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CONSENSUS AFRICAIN ET PLAN D'ACTION: LES DIRIGEANTS
DOIVENT JUGULER LE VIH/SIDA
A.
Le Consensus
Préambule
1. Leadership personnel
2. Leadership communautaire
3. Leadership national
4. Leadership régional
5. Partenariat au niveau international
B.
Plan d'action
1.
Au niveau national
2. Aux niveaux
régional et mondial
3. Communications
faites à l'occasion du Forum
Annexes
A. Le Consensus
Préambule:
L'Afrique est parvenue
au moment décisif ou elle doit écarter la menace du VIH/SIDA qui pèse
sur tout le continent. Parvenir à vaincre la pandémie du VIH/SIDA
exige un engagement personnel, moral, politique et social de la part
de chaque Africain. Les dirigeants au sein des familles, de la communauté,
sur le lieu de travail, dans les écoles, dans la société civile, dans
les gouvernements et au niveau international doivent agir pour arrêter
- ce qui est faisable - pour arrêter la propagation de la pandémie
du VIH/SIDA et pour donner une vie décente à tous les citoyens africains.
Chacune des actions que les dirigeants prennent pour prévenir le VIH/SIDA
et pour venir en aide aux séropositifs sont, sans exception, des actions
nécessaires pour une Afrique meilleure est plus développée et doivent
être appliquées intégralement et sans délais.
L'Afrique est parvenue
au moment décisif ou elle doit écarter la menace du VIH/SIDA qui pèse
sur tout le continent. Parvenir à vaincre la pandémie du VIH/SIDA
exige un engagement personnel, moral, politique et social de la part
de chaque Africain. Les dirigeants au sein des familles, de la communauté,
sur le lieu de travail, dans les écoles, dans la société civile, dans
les gouvernements et au niveau international doivent agir pour arrêter
- ce qui est faisable - pour arrêter la propagation de la pandémie
du VIH/SIDA et pour donner une vie décente à tous les citoyens africains.
Chacune des actions que les dirigeants prennent pour prévenir le VIH/SIDA
et pour venir en aide aux séropositifs sont, sans exception, des actions
nécessaires pour une Afrique meilleure est plus développée et doivent
être appliquées intégralement et sans délais.
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1.
Leadership personnel.
1. 1. Chaque
individu doit, personnellement, briser le silence qui entoure les
normes et les valeurs qui favorisent la propagation de la pandémie
du VIH/SIDA. Chaque citoyen, dirigeant, femme, mari, parent, enfant,
jeune, adulte, travailleur, employeur doit connaitre et confronter
des questions critiques d'information, d'attitude et de comportement.
Tout un chacun devrait être prêt à aborder ouvertement
les relations sexuelles et les relations de pouvoir inégales
quand il s'agit de relations sexuelles.
1.2. La famille
et la pierre angulaire de la société. Les parents
ont pour responsabilité particulière d'enseigner à
leurs enfants les réalite's du VIH/SIDA, dès leur
plus jeune âge et de leur inculquer des valeurs morales et
des attitudes sociales qui aideront à contenir la pandémie.
1.3. Chaque
individu doit se considérer comme étant touché
par la pandémie du VIH/SIDA et doit admettre qu'il puisse
lui-même, ou un être qui lui est cher, être infecté.
1.4. Chaque
individu devrait faire face à la réalité du
déni, de la stigmatisation et de la discrimination qui frappe
les séropositifs et devrait considérer les séropositifs
comme des membres de sa famille, de sa communauté et de son
pays.
1.5. Les
séropositifs sont des êtres humains qui jouissent pleinement
de leurs droits humains. Ils doivent etre considérés,
dans la lutte commune contre le VIH/SIDA, comme des ressources essentielles
et comme des alliés précieux. Ils ne devraient pas
etre utilisés ou manipulés dans la campagne contre
le VIH/SIDA.
1.6. Chaque
individu doit prendre la responsabilité d’éviter un
comportement sexuel risqué afin de se protéger et
de prévenir la transmission du virus. Cela veut dire qu'il
faut promouvoir la fidélité et appliquer ce principe
dans les faits.
1.7. Les
jeunes eux-mêmes ont pour responsabilité personnelle
de relever le défi du VIH/SIDA, non seulement dans leur vie
personnelle mais aussi en donnant l’exemple aux autres. Ils ont
créé un véritable mouvement social autour du
VIH/SIDA qui mérite d'être soutenu.
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2.Leadership
communautaire
2.1 La lutte
contre le VIH/SIDA sera gagnée d'une communauté à
l’autre, dans chaque village, banlieue et établissement humain
à travers toute I'Afrique. Le pouvoir et les ressources nécessaires
pour vaincre la pandémie doivent être dévolus
aux groupes et institutions au niveau local.
2.2 Au niveau
communautaire il faudrait mener une lutte commune pour vaincre le
VIH/SIDA, en adoptant des actions et des stratégies qui mobilisent
tous les membres et toutes les parties de la communauté,
afin de réaliser un véritable partenariat local.
2.3 Les personnes
vivant avec le VIH/SIDA sont au centre des efforts déployés
par les communautés pour venir à bout de la pandémie
et changer les attitudes afin de faire face au rejet, à la
stigmatisation et à la discrimination. Leurs droits doivent
être respectés entièrement et leur capacité
à diriger doit être reconnue.
2.4 Il faudrait
donner aux fernmes et aux filles plus d'autorité et de
moyens à la maison, sur le lieu de travail, à
l’école et dans la communauté et leur fournir des
moyens de protection culturelle, juridique et matérielle
contre les abus sexuels. Les dirigeants traditionnels doivent être
des alliés sur lesquels on peut compter pour protéger
les fernmes de l’abus sexuel. Les personnes coupables de violence
sexuelle et domestique à 1'égard des fernmes et des
enfants, doivent être poursuivis devant les tribunaux. Des
tribunaux protégeant les intérêt de 1'enfant,
de la femme et de la famille doivent être créés
sur une grande échelle et recevoir I'appui qu'il faut. Les
responsabilités de l'homme à 1'égard de la
femme doivent être soulignées. Les personnes coupables
de violences sexuelles et dans le foyer doivent être poursuivies
devant les tribunaux. Des tribunaux tenant compte des intérêts
des enfants et des femmes doivent être mis en place de manière
systématique et appuyées.
2.5 Les responsabilités
des hommes à l’égard des femmes et des fillettes doivent
être soulignées. Les hommes doivent être l'objectif
des efforts sur le plan de 1'éducation en vue d’en faire
des alliés de poids dans la lutte contre le VIH/SIDA.
2.6 Les enfants
orphelins du SIDA devraient être la responsabilité
pour la famille et de la communauté, et la famille devrait
recevoir un appui suffisant pour assurer leur bien-être, leur
éducation et leur bon état de santé.
2.7 Les gouvernements
ont la responsabilité spéciale de susciter un sens
de
responsabilité
sociale chez les hommes de troupe et d'autres hommes en uniforme.
Ils doivent être à l’avant garde des activités
menées pour prévenir et punir les crimes sexuels commis
par ces serviteurs de l’état.
2.8 Toutes les
personnes, quelle que soit leur orientation sexuelle, doivent avoir
accès à l’information appropriée sur la prévention
du VIH, I'accès à un traitement et à des soins
appropriés et ne devraient pas être l'objet de stigmatisation,
de discrimination et ne devraient pas avoir peur.
2.9 La disponibilité
de condoms à des prix abordables devrait être assurée,
et on devrait bien faire comprendre leur importance et montrer comment
les utiliser. L'accès des jeunes et des personnes des zones
rurales au condom est d'une importance particulière.
2.10 Les jeunes
constituent plus de la moitié de la population de I'Afrique
et sont les dirigeants d'aujourd'hui et de demain. Les jeunes doivent
etre clairement reconnus, et encouragés comme étant
des participants et l'objectif essentiel dans I'élaboration
et la mise en ceuvre de plan d'action contre le VIH/SIDA à
tous les niveaux. Les organisations des jeunes ont besoin de soutient
et de ressources. Les représentants des jeunes de toutes
les régions d'Afrique ont joué un rôle important
au cours du Forum et la Déclaration des jeunes figure à
l'Annexe I, en tant que partie intégrante de la présente
déclaration.
2.11 Les nombreux
groupes d'intérêt au sein des communautés ont
chacun des rôles et des responsabilités spécifiques
qu'il faut souvent élargir beaucoup plus, pour en faire des
alliés à part entière dans la lutte contre
le VIH/SIDA et pour ce qui est de l’appui à apporter aux
personnes vivant avec le VIH/SIDA. Ces groupes d'intérêt
sont :
a) Les personnes
vivant avec le VIH/SIDA, dont la participation est essentielle,
b) Les chefs
spirituels, qui sont parmi les membres les plus influents de
la communauté, et qui foumissent des conseils moraux
et sensibilisent,
C)Les
tradipraticiens jouent de multiples rôles, ils fournissent
des soins palliatifs et contribuent aux efforts au niveau mondial
pour trouver un remède,
d) Les personnes
qui foumissent des soins; en tant qu’éducateurs sanitaires
et sources de réconfort, sont des alliés cruciaux,
e) Les groupes
de fernmes sont un élément intégral de
la communauté, les dirigeantes sont des éducatrices
et des exemples pour les fernmes et les filles et peuvent jouer
un rôle fondamental pour ce qui est de changer les attitudes
des hommes,
f) Les enseignants
et les éducateurs, y compris les communicateurs sont
des intermédiaires d'une importance capitale pour ce
qui est d'influencer les enfants et les jeunes et constituent
des exemples qu'on cherche à imiter. Ils doivent recevoir
une formation qui leur permette de parler franchement de I'éducation
sexuelle et d'informer sur le VIH/SIDA.
g) Les employeurs;
et les syndicats ont des rôles clés à jouer
pour ce qui est des initiatives prises dans les lieux de travail
pour combattre le VEWSIDA et faire face à la stigmatisation
et la discrimination,
h) Les représentants
élus et les chefs traditionnels devraient être
repésentatifs de leur mandant et leur rendre des comptes,
y compris les personnes vivant avec le SIDA et peuvent jouer
un rôle important pour ce qui est de mieux4 faire connaltre
leurs intérêts et de mobiliser des campagnes à
l’échelle de la communauté,
i) Les personnes
âgées ont besoin d'être éduquées
et de recevoir une assistance qui leur permettent de fournir
une aide et des soins aux personnes malades du SIDA et aux orphelins
du SIDA. Les personnes âgées doivent être
utilisées pour fournir une éducation conforme
à la tradition et à la culture, aux familles,
aux communautés et aux groupes civiques.
2.12 Les personnes
s'occupant de personnes vivant avec le SIDA ont besoin d'une
assistance spéciale, compte tenu du fardeau et des responsabilités
spécifiques sur leurs épaules.
2.13 En somme,
il est nécessaire de mobiliser toute la société
au niveau communautaire, de créer une « immunité
sociale » forte contre le fléau du VIH/SIDA. Pour ce
faire, il importe de combiner totalement les actions en rompant
le silence autour de la stigmatisation, d'assurer la prévention,
de foumir un traitement et des soins efficacement.
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3. Leadership
national
3.1 Les leaders
nationaux ont pour première responsabilité de créer
les conditions d'une mobilisation des communautés à
1'échelle nationale, d'une ampleur comparable à la
mobilisation que suppose une guerre.
3.2 Nous disposons
de nombreux exemples d’initiatives nationales remarquables. Le défi
consiste à les reproduire à grande échelle
pour toucher toutes les communautés. Il peut amener les leaders
nationaux à affecter des ressources intemes aux programmes
de lutte contre le VIH/SIDA et à faire en sorte que celles-ci
parviennent efficacement aux groupes locaux.
3.3 L'exemple
personnel des leaders nationaux peut transformer le climat moral
et social dans le cadre duquel le SIDA peut faire l’objet de débats
et être examiné de manière ouverte et le déni
et la stigmatisation peuvent être surmontés.
3.4 Il faudrait
prévoir, dans les stratégies nationales, d'augmenter
les ressources et les systêmes nécessaires afin que
les anti-rétroviraux et les médicaments essentiels
puissent être mis à la disposition du plus grand nombre
possible, aussi rapidement que possible. Il faudrait pour cela,
un leadership fort, des négociations ardues et la mobilisation
de ressources nationales et internationales.
3.5 La situation
des fernmes et des filles au niveau national mérite une attention
particulière. Les fernmes doivent être étroitement
impliquées dans toutes les composantes des programmes de
lutte contre le VlH/SIDA. Les autorités nationales doivent
prendre l’initiative de créer des programmes spéciaux
et de mettre en place des institutions spéciales afin de
promouvoir les droits et les initiatives des fernmes.
Les relations et
les opportunités inégales qui caractérisent
les rapports entre hommes et fernmes sont au coeur de la pandémie
du VIH/SIDA. Comme les femmes africaines leaders ont dérnontré
leur disponibilité à mener I'action sur les questions
relatives au VIH/SIDA, promouvoir davantage de femmes leaders, à
stature nationale et internationale, constitue un élément
important de la lutte contre le VIH/SIDA. C'est en reconnaissance
de l'importance de cette question, que la Déclaration du
Groupe thématique sur les fernmes, (Annexe III) est partie
intégrante du présent Plan d'action.
3.6 Les autorités
nationales et les conseils chargés de la lutte contre le
SIDA doivent être renforcés d'urgence, afin que la
réaction contre la maladie, aux niveaux national et corrimunautaire,
soit générale et multisectorielle. Pour ce faire,
des cadres juridiques et réglementaires rigoureux doivent
etre mis en place. Les comités de lutte contre le VIH/SIDA
devraient, dans chaque pays, s'étendre au niveau local. Il
faudrait impliquer pleinement toutes les parties prenantes : les
malades du SIDA, les jeunes et les organisations de la société
civile. Les meilleurs exemples en Afrique prouvent que le leadership
politique au sein de ces conseils est une nécessité
au niveau le plus élevé.
3.7 Un leadership
multisectoriel efficace exige que chaque secteur comprenne comment
le VIH/SIDA influe sur ces activités ainsi que le rôle
qu'il peut jouer dans l’élaboration d'un plan multisectoriel
de lutte contre la pandémie.
a) Doté
de ressources suffisantes, le secteur de la santé devrait
jouer un rôle de premier plan dans la prévention,
le traitement et la surveillance de la pandémie. Toutes
les mesures permettant de limiter la transmission de la mère
à l’enfant devraient etre prises.
b) Le secteur
de l’éducation joue un rôle de premier plan pour
une réaction efficace contre le VIH/SIDA. L'éducation
sexuelle et l’éducation en matière de VIH/SIDA
doivent faire partie de tous les programmes scolaires. Les écoles
doivent être des modèles d'équité
en ce qui concerne les relations entre garçons et filles
et doivent être associées à la gestion des
initiatives scolaires axées sur le VIH/SIDA. Les frais
de scolarité et autres droits exigés pour l'inscription
dans les écoles publiques doivent être abolis afin
que tous les enfants puissent jouir de leur droit à 1'éducation.
Les donateurs, devraient accorder un appui special au secteur
de l’éducation.
C) Les jeunes
qui ne sont plus scolarisés devraient être ciblés
et sensibilisés au moyen de stratégies appropriées.
d) Les services
sociaux doivent apporter leur assistance aux personnes qui s'occupent
des malades du SIDA, ainsi que des personnes qui sont à
leur charge. Il faudrait également apporter aux orphelins
une assistance prévoyant des services de conseils.
e) Les ministères
des finances devraient faire en sorte que des ressources suffisantes
soient affectées aux programmes de lutte contre le VIH/SIDA.
Ils devraient rorienter leurs budgets et leurs procédures
administratives de telle sorte que les fonds affectés
à ces programmes puissent être gérés
de la manière la plus efficace et puissent parvenir rapidement
aux niveaux où ils sont nécessaires.
F) Les
secteurs du commerce, de l'industrie et des mines doivent assurner
leurs responsabilités, afin de réduire au minimum
la transmission du VIH et d'appliquer des règles non
discriminatoires en matière d'emploi. Les entreprises
et les travailleurs devraient être irnpliqués dans
1'é1aboration et la mise en oeuvre des plans d'action
nationaux de lutte contre le VIH/SIDA. Des efforts devraient
être déployés pour élargir ces activités
aux secteurs informels.
g) La production
locale de produits pharmaceutiques appropriés devrait
être encouragée.
h) Le secteur
rural court le plus grand risque, en raison des taux d'analphabétisme
et de pauvreté élevés que qu’on y enregistre.
Les secteurs de I'agriculture de 1'é1evage et de la pêche
devraient assurner leurs responsabilités, particuliérement
en matiére d'éducation sur le VIH/SIDA, comme
les autorités rurales.
i) L'armée
doit avoir le courage de faire face à la réalité
des hauts niveaux de prévalence du VIH chez les soldats
et prendre les mesures nécessaires pour contrecarrer
la transmission. Les armées doivent tenir compte des
soldats séropositifs. En tant qu'institutions nationales
disciplinées, elles peuvent jouer un rôle majeur
dans les programmes de lutte contre le VIH/SIDA. L'armée
doit prendre des mesures pour mettre fin au niveau élevé
de la violence sexuelle contre les fernmes et les filles, en
particulier dans les situations de conflit, et faire en sorte
que les coupables soient poursuivis et punis. Les mêmes
considérations s'appliquent aux autres services analogues
de I'Etat tels que la police et les gardes pénitenciers.
j) Les travailleuses
du sexe et les femmes obligées de s'adonner au «
sexe pour la survie » devraient être protégées
par la loi et les agents chargés de son application et
bénéficier de 1'éducation et de I'accès
aux préservatifs et aux services médicaux.
k) Les instituts
de recherche africains devraient s'engager activement dans la
recherche de traitements méliorés du VIH/SIDA
et des infections opportunistes, en s'inspirant, entre autres,
de l’expertise des tradipraticiens.
l) Les médias
devraient jouer un rôle de premier plan dans I'éducation
des populations et l’adoption de nouveaux comportements. Les
technologies de l’information et de la communication peuvent
jouer un grand rôle dans la transmission nationale, régionale
et mondiale de l’information.
m) Les artistes
peuvent jouer un rôle c1é dans les attitudes du
public et servir de modèles.
3.8 Les personnes
vivant avec le VIH/SIDA doivent être impliquées, de
manière significative, dans l’élaboration et la mise
en oeuvre des politiques nationales.
3.9 Les gouvernements
ont pour responsabilité d'arnéliorer, le cas échéant,
les capacités requises pour mener la campagne contre le VIH/SIDA.
Cette responsabilité touche notarnment à leur propre
efficacité et à l’obligation qu'ils ont de rendre
des comptes, afin de tenir pleinement leurs engagements vis-à-vis
des citoyens, et d'être en mesure de recevoir et d'utiliser
l’aide internationale, de manière rapide et efficace. Les
organisations de la société civile peuvent jouer un
rôle clé dans le suivi des actions du gouvernement.
3.10 Les organisations
de la société civile ont été, à
maints égards, à l'avant-garde de la lutte contre
le VIH/SIDA. Leur rôle doit être approprié à
sa juste valeur et encouragé. Les organisations non gouvernementales
doivent s'imposer des règles de transparence élevées.
La Position commune des organisations africaines de la société
civile représentées à ce Forum est importante.
Elle est jointe au présent Consensus africain, à l'Annexe
II.
3.11 Les chefs
religieux et traditionnels exercent une influence considérable
lorsqu'il s'agit des questions de morale et de comportement personnels.
Ils sont encouragés à se montrer encore plus actifs
dans la suppression des stigmates Iiés au VIH/SIDA et 1'éducation
de leurs congrégations. Si elles sont appliquées,
l'abstinence et la fidélité s'avèreraient des
moyens efficaces de prévention de la transmission du VIH.
Les valeurs religieuses telles que l'assistance à apporter
aux faibles, la tolérance et la convivialité peuvent
aider dans la campagne contre le VIH/SIDA
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4. Leadership
régional
4.1 La pandémie qu'est
le VIH/sida en Afrique ignore les frontières. Il convient
de prendre des mesures au niveau continental et les organisations
régionales et sous régionales africaines doivent prendre
des initiatives.
4.2 On peut beaucoup apprendre
des exemples illustrant comment différents pays d'Afrique
ont réussi à arrêter la pandémie du VIH/sida.
Partager les données d'expérience et foumir des conseils
techniques tirés de 1'expérience d'autres pays africains
permet d'adopter les meilleures pratiques en Afrique.
4.3 Il convient d'apporter des
soins et un traitement essentiels et complets aux personnes vivant
avec le VHI/SIDA et aux séropositifs. ll faut d'urgence é1aborer
une stratégie continentale permettant de foumir à
des prix peu élevés les anti rétroviraux et
traitement nécessaires pour lutter contre les infections
opportunistes. Pour ce faire, il faut une stratégie panafricaine
bien claire en partenariat avec les compagnies pharmaceutiques et
les donateurs internationaux.
4.4 Le partenariat international
contre le SIDA en Affique a été créé
pour mettre en place un cadre plus favorable à un véritable
partenariat et à une meilleure coordination de l'action des
principales parties intéressées à tous les
niveaux. Il a pour objet de permettre d'obtenir les ressources supplémentaires,
l’appui technique, le partage de l'information et la coordination
de l'action des donateurs sous 1'égide des gouvernements
africains. Le partenariat international contre le SIDA en Afrique
devra être intégralement mis en oeuvre.
4.5 Pour que les programmes
de lutte contre le VIH/SIDA soient efficaces il faut au préalable
assurer la paix. Les guerres qui ont eu lieu actuellement en Afrique
compromettent la mise en ceuvre de tout programme de lutte contre
le VIH/SIDA dans les zones touchées. C'est pourquoi il est
impératif que les gouvernements africains et les organisations
régionales et sous-régionales africaines prennent
les mesures nécessaires pour assurer et préserver
la paix et la sécurité.
4.6 Les grands mouvements
migratoires, la mobilité, le déplacement des populations
et les flux de réfugiés sont des facteurs de risque
du VIH/SIDA qui requièrent que les Etats coopérent
pour élaborer et mettre en ceuvre des politiques de lutte
contre le VIH/SIDA. Il faudrait élaborer et mettre en couvre
des politiques et des programmes destinés aux populations
migrantes, mobiles et déplacées. Toutefois, il ne
faudrait appliquer aucune mesure qui limiterait la liberté
de mouvement.
4.7 La paix est un préalable
essentiel à l’efficacité des programmes de lutte contre
le VIH/sida. Les pays africains et les organisations régionales
et sous-régionales ont un important rôle à jouer
pour assurer et préserver la paix et la sécurité.
4.8 Les grands mouvements
migratoires sont un facteur de risque d'infection par le VIH/sida,
qui requièrent que les Etats, coopèrent pour arrêter
la propagation de la pandémie.
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de page]
5 Partenariat
au niveau international
5.1 Selon les estimations,
il faudrait 3 milliards de dollars par an pour arrêter la
pandémie que constitue le VIH/sida, y compris la prévention,
le traitement, I'appui aux communautés, la recherche, la
formation et la surveillance. Ce montant s'élévera
bientôt à 10 milliards de dollars si les traitements
anti-rétroviraux ne sont pas mis à la disposition
de toutes les personnes vivant avec le SIDA. Ces ressources sont
disponibles aux niveaux national, régional et mondial.
5.2 Les ressources doivent
provenir d'abord de sources intérieures. Dans le cadre des
stratégies multi-sectorielles, il faudrait inscrire des crédits
suffisants pour les programmes de lutte contre le VIH/SIDA dans
le budget de tous les ministères. Certains responsables nationaux
se sont engagés à mettre le pays sur le « pied
de guerre » . En ce qui conceme les ressources, ceci implique
qu'on dépensera beaucoup plus pour la lutte contre le VIH/SIDA
que pour les dépenses militaires en temps de paix.
5.3 Pour ce faire, il faut
également mobiliser des ressources de toutes les sources
possibles telles que le secteur privé national et les ressources
des collectivités locales.
5.4 Les donateurs étrangers
et les institutions financières intemationales doivent sensiblement
accroître leurs engagements financiers en faveur des programmes
de lutte contre le VIH/sida et des programmes de développement.
Cette assistance, chaque fois que possible, devrait prendre la forme
de subventions et non de prêts et devrait faire l’objet d'une
procédure accélérée.
5.5 Il faudra réduire
sensiblement le prix des médicaments anti-rétroviraux
et du traitement des infections opportunistes. Le gouvernement africain,
les donateurs et les institutions financières et intemationales
doivent travailler en partenariat pour ramener les prix des médicaments
à un niveau qui soit en rapport avec les coûts de production.
5.6 Il faudrait intensifier
les efforts déployés au niveau international en matière
de recherche. Des vaccins contre le VIH et un traitement pour le
SIDA et les maladies opportunistes et travailler en collaboration
avec les communaut6s et instituts de recherche africains pour que
I'Afrique en profite.
5.7 Il convient d'élaborer
un code international de bonne pratique qui servira à
sauvegarder et à garantir les droits des travailleurs vivant
avec le VIH/SIDA et A préciser les responsabilités
des employeurs. L’OIT devrait foumir un appui et une assistance
technique aux organisations d'employeurs et de travailleurs et au
ministère du travail pour les aider à mettre en oeuvre
effectivement les politiques et plans d'action nationaux. Compte
tenu de l'importance de ce qui précède, les conclusions
et recommandations de la réunion tripartite avant le forum
figurent à I'Annexe IV et constituent une partie intégrante
de la présente déclaration.
5.8 L'allègement de
la dette est une nouvelle source potentiellement importante pour
obtenir des fonds et l’engagernent politique, ainsi qu'un moyen
d'intégrer les programmes de lutte contre le VIH/sida dans
les plans de développement et de réduction de la pauvreté.
Le programme de réduction de la dette appelé Initiative
en faveur des pays pauvres très endettés devrait être
é1argi et accéléré en particulier dans
les cas où les ressources sont réaffectées
à la lutte contre le VIH/SIDA et à la réduction
de la pauvreté.
5.9 Il faudrait chercher
d'autres sources de financement telles que les sociétés
et les fondations, et des formules de taxation innovatrices.
5.10 La diaspora africaine
est une source importante de ressources, de connaissance et de réseaux
qui peut être utilisée dans le cadre d'un véfitable
partenariat. Il est temps d'entreprendre des discussions sérieuses
sur la façon de mobiliser à une grande échelle
la diaspora.
5.11 Les efforts d'assistance
internationale devraient être coordonnés, transparents
et l’utilisation des fonds devrait être justifiée.
Il faudrait mettre en place des mécanismes permettant de
fournir rapidement, effectivement, directement des ressources dont
ils doivent rendre compte aux programmes et groupes locaux. La pandémie
que constitue le VIH/sida peut être contenue. Elle peut être
enrayée et contenue s'il existe la volonté politique,
les ressources et les stratégies qui incluent tous les groupes
d'intérêt tant que partenaires indispensables. Les
résultats obtenus par certains pays afticains montrent que
c'est faisable. Il faut maintenir les acquis et les étendre
à tout le continent. La pandémie sera enrayée
au niveau continental ou bien ne le sera pas du tout..
[Haut de page]
B. Plan d'action
1. Au niveau
national
1.1 Chaque pays devrait organiser
un atelier national d'ici à la mi-février 2001 pour
déterminer la mesure dans laquelle le consensus et le plan
d'action du forum peuvent être mis en pratique au niveau national.
1.2 Tous les gouvernements
devraient é1aborer des rapports à l'intention du Sommet
spécial de I'OUA sur le VIH/sida qui se tiendra à
la mi-mars. Ces rapports devraient comprendre des mesures
concrêtes en ce qui concerne les initiatives nationales au
niveau le plus élevé et l’allocation de ressources.
1.3 Les organisations de
la société civile, en particulier les personnes vivant
avec le SIDA et les séropositifs ainsi que les jeunes devraient
renforcer leur coopération, évaluer leur expérience
et préparer leur contribution au Sommet spécial de
I'OUA.
1.4 D'ici à la fin
l’an 2001, chaque pays devrait s'assurer qu'il a mis en place une
commission nationale de lutte contre le SIDA (ou son équivalent)
et un plan stratégique s'appuyant sur une 1égislation
appropriée, les modalités de participation des personnes
vivantes avec le VIH et d'autres parties intéressées
ainsi que les mécanismes permettant de suivre régulièrement
les progrès accomplis..
[Haut
de page]
2. Aux niveaux
régional et mondial
2.1 Les organisations régionales
africaines, avec à leur tête la CEA, en sorte que le
consensus et le Plan d'action issus du Forum figurent en bonne place
dans les ordres de jour des réunions des Chefs d'Etat africains,
aux niveaux régional, sous-régional et supra-régional
(par exemple, organisation de la conférence islarnique).
Etant donné le grand nombre de résolutions, il est
essentiel que les engagements pris soient contraignants et soient
intégralement mis en ceuvre conformément au plan d'action
et au calendrier convenu.
2.2 Au cours de l'année
2001, les sommets sous-régionaux qui se tiendront devront
en priorité s'attaquer au défi que constitue la lutte
contre le VIH/SIDA. A cette fin, les organisations sous-régionales
doivent, elles aussi, donner un rang de priorité élevé
à la question de la lutte contre le VIH/SIDA dans leur programme
de travail.
2.3 Lors de la réunion
régionale des ministres des finances et de la planification
qui se tiendra à Alger du 23 au 25 avril 2001, les stratégies
interdépendantes de réduction de la pauvreté,
d'allègement de la dette et de lutte contre le VIH/SIDA devront
être examinées et des positions communes sur les ressources
à mettre en place au niveau international pour la lutte contre
le VIH/SIDA devront être arrêtées d'un commun
accord.
2.4 Le Sommet spécial
de l’OUA sur le VIH/SIDA et les autres maladies transmissibles qui
se tiendra à Abuja du 25 au 27 avril 2001 doit constituer
un événernent central dans la campagne menée
au niveau continental pour éradiquer le VIH/SIDA. A l'occasion
de ce Sommet, une Déclaration et un Plan d'action devront
être présentés aux chefs d'Etat et de gouvemement
en vue de leur adoption. Les organisations de la socété
civile, les personnes vivant avec le SIDA, les jeunes et toutes
les autres parties concernées devront être représentés
à ce Sommet.
2.5 Le Sommet annuel de l’OUA
qui se tiendra à Lusaka en juillet 2001 devrait accorder
une attention particulière au VIH/SIDA et demander que
cette question reste inscrite à l'ordre du jour des prochains
sommets au cours desquels le Secrétaire général
de l’OUA devra présenter un rapport sur les progrès
accomplis dans la lutte contre le VIH/SIDA et sur les problèmes
qui appellent d'urgence l’attention des Etats membres.
2.6 A l'occasion de la session
extraordinaire de l'Assemblée générale des
Nations Unies sur le VIH/SIDA qui se tiendra en juin 2001, les participants
africains devront présenter une position commune reposant
sur ce consensus ainsi qu'une demande commune coordonnée
pour obtenir une assistance au niveau international, un allègement
de la dette et des médicaments à des couts abordables.
2.7 A la session extraordinaire
de l'Assemblée générale des Nations Unies sur
1'enfance qui se tiendra en septembre 2001, il faudra clairement
souligner que le VIH/SIDA constitue la menace principale pour les
enfants africains et que tous les Etats ont la responsabilité
collective de prendre toutes les mesures nécessaires
pour que la prochaine génération d'Africains n’ait
pas à subir le fléau du VIH/SIDA.
2.8 Le Secrétaire
général de l’ONU devrait inviter l’Organisation à
entreprendre en partenariat avec d'autres une importante campagne
d'appel de fonds. Les principales sociétés du secteur
privé, fondations et philanthropes devraient être invités
à apporter leur contribution à l’initiative qui devrait
avoir pour objet de combler le déficit de financement noté
par l'ONUSIDA. La campagne devrait être menée en partenariat
avec les principaux groupes d’intérêt en Afrique, en
particulier les personnes vivant avec le SIDA pour encourager la
communauté internationale à prendre les mesures nécessaires
pour lutter contre la pandémie du VIH/SIDA en Afrique.
2.9 LePartenariat devrait être
le chef de file, en partenariat avec les organisations régionales
africaines, les gouvernements et la société civile
pour la mise en oeuvre rapide des engagements pris mutuellement
de mettre les médicaments anti rétroviraux et d'autres
traitement contre le SIDA à la portée des populations
africaines vivant avec le VIH/SIDA.
2.10 Le Réseau des
jeunes contre le SIDA devrait être encouragé à
continuer à étendre son réseau régional
de jeunes Africains, s'appuyant sur les structures et organisations
existantes. Il devrait bénéficier le soutien moral
et matériel.
2.11 En outre, il faut mettre
en place les moyens nécessaires pour qu’à tous les
niveaux, on puisse réaliser les études périodiques,
prendre connaissance mutuellement des pratiques optimales et exercer
des pressions de groupes pour obtenir de meilleurs résultats
3. Communications
faites à l'occasion du Forum
3.1 Les principaux
exposés faits par les personnalités ayant participé
au Forum doivent faire l'objet d'une diffusion la plus large possible
aux services de radiodiffusion et de télévision africains.
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