Résumé
1. Le défi
2. Quel est le montant des fonds nécessaires
?
3. Combien consacre-t-on actuellement au SIDA
en Afrique
- Et quelle est la taille du fossé ?
4. Comment mobiliser ces milliards pour le SIDA
en Afrique ?
4.1 Principes directeurs
4.2 Plan de financement
4.3 Les raisons d'espérer
5. Quels sont les mécanismes clé,
actuels ou futurs, qui sont requis pour la mobilisation des
milliards pour la lutte contre le SIDA en Afrique ?
6. Prochaines étapes proposées
pour la mobilisation des ressources - que peuvent faire les
leaders africains ?
7. Conclusion
Annexe : Scénarios de financement
intérieur des programmes de VIH/SIDA en Afrique
Résumé
Le renversement de la tendance de la pandémie du VIH/SIDA
en Afrique nécessite une action très étendue
et bien financée par milliards de dollars, au moyen
d'une prévention efficace, de soins et d'une réduction
de l'impact. La prise de conscience croissante de l'effet
dévastateur du SIDA et l'engagement politique de plus
en plus manifeste, offrent une nouvelle opportunité
pour une forte augmentation du financement et du niveau des
programmes de réponse à la pandémie.
Le leadership africain et un engagement financier sont les
facteurs requis pour faire face à ce défi, nonobstant
la faible situation financière de la plupart des pays
les plus touchés d'Afrique. Dans ce cadre, la grande
partie des fonds nécessaires devra venir de sources
extérieures.
Un fossé immense existe encore entre les besoins annuels
estimés à 3-4 milliards de dollars pour la lutte
contre le VIH/SIDA et les dépenses annuelles actuelles
de 0,3 - 0,4 milliards de dollars.
Partant de l'analyse préliminaire des données
disponibles, il est proposé que les besoins de l'Afrique
soient couverts au moyen d'une combinaison des accroissements
des financements intérieurs et extérieurs.
Au niveau local, il est suggéré qu'un montant
de 0,8 à 1,6 milliards de dollars soit mobilisé,
soit 0,25 - 0,5 pour cent du PIB ou 1-2 pour cent de ce que
les gouvernements africains dépensent actuellement.
La différence de 1,4 - 3,2 milliards serait couverte
par une combinaison de dons venant de l'extérieur (de
préférence) et de prêts à intérêts
réduits.
Dans le présent document, des cibles financières
indicatives ont été proposées pour les
principales institutions financières qui octroient
de l'aide extérieure a l'Afrique pour les programmes
de lutte contre le SIDA - les gouvernements bilatéraux,
les banques multilatérales, les fondations caritatives
et les sociétés privées - qui ensemble
totalisent 2,5 milliards chaque année.
La réalisation de ces objectifs d'accroissement des
financements par les gouvernements africains et les sources
extérieures au cours des trois prochaines années
est faisable, à condition que tous les partenaires
agissent simultanément et en collaboration afin de
pouvoir multiplier par dix les ressources mobilisées
dans ce cadre.
Il reste encore la nécessité de mettre rapidement
en place la capacité des institutions africaines à
utiliser efficacement les ressources accrues pour le financement
de la lutte contre le VIH/SIDA. A cet effet, le présent
document propose que la mise en place des capacités
soit entreprise dans le cadre de l'accroissement substantiel
des financements plutôt que de la considérer
comme un préalable.
Avec un engagement politique explicite, appuyé par
l'affectation de ressources financières locales et
une forte augmentation des financements extérieurs,
l'Afrique peut réussir à renverser rapidement
la tendance du VIH/SIDA sur le continent.
[sommaire]
1. Le défi
Le défi du VIH/SIDA en Afrique est clair : le renversement
du cours de la pandémie est crucial pour le développement
durable, l'avenir de millions d'enfants et la sécurité
des sociétés. De sombres statistiques illustrent
cette catastrophe humaine. Les effets de la pandémie
du VIH sur l'Afrique ont été énormes
: depuis que le virus a été détecté
sur le continent au début des années 1980, plus
de 17 millions de personnes sont mortes du SIDA. Au cours
de la seule année 2000, environ 2,4 millions d'Africains
ont succombé à cette maladie, et d'autres 3,8
millions ont été infectées par le virus
du VIH (ONUSIDA, AIDS Epidemic Update, décembre 2000,
Genève). Le SIDA est devenu aujourd'hui la principale
cause de décès en Afrique. La pandémie
réduit les taux de croissance économique des
nations, compromet la performance des services publics et
des entreprises privées, et appauvrit des millions
de familles. Elle réduit les avantages sociaux durement
gagnés par le développement des ressources humaines,
y compris l'espérance de vie, les revenus et l'éducation.
Pour renverser la tendance destructrice du VIH/SIDA en Afrique,
il faut une campagne soutenue à grande échelle,
se basant sur les cas de succès. Cette campagne inclurait
diverses actions visant à prévenir de nouvelles
infections, soigner les personnes infectées, réduire
les effets négatifs de la pandémie - le tout
sous-tendu par l'expression d'une très grande volonté
politique et par l'affectation de très grandes sommes
d'argent.
· Une telle campagne de lutte contre le SIDA coûtera
littéralement des milliards de dollars chaque année,
pendant la prochaine décennie ou plus, par rapport
aux quelques centaines de millions actuellement dépensés
pour combattre cette pandémie.
· D'où viendra cet accroissement du niveau
de financement ? Comment l'organisera-t-on ? Que peuvent faire
les leaders africains pour obtenir ce flux beaucoup plus élevé
des ressources financières pour le SIDA ? Et que peut
faire le reste de la communauté internationale pour
aider ?
Cette brève présentation expose le cas des
milliards de dollars pour la lutte contre le SIDA en Afrique
et propose un plan de financement audacieux mais réalisable
pour la mobilisation de ressources de cette envergure, et
elle met en exergue un certain nombre d'actions à entreprendre
aujourd'hui pour mettre en uvre une vaste mobilisation
de ressources pour la lutte contre le SIDA.
[sommaire]
2. Quel est le montant des fonds
nécessaires ?
Une récente étude propose
que tous les ans, à partir de maintenant et pendant
la prochaine décennie ou plus, 3 - 4 milliards de dollars
par an sont nécessaires pour financer un combat à
grande échelle contre le VIH/SIDA en Afrique.
Avec un tel niveau de financement,
les pays africains pourraient mettre en oeuvre diverses activités
qui se sont déjà révélées
efficaces dans la prévention du SIDA, les soins et
l'appui aux malades, y compris la fourniture des traitements
antirétroviraux à une grande partie des populations
séropositives qui peuvent être ciblées
au cours des prochaines années. (Voir plus loin la
liste des activités comprises dans ces estimations).
A cause des incertitudes, aussi bien
des coûts unitaires exacts que des niveaux de couvertures
réalisables, les besoins de financement sont exprimés
plutôt en fourchettes de chiffres qu'en chiffres exacts*
* [Le calcul des ressources requises
pour un effort accru dans la lutte contre le SIDA est basé
sur :
Les caractéristiques démographiques
actuelles et projetes de la population, le nombre de personnes
infectées au VIH en Afrique (25,3 millions de personnes)
et l'estimation de leur progression dans les prochaines années,
ainsi que le nombre escompté de maladies liées
au VIH - tout cela donne une estimation du nombre d'Africains
qui bénéficiraient de la prévention,
des soins et d'une amélioration s'ils pouvaient être
ciblés.
La précision d'un ensemble d'actions
et de services qui se sont avérés efficaces
pour les programmes sur le SIDA en Afrique et dans d'autres
parties du monde - c'est à dire l'ensembles des activités
que tous les pays doivent mettre en place pour lutter efficacement
contre la pandémie, tout en les adaptant aux conditions
locales.
Le coût moyen de tous ces services,
d'après l'expérience réussie de certains
pays. Une représentation optimiste mais réaliste
de la population, en commençant par la situation actuelle
en Afrique et en supposant que les services seront améliorés
dans les années à venir. En d'autres termes,
les infrastructures existantes seront utilisées au
maximum pour cibler les communautés et les individus,
et elles seront aussi développées pendant la
décennie à venir.
La majeure partie du travail sur l'estimation du coût
d'une réponse accrue provient des documents de briefing
de l'ONUSIDA pour la Conférence internationale sur
le VIH/SIDA de Durban, Afrique du Sud, juillet 2000, et la
Banque mondiale, Cost of Scaling HIV Program Activities
to a National Level in Sub-Saharan Africa, 17 novembre 2000.]
.
Ce montant de 3 - 4 milliards de dollars
par an serait réparti comme suit :
1 - 1,6 milliards de dollars pour les
activités de prévention : des interventions
focalisées sur les jeunes, les prostituées et
leurs clients (ex. les conseils par des pairs, l'information,
l'accès aux préservatifs) ; le marketing social
et la fourniture publique des préservatifs ; un meilleur
traitement des infections sexuellement transmissibles ; les
conseils et les test volontaires du VIH ; la prévention
sur les lieux de travail, y compris pour les militaires et
les routiers ; mesures de protection de la banque nationale
de sang, prévention de l'infection des nouveaux-nés
par les mères ; et les campagnes médiatiques.
1 - 1,3 milliards de dollars pour les
soins et l'appui aux personnes vivants avec le SIDA, à
l'exception du traitement anti-rétroviral : soins palliatifs,
traitement dans les cliniques et les hôpitaux de ce
que l'on appelle les " infections opportunistes "
des séropositifs (ex. la tuberculose, la diarhée,
les éruptions cutanées) ; les soins à
domocile et soins communautaires ; l'appui à l'éducation
et à la nutrition des enfants orphelins du SIDA ; et
l'appui psychosocial et les conseils aux personnes infectées
et à leurs familles.
0,8 - 1,2 milliards de dollars pour
les anti-rétroviraux , en se basant sur la trithérapie
aux plus bas prix récemment annoncés par un
certain nombre de grandes firmes pharmaceutiques, y compris
les détenteurs de brevets et les fabricants de médicaments
génériques.
100 - 200 millions de dollars pour
le renforcement des organes nationaux de coordination de la
lutte contre le SIDA et les Centres africains d'excellence
dans la recherche, la formation et la surveillance sur le
SIDA.
L'expérience des quelques pays
africains qui ont déjà enregistré d'importants
succès sur tout leur territoire dans la lutte contre
le VIH/SIDA, montre que les avantages de cet investissement
par milliards de dollars pour une réponse à
grande échelle contre la pandémie en Afrique
seraient immenses. Des millions d'infections pourraient être
évitées et des vies humaines sauvées.
D'autres millions déjà infectés par le
VIH auraient la chance de vivre plus longtemps et en meilleure
santé - actuellement, plus de 25 millions d'Africains
vivent avec le virus du VIH. Des millions d'enfants qui autrement
ne pourraient pas être scolarisés ou n'auraient
pas de soutien parental solide à cause du SIDA, auraient
la chance d'avoir une bonne éducation ; et un environnement
familial stable et enrichissant leur serait rendu. La hausse
des taux de croissance économique annuelle irait jusqu'à
2 pour cent, et la capacité des pays africains à
combattre la pauvreté serait sensiblement renforcée.
3. Combien consacre-t-on actuellement
au SIDA en Afrique - Et quelle est la taille du fossé
?
Malheureusement, l'écart entre
les 3 - 4 milliards de dollars requis chaque année
pour la lutte contre le SIDA en Afrique et le financement
actuel des programmes sur le SIDA est très grand. Tandis
que les chiffres du financement actuel des programmes sur
le SIDA ne sont pas précis, il semblerait qu'aujourd'hui
les pays africains dépensent 300 - 400 millions de
dollars par an dans le SIDA. Ce chiffre n'atteint même
pas 10 pour cent des fonds nécessaires.
Ces chiffres sont décourageants.
En 1996 -97, un total de 165 millions de dollars a été
dépensé dans les programmes du SIDA en Afrique,
dont 150 millions provenaient de sources extérieures
(institutions donatrices, banques multilatérales, organisations
des Nations Unies), et 15 millions des gouvernements africains
(ONUSIDA, Level and Flow of national and international resources
for the response to HIV/AIDS, 1996-97, Genève 1999).
Les estimations d'une enquête
des pays donateurs effectuée l'année dernière
suggère que le financement extérieur pour le
SIDA en Afrique peut avoir augmenté jusqu'à
environ 210 millions de dollars en 1998. Les autres accroissements
intervenus au cours de ces deux dernières années
ont porté les dépenses totales sur le SIDA à
300 - 400 millions pour l'an 2000, et les récents engagements
financiers (voir plus loin) indiquent que les décaissements
réels monteront aussi dans les prochaines années.
Mais il est nécessaire de faire un très grand
bond dans le financement pour combler le fossé qui
s'est creusé au cours des années 1990.
[sommaire]
4. Comment mobiliser ces milliards
pour le SIDA en Afrique ?
4.1 Principes directeurs
4.2 Plan de financement
4.3 Les raisons d'espérer
4.1 Principes directeurs
Afin de faire un très grand
bond dans le financement des programmes de lutte contre le
VIH/SIDA, une série de principes globaux de partage
de responsabilités est essentielle pour la coopération
entre les gouvernements africains et toutes les autres parties
impliquées. Ces principes sont notamment les suivants
:
Les
milliards ne peuvent être mobilisés qu'avec la
constitution d'une grande coalition des partenaires dont les
gouvernements africains, les agences bilatérales, les
banques multilatérales de développement, les
fondations, les entreprises privées, les ONG et les
autres groupes de la société civile. Toutes
ces institutions doivent apporter une grande contribution
financière. Le partenariat international contre le
VIH/SIDA en Afrique (IPAA) constitue un cadre pour une action
conjointe de cette coalition.
Les
gouvernements africains seraient à l'avant-garde de
l 'affectation de certains de leurs propres fonds publics
aux programmes du SIDA, pour démontrer leur engagement
à la lutte contre le VIH/SIDA. En d'autres termes,
quel qu'en soit le niveau, le premier engagement doit venir
des budgets publics africains.
Il
est proposé que les pays africains envisagent systématiquement
de consacrer au SIDA un pourcentage déterminé
de leurs richesses nationales ou de leurs ressources budgétaires.
Ces pourcentages, qui auraient été déterminés
par des experts africains et approuvés par les leaders
africains eux-mêmes, pourraient être basés
sur le produit national brut, les dépenses publiques,
ou tout autre indicateur similaire. Les pour centages peuvent
aussi varier avec des facteurs tels que le niveau de l'infection
du VIH/SIDA dans le pays et le niveau du revenu national par
habitant. Un objectif réaliste et significatif serait
de voir les pays africains allouer 1 - 2 pour cent de leurs
budgets publics à la lute contre le SIDA. (Voir plus
loin).
Les
contributions extérieures aux ressources financières
des programmes de lutte contre le SIDA devraient refléter
les principes d'équité et de partage du fardeau
au sein des pays donateurs, les pays riches apportant la plus
grande part de contribution. De même, la proportion
du financement extérieur pour le SIDA dans divers pays
africains devrait varier avec le niveau de développement
économique. A cet effet, la part des fonds extérieurs
aux pays les plus pauvres touchés par le SIDA s'accroîtrait,
ce qui réduirait le besoin de plus de ressources intérieures,déja
très rares. De même, la part de ressources extérieures
allouées aux pays à moyen revenu, qui sont dans
une meilleure position pour mobiliser les fonds, serait proportionnellement
inférieure. Bien entendu, la mise en oeuvre de ce principe
devrait refléter au mieux les différences nationales
dans l'incidence de l'épidémie et ainsi l'ampleur
de la tâche à accomplir.
Etant donné la volonté politique, tous ces besoins
d'un important appui extérieur de la part des pays
plus nantis peuvent être comblés, comme en témoignent
les engagements massifs des pays riches dans la reconstruction
et la stabilisation de l'Europe du Sud-Est, pour ne citer
que ce seul exemple. Cependant, la tragédie humaine
des guerres des Balkans est relativement mineure par rapport
aux millions d'Africains qui meurent du SIDA.
Si ces principes de responsabilité
partagée sont respectés, un plan audacieux,
ambitieux et réaliste pour le financement des actions
de lutte contre le VIH/SIDA en Afrique peut être mis
au point. Il est crucial que les leaders africains se mettent
ensemble et définissent les objectifs de leurs propres
contributions financières à cet effort de 3
- 4 milliards de dollars, tout en encourageant les autres
partenaires à se fixer des objectifs quantifiables.
Ainsi, un plan de financement réaliste serait mis en
place et suivi, avec une responsabilité et un sens
du devoir partagés.
[sommaire]
4.2 Plan de financement
Partant de l'analyse préliminaire
des données disponibles, il est proposé que
les besoins de l'Afrique soient couverts au moyen d'une combinaison
des accroissements des financements intérieurs et extérieurs.
Au niveau local, il est suggéré
qu'un montant de 0,8 à 1,6 milliards de dollars soit
mobilisé, soit 0, 25 - 0,5 pour cent du PIB ou 1-2
pour cent de ce que les gouvernements africains dépensent
actuellement (plus d'information sur les PIB par pays en annexe).
La différence de 1,4 - 3,2 milliards
serait couverte par une combinaison de dons venant de l'extérieur
(de préférence) et de prêts à taux
réduit.
En tenant compte de la capacité
financière des différentes parties, il est proposé
que ces objectifs soient atteints d'une manière réaliste
au cours des trois prochaines années.
Les gouvernements africains pourraient
apporter, comme leur part de contribution, juste un ou deux
pour cent des recettes actuelles du gouvernement central (Voir
Annexe I pour les détails). Pour les pays faisant partie
de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés
qui s'efforcent d'élargir leurs dépenses sur
les activités de réduction de la pauvreté
y compris le VIH/SIDA, l'objectif devrait être de consacrer
au moins 20 pour cent de leur épargne sur le budget
dans le cadre de la réduction de la dette aux activités
de lutte contre le SIDA. Pour les 18 pays africains qui ont
déjà conclu des accords de l'Initiative PPTE,
cela équivaut à 260 millions de dollars par
an. Quatorze autres pays africains pourraient aussi conclure
les accords de l'Initiative PPTE dans un proche avenir.
Pour harmoniser les besoins de financement
extérieur proposés plus haut, une série
d'institutions publiques et privées déjà
activement impliquées dans la lutte contre le VIH/SIDA
seraient invitées à accroître leur appui.
Les objectifs possibles à envisager sont notamment
les suivants :
1,1
milliard par an en dons de la part des gouvernements bilatéraux
, ou environ 4 pour cent de l'Aide au développement
disponible à des fins sectoriels, tel que défini
par le Comité de l'aide au développement de
l'OCDE. Le DAC indique dans son rapport que cette part de
l' Aide au développement s'élevait à
27 milliards de dollars en 1999, la toute dernière
année pour laquelle les chiffres sont disponibles.
Environ un pour cent de ce chiffre (soit 270 millions) est
alloué au VIH/SIDA dans le monde, y compris l'Afrique
(Organisation pour la cooperation economique et le developpement,
Donor reporting system data for 1999, Paris). En d'autres
termes, Aide au développement pour le SIDA en Afrique
s'accroîtrait de plus de quatre fois avec ce scénario.
600 millions de dollars par an en dons (de préférence)de
la part des banques multilatérales et en prêts
avec des intérêts réduits. A titre de
référence, les prêts à taux réduits
de l 'Association internationale pour le développement
(IDA) de la Banque mondiale s'élevaient à 4,4
lliards de dollars l'année dernière, tandis
que les prêts et les dons de la Banque africaine pour
le développement totalisaient 1,2 milliards en 1999.
250 millions de dollars par an de la part des fondations caritatives
et des ONG internationales. Un grand groupement de fondations
basées aux Etats Unis aurait atteint 2,5 milliards
de dollars de dons en 1999. Seul environ un pour cent de ce
chiffre était consacré au VIH/SIDA
(Foundation grants to HIV/AIDS 1988-1998 and committed to
2003, janvier 2000, site internet: http://www.comminit.com/other_representation/hivaids_funding_pres.html).
Un certain nombre de ces fondations ont indiqué qu'elles
envisageaient d'accroître substantiellement leur financement
pour le SIDA en Afrique au cours des prochaines années.
500 millions par an pour les entreprises sous forme de contributions
en nature et de dons . Tandis que des informations disponibles
dans le monde entier sur les contributions des communautés
d'affaires aux objectifs sociaux sont très rares, il
est clair que ce genre de " dons " des entreprises
est une activité qui se chiffre en plusieurs millions
de dollars. Une récente étude ( The Companies
that Gave the Most, Worth magazine, décembre/ janvier
2001) a révélé que les entreprises officiellement
enregistrées qui faisaient le plus de dons en 1999
totalisaient 2,7 milliards de dollars de contributions en
argent et en nature.
Si chacun de ces objectifs présentés
était réalisé, 2,5 milliards de dollars
au total seraient ainsi générés de sources
extérieures pour le VIH/SIDA en Afrique, ce qui répondrait
à l'objectif global proposé pour le financement
extérieur.
[sommaire]
4.3 Les raisons d'espérer
Il y a un certain nombre de signes
encourageants qui indiquent qu'il est possible de mobiliser
plus de ressources pour les programmes de lutte contre le
VIH/SIDA en Afrique.
Au
niveau des gouvernements africains eux-mêmes, il y a
une volonté croissante d'allouer des ressources budgétaires
au programme national de lutte conte le SIDA. L'information
collectée sur un échantillon de huit pays à
faible revenu qui ont récemment conclu des accords
de réduction de la dette au titre de l'Initiative PPTE
indiquent qu'ils totalisent ensemble un budget de 30 millions
de dollars pour les activités de lutte contre le SIDA
provenant de leurs économies faites dans le cadre de
l'Initiative PPTE . Quatre autres pays ne faisant pas partie
de l'Initiative ont alloué plus de 80 millions de dollars
de leurs budgets nationaux au programme sur le SIDA au cours
de cette année, contre moins de 20 millions de dollars
pour l'an 2000. Il s'avère urgent d'établir
des données plus complètes sur les fonds budgetés
et dépensés par les gouvernements africains
sur le VIH/SIDA.
Les agences d'aide bilatérale dans leur ensemble ont
décidé d'augmenter leurs subventions financières
aux activités de lutte contre le SIDA en Afrique. Au
cours de ces deux dernières années, il y a eu
des accroissements substantiels des fonds engagés par
un certain nombre de pays dont les Etats Unis (de 160 millions
de dollars en 1998 à 460 millions), le Canada (de 15
millions à 22 millions de dollars), le Royaume Uni
(de 26 millions à 41 millions de dollars), et d'autres.
Plus d'accroissements sont attendus cette année.
Les banques multilatérales,dont la Banque mondiale
et la Banque africaine de développement, ont lancé
des initiatives visant à augmenter leur aide financière
aux activités de lutte contre le SIDA en Afrique. La
Banque mondiale est en voie d'engager, sur moins de douze
mois, 500 millions de dollars dans plus d'une douzaine de
pays africains dans le cadre d'un programme multinational
sur le SIDA (MAP), entre septembre 2000 et juillet de cette
année. La banque recourt à des procédures
très accélerées pour approuver les projets
du MAP et transférer les fonds aux pays africains.
La Banque Africaine de développement a récemment
approuvé un projet sur le SIDA pour la Zambie et d'autres
sont en cours d'examen.
Les
fondations caritatives et les ONG internationales manifestent
un intérêt renouvelé dans les activités
d'appui aux programmes de lutte contre le SIDA en Afrique.
Des exemples concrets, à savoir la Fondation de l'ONU
utilisant les ressources léguées par Ted Turner,
a récemment approuvé environ 300 millions de
dollars pour la lutte contre le SIDA chez les adolescentes
de huit pays de l'Afrique australe. La Fondation Bill &
Melinda Gates a approuvé plus de 100 millions de dollars
pour la recherche d'un vaccin, le renforcement des capacités
et les activités de prévention du SIDA au Botswana,
au Nigéria et dans d'autres pays africains.
Le potentiel des entreprises privées en Afrique, y
compris les sociétés et nationales que multinationales,
vient juste de commencer à être exploité
dans la lutte contre le SIDA. Certaines entreprises ont mis
en place d'excellents programmes d'éducation, de prévention
et de soins pour leurs travailleurs. Dans des pays comme la
Zambie, les principaux employeurs privés se sont mis
ensemble dans le cadre des " conseils professionnels
nationaux contre le SIDA ". Et quelques grandes entreprises
cherchent activement un moyen d'utiliser leurs propres forces
non financières - comme par exemple leurs infrastructures
et compétences de commercialisation et de communication
- pour appuyer les efforts nationaux de lutte contre le SIDA
en Afrique.
[sommaire]
5. Quels sont les mécanismes
clé, actuels ou futurs, qui sont requis pour la mobilisation
des milliards pour la lutte contre le SIDA en Afrique ?
Pour mobiliser d'une manière durable le financement
d'un haut niveau pour le SIDA en Afrique, une série
de mécanismes doit être mise en place :
Sur le plan politique, la poursuite d'un solide
plaidoyer politique de haut niveau et la recherche d'un consensus
est nécessaire pour démontrer la ferme résolution
des leaders politiques africains, ainsi que l'engagement des
partenaires extérieurs à se joindre à
eux pour mettre au point un plan de financement par milliards
de dollars. Un ensemble d'importantes réunions de haut
niveau tenues au cours de la période de 1999 - 2000
et cette année, qui ont débuté avec la
réunion des Ministres africains des Finances et de
la planification organisée par la CEA en mai 1999,
la Conférence internationale sur le SIDA en Afrique
(ICASA) à Lusaka en octobre 1999, la Conférence
mondiale sur le SIDA de Durban en juin 2000, le Forum pour
le développement en Afrique de décembre 2000,
et qui se termine avec le Sommet des Chefs d'Etat sur le SIDA
qui se tient à Abuja en avril 2001 et la Session extraordinaire
de l'Assemblée générale des Nations Unies
en juin de cette année, constituent une série
de cadres de mobilisation de cet important appui politique.
A un niveau plus technique, les plans stratégiques
nationaux africains sur le SIDA doivent rester à la
base de toute mobilisation accrue d'un appui financier pour
les pays. Ces plans peuvent être améliorés
en y ajoutant une évaluation plus complète et
plus précise des coûts des stratégies
et des actions qui y sont proposées. Les tables rondes
des donateurs tenues dans ce cadre dans un certain nombre
de pays africains l'année dernière démontrent
l'un des moyens de vendre un plan financier commun pour le
SIDA à un grand nombre d'organisations partenaires.
En même temps, la mobilisation de ressources
au niveau national peut être renforcée par la
création d'un fonds mondial sur le SIDA . Ce projet
est actuellement en cours de discussion. Le fonds pourrait
avoir un certain nombre de caractéristiques spéciales
qui contribuent des centaines de millions de dollars en plus
dans le financement des activités nationales de lutte
contre le SIDA, ce qui contribuerait à combler l'écart
de financement. L'étendue, la gestion et les mAide
au developpementlités de fonctionnement de ce fonds
mondial sur le SIDA devront être définies et
convenues par les principales parties impliquées. Le
fonds mondial sur le SIDA soutiendrait les actions nationales
proposées dans les plans nationaux de lutte contre
le SIDA et accroîtrait le flux du financement des institutions
donatrices des pays africains, évitant tout conflit
avec les priorités fixées individuellement par
les pays.
Enfin, un effort réussi et soutenu de
mobilisation de ressources pour le VIH/SIDA dépendra
de l'existence d'un système de suivi et d'évaluation
solide. Cela est important pour s'assurer qu'individuellement
les pays maintiennent l'exactitude et la vitesse des flux
des fonds engagés et déboursés. De plus,
une évaluation honnête et transparente de l'utilisation
des ressources et de leur impact dans la réduction
de la pandémie du VIH est aussi cruciale pour la sauvegarde
de la crédibilité de l'effort dans son ensemble.
La mise en place d'un solide système de suivi et d'évaluation
des financements des actions sur le SIDA en Afrique signifiera
la fusion d'un certain nombre de systèmes actuels tels
que le système de rapports de l'OCDE pour les donateurs,
le système de suivi des dépenses publiques du
FMI et autres pour le secteur privé, y compris les
entreprises commerciales et les organisations caritatives
(fondations).
Ce système nécessite la coopération
et l'appui technique d'un certain nombre d'institutions ayant
la capacité de suivi dans ce domaine, dont notamment
la Banque mondiale, la Commission économique pour l'Afrique
et l'ONUSIDA dans le cadre de l'IPAA.
[sommaire]
6. Prochaines étapes proposées pour la mobilisation
de ressources - que peuvent faire les leaders africains ?
La mobilisation de 3 - 4 milliards de dollars pour le SIDA
en Afrique exige un leadership exceptionnel à tous
les niveaux, à commencer par les leaders nationaux
africains eux-mêmes. Les étapes importantes pour
les leaders nationaux sont entre autres les suivantes:
Veiller à terminer à temps l'élaboration
des plans stratégiques nationaux de haute qualité
sur le SIDA qui indiquent les grandes lignes des actions proposées
pour le pays et les estimations budgétaires des ressources
nécesssaires sur une période de 3 à 5
ans. Au cours de ces deux dernières années,
plus de 25 pays africains ont finalisé des plans globaux
sur le SIDA, à l'aide du format méthodologique
mis au point par l'ONUSIDA. Certains de ces plans, mais pas
tous, comportent une estimation détaillée des
coûts. Lorsque les coûts semblent sous-estimés,
cela devrait être corrigé d'urgence. De même,
les autres pays africains doivent finaliser cette année
et l'année prochaine leurs propres plans stratégiques
nationaux en tant que base obligatoire pour la mobilisation
de ressources. Ce travail incombera normalement au responsable
du conseil ou programme national sur le SIDA.
Intégrer pleinement le SIDA dans les
documents de stratégie nationale de réduction
de la pauvreté (PRSP)et les accords d'allègement
de la dette au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres
très endettés (PPTE). Les liens étroits
entre le SIDA et la pauvreté sont de plus en plus examinés
et compris (note de bas de page SIDA, Réduction de
la pauveté et allègement de la dette, 2000).
Ainsi, les principales lignes d'action du plan national sur
le SIDA et les principaux indicateurs de la performance doivent
être considérés comme des stratégies
et des indicateurs essentiels de la lutte contre la pauvreté
dans chaque pays, qui doivent avoir une place de choix dans
les documents de la stratégie nationale de réduction
de la pauvreté.
De même, les engagements d'allègement de la
dette de l'initiative PPTE dans les pays gravement affectés
par le VIH/SIDA devraient contenir des éléments
importants de la mise en oeuvre du programme national de lutte
contre le SIDA, ainsi que des engagements à allouer
une partie des économies réalisées dans
le cadre de l'allègement de la dette aux dépenses
globales du programme de lutte contre le SIDA. Dans beaucoup
de pays, faire du SIDA une partie importante des PRSP et de
l'Initiative PPTE dépendra du leadership du ministère
des Finances, avec une forte contribution du conseil national
sur le SIDA ou d'un organe similaire.
Engager des fonds nationaux substantiels sur
le budget national, en faveur du plan stratégique national,
conformément aux lignes proposées plus haut.
Il s'agit aussi bien des fonds puisés sur le budget
régulier que des économies réalisées
sur les programmes d'allègement de la dette et d'autres
taxes spéciales là où elles existent.
Au delà des propositions de budget sur le SIDA actuellement
présentées par les ministères des Finances
de certains pays africains, de véritables actions de
lutte contre le VIH/SIDA avec des fonds publics dépendront
des lois qui approuvent ces budgets et des autorités
des finances qui débloquent l'argent que dépensent
les gouvernements et les ONG.
Mener une campagne de mobilisation de ressources
au niveau national, ciblant les entreprises privées
locales et les organisations extérieures partenaires,
grâce à des tables rondes et autres moyens, pour
mobiliser les ressources requises par la mise en oeuvre du
plan national de lutte contre le SIDA. Des campagnes de mobilisation
de ressources, conduites par le ministère des Finances,
ont été récemment menées dans
beaucoup de pays de l'Afrique australe. Il reste encore beaucoup
à faire dans ce domaine.
Renforcer les capacités aux niveaux
national et local pour absorber et utiliser efficacement les
ressources financières additionnelles dans la lutte
contre le VIH/SIDA. Cela implique le perfectionnement des
compétences de planification et de mise en oeuvre des
programmes de lutte contre le SIDA par divers ministères
dont notamment celui de la Santé, l'Education, le Transport,
l'Agriculture et la Défense dans le cadre d'une approche
multisectorielle. En même temps, les organes nationaux
de coordination de la lutte contre le SIDA, dont certains
viennent juste de voir le jour en Afrique, devront vite s'adapter
pour entamer le travail de mobilisation de ressources et jouer
le rôle de catalyseur de la mise en oeuvre à
un niveau souvent plus élevé que par le passé.
L'expérience des pays qui ont connu relativement
plus de succès dans la lutte contre la pandémie
indique que la capacité d'utilisation efficace de plus
de ressources dépend aussi de l'implication la plus
directe possible des ONG et autres groupes communautaires
et des mécanismes financiers qui canalisent les ressources
dans les initiatives locales. Compte tenu de l'urgence de
la crise du VIH/SIDA en Afrique, il est proposé que
le renforcement des capacités soit initié en
même temps que l'accroissement des fonds, et non comme
une condition préalable à cette mobilisation
de ressources financières.
Mettre en place dans chaque pays un système
solide de surveillance des finances du programme national
sur le SIDA et d'élaboration des rapports, en toute
transparence et avec un sens des responsabilités. Certains
pays africains sont en train de mettre en place des comités
de surveillance quasi-indépendants pour assurer le
suivi de l'utilisation des fonds du gouvernement et des donateurs
dans le cadre de l'Initiative d'allègement de la dette
en faveur des pays pauvres très endettés. Un
mécanisme similaire serait approprié pour les
fonds mobilisés en faveur des activités de lutte
contre le SIDA dans la mesure où il peut être
espéré que ces fonds s'accroîtront sensiblement
au cours des prochaines années. Une fois de plus, le
leadership tant du ministère des Finances que de l'organe
national chargé de la lutte contre le SIDA, ainsi qu'une
collaboration étroite entre les deux parties seront
nécessaires pour le succès de la mise en oeuvre
du système de surveillance financière des programmes
de lutte contre le SIDA.
En même temps, les leaders africains gardent la responsabilité,
en tant que principaux défenseurs d'un plus grand effort
de mobilisation des 3 - 4 milliards de dollars pour la lutte
contre le SIDA sur tout le continent. Cela suppose la participation
active à Session extraordinaire de l'Assemblée
générale des nations Unies sur le VIH/SIDA en
juin de cette année, la mise au point de la principale
déclaration et le plaidoyer sur la question de ressources
au cours de la séance spéciale, en pléinière
et dans les tables rondes. Les leaders africains doivent être
à l'avant-garde de la conception des initiatives globales
visant à aggrandir l'enveloppe allouée au SIDA,
y compris un fond mondial éventuel sur le Sida et une
campagne pour l'implication du secteur privé dans la
lutte contre le SIDA dans les pays en développement.
Pour leur part, les insitutions financières extérieures
ont l'importante responsabilité de trouver les moyens
de simplifier leurs procédures d'examen, de décaissement
et d'évaluation afin de ne pas finir par créer
des goulets d'étranglement supplémentaires à
l'utilisatiion efficace des ressources accrues pour la lutte
contre le VIH/SIDA.
[sommaire]
7. Conclusion
Il n'y a aucun doute que les 3 - 4
milliards de dollars par an pour les programmes sur le SIDA
en Afrique ne résoudront pas le problème du
VIH/SIDA. Il y a d'autres obstacles non financiers qui doivent
aussi être surmontés tels que le déni
continu, la stigmatisation des personnes infectées
par le virus, la faible capacité des systèmes
d'éducation, de santé et d'information pour
atteindre les populations, et les écarts importants
dans la capacité technique et de gestion pour planifier,
mettre en oeuvre et évaluer les activités de
lutte contre le SIDA. Ces obstacles non financiers doivent
être abordés avec forte détermination
et avec imagination.
Par ailleurs, il n'y a point de doute
non plus qu'un combat à grande échelle et soutenu
contre la pandémie du VIH/SIDA en Afrique ne peut se
faire sans accroissement substantiel des ressources financières.
L'objectif des 3 - 4 milliards de dollars est ambitieux par
rapport aux niveaux actuels des dépenses sur le SIDA,
qui ne constituent qu'une modeste part des milliards de dollars
souhaités.
Mais encore une fois, 3 - 4 milliards
de dollars par an n'est qu'un petit investissement si cela
peut aider à sauver des millions de vies et épargner
éventuellement l'avenir d'un continent. C'est un investissement
auquel les gouvernements africains et la communauté
internationale doivent consentir, et de toute urgence.
[sommaire]
Annexe
Scénarios du financement intérieur
des programmes de VIH/SIDA en Afrique
|
Pays
|
Taux de pévalence du VIH* (adulte)
|
|
0.25% du PIB
|
0.5% du PIB
|
Revenus actuels du gouv.
|
|
|
1999
|
1999
|
1999
|
1999
|
1999
|
|
|
(%)
|
USD million
|
USD million
|
USD million
|
USD million
|
|
Pays
avec un taux de prévalence du VIH de moins de 5%
|
|
Angola
|
2,78
|
5.6
|
14
|
28
|
2.699
|
|
Bénin
|
2,45
|
2.402
|
6
|
12
|
380
|
|
Tchad
|
2,69
|
1.574
|
4
|
8
|
131
|
|
Comores
|
0,12*
|
197
|
0
|
1
|
42
|
|
Guinée Equatoriale
|
0,51
|
696
|
2
|
3
|
141
|
|
Erythrée
|
2,87*
|
670
|
2
|
3
|
196
|
|
Gabon
|
4,16
|
4.6
|
12
|
23
|
1.325
|
|
Gambie
|
1,95
|
437
|
1
|
2
|
79
|
|
Ghana
|
3,60
|
7.606
|
19
|
38
|
1.536
|
|
Guinea
|
1,54
|
3.693
|
9
|
18
|
384
|
|
Guinée-Bissau
|
2,50
|
221
|
1
|
1
|
37
|
|
Libéria
|
2,80
|
N.A.
|
N.A.
|
N.A.
|
N.A.
|
|
Madagascar
|
0,15
|
3.733
|
9
|
19
|
452
|
|
Mali
|
2,03
|
2.5
|
6
|
13
|
448
|
|
Mauritanie
|
0,52
|
959
|
2
|
5
|
265
|
|
Ile Maurice
|
0,08*
|
4.233
|
11
|
21
|
885
|
|
Niger
|
1,35
|
2.067
|
5
|
10
|
188
|
|
Sénégal
|
1,77
|
4.791
|
12
|
24
|
829
|
|
Sierra Leone
|
2,99
|
669
|
2
|
3
|
71
|
|
Total partiel 1
|
|
|
117
|
233
|
10.084
|
|
Pays
avec un taux de prévalence du VIH de 5-10%
|
|
Burkina Faso
|
6,44
|
2.643
|
7
|
13
|
426
|
|
Cameroun
|
7,73
|
9.187
|
23
|
46
|
1.424
|
|
Congo
|
6,43
|
2.273
|
6
|
11
|
702
|
|
République demo. Congo
|
5,07
|
6.964
|
17
|
35
|
954
|
|
Nigeria
|
5,06
|
34.1
|
85
|
171
|
10.401
|
|
Togo
|
5,98
|
1.506
|
4
|
8
|
230
|
|
Rép. unie de Tanzanie
|
8,09
|
8.777
|
22
|
44
|
930
|
|
Uganda
|
8,30
|
6.349
|
16
|
32
|
692
|
|
Total partiel 2
|
|
|
179
|
359
|
15.759
|
|
Pays
avec un taux de prevalence du VIH de plus de 10%
|
|
Botswana
|
35,80
|
5.996
|
15
|
30
|
2.55
|
|
Burundi
|
11,32
|
701
|
2
|
4
|
128
|
|
République centrafricaine
|
13,84
|
1.053
|
3
|
5
|
97
|
|
Côte d'Ivoire
|
10,76
|
11.223
|
28
|
56
|
2.142
|
|
Djibouti
|
11,75
|
519
|
1
|
3
|
N.A.
|
|
Ethiopie
|
10,63
|
6.534
|
16
|
33
|
1.145
|
|
Kenya
|
13,95
|
10.603
|
27
|
53
|
2.545
|
|
Lesotho
|
23,57
|
874
|
2
|
4
|
361
|
|
Malawi
|
15,96
|
1.82
|
5
|
9
|
302
|
|
Mozambique
|
13,22
|
4.169
|
10
|
21
|
734
|
|
Namibie
|
19,54
|
3.075
|
8
|
15
|
1.098
|
|
Rwanda
|
11,21
|
1.956
|
5
|
10
|
262
|
|
Afrique du Sud
|
19,94
|
131.127
|
328
|
656
|
40.125
|
|
Swaziland
|
25,25
|
1.223
|
3
|
6
|
366
|
|
Zambie
|
19,95
|
3.125
|
8
|
16
|
550
|
|
Zimbabwe
|
25,06
|
5.608
|
14
|
28
|
1.529
|
|
Total partiel 3
|
|
|
474
|
948
|
53.934
|
|
Total
|
|
|
770
|
1.54
|
80.447
|
| **Site
web de la Banque mondiale |
| *
Rapport sur l’andémie mondiale du VIH/SIDA juin
2000. ONUSIDA |
|
|
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|
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