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Rapport
de la deuxième réunion du Comité des ressources
naturelles, de la science et de la technologie
30 octobre – 1er novembre 2001
Addis-Abeba (Ethiopie)
A. PARTICIPATION
ET ORGANISATION DES TRAVAUX
1. La deuxième
réunion du Comité des ressources naturelles, de la
science et de la technologie (CNRST-2) s'est tenue du 30 octobre
au 1er novembre 2001 au siège de la Commission économique
pour l'Afrique (CEA), Centre de Conférence des Nations Unies
d'Addis-Abeba (Ethiopie). Elle a été ouverte par le
Secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique
pour l'Afrique.
2. Ont pris
part à la réunion des délégués
et des experts des pays membres de la CEA, d'organismes du Système
des Nations Unies et organisations ne faisant pas partie du Système.
3. La liste
des participants figure à l'Annexe 1.
B. COMPTE RENDU
DES TRAVAUX
Ouverture de
la réunion (point 1 de l'ordre du jour)
i) Remarques
liminaires de M. Yousif Suliman, Directeur de la Division de la
coopération et de l'intégration régionales
(DCIR)
4. Le Directeur
de la Division de la coopération et de l'intégration
régionales M. Yousif Suliman a souhaité la bienvenue
aux participants au nom des deux Divisions qui ont organisé
la réunion, la Division de la coopération et de l'intégration
régionales (DCIR) et la Division de la sécurité
alimentaire et du développement durable (DSADD). Il a ensuite
fait quelques remarques liminaires sur l'importance de la deuxième
réunion du CNRST, les questions figurant à son ordre
du jour et les résultats qui en étaient attendus.
Il a, enfin, souhaité aux participants plein succès
dans leurs travaux.
ii) Remarques
du Président du Bureau du CNRST-1
5. Monsieur
Joseph Omodo, Chargé d'affaires par intérim de l'Ambassade
d'Ouganda, a fait quelques remarques liminaires, au nom du Président
sortant du CNRST. Il a souligné que l'Afrique approvisionnait
le monde en matières premières brutes depuis longtemps
et qu'il était grand temps qu'elle cherche à exploiter
la science et la technologie pour accroître la valeur de ses
ressources naturelles avant de les exporter. A l'ère de la
mondialisation et dans un contexte de concurrence économique
très âpre, il n'était plus question de mener
les affaires comme par le passé. Le degré de marginalisation
de l'Afrique au plan mondial était directement lié
à la faiblesse de son économie et le seul moyen d'inverser
cette tendance était de mettre l'accent sur le développement
des capacités locales d'innovation.
6. Les dirigeants
africains ont reconnu que pour survivre, l'Afrique devait réformer
ses méthodes d'action, comme en témoignaient l’avènement
de l'Union africaine et le Nouveau Partenariat africain pour le
développement (NEPAD).
7. L'Ouganda
avait mis en place un cadre et une infrastructure macro-économiques
propres à accroître sa compétitivité
économique. Le «Conseil national ougandais pour la
science et le technologie (UNCST)» et la «Fondation
nationale pour la recherche et le développement (NFRD)»
jouaient un rôle de premier plan dans les efforts déployés
pour faciliter l'accès à la science et à la
technologie en Ouganda.
8. La promotion de la coopération régionale et internationale
revêtait une grande importance pour l'Afrique. Le développement
économique des pays africains était si faible qu'il
leur était difficile de suivre réellement les innovations
technologiques qui se succédaient à un rythme vertigineux.
Les pays africains pouvaient en revanche atteindre ces objectifs
collectivement, par la coopération et la collaboration, de
manière rationnelle et rentable.
9. M. Omodo
a exhorté les participants à présenter un programme
clair, à faire une analyse critique et à proposer
un cadre d'action pour appuyer la Nouvelle vision du développement
de l'Afrique formulée dans le NEPAD.
10. En conclusion,
il a demandé aux experts d'utiliser leurs compétences
pour trouver des solutions et conseiller les décideurs africains
sur les moyens de faire sortir le continent de son marasme économique
et il a remercié la CEA pour l'organisation des réunions
du CNRST.
iii) Allocution
d'ouverture de la Secrétaire exécutive adjointe de
la CEA
11. Dans son
allocution d'ouverture, la Secrétaire exécutive adjointe
de la CEA, Mme Lalla Ben Barka, a souhaité la bienvenue aux
délégués et a souligné l'opportunité
du thème retenu pour la réunion. Elle a ensuite précisé
que les participants étaient invités à définir
une ligne de conduite pour améliorer la compétitivité
de l'Afrique et renforcer les efforts entrepris dans le domaine
du développement par une utilisation ingénieuse de
la science et de la technologie et de ses applications pour une
exploitation effective des ressources naturelles de l'Afrique.
12. Elle a souhaité
la bienvenue à Leurs Excellences Dr Chenor Jalloh et Dr James
Rogers, respectivement Ministre de l'énergie et de l'électricité
et Vice-ministre du développement et de la planification
économique de la Sierra Leone, dont la présence soulignait
l'importance de la réunion.
13. Elle s’est
félicitée de la solidarité et de la contribution
précieuse de l'Université des Nations Unies, qui,
par le biais de ses instituts sur les ressources naturelles (INRA)
et la technologie (INTECH), participaient aux activités du
CNRST. Elle a souligné à cet égard que ces
activités étaient un exemple éclatant de coopération
constructive au sein des Nations Unies. Dans le même esprit,
elle a exprimé ses vifs remerciements pour la participation
active de beaucoup d'autres organismes du système des Nations
Unies et des organisations intergouvernementales.
14. Elle a indiqué
que l'Afrique était riche en ressources naturelles et était
dotée d'un potentiel énergétique immense, et
pourtant elle était d'une pauvreté alarmante. Selon
les informations disponibles, la compétitivité de
l'Afrique s’était érodée même là
où elle avait traditionnellement des avantages comparatifs.
L'Afrique subsaharienne en particulier avait souffert d'une baisse
de sa part dans les exportations mondiales, qui était passée
de 5,9 % en 1980 à moins de 2% à la fin des années
90. De même, la part de l'Afrique subsaharienne dans la valeur
ajoutée manufacturière (VAM) mondiale, était
passée de 0,6% en 1970 à 0,3% dans les années
90. Elle a ajouté que la préoccupation immédiate
pour l'Afrique était de renforcer les capacités scientifiques
et technologiques pour atteindre des niveaux plus compatibles avec
les défis auxquels était confronté le continent
sur les plans interne et mondial.
15. Aujourd'hui,
a-t-elle poursuivi, la part de l'Afrique dans les dépenses
mondiales de recherche et d'investissement en matière d'innovation
scientifique et d'acquisition technologique était inférieure
à 1%. Mais à son avis, les ressources naturelles ne
constituaient pas, à elles seules, un avantage comparatif.
Il fallait que le secteur des ressources naturelles se développe
en utilisant les technologies les plus avancées pour gagner
en compétitivité. Elle a rappelé que la compétitivité
dépendait dans une large mesure de la capacité technologique
nécessaire à la transformation de ces ressources et
de la qualité des ressources humaines et de l'efficacité
organisationnelle. Il était donc indispensable d'adopter
une orientation stratégique de développement qui mette
l'accent sur le renforcement des capacités technologiques
pour améliorer la compétitivité.
16. Pour devenir
plus compétitif et mettre en place un développement
durable, il fallait un ensemble d'actions interdépendantes,
au nombre de quatre: (i) une bonne connaissance du stock et de la
qualité des ressources naturelles; (ii) le renforcement des
capacités scientifiques et technologiques; (iii) l'établissement
des repères permettant d'estimer et de mesurer les progrès
réalisés dans l'application de la science et de la
technologie; (iv) la création d'un environnement politique
favorable au développement de la science et de la technologie
et à la création de richesses.
17. Pour être
compétitifs, les pays africains devaient investir massivement
dans le développement des capacités scientifiques
et technologiques. Face aux enjeux de la mondialisation et compte
tenu de l’état déplorable du système
technologique en Afrique, il fallait faire de sérieux efforts
pour placer le continent sur le chemin de la compétitivité.
18. En conclusion,
elle a souhaité que les délibérations du Comité
puissent aider à identifier les domaines d'action prioritaires.
Elle a reconnu que le Comité avait l'envergure requise pour
apporter des idées sur les voies et moyens par lesquels l'Afrique
pourrait produire et exporter les produits de ses ressources naturelles
de manière compétitive, et contribuer ainsi à
alléger la pauvreté.
Election du
Bureau (point 2 de l'ordre du jour)
19. Les pays
suivants ont été élus membres du Bureau :
Président
: Algérie
Premier Vice-Président : Angola
Deuxième Vice-Président : Gabon
Troisième Vice-Président : Sierra Leone
Rapporteur : Ethiopie
Adoption de
l'ordre du jour et du programme de travail (point 3 de l'ordre du
jour)
20. Le Comité
a décidé de travailler de 9 heures à 18 heures
et a adopté l'ordre du jour ci-après :
1. Ouverture
de la réunion
- Remarques
du Président du Bureau de la première réunion
du CNRST
- Allocution de la Secrétaire exécutive adjointe de
la CEA
2. Election
du Bureau
3. Adoption
de l'ordre du jour et du programme de travail
4. Thème
principal : Amélioration de la compétitivité
de l'Afrique : Grandes orientations concernant les ressources naturelles,
la science et la technologie
i) Exposé
du secrétariat de la CEA (Document de synthèse)
ii) Exposé d'un hôte de marque (UNU/INRA)
iii) Débat général
5. Sous-Thème
I : Les technologies nouvelles et émergentes et les ressources
naturelles de l'Afrique
i) Exposé
d'un expert du CRAT sur les "Technologies nouvelles et émergentes
et leur rôle dans le renforcement de la compétitivité
des ressources naturelles en Afrique"
ii) Exposé d'un hôte de marque (UNU/INRA)
iii) Débat général
6. Sous-Thème
II : Renforcement des systèmes scientifiques et technologiques
pour la promotion des ressources naturelles en Afrique
i) Exposé
d'un expert de l'UNU/INTECH sur les "Systèmes d'innovation,
la compétitivité et les ressources naturelles en Afrique"
ii) Exposé d'un hôte de marque (UNU/INRA)
iii) Débat général
7. Rapport sur
la suite donnée aux décisions et recommandations de
la première réunion du Comité des ressources
naturelles, de la science et de la technologie
i) Exposé
de la CEA
ii) Débat général
8. Discussions
en groupe
9. Thèmes,
dates et lieu de la troisième Réunion du Comité
des ressources naturelles, de la science et de la technologie (CNRST-3)
10. Questions
diverses
11. Examen et
adoption du rapport de la réunion
12. Clôture
de la réunion
Thème
principal : Amélioration de la compétitivité
de l'Afrique : grandes orientations concernant les ressources naturelles,
la science et la technologie (point 4 de l'ordre du jour)
21. Au titre
de ce point de l'ordre du jour, deux exposés ont été
présentés au Comité, le premier par le secrétariat
de la CEA et le second par l'UNU/INRA.
22. Le secrétariat
de la CEA a présenté un document intitulé «Science
et technologie et compétitivité des ressources naturelles
en Afrique». Le représentant de la CEA a tout d'abord
fait remarquer que la compétitivité des pays reposait
moins sur leurs richesses en ressources naturelles que sur l'information,
les connaissances et la technologie. Les pays les moins biens dotés
en ressources pouvaient donc être très compétitifs
(Maurice et Tunisie, par exemple, en Afrique) et inversement, les
pays riches en ressources (Congo, Algérie ou Angola par exemple)
pouvaient être moins compétitifs s'ils ne mettaient
pas en place les capacités technologiques nécessaires.
La compétitivité était essentiellement fonction
de l'esprit d'entreprise, des capacités de gestion et des
capacités technologiques. Les gouvernements avaient un rôle
important à jouer pour promouvoir la compétitivité,
notamment par la création d’un environnement propice
à l’activité du secteur privé qui, en
règle générale, était plus compétitif
que le secteur public.
23. La compétitivité
de l'Afrique évoluait rapidement. Dans le secteur des ressources
naturelles, les entreprises africaines ont perdu en compétitivité
sur les marchés internationaux. Elles ont perdu des parts
de marché concernant la plupart des produits de base. La
concurrence se faisait de plus en plus forte du fait de la privatisation,
de la déréglementation, de la libéralisation,
de l'intégration sous-régionale et régionale
et de la mondialisation. Certains nouveaux pays industriels (Chine,
Brésil, Corée, etc.) étaient des acteurs importants
sur nombre de marchés africains. La concurrence devenait
encore plus intense avec l'utilisation des nouvelles technologies.
Les entreprises africaines accusant un important retard dans ce
domaine, elles étaient devenues moins compétitives
sur les marchés internationaux.
24. Les économies
évoluaient, passant de la satisfaction de besoins matériels
à celle de besoins immatériels. Avec le développement
des économies, la part des ressources naturelles par unité
de PIB baissait. De plus, les prix des produits de base subissaient,
en règle générale, des fluctuations tout au
long du cycle économique. Il était donc risqué
de mettre exclusivement l'accent sur les ressources naturelles et
de négliger les autres secteurs. Il n'en demeurait pas moins
que les ressources naturelles et la biodiversité qui constituaient
une grande richesse pour l’Afrique étaient un atout
très important pour le développement du continent,
même si les ressources naturelles n'assuraient pas d'avantage
compétitif durable en l’absence de valorisation par
la technologie.
25. Le nouvel
ordre technologique qui émergeait se caractérisait
par des changements décisifs, historiques et dynamiques dans
un contexte de progrès technologiques sans précédent.
Les technologies nouvelles et émergentes étaient en
train de changer définitivement la face du monde et de créer
de nouveaux défis, de nouvelles perspectives et de nouvelles
menaces. L'énorme fossé technologique/numérique
était probablement en train de s'élargir, même
si les nouvelles technologies pouvaient le réduire dans une
certaine mesure (passerelle numérique). Les nouvelles technologies
créaient aussi de nouvelles manières d'entreprendre,
ainsi que d'énormes possibilités d'affaires se chiffrant
à des milliers de milliards de dollars.
26. Les technologies
importantes pour la compétitivité de l'Afrique étaient
les technologies de l'information et de la communication, les biotechnologies,
les technologies industrielles, les technologies soucieuse de l’environnement,
les technologies autochtones, notamment dans le domaine de la biodiversité
qui constituait en Afrique un patrimoine de connaissances unique
en son genre. En ce qui concerne la mise en valeur des ressources
naturelles, le secrétariat a mentionné une trentaine
de technologies cruciales pour la mise en valeur des ressources
minérales, énergétiques et de l'eau en Afrique.
Le secrétariat s'est penché sur le rôle des
gouvernements en matière de promotion de ces importantes
technologies. Il a aussi examiné la question de la mise en
place d'un environnement propice à la science et à
la technologie dans toutes ses dimensions. Les questions concernant
les capacités scientifiques et technologiques nécessaires
à la mise en valeur des ressources naturelles ont également
été examinées, tout comme l'action que les
pouvoirs publics devaient mener pour mettre en valeur les ressources
naturelles.
27. Le représentant
de la CEA a estimé que pour accroître leur compétitivité,
les Etats membres devraient renforcer les mécanismes de marché,
se spécialiser dans certains créneaux, se doter d'avantages
compétitifs/comparatifs, soutenir des industries ou entreprises
sélectionnées avec soin, disposer de bonnes infrastructures,
avoir une main-d'œuvre qualifiée et s'adapter à
un environnement mondial en pleine mutation. Ils devraient également
garantir la stabilité, l'efficacité et la prévisibilité
de leurs politiques (moins de bureaucratie, de corruption et de
fraude fiscale, bonne administration de la justice, etc.), instaurer
un environnement économique porteur (sur le plan financier,
syndical, commercial, etc.), promouvoir une culture et des systèmes
de valeur propices, favoriser l'esprit d'entreprise ainsi que les
PME et encourager la technologie, l'information et la connaissance
en tant que nouvelles bases de la compétitivité.
28. Les Etats
membres devaient aussi renforcer la coopération et l'intégration
régionales dans le domaine de la science et de la technologie
:
i) en encourageant
le dialogue au niveau régional sur les défis, les
problèmes, les possibilités, les stratégies
et les politiques dans le domaine de la science et de la technologie
;
ii) en élaborant des positions régionales communes
en vue des négociations internationales ;
iii) en mettant en œuvre les conventions, résolutions
et protocoles régionaux ;
iv) en créant des partenariats et des associations ;
v) en lançant des activités et des initiatives communes
(expositions régionales, travaux de recherche, etc.) ;
vi) en favorisant l’établissement de réseaux
régionaux ;
vii) en coordonnant et harmonisant les efforts d'acquisition et
de développement des technologies au niveau régional
;
viii) en menant des études régionales et sous-régionales
;
ix) en concevant et en suivant des indicateurs sous-régionaux
et régionaux ;
x) en mettant en place des systèmes d’évaluation
des besoins aux niveaux sous-régional et régional
;
xi) en partageant les ressources et les biens (enseignement supérieur,
laboratoires, etc.) ;
xii) en renforçant les organisations, institutions, associations
et sociétés savantes (CRAT, CRACFT, OAPI, Organisation
régionale de la propriété industrielle de l'Afrique,
ORAN, AUA, AAS, etc.).
29. M. Maurice
Iwu, Directeur exécutif du Programme pour le développement
et la conservation des bioressources (Etats-Unis) a souligné
que l'Afrique était dotée d'immenses ressources humaines
et matérielles. Au cours des 50 dernières années,
l'économie des pays africains avait stagné, certains
pays ayant même enregistré une régression du
niveau de vie des populations vivant en zone rurale. Durant cette
période, les causes principales de la mortalité et
de la morbidité sur le continent ont été les
maladies infectieuses, parmi lesquelles le paludisme ; la filariose
lymphatique, la fièvre jaune, la loase, la trypanosomiase
et l'oncocerchose ou cécité des rivières sévissant
à l'état endémique. Ces maladies, transmises
par des vecteurs, avaient un impact sur la santé publique
et des effets socio-économiques sur les individus et sur
les communautés touchées qui se trouvaient être
le moteur du développement économique durable, puisque
produisant les aliments et les matières premières
industrielles. Les maladies fréquentes et la faible productivité
agricole et industrielle étaient à l’origine
de la croissance économique peu satisfaisante enregistrée
dans tout le continent et particulièrement en Afrique subsaharienne.
Le continent avait, par conséquent, dû recourir à
l'aide extérieure provenant des pays industrialisés
pour nourrir ses populations et assurer les besoins de base.
30. Lors de
la Conférence annuelle du Conseil économique et social,
il a été noté que l'aide publique fournie par
l'Occident à l'Afrique avait diminué d'un tiers entre
1994 et 1999 tandis que l'investissement étranger sur le
continent représentait moins de 5% des investissements réalisés
dans les pays en développement. Le Secrétaire général
de l'ONU, M. Koffi Annan, avait souligné que l'aide bilatérale
et l’aide au développement fournie par l'Occident aux
pays africains étaient tombées à 15,3 milliards
de dollars EU, en 1999, contre 23,4 milliards en 1994. Les efforts
des Nations Unies en Afrique avaient été entravés
par les coupes opérées dans le budget de l’ONU
pour les opérations sur le terrain, qui a diminué
de plus de 25% entre 1992 et 1999.
31. Selon la
Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement
(CNUCED), la part de l'Afrique dans les flux d'investissement direct
étranger (IED) dans le monde demeurait très faible,
ayant été inférieure à un pour cent
l'année dernière. Dans son World Investment Report
2001, elle signale que les flux d'IED destinés à l'Afrique
ont baissé de plus de 13% en l'an 2000. Ce recul reflétait
essentiellement la baisse de 50% constatée dans les apports
aux principaux bénéficiaires de l'IED sur le continent,
à savoir l'Angola, le Maroc et l'Afrique du Sud. Les flux
vers d'autres pays africains sont demeurés plus ou moins
stables. L'IED destinée à l'Afrique du Nord a augmenté
l'année dernière, atteignant 2,6 milliards de dollars
tandis que les flux vers l'Afrique subsaharienne baissaient, passant
à 6,4 milliards de dollars en 2000 contre 7,9 milliards en
1999. En Afrique subsaharienne, c'est la Communauté de développement
de l'Afrique australe (SADC) qui a eu la part du lion dans les apports
d'IED, qui sont toutefois tombés à 3,9 milliards en
2000 alors qu'ils avaient atteint 5,3 milliards en 1999.
32. Il a indiqué
à cet égard qu'il était indispensable que la
communauté internationale manifeste plus de solidarité
avec les peuples d'Afrique. La priorité était d'éradiquer
la pauvreté dans un contexte caractérisé par
un lourd endettement, la stagnation ou même la réduction
de l'aide au développement, la baisse des investissements
étrangers directs en Afrique, les conflits armés et
les ravages causés par le VIH/SIDA.
33. Il était
possible de remédier au déclin économique et
à la faiblesse de la compétitivité de l’Afrique
par le recours aux applications technologiques et le passage d’une
économie de subsistance à une économie industrielle.
Bien qu'elle compte des scientifiques de très grand talent
et possède des ressources naturelles en abondance, l’Afrique
ne s'est pas engagée résolument sur le chemin de l'industrialisation.
Devant ce constat, la communauté internationale a pris des
mesures pour veiller au transfert de la technologie vers l'Afrique
conformément à plusieurs instruments internationaux.
Il s'agissait de définir les mécanismes les meilleurs
pour une bonne mise en œuvre de ces instruments.
34. Au cours
des débats qui ont suivi, le Comité a fait observer
que l'exploitation des ressources naturelles de l'Afrique par des
compagnies étrangères était souvent très
peu profitable pour les pays africains. Les contrats d'exploitation
des ressources naturelles n'étaient pas toujours favorables
aux intérêts du continent. La mondialisation nuisait
à l'Afrique dont la plupart des entreprises n'étaient
pas en mesure de concurrencer celles du Nord, mieux équipées
et techniquement plus avancées. En outre, l'accès
aux marchés des pays industrialisés faisait toujours
l'objet de restrictions non quantitatives et le fardeau de la dette
constituait un obstacle important à l'acquisition des technologies.
Les pays riches avaient l’obligation morale d’être
honnêtes. Le Comité a rappelé qu’un grand
nombre de pays africains ne pouvaient pas prélever d'impôts
significatifs sur le revenu parce que leurs populations étaient
trop pauvres et que les politiques préconisées par
la Banque mondiale n'étaient pas concluantes. Ces pays se
trouvaient donc dans une impasse.
35. Le Comité
a souligné combien il était important pour les pays
africains d’obtenir des pays riches qu’ils mettent à
leur disposition les technologies à des conditions plus favorables
pour leur permettre de se doter de capacités adéquates
en vue de la transformation de leurs ressources naturelles. Les
pays du Nord devaient transférer leurs capacités excédentaires
vers les pays du Sud. La propriété intellectuelle
n'était pas un véritable obstacle puisque les brevets
dont les pays africains avaient besoin pour se développer,
étaient tombés dans le domaine public.
36. Le Comité
a estimé que l'Afrique devait se doter de technologies qui
lui assurent de meilleurs rendements ainsi que des niveaux de salaires
plus élevés. Les bas salaires ne constituaient plus
un avantage comparatif. L'enseignement élémentaire
et la mise en valeur des ressources humaines étaient indispensables
au développement. Le niveau intermédiaire ou technique
était faible en Afrique. Pour assurer le développement,
l'assimilation des connaissances et l'intégration de la technologie
étaient nécessaires. La diaspora africaine pouvait
apporter une aide à cet égard.
37. Le Comité
a reconnu que les gouvernements ne pouvaient assurer la croissance
économique à eux seuls. Par ailleurs, sans répartition
équitable des revenus et des richesses, la croissance économique
n’était pas synonyme de développement. Il convenait
donc d'aborder les problèmes de développement de manière
globale.
Sous-thème
1: Les technologies nouvelles et émergentes et les ressources
naturelles de l'Afrique (point 5 de l'ordre du jour)
38. Au titre
de ce point de l'ordre du jour, le Comité était saisi
de deux documents : «Les technologies nouvelles et émergentes
et leur rôle dans le renforcement de la compétitivité
des ressources naturelles en Afrique» et « Les technologies
nouvelles et émergentes et les ressources naturelles en Afrique».
39. Le premier
document a été présenté par M. Ousmane
Kane, Directeur exécutif du Centre régional africain
de technologie (CRAT). Il portait sur l'importance des technologies
pour la mise en valeur des ressources africaines, les difficultés
qui se posaient en ce qui concerne leur application en Afrique ainsi
que l'importance des choix technologiques. Le document a également
traité de l'impact économique de la science et de
la technologie, notamment sur les ressources naturelles, ainsi que
des leçons à tirer de l'expérience d'autres
pays. Enfin, il a proposé une stratégie d'innovation
et de transfert technologiques qui permettrait d’intégrer
véritablement la science et la technologie dans le processus
de développement économique et social du continent
africain.
40. Le Comité,
tout en reconnaissant que l'Afrique disposait de réserves
abondantes en ressources naturelles, a cependant déploré
le faible niveau d'exploitation de celles-ci. Il a par ailleurs
fait observer que ces ressources étaient souvent exportées
à l’état brut, avec très peu de valeur
ajoutée locale. Il s’agissait notamment des ressources
minières, des ressources énergétiques et des
ressources agricoles et forestières.
41. La technologie
s'étant imposée comme un instrument majeur de développement
en raison de son rôle déterminant sur la performance
et la compétitivité des entreprises, il était
nécessaire d’introduire plus de rationalité
et d’efficacité dans les systèmes administratif,
financier, juridique, éducatif et culturel, de recherche
et d'innovation. Le Comité a jugé impérieux
pour l'Afrique de parier sur l'avenir, en accordant un intérêt
particulier à l'acquisition, à la maîtrise et
à la gestion des technologies pour mieux exploiter ses propres
ressources naturelles et leur conférer une forte valeur ajoutée
locale. L'Afrique devait par conséquent se départir
de sa position passive de spectateur ou de consommateur de technologie
dans la civilisation post-industrielle et s'approprier entièrement
la gestion de l'ensemble du processus d'innovation.
42. A cet égard,
le Comité a reconnu que les technologies dites «nouvelles»
ou «émergentes» revêtaient une importance
particulière, eu égard aux progrès spectaculaires
et aux performances de pointe qui avaient été accomplis
ces dernières années. Plusieurs technologies de ce
type étaient susceptibles d'offrir des créneaux porteurs
pour exploiter les ressources naturelles africaines de façon
rentable. Parmi les technologies présentant un intérêt
pour tous, le Comité a cité la télédétection,
les biotechnologies et les nouvelles technologies de l'information
et de la communication dont les principes et applications ainsi
que les enjeux et les perspectives ont été présentés.
Eu égard à ces technologies, le Comité a estimé
que les pays africains étaient dans l’obligation, dans
un contexte de compétitivité accrue, de s'organiser
pour créer des capacités endogènes de développement
et d’innovation technologiques s’appuyant sur des activités
de recherche-développement.
43. Le Comité
a cependant fait observer que malgré les promesses que suscitaient
les technologies nouvelles ou émergentes, leur application
se heurtait à de nombreuses contraintes. Au-delà des
spécificités propres à chaque technologie,
ces contraintes tenaient aux nombreuses insuffisances observées
dans les capacités et les stratégies d'innovation
technologiques aux niveaux national et régional. Le Comité
a, en outre, mentionné plusieurs obstacles d'ordre économique
ou juridique ainsi que le manque de coopération scientifique
et technologique.
44. En ce qui
concernait les choix technologiques, il fallait attacher une importance
particulière à la nécessité de développer
un savoir-faire local permettant d'assurer le fonctionnement ainsi
que la gestion et la maintenance des supports technologiques en
vue d'en appréhender l'évolution dynamique et ainsi
se donner des capacités d’innovation. Le Comité
a invité les pays africains à beaucoup de circonspection
dans les choix technologiques, lesquels doivent répondre
aussi bien aux besoins réels de ces pays qu'à leur
situation spécifique au regard de leurs ressources naturelles,
humaines, financières et autres.
45. Le Comité
a pris note des différentes étapes à suivre
pour la valorisation des ressources naturelles. A toutes les étapes
et quelle que soit la ressource considérée, il était
important de garder à l'esprit les exigences de compétitivité
résultant de la mondialisation et de la libéralisation
des échanges économiques. Les technologies les plus
performantes devaient être appliquées en tenant compte
des impératifs d'efficacité, de coût, de commodité
d'utilisation et d'impact sur l'environnement.
46. Les expériences
canadienne et coréenne ont été présentées
au Comité qui s'est dit convaincu que les stratégies
d'innovation mises en œuvre par ces pays pour parvenir à
leur niveau actuel de développement technologique pouvaient
inspirer les pays africains dans l'élaboration et la mise
en œuvre de leurs propres stratégies de développement
technologique.
47. Le Comité
a pris note de la vision et de la stratégie d'innovation
technologique proposée pour l'Afrique. Pour traduire cette
vision en réalité, le Comité a suggéré,
qu’à l'instar du Canada et de la Corée, les
pays membres mettent en œuvre une stratégie dynamique
d'innovation technologique nationale qui soit partie intégrante
de leur politique de développement. Le Comité a en
particulier pris note des dix éléments qualifiés
de « dix commandements » autour desquels devait s'articuler
la mise en œuvre de la vision.
48. Au cours
des discussions qui ont suivi l’exposé, le Comité
a reconnu que le développement des NTIC passait non seulement
par l'expression d'une réelle et ferme volonté politique,
mais surtout par la traduction de celle-ci en actions concrètes.
A cet égard, il a été recommandé de
mettre à la disposition des chercheurs les moyens nécessaires
leur permettant de développer leur potentiel scientifique
et de le concrétiser.
49. Le Comité
a également reconnu qu’il était nécessaire
de valoriser la fonction de recherche en accordant aux chercheurs
un statut qui soit à la mesure des attentes placées
en eux et du rôle qu'ils sont appelés à jouer
dans le développement économique et social du continent.
Le secteur privé devait être davantage associé
aux activités de développement technologique. Des
liens devaient être établis entre les centres de recherche,
les universités et les entreprises privées afin d'impliquer
le secteur privé dans toutes les étapes du développement
technologique en Afrique. Le secteur privé devrait donc être
invité à participer à la prochaine réunion
du CNRST.
50. Le Comité
a mis l’accent sur le rôle de la diaspora africaine
dans le développement des NTIC. Il était, à
cet égard, impératif de faire participer les compétences
africaines établies à l'étranger aux travaux
de recherche et développement technologique entrepris en
Afrique. Le temps presse et des mesures urgentes devraient être
prises pour mettre en place des installation et services de recherche
internationaux, permettant aux pays africains de bénéficier
des connaissances de la diaspora en science et en technologie, comme
dans le cas de la Corée.
51. Le Comité
a par ailleurs insisté sur la nécessité pour
les chercheurs de mettre en évidence leurs capacités
à transmettre ce message à tous les acteurs et partenaires
et de montrer de façon concrète ce que la science
et la technologie pouvait apporter au développement de l'Afrique.
Il était tout aussi important de mener des campagnes de médiatisation
et de sensibilisation, faute de quoi les politiques et les stratégies
les plus pertinentes risquaient d’échouer. A cet égard,
il a été suggéré de préciser
quels étaient les thèmes prioritaires pouvant servir
à véhiculer ces messages.
52. Le Comité
a proposé de procéder à une évaluation
systématique de l'état de mise en œuvre des recommandations
faites lors des précédentes réunion du Comité.
53. Le deuxième
exposé a été présenté par M.
Maurice Iwu. Il a porté sur les instruments internationaux
concernant le transfert de technologie. L'orateur a constaté
à cet égard que la majorité des pays africains
n'avait pas établi un environnement propice à l'adoption
des technologies modernes à des fins de développement
socio-économique. Il a également évoqué
les changements spectaculaires survenus tant dans le paysage technologique
mondial que sur le plan politique et indiqué qu'il serait
peut-être plus difficile d'assurer un transfert technologique
efficace dans la situation mondiale actuelle. Ce transfert était
d'autant plus difficile à réaliser que le système
mondial de protection du développement technologique et de
l’acquisition de technologies a été bouleversé
par l'entrée en vigueur de l'Accord sur les aspects des droits
de propriété intellectuelle qui touchent au commerce
(ADPIC) dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
En ce qui concerne l'arrangement au niveau mondial, il a été
recommandé de voir comment il serait possible de tirer parti
des compétences des Africains de la diaspora afin d’utiliser
au mieux toutes les ressources humaines disponibles sur le continent.
54. Plutôt
que de recourir au transfert de technologies, il était possible
de développer les capacités locales dans les domaines
de la science, de la technologie et de l'innovation. Cette méthode
permettrait d'accélérer considérablement le
développement économique du continent. La sous-utilisation
des compétences et des ressources locales pour l’élaboration
et la mise en œuvre de la politique nationale, a largement
entravé les activités de développement et n’a
pas permis de promouvoir une croissance et un développement
réels.
55. Il existait
plusieurs méthodes permettant d’impliquer la communauté
scientifique et technique nationale dans le processus de développement
économique. Toutefois, le modèle recommandé
était celui qui engageait l'Etat, l’industrie et l’université
(ou la communauté scientifique et technologique) dans une
relation très étroite. Le modèle de «transition
interminable» de la recherche dans les universités
était remplacé par des réseaux orientés
vers des produits au sein d'un consortium travaillant sur des thèmes
donnés et associant les établissements universitaires,
le secteur industriel et l'Etat dans un système du type «
Triple hélice ». En ce qui concernait l'Afrique, une
autre caractéristique de ce modèle était l'importance
particulière accordée à l'inclusion des communautés
rurales et au recours aux institutions locales ou traditionnelles.
Le développement de l'esprit d'entreprise et la participation
au système du marché mondial constituaient une autre
alternative au modèle classique. Ce modèle envisageait
une relation université-industrie-Etat dans laquelle :
§ Les communications
et les négociations entre les partenaires institutionnels
permettaient de réaménager progressivement les arrangements
conclus ;
§ Des organisations
des secteurs industriels et des Etats-nations étaient toutefois
stimulées par les nouvelles technologies, la biotechnologie,
la technologie de l'information et de la communication (TIC), la
mobilisation financière etc.
§ Les transformations
qui en découlaient pouvaient être analysées
en termes de systèmes néoévolutifs. La recherche
universitaire pourrait de plus en plus servir à expérimenter
de telles transitions à forte intensité de connaissances
;
§ Chaque
secteur serait à la tête d'un volet du programme conformément
à son mandat institutionnel dans le cadre d'un intérêt
national clairement défini.
56. Ces arrangements
comportaient un autre aspect important, à savoir la création
de groupes opérationnels fondés sur l'intérêt
national stratégique qui permettront de créer un réseau
intégré et fiable rassemblant des centres technologiques
communautaires ruraux, des centres d'entreprises urbaines et des
organisations d'innovation et de connaissances. Ces groupes pourraient
œuvrer dans plusieurs domaines majeurs du développement,
notamment la production alimentaire et les services agricoles, l'éducation,
la santé, les micro-entreprises et les services financiers.
Les gouvernements devaient mettre en place une politique claire
visant à encourager la création de groupes université-industrie
dans un cadre africain. Des exemples ont été donnés
montrant que des applications scientifiques et technologiques simples
pouvaient donner une plus-value considérable aux ressources
naturelles.
57. Les domaines
d’intérêt étaient notamment : i) le traitement
de la biodiversité et le développement ; ii) la protection
des cultures et les techniques après récolte ; iii)
le développement biotechnologique ; iv) le traitement microbiologique
industriel ; v) la technologie du marquage de l'ADN pour les ressources
génétiques ; vi) la protéomie ; vii) le génome
; viii) la bioinformatique, y compris l'établissement d'une
carte biogénétique.
Sous-thème
II: Renforcement des systèmes scientifiques et technologiques
pour la promotion des ressources naturelles en Afrique (point 6
de l’ordre du jour)
58. Au titre
de ce point de l’ordre du jour, le Comité a examiné
deux documents intitulés: «Systèmes d’innovation,
compétitivité et ressources naturelles en Afrique»
et «La gestion des systèmes nationaux d’innovation».
59. Dans la
première présentation, Mme Lynn Mytelka et M. Banji
Oyelaran-Oyeyinka, de l’Institut de l'Université des
Nations Unies pour les nouvelles technologies (UNU/INTECH), ont
précisé que les ressources naturelles présentaient
un avantage comparatif statique sur lequel on ne peut plus fonder
la compétitivité. Elles constituent un point de départ
d’où une situation dynamique peut émerger et
peuvent à cet égard offrir des possibilités
de rattrapage. Les nouvelles technologies ont révolutionné
des secteurs traditionnels depuis l’extraction jusqu’aux
services, en passant par l’agriculture et la pêche.
L’ancienne distinction entre les secteurs «de pointe»
et les autres, qui était fondée uniquement sur l’intensité
de la recherche, induit en erreur puisque l’on constate une
intensification des connaissances dans tous les secteurs. En d’autres
termes, des secteurs traditionnels tels que l’extraction minière,
l’alimentation et les boissons ou l’horticulture, sont
en train de devenir des secteurs à forte intensité
de connaissance. Le cadre d’innovation permet d’envisager
la transformation des secteurs traditionnels en des systèmes
d’innovation.
60. M. Oyeyinka
a également fait remarquer qu’un système d’innovation
est un réseau d’agents économiques, appuyés
par des institutions et des politiques qui facilitent leur performance
en matière d’innovation. C’est un cadre conceptuel
nouveau qui voit dans l’innovation un processus interactif
dans lequel les entreprises interagissent les unes avec les autres,
avec l’appui d’institutions et d’organisations
telles que des associations professionnelles, des centres de recherche
et développement, d’innovation et de productivité,
des organes de normalisation, des universités, des centres
de formation professionnelle, des services de collecte et d’analyse
d’information ainsi que des mécanismes banquiers et
financiers qui jouent un rôle clef dans l’élaboration
de nouveaux produits, de nouveaux processus et de nouvelles formes
d’organisation, à des fins économiques.
61. Il a également
souligné que d’un point de vue politique, le concept
de système d’innovation appelle l’attention sur
le comportement des acteurs locaux en ce qui concerne trois éléments
clefs du processus d’innovation: les liaisons, l’investissement
et l’apprentissage. Les systèmes d’innovation
peuvent être conceptualisés en termes géographiques
ou sectoriels. Les organes de normalisation, les instituts de formation
professionnelle, les laboratoires de biologie moléculaire
et les centres de conception ne revêtent pas la même
importance pour le secteur des produits biopharmaceutiques, pour
celui de la pisciculture ou pour celui de l’extraction minière.
62. Les quatre
éléments susmentionnés peuvent être opérationnalisés
par un certain nombre d’indicateurs:
i) Une configuration
optimale d’acteurs dans un système;
ii) La compétence des acteurs, définie au sens large
afin d’inclure les compétences et capacités
en matière de production et de gestion, ainsi que les technologies
de pointe;
iii) Les habitudes et pratiques de ces acteurs, eu égard
aux trois piliers sur lesquels repose un processus d’innovation:
apprentissage, investissement et liens ;
iv) La nature et l’étendue des interactions entre acteurs.
63. La mise
en place d’un système suppose une diversification,
laquelle requiert des liens dans plusieurs directions. Par exemple,
les liens en amont favorisent l’interaction et permettent
d’apprendre beaucoup en ce qui concerne le sous-système
des biens d’équipement et les fournisseurs de facteurs
de production. Les liens en aval favorisent les relations avec les
producteurs auxiliaires ainsi qu’une plus grande valeur ajoutée
des produits finaux et du marché des services. Dans le secteur
minier, les exemples classiques sont notamment l’aluminium
et l’acier mais des opportunités considérables
existent également en ce qui concerne les produits alimentaires,
les boissons et les matières premières agricoles tels
que le coton et le café. Les secteurs traditionnels peuvent
par conséquent permettre à l’Afrique de combler
son retard mais les responsables doivent les repenser en tant que
systèmes d’innovation s’ils veulent réellement
mettre à profit leur potentiel.
64. La seconde
présentation, «La gestion des systèmes nationaux
d’innovation», a été faite par M. Maurice
Iwu. Selon le présentateur, le XXIe siècle a vu l’avènement
d’un nouveau type de révolution technologique qui a
apporté des changements majeurs au cours des dernières
décennies. Quatre révolutions scientifiques importantes
ont marqué le siècle précédent. A la
prédominance des sciences chimiques a succédé
celle des sciences nucléaires, suivie très vite de
l’ère de la technologie de l’information, qui
a bouleversé les sciences biologiques. Grâce aux techniques
informatiques modernes, la biotechnologie et le génie génétique
ont dévoilé les secrets des micro-organismes et établi
la carte du génome humain. La biotechnologie, que l’on
pourrait définir comme une activité qui utilise les
micro-organismes pour aboutir à un objectif donné,
est une technologie dont l’Afrique peut tirer parti pour gagner
en compétitivité sur la scène mondiale. D’autres
technologies telles que les technologies écologiquement rationnelles,
des innovations biotechnologiques et de nouveaux matériaux
peuvent également être adaptées et adoptées
par des pays en développement s’ils disposent des compétences
nécessaires, s’ils peuvent accéder à
l’information scientifique et technique et s’ils ont
la capacité d’absorption et les ressources financières
nécessaires.
65. Il apparaît
aujourd’hui clairement que les flux de connaissances techniques
de pointe dépendent, en règle générale,
des flux d’investissement étranger direct (IDE) et
des licences dans les industries où interviennent les technologies
de pointe. Il est donc tout à fait possible d’utiliser
les systèmes d’innovation technologique pour augmenter
l’IDE et améliorer la sécurité alimentaire
en Afrique. Selon la CNUCED, la part des produits de haute technologie
dans les exportations mondiales de biens manufacturés est
passée de 14 % en 1980 à 23 % en 1990 et les pays
en développement qui exportent des produits à moyenne
et à forte intensité technologique, essentiellement
des pays d’Asie de l’Est et d’Amérique
latine, sont peu nombreux. L’Afrique est restée l’écart
de la production technologique mondiale. Elle pourrait, en d’autres
termes, être prise dans un cercle vicieux, c’est-à-dire
de ne pas pouvoir attirer l’investissement direct étranger
faute de capacités technologiques importantes et de ne pas
pouvoir développer des capacités technologiques en
l’absence de ressources financières suffisantes pour
acquérir ces technologies ou les développer localement.
66. Là
également, il est nécessaire d’établir
un mécanisme pour la gestion des technologies émergentes
et des systèmes d’innovation, dans lequel les ressources
humaines de l’Afrique dans la communauté scientifique
et technologique et, surtout, dans la diaspora seraient mises à
contribution. Le modèle à triple hélice modifié
pourrait être mis en place aux niveaux national, régional
et continental. Les pouvoirs publics sont, pour leur part, appelés
à promouvoir avec détermination un enseignement scientifique
et technologique supérieur de qualité, à fournir
un appui financier et logistique au secteur industriel privé
et à encourager la recherche du secteur public dans les domaines
cruciaux de la technologie de l’information et de la biotechnologie.
67. Après
les présentations de M. B.O. Oyeyinka et de M. Iwu, un participant
a fait quelques remarques sur le système d’innovation.
Il a noté qu’au niveau national comme au niveau régional,
le système d’innovation ne devait pas être statique
mais souple et adaptable. Il a ajouté que dans les pays développés,
l’entreprise est le principal acteur de l’innovation.
Toutefois, dans les pays en développement sans grands moyens
pour investir, le Gouvernement devait jouer un plus grand rôle
et en particulier créer une structure intermédiaire
qui encourage l’utilisation des résultats de la recherche
au niveau des entreprises et qui facilite des investissements plus
importants dans le secteur.
68. En ce qui
concerne la crainte que l’édification de systèmes
nationaux d’innovation dans les plus grands pays ne relègue
les petits pays au second plan, il a été souligné
qu’en réalité c’est plutôt le contraire
qui risquait de se produire, car étant plus souples, les
petits pays peuvent s’adapter plus rapidement que les grands.
Les pays étant en général à des stades
variables de l’élaboration de leur système national
d’innovation et certains étant souvent plus avancés
dans un domaine que dans l’autre, il convient de mettre en
commun leurs ressources au niveau sous-régional. Il a été
noté qu’il fallait procéder, au niveau des pays,
à une évaluation en vue d’identifier les secteurs
de croissance économique, de façon n’à
appuyer que ceux qui étaient prometteurs. Le cas de l’Ethiopie
qui avait une importante industrie du cuir a été cité.
L’Ethiopie devrait se cantonner à déterminer
comment développer son industrie du cuir de façon
à ce qu’elle concurrence plus efficacement d’autres
industries similaires du reste du monde.
69. En ce qui concerne le grand nombre d’institutions qui
n’avaient pas réellement d’impact, il a été
souligné qu’il fallait instaurer de nouvelles méthodes
de travail. Il fallait analyser la performance de chaque institution,
autoriser la fermeture de celles qui étaient inefficaces
et les remplacer par de nouveaux organismes. Tous les acteurs devaient
remplir leur tâche, voire faire davantage en l’absence
d’un chaînon manquant, par exemple lorsque la recherche
était coupée de l’industrie. Ainsi, lorsque
la recherche était inexistante ou insuffisante, le secteur
privé devait prendre des initiatives, comme l’avaient
fait les fleuristes au Nigéria. Il fallait développer
la collaboration entre l’Etat et le secteur productif par
des politiques explicites ou implicites. La plupart des gouvernements
des pays développés aidaient d’une manière
ou d’une autre leur industrie à innover et à
adopter de nouvelles technologies. Le Gouvernement japonais s’était
tant impliqué à cet égard que cela lui avait
valu le surnom de «Japan Inc» et tout le monde savait
que le Gouvernement des Etats-Unis avait toujours aidé le
secteur industriel de ce pays en subventionnant la recherche pour
certains projets ou secteurs. Par conséquent, il ne s’agit
pas de savoir comment promouvoir des marchés libres dans
ce domaine mais plutôt comment y engager le secteur privé
sans favoritisme aucun.
70. Il a également été souligné qu’à
ce stade, les pays africains ne devaient pas chercher à être
compétitifs sur les marchés mondiaux. Ils devaient
plutôt chercher à fournir des produits et des services
adéquats et compétitifs sur leur marché intérieur
dans le but d’assurer la sécurité alimentaire
et de lutter contre la pauvreté. A cet égard, ils
pouvaient, par exemple, appuyer des institutions locales et régionales,
créer des centres d’excellence, exploiter les possibilités
offertes par les blocs commerciaux régionaux et bien utiliser
les ressources des institutions de recherche africaines. Un participant
a signalé qu’ils pouvaient, toujours dans le même
but, mettre en place des bases de données appropriées
sur les ressources disponibles en Afrique et au sein de la diaspora.
De telles activités avaient déjà été
entreprises dans le cadre d’AMIST, qui avait été
créé par des intellectuels africains.
Rapport sur la mise en œuvre des recommandations de la première
réunion du Comité des ressources naturelles, de la
science et de la technologie (CNRST-1) (Point 7 de l’ordre
du jour)
71. Au titre de ce point de l’ordre du jour, un fonctionnaire
de la CEA a présenté le document ECA/RCID/FSSDD/032/01-CNRST-2,
récapitulant les activités menées depuis novembre
1999, par la CEA et d’autres groupements économiques
sous-régionaux et régionaux (les CER), en application
directe ou indirecte des recommandations de la première réunion
du Comité des ressources naturelles, de la science et de
la technologie.
72. La CEA a
mené des activités dans quatre secteurs: ressources
minérales, eau, énergie et science et technologie.
73. Dans le
secteur des ressources minérales, la CEA a: i) organisé
une réunion de groupe spécial d’experts sur
l’élaboration de programmes sous-régionaux dans
le secteur des ressources minérales en Afrique centrale (CDSR-AC);
ii) réalisé une étude sur le cadre de coopération
entre les gouvernements africains et le secteur privé pour
le développement du secteur minier; iii) produit un document
sur les ressources minérales et la lutte contre la pauvreté
en Afrique.
74. En outre, la CEA a participé aux réunions ci-après:
Cinquième session de la Conférence d’Indaba
sur l’investissement dans le secteur minier en Afrique; Conférence
spéciale des ministres africains de l’énergie
et des mines, tenue en novembre-décembre 2000 au Burkina
Faso et Septième réunion du Conseil de direction du
Centre minéral pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique
australe (SEAMIC).
75. Dans le secteur de l’énergie, le CNRST avait insisté,
lors de sa première réunion, pour que les recommandations
de la deuxième Conférence des ministres africains
de l’énergie et des mines, tenue en 1997 à Durban
(Afrique du Sud), soient mises en œuvre. Faisant suite à
cette demande, la CEA a préparé ou est en train de
préparer: i) une étude sur un cadre de coopération
renforcée entre les secteurs public et privé dans
le secteur de l’énergie et ii) une étude sur
un cadre d’électrification rurale mettant l’accent
sur les énergies renouvelables et les petites centrales hydroélectriques.
Elle suit en outre la mise en oeuvre des projets de: i) création
du réseau ouest-africain d’interconnexion; ii) création
de l’association de réglementation électrique
de la Communauté de développement de l’Afrique
australe iii) réseau d’interconnexion de la Communauté
de l’Afrique de l’Est. Elle a également suivi
les résultats des réunions suivantes: i) réunion
de l’OUA/UA sur la création de la Commission africaine
de l’énergie; ii) réunion des ministres de l’énergie
des Etats-Unis d’Amérique et des pays africains, dans
le cadre de l’Initiative africaine sur l’énergie
iii) consultation régionale africaine pour une étude
globale de l’évaluation de la situation énergétique
mondiale (tenue à Nairobi en janvier 2000, à l’initiative
du Département des affaires économiques et sociales
de l’ONU, de la Conférence mondiale de l'énergie
[CME] et du Programme des Nations Unies pour le développement
[PNUD]).
76. Dans le secteur de l’eau, la CEA a: i) organisé
les septième et huitième réunions du Groupe
interinstitutions pour l’eau en Afrique (en 2000 au Ghana
et en 2001 au Niger); ii) préparé un recueil sur les
perspectives, les problèmes et les résultats de la
mise en valeur des eaux transfrontières en Afrique; iii)
rédigé un rapport préliminaire détaillé
sur le transfert d’eau entre les différents bassins
du lac Tchad, en vue d’en rétablir la surface; et iv)
préparé un rapport sur divers accords de coopération
pour la mise en valeur intégrée des ressources en
eau du bassin fluvial du Zambèze. D’autre part, la
CEA a organisé les réunions ci-après ou y a
pris part: i) séminaire de formation sur la gestion intégrée
des ressources en eau (Ghana, septembre 2001); ii) deuxième
Forum mondial sur l’eau (La Haye, mars 2001); iii) réunion
de groupe spécial d’experts sur la promotion et la
mise en oeuvre de la Vision africaine de l’eau à l’horizon
2025 en collaboration avec la Banque africaine de développement
(BAD) et l’Organisation de l’unité africaine
(OUA) en juillet 2000; et iv) réunion l’Initiative
relative au bassin du Nil (tenue à Genève en 2001).
Elle a également fourni des services consultatifs à
un certain nombre d’Etats membres et participé aux
réunions de préparation du Rapport sur l’évaluation
des ressources mondiales en eau, tenues en 2001. Elle a contribué
au Rapport sur la mise en valeur des ressources en eau, qui sera
publié en 2002 et préparé un rapport détaillé
sur le processus d’intégration en Afrique, dans le
domaine de l’eau.
77. La CEA a fourni à ses Etats membres une assistance pour
l’application de la science et technologie et de technologies
nouvelles et émergentes, dans les secteurs de l’eau,
de l’énergie, des ressources minérales, de l’agriculture
et de la sécurité alimentaire. Elle s’est également
efforcée de mieux les préparer à traiter de
questions sous-régionales et régionales, dans tous
ces secteurs. En 2000 et 2001, la CEA a organisé la troisième
réunion du Conseil consultatif sur la science et la technologie
(octobre 2000) et elle prépare déjà la quatrième,
qui se tiendra en 2002. Elle prépare également la
deuxième réunion du Comité du développement
durable, prévue en novembre 2001 ainsi qu’une réunion
spéciale d’experts sur les technologies alimentaires
locales, également prévue en novembre 2001.
78. La CEA a publié des rapports sur les thèmes suivants:
i) renforcement des capacités au Sud: enseignements et opportunités
pour l’Afrique subsaharienne (2000); ii) revalorisation de
la technologie alimentaire locale en Afrique (2000); iii) questions
scientifiques et technologiques relatives à la compétitivité
des ressources naturelles africaines sur le marché mondial
(2001) et iv) une note d’orientation sur la science et la
technologie en vue du développement durable (en préparation).
En matière de promotion du travail en réseau, elle
a contribué au lancement d’ESTNET un réseau
commun d’organes de décisions et de décideurs
en science et technologie en Afrique. La CEA a également
mis au point le modèle PEDA un modèle informatisé
des interactions essentielles entre population, environnement et
agriculture, en vue de la sécurité alimentaire. Dans
d’autres domaines du secteur de la science et technologie,
la CEA a participé à un Atelier international sur
les systèmes africains d’innovation (Danemark, mars
2000) et à la cinquième session de la Commission de
la science et de la technique au service du développement
(Genève, mai 2001).
79. La CEA a assuré un rôle de catalyseur en matière
d’analyse de politiques, de préparation de rapports,
d’études et de notes d’orientation. Elle a organisé
des forums de coopération, facilité l’échange
d’informations, contribué au renforcement et à
la mise en réseau des compétences, fourni des services
consultatifs et d’assistance technique, mené des activités
de sensibilisation et favorisé la coopération sous-régionale
et régionale.
80. La présentation a été suivie d’un
bref débat. Le représentant du Centre régional
africain de technologie (CRAT) a donné un complément
d’information sur les activités du Centre et le représentant
de l’Algérie a annoncé que la Commission africaine
de l’énergie serait abritée à Alger.
81. Le Comité a ensuite pris note du rapport.
Discussions en groupe (point 8 de l’ordre du jour)
82. Des discussions en groupe ont été organisées
pour préparer les conclusions et recommandations du Comité.
Elles ont porté sur deux thèmes: i) «Exploiter
le potentiel de l’Afrique dans les domaines de la science,
de la technologie et de l’innovation» et ii) «Renforcement
des capacités en science et technologie en vue de la compétitivité».
Le Comité a examiné les conclusions et recommandations
présentées ci-après.
C. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
83 Il est vrai que l’Afrique est bien dotée en ressources
naturelles et avait, jusque récemment, un avantage comparatif
en ce qui concerne les exportations de produits primaires. Toutefois,
les producteurs à faible coût de production et les
produits de substitution ont battu en brèche cet avantage
comparatif ces dernières années. C’est le manque
ou la pénurie de capacités scientifiques et techniques
qui expliquent principalement cette situation. En fait, l’Afrique
occupe une place très modeste dans le monde de la recherche
et représente moins de 1% des dépenses mondiales consacrées
à la recherche-développement. La situation s’est
aggravée d’autant plus que le continent manque de ressources
financières permettant d’acquérir la technologie
et de promouvoir l’innovation.
84. La science et la technologie revêtent une grande importance
dans tout processus de protection et d’utilisation des ressources
naturelles. Par exemple, dans le secteur des ressources minérales,
pour promouvoir la compétitivité, donner de la valeur
ajoutée aux produits et protéger l’environnement,
il faut recourir à la science et à la technologie.
Il en est de même dans le secteur de l’eau, pour disposer
d’eau potable. Dans le domaine de l’énergie également,
les progrès de la technologie permettent d’obtenir
de l’énergie à bon marché. Dans le domaine
de l’agriculture, les progrès des connaissances et
les applications de la biotechnologie permettent d’espérer,
en particulier, que l’Afrique connaîtra la révolution
verte.
85. Compte tenu du rôle central que la science et la technologie
jouent dans le processus de développement, l’Afrique
risque d’être marginalisée davantage et de voir
le fossé technologique se creuser encore. Ce risque est lié
aux récents progrès de la science et de la technologie,
notamment dans le domaine des technologies de l’information
et de la Communication (TIC), de la biotechnologie, des matériaux,
de l’énergie solaire et des techniques de fabrication,
qui ont révolutionné la technologie au plan mondial
et influé, dans une large mesure, sur les paramètres
de la compétitivité.
86. L’Afrique doit donc absolument suivre les progrès
des technologies précitées pour conserver ou renforcer
sa compétitivité. Ainsi, doit-elle élaborer
d’urgence une vision à long terme lui permettant de
résoudre ses problèmes de recherche-développement,
d’acquérir des capacités modernes de gestion,
de créer des institutions appropriées et de mettre
en place un environnement favorable qui assure la compétitivité
du secteur des ressources naturelles.
87. Compte tenu
des mauvais résultats du continent, CNRST-2 a consacré
beaucoup de temps, conformément aux recommandations de CNRST-1,
à l’examen des questions ayant des incidences sur la
compétitivité du continent en ce qui concerne la mise
en valeur et l’utilisation des ressources naturelles. Plus
particulièrement, il a reconnu que la compétitivité
de l’Afrique devrait reposer sur les éléments
suivants:
i) Eliminer
la pauvreté en recourant à la science et à
la technologie pour promouvoir la sécurité alimentaire;
ii) Reconnaître que les pays africains ne pourraient constituer
un espace économique viable et compétitif qu’en
renforçant les mécanismes d’intégration
régionale, dans le cadre desquels ils pourraient atteindre
des objectifs communs, rationaliser les politiques, harmoniser et
renforcer les institutions;
iii) Créer un environnement propice au développement
national et des conditions qui inciteraient les investisseurs étrangers
à venir s’installer en Afrique;
iv) Créer un Etat capable qui pratique la bonne gouvernance
et ménage au pays des avantages comparatifs, en trouvant
des solutions aux déficiences d’infrastructurelles
et en renforçant les capacités institutionnelles;
v) Créer les capacités permettant d’assimiler
la science et la technologie pour faciliter l’acquisition,
l’adaptation et l’internalisation des compétences
techniques.
88. Le Comité a examiné les questions sus-mentionnées
et formulé les observations et recommandations suivantes
sur les thèmes spécifiques qui revêtent une
grande importance pour la mise en valeur du secteur des ressources
naturelles en Afrique.
Liens entre les institutions de recherche-développement (R-D),
le gouvernement et le secteur privé
89. Le Comité a fait remarquer que les institutions de recherche,
les gouvernements et le secteur privé n’entretenaient
guère de relations et que, pour cette raison bien souvent,
les résultats de la recherche-développement (R-D)
n’étaient pas commercialisés. Les chercheurs
et le secteur commercial/industriel n’entretenaient que peu
de relations fonctionnelles.
90. A cet égard, le Comité a recommandé ce
qui suit:
¡ Il faudrait
axer la recherche sur le consommateur.
¡ Il faut définir un système de connaissances
qui pourrait fonctionner au niveau national ainsi qu’une stratégie
d’innovation comportant des objectifs clairement définis,
par exemple:
- La nécessité de créer une agence de l’innovation;
- La mise en place de mécanismes de financement pour la recherche
développement;
- La création de pépinières ou groupes d’entreprises
à vocation technologique par les secteurs public et privé;
- La création de réseaux complémentaires entre
les divers acteurs des systèmes d’innovation.
¡ Le Comité
a noté qu’une pléthore d’institutions
inefficaces ne serait pas une solution. Il convenait à cet
égard d’évaluer les performances des institutions
actuelles. En outre, ces dernières devaient être renforcées
pour mieux répondre aux besoins du marché. Il faudrait
s’employer en particulier à accroître le financement
ainsi qu’à améliorer la gestion et la commercialisation
des produits de la recherche-développement.
¡ La CEA
devrait organiser régulièrement des tables rondes
sur la mise en valeur des ressources naturelles qui devraient inclure
les gouvernements, le secteur privé, la société
civile et les milieux universitaires;
¡ Le secteur
privé et la société civile devraient être
invités à la prochaine réunion du CNRST.
Rôle
des intellectuels africains et de la diaspora
91. Le Comité a noté que la diaspora africaine était
une ressource précieuse pour le développement de la
région. Il a recommandé à cet égard
de recourir aux réseaux et aux centres de connaissances actuels
pour établir des liens entre la diaspora et les chercheurs
africains en vue d’améliorer les capacités locales
de R-D, y compris la formation. Ces réseaux comprennent:
¡ Le Forum
des réseaux africains de la connaissance parrainé
par la CEA;
¡ L’Initiative
africaine du Millénaire pour la science et la technologie
(AMIST).
92. Le Comité a estimé qu’il faudrait renforcer
les activités de l’UNU/INRA, organisme des Nations
Unies qui abrite l’AMIST, chargé de créer la
base de données sur la diaspora, pour bien utiliser les ressources
de la diaspora. En outre, il a recommandé que l’AMIST
et l’AKNF entretiennent des liens solides et coordonnent leur
action.
Mise en valeur groupée des ressources naturelles
93. Le Comité a noté que dans certains secteurs, l’Afrique
avait un avantage comparatif en ce qui concerne son capital en ressources
naturelles : la biodiversité de la faune et de la flore,
les ressources minérales, l’énergie, les ressources
en eau, etc. Ces ressources pourraient servir à créer
des industries compétitives groupées et à développer
les industries locales. Le Comité a formulé les recommandations
suivantes:
¡ Il faudrait
recenser ces groupes aux niveaux national et sous-régional.
Les cas d’expérience réussie en Afrique (Ghana
et Afrique du Sud) et dans d’autres pays (pays scandinaves)
devraient servir d’exemple;
¡ Il faudrait
élaborer des stratégies et des plans d’action,
comportant des repères, pour les groupes recensés,
dans les cas où il n’en existe pas.
94. Le Comité a noté que les activités de la
CEA, de l’UNU, de l’ONUDI, de la CNUCED, de l’UNESCO,
de l’OMPI et d’autres organismes, comme la Fondation
Carnegie, pourraient consolider les efforts susmentionnés
et qu’il faudrait en tirer parti, dans la mesure du possible.
Renforcement des capacités dans le domaine de la science
et de la technologie pour promouvoir la compétitivité
95. Le Comité
a noté que la compétitivité passe par la connaissance
et que les ressources humaines occupaient une place centrale dans
la connaissance. Il a en outre noté que les réseaux
et les institutions de promotion et d’échange de la
connaissance étaient sous-utilisés.
96. A cet égard, le Comité a recommandé ce
qui suit:
¡ Il faudrait
créer des centres locaux d’apprentissage et renforcer
ceux qui existent en allouant suffisamment de fonds pour créer
les capacités nécessaires à l’application
de la science et de la technologie;
¡ Il faudrait
encourager le jumelage et le partenariat avec les centres d’excellence
des pays développés et en développement, l’accent
étant mis sur l’Afrique, pour suivre les progrès
scientifiques et technologiques;
¡ Il faudrait
organiser à l’intention des décideurs des cours
sur les aspects économiques, la gestion et la diffusion de
l’innovation pour les aider à mieux comprendre les
questions qui sous-tendent la compétitivité au niveau
international;
¡ Il faudrait
que les gouvernements mettent l’accent sur la formation des
techniciens, notamment les techniciens intermédiaires négligés
jusqu’à présent, pour assurer la continuité
des activités dans les technologies de production;
¡ Il faudrait
promouvoir la culture scientifique et technologique, en particulier
dans les écoles secondaires des Etats membres;
¡ Il faudrait
renforcer les capacités en ce qui concerne les droits de
propriété intellectuelle.
Mondialisation, compétitivité et systèmes d’innovation
97. Le Comité a noté que pour améliorer la
compétitivité en ce qui concerne l’exploitation
des ressources naturelles, il convenait de mettre en place un système
d’innovation qui crée des liens entre toutes les parties
prenantes, à savoir les gouvernements, le secteur privé,
la société civile et les institutions de R-D. Ces
dernières sont les éléments d’un système
extensible à partir duquel on pourrait construire un système
d’innovation. Le Comité a fait observer que le secteur
privé disposait des ressources nécessaires à
l’innovation. Il a recommandé ce qui suit:
¡ Il faut
mettre en place des systèmes sous-régionaux d’innovation
correspondant aux besoins des systèmes nationaux. Ce principe
devrait guider les politiques nationales en matière de science
et de technologie;
¡ Ces
systèmes d’innovation doivent permettre de créer
les capacités nécessaires à la compétitivité,
qui reposent sur l’efficacité de l’allocation
des fonds et les économies d’échelle;
¡ Les
fonds libérés dans le cadre des programmes d’allégement
de la dette tels que l’Initiative en faveur des pays pauvres
très endettés (PPTE) ainsi que les conversions de
dette, devraient servir à créer ou à renforcer
les systèmes nationaux l’innovation puisque la science
et la technologie ont des incidences positives sur la création
de revenus, la protection de l’environnement et la sécurité
alimentaire;
¡ Il faudrait
aider les centres régionaux d’excellence à s’acquitter
de leur mandat. Ces centres devraient se montrer plus entreprenants
et commercialiser eux-mêmes leurs produits;
¡ Il faudrait
organiser, aux niveaux national et/ou sous-régional, des
campagnes de sensibilisation à la nécessité
de créer des systèmes d’innovation nationaux;
¡ Il faudrait
développer des capacités en matière de création
des systèmes nationaux d’innovation, y compris en ce
qui concerne la protection des droits de propriété
intellectuelle;
¡ Il faudrait
mettre la technologie et les ressources du secteur privé
au service des systèmes nationaux d’innovation en adoptant
des politiques qui encouragent le dialogue, la consultation et le
partenariat entre les secteurs public et privé et qui créent
des systèmes d’appui aux services consultatifs technologiques,
scientifiques et autres ainsi qu’aux associations professionnelles;
¡ Il faudrait
recourir aux technologies de l’information et de la communication
pour tirer pleinement parti des expériences en matière
d’innovations faites ailleurs et promouvoir la création
de réseaux;
¡ Il faudrait
intégrer les systèmes locaux de connaissances aux
systèmes nationaux d’innovation pour exploiter leur
valeur commerciale.
La science et la technologie au service de la lutte contre la pauvreté
98. Le Comité
a estimé que l’application de la science et de la technologie
ne présentait d’intérêt que si elle entraînait
la diminution de la pauvreté dans la région. D’autant
plus qu’il est possible, à partir des systèmes
nationaux d’innovation, d’élaborer des technologies
adaptées, à même d’améliorer la
productivité et la rentabilité des petites entreprises.
Aussi a-t-il recommandé de:
§ Porter
une attention particulière à l’élaboration
de technologies simples, fiables et abordables, applicables au secteur
des ressources naturelles;
§ Multiplier
les activités de renforcement des capacités spécifiques
aux petits opérateurs ruraux;
§ Créer un cadre propice à une gestion viable
des petites entreprises.
Volonté
politique et engagement
99. Le Comité
a souligné que l’engagement politique des gouvernements
africains ne s’était pas toujours traduit par des actes
concrets sur le terrain, en particulier s’agissant de l’appui
au développement de la science et de la technologie. Il a
rappelé que la part de l’Afrique dans les dépenses
mondiales consacrées à la science et la technologie
n’était que de 0,3 %. Aussi a-t-il recommandé:
§ D’augmenter
sensiblement les dépenses consacrées à la science
et à la technologie, aux systèmes d’innovation
et au développement groupé, afin d’atteindre
l’objectif fixé par l’UNESCO: 1% du PIB;
§ De mobiliser
un soutien politique en faveur de la science et de la technologie
à tout forum national et sous-régional.
Intégration
régionale en matière de science et technologie et
de mise en valeur des ressources naturelles
100. Le Comité
reconnaît que nombre de facteurs empêchant la mise en
valeur et l’utilisation optimales des ressources naturelles
au niveau national pourraient être supprimés à
travers la coopération et l’intégration régionales.
Cela vaut, en particulier, pour le développement et l’application
des nouvelles technologies qui demandent des investissements importants
en ressources humaines et pour l’infrastructure de la recherche
qui suppose des économies d’échelle, impossibles
dans la plupart des Etats membres. Par ailleurs, le Comité
a estimé que la coopération devait porter sur les
négociations visant à atténuer les effets de
la mondialisation. Il a jugé nécessaire de définir
une approche régionale de la coopération afin d’attirer
l’investissement étranger direct. Il a donc recommandé
que:
§ Le processus
de coopération et d’intégration régionales
en matière de science et technologie soit intensifié
aux niveaux sous-régional et régional;
§ Des mécanismes
régionaux et sous-régionaux soient créés
pour promouvoir l’exploration et l’exploitation conjointes
des ressources naturelles ainsi que la mise en valeur des capacités
technologiques et scientifiques régionales;
§ Des institutions
communes de formation et de perfectionnement de ressources humaines
spécialisées soient mises en place.
Mécanismes
de suivi et de présentation de rapports
101. Selon le
Comité, des recommandations faites précédemment
n’ont peut-être pas été appliquées
ou suivies dans leur intégralité et leur impact n’a
peut-être pas été évalué comme
il se devait. Le Comité a noté que certaines des recommandations
n’étaient ni spécifiques, ni limitées
dans le temps, ni mesurables. Aussi a-t-il recommandé de:
§ Créer
un Comité directeur constitué des principales parties
prenantes, y compris des représentants des Etats membres,
sous la direction de la CEA, pour assurer le suivi de la mise en
oeuvre des recommandations de CNRST-2;
§ Déterminer
les institutions et les organes chargés de l’application
des recommandations de CNRST-2 et demander à la CEA d’élaborer
une matrice des responsabilités des principales parties prenantes;
§ Améliorer
la coordination des activités de la CEA, des Etats membres
et des institutions sous-régionales et régionales;
§ Assurer
la liaison et l’harmonisation des activités intersectorielles
relatives à la science et à la technologie et des
sous-secteurs des ressources naturelles;
§ Encourager
le Centre régional africain de technologie (CRAT) à
préparer des directives à l’usage des gouvernements
et des industriels africains sur l’accès aux brevets
relevant du domaine public;
§ Encourager
les cellules économiques sous-régionales à
placer, au sein des ambassades ouvertes dans des pays clefs, un
personnel chargé de se tenir au courant et de faire rapport
sur les brevets relevant du domaine public;
§ Inviter
les Etats membres à dresser l’état de l’utilisation
de la science et de la technologie dans leurs pays respectifs et
à l’adresser à la CEA pour compilation, avant
la prochaine réunion du Comité;
§ Inviter
la CEA, en collaboration avec l’Université des Nations
Unies (UNU), le CRAT et l’Organisation de l’unité
africaine (OUA), à revoir les recommandations qui avaient
été faites sur la rationalisation des institutions
parrainées par la CEA, relatives à la science et la
technologie et à l’utilisation des ressources naturelles.
Cadre de la
mise en oeuvre des recommandations de CNRST-2
102. Le Nouveau
partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD),
adopté par les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation
de l’Unité africaine, offre un cadre permettant de
relever les défis de la science, de la technologie et de
la compétitivité en Afrique. En effet, il repose sur
l’engagement pris par les dirigeants africains de transformer
leurs économies et de lutter efficacement contre la pauvreté.
103. Comme le
NEPAD englobe toutes les autres initiatives prises individuellement
par les pays africains, il se prête parfaitement à
une coopération efficace entre les pays africains et avec
leurs partenaires extérieurs.
D. THEMES DE
LA TROISIEME REUNIONDU CNRST ET QUESTIONS DIVERSES
Thèmes,
dates et lieu de la troisième réunion du Comité
des ressources naturelles, de la science et de la technologie (CNRST-3)
(point 9 de l’ordre du jour)
Thèmes
de la troisième réunion du CNRST
104. Le Président
a donné un aperçu des critères à retenir
pour sélectionner le thème de CNRST-3. D’abord,
le thème doit concorder avec le Nouveau partenariat pour
le développement de l’Afrique, que les chefs d’Etat
et de gouvernement ont adopté en juillet 2001, comme cadre
du développement de l’Afrique dans les décennies
à venir. Ensuite, la transformation des ressources naturelles
abondantes de l’Afrique en produits compétitifs sur
les marchés intérieurs et extérieurs constitue
un objectif majeur du NEPAD. De plus, les participants doivent songer
à la continuité et à l’enchaînement
logique entre le nouveau thème et ceux de CNRST-1 et de CNRST-2.
Enfin, le Président les a invités, dans cet exercice,
à tenir compte des ressources dont dispose le secrétariat
du CNRST. Il a ensuite déclaré le débat ouvert.
105. Les premiers
thèmes proposés pour CNRST-3 étaient, pour
la plupart, soit spécifiques à un secteur donné
soit assimilables à des questions d’ordre du jour,
à savoir:
§ Partage
d’expériences sur des politiques sectorielles comme
celle des ressources en eau. L’Egypte a manifesté l’intention
de faire une présentation sur sa politique nationale de l’eau,
dans le cadre de la préparation du troisième Forum
mondial de l’eau qui doit se tenir en 2003 au Japon;
§ Le bilan
et les perspectives de l’utilisation optimale des ressources
en eau, en mettant l’accent sur les relations entre les pouvoirs
publics et le secteur privé;
§ Echanges
d’expériences nationales sur des thèmes sectoriels
comme les politiques de l’eau des Etats membres;
§ Recensements
des capacités existantes et création de services d’échange
d’informations dans des domaines comme la biotechnologie,
les minéraux, l’énergie ou l’eau;
§ Le NEPAD
doit former la base de toutes les activités afin de consolider
la pertinence et l’appui de la vision formulée par
les chefs d’Etat et de gouvernement.
106. Un délégué
a proposé de différer le choix du thème afin
que des consultations puissent se tenir, de nombreux participants
étant des diplomates venus des ambassades et non des capitales.
107. Le Président
a jugé opportun de choisir un thème général
pouvant englober la plupart des suggestions. Il a été
proposé, au vu de l’ampleur colossale de la pauvreté
sur le continent, de retenir le suivant: “Mettre la technologie
au service des pauvres en Afrique”. Ce thème a été
largement accepté, à quelques variantes près,
insistant sur tel ou tel aspect de la transformation des ressources
naturelles pour lutter contre la pauvreté.
108. Le Président
a suggéré, à l’issue d’un débat
intense, de retenir pour thème général de CNRST-3:
“Mettre la technologie au service des pauvres en Afrique”
et a chargé le secrétariat de la CEA d’élaborer
des sous-thèmes sectoriels et un ordre du jour. Il a également
demandé que la nécessité, exprimée par
plusieurs délégués, d’approfondir le
débat sur les questions sectorielles et le partage d’expériences,
fasse partie intégrante de CNRST-3. Le Comité a adopté
cette proposition par acclamation.
Date et lieu
de la prochaine réunion
109. Le secrétariat
a suggéré, pour produire un effet sur les décideurs,
de tenir CNRST-3 soit en février soit en mars 2003, afin
que les recommandations du Comité puissent être communiquées
à la Conférence des ministres africains du développement
économique et de la planification qui est l’organe
directeur de la Commission. Le Comité a approuvé la
proposition.
110. S’agissant
du lieu de la réunion, le Président a offert, au nom
du Gouvernement algérien, d’abriter la troisième
réunion du Comité à Alger, sous réserve
de consultations avec le Gouvernement algérien et le secrétariat
de la CEA. L’offre a été chaleureusement accueillie
par le Comité et approuvée par acclamation.
Présentation et adoption de la synthèse des décisions
et des recommandations de CNRST-2 par le Président (point
11 de l’ordre du jour)
111. Le Président
a proposé, vu le manque de temps, que le Comité examine
et adopte les conclusions et recommandations de CNRST-2 telles que
présentées par le comité de rédaction
et charge le secrétariat de compléter le compte rendu
des travaux, pour distribution et observations, par courrier électronique
et courrier ordinaire, après la réunion. Le Comité
a approuvé la proposition.
112. Le Comité
a jugé que les recommandations reflétaient les débats
de la réunion. Il a accepté les suggestions et commentaires
rédactionnels formulés sur le fonds et sur la forme.
113. Le Comité
a formellement adopté les conclusions et les recommandations,
telles que présentées à la section C.
Clôture
de la réunion (point 12 de l’ordre du jour)
114. Le Président
a invité le Professeur Uzo Mokwunye de l’UNU à
prononcer une allocution de clôture. Au nom du secrétariat
de la CEA et des organismes collaborateurs des Nations Unies, le
Professeur a remercié tous les délégués
pour leur participation active et leurs propositions concrètes
et il a demandé instamment aux Etats membres, au système
des Nations Unies et à toutes les autres parties prenantes,
d’appliquer les recommandations de CNRST-2 afin de contribuer
au redressement de l’Afrique. Il a également transmis
les sincères remerciements de l’éminent invité
de marque, M. Maurice Iwu, qui s’est dit honoré d’avoir
eu le privilège, devant le Comité, de faire part de
ses réflexions et de son expérience dans un cadre
stimulant, afin de promouvoir l’application de la science
et de la technologie en vue du développement de l’Afrique.
115. Le Président
a ensuite déclaré la CNRST-2 close et exprimé
l’espoir de revoir et d’accueillir tous les membres
en 2003 à Alger.
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