au niveau national, régional, international ; un cadre institutionnel, ainsi que les sources de financement possible.  

77.       Dans son exposé, la représentante de COMESA a souligné l’importance que revêtent les télécommunications pour les échanges mondiaux, en général, et pour l’Afrique, en particulier.  Elle a cité l’exemple du Kenya où un pourcentage important de la main- d’oeuvre travaille dans le secteur informel et a fait remarquer que, dans les zones rurales, le commerce et les investissements sont peu développés en raison des mauvaises infrastructures de télécommunication.  Elle a rappelé l’importance accordée aux technologies de l’information et de la communication pendant la Conférence marquant le 40e anniversaire de la CEA et au sein de COMESA  et a souligné la nécessité de faire comprendre aux gouvernements que les télécommunications sont essentielles pour les femmes.  Elle a dit au groupe que les chefs d’Etat membres de COMESA ont approuvé un communiqué ‘’ sur les femmes et les technologies de l’information et de la communication ‘’ et que le PNUD avait contribué à la création de points focaux dans certains pays membres de COMESA.  Elle a ensuite élaboré sur l’exemple des télé centres qui permettent aux femmes, même dans les zones rurales, de recevoir des informations en provenance des centres urbains et d’autres pays et d’ en tirer d’autres avantages tels que l’accès à la télé medécine et à la formation à  distance.  Enfin, elle a cité l’exemple des « triangles de croissance » qu’encourage actuellement le Représentant résident du PNUD en Zambie et qui représente une initiative prometteuse. 

78.       La représentante du Maroc a exposé ses points de  vue  en s’inspirant des expériences de son pays et d’autres pays du Maghreb, notamment, son expérience dans le cadre d’un projet destiné aux femmes entrepreneurs de son pays.  A son avis, un centre d’affaires ne devrait pas être une structure lourde mais un moyen permettant d’assurer la formation, d’accéder à l’information, d’aider les femmes à devenir des entrepreneurs. Elle a indiqué que les centres d’affaires permettraient de mettre l’accent sur ce qui existe et sur ce qui a été expérimenté.  Ces centres devraient contribuer à établir des liens entre les entrepreneurs et servir de moyens de lobbying. 

79.       Les autres participants ont souligné la nécessité pour les centres d’affaires de desservir les femmes des collectivités locales, d’adopter une approche par le bas plutôt que par le haut, d’établir des liens et d’exploiter les nombreuses sources d’informations.  Une participants a évoqué l’expérience de l’Afrique du Sud et des programmes Sangonet and Women’s Net ( ICT), basés sur les liens établis avec les femmes rurales.  

80.       Une participante a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas s’en tenir seulement à la transformation des produits alimentaires et au textile; le problème des ressources humaines nécessaires pour faire fonctionner un centre d’affaires a été légalement évoqué . 

81.       Madame Chatrapathy a présenté le concept de « pépinière d'entreprises » tel qu’il est appliqué en Inde.  Elle a indiqué qu’une pépinière d’entreprises est un centre de traitement disposant d’une gamme d’équipement dont celui de conditionnement. La pépinière d’entreprises peut également comprendre une bibliothèque contenant des ouvrages techniques, des listes de fournisseurs, etc..  Les usagers paient une somme forfaitaire pour utiliser les services du centre pendant une période d’un an.  En Inde, cette somme équivaut à environ 250 dollars et, selon  le cas,  le paiement par tranches est accepté. La formation, l’analyse des produits en laboratoire, etc. n’entraînent pas de coûts supplémentaires. L’usager de la pépinière signe un contrat pour toute l’année, un contrat qui l’oblige à remplacer tout matériel qu’elle détruit, etc.. L’entrepreneur peut aussi utiliser la licence de la pépinière d’entreprises mais elle est responsable de tout dommage qui surviendrait.  

82.       La pépinière d’entreprises permet aux femmes d’avoir accès à un réseau de conseillers qui peuvent  les aider à trouver des sources d’approvisionnement, à commercialiser leurs produits, à améliorer et à obtenir des services conseils même si elles commercialisent directement leurs produits.  

83.       La pépinière d’entreprises permet également de faire connaître le nouveau produit.  En principe, elle n’est utilisée que pendant un an ou un an et demi.  Cependant, tant que le produit de l’entrepreneur est sur le marché, la femme entrepreneur peut continuer à utiliser les services de la pépinière d’entreprises pour l’améliorer.  

84.       Les conseillers techniques travaillant dans la pépinière s’engagent à ne pas révéler les recettes ou les secrets de fabrication, et l’entrepreneur est encouragé à ne pas partager cette information avec les autres en dehors des personnes travaillant dans la pépinière d’entreprises.

Les femmes qui utilisent les services de la pépinière ont également tendance à s’organiser en groupes pour faire face  au coût du transport et des divers intrants. 

85.       La pépinière d’entreprises peut servir également de fournisseur pour le matériel de conditionnement.  Elle peut acheter un grand nombre d’emballage tel que les bouteilles, et les entrepreneurs pourront mettre leur propre étiquette sur leur produit.  

86.       En  Inde, on demande une somme symbolique par kilo pour l’utilisation du matériel de la pépinière (pour la production de la petite et moyenne entreprise). Mme Chatapaty a fait observer que si on utilisait du matériel sophistiqué, la petite et la moyenne entreprise ne pourrait pas l’utiliser plus tard. Il faudrait également prévoir des pièces de rechange et la maintenance.   

87.       Enfin, elle a observé qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que toutes les entreprises réussissent même avec l’aide d’une pépinière d’entreprises, et que le taux de réussite  (en Inde) est d’environ 80% contre 40%. 

88.       Madame Chatrapathy a dit que le centre d’affaires est beaucoup plus un centre de ressources,  un endroit qui permet d’accéder à l’information, aux résultats des travaux de recherche, à des conseils en gestion, et à des idées à tous les niveaux.  Il pourrait s’agir d’une structure permettant aux entrepreneurs d’avoir accès aux services de télécopie, au téléphone et d’avoir un lieu de réunion.  Les services fournis comprennent en principe des conseils sur l’accès aux marchés, les moyens de faire face effectivement à  la concurrence, un encadrement,  l’établissement de contacts etc..   

89.       M. Bhat a  souligné le fait que les pépinières d’entreprise n’étaient pas des centres d’affaires.  Les pépinières d’entreprises étaient destinées aux « prématurés » ou encore aux jeunes entreprises naissantes pour lesquelles la gestation n’a pas été facile. Elles fournissent alors un environnement protecteur et favorable. Elles pourraient également aider un opérateur du secteur informel à passer au secteur formel, en leur fournissant des infrastructures leur permettant d’assurer une production moderne de haute qualité. Ces pépinières doivent être de taille assez petite de façon à ce que les petits producteurs puissent recourir à leurs services, petit voulant dire un investissement d’environ 10.000 dollars pour l’ensemble de l’installation (l’équipement étant fabriqué sur place) et jusqu’à  concurrence de 25.000 dollars si l’installation est destinée à  la fabrication de jus, à  la boulangerie, etc…   

90.       Pour les pépinières d’entreprises, il est également souhaitable qu’un organisme de financement leur fournisse le terrain et les bâtiments  pour appuyer et s’engager en faveur de son  succès. Le nombre maximal de femmes utilisant la pépinière en même temps est de 20 personnes.  

91.       Mr. Bhat a ensuite proposé qu’une pépinière d’entreprises pilote soit mise en place et  évaluée afin d’être adaptée à  l’environnement local avant la multiplication . 

92.       Madame Chatrapathy a ensuite indiqué que le centre d’affaires et la pépinière d’entreprises pourraient se situer au même endroit mais qu’il s’agit de deux concepts et deux entités différents.  Elle a également indiqué qu’il faut prendre en considération le choix des usagers d’une pépinière pour illustrer cela elle a cité l’exemple, d’ un opérateur économique bien établi qui  peut choisir d’envoyer un de ses employés comme entrepreneur potentiel de façon à pouvoir utiliser le matériel de la pépinière ultérieurement. 

93.       Elle a également indiqué que certaines femmes peuvent à la longue se désintéresser de l’opération et reprocher parfois à la pépinière de ne pas répondre à leur attente. Dans ces cas, il faut rechercher le vrai problème.  

94.       Un autre exemple est celui d’une personne qui  ne veut pas utiliser de conservateurs alors que les pouvoirs publics exigent leur utilisation. La pépinière d’entreprises ne peut pas méconnaître ces réglementations mais peut faire campagne pour qu’on modifie la réglementation. 

95.       Madame Chatrapathy a dit qu’en Inde, le fait de travailler avec une pépinière d’entreprises permet souvent aux femmes d’obtenir du crédit, et que les banques acceptent souvent de financer certains coûts de démarrage des activités. En outre, la pépinière peut aider les femmes à obtenir leur licence de production. 

96.       Le représentant du CRAT a fait remarquer qu’en Afrique, la volonté politique et l’environnement favorables font souvent défaut de même que la liaison entre la recherche et le développement.  Il a estimé que les pépinières d’entreprise pourraient constituer une solution à ces problèmes. Son institut a négocié avec la BAD et la Banque Islamique un projet tendant à résoudre ces problèmes.   

97.       Les autres participants ont fait des observations en ce qui concerne le problème de l’accès au matériel de production de masse et à l’absence d’informations en ce qui concerne les endroits où on pourrait acheter un matériel spécifique. GRATIS et APICA ont été cités comme instituts qui aident les entrepreneurs à obtenir le matériel approprié.   

98.       On a également rappelé au groupe l’engagement pris par le Gouvernement de l’Etat de Karnataka  (Inde), à savoir accorder aux  entrepreneurs une réduction de 25% sur tout achat d’équipement. 

99.       Une autre participante a fait part au groupe de son expérience en Côte d’Ivoire où elle a essayé de mettre en place une pépinière d’entreprises et a connu beaucoup de difficultés. Elle veut, au sortir de cette réunion, connaître les différentes mesures ou critères recommandés pour entreprendre  une telle initiative. En réponse M. Bhat et Mme Chatrapathy ont dit que les pépinières d’entreprises indiennes n’étaient que de simples modèles qu’il fallait les adapter à la situation locale.  Ils  ont dit qu’ils étaient disposés à aider toute personne intéressée par la mise en place d’une pépinière d’entreprises en Afrique et ont proposé de recourir aux anciens élèves africains des centres de formation d’Asie. 

5.         Cadres et modèles pour la création de fonds de garantie 

100.     Ce thème a été présenté par quatre orateurs qui ont successivement parlé du fonds de garantie pour les femmes entrepreneurs, des modes de garantie collective dans le contexte de l’entreprenariat féminin, des modes de financement alternatifs, ainsi que l’expérience de fonds de garantie au Burundi. 

101.     Parlant du Fonds de garantie pour les femmes entrepreneurs, Mme Opportune Santos consultante au Centre Africain pour la Femme a d’abord passé en revue les problèmes de financement que rencontrent les femmes entrepreneurs à savoir le manque de financements pour le secteur informel, et l’inadéquation du système bancaire par rapport aux besoins des femmes et des populations pauvres. Les obstacles rencontrés par les femmes sont surtout liés aux difficultés d’accès au crédit, au problème d’information et de formation dans le domaine du management, ainsi qu’ aux barrières légales et sociales. En plus de ces barrières, les banques ne prennent pas le temps d’évaluer les capacités des femmes. 

102.     L’orateur a proposé la mise en place de fonds de garantie ainsi que la promotion des sociétés de caution mutuelle comme voies de solution pour amoindrir ces difficultés. 

103.     Les clients du fonds de garantie seront les femmes intervenant dans le milieu urbain, péri-urbain et rural dans les filières de l’agro-alimentaire et du textile. Le groupe cible sera composé : 

-         des femmes chefs des petites et des moyennes entreprises évoluant dans le secteur formel ; 

-         les femmes chefs d’entreprises déjà opérationnelles et les chefs d’entreprises potentielles dans le secteur informel,  

-         les groupes de femmes défavorisées du secteur informel et encadrées par les ONG. 

104.     La finalité du fonds de garantie est la promotion de l’entrepreneuriat des femmes. Appuyé par les Centres d’affaires et les pépinières d’entreprises, le fonds de garantie facilitera le passage dans le circuit moderne de financement privé et l’accès à l’économie de marché ; il facilitera également l’évolution vers le secteur formel. En association avec le Centre d’Affaires, le fonds de garantie permettra aux femmes d’accéder à la formation et à l’information, au crédit pour le financement, à l’acquisition des équipements de base et des autres investissements. 

105.     Sur le plan institutionnel, le fonds de garantie pourrait être un fonds privé autonome ou un fonds privé rattaché à un organisme sous régional ou international intervenant dans le domaine du crédit. Les partenaires du fonds de garantie seront les clients, les Centres d’ Affaires, les institutions nationales, internationales, sous régionales et régionales ainsi que les donateurs et les bailleurs de fonds. 

106.     Pour accéder au fonds, il faudrait être membre d’une association de femmes entrepreneurs ou de femmes d’affaires reconnue et active, et être le chef d’entreprise régulièrement installée et à jour vis-à-vis de la réglementation.  Au moment de la mobilisation des ressources le fonds de garantie pourrait être constitué par la participation au capital par des tiers, les intérêts sur les crédits octroyés, les placements à vue et à terme, les emprunts, les subventions, l’épargne locale et nationale. 

107.     Enfin, il s’agira de mettre en œuvre les moyens nécessaires à la vie du projet, le budget de fonctionnement, le budget prévisionnel incluant l’étude de faisabilité ainsi que le calendrier prévisionnel d’exécution du projet. 

108.     L’intervention de Madame Anne Balenghiem, professeur à l’université de Rabat, Maroc était axée sur les modes de garantie collective dans le contexte de l’entrepreneuriat des femmes.  

109.     L’exposé a fait remarquer que pour que les financements soient adaptés aux besoins, il faut mettre en place des organisations intermédiaires pour servir de courroie de transmission entre les femmes et les institutions financières.

110.     Ces organisations peuvent être des :

-    associations ou organismes de développement ou d’appui aux

     entrepreneurs

-         fédérations ou mouvements de producteurs

-         systèmes mutualistes d’épargne et de crédits

-         sociétés à vocation financière

-         organismes intermédiaires internationaux de financement. 

111.     A propos du concept de garantie collective l’orateur a expliqué les notions de garantie froide (argent chaud) et de garantie chaude (argent chaud).  La garantie chaude est celle qui a été constituée par l’épargne des intéressés tandis que la garantie froide est fournie par l’Etat par exemple.  Autrement dit, l’argent chaud c’est celui que j’ai « gagné »ou l’argent que « j’ai mobilisé » tandis que l’argent froid c’est celui que « je reçois d’ailleurs », d’une institution ou d’une organisation. 

112.     Habituellement l’argent chaud est remboursé à un taux élevé alors que le remboursement de  l’argent froid est soumis à un taux plus faible. 

113.     L’exposé a démontré que deux scénarios de garantie collective sont à envisager :

-         le cautionnement mutuel et le fonds de garantie.

 

114.     Le cautionnement mutuel : Le groupe est solidaire mais de façons différentes. Ce type de garantie est fréquent dans les pays développés.  L’initiative peut être prise par les groupes professionnels ou par la banque centrale (populaire). 

115.     Pour le fonds de garantie, il faut être vigilent car l’argent déposé dans une banque est géré par une association locale.  La deuxième formule consiste à passer par le haut (Etat, partenariat, Banque nationale) ;  tandis que la troisième formule consiste à inonder le fonds de garantie par les prélèvements sur le crédit. 

116.     A partir de là, l’ on peut aboutir à des formules mixtes. 

117.     L’exposé sur les modes de financement alternatifs  a été présenté par Monsieur Moussa Sanogo, consultant de l’Alliance coopérative internationale qui a affirmé que les problèmes de financement du développement sont à la base de la naissance de ce financement alternatif. 

118.     En effet, l’accès au crédit bancaire classique ainsi que les garanties exigées dans ce cadre précis avaient longtemps bloqué le développement du secteur informel au sens large du terme.  Or, les clients potentiels de ce mode de financement alternatif sont nombreux, et seraient estimés entre 70 et 95%. 

119.     Les modes de financement  alternatifs se caractérisent par le type de besoins couverts ainsi que leur type de structuration.   Ils peuvent être regroupés en quatre catégories que sont : 

1° les systèmes informels (tontines, prêteurs, et « usines »). Ces systèmes s’appliquent à des besoins sociaux ou à des besoins de consommation ; ils ne sont pas structurés et n’utilisent de contrôle ni interne ni externe. 

2° les systèmes financiers décentralisés (SFD) qui comprennent trois catégories selon les caractéristiques d’organisation : Il s’agit : 

-         des coopératives d’épargne et de crédit (Coopec) qui sont des systèmes mutualistes.

-         Des systèmes de crédit solidaire inspirés des principes de la Grameer Bank du Bangladesh.

-         Les caisses villageoises autogérées (CVCA) qui associent collecte de l’épargne et octroi de crédit. 

3° les projets, les ONGs et les organisations paysannes qui intégrent souvent une activité de crédit parfois associé à l’épargne dans leurs activités. 

4° Les cas particuliers des subventions qui touchent les investissements à rentabilité différée ou difficilement mesurable requérant, en outre, l’apport des subventions externes. Il s’agit des écoles, des centres de santé etc… 

120.     S’agissant des contraintes liées à ces modes de financement alternatifs, elles sont généralement : une concurrence entre certains modes de financement alternatifs.   Ces modes de financement alternatifs sont confrontés aux insuffisances des  systèmes comptables ainsi qu’au manque de statistiques précises et actualisées sur les indicateurs de base de l’activité. 

121.     Pour ce qui est des atouts sur lesquels reposent ces modes de financement alternatifs, il y a :  

-         l’environnement socio-économique favorable ;

-         la bonne communication entre les différentes parties prenantes ;

-         la pression sociale. 

122.     La quatrième communication sur le fonds de garantie, présentée par Madame Béatrice Bukware, Présidente de la Caisse coopérative d’épargne et de crédit mutuel du Burundi était axée sur quelques cas de fonds de garantie en cours au Burundi. 

123.     Selon l’exposé, les garanties, par essence, ont pour but de prémunir le créancier contre le risque d’insolvabilité de son débiteur. Elles sont fonction de l’objet du prêt, de son importance et de sa durée. Elles vont de la garantie personnelle aux garanties réelles. 

124.     Le recours aux sociétés de caution mutuelle et aux fonds de garantie est souvent fonction de la situation patrimoniale du demandeur de crédit qui possède ou non des biens à donner en garantie. 

125.     Le fonds de garantie a pour effet donc de limiter le recours aux garanties hypothécaires et de faciliter l’accès au crédit.  Il existe plusieurs cas de fonds de garantie dont le mode de fonctionnement est variable en fonction de leur nature. 

126.     Le premier exemple de fonds de garantie présenté par la conférencière est celle d’une convention tripartite signée entre l’Association pour la promotion économique de la femme (APEF), la Women’s World Banking (WWB) et la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE).  

127.     Les avantages liés à ce cas de fonds de garantie sont entre autres ceux-ci : 

-         Les bénéficiaires peuvent avoir des crédits plus  facilement,

-         Il y a un effet multiplicateur : quand les crédits sont remboursés correctement, le fonds peut permettre l’octroi de crédits à un très grand nombre de bénéficiaires. 

1.         Au niveau des inconvénients recensés : 

-         La WWB a vite changé de politique d’intervention auprès de ses affiliés et le contrat a été interrompu avant qu’il ne soit opérationnel ; le circuit est trop lourd pour permettre une garantie. 

128.     Le deuxième cas de fonds de garantie cité est le Fonds de garantie des technologies agro-alimentaires (FDTA) dont les intervenants sont la Banque nationale de développement économique (BNDE), le Centre national des technologies alimentaires (CNTA) et les clients encadrés par le CNTA.   Une convention de collaboration a été signée entre le CNTA et la BNDE. 

129.     Des avantages et des inconvénients sont également à signaler.  Au niveau des avantages, les bénéficiaires se familiarisent avec une institution financière et en cas de disparition de l’organisme d’encadrement, ils continuent à travailler avec la banque et à bénéficier des crédits. 

130.     Pour ce qui est des inconvénients, le fonds sert uniquement les groupements encadrés par le Centre national des technologies agro-alimentaires.  D’autres cas de fonds de garantie ont été inventoriés tels le fonds de garantie Twitezimbere, la Caisse Coopérative d’épargne et de crédit mutuel (CECM), le Fonds national de garantie (FNG), ainsi que le Fonds de garantie interne. 

131.     Tous ces fonds ont leurs avantages et inconvénients.  Les critiques formulées par la conférencière, pour chaque forme de fonds de garantie pourraient permettre un mixage intéressant pour obtenir une formule de création d’un fonds de garantie solide pour les femmes entrepreneurs qui le désirent. 

132.     Les discussions sur le fonds de garantie se sont poursuivies en groupes de travail.  Les conclusions de ces travaux sont reproduits en Annexe IV.  

III.             LES PRINCIPALES RECOMMANDATIONS DE LA REUNION 

Coopération Asie-Afrique

133.     Après avoir examiné les communications présentées sur les leçons tirées et les principaux concepts développés à l’issue du voyage d’étude et après avoir examiné de façon approfondie la question en groupes de travail, la réunion a formulé les principales recommandations suivantes en ce qui concerne la coopération Asie-Afrique : 

                     i.       Des programmes clairs et susceptibles d’être mis en oeuvre devraient être élaborés au niveau national pour communiquer et diffuser les expériences et les leçons tirées  du voyage d’étude; 

                   ii.       Les femmes entrepreneurs, les associations nationales, la Fédération africaine des femmes entrepreneurs, les ONG ainsi que les instituts de technologie devraient envisager la possibilité de créer des centres d’affaires ou des pépinières d’entreprises au niveau national pour mettre en application les leçons tirées et l’expérience acquise; 

                  iii.       Le PNUD devrait prendre les mesures nécessaires pour que les participants au voyage d’étude puissent diffuser leur expérience au niveau national; 

                 iv.       Le programme de voyages d’étude devrait être élargi pour couvrir des domaines tels que le textile, le cuir, l’artisanat et les cosmétiques; 

                   v.       Les liens de coopération devraient être élargis en Afrique et avec les autres pays d’Asie; 

                 vi.       Tous les partenaires et organismes donateurs ainsi que les femmes entrepreneurs devraient prendre des engagements pour l’organisation des futurs voyages d’étude et il faudrait envisager les meilleures modalités de financement, y compris le partage des coûts; 

                vii.       La CEA et la CESAP devraient jouer un rôle de coordination et d’intermédiaire pour assurer la liaison entre les entrepreneurs, les organisations et les institutions d’Afrique et d’Asie. 

              viii.       La CEA, le PNUD et les autres partenaires devraient apporter leur concours à l’organisation de foires commerciales et d’expositions en vue du renforcement des réseaux et des liens; 

                 ix.       L’échange de connaissances techniques entre Asie et Afrique devrait être entrepris; 

                   x.       Les engagements pris par les partenaires d’Asie devraient faire l’objet d’un suivi; 

                 xi.       Des critères de sélection rigoureux des participants devraient être mis au point, en tenant compte de l’aptitude à partager et à communiquer l’expérience acquise, et en tenant également compte de l’équilibre entre les régions et les groupes linguistiques; 

                xii.       Les femmes entrepreneurs d’Afrique devraient bénéficier des programmes du TICAD et,  pour ce faire, la Fédération africaine des femmes entrepreneurs, l’OUA et la CEA devraient prendre les dispositions nécessaires; 

              xiii.       Les informations et les rapports sur le voyage d’étude devraient être diffusés par le biais des organismes internationaux d’information tels que l’URTNA – Kenya et la PANA – Dakar. 

Création de centres d’affaires sous-régionaux 

134.     La réunion a entendu les communications présentées sur les concepts de centres d’affaires sous-régionaux et nationaux ainsi que sur les pépinières d’entreprises et tenant compte des discussions des groupes de travail a formulé les principales recommandations suivantes relatives à la création de centres d’affaires sous-régionaux. 

                     i.       Les centres d’affaires sous-régionaux à mettre en place devraient être des serveurs qui seront reliés aux centres nationaux; 

                   ii.       Une étude de faisabilité sera réalisée pour déterminer, notamment, le statut des centres d’affaires sous-régionaux : 

·        Initialement, en tant que centre pilote  dans une ou deux sous-régions  et plus tard; 

·        Devenir  ensuite une  ONG indépendante à but non lucratif ; 

·        Ou bien organisme rattaché à des institutions/ONG fournissant des services similaires au niveau sous-régional;

 iii.   L’étude de faisabilité devrait être réalisée par la CEA en collaboration avec le PNUD et devrait s’achever avant la fin de l’année en cours ou, au plus tard, à la fin du premier trimestre de l’an 2000;

 iv.   Les donateurs multilatéraux et bilatéraux ainsi que les organisations partenaires sont invités à apporter leur concours financier et technique à la création des centres d’affaires.

 Mise en place du fonds de garantie

 135.     La réunion a examiné les divers concepts en ce qui concerne les fonds de garantie, étudié les différents modèles de création de fonds de garantie et examiné le thème en groupes de travail.  Ci-après figurent les principales recommandations formulées en ce qui concerne la mise en place d’un fonds de garantie pour les femmes entrepreneurs d’Afrique. 

                     i.       Le fonds de garantie devrait être créé au niveau régional/continental avec des agences au niveau national; 

                   ii.       Le fonds de garantie sera créé en tant que fondation opérant sur une base privée et autonome avec des procédures efficaces et peu bureaucratiques; 

                  iii.       Le financement nécessaire à la mise en place du fonds de garantie proviendra des femmes entrepreneurs, des institutions financières, des fondations privées, des institutions bilatérales et multilatérales, y compris le système des Nations Unies; 

                 iv.       L’étude de faisabilité devrait être réalisée pour déterminer et préciser les conditions de création du fonds de garantie; 

                   v.       L’étude de faisabilité devrait être réalisée par la CEA en collaboration avec le PNUD et s’achever avant la fin de l’année en cours ou, au plus tard, avant la fin du premier trimestre de l’an 2000. 

IV.              CLOTURE DE LA REUNION 

136.     La synthèse du rapport et des recommandations sur les thèmes qui ont fait l’objet des débats durant les quatre journées de travail intensif sur le partenariat des femmes entrepreneurs d’Afrique et d’Asie et sur les outils de renforcement du rôle économique des femmes a été adoptée avec quelques amendements. 

137.     La  cérémonie de clôture s’est ensuite déroulée sous la présidence du Ministre de l’Action Sociale et de la Promotion de la Femme du Burundi.    

138.     A cette occasion des allocutions de clôture ont été prononcées par le Premier Vice-Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture et d’Artisanat du Burndi (CCIB) et la Représentante de la Commission Economique pour l’Afrique.  Tous les intervenants ont exprimé leur satisfaction sur les conclusions de la réunion et la manière dont les travaux se sont déroulés. 

139.     Le Vice-Président de la Chambre de commerce a noté que l’organisation de cette réunion à Bujumbura, surtout en cette période combien difficile de la reconstruction du Burundi, a relevé les potentialités des femmes burundaises et leur dispositions à aller de l’avant.  La CCIB s’est engagée à renforcer  son rôle d’encadrement, de formation, d’information et de promotion économique en faveur des femmes entrepreneurs du Burundi et a sollicité le concours d’autres institutions comme le CRAT, GRATIS et APICA.  

140.     La  représentante  de la CEA a rappelé les objectifs de la réunion en précisant qu’ils ont tous été atteints.   Elle a évoqué les engagements des agences et institutions partenaires pour la mise en oeuvre des recommandations de la réunion.   Elle a enfin remercié le pays hôtes pour son accueil et son hospitalité exemplaire.  Elle a remercié les participants pour leur assiduité et tout le personnel technique pour son appui. 

141.     Mme Ramatoulaye Sow, Présidente de l’Association des Femmes entrrepreneurs de Guinée a lu, au  nom de tous les participants, une motion de remerciements à l’endroit du Gouvernement de la Commission économique pour l’Afrique.   Elle a exprimé leur gratitude à l’endroit du Gouvernement du Burundi pour l’hospitalité dont ils ont fait l’objet et  les facilités mises à leur disposition tout au long de leur séjour.   Elle a ensuite remercié la CEA pour l’initiative d’organiser une telle rencontre et le PNUD pour avoir contribué à la réussite de la réunion. 

142.     A son tour,  le Ministre de l’Action sociale et de la promotion de la femme a loué le dynamisme, la réelle volonté d’échange et le  goût du savoir qui ont animé les travaux.  Elle s’est réjouit des pas déjà accomplis dans l’application des leçons tirées du voyage d’étude.  Elle a exprimé le souhait que tous les acteurs s’impliquent davantage dans le renforcement des relations entre les femmes chefs d’entreprises et les structures d’appui. 

143.     Le Ministre a souligné que les mécanismes proposés, à savoir les centres d’affaires et le fonds de garantie contribueront sans aucun doute à rehausser le niveau de vie des populations. 

144.     Pour terminer, elle a  remercié particulièrement la CEA à travers le CAF, le PNUD et le FNUAP et a déclaré la réunion close.